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Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
 Main basse sur l'école
 Démopolis, 2008

 

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Mercredi 11 novembre 2009
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

In Médiapart

Dans un rapport sur le budget 2010 de l'enseignement scolaire, qui sera discuté demain, Yves Censi, député UMP, s'interroge sur la poursuite des réductions de postes dans l'éducation. En 2010, 16.000 postes seront supprimés, essentiellement grâce à la réforme de la formation des enseignants, qui permet d'économiser des milliers de postes d'enseignants stagiaires. Mais «il paraît difficile de maintenir la réalisation des programmes scolaires et le fonctionnement actuel des établissements en allant au-delà dans la diminution des emplois», écrit Yves Censi.

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Mardi 10 novembre 2009
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

In Le Monde

L'Etat doit 34,3 millions d'euros aux Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). C'est la conclusion de
l'enquête sur les financements de l'Etat mené par l'association des directeurs de MDPH rendu le 16 octobre. A l'origine de cette dette qui menace la pérennité des services aux personnes handicapées, des non-compensations de postes. Résultat : l'Etat a été mis en demeure de paiement avant fin novembre, selon Le Parisien du 9 novembre. "En cas de non-versement, les structures de Paris et Seine-et-Marne déposeront un recours contre lui auprès du tribunal administratif", écrit le quotidien.

Créées le 1er janvier 2006 et placées sous l'égide des conseils généraux, ces Maisons du handicap ont été constituées dans chaque département pour servir de "guichet unique" auprès duquel les personnes handicapées peuvent faire valoir leurs droits. L'accord initial "engage l'Etat à prendre en charge les personnels des MDPH. Les fonctionnaires ont par ailleurs une possibilité de retour dans leur administration d'origine, l'Etat doit alors verser une compensation permettant l'embauche d'un remplaçant", explique Christine Dupré, directrice de la MDPH de Seine-et-Marne et membre de l'association des directeurs de MDPH de France. "Dans les faits, nous cumulons des postes vacants depuis le début de la mise en place de ce système. Des postes que nous tentons d'assurer afin de mener à bien nos missions. Nous faisons intervenir des vacataires alors que les versements de compensation ne correspondent pas aux montants prévus", note-t-elle.


INÉGALITÉS ENTRE DÉPARTEMENTS


Cette alerte n'est pas la première. Déjà, dans un rapport publié le 24 juin, les sénateurs Paul Blanc (UMP) et Annie Jarraud-Vergnolle (PS) mettaient en cause les dysfonctionnements du dispositif. Côté finances, les parlementaires soulignaient la "grande disparité des situations entre les départements", avec une part de l'Etat qui peut varier de 12 % à 67 %, amenant les conseils généraux à compenser le manque financier. Cela pose "la question de l'équité de traitement sur tout le territoire", selon M. Blanc. On remarque que la dette de l'Etat vis-à vis-de Paris se monte à plus de 1,2 million d'euros. La situation est encore plus difficile en Seine-Saint-Denis, où le montant atteint 1,8 million d'euros selon l'association des directeurs de MDPH. D'autres départements ne semblent pas touchés : le montant dû par l'Etat au département des Hauts-de-Seine est ainsi de 0 euro.


"A Paris, le département devrait budgéter 100 000 euros de subventions pour 2010"
indique
Véronique Dubarry, adjointe au maire de Paris chargée des personnes en situation de handicap et présidente de la MDPH de la capitale. Cette somme ne couvre pas le montant dû par l'Etat. Tous les départements français ne sont, en outre, pas en mesure de provisionner un tel montant. "Certains conseils généraux ont atteint leurs limites dans leur capacité à nous aider", s'inquiète Christine Dupré

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Mardi 10 novembre 2009
- Publié dans : IUFM et formation
Par Sauvons l'Ecole

In Coordination Nationale Formation des Enseignants

Appel à la mobilisation

La CNFDE, réunie à l’Université Paris 3, le 24 octobre 2009 réaffirme que, de la maternelle à l’université, enseigner est un métier qui s’apprend.

Elle exige le retrait des décrets du 28 juillet 2009 et de la circulaire d’organisation des stages du 27 août 2009, qui conduit à ce que des étudiants deviennent des moyens d’enseignement, assumant des responsabilités qui devraient n’être confiées qu’à des fonctionnaires.

Elle dénonce une réforme qui obéit à une logique de réduction des coûts et de sélection sociale en ne rémunérant plus l’année de formation professionnelle. Elle vise à normaliser le recours à des personnels précaires, en dehors du statut de fonctionnaire d’État.

Elle appelle les personnels des IUFM et des UFR à ne pas participer à la mise en place des stages en responsabilité pour les étudiants préparant les concours de recrutement et à tout mettre en œuvre pour l’empêcher.

Elle appelle les enseignants, dans les écoles et les établissements du second degré, à ne pas participer à l’accueil, l’encadrement et l’évaluation des étudiants dans le cadre de ces stages.

Elle s’associe à l’inquiétude des parents d’élèves et les appelle à dénoncer la mise en place de ces stages.

Elle réaffirme son attachement au service public d’État d’enseignement et à une voie unique de recrutement et d’embauche, les concours nationaux. La formation, pour toute la profession, premier comme second degré, requiert une coopération étroite entre UFR, IUFM et formateurs de terrain.

Elle réaffirme que la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, dite de la « mastérisation », détruit la formation initiale et continue des enseignants et contribue à détruire le service public de l’éducation nationale.

En conséquence, la CNFDE appelle les étudiants, stagiaires et collègues et parents d’élèves à se mobiliser dans les écoles, les établissements du second degré, les universités, les IUFM. En particulier, elle appelle à la journée de mobilisation du 17 novembre et à la grève du 24 novembre.

Motion

La réforme du recrutement et de la formation des enseignants contribue au démantèlement du service public d’État. Le désengagement de l’État se poursuit, avec une explosion des suppressions de postes, avec la fin d’une institution universitaire et laïque assurant une formation unique pour tous les enseignants à l’échelle du territoire national. Désormais, l’Éducation nationale serait la seule fonction publique sans école de formation : la porte est ainsi ouverte aux officines privées qui vendent de la formation d’enseignants.

Cette réforme fait courir de nombreux dangers au service public d’éducation :
- une dégradation de la formation initiale,
- un affaiblissement de la formation continue,
- la suppression de la formation en alternance rémunérée, avec le statut de fonctionnaire stagiaire, suppression qui porte atteinte à la démocratisation du métier d’enseignant,
- la dévolution de l’organisation de la formation post-concours aux seuls Rectorats et/ou Inspections Académiques,
- le renforcement du recrutement d’enseignants hors concours et/ou précaires, qui remet en cause, à terme, le statut de la fonction publique d’État.

La circulaire sur l’« organisation de stages pour les étudiants en master se destinant aux métiers de l’enseignement » :
- prépare la suppression de l’année de formation en alternance des fonctionnaires stagiaires,
- réduit le temps de préparation au concours pour les étudiants et compromet leurs chances de réussite,
- conduit à ce que des étudiants deviennent des moyens d’enseignement, assumant des responsabilités qui devraient n’être confiées qu’à des fonctionnaires,
- introduit 50 000 nouveaux contrats précaires dans l’Éducation nationale,
- sacrifie l’apprentissage des élèves pour pallier les difficultés de remplacement des enseignants et ne garantit pas la sécurité des enfants.

En conséquence, la coordination exige :
- le retrait de la réforme des concours et du recrutement des enseignants,
- le retrait des décrets du 28 juillet 2009,
- le retrait de la circulaire d’organisation des stages,
- le maintien de la formation en alternance rémunérée après le concours, avec - le statut de fonctionnaire stagiaire, et avec une décharge des deux tiers pour la formation didactique et pédagogique,
- le maintien des IUFM, en tant qu’écoles professionnelles, et de leur potentiel de formation et de recherche, en termes de personnels, de moyens et de lieux de formation,
- un recrutement de fonctionnaires statutaires, de la maternelle à l’université, par concours et à la hauteur des besoins, selon un plan pluriannuel de recrutement,
- le maintien d’un cadrage national et de programmes nationaux pour les épreuves des concours.

Elle s’élève contre le passage en force des ministères en demandant :
- le maintien de la formation en alternance avec le statut de fonctionnaire stagiaire pour les lauréats du concours 2010, dans les mêmes conditions que pour les lauréats des concours 2009,
- que tous les étudiants qui passent le concours 2010 puissent se présenter au concours 2011 et devenir fonctionnaires stagiaires.


En conséquence, la CNFDE appelle les étudiants, stagiaires et collègues à se mobiliser dans les écoles, les établissements du second degré, les universités, les IUFM. En particulier, elle appelle à la journée de mobilisation du 17 novembre et à la grève du 24 novembre.

Elle appelle à une nouvelle réunion de la CNFDE le samedi 28 novembre et décide de créer une commission de travail qui élaborera des contre-proposition s, qui seront soumise à la CNFDE lors de la prochaine assemblée générale.

Textes adoptés à l’unanimité.


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Mardi 10 novembre 2009
- Publié dans : IUFM et formation
Par Sauvons l'Ecole

In Sauvons l'Université

Analyse de l’organisation des stages actuellement prévue par le Ministère de l’Education Nationale dans la réforme de la formation des enseignants et de ses conséquences pour les personnels du supérieur, les étudiants, les collègues des établissements primaires et secondaires, et les élèves et leurs parents — SLU, 9 novembre 2009

DECRYPTAGE DU TEXTE MINISTERIEL

La circulaire du 27 août 2009 dévoile la véritable logique qui sous-tend la mise en place de ces stages dès l’année de master 1, et plus généralement de la réforme de la « masterisation ». Elle organise, du moins en théorie, les stages destinés aux étudiants en master inscrits aux concours d’enseignement.


Que prévoit vraiment le texte pour encadrer les stages d’observation ou en responsabilité ?

« Sur l’ensemble du territoire, seront organisés (cf. Annexe 1) :
- au moins 50000 stages d’observation et de pratique accompagnée permettant d’accueillir un minimum de 100000 étudiants ;
- au moins 50000 stages en responsabilité.
 » Selon la circulaire, pour les stages d’observation et de pratique accompagnée, « la proportion entre observation et pratique accompagnée résultera du projet de formation concerté entre l’académie, l’université et l’étudiant concerné ». Pour les stages d’observation et de pratique accompagné, les étudiants seront placés par binôme auprès d’un titulaire du second degré, d’un maître d’accueil temporaire ou d’un maître formateur du premier degré, d’un documentaliste ou d’un conseiller principal d’éducation (C.P.E.) titulaires. « L’objectif est, qu’au total, ces étudiants bénéficient de 108 heures de stage ». Ces stages « seront organisés pour une durée inférieure à 40 jours et dans la limite de 108 heures ».
- « A partir de l’année universitaire 2010-2011, les stages en responsabilité seront destinés aux étudiants de M2. »

- 
Quelle répartition peut-on prévoir entre les deux types de stages ?
- Sachant que l’on évalue à 140 000 le nombre de candidats aux concours, y aura-t-il suffisamment de stages ?
- Comment intégrer les stages dans la formation et les maquettes des masters ? Ne feront-ils pas diminuer d’autant (à savoir 108 heures) la part de la formation disciplinaire ?


Quelques questions :

Pour les stages en responsabilité, les stagiaires prendront la responsabilité d’une classe ou exerceront les fonctions de documentaliste ou de C.P.E., et seront suivis par un maître formateur, un enseignant, un documentaliste ou un C.P.E. référents.
- « Ces stages, groupés ou filés n’excéderont pas 108 heures. Ils seront rémunérés à raison de 34,30 euros brut de l’heure, soit une rémunération nette d’environ 3000 euros pour un stage de 108 heures ».


Question : les stages en responsabilité seront en théorie rémunérés 3000 euros à condition de faire 108 heures entièrement en responsabilité. Dès lors, deux options sont donc envisageables :
- soit les étudiants font un stage de 108h en responsabilité, et c’est envoyer devant les élèves des étudiants sans formation pédagogique ;
- soit les étudiants partagent leur temps de stage entre observation et responsabilité, et ils ne seront donc pas rémunérés 3000 euros, mais en fonction des heures effectuées en responsabilité.


« les stages en responsabilité donneront lieu à l’établissement d’un contrat pris en application de l’article 6-2e alinéa de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l’État. »


Question : les stagiaires, qui n’ont pas le statut de fonctionnaire-stagiaire puisque les stages ont lieu avant le concours, auront le statut d’agents publics selon le ministère. Qu’en est-il de leur responsabilité civile et pénale en cas de difficulté lors d’un stage en responsabilité ?

« L’organisation des stages devra veiller à la compatibilité (volume horaire, emploi du temps) avec les études poursuivies dans le cadre du master et de la préparation aux concours. »


Question : les stages, s’ils sont effectivement de 108h (on rappelle que ce n’est qu’un maximum autorisé par la circulaire) ne peuvent avoir tous lieu en même temps pour des questions d’organisation évidentes. Comment sera-t-il possible de suivre les cours ? de les rattraper ? Si le volume horaire de ces stages est symbolique, à quoi serviront-ils ?

« Pour le premier degré, les stages d’observation et de pratique accompagnée seront organisés dans les classes des maîtres d’accueil temporaires ou des maîtres formateurs. Un maître formateur référent sera désigné pour les stages en responsabilité. Pour le second degré, les stages d’observation et de pratique accompagnée seront organisés dans la classe, le C.D.I. (Centre de Documentation et d’Information) ou le service de vie scolaire de l’établissement, d’un enseignant d’un documentaliste ou d’un C.P.E. d’accueil. Selon les cas, un enseignant, un documentaliste ou un C.P.E. référent sera désigné, pour les stages en responsabilité. Il donnera un avis sur la définition de l’emploi du temps de l’étudiant stagiaire. Il assurera auprès de l’étudiant stagiaire un rôle de conseil et de formation, en particulier pour les étudiants intervenant en stage en responsabilité. » « Les formateurs universitaires responsables de la formation des étudiants au métier d’enseignant participeront à l’évaluation des stages en lien avec les référents et, dans le premier degré, les professeurs des écoles maîtres formateurs ainsi que les maîtres d’accueil temporaires. En partenariat avec les écoles et les établissements scolaires ils veilleront à la bonne insertion de ces stages dans le cadre des masters. Les universités seront invitées à coordonner et structurer l’action de ces formateurs. »


Question : Au-delà des problèmes épineux que pose la gestion de l’emploi du temps des étudiants, y a-t-il un budget pour ces enseignants, documentalistes et C.P.E. qui devront effectuer ce travail de définition et le rôle de référent ? Seront-ils rémunérés, eux aussi, et à hauteur de combien ?

« Les stages rémunérés en responsabilité seront offerts aux étudiants inscrits aux concours de recrutement. Dans le premier degré et le second degré, ils pourront intervenir en particulier lorsque des enseignants suivent des formations. Dans le second degré, ils pourront aussi contribuer à enrichir l’offre d’enseignement. »


Question 3 : la fin de l’égalité entre les candidats ne découle-t-elle pas automatiquement du fait que les « stages » répondent aux besoins des académies et non à ceux de la formation ? Si le nombre d’heures de stages varie, si la proportion entre les types de stage également, que devient la logique nationale de la formation et du recrutement des enseignants ?


En effet, ce chiffre de 108h n’est pas calculé au hasard. L’équation est simple :
- pour les enseignants du secondaire, qui font un nombre d’heures de 18h maximum : 108h = 6x18h, soit 6 semaines de remplacements.
- pour les enseignants du premier degré, qui font un nombre d’heures de 27h maximum : 108h = 4x27, soit 4 semaines de remplacements. Pour plus de détails, voir notamment l’
analyse de Jean-Didier Zanos intitulée « Stages : pourquoi 108 heures ? » (12 octobre 2009) ainsi que le point 2 consacré à la masterisation du verbatim de l’AG de SLU (10 octobre 2009).


Question 2 : Les stages tels que prévus ne peuvent être qu’obligatoires, car l’inégalité de l’évaluation serait sinon trop grande (ceux qui peuvent se le permettre financièrement les évitant). Le risque apparaît donc d’une concurrence entre les masters/universités/académies. En effet, on peut penser que les étudiants vont probablement aller là où il y aura des stages. L’afflux de candidats dans des académies réputées offrir plus de stages entraînera-t-elle la désaffection de certaines universités situées dans des académies où il y en aura moins ?


Question 1 : Ne s’agit-il pas de remplacements déguisés, effectués par des étudiants encore au tout début de leur formation ? Dans le contexte des suppressions de postes massives, ne peut-on penser que ce seront donc les étudiants stagiaires qui assureront les remplacements ou qui seront transformés en véritables moyens d’enseignement ?


CONSEQUENCES POUR LES PERSONNELS DU SUPERIEUR, LES PERSONNELS DES ETABLISSEMENTS PRIMAIRES ET SECONDAIRES, LES ETUDIANTS, LES ELEVES ET LES PARENTS D’ELEVES

Conséquences pour les personnels du Supérieur

- La disparition, dans les textes réglementaires, des IUFM comme concepteurs et opérateurs de la formation professionnelle induit une gestion purement bureaucratique et non plus pédagogique des stages : les rectorats, pour l’instant, cherchent seulement à attribuer des remplacements aux étudiants candidats aux concours. Ces stages ne correspondent plus à des plans de formation incluant encadrement, suivi et retour sur stage.

- La transformation des concours PE et PLC en des concours de moins en moins disciplinaires et intégrant ces stages de 108h se traduira par une baisse de la formation disciplinaire et donc du volume d’heures de cours. Les départements devront faire évoluer leurs maquettes de masters pour inclure ces stages, cela fera encore baisser le volume d’heures de cours disciplinaires et aura des conséquences importantes sur les services. Mais ces conséquences se feront aussi sentir sur les masters recherche, ainsi que sur les maquettes de licences.

- L’introduction de l’évaluation par le stage met fin au concours républicain anonyme puisque le suivi et l’évaluation dudit stage seront de la responsabilité de l’établissement, et non du jury de concours : c’est ainsi inclure le contrôle continu local dans le concours national.

- L’intégration de ces stages - remplacements dans les maquettes va créer une véritable usine à gaz. Il y a un conflit pédagogique entre stage et formation : l’emploi du temps des candidats préparant les concours sera alourdi par les stages. Mais le principe même que ces stages soient des remplacements rend leur intégration dans les emplois du temps impossible : puisque les stages n’auront pas lieu en même temps pour tous les étudiants, il y aura donc dans les cours la présence perlée d’étudiants disparaissant chacun à tour de rôle pour le stage.


Conséquences pour les étudiants

- Les étudiants devront mener de front préparation des concours et préparation d’un master, auxquelles il faut à présent ajouter les stages. Comment faire trois choses en une année : un master, une préparation au concours, et une formation sur le terrain pouvant aller jusqu’à 108h ? On peut se demander si l’une des conséquences ne sera pas un taux d’échec plus élevé chez les étudiants.

- Si les étudiants effectuent des stages et ne sont pas admis au concours, cela permettra au ministère de se targuer d’avoir offert aux cohortes de reçus-collés détenteurs du master une pseudo-formation professionnelle avant de se lancer dans le métier. Ils pourront donc être recrutés comme précaires.
 
- Si les stages deviennent obligatoires pour passer l’oral, et on voit mal comment il pourrait en être autrement, ne pourront donc passer l’oral que les étudiants ayant fait un stage ! Dès lors se pose la question des candidats libres : s’ils n’ont pas fait le stage, ils n’auront pas de rapport, et pas droit à l’oral.

- De même, si seuls 50 000 stagiaires peuvent passer l’oral, il y aura donc bien sélection à l’entrée du M2 et non par voie de concours. En outre, cela obligera les filières où très peu de stages seront offerts dans l’Académie concernée à fusionner avec la préparation de l’université d’à côté. Une « solution » serait d’envoyer en stage les étudiants deux par deux : l’encadrement dont ils bénéficieront et la rémunération du stage seront-ils pour autant doublés ?
 
- Les étudiants iront là où il y aura des stages : ils seront donc amenés à s’inscrire dans les universités situées dans des académies où il y aura plus de stages, ce qui va renforcer la concurrence entre les universités et induire une rupture de l’égalité des étudiants devant le concours. Ceci permettra de passer à un recrutement académique puis local du fait de la diversité des situations selon les académies.

- Les étudiants pourront être alléchés par la rémunération nette d’environ 3000 euros mais ils ne la toucheront
que s’ils font un stage en responsabilité de 108h, ce qui est peu probable, surtout si l’on considère le nombre de stages prévus.
 
- Les étudiants stagiaires seront des agents publics et non des fonctionnaires stagiaires. En conséquence, se posera la question de leur responsabilité en cas de problème, voire de leur responsabilité pénale.

- Les stages proposés ne sont pas une formation professionnalisante : les étudiants seront envoyés sans formation dans des classes, y compris en ZEP. Il s’agit donc de la pire entrée dans le métier et l’on peut se demander combien de vocations d’enseignants y résisteront.


Conséquences pour les collègues des établissements primaires et secondaires


- Rien n’est dit d’un tutorat budgétisé de ces stages de 108h. Pour l’instant, on ne sait pas si les tuteurs ou les formateurs « référents » sur le terrain seront rémunérés.

- L’arrivée de stagiaires « bouche-trous » en responsabilité posera des problèmes d’organisation aux équipes pédagogiques, notamment en cas de problèmes de discipline éventuels.

- Dans les établissements où seront envoyés ces stagiaires remplaçants, des collègues devront être désignés ou se porter volontaires pour faire le compagnonnage flou mais obligatoire de ces stagiaires non-formés.


D’ores et déjà certains collègues ont décidé de ne pas se prêter à l’organisation de tels stages (voir sur le site de SLU l’
initiative des collègues de Caen et la rubrique « Veille masterisation/concours »).


Conséquences pour les parents et les élèves


- Depuis le début de l’année, la FCPE et d’autres organisations de parents d’élèves ne cessent d’attirer l’attention sur les non-remplacements des enseignants absents et la baisse du nombre de remplaçants. Ils seront heureux d’apprendre que les futurs remplaçants des enseignants de leurs enfants seront des étudiants stagiaires, sans concours ni sélection, sans formation, sans assurance ni formation à la sécurité, sans rémunération, sans statut.

- Les enfants verront défiler plusieurs enseignants différents dans une même matière, assurée par des étudiants à peine formés.

- La question de l’échec scolaire se posera avec d’autant plus d’acuité que le nombre de précaires sans formation augmentera. En effet, la fin du statut de fonctionnaire pour les enseignants, qui est à craindre si une pseudo-formation masterisée remplace le concours, ne peut rassurer les parents d’élèves : aux Etats-Unis par exemple, des études sur les enseignants précaires montrent que leurs élèves réussissent moins bien que ceux qui ont eu des enseignants titulaires.

- On peut soulever aisément un paradoxe de la réforme de la mastérisation : sous couvert d’élever le niveau de formation, professionnelle et disciplinaire des étudiants, le Ministère abaissera le niveau en se servant d’un vivier d’étudiants comme moyens d’enseignement.


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Dimanche 8 novembre 2009
- Publié dans : Actions parents
Par Sauvons l'Ecole
In Jarville : l'école Clade Gelée en danger

Parce que nous pensons que c'est la vie de notre quartier qui est menacée,
parce que le nombre de nouvelles familles avec enfant ne cesse de s'accroître,
parce qu'on ne peut déplacer 90 enfants sans même consulter les parents,
parce que nos enfants ne veulent pas d'une école usine de 200 élèves en primaire …

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Dimanche 8 novembre 2009
- Publié dans : IUFM et formation
Par Sauvons l'Ecole

Commençons par un petit rappel : sous l’impulsion du président de la république (02/06/08), le ministère recrutera les futurs professeurs après un Master 2 (bac +5, en économie par exemple) puis les enverra directement sur le terrain sans vraiment les préparer. Nous avions déjà une formation professionnelle (le savoir-faire pratique) parmi les plus faibles d’Europe (13 % du temps contre 50 % en Finlande). Nous voici désormais avec les enseignants les plus diplômés de notre histoire, mais également les moins formés !


L’obsession (idéologique et économique) de fermer les IUFM pousse ce gouvernement à faire disparaître la formation qui allait avec. Mais devant certains détails de la procédure de mise à mort, les bras nous en tombent. Il n’y avait de toute façon pas de quoi applaudir...


En effet, dans le cadre des mesures transitoires entre l’ancienne formation et la nouvelle (façon de parler puisqu’il s’agit de la supprimer), il vient d’être décidé (circulaire du 20/08/09) de parachuter en classe des étudiants (PE1) sans aucune formation pour des stages en responsabilité totale (2 fois 2 semaines). Ils remplaceront ainsi des enseignants partis en stage, parfois même contre leur gré. Il n’ est même pas prévu de réelle transition avec le titulaire de la classe, en dehors d’une vague journée d’observation.


Notre administration, d’habitude si soucieuse de sécurité (sorties, taux d’encadrement, plan de mise en sureté, alerte incendie, agréments, surveillance de récréation, circulation d’élèves), semble n’avoir rien à redire au fait qu’on confie la totalité d’une classe d’une trentaine d’enfants en cours double à un étudiant inexpérimenté n’ayant pas (encore) réussi le concours.

Les étudiants accepteront certainement ce dispositif bien rémunéré basé sur le volontariat (3.000 € les 4 semaines, salaire totalement inconnu chez les professeurs des écoles), d’autant plus que l’éventuelle réussite au recrutement de juin entraînera automatiquement la prise en charge d’une classe dès septembre... 2010 !


Bref, être professeur ne s’apprend plus mais s’improvise, aussi bien en stage que sur le terrain. Disparaissent des années de savoir-faire professionnels et de connaissances théoriques déjà insuffisamment transmis pour faire face aux nouveaux défis scolaires (élévation générale du niveau, prolongation des études, prise en compte de l’hétérogénéité, accueil d’élèves handicapés, lutte contre l’échec scolaire, informatique, langues vivantes). Voilà donc comment on passe de l’amphithéâtre au théâtre... d’improvisation en classe. Si c’est de l’art, c’est dramatique.


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Dimanche 8 novembre 2009

Par Sauvons l'Ecole

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Vendredi 6 novembre 2009
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

In Le Monde

L'assouplissement de la carte scolaire, instauré à la rentrée 2007, renforce la ghettoïsation des collèges "ambition réussite", ces établissements scolaires dont les élèves cumulent les difficultés sociales et scolaires. C'est ce que souligne un rapport de la Cour des comptes présenté mardi 3novembre devant la commission des finances du Sénat.

C'est au détour d'une enquête sur les dispositifs éducatifs dans les quartiers sensibles que les rapporteurs de la Cour ont découvert un phénomène de renforcement de la ghettoïsation des établissements difficiles, conséquence de l'assouplissement de la carte scolaire. Nombre d'observateurs s'en doutaient, mais personne ne pouvait en apporter la preuve, le ministère de l'éducation nationale refusant de communiquer sur le sujet. Désormais, une première indication chiffrée existe.


Dans son rapport, la Cour des comptes estime que, sur un total de 254collèges "ambition réussite", 186 ont perdu "jusqu'à 10%" de leurs élèves du fait de la réforme de la carte scolaire voulue par
Xavier Darcos.


Alors ministre de l'éducation, il avait jugé que la carte scolaire, qui affecte un élève dans un collège ou un lycée en fonction de son lieu de résidence, "n'assure plus l'égalité des chances et ne répond plus aux attentes des familles", car elle est "régulièrement contournée".


Même s'il chiffre à 7 %, et non pas 10 %, la perte d'élèves par certains collèges difficiles, l'actuel ministre de l'éducation,
Luc Chatel, n'a pas contesté ces résultats. M.Chatel dit attendre, "d'ici à la fin de l'année, une étude plus détaillée" par ses services, le rapport rendu public par Jean Picq, président de la troisième chambre de la Cour des comptes, ne reposant que sur six collèges "ambition réussite" de trois académies: Aix-Marseille, Lille et Versailles.


Plutôt que sur la fuite des collèges difficiles par leurs élèves, le ministre préfère mettre l'accent sur "50 établissements “ambition réussite” qui sont devenus plus attractifs et ont gagné des élèves", et sur les familles qui "sont satisfaites de l'assouplissement de la carte scolaire". "D'ailleurs, le gouvernement entend poursuivre jusqu'à sa disparition", note-t-il.


De son côté, M.Picq admet que "six collèges difficiles, ce n'est pas très représentatif." "Mais personne n'a remis en cause nos conclusions, remarque-t-il. Nous avons vraiment rencontré tout le monde: principaux, équipes pédagogiques, recteurs, inspecteurs d'académie, élus, associations… Tous ont relevé un aspect positif: des élèves boursiers ont pu aller étudier dans de meilleurs établissements. Et un aspect négatif: la perte d'élèves." La Cour prône de ce fait l'accentuation de la lutte "contre la constitution de “ghettos scolaires”".


Le libre choix des familles mis en avant par MM. Darcos et Chatel n'en est pas un aux yeux de la sociologue Agnès van Zanten, pour qui "le choix de l'établissement n'a de sens que s'il y a une vraie offre. Or les familles doivent se déterminer entre un bon et un mauvais établissement, ce qui n'est pas un choix. Et comme elles choisissent toutes les mêmes établissements, cela crée de l'insatisfaction".

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In Café Pédagogique

Carte scolaire : La "simple ânerie"

Le rapport de la Cour des Comptes sur l'assouplissement de la carte scolaire confirme que cette politique est néfaste. Quelle autre solution peut-on proposer ? Le rapport de la Cour des Comptes sur la politique de la ville, remis au Sénat le 3 novembre, analyse l'évolution des collèges depuis "l'assouplissement de la carte scolaire" voulu par le président de la République. Il montre que la ghettoïsation des établissements difficiles s'est accentuée. Sur 254 collèges ambition réussite, écrit Le Monde, 186 ont perdu jusqu'à 10% de leurs élèves. Essentiellement les moins pauvres. A Paris, le rectorat a inventé l'expression "collège dépressionnaire" pour désigner ces établissements d'une façon tristement éloquente.

 

Des effets déjà connus. A vrai dire, l'analyse de la Cour des Comptes avait déjà été faite il y a un an. Les inspecteurs généraux Jean-Pierre Obin et Christian Peyroux avaient remis à X Darcos un rapport qui annonçait cette dégringolade. "Dans la plupart des départements visités", écrivaient-ils, "la question de la survie de certains collèges est ouvertement posée… C'est aux deux extrémités de la hiérarchie des établissements que la mixité sociale est mise le plus rudement à l'épreuve : dans les établissements les plus convoités, il y a peu d'élèves de condition modeste ; dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu." Ils posaient le diagnostic de la survie de ces établissements.

 

Double ânerie. Pour toute réponse, X Darcos s"était contenté de qualifier de "double ânerie" les conclusions du rapport des deux inspecteurs. Luc Chatel est plus aimable et annonce la publication d'un rapport interne à la fin de cette année.

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Jeudi 5 novembre 2009
- Publié dans : Universités
Par Sauvons l'Ecole

In Sciences2

La grève des universitaires, l'an dernier, allait détourner les bacheliers, menaçait Valérie Pécresse.

L'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne fut particulièrement touchée par ce mouvement... or, elle bat tous ses records d'inscriptions, tant en première année qu'en masters. Elle va ainsi largement dépasser les 40 000 étudiants cette année, après avoir enregistré jusqu'à 66.000 demandes sur la plate-forme informatique Sesame.


«Nous avons ajourd'hui plus 8,5% d'inscriptions en première années de plus que l'an dernier payées ou en cours de paiement», m'explique Jean Marc Lehu, directeur de la communication de l'Université, maître de conférence en gestion, responsable d'un master pro de logistique qui reçoit... près de 200 candidatures par place ! Au total, Paris-1 compte 6.900 inscrits en première année.

L'afflux de candidats, reconnait-il, peut aussi s'expliquer «par la crise». Après tout, l'Université est beaucoup moins chère que les écoles privées ou de chambre de commerce. Mais certains signes ne trompent pas qui montrent que les efforts des universitaires pour améliorer leur offre de formation sont reconnus. Ainsi les doubles cursus proposés dès la licence ou certains masters pro sont plébiscités par les bacheliers et les étudiants. La double-maîtrise franco-anglaise (Etudes Internationales et Européennes) a ainsi attiré 2500 candidatures : + 614 % pour 50 places disponibles.

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Jeudi 5 novembre 2009
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

In 20 minutes.fr


Après la protestation sympathique, les parents de l'école maternelle et primaire Bara-Cabanis de Lille-Fives passent la vitesse supérieure. Selon nos informations, les cinq familles qui y ­scolarisent leur enfant souffrant d'un handicap s'apprêtent à porter plainte contre l'Etat. Motif : le manque de moyens mis en place par l'Education nationale pour faire respecter la loi du 11 février 2005 pour l'Egalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.


Le 8 octobre, ces familles, ­accompagnées de responsables syndicaux et même d'élus municipaux de Lille, avaient ­symboliquement « occupé » l'école toute la matinée. Dépêchée sur place, ­l'Inspection d'académie avait annoncé - miraculeusement - le déblocage « au plus vite » de trois postes d'assistant vie scolaire (AVS) afin d'accompagner les enfants. Un mois plus tard, les parents n'ont vu arriver qu'un seul AVS. « Mais il n'est pas formé pour s'occuper de nos enfants », explique Sabine Wilson, l'une des mamans en colère. « On a l'impression que l'Inspection académique gère cela n'importe comment. Et même qu'elle essaie de saper ce qui se fait. »

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In LibéLille

Une école à Lille occupée par des parents d'enfants handicapés

"On veut obtenir les postes auxquels nos enfants ont droit". Sabine est fatiguée, mais pas encore au bout de sa colère. Ce matin, les parents de cinq enfants handicapés scolarisés dans le groupe scolaire Bara-Cabanis, à Fives, un quartier populaire de Lille, ont décidé d'occuper l'école. Normalement, leurs enfants devraient être accompagnés par une aide, une auxiliaire de vie scolaire : c'est prévu par la loi. Mais dans les faits, ils n'ont personne à leurs côtés. "Les maîtresses veulent bien faire, mais elles n'ont que deux bras", soupire une parente d'élève.

Dans le groupe scolaire Bara-Cabanis, les enfants handicapés sont scolarisés de la maternelle au CM2 : l'un d'eux est en fauteuil roulant, un autre souffre de troubles sévères du langage, une demoiselle a un retard mental léger. "C'est terrible, parce que nos enfants se rendent compte de leur handicap et culpabilisent : ils disent par exemple, 'ma maîtresse ne peut pas me porter, parce qu'elle a mal au dos', on leur explique 'tu n'es pas responsable', mais cela pèse sur eux", explique Sabine. La loi prévoit qu'une auxilaire de vie scolaire soit aux côtés de l'enfant, pour l'aider à prendre des notes, pour l'emmener aux toilettes, pour l'aider à se déplacer. Le volume horaire est fixé par la maison départementale du handicap, qui autorise la scolarisation en milieu ordinaire. En tout, cela représente 76 heures dans le groupe scolaire. En théorie. Dans la pratique, seules douze heures sont assurées. "On a appris hier que nous allions avoir huit heures de plus, comptons vingt heures en tout", arrondit Sabine. Loin du compte, de toutes les façons.


Dans un coin de la salle d'éveil de 'la maternelle, une tente a été dépliée et les thermos de café aident à tenir le coup. Les parents racontent les coups de fil au rectorat qui se finissent dans le vide, les mails sans réponse, l'impression d'avoir un mur devant soi, comme si le handicap de leur enfant ne suffisait pas. "L'occupation de l'école est un geste à la hauteur de notre désarroi", expliquent-ils. A 10h du matin, l'inspecteur ASH (adaptation scolaire handicapés), responsable de la circonscription, s'est annoncé. Pour annoncer "des moyens bientôt à la hauteur des besoins", avec l'arrivée prochaine de trois contrats aidés, sans doute des CAE, dans le groupe scolaire. Pour les AVS, financées sur le budget de l'Education nationale, on repassera.  "Quand ?", l'arrête une des mères. Hésitation. "Bon, disons au 1er décembre. Je viens juste d'avoir la nouvelle aujourd'hui, on met en place le processus de recrutement". "Mais cela fait depuis le mois de juin que vous avez reçu les notifications ! Vous appelez cela de la bonne gestion ?", s'indigne-t-on autour de la table. Il précise qu'il n'est là que depuis septembre, remercie les écoles qui ont "organisé une stratégie d'attente" et dit "regretter profondément la situation". Sabine s'emporte : "Les bons sentiments, j'en ai jusque...". A la fin de la réunion, Amandine se désole :"Vous imaginez, trois mois de perdu dans la vie d'un enfant, c'est une année scolaire de fichue. Le mien est en moyenne section de maternelle, il avait enfin droit à une AVS, et voilà..." Elle est au bord des larmes.


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Lundi 2 novembre 2009
- Publié dans : Actions parents
Par Sauvons l'Ecole
In DNA 30-10-2009



Le Site du Collectif


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Lundi 2 novembre 2009
- Publié dans : EPEP
Par Sauvons l'Ecole
In Café Pédagogique

Si les maires considèrent toujours l'école comme importante, le pourcentage de ceux qui défendent les EPEP est tombé à 14% selon une étude de l'ANDEV.
L'Association des directeurs de l'éducation des villes françaises a tenu congrès fin octobre. A cette occasion, l'Andev a publié le résultat d'un sondage réalisé auprès de centaines de maires. Selon cette étude, seulement 14% des maires seraient favorables aux EPEP, ces structures imaginées pour mettre à la tête des écoles un directeur chef d'établissement.
Ils étaient 39% en 2001.

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Dimanche 1 novembre 2009
- Publié dans : Actions
Par Sauvons l'Ecole
In L'Alsace

 

À l’appel du collectif « Sauvons l’école pour tous », plusieurs dizaines de marcheurs ont pris, hier matin, le chemin du rectorat de Strasbourg, où ils comptent se retrouver demain lundi. Rencontre avec le groupe parti de Mulhouse.

Mulhouse-Cernay-Uffholtz-Wattwiller-Berrwiller : voilà l’itinéraire suivi hier par les marcheurs haut-rhinois du collectif « Sauvons l’école pour tous » (Sept). À vrai dire, seule une vingtaine de courageux ont pris part à l’ensemble du trajet, partiellement effectué en train et entamé devant la mairie de Mulhouse par un temps frisquet. Présents sur les lieux, les élus Pierre Freyburger (PS) et Djamila Sonzogni (Les Verts) leur ont apporté le soutien de leurs partis respectifs.


Au même moment, d’autres marcheurs entamaient leur propre parcours à Bourg-Bruche (Bas-Rhin).

Objectif final, pour tous : rallier le rectorat de Strasbourg demain lundi, avec la ferme intention d’y faire entendre leurs vues. « Il s’agit de dire que la politique menée par le gouvernement constitue une entreprise de démolition de l’école publique », assène d’emblée Roland Braun, l’un des principaux animateurs du collectif — et par ailleurs directeur de l’école Saint-Exupéry à Colmar. « Culture de l’évaluation, stress, suicides : alors même qu’on assiste aux dégâts du système ultralibéral dans les entreprises, le gouvernement pousse dans ce sens au sein de l’école ! Mais en chemin, on oublie que les enfants ne sont pas des machines — et les profs non plus ! »

Les nouveaux programmes ne trouvent pas plus grâce à ses yeux : « Ils dénotent une vision fonctionnaliste de l’école. Il ne s’agit plus de développer la culture des élèves, mais de ‘’produire’’ des gens dépourvus d’esprit critique, qui auront le minimum de connaissances nécessaires pour permettre au système de continuer à tourner sans le remettre en cause. »


« Le principe du sirop qu’on dilue »

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Samedi 31 octobre 2009
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole


In Resistance Pédagogique


M. Xavier Darcos, Ministre du Travail, a annoncé un plan d’urgence pour la prévention du stress au travail, notamment en proposant l'ouverture de négociations sur le stress dans toutes les entreprises de plus de 1000 salariés.

Nous demandons au Ministre de l'Education nationale, M. Luc Chatel, et aux organisations syndicales représentatives des enseignants d'ouvrir rapidement ce débat sur les conditions de travail au sein de l'Education nationale. Le tableau est plutôt sombre. Avec 39 cas de suicides par an pour 100 000 enseignants (contre 17,1 en moyenne en France pour 100.000 habitants ), la profession est la plus touchée par ce phénomène avec les fonctionnaires de police (35 pour 100 000).

Cela se traduit clairement dans les sondages : 93 % des enseignants jugent leur profession dévalorisée et près de la moitié sont prêts à changer de métier. Alors conseiller de M. Nicolas Sarkozy, M. Xavier Darcos, dans un rapport sur la situation morale des enseignants, évoquait en 2006 cette dévalorisation comme un élément objectif.

Le désarroi des enseignants face au désengagement de l'Etat, à la perte de sens de leur travail, à l'absence de dialogue et de concertation, aux abus de pouvoir de la hiérarchie, à l'atteinte à la liberté pédagogique, à l'échec et à la violence scolaire, au non respect des besoins et des droits fondamentaux des enfants, entravent fortement la possibilité d'une évolution positive de l'école.

Les attaques de Xavier Darcos contre l'Ecole l'année dernière ont aggravé incontestablement la situation morale des enseignants. Notre désobéissance dans ce contexte est un sursaut de conscience professionnelle face à une situation que beaucoup de collègues jugent sans espoir.

Le tableau ne serait pas complet si l'on n'évoquait pas le stress des élèves, voire leur détresse, qu'il devient difficile d''entendre par manque chronique de moyens humains (RASED, infirmières, médecins scolaires, personnels de vie scolaire, ...).

M. le Ministre doit donc faire face à une situation de crise que personne ne veut voir. Il y a urgence à ouvrir une enquête sur le stress des enfants et des enseignants dans l'école d'aujourd'hui.


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Samedi 31 octobre 2009
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

A lire sans retenue...

Libé 31/08/2009
«Il est faux de dire que tout est joué avant 3 ou 6 ans»
Interview Délinquance: deux spécialistes dénoncent le diagnostic précoce des troubles.

Hyperactivité ou déficit d’attention, faut-il les dépister au plus tôt pour éviter à l’adolescence des conduites à risques ? Peut-on repérer chez un jeune turbulent le futur fauteur de troubles ?

Dans sa loi de prévention de la délinquance, Nicolas Sarkozy aurait aimé le faire dans la foulée d’un rapport de l’Inserm (1) qui préconisait en 2005 un dépistage systématique et précoce des enfants perturbateurs. Tollé des professionnels, pétition de 200 000 signatures, création du collectif Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans.

Une psychanalyste spécialiste de la petite enfance, Sylviane Giampino, et une neurobiologiste de l’Institut Pasteur, Catherine Vidal, se joignent pour souligner le danger à diagnostiquer précocement ces troubles et réfuter tout déterminisme biologique. «La prévention des pathologies dès la petite enfance est récupérée par les approches sécuritaires et des conceptions naturalistes de l’enfant», affirment-elles dans Nos enfants sous haute surveillance qu’elles viennent de publier (2).


Pourquoi est-il contestable de détecter un «trouble des conduites» chez les très jeunes enfants ?

Catherine Vidal : Aux Etats-Unis, certains courants de la psychiatrie ont inscrit dans leur classification de nouvelles pathologies des enfants : «trouble des conduites», «opposition avec provocation», «hyperactivité et déficit d’attention». La question se pose de savoir si ces comportements, qui relèvent le plus souvent pour nous du développement normal d’un enfant, sont ou non pathologiques. Car s’il y a pathologie, il y a recherche d’une cause organique dans le cerveau ou dans les gènes. Or, les études sur le «gène de la délinquance» ou sur une origine cérébrale du «comportement antisocial» sont contestées par une grande partie de la communauté scientifique. Jusqu’à présent, aucun consensus ne permet d’affirmer qu’il existe une base biologique aux «troubles du comportement».

Sylviane Giampino : Or, c’est pourtant sur ces bases théoriques que se diffusent, sous couvert d’expériences pilotes ou de recherches en santé mentale dans certaines régions françaises, des questionnaires sur le comportement des enfants. On y trouve des questions du type «As-tu déjà volé plusieurs fois ?» «T’es-tu battu plus d’une fois avec un bâton ou avec une arme ?». Certains demandent même à un enfant de 3 ans s’il a du mal à se détacher d’un objet familier. Ce qui est absurde. Il est normal, à cet âge, d’éprouver des difficultés à se séparer de son jouet préféré. Toujours en France, il y a des sessions de formation à la socialité où des bébés de 24 mois, via des marionnettes, sont censés apprendre à contrôler leur colère. Ces programmes sont une forme de conditionnement dont l’éthique et l’efficacité sont discutables. Les temps de l’enfance y sont comprimés. Standardisés et informatisables, ces outils produisent un effet de stigmatisation et d’étiquetage nocifs.

Contrairement à ce que l’on affirme couramment, rien ne se jouerait avant 3 ou 6 ans ?

C.V. : Dire qu’un enfant turbulent à trois ans risque de devenir un inadapté social repose sur une vision déterministe du cerveau laissant penser qu’il existerait des circuits neuronaux déjà câblés à cet âge et qui le resteraient pour la vie. Cette conception est en contradiction totale avec les capacités de plasticité du cerveau révélées grâce à l’imagerie par résonance magnétique [IRM, ndlr]. A la naissance, seules 10 % de nos connexions neuronales sont présentes. Le reste va se former ultérieurement en fonction des apprentissages et de l’expérience vécue. Le cerveau évolue tout au long de la vie. On peut trouver par IRM des différences minimales d’épaisseur du cortex cérébral chez des enfants hyperactifs. Mais, on ne peut pas savoir si ces différences sont à l’origine du comportement agité ou au contraire la conséquence de ce comportement. Avec la découverte de la plasticité cérébrale, affirmer que tout est joué avant 3 ou 6 ans n’est plus défendable.


S.G. : La personnalité d’un être humain est loin d’être structurée aux premiers temps de la vie. Ce qu’on pense de lui, ce qu’on dit de lui sont des déterminants très puissants. Traquer des prétendus troubles chez les jeunes enfants n’est qu’un prétexte à durcir les normes de plus en plus tôt. Partir des difficultés de la petite enfance pour prédire une adolescence délictueuse, c’est faire fi du rôle de la famille, de l’école, de l’organisation sociale en général.


Quelles solutions ?

S.G. : Toujours chercher à comprendre un enfant qui va mal : que vit-il dans son corps, dans sa famille, à l’école et dans sa tête ? Concernant la prévention psychologique, je préfère les pratiques de terrain en maillage. Ne renonçons pas à ce qu’on fait bien en France. Nous avons de bons services, PMI [protection maternelle et infantile, ndlr], médecine scolaire, pédopsychiatrie, Rased [Réseaux d’aide aux élèves en difficulté] que les politiques actuelles menacent alors qu’il faudrait les améliorer et mieux les coordonner. Il est alors curieux qu’on copie les Etats-Unis et le Canada qui font taire les signes de mal-être des enfants par des conditionnements du comportement ou des calmants, au moment où les effets de ces traitements sont là-bas remis en question.


C.V. : En Amérique du Nord, la psychose de la drogue, de la violence et du terrorisme est telle qu’on se tourne de plus en plus vers la biologie pour trouver des explications. Cette biologisation des désordres sociaux revient à mettre de côté les causes psychologiques, économiques et politiques, fondamentales pour comprendre la société. L’être humain n’est pas réductible à une machine cérébrale programmée dès le plus jeune âge.


(1) Institut national de la santé et de la recherche médicale. (2) Editions Albin Michel ; 17 euros.


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