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Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
La république contre son école
 Démopolis, 2011
 republique conttre son ecole

 

Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
 Main basse sur l'école
 Démopolis, 2008

 

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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 11:57

Par Sauvons l'Ecole

 
)«Libération» regarde dans le rétro et décrypte les principales réformes lancées par Nicolas Sarkozy en tant que président. Aujourd'hui, l'éducation.
 
Par MARIE PIQUEMAL, VÉRONIQUE SOULÉ

Au début de son mandat, Nicolas Sarkozy avait promis une «refondation» de l’école dans sa «Lettre aux éducateurs», tirée à un million d’exemplaires. En cinq ans, il a multiplié les réformes controversées et supprimé 80 000 postes, et laisse des enseignants amers d’avoir été aussi mal traités.

La réforme de la formation des enseignants

A l’origine, «mieux payer les profs»

Dès avril 2008, Nicolas Sarkozy annonce une réforme de la formation des enseignants, appelée «masterisation» : désormais les profs, du primaire comme du secondaire, devront avoir un master (bac+5), au lieu d’une licence (bac +3) la plupart du temps, pour passer le concours. Il explique que la revalorisation des profs est une «priorité» et que la masterisation va permettre de «payer davantage les jeunes enseignants». Officiellement, il s’agit aussi de s’aligner sur le reste de l’Europe où, majoritairement, les profs ont un master.

La mise en œuvre, une contestation tous azimuts

La réforme est très controversée depuis le départ. Principale critique : l’année de formation en alternance dans les IUFM, qui suivait le concours, a été supprimée. Une fois le concours en poche, les nouveaux profs — les «stagiaires», qui seront titularisés au bout d’un an — sont parachutés en classe à plein-temps sans formation, démunis face aux élèves. Certains syndicats critiquent aussi la baisse du poids des épreuves disciplinaires dans le concours. Mais tous les syndicats s'accordent sur un point : cette réforme est une manière pour le gouvernement de faire des économies — 16 000 postes supprimés la première année.

Les conséquences, le ratage du quinquennat

Stress, démotivation, crise des vocations ... Beaucoup de jeunes profs souffrent de leurs conditions d’entrée dans la profession. [Témoignages à lire ici]. Les étudiants se plaignent de la difficulté à préparer à la fois le master et le concours à la fac. Et dans certaines disciplines, on peine à recruter. Dans son dernier rapport annuel, la Cour des comptes a dressé un bilan sans appel de cette réforme ratée et plus coûteuse que prévue, avec des conséquences désastreuses pour les élèves. [Les détails ici].

La réforme de l'école primaire

A l’origine, diminuer l’échec en fin de primaire

Dès septembre 2007, le ministre de l’Education Xavier Darcos annonce la suppression de la classe le samedi matin. Au grand dam des chronobiologistes, la semaine de quatre jours, qui existait ponctuellement, devient la règle. De vingt-six heures, la semaine passe à vingt-quatre heures. En contrepartie, les enseignants sont tenus d’organiser deux heures d’«aide personnalisée» pour les élèves en difficulté. Simultanément, une réforme des programmes est adoptée, avec un recentrage sur les fondamentaux, et des stages gratuits de «remise à niveau» en français et en maths sont créés pendant les vacances pour les CM1 et les CM2.

La mise en œuvre, dans la pagaille

L’organisation de l’aide personnalisée, la principale nouveauté, vire au casse-tête : selon les écoles, cela se passe le midi ou après les cours, et souvent en groupe. Les profs s’estiment mal formés pour aider les élèves en grande difficulté alors même que l’on supprime des postes de Rased, les maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire [Sur ce sujet, lire ici et ]. D’autres enseignants refusent d'appliquer la réforme, par conviction. «Les désobéisseurs», comme ils se font appeler, boycottent aussi les fameuses évaluations mises en place en CE1 et CM2, jugées «déstabilisantes pour les élèves».

Les conséquences, une école déstabilisée

Le débat sur les rythmes scolaires est relancé. Mais le ministre Luc Chatel n’a pas osé trancher, craignant de mécontenter les parents, les élus locaux ou les professionnels du tourisme. Il se félicite en revanche que la réforme du primaire a fait progresser les élèves au vu des évaluations de CE1. On est pourtant encore loin de l’objectif affiché au départ : diviser par trois en cinq ans le nombre d’élèves en difficulté (estimés à 15% à la sortie du CM2). Dans les classes, ces évaluations restent très contestées.

A lire aussi : notre dossier sur les rythmes scolaires

L’assouplissement de la carte scolaire

A l’origine, une promesse de campagne

En 2007, le candidat Sarkozy promet de redonner leur liberté aux familles pour choisir l’école de leurs enfants. Il estime que la carte scolaire est contournée par les parents les mieux informés qui arrivent toujours à inscrire leurs enfants dans les meilleurs établissements, alors que les autres sont condamnés à rester dans leur secteur. La supprimer serait, selon lui, faire œuvre de justice sociale. Dès son élection, il fixe à Xavier Darcos pour objectif de «rendre la carte scolaire superflue par l’égalisation du niveau des établissements».

La mise en œuvre, entre confusion et incompréhension

Pour en finir avec l’«opacité» du système précédent, Xavier Darcos fixe des critères ouvrant droit à des dérogations : être boursier, handicapé, membre d’une fratrie, avoir un parcours scolaire particulier, etc. Mais il ne parle que d’un assouplissement de la carte scolaire : les élèves habitant près d’un établissement continuent d’avoir le droit d’y être scolarisés. Et comme les locaux ne sont pas extensibles, il reste finalement assez peu de places libres pour des dérogations… Beaucoup de familles, qui croyaient pouvoir choisir, sont déçues. Sans le dire, la suppression de la carte scolaire, infaisable, a été abandonnée.

Les conséquences, la situation est pire aujourd'hui

Toutes les études concluent à un impact limité. Contrairement aux prévisions les plus pessimistes, les collèges ghettos ont parfois perdu des élèves, les meilleurs en profitant pour partir. Mais ils n’ont pas été vidés de leurs effectifs et très peu ont dû fermer. Des élèves boursiers ont par ailleurs pu s’inscrire dans de «grands» lycées ou cités scolaires, introduisant une certaine mixité sociale. Mais leur nombre est limité. Les annonces autour de la carte scolaire ont surtout accru l’angoisse des familles et conforté l’idée d’une hiérarchie entre établissements.

Pour débattre : Rendez-vous pour un tchat jeudi à 14 heures avec Marco Oberti qui a planché sur l'impact de cet assouplissement de la carte scolaire.

 

La création des «internats d’excellence»

A l’origine, récompenser le mérite et l’effort

C’est en février 2008, dans le cadre du Plan Banlieue, que Nicolas Sarkozy lance cette idée. Ouvrir des internats pour les élèves «méritants», de milieux défavorisés et à qui on va offrir des conditions d’études particulièrement bonnes : soutien scolaire, activités sportives, culturelles, voyages, etc.

A l’autre extrémité, pour les élèves «perturbateurs», Sarkozy veut des «Etablissements de réinsertion scolaire» (ERS) où l’on retravaille les bases scolaires et les règles de vie en commun. Les premiers ont ouvert leurs portes en 2010.

La mise en œuvre, à grand renfort de publicité

Le premier «internat d’excellence» est inauguré en grande pompe à la rentrée 2009 à Sourdun (Seine-et-Marne), dans une ancienne caserne fermée en raison de la refonte de la carte militaire. Ces internats sont conçus comme des «avant-gardes» de l‘école de demain: des établissements largement autonomes où les profs sont recrutés par le directeur, où ils restent bien au-delà de leurs heures de cours, où l’innovation pédagogique est encouragée, etc. Des nouveautés qui seront reprises dans les 300 collèges et les lycées du dispositif «Eclair» (écoles, collèges, lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite). L’objectif affiché d’Eclair est d’arriver à fixer, dans ces établissements difficiles, des équipes motivées, qui seraient portées par un projet commun et constituées par des profs chevronnés.

Les conséquences, une vitrine très critiquée

Pour Nicolas Sarkozy, c’est l’une des réussites du quinquennat. Il vante régulièrement les 10 000 places créées - bientôt 20 000 - grâce au Grand Emprunt. En réalité, seize internats ont ouvert à ce jour, offrant 3 258 places, les autres étant des places réservées dans des internats déjà existants. Selon des études, ces internats font progresser les élèves. Mais le dispositif est très coûteux et suscite des réserves alors que dans le même temps, on supprime des postes et que l’éducation prioritaire s’appauvrit.

Les ERS (pour les élèves perturbateurs) ont connu des débuts difficiles et ne concernent au final que quelques dizaines d’élèves. Quant au dispositif «Eclair», conçu pour les établissements difficiles et que Sarkozy voudrait étendre, il peine à trouver des profs candidats.

La réforme du lycée

A l’origine, une volonté de «moderniser»

Les temps ont changé mais pas le lycée, estime Nicolas Sarkozy : les élèves accumulent les heures de cours avec des profs enfermés dans leurs disciplines et sont mal préparés au supérieur.  Il charge le ministre de l'Education Xavier Darcos de mettre rapidement en place une réforme.

La mise en œuvre, sans heurts ni enthousiasme

Le ministre Darcos se heurte à une forte mobilisation, la réforme est abandonnée sous la pression de la rue en 2008. Elle sera finalement remise sur la table en 2009 par Nicolas Sarkozy lui-même, dans une version édulcorée et avec la promesse qu’elle n’entraînera pas de suppressions de postes. Le calendrier de mise en œuvre est progressif : dès la rentrée 2010 pour la seconde, en 2011 pour la première et 2012 pour la terminale.

La réforme prévoit deux heures d'«accompagnement personnalisé» par semaine – pour du soutien, de l’approfondissement ou une réflexion sur l’orientation. Le choix de la filière est repoussé en première et pour les aider à se déterminer, en seconde les élèves ont des enseignements d’exploration d’une heure et demie par semaine.

 

Les conséquences, un bilan médiocre

Dans les faits, les changements sont timides [analyse à lire ici]. L’un des points clés – rééquilibrer les filières afin d’atténuer la suprématie de S – ne progresse guère. Des oppositions demeurent : certaines disciplines se retrouvent lésées comme l’histoire-géographie désormais facultative en terminale S, et les sciences économiques et sociales (SES) dont un quart du volume horaire part en fumée au cours des trois années de lycée. En mars 2012, les inspecteurs généraux en dressent un bilan très mitigé.

La réforme de la voie professionnelle

A l’origine, revaloriser une filière méprisée

La suite...

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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 11:48
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

 

 

 

Appel collectif

 

 

Enseignants, chercheurs, créateurs, artistes... Ils sont(pour le moment) 1000 intellectuels à s'engager derrière le candidat du Front de gauche dans un appel publié ce mardi dans l'Humanité.

 

Enseignants, chercheurs, personnels de santé, intellectuels, créateurs, artistes, travailleurs de la culture, nos métiers sont divers. Nous venons aussi d’horizons politiques différents. Mais notre expérience professionnelle et sociale quotidienne nous fait mesurer les innombrables dégradations dont les premiers responsables sont le président de la République, son gouvernement et les groupes sociaux dont ils constituent le bras armé.

 

Dans tous les domaines, les inégalités se creusent. L’école et l’université sont dans un état qui les met dans l’impossibilité d’assurer à tous les jeunes les connaissances aujourd’hui si nécessaires. L’accès aux soins est devenu une course d’obstacles pour les plus démunis, quand il ne leur est pas carrément interdit. La démocratie culturelle est en panne et l’économie de la culture de plus en plus marchandisée. Des millions de personnes vivent aujourd’hui dans la pauvreté dans notre pays. Refusant de mettre en cause un partage des richesses qui est la cause première de l’incapacité d’assurer une vie décente et un minimum de bien-être à une grande partie de la population, les classes dirigeantes associent politiques d’austérité et atteintes aux libertés fondamentales, qu’il s’agisse des libertés syndicales dans l’entreprise ou de celles des étrangers vivant sur notre sol.

 

Renvoyer l’actuel président de la République et la majorité qui le soutient à l’occasion des élections de 2012 est donc une urgence absolue.

Mais l’expérience vécue dans le passé dans notre propre pays et celles en cours dans d’autres pays européens montrent qu’il ne suffit pas de chasser la droite du pouvoir pour que soit menée une politique réellement alternative, visant une transformation sociale profonde pour davantage d’égalité, de justice et de liberté. Il faut pour cela partager les richesses sur une base nouvelle, en finir avec la précarité et l’insécurité sociale, reprendre le pouvoir indûment confisqué par la finance et les banques, aller vers une planification écologique et des choix énergétiques contrôlés par les citoyens, redonner du sens au travail et produire autrement en mettant l’accent sur ce qui est durable et en redonnant toute sa place à l’humain avec sa part de rêve, construire une autre Europe dans le cadre d’une mondialisation tournée vers la coopération et la paix, faire vivre une République où le peuple exerce le pouvoir pour de bon. On ne pourra y parvenir qu’en mobilisant la société tout entière, sur les lieux de travail, dans les espaces publics, en partant de l’expérience que chacun-e s’est forgée des manières de résister à l’injustice.

 

Le programme et la pratique politique du Front de gauche et de son candidat commun, Jean-Luc Mélenchon, ont d’ores et déjà créé une dynamique nouvelle. Elle redonne corps à l’espoir d’une société et de rapports humains fondés sur la solidarité et la coopération.

 

  • Pour signer cet appel, envoyer un message 
à pournousCmelenchon@gmail.com en précisant vos nom, prénom et profession ou activité.
  • D'autres appels parus dans l'Humanité:

L'appel des syndicalistes à voter Mélenchon

100 auteurs de polar votent Mélenchon

La M'Pep soutient Mélenchon

  • Parmi les 1000 signataires:

Parmi eux : ASCARIDE Pierre, Acteur, auteur et metteur en scène ; AUCOUTURIER Pierre, Professeur d'Immunologie, Paris ; BANDELIER Bernard, Professeur des universités ; BEAUD Stéphane, Sociologue, École normale supérieure ; BENAROUS Richard, Médecin, Directeur scientifique ; BERGOUGNOUX Pierre, Écrivain ; Judith BERNARD, metteur en scène ; BLOCH Bernard, Metteur en scène et comédien ; BOKOBZA Hervé, psychiatre-psychanalyste ; BONTHOUX Françoise, Professeur des universités, Grenoble ; BOUCOBZA Isabelle, Enseignant-chercheur, Juriste ; BRAY Florence, Enseignant-chercheur, Gauche-cactus ; CABANES Max, Auteur de bandes dessinées ; CASSEN Bernard, Jourbnaliste, Secr. général de Mémoire des luttes ; CHAO Ramon, Journaliste ; CHARB,  Dessinateur de presse ; COLLOVALD Annie, Professeur des universités ; COMOLLI  Jean-Louis, Cinéaste, Paris ; DAVISSE Françoise, Réalisatrice ; DE SAINT DO Valérie, Journaliste et auteure ; DE WAELE Catherine, Directeur de recherche au CNRS, Médecin ; DESMETTRE Bérengère, Artiste photographe, écrivain ; DORAY Conception, psychanalyste ; DOUAIRE-MARSAUDON Françoise, Directrice de recherche CNRS, Anthropologue ; ETHUIN Nathalie, Enseignant-chercheur ; FOULQUIE  Philippe, Directeur-fondateur du Théâtre Massalia et de la Friche la Belle-de-Mai ; FRIOT Bernard, Professeur des universités ; GADREAU Maryse Professeur des universités ; GARO Isabelle, Philosophe ; GEAY Bertrand, Professeur des universités ; GENTRY Anne, Médecin ; GEST  Martine, Professeure IUFM ; GIACOMO-MARCELLESI Mathée, Professeur des universités ; GORI Roland, Professeur des universités ; GRET Marion, Chercheure ; HACCOUN Martine, Anesthésiste Réanimateur ; HAGUENAUER Jean-Louis, Pianiste ; HARTEMANN Agnès, Médecin, professeur des universités ; HUET Sylvestre, Journaliste ; HUSSON Michel, économiste ; JOLIBERT Josette, Chercheure en didactique ; JOLLET Anne Enseignante-chercheure, Historienne ; JOUAN Marlène, Enseignant-chercheur, philosophie ; JOUANNEST Gérard, Musicien, compositeur ; KATZ Rose, Directrice de recherche, INSERM ; KIEFFER Annick, Sociologue ; KINZLER Catherine, Philosophe, écrivain ; LAMRANI Salim, Enseignant-chercheur ; LANGEVIN Hélène, Directrice de recherche honoraire, CNRS ; LANTHEAUME Françoise, Enseignante-chercheure ; LEBARON Frédéric, Professeur des universités ; LE VAILLANT  Anne-Claire, Architecte ; LEXTRAIT Fabrice, LUBAT Bernard, Artiste musicien, MABROUK Kamel, Enseignant-chercheur ; MAUGER Gérard, Directeur de recherche, CNRS ; MAZAURIC Marion, Éditrice ; MEMMI Dominique, Directrice de recherche, CNRS ; NEF Annliese, Enseignante-chercheure ; ORTOLA Marie-Sol, Professeur des universités ; PARIS-CLAVEL  Gérard, Graphiste ; PENA RUIZ Henri, Philosophe, écrivain ; PERRONE Marc, Artiste Musicien ; PESCHANSKI Robi, Professeur des universités, physique théorique ; PIERRU Frédéric, Sociologue, CNRS ; PIGENET Michel, Professeur des universités, Directeur du Cente d’Histoire sociale du 20ème siècle ; PIGNON-ERNEST Ernest, Artiste-peintre ; PINÇON-CHARLOT Michel et Monique, Dir. de recherche, CNRS ; PLASSART Marie, Enseignante-chercheure ; PORCHERON  Sapho, Avocate à la Cour ; PUDAL Bernard, Professeur des universités ; RAMONET Ignacio, Journaliste, Dir. du Monde diplomatique en espagnol ; RISTAT Jean, Écrivain ; ROZA Stéphanie, Professeur de philosophie ; RUSCIO Alain, Historien ; SAURET Marie-Jean, Professeur des universités, Psychanalyste ; TANGUY Lucie, Sociologue, CNRS ; TERRAIL Jean-Pierre, Professeur des universités, sociologue ; THERY Julien Professeur des universités, Histoire du droit ; TORT Patrick, Directeur de l'institut Charles Darwin international, TRIPIER  Maryse, Professeur émérite de sociologie ; VALENTIN Boris, Enseignant-chercheur, anthropologie ; VOVELLE Michel, Historien ; WEBER Anne Co-director Team 2, Inserm ; WOLIKOW Serge, Professeur des universités, Histoire....


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Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 17:33
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

 

 

Sauvons l’Ecole baissera définitivement rideau le 7 mai, au lendemain du second tour de l’élection présidentielle. Quelle que soit l’issue de ce vote, une page va se tourner  et c’est, pour moi, l’occasion de conclure cette aventure.

 

Ouvert en avril 2008, après un passage sous forme d’un forum, Sauvons l’Ecole est l’initiative d’un instit (j’aime bien ce nom !) de Trappes. Ce blog avait pour but d’échanger des informations locales dans le cadre de la lutte contre « les réformes Darcos ».  L’audience s’est peu à peu élargie pour gagner une audience nationale et le bébé est vite devenu un ogre qu’il m’a fallu alimenter quotidiennement.

Avec près d’un million de visiteurs, plus de 4 000 amis sur Facebook et 1 000 abonnés à la newsletter, Sauvons l’Ecole permettait la rencontre d’enseignants et de parents animés par la défense de l’Ecole publique.

Au fil du temps, étant seul aux manettes (ou plutôt au clavier), les deux heures quotidiennes (parfois plus de 5 heures – heureusement les profs ont beaucoup de vacances ! J ) à chercher et vérifier des infos, répondre aux mails, illustrer, mettre en forme est devenu un vrai sacerdoce.

Je sais que certains pensaient que Sauvons L’Ecole était un vaste réseau, avec des permanents. Hélas, non ! Mon seul « permanent » (mais pas cher payé !), que je me dois de remercier encore, c’est  Claude, sans qui la revue de presse n’aurait jamais existé. C’est lui, qui fouillant  dans la presse régionale me faisait  remonter les infos concernant la carte scolaire et  la réforme des retraites. Un travail de fourmi ! Je me suis souvent abstenu de commenter les billets publiés préférant garder une certaine distance, par pudeur, par paresse mais aussi  par souci d’efficacité.

Je n’oublie pas tous ceux qui sont venus régulièrement apporter pitance au monstre (Je ne les nomme pas de peur d’en oublier !) et ceux avec qui j’ai lié connaissance et qui m’ont enrichis. Pour certains, la rencontre est sortie de la « virtualité » d’Internet, moment toujours magique.

 

Enfin, il serait injuste de ne pas remercier ceux que j’ai si souvent "pillés".

D’abord la presse papier (Libération – avec les articles de Véronique Soulé et de Sylvestre Huet (et leur blog respectif : C’est Classe ! et Sciences2), le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo, Politis, Le Monde, Télérama… Internet c’est chouette, mais la presse papier doit vivre : achetez et lisez la presse !

Sur le net, c’est bien sûr, l’incontournable Café Pédagogique, Médiapart, Rue89, Le Mammouth déchaîné (et son complément de service) L'écume des heures, Quelle école pour demain ? et la Chronique Education pour les principaux. Un coup de chapeau spécial à mon ami François et le blog FCPE de Montigny le Bretonneux.... mais aussi : Sauvons l'Université, le blog de Sébastien Rome 

 

Enfin, merci à vous, les visiteurs anonymes, dont je mesure le contentement grâce à un compteur (du nom barbare de  blogrank)  et trop rarement par un message de soutien ou de sympathie. (Alors n'hésitez pas !)

 

Et demain ?

Je continuerai à m'indigner, à tourner avec les obstinés, en solitaire à côté des partis et des syndicats en homme libre... mais révolté.

 

 

 

Michel

 

 

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PS Le blog http://sauvons-lecole.over-blog.com/ restera en l’état mais le portail  www.sauvons-lecole.fr sera définitivement fermé en juin, aussi n’utilisez plus l’adresse webmaster@sauvons-lecole.fr mais uniquement sauvons.lecole@laposte.net (qui restera toujours valide) pour m’adresser un mail.

Ne vous désinscrivez pas de la newsletter, on ne sait jamais : l’ogre se réveillera peut-être un jour !


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Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 12:20
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

In France Inter

  
Les principaux de deux collèges lorrains, faute de remplaçants sur des postes d'enseignants en langue ont décidé de passer des petites annonces sur le site "Le bon coin". Indignation chez les parents d'élèves.
  

 

 


In Républicain Lorrain

 

Système D pour recruter des profs

 

Suite à la parution d’annonces de recrutement de professeurs sur des sites internet dédiés aux bonnes affaires, les associations de parents d’élèves montent au créneau.

 

Cherche professeur d’anglais à temps plein pour enseigner de la 6 e à la 3 e. Niveau : licence avec expérience ou maîtrise. »

LE FAIT DU JOUR

Depuis un an, et l’autorisation de Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, de recourir à Pôle emploi pour pallier les absences de professeurs, il n’est pas rare que des établissements déposent des offres. Un peu plus, quand ils le font sur leboncoin.fr, site de petites annonces dédié aux bonnes affaires, entre les rubriques loisirs et véhicules… Comme les collèges Jules-Ferry à Briey ou Himmelsberg, à Sarreguemines. La situation fait bondir les associations de parents d’élèves, FCPE et Peep. « Est-ce normal que des chefs d’établissements soient contraints de recruter le personnel enseignant par Pôle emploi ou le système D ? Qu’ils deviennent des recruteurs pour le compte du rectorat ? », dénonce Dominique Pinck, présidente de la Peep de Sarreguemines. Pour les représentants des parents d’élèves, cette pratique n’est que la résultante de la politique de suppression des postes de fonctionnaires. « Elle a réduit à néant le recrutement au niveau des services de remplacement académique. »

Remplacements qui ne sont autorisés qu’au-delà de quinze jours d’absence consécutive. « Jusqu’à l’année dernière, les chefs d’établissement arrivaient à jongler avec leur effectif. Cette année, ils marchent sur la corde raide et doivent se débrouiller par leurs propres moyens. » En déposant des offres sur la toile, plus ou moins regardantes quant au niveau des candidats. Elles peuvent aussi bien exiger un bac + 5 avec expérience que tolérer des débutants à bac + 2 pour assurer des remplacements variant de quinze jours à dix mois. « N’est-ce pas dénigrer une profession que de recruter des personnes non qualifiées et moins diplômées qu’un enseignant titulaire ? », soulève la FCPE Moselle.

Décalage

La suite...

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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 20:39
- Publié dans : Actions
Par Sauvons l'Ecole
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Rassemblement mercredi 18 avril 2012 à midi devant l’IA
pique nique devant l’IA, puis "action surprise" à 14h00

Appel

Nous, parents et enseignants de Marseille et d’ailleurs, n’acceptons pas la dégradation des conditions d’enseignement en cours. Pour un service public de l’éducation à la hauteur nous demandons :

− 25 enfants par classe MAXIMUM, et 22 en ZEP

− l’arrêt de la suppression de classes en primaire et maternelle à la rentrée 2012

− le maintien du RASED et son renforcement

− le remplacement systématique des enseignants absents

− des écoles à taille humaine, 6 classes maximum

− arrêt du fichage des enfants, notamment suppression du livret personnel de compétence (LPC) et du Répertoire Nationale de l’Identifiant de l’Elève (RNIE)

− le développement de pédagogies libres, favorisant l’expérimentation, le décloisonnement, la co-éducation (parents/associations/enseignants)

Collectif de parents, enseignantEs et citoyens marseillais. http://www.onestpasdessardines.fr

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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 09:17
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

poli0

In Mammouth déchaîné

 

Là on le sait, les promesses seront tenues.

Effet contagieux des thèses ultralibérales véhiculées par des officines comme l'ifrap:
Supprimer un enseignant sur deux et favoriser le développement de l'école privée au détriment de l'école publique ne suffisent pas, il faut s'attaquer aussi aux autres secteurs de la fonction publique !

Ainsi est-il de plus en plus question de supprimer des policiers et des gendarmes au profit de polices privées, perspective qui enchantait déjà il y a quelques années l'Union des entreprises de sécurité privée (USP); celle-ci expliquait en effet dans son "Livre blanc de la sécurité", préfacé par Nicolas Sarkory et Alain Bauer: "avec 150 000 agents de surveillance et 5 à 10 000 emplois de plus chaque année, le secteur de la sécurité privée offre de vraies opportunités d’intégration et d’emploi", notamment "pour la jeunesse et les populations fragilisées par le chômage"

Comme le rapporte un article du blog Bugbrother du Monde "Cette privatisation annoncée de la sécurité a fait l'objet le week-end dernier d'un reportage au JT de 20h de TF1, sobrement intitulé "Sécurité privée partout, police nulle part ?"... faisant écho à l'expression "Police partout, justice nulle part" de Victor Hugo, reprise depuis, sous forme de slogan, par de nombreux défenseurs des droits de l'homme... à ceci près que c'est Claire Chazal qui tire aujourd'hui la sonnette d'alarme, et les journalistes de TF1 qui mènent l'"enquête" :
   "A la différence des fonctionnaires, ils n'ont pas le droit de porter une arme à feu, ou d'interpeller quelqu'un. Des agents privés en première ligne, et des forces de l'ordre qui n'interviennent qu'en cas de problème, c'est ce que le gouvernement appelle la "coproduction de sécurité".
Le but : éviter de recruter des fonctionnaires car entre son salaire, sa formation et sa retraite, un policier ou un gendarme coûte à l'État 5 fois plus cher qu'un agent privé."

   "Surveillance des centrales, des ports, des bases militaires, des chantiers navals, des préfectures, ambassades, des tribunaux, les contrats publics représentent aujourd'hui plus d'un quart du chiffre d'affaires du secteur de la sécurité privée.
   Mais l'État est un client difficile qui fait jouer la concurrence pour faire baisser les coûts. Trop, selon le patron de la plus grosse entreprise française. D'après lui, les marchés publics sont souvent remportés par les entreprises les moins scrupuleuses."

A l'en croire, "une majorité d'appels d'offres qui ont lieu dans le public" conduit en effet à "sélectionner des entreprises à très bas prix qui arrivent à baisser leurs prix en employant des clandestins, ou en ne déclarant par leurs personnels, ou en ne faisant pas les formations nécessaires"...

Toujours les mêmes recettes à droite.

 

Et toujours plus... 


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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 21:38
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

 

 

 

Embaucher des enseignants dès la rentrée 2012 : au Front de Gauche on sait faire

 

Les mesures en matière d’éducation de François Hollande paraissent parmi ses plus radicales. L’annonce ce matin dans Libération qu’il renonce par avance à revenir sur les 14.000 suppressions de postes annoncées dans l’éducation pour la rentrée de septembre 2012 étonne donc. Le changement c’est maintenant ? A priori le candidat socialiste parait ne pas savoir l’appliquer dès cette année. Pourtant l’Education nationale ne peut attendre un an de plus.

 

Au Front de Gauche, on sait faire : dès le 7 mai, nous romprons avec la RGPP et ferons une loi de finance modificative. La casse des RASED sera interrompue, les postes ouverts aux concours 2012 devront tous être pourvus, y compris les listes complémentaires. Parallèlement, un vaste plan de titularisation devra être engagé avec examen national dès le mois de septembre. Le signal devra aussi être donné, afin de pourvoir tous les postes que nous restaurerons dans la mandature, en lançant tout de suite les pré-recrutements pour les étudiant-es admissibles au concours en 2012.

 

Si vous ne savez pas faire, vous savez maintenant que c’est vers Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche qu’il faut se tourner.

 

Communiqué du Front de Gauche


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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 21:00

Par Sauvons l'Ecole

peillonvschaterl

In Le Monde

 

Vincent Peillon, député européen, responsable éducation et jeunesse dans l'équipe de campagne de François Hollande, annonce un plan de résorpstion de la précarité dans l'éducation nationale lors d'un débat sur Le Monde.fr

 

Aziz El Ghayyouei : François Hollande souhaite 60 000 postes en plus dans l'éducation. Quels seront ces postes ?

Arnaud : Comment comptez vous financer l'embauche de 60 000 fonctionnaires dans l'éducation ?

Vincent Peillon : 80 000 postes ont été supprimés ces cinq dernières années dans l'éducation nationale. Nous en recréerons 60 000 programmés sur cinq ans, en même temps que nous arrêterons le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux.

Ce seront majoritairement des postes d'enseignant pour permettre l'accueil des enfants de moins de trois ans qui est passé, en dix ans de gouvernement de droite, de 35 % à 11 %, pour remettre en place une formation des enseignants qui a été détruite, pour assurer dans de bonnes conditions les remplacements et pour permettre des progrès pédagogiques. Pensons, par exemple, au principe, plus de maîtres que de classes.

Mais il y aura aussi d'autres postes : personnels d'encadrement, auxiliaires de vie scolaire, infirmières et médecins. Nous ferons en sorte que ces postes soient ciblés sur les priorités que M. Hollande a fixées : la maternelle, l'école primaire et les établissements en difficulté. Par ailleurs, 5 000 seront aussi affectés aux premiers cycles universitaires où un effort particulier doit être conduit.

Enfin, la droite a considérablement accru la précarité et il nous faudra mettre en œuvre un plan de résorption de la précarité. Au total, il s'agit de recruter chaque année l'équivalent des départs à la retraite (28 000 à 30 000) et de rajouter 12 000 postes. Le financement de cette priorité nationale, posé comme tel par M. Hollande, est estimé en fin de dispositif, soit au bout de cinq ans, à 1,9 milliard d'euros annuels. C'est moins que la réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) faite par la droite cette année.

 

Melody : Le projet de M. Hollande pour l'école prévoit un rééquilibrage des profils scolaires dans les établissements. Comment allez vous procéder pour arriver à une réelle diversité sociale ?

 

Vincent Peillon : La carte scolaire était au cœur de la campagne 2007 et Nicolas Sarkozy avait annoncé sa suppression. En réalité, il l'a seulement assouplie mais c'est déjà trop. De récents rapports ont montré que la situation s'est aggravée pour les établissements qui sont davantage en difficulté et où la ségrégation scolaire, territoriale, sociale, s'est dramatiquement accrue.

Nous rétablirons donc la carte scolaire en cherchant des périmètres qui autoriseront cette mixité scolaire. En même temps, il ne faut pas demander à l'école de résoudre tous les problèmes de la société.

Il conviendra donc que cette politique de mixité scolaire s'accompagne d'une politique de solidarité des territoires et d'urbanisme, d'une politique sociale qui, seules, seront à même de vaincre, dans la durée, les inégalités et de soutenir le travail qui sera fait par l'éducation nationale.

 

Akli : L'ouverture faite par Richard Descoings [récemment décédé] à Science-po Paris pour les étudiants d'origine modeste ne doit-elle pas servir d'exemple pour réformer l'école et éviter la "reproduction sociale" ?

Vincent Peillon : La mixité scolaire est un objectif. Malgré des tas d'initiatives, dont celles tout à fait remarquables de Richard Descoings, nous devons constater que les inégalités continuent de s'accroître.

C'est le système tout entier qui doit être refondé plutôt que corrigé à la marge. Cela n'enlève rien au mérite de ces initiatives qui doivent être poursuivies. Mais notre ambition ne doit pas être seulement de corriger et il ne faudrait pas que ces initiatives valeureuses nous dispensent de traiter le problème de fond qui mine non seulement l'école mais la cohésion sociale tout entière.

 

Joedalessandro : Quelles mesures concrètes pour les écoles dans les quartiers sensibles ?

Vincent Peillon : Les écoles des quartiers sensibles doivent se voir doter de moyens particuliers. C'est là que doit s'exercer, dans l'intérêt de toute la nation, un effort particulier et soutenu. Nous devons refonder la politique d'éducation prioritaire. Par exemple : les équipes pédagogiques qui travaillent dans ces établissements doivent disposer de décharge horaire, leur permettant de mieux exercer leurs tâches.

 

Florence : Les Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) ont quasiment disparu au cours des dernières années ; prévoyez vous de recréer des postes d'enseignants spécialisés pour remettre en place ces réseaux ?

Il y a une contradiction insupportable dans le discours de la droite qui consiste à vouloir individualiser les enseignements et qui, d'un autre côté, supprime les personnels dédiés à cette individualisation, en particulier les personnels spécialisés des réseaux d'aide. On notera que ce sont d'ailleurs toujours les enfants les plus en difficulté qui ont été victimes des choix budgétaires et idéologiques de ce gouvernement.

Dès la rentrée 2012, alors que le gouvernement a programmé encore 1 500 suppressions de postes de RASED, nous essaierons, en concertation avec le personnel et leurs représentants, de remédier aux situations les plus urgentes, dans la mesure des moyens disponibles et dans la durée, nous reviendrons sur les suppressions effectuées ces dernières années.

 

Loic : Le calendrier des vacances scolaires pour 2012-2013 n'est pas encore publié. Des changements seraient-ils prévus dans le cas d'une éléction de M. Hollande ?

Vincent Peillon : Parmi les grandes réformes que nous voulons conduire, véritable refondation de l'école républicaine, la question des rythmes scolaires et de l'articulation entre temps scolaire et temps éducatif, est au cœur de nos préoccupations.

Nous devons avoir et partager avec les Français deux objectifs : refaire du commun entre les enfants et les élèves de France, cesser de les séparer, de les trier. D'où notre position, par exemple, pour un palier d'orientation en fin de cinquième, et pour permettre que le public regagne sur le privé.

Il y a 144 jours de classe par an pour les élèves du primaire du fait d'une réforme de la droite ; cela n'existe dans aucun autre pays. Cela fait des journées surchargées au détriment des élèves et du personnel, des apprentissages eux-mêmes et cela renvoie à la débrouillardise de chacun et au marché pour les autres jours.

Donc, nous posons cette question du temps scolaire et du temps éducatif : le temps de l'année, le temps de la semaine et le temps de la journée elle-même.

 

Mélanie : Qu'en sera-t-il du salaire des professeurs ?

 

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Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 08:42

Par Sauvons l'Ecole

 

In Médiapart

crs

 

 

Documents:

– Le jugement du tribunal correctionnel de Nantes rendu le 3 avril 2012.

– Le communiqué des parents de Pierre le même jour:

COMMUNIQUE - Affaire du flash-ball à Nantes : Un jugement quatre fois paradoxal.

    •    1 - Inversion de la victime et du coupable.

Contre toute attente, le texte du jugement rend « raisonnable » le « doute » (page 12) selon lequel la victime mutilée à l'oeil aurait jeté des projectiles sur les policiers, alors que de cette imputation infamante, il n'avait jamais été question en quatre ans d'instruction, et durant les deux jours d'audience. Si bien que la victime n'a jamais pu se défendre de cette accusation survenant après l'audience, ni produire des évidentes preuves matérielles de sa fragilité.

    •    2 - Paradoxe des contradictions internes du jugement : un policier menteur qui dit la vérité ?
Le même texte de jugement ne craint pas de qualifier de « vraisemblable la version des faits présentée de manière constante par Mathieu Léglise [le policier tireur] » (page 12) alors que ce même jugement a mis en pièce sans pitié sur quatre pages (8 à 11) le mensonge qui constituait sa principale argumentation, mensonge selon lequel il aurait bien tiré sur quelqu'un à la tête, mais sur quelqu'un d'autre. Quelle est la valeur de véracité d'un prévenu dont le tribunal a reconnu qu'il avait menti sciemment ? On a ici l'impression d'un « copier-coller » d'argumentations intellectuelles contradictoires au fil des 15 pages des attendus du jugement.
Faut-il rappeler que durant l'audience le juge avait reproché au tireur d'avoir caché à l'instruction qu'il avait eu précédemment d'autres problèmes avec des blessures causées par son arme, lors de tirs compulsifs sur des festivaliers des Rendez-vous de l'Erdre ?

    •    3 - Paradoxe de l'insulte faite par le juge au policier tireur, Mathieu Léglise, et donc à toute la police.

Dans ses attendus, le tribunal ne craint de reprendre l'argumentation incroyable et désespérée de l'avocat du tireur, selon lequel les policiers de base ne seraient vraiment pas très intelligents, voire stupides, et donc irresponsables pénalement. Ce qui donne dans le jugement « Monsieur [le policier tireur] n'a pas de formation approfondie en matière juridique. Il est brigadier de police, agent de police judiciaire et non officier de police judiciaire ». (page 12). Il n'a pas eu de formation « à peine une journée », etc. Ceci est en contradiction avec les lois républicaines et règlements sur le devoir de discernement des agents de la force publique. Mais s'il est si bête (ce que nous ne croyons pas), la conclusion logique n'aurait-elle pas été de lui retirer son port d'armes létales ?

    •    4 - Paradoxe des contradictions entre l'audience et le jugement : une expertise humiliée en mars, réhabilitée en début avril.
Durant l'audience, le juge n'a pas dissimulé son mépris pour l'indigence de l'expertise balistique, s'étonnant que celle-ci ait égaré ou subtilisé l'arme sous scellés (absente de l'audience contre tout usage), et qu'elle ait procédé à des sortes d'expérimentation hasardeuses sur la terrasse d'un logement privé. Est-ce bien le même juge qui cite maintenant l'expertise balistique en bonne part, quand il s'agit de disculper le tireur ? (notamment page 13).

Que s'est-il donc passé durant les quatre semaines de délibéré, pour qu'on ne reconnaisse plus l'axe argumentaire des deux journées d'audience ?

En conclusion,

Cette relaxe est une triste nouvelle pour les familles de Nantes, car l'impunité profite à une personnalité de récidiviste qui a reconnu avoir tiré à neuf reprises avec sa nouvelle arme en expérimentation sur une foule de fêtards en septembre 2007, avant de mutiler Pierre, qui fait courir un danger grave.
Mais ceci ne change en rien notre détermination, qui va continuer à travers la mise en cause de la responsabilité de l'État français à travers la Justice administrative, puis la Cour européenne des Droits de l'Homme. C'est toute la chaîne de commandement qui va rendre des comptes, et notamment les trop nombreuses anomalies liées à cette affaire (dissimulation ou altération de preuves, non citation à comparaître des responsables hiérarchiques).

Nous allons jusqu'au bout des possibilités du Droit, car nous n'agissons pas pour nous seulement, mais pour les autres jeunes et la société. La police mutile, la justice est complice. Quel est le message envoyé aux trois autres mutilés à l'œil à coup de flashball par la police, Joan, Joachim, et Geoffrey, qui étaient présents à l'audience en mars 2012 ? Que dire de l'encerclement militaire du tribunal lors de l'audience et du délibéré ? Que dire d'une justice rendue sous la menace de dizaines de policiers en armures ?
Nous remercions les nombreux citoyens de Nantes sensibles à cette affaire, les victimes solidaires dans toute la France, les organisations syndicales et démocratiques qui n'ont pas cédé au chantage des secteurs les plus idéologisés du commissariat de Nantes, qui veulent intimider la société civile, la presse locale et l'institution judiciaire.

Communiqué des parents du jeune Pierre, envoyé à la presse à 16h55, le 3 avril 2012.


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Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 08:36

Par Sauvons l'Ecole

sarko3

In L'Instit'humeurs

 

Ceux que l’éducation intéresse encore dans cette campagne (oui bon d’accord, on a été naïf en pensant que c’en serait un sujet majeur) seront sûrement intéressés par le rapport de la Cour des Comptes que s’est procuré Le Monde et qui plombe encore plus le bilan éducatif du quinquennat.

 

« L’état donne plus à ceux qui ont déjà plus et moins à ceux qui cumulent tous les risques de réussir moins bien. Un favoritisme qui s’est aggravé ces dernières années », écrit le quotidien.

Inégalité financière : en 2010, l’état a par exemple dépensé 47 % de plus pour un lycéen parisien que pour un banlieusard, 50 % de plus que pour un niçois…

Inégalité humaine : 1000 élèves de plus dans l’académie de Paris et 20 postes sont créés, 3836 élèves de plus dans celle de Créteil et 426 postes sont supprimés…

Inégalité pour l’éducation prioritaire : à Marseille, le nombre d’élèves par prof en ZEP est 4,3 % supérieur à la moyenne académique.

Inégalité de scolarisation : les enfants de moins de 3 ans sont 0,9 % à aller à l’école en Seine Saint-Denis contre 13,4 % en moyenne en France (49 % en Lozère).

Etc…

 

Le camp Sarkozy a beau jeu de dénoncer à longueur d’intervention « l’égalitarisme » du camp socialiste, usant d’un détournement sémantique visant à décrédibiliser l’idée même d’égalité des chances, pourtant fixée par le Code de l’Education : au vu du rapport de la Cour des Comptes, c’est plutôt d’inégalitarisme avéré de la politique d’éducation actuelle qu’il faut parler.

 

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Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 08:26

Par Sauvons l'Ecole

In Libération

 

Éducation . Un prérapport de la Cour des comptes pointe la différence de traitement entre régions.

Par VÉRONIQUE SOULÉ

Oui ou non, l’école donne-t-elle les mêmes chances de réussir à tous les élèves de France, qu’ils habitent les beaux quartiers de Paris, une cité de Seine-Saint-Denis ou le fin fond de la Lozère ? Ou amplifie-t-elle les inégalités ? A dix jours de l’élection présidentielle, un prérapport de la Cour des comptes, révélé hier par le Monde, relance le débat : loin de combler les écarts, selon lui, l’Etat ne ferait que les aggraver en donnant plus à ceux qui ont plus, c’est-à-dire aux établissements déjà privilégiés. Le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, a accusé hier le quotidien de «réciter en bon élève la leçon du candidat Hollande».

Les extraits de ce texte - 93 pages d’observations provisoires soumises au ministère avant le rapport définitif - sont accablants. En 2010, l’Etat a dépensé 47% de plus pour un élève parisien que pour un banlieusard de Créteil ou de Versailles, et 51% de plus que pour un Niçois. Ou encore : à la rentrée 2011, l’académie de Créteil, qui gagnait 3 836 élèves dans le second degré, a perdu 426 postes d’enseignants, alors que pour 1 000 élèves supplémentaires, celle de Paris a reçu 20 profs en plus.

 

Salaires. Selon ce prérapport, le mode d’allocation des postes par le ministère est des plus opaques, et l’on ne comprend pas quels critères dominent - le niveau social des élèves, leur nombre, leurs résultats scolaires… Du coup, les établissements ZEP sont plus ou moins bien dotés, selon les académies. «Au vu de ces chiffres et de leur évolution, souligne la Cour des comptes, aucun élément attestant d’une politique particulière en matière de réduction des inégalités n’apparaît de manière flagrante, alors que les outils sont disponibles.»

«Ce compte rendu est totalement biaisé», explique à Libération Jean-Michel Blanquer, le directeur général de l’enseignement scolaire au ministère de l’Education. En effet, rappelle-t-il, les dépenses de l’Etat consistent essentiellement dans les salaires des enseignants. Or Paris détient le record du nombre de profs agrégés - les mieux payés - et celui des classes prépas - où les enseignants sont aussi bien rémunérés. A l’opposé, une académie comme Créteil, réputée difficile et peu demandée, accueille un grand nombre de débutants, aux traitements moindres. Ce qui explique, selon Jean-Michel Blanquer, l’écart des dépenses de l’Etat. «Il y a aussi un autre angle pertinent : celui du taux d’encadrement [le nombre d’élèves par prof, ndlr], poursuit-il. Et là, on aboutit à des résultats inverses. A Paris, ce taux est très défavorable [avec des classes chargées], alors que dans le premier degré en Seine-Saint-Denis, il est très favorable.» D’après lui, «des mécanismes de compensation fonctionnent pour tenir compte de la ruralité et des inégalités à l’intérieur des académies».

 

Remplaçants.

 

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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 17:55

Par Sauvons l'Ecole

In L'Humanité

 

 

 Les équipes mobiles de sécurité du rectorat tentent d’interdire l’entrée des parents d’élèves au collège

Au collège Albert Camus (Plessis-Trévise, Val de Marne), les équipes de sécurité du rectorat ont tenté hier soir d’empêcher la tenue d’une assemblée générale appelée à se réunir par les trois fédérations de parents d’élèves (FCPE, PEEP, AAPE) et les personnels de l’établissement. C’est au prétexte à peine assumé de la « sécurisation d’un conseil de discipline » qui se tenait alors dans l’établissement et « n’obéissant qu’aux ordres du chef d’établissement » que ces équipes envoyées par le rectorat ont joué la carte de la casse de la mobilisation. 

 

Positionnés devant les grilles du collège dès 18 heures, les équipes du rectorat ont systématiquement bloqué les entrées des parents d’élèves à l’intérieur des locaux. Les pères et mères d’élèves qui souhaitaient se rendre à l’intérieur étaient sommés de présenter « une autorisation du chef d’établissement ». Il a fallu plus d’une heure de tensions et de jeu de chat et souris avant que le chef d’établissement ne soit finalement contraint d’autoriser l’entrée des parents qui se regroupaient devant les grilles du collège.

 

Les équipes mobiles ne sont pourtant censées intervenir qu’en cas de grave danger pour la sécurité des personnes et des biens. Parents et personnels dénoncent un grave dérapage autoritaire et une criminalisation de leur mobilisation. La section SNES de l’établissement s’insurge également contre ces méthodes policières.

 

Les parents et les personnels se réunissent en assemblée générale et occupent le collège

L’assemblée générale a regroupé dans le hall du collège une cinquantaine de parents et de personnels qui ont pu échanger et réfléchir aux suites à donner à leur mobilisation. Une série d’actions est d’ores et déjà prévue. Après cette assemblée, les provisions ont été déballées : tartes confectionnées par les parents, fromages, barbecue. Les discussions qui tournaient souvent autour du manque criant de moyens dans l’éducation nationale ont duré tard dans la nuit. Les plus courageux ont déplié lit de camps, sorti les duvets, et ont vu le jour se lever depuis le collège.

 

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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 17:47

Par Sauvons l'Ecole

In NouvelObs

 

Selon la Cour des comptes, les budgets alloués favorisent les académies enregistrant les meilleurs résultats, laissant les autres à la traîne. Le gouvernement ne mène aucune "politique particulière en matière de réduction des inégalités" à l'école, allouant même des moyens à des académies bien dotées au détriment des plus nécessiteuses, selon un pré-rapport de la Cour des comptes révélé par "Le Monde" vendredi 13 avril.

 

Dans ce "relevé d'observations provisoires", titré "L'éducation nationale et les inégalités territoriales : résultats et moyens scolaires", la cour conclut que "si le ministère de l'Education nationale souhaite réellement lutter contre les inégalités géographiques de résultats des élèves, une profonde inflexion de ses politiques territorialisées et une réforme de son mode d'allocation des moyens apparaissent donc indispensables".

 

"On peine à trouver une cohérence traduisant une politique d'ensemble précise", soulignent les magistrats, pour qui "le système éducatif se caractérise par des inégalités territoriales de toutes natures". Et "les moyens actuellement déployés ne permettent pas d'y remédier", ajoutent-ils.

Et d'asséner le coup de pied de l'âne : "Alors même que les outils sont disponibles, le ministère ne se met pas en position d'analyser précisément les inégalités territoriales, leurs causes, et les moyens de les limiter".

Chatel dénonce une lecture "partisane"

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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 17:28
- Publié dans : Privé-Public et Laïcité
Par Sauvons l'Ecole

Les cathos de droite profitent des élections pour  vendre le chèque éducation et en finir avec l'Education Nationale

 

 

C03-18Extraits :

"Au pays de la carte scolaire, la liberté de choix de l’école par les familles est vaille que vaille assurée par l’existence d’établissements dits « libres » qui produisent un petit quart de l’enseignement des premier et second degrés.

Pourquoi « dits » libres ? Parce que ces institutions vivent très majoritairement grâce à un contrat léonin passé avec l’État : celui-ci prend en charge les salaires de leurs enseignants, mais en contrepartie leur impose des règles de fonctionnement calquées sur celles de leurs homologues publiques. La liberté de ces établissements « sous contrat » est donc limitée, qu’il s’agisse des programmes, des méthodes pédagogiques ou des équipes."

 

"Le chèque scolaire est la solution qui permettrait à la libre entreprise pédagogique de concurrencer à armes égales l’administration pédagogique qu’est l’Éducation nationale. Il consiste en effet à fournir un budget par élève à tout établissement répondant à de strictes normes de qualité, qu’il soit public ou privé. Le financement reste assuré par l’impôt, ce qui garantit à tout citoyen, fut-il pauvre comme Job, que ses enfants pourront être scolarisés où il veut dans de bonnes conditions (…)

Dans beaucoup de domaines, le « big-bang » serait en France la meilleure façon de réaliser un véritable changement institutionnel, si les dirigeants de ce pays avaient l’intelligence et l’audace requises pour mener une telle opération. Mais la ligne Maginot qui protège l’enseignement traditionnel est probablement beaucoup plus complète que celle qui, en 1940, a été débordée par la blitzkrieg allemande. Il faut donc réfléchir à une stratégie d’infiltration."

Source d'origine

 


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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 12:48
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

In Médiapart

 

« De mémoire d'enseignant qui commence à approcher de l'âge de la retraite, c'est la première fois qu'on nous envoie un tel courrier », s'émeut un prof de l'académie d'Amiens. Par une lettre adressée aux chefs d'établissement, plusieurs académies ont en effet lancé un rappel au devoir de réserve durant la période électorale qui laisse ceux qui l'ont reçu pour le moins perplexes… « A l’occasion de la période électorale qui s’ouvrira prochainement, je vous rappelle qu’il en découle une obligation de réserve pour tous les agents de l’Etat, excluant la participation à des manifestations publiques en compagnie d’élus », affirme la missive signée par le directeur académique qui précise que « cette période de réserve électorale débutera le 23 mars et se terminera le 17 juin 2012 ».

 

Seuls événements à faire exception, les commémorations du 8 mai et celles du 10 mai liées à la traite et l’esclavage ainsi que celle de la Journée de la déportation. En prenant connaissance de ces consignes surprenantes, les enseignants en ont déduit qu'ils ne devraient donc assister à aucun meeting politique, à aucune réunion en présence d'élus et que, par exemple, le défilé du 1er Mai, où les élus évidemment sont nombreux, serait par conséquent interdit à tout agent de la fonction publique !

« C'est du délire », s'emporte Daniel Robin, co-secrétaire national du Snes. Pour qui ce comportement relève d’« un autoritarisme totalement idiot, symptomatique du climat actuel qui consiste à vouloir strictement encadrer les membres de la fonction publique. Je voudrais bien savoir, poursuit-il, si le ministre pense que les 800 000 enseignants doivent être interdits de participer en tant que citoyens à la campagne électorale». S'il admet que dans l'exercice de leur mission, il est «bien entendu inacceptable de se lancer dans une quelconque propagande électorale ou dans une réunion avec les parents par exemple», pour lui le devoir de réserve n’interdit bien évidemment pas l’exercice de la citoyenneté aux enseignants, qui, précise-t-il, «peuvent être eux-mêmes élus ou candidats». « La règle est la suivante : les représentants de l'Etat ne doivent pas participer durant la campagne à des manifestations publiques qui pourraient s'apparenter à un engagement politique. Il s'agit là des préfets, des recteurs évidemment mais ni des enseignants, ni a fortiori de tous les agents publics», souligne-t-il.

D’où est venue la consigne de diffuser ce rappel à l’ordre dont l’origine légale paraît bien incertaine ?

 

« Un venin peu à peu distillé »

Interrogé, le directeur de l’inspection académique d’Amiens, Jean-Luc Strugarek, nous explique qu’il a simplement relayé une note du préfet, classique en période électorale. Pour lui, l’émotion causée chez les enseignants repose sur «un malentendu» puisque la consigne ne s’appliquerait que «durant le service des fonctionnaires». Quand on lui oppose qu’il est plutôt rare que les profs assistent à des manifestations publiques avec des élus sur leur temps de service, il assure qu’il s’agit par exemple d’éviter qu’un enseignant ne participe à un événement pour valoriser telle ou telle action du conseil régional par exemple.

Une interprétation bien particulière qui a manifestement échappé aux enseignants. Pour Daniel Robin, il s’agit pourtant bien d’une politique visant à museler les fonctionnaires. «C’est un venin qui a été peu à peu distillé», explique-t-il, et qui a partiellement réussi à semer doutes et craintes chez les agents de la fonction publique. Au point que certains ne savent plus s'ils sont autorisés à parler publiquement de politique ...

Au ministère de la fonction publique, on assure que si aucune consigne particulière n’a été passée récemment, il existe bien une «période de réserve républicaine» dont les dates sont fixées par le ministère de l’intérieur et qui impose un certain nombre de contraintes aux agents de la fonction publique. Au ministère de l’Education nationale, on semblait surpris par ces courriers, sans faire plus de commentaire.

Il y a un an pourtant, à l’occasion des cantonales, le ministre de l’éducation avait déjà été interpellé par le député PS Bernard Roman sur des consignes relatives à cette “période de réserve électorale” pour les enseignants. Il s’était alors fendu à l'Assemblée d’une explication pour le moins embarrassée. Tout en rappelant le droit à la liberté d’expression de tout citoyen, il affirmait que «des règles spécifiques ont notamment été édictées s'agissant des périodes électorales». Pendant ces périodes, expliquait le ministre, «une obligation de “réserve d'usage” a été consacrée à l'égard des fonctionnaires, dans l'exercice de leurs fonctions. (…) Si, en principe, tous les fonctionnaires sont concernés par cette obligation, dans les faits, seuls sont visés ceux qui sont amenés à participer, dans l'exercice de leurs fonctions, à des manifestations ou cérémonies publiques. Cette obligation ne découle d'aucun texte statutaire ou relatif au droit électoral. Il s'agit d'une tradition républicaine». Pour simplifier le tout, il précisait également que cette «interdiction, durant cette période, de participer à une manifestation ou à une cérémonie publique (…) peut, toutefois, être nuancée au cas par cas, en fonction des situations particulières».

En clair, cette réserve particulière aux périodes électorales n'a aucun statut légal mais repose sur une tradition républicaine dont personne n’a entendu parler et s'applique de surcroît au cas par cas...

 

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