A lire

Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
 Main basse sur l'école
 Démopolis, 2008

 

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Vendredi 3 juillet 2009
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

 

Bonnes vacances à tous !

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Jeudi 2 juillet 2009
- Publié dans : Second degré
Par Sauvons l'Ecole

In C'est Classe

Maître Nicolas et le baccalauréat


Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage.

L’apologue qui suit illustre cet adage.

 

Dur chasseur de Princesses, Maître Nicolas

Avait un fier chenil dit Baccalauréat.

Or ses clebs trop nombreux, bruyants et dispendieux

Lui cassaient l’oreille, lui sortaient par les yeux.

Il décida un jour de s’en débarrasser.

Mais le moyen d’agir sans risquer de passer

Pour un fieffé coquin, hystérique, imprudent ?

C’est que les partisans de la canine gent

La jugeaient race ancienne et de digne lignée.

Mons Nico eut alors l’artificieuse idée

D’accabler, rudoyer tous ces preux canidés

Pour les pousser à bout et les faire enrager.

C’est ainsi qu’ils vécurent grande aberration

Et virent étendue sans commune raison

La mission à laquelle chaque fin d’année

Les voyait dévoués. Ce n’était pas assez

D’organiser, surveiller et évaluer

Les épreuves aux jeunes chiots destinées ;

Il fallait aussi, et dans la même semaine,

Encadrer plusieurs jours (sans ménager sa peine)

La basse-cour Collège, et assurer ses cours

Et surveiller Brevet et siéger tout un jour

En Commission d’appel et corriger de nuit,

Oh, à tarif spécial ! les infinies copies.

« Voyez comme ils aboient et tirent long la langue !

Voyez comme ils sont faibles, foireux et exsangues !

À quoi bon les nourrir et les entretenir ?

De quelle infection vont-ils pas nous pourrir ?

Il vaut mieux les tuer. » Ainsi le fin matois

Exultait, tout ravi de son secret exploit.

Mais les chiens, devenus enragés pour de vrai,

Déchirèrent leur chef, sonnèrent la curée.

 

Que l’on soit maître ou grand, ou même président,

À prendre autrui pour dupe, on se casse les dents.

Eric Négrel, prof de Lettres à la Cité scolaire internationale de Lyon
d'après La Fontaine


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Jeudi 2 juillet 2009
- Publié dans : Revue de presse
Par Sauvons l'Ecole

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Jeudi 2 juillet 2009
- Publié dans : Premier degré
Par Sauvons l'Ecole

In  http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com


 



En plis recommandés reçus 
ce mercredi 1er juillet, à son domicile, Bastien Cazals apprend la décision de l'Inspecteur d'Académie de l'Hérault, d’engager une procédure disciplinaire ainsi qu’une procédure de retrait d’emploi de directeur d’école. Dans le cadre de cette double procédure, Bastien Cazals est également invité à prendre connaissance de son dossier administratif, lundi 6 juillet à 10h.


36 jours de retrait de salaire, une interdiction formelle de s’exprimer dans les médias, une
multitude (plus d'une douzaine) de visites à son école (perturbant le travail en classe), la récupération de sa clé d’accès au fichier Base-Elèves, la menace de faire ficher ses élèves par une tierce personne et depuis le Rectorat, ne suffisent plus à l’appétit d'

 

une administration qui se perd dans un autoritarisme sans limite !


[…]
Mais ces enseignants entrés en résistance ouverte et non-violente ne sont pas isolés. Huit mois après les premières lettres individuelles, ils sont nombreux à les avoir rejoints et se sont organisés autour de deux axes :

Une fois de plus, la politique libérale de l’Etat s’accompagne de mesures autoritaires et répressives, aussi disproportionnées que dirigées vers quelques-uns, s’asseyant sans élégance sur l’égalité devant la justice. Et à la veille des vacances scolaires estivales, Bastien Cazals est une fois encore victime de cet acharnement disproportionné […], tout comme la dizaine de ces enseignants "désobéisseurs" sur laquelle la hiérarchie a décidé d'appliquer tout l'arsenal des sanctions administratives et financières, pour l'exemple.


la résistance éthique incarnée par les quelques 200 directeurs d’école, membres du Collectif National de Résistance à Base élèves et dont l'appel a été récompensé par les Big Brother Awards 2009,


la résistance pédagogique incarnée par les plus de 3000 enseignants, membres du Mouvement des Enseignants du primaire en Résistance Pédagogique, ouvertement déclarés contre les nouveaux programmes et les évaluations qui vont avec, la nouvelle semaine scolaire et l'abandon des RASED qui en découle.


[…] On doit attendre beaucoup du
jugement qui sera rendu par le Tribunal Administratif de Montpellier, après l'audience du lundi 6 juillet à 15h, concernant les retraits de salaire dont certains enseignants sont victimes.

 

Texte intégral disponible sur le blog UneEcolePourVictorEtHugo

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Tél 06 82 22 85 91

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victorethugo@live.fr

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Jeudi 2 juillet 2009
- Publié dans : Base élèves
Par Sauvons l'Ecole

In Médiapart

Après avoir entendu le gouvernement français le 26 mai, le comité des droits de l’enfant des Nations Unies rappelle la France à l’ordre à propos du fichier «Base élèves premier degré», qui conserve les informations recueillies lors de l’inscription de chaque enfant à l’école maternelle ou primaire. «Les objectifs de cette base de données et son utilité pour le système éducatif n’étant pas clairement définis, le Comité est préoccupé par l’utilisation de cette base de données à d’autres fins telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière, et par l’insuffisance des garde-fous légaux empêchant son interconnexion avec les bases de données d’autres administrations», peut-on lire dans les recommandations à la France du comité (en anglais et pdf).

 

Le comité onusien s’inquiète également du fait  que les parents ne peuvent pas s’opposer à l’enregistrement de leur enfant et pourraient en conséquence être réticents à les inscrire à l’école. Depuis le 25 mars près de 800 plaintes contre X ont déjà été déposées par des parents opposés au fichier base élèves dans l’Aveyron, l’Isère, les Bouches-du-Rhône, le Tarn-et-Garonne et l’Ariège (lire Le fichier «Base élèves» : la France doit s'en expliquer devant les Nations unies).


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Jeudi 2 juillet 2009
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

In Médiapart

Première semaine rue de Grenelle et... premier dossier brûlant sur le bureau du nouveau ministre de l'Education, Luc Chatel. Remontés après l'annonce de 16.000 suppressions de postes au budget 2010, la gauche et les syndicats d'enseignants ont enfourché un nouveau cheval de bataille : le sort réservé aux 34.000 emplois de vie scolaire (EVS et AVS) dont le contrat s'est achevé hier. Le président PS du Conseil régional d'Ile-de-France Jean-Paul Huchon a dénoncé « le plus grand plan social depuis le début de la crise, initié par l'Etat lui-même ». Quant aux syndicats, pétitions en main, ils devaient mettre le sujet sur la table lors de leur rencontre avec Luc Chatel, hier. « Nous attendons un signe d'apaisement d'autant qu'il y a de nombreux sujets de conflits : rythmes scolaires, suppressions de postes, formation des maîtres... », plaide Gilles Moindrot, secrétaire national du SNUipp-FSU. Sans aller jusqu'à réclamer leur titularisation, les syndicats souhaitent que le ministère « pérennise quelques années » les contrats de ces personnels créés en 2006 dans le cadre du plan Borloo pour seconder les directeurs d'école et aider les élèves handicapés. Embauchés à mi-temps sur des contrats aidés de deux ou trois ans renouvelables une fois, les EVS, présentaient un profil atypique pour l'Education nationale - RMIstes, handicapés... Ils sont devenus au fil des ans « opérationnels », et les enseignants rechignent à changer de recrue.


Volonté d'apaisement


Hier, devant l'Assemblée, Luc Chatel s'est employé à distiller un message ferme mais apaisant. « Ces emplois étaient des CDD de trois ans renouvelable une fois (...), les choses étaient claires depuis le début », a-t-il affirmé, précisant toutefois que « 18.000 des 34.000 » contrats - ceux qui peuvent légalement l'être - seraient « renouvelés ». Il a aussi rappelé que si les personnels partent, les contrats, eux, demeurent : « Il y aura toujours autant d'AVS à la rentrée », a-t-il promis. L'Education nationale a d'ailleurs commencé une nouvelle vague de recrutements.


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Jeudi 2 juillet 2009
- Publié dans : Evaluations
Par Sauvons l'Ecole

In Café Pédagogique


Le Journal Officiel du 1er juillet publie un décret et un arrêté instituant une prime pour les enseignants procédant aux évaluations de CE1 et CM2. Le montant est fixé à 400 euros. Mais, particularité importante, c'est l'IEN qui fixe le montant que chaque enseignant percevra pour "la totalité des opérations" d'évaluation. " Le montant de l'indemnité allouée à chaque enseignant remplissant les conditions de l'article 1er est fixé par l'inspecteur d'académie-directeur des services départementaux de l'éducation nationale, dans la limite du taux de référence. Ce montant est déterminé sur proposition de l'inspecteur de l'éducation nationale chargé de la circonscription dans laquelle se trouve l'école, en fonction de la participation effective des enseignants à ces évaluations".

 

Cette façon de faire aboutit à demander aux IEN une surveillance des épreuves. Et cela pose problème à certains inspecteurs compte tenu de la forte résistance  des enseignants à l'évaluation de CM2. Pour le Snpi Fsu, "c'est encore aux IEN de proposer une répartition à l'IA-DSDEN qui fixera le montant de l'indemnité alloué à chaque enseignant. Quid de la gestion des réalités : classes partagées, titulaires-remplaçants, évaluations mises en œuvre partiellement, ou totalement mais pas enregistrées dans l'application web ?" Le SNPI demande à ses inspecteurs de "se tenir à l'écart des procédures d'investigation afin de déterminer qui a fait quoi".


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Mercredi 1 juillet 2009
- Publié dans : Universités
Par Sauvons l'Ecole

In Les Inrocks

Juste avant de céder sa place à Luc Châtel à l'Education, Xavier Darcos a annoncé la suppression de 16 000 postes. Et après un semestre de dialogue impossible avec le gouvernement, le monde universitaire refuse de rendre les armes. On peut d'ores et déjà prévoir une reprise de la mobilisation, avec d’autres moyens, pour l’automne prochaine.



Sale temps sur la contestation dans les facs. Après cinq mois de protestation tous azimuts, alors que s’amoncellent les copies d’examens sur les bureaux des enseignants-chercheurs, la communauté universitaire accuse le coup. Elle reste sonnée par une politique ministérielle du rouleau compresseur déterminée à imposer, quel qu’en soit le prix, sa refonte du système universitaire français.
Alors qu’est finalement passée, après un très léger toilettage, la réforme tant décriée du statut des enseignants-chercheurs, les universitaires ne veulent pas baisser les bras. Leur lutte contre le démantèlement du CNRS continue. Leur dénonciation de la future formation des enseignants – la “mastérisation”, d’ores et déjà repoussée à 2011 – ne faiblit pas non plus. Mais la Ronde des obstinés a quitté le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris, et le temps des grandes manifestations semble terminé.

 

La dernière “Academic Pride” (une “marche des savoirs”) n’a pas eu le succès escompté. En attendant la rentrée prochaine, la communauté universitaire poursuit donc la lutte en mode mineur. Et fait un “bilan d’étape” pour mieux réfléchir à la suite des actions.


Car malgré son unité, le mouvement doit panser ses plaies. “On a mis du temps à comprendre que le pouvoir ne céderait pas”, analyse Isabelle This Saint-Jean, présidente de l’association Sauvons la recherche. Pour mater sa communauté scientifique, Nicolas Sarkozy semble prêt à tous les excès. “Le gouvernement ne respecte aucune des règles du jeu, même quand il les a lui-mêmes édictées”, remarque ainsi Valérie Robert, porte-parole du collectif Sauvons l’Université.

 

Dernier exemple en date : la démission, le 10 juin, d’une commission de présidents d’université, chargée de faire des propositions sur la mastérisation. Le ministère n’avait même pas attendu leurs conclusions pour lancer ses décrets… “Malgré un profond malaise dans les facs, le gouvernement fait litière de toute concertation. Il fait semblant d’écouter, mais avance au Kärcher”, estime Pascal Binczak, le président de Paris-VIII.


Pour Isabelle This Saint-Jean, “même quand il a dû reculer”, le gouvernement “n’a jamais voulu nous donner de succès apparent.” Les non-suppressions de postes dans la recherche pour les deux années à venir ont ainsi été annoncées… par Eric Woerth, au détour d’une interview. Une méthode efficace pour “déposséder le mouvement d’une de ses plus belles victoires”. Autre stratégie ministérielle payante : agiter l’épouvantail de “l’année universitaire perdue, alors que Pécresse savait aussi bien que nous que les cours allaient reprendre”, pense Isabelle This Saint-Jean. “On n’allait pas mettre en péril l’année des étudiants. Là, médiatiquement, ils ont été plus forts.” Pour Valérie Robert, “le gouvernement a joué sur notre amour du métier. Faire tourner la boutique, c’est important pour nous. On est sur un bateau qui prend l’eau, mais on ne peut pas se résigner à le laisser couler. Ils ont joué de notre loyauté envers nos facs.


Mais ce petit jeu pourrait s’avérer risqué pour les tenants de la réforme. Car c’est déjà la “loyauté” à l’université qui a valu aux frondeurs scientifiques l’une de leurs belles victoires : celle du “combat idéologique”. “L’opinion publique a compris qu’ils se passait quelque chose de grave, un bouleversement profond des valeurs de nos institutions”, se félicite Isabelle This Saint-Jean. “On a convaincu de la justesse de nos positions.” De quoi repartir de plus belle à la rentrée, après un été consacré à la reprise des travaux de recherche. “Le mouvement n’a pas éclaté, l’unité est toujours là, l’été ne sera qu’une parenthèse”, prévient Stéphane Tassel, secrétaire général du syndicat enseignant Snesup.

 

Dès octobre, la mobilisation pourrait même s’accentuer : “tant qu’on nous attaque, je ne vois pas pourquoi on ne répondrait pas”, prévient Valérie Robert. Mais cette fois, la riposte prendra sans doute de nouvelles formes : “Il va falloir opter pour une résistance locale, faire reculer l’application effective des décrets dans chaque fac”, anticipe Isabelle This Saint-Jean. “Se battre dans les conseils d’université, les UFR…


Pour Jean-Henri Roger, professeur à Paris-VIII et cocréateur de la Ronde des obstinés, “cette force de nuisance, cette capacité à retarder les choses, on l’a. Ce ne sera peut-être pas suffisant, mais c’est tout de même indispensable”. Lui espère beaucoup d’une alliance des mouvements sociaux : “Le gouvernement n’a pas réussi à nous mettre à genoux. Il n’y a qu’une peur plus grande qui peut le faire céder : la convergence des luttes. Si on arrive à l’obtenir, tout change.” Même analyse chez Pascal Binczak : “Le malaise est profond, le gouvernement n’est pas quitte. Un événement à la rentrée et tout repartira.” Il suffit d’une étincelle.


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Mercredi 1 juillet 2009
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

In Libération

Quelque 5.000 auxiliaires de vie, s'occupant d'enfants porteurs de handicap à l'école, arrivent en fin de contrat cette année. Ils seront remplacés par des nouveaux, sans expérience, ni formation.


Le sentiment d’un énorme gâchis. D’ici décembre, quelque 5.000 auxiliaires de vie scolaire s’occupant des enfants porteurs de handicap à l’école seront remplacés. Embauchés en contractuels par l’Education nationale, les premiers accompagnants recrutés en 2003 arrivent à la fin de leur contrat.


«C’est vraiment dommage… D’abord pour ces collègues expérimentés qui aiment leur boulot et qui vont se retrouver au chômage. Mais c’est triste aussi pour tous ces enfants qui vont devoir s’habituer à un nouvel accompagnant pas forcément formé», soupire Véronique Boyrie, secrétaire générale de l’association des accompagnants de vie scolaire, l’Unaïsse, créée il y a deux ans.

Au-delà de la précarité des statuts, l'association réclame la reconnaissance du métier d’accompagnant, avec «une vraie formation adaptée aux besoins spécifiques de ces enfants», poursuit Véronique Boyrie. «Aujourd’hui, avec ces statuts précaires, on se retrouve auxiliaire un peu comme ça, sans réelle formation (60 heures au total). Je me suis par exemple retrouvée le jour de la rentrée à devoir m’occuper d’une petite fille qui avait un retard global sans être informée à l’avance. Il a fallu que je m’adapte, que je recherche des informations par moi-même pour savoir comment m’y prendre avec elle. En pratique, on fait de notre mieux et la plupart du temps, ça se passe bien...»

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Mercredi 1 juillet 2009
- Publié dans : Revue de presse
Par Sauvons l'Ecole

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Mercredi 1 juillet 2009
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

In Café Pédagogique

L'annonce faite par RTL, reprise ensuite par tous les médias, validée par les propos de Luc Chatel, d'une étude ministérielle qui estimerait qu'un enseignant du primaire sur deux a bénéficié d'un congé de maladie en 2008 est-elle un bidonnage ? Trois éléments penchent en ce sens.

 

Le doute le plus sérieux vient du fait que l'étude reste mystérieuse, RTL ne l'a toujours pas publiée. On n'a donc aucune idée de ce qui a été vraiment décompté et du sérieux de cette enquête. D'autres éléments de doute viennent de l'incohérence entre les chiffres avancés et d'autres données officielles. L'Expresso avait évoqué le rapport sur les performances du ministère. Mais d'autres rapports contredisent les affirmations de RTL. D'abord un intéressant travail de l'Insee sur les congés maladie et accidents dans l'économie française qui établit une loi : "plus le travail est qualifié, moins on s'absente pour cause de maladie ou d'accident". Cette étude fixait un taux moyen d'absence des enseignants à 1,7% pour le primaire et 1,5% pour le secondaire, loin derrière la plupart des professions, par exemple les employés de commerce (3), les ouvriers non qualifiés de l'industrie (4,3). Seuls les ingénieurs et cadres du privé et les cadres de la fonction publique font mieux.  Cette étude a 10 ans d'âge (1998) mais, si les chiffre sont pu évoluer, la logique qui les anime est surement encore à l'oeuvre.

 

Mais il y a des données beaucoup plus récentes. En présentant la carte scolaire 2009, le ministère a lâché quelques chiffres, preuve s'il en était qu'il les détient. Concernant les enseignants du primaire, la Dgesco affirme que "on constate que sur 10 ans le taux d'absence a augmenté au niveau national 5,98 en 1998-1999 et 7,23% en 2006-2007". Que le taux d'absence ait augmenté n'est pas très étonnant compte tenu du vieillissement de la population enseignante (moyenne d'âge 40 ans). Encore faut-il préciser qu'il concerne tous les motifs d'absence (pas seulement la maladie et on a vu dans le rapport de performance que les motifs administratifs pèsent plus lourds que la maladie). Il s'établit à environ 7% des heures enseignées. Comment avec 7% d'heures avoir "la moitié d"enseignants absentéistes" ??? Précisons quand même que ce taux est très variable d'un département à l'autre, avec parfois des facteurs évidents (on a plus d'absents dans les zones difficiles), parfois non…  Enfin rappelons que le temps de travail des enseignants du second degré a été évalué par la DEPP (ministère) en 2002 : il s'établit à 39h47 en moyenne par semaine.

 

De ces données il ressort quatre constats. Le premier c'est que les enseignants n'ont globalement pas à rougir. Le second c'est que quand un prof est absent c'est une gêne bien réelle pour les familles. La question mérite sans doute mieux qu'une campagne assez basse, des solutions concrètes. Or là-dessus les derniers chiffres du rapport de performances montre que les résultats de Xavier Darcos sont mauvais. Les économies ont touché également le volant de remplaçants et ce ne sont pas leçons de morale qui va les ressusciter…

 

Le troisième constat c'est que les vrais chiffres existent. Ils ont servi à la Dgesco pour établir sa carte scolaire. On peut les compléter avec le suivi détaillé des absences maladies et maternité qui a été lancé en 2004 par le Comité d'hygiène et de sécurité du ministère.  Qu'attend la Dgesco pour les publier ?

 

Le dernier constat interpelle directement le ministre.  En 1999 Claude Allègre avait fait campagne sur l'absentéisme des enseignants en avançant, par une entourloupe, 12% d'absentéistes. Voilà ce thème revenu à la Une médiatique avec, encore mieux, un prof feignant sur deux. Ou ces chiffres viennent de la rue de Grenelle,  ou ils sont bidons. Il appartient au ministre soit de les confirmer, soit de les démentir, soit d'accepter d'avoir précocement la popularité du ministre précédemment cité.

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Mercredi 1 juillet 2009
- Publié dans : IUFM
Par Sauvons l'Ecole

Les syndicats, associations professionnelles, sociétés savantes, collectifs… qui souhaitent se joindre à cet appel peuvent le faire en envoyant leur soutien et leurs coordonnées à appel.luc.chatel@gmail.com La liste des signataires sera mise à jour sur le site de la Coordination Nationale Formation Des Enseignants.

 


Appel à Luc Chatel

Réforme de la formation des maîtres :

il est encore temps de préserver l’avenir

 

L

e gouvernement a préparé des décrets qui lui donnent en partie les moyens juridiques de mettre en œuvre sa réforme de la formation des maîtres. Leur publication est imminente. Pourtant, sur le fond, cette réforme a suscité une opposition quasi unanime des instances universitaires, des organisations syndicales d’enseignants et d’étudiants, des associations professionnelles, des sociétés savantes, des mouvements pédagogiques, des parents d’élèves (FCPE), etc. Et quant à la méthode, les textes de ces décrets ont été rédigés avant la fin des discussions engagées avec les syndicats dans les « groupes de travail » et alors que la « commission de concertation » coprésidée par MM Marois, recteur, et Filâtre, président d’Université, avait à peine commencé ses travaux. C’est au point que la Conférence des présidents d’université (CPU) et M. Filâtre, coprésident de la commission, la Conférence des directeurs d’IUFM (CDIUFM), la Conférence des directeurs d’UFR de sciences (CDUS), la Conférence des directeurs d’UFR de lettres et sciences humaines (CDUL) ont dû décider de suspendre leur participation à cette commission, acte inédit dans les relations entre le gouvernement et l’Université. Au même moment, tous les syndicats exigeaient que les projets de décrets soient retirés de l’ordre du jour du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’État (CSFPE) et le Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER) demandait leur retrait.

L’actuel projet de réforme aurait pour conséquences une dégradation de la formation professionnelle des enseignants, une remise en cause du rôle des IUFM, la mise en danger des recherches en didactique des disciplines, une déstabilisation des équipes de formation et de recherche… Ne pouvant plus bénéficier d’un salaire au cours de la cinquième année d’étude, les étudiants les plus modestes auraient davantage de difficultés pour accéder au métier d’enseignant. De plus, si le gouvernement maintenait la suppression des 14 000 postes de stagiaires annoncée par Xavier Darcos le jour même de son départ, les lauréats des concours de 2010 se verraient imposer un dispositif de formation qui ferait passer leur obligation de service à deux tiers de leur horaire, au lieu de 40 % aujourd’hui, ne laissant plus assez de temps pour une formation professionnelle sérieuse.

La qualité de la formation des maîtres est une condition décisive de la réussite des élèves à l’école, au collège et au lycée et, au bout du compte, un élément déterminant du développement de la société aux plans économique, scientifique, culturel et humain. C’est pourquoi nous nous adressons au gouvernement de la façon la plus solennelle. Il ne peut pas avoir raison contre tous, il doit entendre les griefs des parties prenantes à l’égard de son projet. Il est encore temps de préserver l’avenir : nous appelons le nouveau ministre à suspendre durablement la publication des projets de décrets.

De plus, il doit garantir, mieux que ne le fait la circulaire Hetzel du 5 juin, qu’aucun étudiant ne sera lésé en 2009-2010. Il doit maintenir le bénéfice des conditions actuelles de la formation pour les lauréats de 2010. Il doit préserver les moyens donnés aux IUFM.

Nous lui demandons enfin de réunir les conditions d’authentiques négociations avec toutes les parties prenantes.

En entendant ces demandes, le gouvernement ferait preuve de sagesse et d’esprit de responsabilité. Il contribuerait à rendre possible une rentrée universitaire et scolaire dans un climat apaisé.

1er juillet 2009


Les 63 premiers signataires

 

Coordinations nationales :

Coordination Nationale Formation Des Enseignants (CNFDE)

Coordination Nationale des Universités (CNU)

Organisations syndicales de l’éducation nationale et de l’université :

FSU

SNUIPP-FSU (enseignants de l’école primaire)

SNES-FSU (enseignement secondaire)

SNESUP-FSU (enseignement supérieur)

SNEP-FSU (éducation physique)

SNUEP-FSU (enseignement professionnel)

SNPI-FSU (inspecteurs de l’éducation nationale)

FNEC-FP FO

SNUDI-FO (enseignants de l’école primaire)

SNFOLC (enseignement secondaire)

SNPREES-FO (enseignement supérieur et recherche)

CGT-Éduc’action (enseignement primaire et secondaire)

FERC Sup (enseignement supérieur)

FERC-CGT (recherche et culture)

SNPEFP-CGT (enseignement et formation privés)

SUD-Éducation

Mouvements et collectifs :

Sauvons la Recherche (SLR)

Sauvons l’Université (SLU)

Association pour la Taxation des Transactions pour l’Aide aux Citoyens (ATTAC) commission éducation

Appel des appels

Conférences :

Conférence des Doyens et Directeurs des UFR de Lettres, Langues, Arts, SHS (CDUL)

Associations de parents d’élèves :

Fédération des Conseils de Parents d’Élèves des Écoles Publiques (FCPE)

Associations et collectifs de spécialistes, sociétés savantes :

Société Mathématique de France (SMF)

Commission Française sur l’Enseignement de Mathématiques (CFEM)

Association des Professeurs de Mathématiques de l’Enseignement Public (APMEP)

Association pour la Recherche en Didactique des Mathématiques (ARDM)

Commission Permanente des IREM pour l’Enseignement Élémentaire (COPIRELEM)

Société Française de Statistique (SfdS)

Société de Mathématiques Appliquées et Industrielles (SMAI)

Collectif national des responsables de préparation au CAPES et à l’agrégation de SVT

Association pour la Recherche en Didactique des Sciences et des Techniques (ARDIST)

Association Française des Enseignants de Français (AFEF)

Association Internationale pour la Recherche en Didactique du Français (AIRDF), section française

Collectif Promotion du Français et des Lettres

Association des Sciences du Langage (ASL)

Société Française Shakespeare (SFS)

Association Française des Études Américaines (AFEA)

Association des Professeurs de Langues Vivantes (APLV)

Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur (SAES)

Association des Germanistes de l’Enseignement Supérieur (AGES)

Jury du CAPES d’Espagnol, à l’unanimité

Fédération Nationale des Associations d'Italianistes du Second degré (FNAI)

Société des Italianistes de l’EnseignementSupérieur (SIES)

Association Française des Catalanistes (AFC)

Association Française des Russisants (AFR)

Société Française des Études Japonaises (SFEJ)

Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales (APSES)

Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG)

Société des Professeurs d'Histoire Ancienne de l'Université (SOPHAU)

Société des Historiens Médiévistes de l’Enseignement Supérieur Public (SHMESP)

Association des Professeurs de Musique et de musicologie de l'Enseignement Supérieur (APMESU)

Association des Enseignants et Chercheurs en Sciences de l’Éducation (AECSE)

Association Française d'Éducation Comparée et des Échanges (AFDECE)

Associations professionnelles :

Fédération Nationale des Associations de Maîtres E (FNAME)

Fédération Nationale des Rééducateurs de l’Éducation Nationale (FNAREN)

Association Générale des Enseignants des Écoles et classes Maternelles publiques (AGEEM)              

Mouvements pédagogiques et d’éducation populaire :

Ligue de l’Enseignement

CRAP-Cahiers pédagogiques

Institut Coopératif de l’École Moderne-Pédagogie Freinet (ICEM)

Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN)

Collectif des Équipes de Pédagogie Institutionnelle


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Mardi 30 juin 2009
- Publié dans : Revue de presse
Par Sauvons l'Ecole

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Mardi 30 juin 2009
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

AVS : Jean-Paul Huchon dénonce "le plus grand plan social de la crise"

Le Président de la Région Ile-de-France dénonce la double peine que fait subir le gouvernement aux AVS : "après avoir attendu en vain la professionnalisation et la pérennisation de ces emplois, restés précaires et sans aucune formation, ils se voient aujourd’hui offrir comme seule issue, le chômage. Quel avenir pour ces hommes et ces femmes qui ont tant donné aux enfants fragiles dont ils ont la charge ?"

 

30 000 Auxiliaires de Vie Scolaire voient leur contrat se terminer le 30 juin. Depuis plusieurs années ils accompagnent des enfants handicapés ou assistent les directeurs d'école. Jean-Paul Huchon demande le maintien deleur contrat.


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Mardi 30 juin 2009
- Publié dans : Premier degré
Par Sauvons l'Ecole

André Ouzoulias

Professeur à l’IUFM de Versailles - UCP (Université de Cergy-Pontoise) 

Département PEPSSE (Philosophie, épistémologie, psychologie, sociologie et sciences de l’éducation)

 

Texte au format PDF

 

Pour Alain Refalo, maître à Colomiers, ami de Molière

 

Le nouveau ministre de l’éducation nationale, M. Luc Chatel, a dit vouloir placer son action « sous le signe de l'écoute » : « Ce qui est important, ce n'est pas d'imposer d'en haut des orientations, mais d'écouter, d'être capable de s'adapter. Nous sommes dans une séquence de concertation et de dialogue » (dépêche AEF du 25 juin 2009). Il serait logique que le nouveau ministre demande à l’Inspecteur d’Académie, DSDEN de la Haute Garonne, d’annuler l’espèce de procès que celui-ci a prévu le 9 juillet prochain à Toulouse à l’encontre d’Alain Refalo et d’explorer les voies d’une solution apaisée du conflit qui l’oppose à cet enseignant de l’école Jules Ferry de Colomiers.

Rappelons les faits. Depuis l’automne 2008, Alain Refalo organise les deux heures hebdomadaires dites « d’aide personnalisée » de façon originale, différemment de ce que demande sa hiérarchie. Avec ses élèves de Cours Moyen, il met à profit ce temps « pour mener à bien un projet théâtre avec tous les élèves de la classe, répartis en demi-groupes […], ceci avec l'accord des parents. » Il considère en effet que « la difficulté scolaire se traite avec efficacité avec l'ensemble du groupe classe, dans des dynamiques de coopération, de tutorat, de travail différencié, d'ateliers de besoin, etc. ». Dès cette période, il se sent d’autant plus poussé à ce choix que la mise en place de l’aide personnalisée apparaît nettement comme une façon de justifier la suppression prochaine des Réseaux d’Aide Spécialisée aux Élèves en Difficulté[1].

Alors quoi ! Une commission disciplinaire pour cela ? N’est-ce pas disproportionné ? En fait, l’administration s’acharne sur Alain Refalo parce qu’il a rendu publique son attitude à travers une lettre à son inspecteur : « Je ne puis plus me taire. En conscience, je désobéis ». Dans cette lettre, il explique pourquoi il s’oppose à la réforme des programmes de 2008, pourquoi il ne collaborera pas à l’organisation de stages de « remise à niveau » pendant les vacances scolaires et pourquoi il refuse d’enseigner la morale. Sur ce point, il explique par exemple : « C'est une insulte faite aux enseignants et aux élèves de penser que l'inscription d'une règle de morale au tableau, apprise par coeur par les élèves, fera changer un tant soit peu leur comportement ! […] La priorité aujourd'hui est d'apprendre aux élèves à se respecter, à réguler positivement les inévitables conflits du quotidien par la parole, la coopération, la médiation. »

L’Inspecteur d’Académie, et au-dessus de lui, le recteur et le ministre auraient pu tenter de « réguler positivement ce conflit »… Ils auraient pu chercher à écouter notre collègue, à dialoguer, à prendre en compte l’intérêt des enfants en faisant confiance à ce maître expérimenté, en pariant sur son attachement à la réussite de ses élèves, à le convaincre d’ajuster son projet. En tout cas, ils auraient pu commencer par lui reconnaître la liberté pédagogique régulièrement invoquée par les plus hautes autorités de l’exécutif.

Au lieu de cela, le pouvoir politique a cherché à « imposer d’en haut ses orientations », il a fait répéter assez pitoyablement par la hiérarchie les règles auxquelles il veut que le personnel obéisse sans rechigner, obligeant celle-ci à endosser un rôle purement répressif, difficilement conciliable avec ses missions essentielles (assurer la cohésion des équipes, animer les échanges, faire connaitre les réussites, encourager l’investissement personnel dans le travail…). Chaque mois, le pouvoir politique a durement sanctionné Alain Refalo en lui retirant 30 % de son salaire pour « service non fait ». Il a ainsi noué un conflit dont il tenait à sortir vainqueur quel qu’en soit le prix. Il voulait rappeler que l’autorité, c’est lui.

Mais c’était sous le ministère de Xavier Darcos[2]. Depuis le 24 juin, il y a un nouveau ministre. Il a été quelque temps DRH dans une multinationale de produits de beauté où il a certainement appris à intervenir dans les conflits entre la direction et les salariés. D’aucuns espèrent des gestes clairs de conciliation et d’apaisement pour Alain Refalo et les autres enseignants que Xavier Darcos avait dans son collimateur[3].

C’est l’intérêt de tous, y compris de l’administration, qui pourrait se retrouver en difficulté face à un recours de notre collègue devant un tribunal administratif. En effet, pour la Commission disciplinaire du 9 juillet, les chefs d’accusation sont les suivants :

• Refus d'obéissance,

• Manquement au devoir de réserve,

• Incitation à la désobéissance collective,

• Attaque publique contre un fonctionnaire de l'Éducation Nationale.

Or, le « refus d’obéissance » ne constitue pas une faute professionnelle, sauf à montrer qu’il s’agit du refus des obligations de services définies par les textes réglementaires officiels. Mais, s’agissant du principal grief adressé à Alain Refalo, à propos de l’organisation des 2 heures d’aide personnalisée, le texte officiel n’interdit pas de réunir l’ensemble des élèves par demi-groupe pour faire du théâtre… L’important est que ceux qui « rencontrent des difficultés » bénéficient de ces deux heures. On pourrait aisément montrer que cela peut tout à fait être le cas, avec un projet théâtre. En effet :

-         incarner et jouer les personnages oblige les élèves à s’intéresser à leur psychologie (leurs désirs, intentions, émotions, croyances, faiblesses, illusions…) ; or, c’est là une dimension essentielle de l’interprétation des récits littéraires, où, le plus souvent, la psychologie des personnages doit être inférée ; c’est aussi une excellente façon d’éveiller à la compréhension d’autrui et, par là, de développer le sens civique et éthique ;

-         la mise en voix des textes est une des perspectives les plus fécondes pour travailler la lecture par groupes de mots en suivant de façon implicite l’organisation syntaxique du texte ; ce faisant, dépassant la seule juxtaposition des mots les uns après les autres, les élèves accèdent mieux au sens des phrases et des textes ;

-         la mémorisation de textes dans le but de ressusciter des dialogues peut aussi aider des élèves à progresser dans la maîtrise du français oral, de ses structures, de sa prosodie, de sa phonologie ;

-         certains élèves parviennent à apprivoiser leur timidité.

Au total, avec cette situation très motivante pour les enfants et gratifiante pour les parents, les élèves se familiarisent mieux avec une langue différente de celle de la communication immédiate et ils progressent dans la compréhension des textes. C’est donc un projet dont l’intérêt est évident dans le cadre de l’aide personnalisée si tels sont les besoins des élèves. Il est très probable que, dans plusieurs endroits, dans le cadre de l’aide personnalisée, des maîtres mènent des projets similaires avec l’aval de leur inspecteur. Du reste, si l’administration s’entêtait à maintenir les poursuites disciplinaires contre l’enseignant de Colomiers, ses défenseurs auraient raison de faire appel au témoignage de collègues d’autres écoles où l’aide personnalisée s’est organisée cette année autour d’un projet théâtre ou qui l’envisagent sérieusement pour l’an prochain.

Certes, dans les demi-groupes de la classe d’Alain Refalo, il n’y a pas que des « élèves en difficulté ». Mais la circulaire ne l’interdit pas ; elle en appelle à l’initiative du Conseil d’école. Et si les élèves encore maladroits dans l’usage du langage oral et écrit y côtoient leurs camarades plus avancés pour improviser avec eux des saynètes ou mettre en scène une pièce écrite, qui osera dire qu’ils sont pénalisés ? Un des phénomènes les mieux établis par la recherche concernant les dispositifs de différenciation est précisément le suivant : les groupes dits « homogènes »[4], quand ils ne sont pas des groupes de besoin, sont le plus souvent contreproductifs.

Venons-en au « manquement au devoir de réserve ». Cette obligation n’existe que dans l’esprit des accusateurs d’Alain Refalo. Dans un article publié par Le Monde au début 2008, un spécialiste du statut des fonctionnaires explique clairement qu’ils sont des citoyens de plein droit, y compris s’ils sont conduits à critiquer la puissance publique sur des sujets en rapport direct avec leurs missions. A-t-on poursuivi pour « manquement au devoir de réserve » les militants des groupes « antipédagogistes » qui ont écrit tant de pamphlets contre la politique éducative des gouvernements de gauche ? Les médecins des hôpitaux publics ne se sont pas tus face aux conséquences de certains choix du ministre de la santé, on se souvient que les magistrats ont manifesté bruyamment contre le Garde des Sceaux, les présidents d’université ont critiqué avec vigueur la politique de M. Darcos et les directeurs des UFR ont même désobéi en refusant de faire remonter les maquettes de master enseignement qui leur était demandées, des facteurs font signer des pétitions contre la privatisation de la Poste… Seuls, les préfets restent silencieux, même quand le gouvernement limoge brutalement leur collègue de Saint Lô. Eux sont effectivement soumis à un devoir de réserve, au même titre que les officiers généraux.

Il faut commenter ici les déclarations de l’Inspecteur d’Académie de l’Hérault, M. Paul-Jacques Guiot, qui est certainement l’avocat le plus zélé de ce « devoir de réserve ». Parlant des sanctions envers Bastien Cazals, il disait ainsi début janvier à la presse régionale : « Un fonctionnaire, il obéit aux instructions de la République, il n'y a même pas à discuter », ajoutant, pour justifier cette sentence, que Bastien Cazals est « payé par les contribuables ». Le même M. Guiot dit maintenant : « Il est directeur d'école. Je suis Inspecteur d'Académie. Donc je lui interdis. […] Je lui interdis de communiquer en aucun cas avec la presse » (sic). Devant tant d’élégance d’esprit, on ne peut guère s'empêcher de penser aux deux modèles de fonctionnaire qui structuraient la vision de la fonction publique française après guerre : le préfet Maurice Papon et le préfet Jean Moulin. Le premier obéissait avec zèle à sa hiérarchie et considérait qu'il n'avait pas à déterminer lui-même l'intérêt supérieur de la société (le Maréchal y pourvoyait et les contribuables le payaient pour son travail). Le second a payé de sa vie son obéissance… à des principes humains supérieurs. Que les choses soient bien claires : nous ne sommes pas du tout en 1943, Nicolas Sarkozy n’est pas le Maréchal Pétain, Paul-Jacques Guiot n'est évidemment pas Maurice Papon, Bastien Cazals, Alain Refalo ne se prennent nullement pour Jean Moulin. Mais il existe des analogies qui aident à penser le réel. L'important n'est pas alors dans le réalisme des termes utilisés mais dans leur proportion. Nous sommes en 2009, dans une république démocratique, mais il est difficile de ne pas évoquer ces figures pour comparer par exemple les oukases de M. Guiot et les prises de position et l’action de Bastien Cazals et Alain Refalo.

Quant à « l’incitation à la désobéissance collective », voilà une nouveauté juridique étonnante ! Elle devrait intéresser les juristes attachés aux Droits de l’Homme, car ce motif est digne des régimes autoritaires (il semble sortir d’un imaginaire bureaucratique, de sa phobie des relations sociales horizontales et de son fantasme d’un commandement exercé sur des subordonnés dociles et craintifs). Les cadres du ministère savent qu’en fait, en utilisant leur droit de critique publique, les enseignants aident l’institution : ils amortissent les défauts de certaines consignes d’en haut, ils préviennent d’éventuelles bavures, ils concourent au perfectionnement des pratiques… Ils savent bien que si l’administration attend une obéissance aveugle dans une relation purement verticale, cela conduit plutôt ses personnels à se désintéresser de leurs missions. N’est-ce pas ce qu’on enseigne dans les formations de DRH : avec un « management participatif », les personnels sont plus « créatifs » qu’avec un  « management autoritaire » ?

La convocation d’Alain Refalo se conclut par le chef « d’attaque publique contre un fonctionnaire de l'Éducation nationale ». Le mot « attaque » pourrait laisser penser qu’il a commis des violences physiques sur un de ses collègues ou sur un membre de sa hiérarchie. Bien sûr, ce n’est pas le cas. Et cela ne ressemblerait pas à ce militant de la non-violence. En fait, là encore, il lui est reproché d’utiliser son droit d’expression publique pour dénoncer la surveillance soupçonneuse, les tracasseries et la répression qu’il a subies.

Ce qui gêne le pouvoir, ce n’est donc pas qu’Alain Refalo désobéisse. Le scandale est qu’il le fasse publiquement. Le pouvoir se comporte en Tartuffe :

                                 « Le scandale du monde est ce qui fait l’offense.

                                    Et ce n’est pas pécher que pécher en silence. »

Le 9 juillet, si Luc Chatel n’intervient pas, Alain Refalo se verra demander d’abjurer sa foi pédagogique dans le théâtre par l’Inspecteur d’Académie de Toulouse. Les participants à cette commission disciplinaire auront certainement de la compassion pour ce haut fonctionnaire quand la défense lui rappellera qu’au même moment, à la même latitude, à moins de cent lieues vers l’Est, commence le festival d’Avignon…

Qu’Alain Refalo me permette, pour terminer ce texte de soutien, de lui raconter un songe, en signe d’amitié. Voici la route de Toulouse à Auch, près de Colomiers, un après-midi de juillet 1651. Une petite troupe d’enfants et un chien courent derrière des charrettes d’où s’évadent mots et rires en langue d’oïl. C’est un convoi de L’Illustre Théâtre qui va vers sa prochaine représentation dans les environs d’Auch, à l’invitation d’un certain Comte d’Artagnan. On aperçoit, assis à l’avant du premier attelage, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, à côté d’une fière et jolie dame, Madeleine Béjart. Les enfants crient : « Arèstas vos, arèstas vos ! Ensenhats mos vòstre tiatre ! »[5] La dame agite la main et leur envoie des sourires. Le convoi s’éloigne vers le couchant.

29 juin 2009



[1] Écouter par exemple, les propos de l’ancien ministre de l’éducation nationale, Luc Ferry, le 2 septembre 2008 sur Europe 1. Trois semaines plus tard, le ministère annonce la suppression de 3 000 postes de RASED, en expliquant que les missions des maîtres E et G sont désormais assurées par « l’aide personnalisée ». Tous les observateurs y voient la première étape d’un plan de suppression des 12 000 postes de maîtres E et G des RASED.

[2]  … qui s’apprête à promulguer, aux Affaires sociales, le travail des parents le dimanche après avoir supprimé, à l’Éducation nationale, celui des enfants le samedi…

[3] Et notamment, Bastien Cazals, enseignant à l’école Victor Hugo de St Jean de Védas (Hérault), qui conduit la même action qu’Alain Refalo, Erwan Redon, enseignant à Marseille, menacé de licenciement, les quatre professeurs des écoles de Vendée qui ont refusé de faire passer les évaluations CM2 en janvier dernier, Jean-Yves Le Gall, directeur de l’école publique d’un village de l’Isère qui s’oppose à la mise en place de la Base Élèves, depuis peu condamnée par le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU.

[4] Par exemple, les groupes de niveau.

[5] « Arrêtez-vous, arrêtez-vous ! Montrez-nous votre théâtre ! »


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