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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 17:35
RYTHMES OU FLEXIBILITÉ SCOLAIRE.
 
IMPASSE OU STRATEGIE LIBERALE?
 
par Alcide Carton, Inspecteur de l’Éducation Nationale Honoraire, Instituteur de la République
 
C03-40.jpg«Rythmes scolaires : Comment sortir de l’impasse», titrait l’Humanité dernièrement. S’agit-il réellement d’une impasse ou n’est-ce pas plutôt le résultat calamiteux de la décision d’un pouvoir borné ayant accepté l’idéologie néo-libérale et poursuivant, à son tour, de manière sournoise la casse déjà bien engagée du service public républicain d’éducation?
Il faut rendre hommage à l’Huma d’avoir consacré une pleine page à la question des rythmes scolaires modifiés au moment même où l’actualité met sur le devant la question du travail du dimanche .
On ne peut manquer de faire quelques rapprochements entre ces questions.
Toutes deux concernent la vie familiale de ceux—les mêmes— qui sont directement concernés les pères et les mères qui subissent le travail précaire, la flexibilité des horaires, celles et ceux qui au chômage ont tout perdu y compris leurs repères temporels sociaux d’une part, et désormais leurs enfants d’autre part.
Toutes deux procèdent du même élan libéral, s’accaparer et gérer, à leur place, ce qui reste aux travailleurs du bon usage par soi du peu de temps à soi, car ce temps-là est aussi une marchandise.
Ainsi, au nom de la démocratisation du temps péri-scolaire, au moment même où leurs parents s’épuisent dans des horaires débridés et incertains, le temps consacré à l’école, réduit de deux heures volées par la droite aux bons élèves pour pallier l’impopularité des milliers de fermetures de postes, se prolonge d’un temps d’activisme péri-scolaire censé agir sur les performances des élèves concernés. On arrive même à justifier cette imposture par des arguties pseudo-scientifiques empruntées à la chrono-psychologie. Pour obliger les parents, l’imparable loi économique, pour les enfants l’imparable loi psychologique.
En 2008, la droite, si prompte à s’offusquer aujourd’hui, a volé aux élèves, et aux enseignants, (au moins) deux heures de culture scolaire partagée. Or, réduire le temps d'enseignement n'a eu pour conséquence depuis quarante ans que d'exposer de plus en plus, hors de l'école, les enfants aux inégalités sociales et culturelles. L’on persiste aujourd’hui. Le Ministre Peillon a ainsi substitué à ces deux heures de culture scolaire volée du «temps éducatif» payé au moindre coût, accroissant les inégalités sur le territoire. Le compte n’y est pas et ce sont les enfants qui subissent les effets de la précarité et de la flexibilité de la situation de leurs parents  plus encore que les autres qui paient le prix de ce tour de passe-passe.
Car cette réforme des rythmes scolaires concerne les enfants de ceux que l’on voudrait voir travailler le dimanche. Curieux rapprochement, elle ne concerne en rien ceux des actionnaires et des cadres bourgeois de la grande distribution ou d’autres holdings, qu’ils fréquentent ou non l’école publique. Il y a bien longtemps que leurs activités s’accordent à leurs rythmes soit-disant biologiques. Ils ont un emploi du temps de ministre et dans l’entre soi de leur classe sociale, ils naissent bourgeois et apprennent à le devenir.
Il fallait bien être «énarque», philosophe, ou pour le moins «chrono-biologiste» pour penser qu’on pourrait bousculer la vie quotidienne des petits de maternelle et même des plus grands, par la succession d’une multitude d’intervenants sans compromettre leur fatigabilité et leur attention pendant les heures d’école.
Cette mesure ne souffre pas seulement de son impréparation. Elle ne résoudra en rien la question des inégalités. Elle repose sur une conception économique, hiérarchisée des savoirs et des disciplines scolaires, de la culture et plus généralement de l’être humain réduit à n’être qu’un producteur. On pourrait la considérer comme anecdotique si elle n’était la suite navrante d’une politique d’éducation libérale avançant à pas feutrés depuis des années et soumise aux intérêts du marché et de la compétition.
Contrairement à toute idée habilement distillée, les enfants des milieux populaires n’ont pas trop d’école. Certes, aujourd’hui, ils n’y sont pas heureux, s’y ennuient souvent, et du moins comme beaucoup de citoyens dans cette république inégalitaire, ils ne s’y reconnaissent plus. Mais la problématique des rythmes n’a guère de rapport avec la question stratégique des finalités de l’école. Rompre avec le déterminisme social est avant tout une question de volonté politique, une question pédagogique globale. C’est dans l’école et à partir de l’école qu’il faut s’y atteler.
Célestin Freinet l’a dit en son temps. Si l’enfant trouve sens dans ses activités il ne voit pas le temps passer à l’école. Et j’ai observé bien souvent, en inspection, des jeunes élèves à l’heure de midi s’étonner et dire «déjà, Madame?». La périodicité et l’alternance des activités est avant tout une question d’ordre pédagogique et les maîtres expérimentés savent l’utiliser. Résoudre un problème de création plastique mobilise autant l’attention que résoudre un problème d’arithmétique ou une question scientifique. Toutes les disciplines scolaires, contribuent également à la formation de l’esprit sans hiérarchie entre elles. Toutes demandent un effort qui élève. Et c’est à l’école publique et à ses maîtres, dont c’est le métier de s’en préoccuper, si nécessaire en collaboration avec des partenaires éducatifs. En finir avec les évaluations classant élèves, maîtres et écoles, en finir avec la compétition scolaire, rendre aux maîtres qu’on a «prolétarisés» leur dignité d’ingénieurs de la pédagogie, réduire les inégalités d’équipement des écoles, il y a là du pain sur la planche de la reconstruction d’une école qui se préoccupe des plus pauvres de ses élèves.
On m’objectera que l’effort envers le péri-scolaire tient de ce double souci social et pédagogique, qu’il apporte la variété, l’ouverture culturelle. Il s’agit, en vérité, de remplir le temps précieux des enfants d’heures d’activités, à moindre coût que l’on pourra confier bientôt au privé par l’appel d’offre auprès des mairies. Et, prenant le contrepied de Condorcet qui, au nom de la laïcité, voulait protéger l’école des lobbies et pouvoirs locaux en en faisant un service national, on ouvre grand le boulevard des inégalités territoriales et du marché scolaire et des petits pouvoirs locaux.
Cette « grande mesure» (dixit le ministre) n’est pas aménageable. Il faut la sacrifier. Aussi, si pour sortir de «l’impasse», sans vouloir sauver si cela demeurait encore bien nécessaire le «soldat Peillon», je risquerai trois propositions au risque d’être impopulaire:
               1- Revenir aux 4 jours et demi de classe et à 26 heures de présence des élèves. Et le samedi matin n’est pas le plus mauvais moment pour cela.
               2- Créer dans chaque canton un observatoire des inégalités scolaires piloté et animé par l’Education Nationale et rassemblant des représentants de tous les citoyens concernés. Offrir aux citoyens qui le composent les moyens d’y réfléchir ensemble, d’y débattre, de proposer et de créer. En finir avec les inégalités comme obligation de résultats, la démocratie concrète comme moyen.
               3- Traiter d’urgence la question pédagogique chargée de reconstruire l’école en décrétant que tous les enfants sont capables d’acquérir une culture citoyenne commune et que toute forme de compétition libérale scolaire y est interdite.
Au moins, ayant avancé cela, j’aurai la conviction d’avoir véritablement agi pour commencer à reconstruire l’école républicaine qui m’a fait ce que je suis.
[1] 
Alcide Carton,
Inspecteur de l’Éducation Nationale Honoraire,
Instituteur de la République

 [1]
Alcide CARTON oct. 11, '13, 7:05 PM  langage de pédago
 
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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 07:43

In Café Pédagogique

 

Jérôme Lambert, secrétaire départemental du SNUipp-FSU

Christine Passerieux, militante du GFEN

 

C03-33.jpgLes travaux les plus récents de la recherche universitaire et pédagogique, les évaluations internationales montrent que l’école française creuse les écarts entre les élèves. Elle participe à transformer les inégalités sociales en inégalités scolaires. Tous les élèves, quel que soit leur milieu social d’origine sont capables d’apprendre, la responsabilité de leur réussite scolaire incombe à l’école. Les débats en cours sur la réforme des rythmes scolaires éludent cet objectif fondamental de démocratisation scolaire. C’est pourtant bien la seule question qui nécessite que soit mise en travail et en actes une réflexion sur les contenus d’apprentissage, les pratiques pédagogiques, la formation professionnelle des enseignant-es, la réduction des effectifs

 

Le ministère affirme que la réforme des rythmes vise prioritairement les élèves des milieux populaires. Qu’en est-il six semaines après la rentrée ? Le Snuipp-FSU Paris a mené une enquête auprès des enseignants. Le constat est massif d’une perte de repères de tous ordres pour les élèves qui rencontrent le plus de difficultés : emploi du temps qui varie selon les jours, changement de statut des personnels, (l’ATSEM, l’enseignant changent de fonction au cours de la journée) ... La confusion règne entre le scolaire, le péri-scolaire et l’extra-scolaire. Or on le sait, le flou du cadre scolaire a de lourdes conséquences, toujours pour les mêmes.

 

Au regard de ce constat largement partagé nous dénonçons la dégradation des conditions de scolarisation et d’apprentissage des élèves depuis la mise en place de la réforme des rythmes, dégradation dont les élèves les plus en difficultés sont les premières victimes, car ce sont eux qui ont le plus besoin de l’école et qui n’ont souvent que l’école pour permettre leur réussite. La situation actuelle se révèle un obstacle supplémentaire pour ceux qui doivent construire le sens de l’école et des apprentissages

 

Par ailleurs pour lutter contre les inégalités scolaires, le Ministre met en avant les activités culturelles mises en place pendant le temps périscolaire devant apporter aux élèves issus des classes populaires un « plus » dont ils ne bénéficieraient pas actuellement. Si le contexte extra-scolaire a des incidences sur le devenir élève c’est la mission spécifique de l’école que de le mettre en œuvre, par du plus sans doute mais surtout par du mieux et par du autrement. Les activités péri-scolaires ne se substituent pas à cette mission première de l’école. Par ailleurs, un véritable projet culturel s’impose pour qu’elles jouent pleinement leur rôle, et pas seulement dans les intentions. Le contenu de ces activités, leur encadrement relèvent d’un projet d’éducation populaire. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

 

La suite...

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 19:12

In FCPENOUSAUSSI

C03-24 

Pour Anne Coret secrétaire adjointe de la FCPE 75, faire partie du bureau de la FCPE Paris lui donne le droit d’insulter les profs (lire ci-dessous), de critiquer les adhérents, Anne Coret? mi-femme mi-déesse?

 

Ses propos:

nous sommes issus des comités de vigilance d’après guerre, et membres de l’éducation populaire, donc à fond pour tout ce qui ouvre l’école, et fait entrer la vie dans ces écoles poussiéreuses, dans ces classes où règnent en autocrates des profs mi acteurs mi mamans, mi tyrans, qui croient tout savoir sur apprendre à apprendre, et ne remettent jamais leur fonction en cause, et créent de l’échec scolaire depuis 150 ans! et ne savent enseigner qu’aux "bons élèves" eux-mêmes fils de profs! vous insultez l’association qui protège souvent les profs, en pronant le dialogue tout le temps, en apprenant aux parents les règles car l’école, les directeurs et trices ne trouvent pas utile de dire aux parents qu’ils ont des droits, une loi où ils sont inscrits, et je suis sure que vous n’en avez jamais entendu parler. Les écoles bafouent quotidiennement le droit des enfants, et on veut faire entrer un peu d’air, et les obliger à partager un peu leur territoire, et ils ne supportent pas. [...]

 

Anne Coret secrétaire adjointe FCPE Paris

 

La réponse d'Anne Coret

 

Pour info : ce texte n'est pas une nouveauté, c'est un commentaire facebook, issu d'une discussion intense de mars 2013, polémique, outrancier, on peut dire ce qu'on veut, mais recopié sans autorisation par des personnes mal intentionnés, sans contextualisation et sans la fin, jugée sans doute moins intéressants pour les besoins de la cause de ceux qui se sont permis de le recopier.

Pendant la polémique sur les rythmes notre position sur la réforme sur Paris nous a valu des tas de qualificatifs haineux : suppôts du pouvoir et vendus aux socialistes, jaunes, traitres et j'en passe, car on admet mal que la FCPE Paris puisse penser par elle-même.

J'ai déjà répondu à la publication de cet extrait et demandé son retrait de la sphère publique, mais ces gens là n'ont ni publié mon commentaire, ni accédé à ma demande.

Il est donc destiné à rester éternellement sur le web, éternellement nouveau, comme s'il était sorti hier, hier c'était le congrès de la FCPE, et le rapport d'activité a été voté à 80%.

voici mon commentaire non publié, dans ce blog"mon propos est général et ne fait que redire de façon polémique que
l’école est une institution de tri depuis qu’elle existe, comme tout le monde le sait. et qu’elle ne parvient pas à affranchir les élèves de  leur origine socio-culturelle, sauf exception. D’où l’impérieuse nécessité d’y développer d’autres approches des savoirs, d’autres entrées dans les apprentissages. Anne Coret"

Je vous demande donc à vous de l'enlever de ce site, n'ayant jamais autorisé sa diffusion publique hors de la sphère de discussion de la page fb dont il a été illégalement extrait.

Cordialement

Anne Coret

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 17:58

In blog Mathieu Lépine

        

Le 31 janvier dernier, les personnels de la fonction publique étaient en grève. Parmi nos revendications figurait notamment la question des salaires et de la précarité. Quelques jours plus tard, la ministre de la fonction publique, Marylise Lebranchu, annonçait cependant le gel du point d’indice salarial des fonctionnaires, tandis que Vincent Peillon excluait de son coté toute augmentation des salaires dans l’Education nationale. Dimanche dernier, il préconisait de raccourcir les vacances scolaires de deux semaines, avertissant ainsi les enseignants : pour gagner plus, il faudra travailler plus. Ironie de l’histoire, il y a un an jour pour jour, Nicolas Sarkozy annonçait que pour lutter contre « la paupérisation des enseignants », la seule solution était de les faire travailler « plus longtemps en les payant davantage »…

 

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Les enseignants : des privilégiés, trop payés ?

 

Jeune enseignant, j’entends malheureusement souvent dire autour de moi, que « les profs n’ont pas à se plaindre ». Ils sont « très bien payés », « indéboulonnables », « toujours en vacances », « ne travaillent que quelques heures par semaines »… Certaines personnes vont mêmes jusqu’à me dire qu’il faudrait supprimer le statut des fonctionnaires, ou encore que comme tous les enseignants, je vis en dehors des réalités du monde du travail.

 

Certes, bien des français vivent aujourd’hui des heures difficiles. Chômage, précarité, salaires, conditions de travail, les motifs de mécontentent ne manquent pas et sont amplement justifiés. Cependant, parce que j’ai un emploi stable (ce qui n’est en réalité pas tout à fait le cas puisque je suis TZR) et que je gagne un salaire supérieur au SMIC, je devrais fermer ma gueule ?

 

La hausse des salaires et la lutte contre la précarité ne doivent pas opposer les salariés entre eux. Ou alors nous avons perdu d’avance et le nivellement par le bas à de beaux jours devant lui… C’est la logique du travailler plus pour gagner plus qui doit être combattue, dans le secteur public comme dans le secteur privé.

Pour devenir professeur d’histoire-géographie, j’ai obtenu un master (Bac +5) et passé le concours de l’enseignement du seconde degré (CAPES). A mon entrée dans le métier l’an dernier, mon salaire était de 1.660 euros nets, soit l’équivalent du salaire médian en France (1.675 euros selon l’INSEE) ou d’un SMIC et demi.

Dans les années 70, le salaire de départ d’un enseignant était deux fois supérieur à celui du salaire minimum. L’élévation du niveau de recrutement ou encore la dégradation des conditions de travail (notamment des les établissements en zone d’éducation prioritaire comme celui dans lequel j’enseigne) ne se sont donc pas accompagnées d’une croissance significative du pouvoir d’achat pour les enseignants.

D’après l’OCDE, un professeur débutant en France gagne environ 10% de moins que la moyenne des pays développés. Loin de moi l’idée de me plaindre, mais je refuse que l’on salisse ma fonction, que l’on me colle l’étiquette de privilégié sur le front et que l’on se permette de juger sans cesse mon travail.

 

Pour gagner plus, il faudra travailler plus

 

Les enseignants ont compris depuis longtemps qu’ils n’ont rien à attendre de Vincent Peillon concernant la revalorisation salariale. Celui-ci ne manque cependant pas de cynisme en venant leur proposer de travailler deux semaines de plus.

En effet, les deux mois de vacances d’été sont des congés sans solde. En supprimer deux semaines entrainerait donc automatiquement les enseignants à travailler plus et donc, comme on peut l’imaginer, à gagner plus (un demi-salaire). Nous ne sommes cependant pas à l’abri, en cette période de réduction des dépenses publiques, que l’on vienne nous proposer de travailler plus sans aucune contrepartie financière…

En décembre dernier, le ministre de l’Education nationale déclarait sur le plateau de la matinale de France Inter, « si vous prenez le modèle allemand, les professeurs sont payés 20% de plus qu’en France, mais ils ont 25 heures de cours ». Pourquoi donc avoir participer à faire perdre l’Elysée et la majorité parlementaire à l’UMP, si c’est pour aujourd’hui se retrouver avec des ministres « socialistes » qui reprennent les mêmes discours ?

François Hollande avait promis le changement. Cependant avec ses 60 000 créations de postes, il ne se donne absolument pas les moyens de lutter contre cinq années de baisse continue des effectifs (-80 000). Dans bon nombre d’établissements des postes ne sont pas pourvus (voir la situation en Seine-Saint-Denis). Pour combler les manques, on impose des heures supplémentaires aux enseignants. Là encore c’est la logique néfaste du « travailler plus pour gagner plus » qui prime. Plutôt des heures supplémentaires que des créations de postes…

La question des rythmes scolaires est cruciale, j’en conviens. En tant que professeur principal d’une classe de cinquième, je suis parfois effaré par l’emploi du temps de mes élèves. Cependant les conditions doivent être réunis pour qu’une réforme efficace et profitable à tous (élèves, enseignants, parents…) soit mise en place. Sans réels moyens humains et financiers, les mesures gouvernementales ne feront que s’empiler les unes sur les autres, sans qu’un véritablement changement ne soit apporté…

La précarité existe dans l’Education nationale

Vincent Peillon entant lutter contre la crise des vocations. Cependant les paroles sans les actes ne sont que des incantations. Lorsque l’on se penche par exemple sur le sort réservé aux enseignants non titulaires, il apparait très difficile de voir comment le ministre entend convaincre de jeunes étudiants de se lancer dans le métier. En effet, dans de nombreuses disciplines ou régions, le recours aux contractuels et vacataires est devenu récurant.

Par la précarité de leur contrat de travail (CDD…), de leur salaire (les vacataires sont par exemple rémunérés à l’heure effective) ou encore de leur situation (affection sur plusieurs établissements…), ces personnels exécutant une mission de service public se retrouvent dans une constante instabilité. Ils seraient aujourd’hui, d’après le ministère de l’Education nationale, plus de 21 000 contractuels et 1000 vacataires.

Pourtant, les précaires de l’éducation remplissent les mêmes missions que les enseignants titulaires, font face aux mêmes élèves, aux mêmes difficultés, mais doivent en plus se confronter à la précarité de l’emploi. Ils subissent et sont contraints d’être envoyés d’établissements en établissements sans aucune perspective d’avenir.

Comment accepter cette situation ? Comment accepter la non rémunération des heures de conseil de classe ou de conseil pédagogique pour les vacataires ? Comment accepter la non rémunération des contractuels durant les deux mois de l’été ?…

Malheureusement, avec la mise en place des emplois d’avenir professeur, des contrats de droit privé dans le service public, le gouvernement entretient la précarité dans l’Education nationale.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 21:40

In blog Mathieu Lepine

        

Il y a quelques jours lors d’un déplacement dans la Marne, le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, faisait la promotion des emplois d’avenir professeur (EAP). Par la même occasion, il se félicitait de la signature de près de 2500 contrats depuis le lancement du dispositif mi-janvier. Ces emplois ont vocation à « faciliter l’insertion professionnelle et la promotion sociale des jeunes (boursiers) dans les métiers du professorat ». Ayant fait parti de la toute première génération d’étudiants à subir la masterisation, je m’intéresse bien évidemment aux évolutions qui pourraient être apportées à la formation des enseignants. Par ailleurs, entant que militant au Parti de gauche (et donc au Front de gauche), je ne peux que soutenir tout dispositif qui permettrait de lutter contre le déterminisme social. Cependant, tels qu’ils sont aujourd’hui présentés, les EAP n’apparaissent pas comme un dispositif pertinent pour former les futurs enseignants et permettre aux jeunes issus des milieux populaires et des quartiers d’entrer dans ce métier. Pire, à travers la flexibilité du temps de travail ou encore la mise en place de contrats de droit privé, ils participent à la dégradation de la notion de service public d’éducation.

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L’emploi d’avenir professeur, un emploi flexible

Les emplois d’avenir professeur sont destinés « aux étudiants boursiers sur critères sociaux inscrits en deuxième année de licence ou, le cas échéant en troisième année de licence ou en première année de master, âgés de vingt-cinq ans au plus et se destinant aux métiers de l’enseignement ».

Les EAP sont des emplois à temps partiel pour « une durée hebdomadaire de 12 heures en moyenne ». En moyenne…, ce qui veut donc dire que le temps de travail de l’étudiant signant ce type de contrat sera flexible selon les besoins. Sous des airs vertueux se cache donc en réalité la volonté d’accentuer la flexibilité du temps de travail dans le service public.

Pire, bien que participant à « l’exécution du service public de l’éducation nationale », l’étudiant s’engageant dans un EAP signera un contrat de droit privé. Il ne bénéficiera donc pas des mêmes droits que ses collègues. En cas d’arrêt maladie, il sera par exemple soumis à la législation du privé concernant le jour de carence (trois jours dans le privé tandis que dans le public le jour de carence mis en place sous Sarkozy sera bientôt abrogé).

L’emploi d’avenir professeur est un contrat d’un an renouvelable seulement deux fois. Par ailleurs, en cas de renouvellement de son contrat, l’étudiant peut être contraint de changer d’affection. Là encore c’est l’instabilité qui règne. Aucune assurance d’avoir un poste à chaque rentrée, ni même, malgré un renouvellement, de rester dans l’établissement dans lequel on a travaillé pendant un an et noué des relations. Concernant les éventuels redoublants, le contrat n’étant renouvelable que deux fois, il ne leur sera par permis de profiter du dispositif jusqu’à l’obtention du concours…

Concernant le salaire, l’étudiant sera rémunéré sur la base du SMIC horaire soit 490,36 euros bruts (versé durant les douze mois du contrat). Ne bénéficie en réalité de la bourse de service public que les étudiants « qui en font la demande » et qui « s’engagent à préparer et à se présenter aux concours de recrutement d’enseignants du premier ou du second degré ». On peut donc très bien s’engager dans un EAP sans nécessairement se présenter à un concours. Ce dispositif n’est donc en rien un dispositif de pré-recrutement d’enseignants comme voudrait le faire croire le gouvernement.

 

Des missions floues qui laissent libre cours à toutes les interprétations

L’EAP effectue une « activité d’appui éducatif » qui peut évoluer selon son niveau d’étude. Ainsi, un jeune en deuxième année de licence sera en position d’ « observation active des différents niveaux d’enseignement, des différentes fonctions de l’école ou de l’établissement ». On peut également lire sur le site officiel de l’administration française (service-public.fr) que « l’emploi d’avenir professeur peut effectuer des missions semblables à celles d’un assistant d’éducation (ASEN)».

Quel est donc l’intérêt pour un étudiant en licence 2 de signer ce type de contrat si ses missions s’apparentent à celle d’un ASEN, qui lui signe un contrat de droit public renouvelable 5 fois (donc six ans maximum contre 3 pour l’EAP) ? Par ailleurs, ayant été assistant d’éducation à plusieurs reprises, je sais que ce type de poste permet de mieux connaître la vie d’un établissement scolaire (ce qui n’est pas négligeable quand on se destine à une carrière dans l’éducation nationale), cependant il ne forme en rien au métier d’enseignant.

Il est aussi stipulé que « l’ensemble des titulaires d’EAP participent aux activités de soutien et d’aide ou d’accompagnement individualisés organisées dans l’école ou l’établissement ». Des tâches qui s’apparentent fortement à celles d’un assistant pédagogique, signant cependant lui aussi un contrat de droit public pouvant se renouveler sur six ans.

Pour les étudiants en L3 ou en M1 les missions changent. Il s’agit alors d’une « pratique accompagnée intégrant une prise en charge progressive de séquences pédagogiques en présence et sous la responsabilité de l’enseignant. En master 1, la participation à l’évaluation d’activités peut aussi être envisagée ». La mission de l’EAP s’apparente alors davantage à une mission d’enseignement, ce qui contraste énormément avec celle de l’étudiant en L2. Cependant le salaire, le contrat de travail et l’amplitude horaire restent les mêmes !

En cette période de pénurie d’enseignants dans certaines matières et régions, on peut penser que l’obligation de la présence du tuteur lors des séances prises en charge par l’EAP ne sera pas toujours respectée… D’autant que le recrutement des emplois d’avenir se fait en priorité vers les régions et matières déficitaires. L’emploi d’avenir professeur deviendrait dans ce cas l’équivalent d’un professeur remplaçant (salaire et statut en moins).

Une multitude de tâches peuvent donc être confiées à l’EAP. De la simple surveillance d’une salle de permanence à la prise en charge d’une séance, en passant par de l’accompagnement individualisé. Il ne bénéficie cependant pas des mêmes droits que celles et ceux qui au sein du même établissement remplissent les mêmes missions que lui. Ainsi, l’emploi d’avenir professeur s’apparente davantage à un nouveau type de précariat qu’à une formation qualifiante.

 

A l’époque où j’étais moi-même assistant d’éducation, avec mon contrat de droit public, renouvelable cinq fois, j’ai rempli la majeure partie des missions que l’on confie aujourd’hui à un EAP. J’ai fait de l’accompagnement personnalisé, de l’aide aux devoirs, j’ai assisté à des séances aux cotés d’élèves en difficultés afin de les seconder… Grâce à la bienveillance d’une collègue enseignante d’histoire-géographie, j’ai même pu assister à des séances en tant que simple observateur et prendre en charge la totalité d’une séquence d’une classe de sixième (en sa présence bien évidemment). Elle m’a ensuite permis de préparer et corriger moi-même les contrôles pour cette classe. Enfin, j’ai pu, avec l’aval de la direction, participer à un conseil d’administration afin de mieux connaître les rouages d’un établissement scolaire.

Quel est donc l’intérêt que de signer un EAP, qui est un contrat de droit privé renouvelable uniquement deux fois, si c’est pour remplir les mêmes tâches qu’un ASEN qui a lui un contrat de droit public renouvelable cinq fois ?

 

Un dispositif qui ne se donne pas les moyens de remplir ses objectifs

Les EAP sont présentés comme l’un des grands axes de la réforme de la formation des enseignants, devant faciliter l’insertion des jeunes boursiers dans le métier. Cependant le dispositif mis en place par le gouvernement ne répond en rien aux problèmes que rencontrent les étudiants désirant passer des concours de l’enseignement. Par ailleurs, il ne permettra pas de lutter efficacement contre le déterminisme social.

Proposer à des étudiants qui préparent un concours et doivent en même temps obtenir leur diplôme universitaire, de travailler, c’est renforcer leur chance d’échouer. En effet, ils ont face à eux des jeunes, qui ont la chance de pouvoir être aidés financièrement par leur famille, et qui peuvent donc consacrer la totalité de leur temps à leurs études. Plutôt que de pousser les boursiers à se salarier, le gouvernement devrait leur proposer une bourse d’autonomie (sur critères sociaux).

 

Pour avoir passé deux fois le CAPES d’histoire-géographie, je sais quelle est la difficulté que de préparer un tel concours. Cela demande du temps, énormément de temps, notamment pour pouvoir assister aux nombreuses heures de cours (CM et TD) proposées dans les universités. Des cours essentiels si l’on veut avoir accès non seulement à un maximum de connaissances mais surtout aux connaissances fondamentales. Il faut par ailleurs consacrer un certain temps à la lecture d’ouvrages de références, à la mise en place de fiches de révisions… Un grand nombre de tâches qui sont difficilement conciliables avec une activité professionnelle.

 

Si la masterisation a renforcé les inégalités, ce ne sont pas de simples rustines qui permettront d’y remédier. Les emplois d’avenir professeur ont pour objectif, d’après le ministre de l’Education nationale, de faciliter l’insertion professionnelle de jeunes boursiers dans les métiers du professorat. Le gouvernement prétend ainsi vouloir lutter contre le déterminisme social. Cependant, s’attaquer à ce problème au niveau de la licence 2 c’est donner un coup d’épée dans l’eau. En effet, la sélection sociale se fait bien en amont. D’après l’observatoire des inégalités, les enfants d’ouvriers et d’employés représentent seulement 26.1% des étudiants en licence tandis que leurs parents représentent eux 52% des actifs occupés !

 

Si les emplois d’avenir professeur sont « l’un des grands axes de la réforme de la formation des enseignants », la crise des vocations dans l’Education nationale a de grandes chances de perdurer…

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 17:58

par Michel Rose, professeur des écoles et directeur d’école en retraite

 

Refondation de l’école, rythmes scolaires : oui il y a urgence à agir même si des questions demeurent……

C03-31.jpgEn 40 ans le temps d’enseignement hebdomadaire s’est réduit de 20%

Il fut un temps pas si lointain où les écoliers avaient classe cinq jours entiers par semaine avec une journée de repos le jeudi, soit trente heures de présence hebdomadaire à l’école.

Le samedi après-midi devint vacant (en 1969) et la semaine scolaire se réduisit à neuf demi-journées avec repos le mercredi.

En Mayenne le secteur d’Ernée, avant-gardiste, troqua le samedi matin pour le mercredi matin pour des raisons d’économie de chauffage au collège, le 1er degré s’alignant sur le second…

A la rentrée 2008, sans aucune concertation, le ministre de l’époque imposa la semaine de quatre jours avec 24 heures d’enseignement hebdomadaire. On se demande encore comment une telle ineptie a pu se concrétiser sans qu’il n’y ait eu suffisamment de levées de boucliers pour la faire échouer ! On a sacrifié le samedi matin sur l’autel du petit confort des uns et des autres au détriment de l’intérêt général de l’école et de ses premiers usagers, les élèves.

Le paradoxe est que nous sommes passés en quarante ans de 30 heures à 24 heures d’enseignement par semaine, alors que les contenus ne diminuaient pas mais augmentaient (informatique, langue étrangère…). Parallèlement il fallait également consacrer du temps à la mise en place d’un projet d’école se déclinant sur trois années.

On diminuait le volume du contenant (le temps passé avec les élèves) tout en voulant maintenir la même quantité de contenu (les savoirs disciplinaires), voire l’augmenter !

 

Journée, semaine : un bon début….

Les conséquences ont pesé à la fois sur les élèves et sur les enseignants tenus à respecter les programmes annuels (français, mathématiques, histoire, géographie, sciences, arts plastiques, musique, E.P.S …) sans oublier la mise en place d’une classe de découverte et la fête de l’école… Un rythme infernal subi par tous, les premiers pénalisés étant bien entendu les élèves les plus lents et les plus en difficulté.

Et pour les enseignants une vraie course contre le temps entre préparation des cours, corrections, évaluations, rédaction des bulletins trimestriels, rencontres avec les familles, réunions de l’équipe enseignante, compte-rendus des équipes éducatives….La semaine de 35 heures était bouclée en trois jours !

La toute première question à régler est donc bien celle de répartir qualitativement le temps d’apprentissage sur la journée, la semaine et l’année. En jouant sur les trois unités de temps.

Le ministre de l’Education nationale s’est attaqué courageusement à cette question des rythmes scolaires et on ne peut que l’encourager à poursuivre. Oui il faut « décélérer » le rythme journalier, oui il faut revenir à neuf demi-journées de classe, mais cela ne suffit pas…

 

Vive le samedi matin !

 Je regrette que le projet de décret fige les neuf demi-journées du lundi au vendredi, en réduisant le samedi matin à une possibilité dérogatoire. Le sacro-saint week-end est ainsi conforté et légitimé au détriment de l’intérêt de l’école à conserver un temps privilégié pour les relations familles/enseignants.

Lorsque j’enseignais encore, le samedi matin était la 9ème demi-journée de classe qui terminait la semaine, celle où on pouvait fonctionner différemment en mettant en place par exemple des activités décloisonnées mêlant des élèves de différentes classes. On y associait les parents en les impliquant dans la conduite d’ateliers liés au projet d’école…. Tout le monde s’y retrouvait, les élèves en contact avec d’autres adultes que leur enseignant habituel, les parents découvrant les réalités de la conduite d’un groupe d’élèves, les enseignants dans une autre relation avec les uns et les autres…

 

La lettre dans son intégralité...

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 17:49

In Blog Médiapart

 

par Alain Refalo

 

http://static.mediapart.fr/files/imagecache/photo_utilisateur_normale/imageperso/AlainRefalo-Fondflou.jpgLorsqu’en 2008, Xavier Darcos a mis en œuvre sa funeste réforme de l’école en supprimant le samedi matin et en imposant la semaine de quatre jours pour tous, je suis entré en résistance. J’ai refusé d’appliquer à la lettre le dispositif de l’aide personnalisée qui alourdissait le temps de travail des élèves soumis dès lors à la journée de classe la plus longue du monde. Dans la plupart des écoles, l’aide personnalisée rajoute une demi-heure de travail par jour en moyenne à une journée de 6h de classe. Depuis 2008, les élèves repérés en difficulté ont ainsi le « privilège » de subir la journée la plus fatigante qui soit…

Afin de ne pas trahir l’éthique des missions qui m’étaient confiées, afin de ne pas être complice d’une école élitiste et inégalitaire, j’ai alors estimé que je n’avais d’autre choix, en conscience, que de refuser d’obéir au dispositif de l’aide personnalisée qui instaurait une stigmatisation choquante et contribuait à maltraiter les enfants. Des milliers d’enseignants du primaire ont alors pris le chemin d’une résistance pédagogique ouverte et assumée pour défendre l’école de la République menacée par des réformes scélérates.

L’essentiel des études portant sur les rythmes scolaires, dont celle rapportée en 2010 dans le cadre d'une mission de l'Assemblée nationale et celle pilotée la même année par l'académie de médecine, abondent d’ailleurs dans le sens des enseignants du primaire qui ont osé désobéir pour ne pas pénaliser leurs élèves. Il a ainsi été démontré que la semaine de quatre jours était source d'un surcroît de fatigue et de stress, deux facteurs fortement préjudiciables aux apprentissages des enfants. Aujourd'hui, et contrairement à son prédécesseur, le ministre de l’Education Nationale Vincent Peillon reconnaît toute la nocivité d'un temps scolaire qui, avec « six ou sept heures » de classe hebdomadaires « épuise les enfants »[1].

Diminuer le volume horaire annuel

Il faut donc saluer la décision du ministre d’abolir la semaine de 4 jours et d’instaurer la semaine de 5 jours ou la semaine des 9 demi-journées de classe. Pour l’heure, le ministre envisage de laisser aux communes le choix du mercredi ou du samedi matin. Je plaide sans hésitation pour le mercredi matin. Je parle en connaissance de cause puisque dans ma commune (Colomiers, Haute-Garonne), pendant plus de vingt ans, nous avons connu la classe le mercredi matin. Cette matinée au milieu de la semaine n’a que des avantages. D’une part, elle permet de ne pas casser le rythme de la semaine, tant pour les élèves que pour nous-mêmes d’autre part, nous savons que les enfants se couchent généralement moins tard le mardi puisqu’il y a classe le lendemain. Dans la semaine de 4 jours, le jeudi matin est l’équivalent du lundi : des élèves fatigués, peu attentifs et un concert de bâillements !

Faire classe le mercredi matin ou le samedi matin (3 heures) offre la possibilité de réduire le volume horaire les autres jours de la semaine. A condition également de considérer que le temps scolaire annuel doit baisser. Nous sommes en effet l’un des pays en Europe qui a le plus d’heures de classe par an (si l’on prend en compte les 60 heures d’aide personnalisée annuelles), mais le moins de jours de classe. 144 jours de classe pour 924 heures annuelles contre 185 à 190 jours dans la plupart des pays européens avec une moyenne de 800 heures de classe par an. Pourquoi les écoliers français travailleraient-ils 100 heures de plus que les enfants de la plupart des autres pays d’Europe ? (avec des résultats inférieurs dans les évaluations internationales). Il faut donc supprimer le dispositif de l’aide personnalisée, facultatif pour les élèves en difficulté, et qui alourdit leur journée de classe, sans renoncer à la mise en place d’aides individualisées sur le temps de classe obligatoire dans le cadre d’une pédagogie différenciée.

Avec un volume horaire annuel de 830 heures (soit 36 semaines x 23 heures) et le retour du mercredi ou du samedi, nous pouvons donc organiser la semaine scolaire sur 4 jours et demi avec 5 heures de classe par jour ( les lundi, mardi, jeudi et vendredi) et 3h le mercredi ou le samedi. On aboutit ainsi à une semaine scolaire de 23 heures par semaine. Si les enseignants du primaire doivent faire une heure de plus par jour à l’école pour effectuer les 27 heures hebdomadaires, cela offrira davantage de temps pour les concertations, les préparations et le travail en équipe. Cette respiration quotidienne à l’école permettrait de prendre du recul avec l’immédiateté de la classe. Qui pourrait s’en plaindre ?


Un cadre national, un aménagement local

 

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 17:45

Réforme des rythmes scolaires : un nouveau cadeau pour le privé…

 

C03-40.jpgLe Ministre de l’éducation nationale vient de faire parvenir aux municipalités un guide pratique pour la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires, document fort instructif en particulier en ce qui concerne le « public » concerné et les dotations budgétaires (« fonds d’amorçage ») qui seront accordées aux communes candidates.

En voici quelques extraits significatifs (points importants mis en gras):

 

Page 20 :

Les écoles privées ne seront pas concernées par la décision du maire d’appliquer la réforme à la rentrée2013 ou à la rentrée 2014.

En effet, selon le code de l’éducation, les écoles privées organisent librement la semaine scolaire. Chacune d’entre elles décidera donc si elle souhaite appliquer la semaine des neuf demi-journées et déterminera les horaires d’entrée et de sortie de l’école.

Pages 24 et 25 :

Toutes les communes disposant d’au moins une école maternelle ou élémentaire publique ou privée sous contrat percevront au titre de l’année scolaire 2013-2014 une dotation de 50 euros par élève dès lors que les enseignements y seront organisés sur neuf demi-journées par semaine à la rentrée 2013.

Les écoles privées sous contrat seront donc concernées par le fonds au même titre que les écoles publiques dès lors qu’elles organiseront les enseignements sur neuf demi-journées hebdomadaires à la rentrée scolaire 2013. Elles seront également éligibles à la part majorée (communes dites « cibles » DSU ou DSR, Outre mer) de la dotation dans les mêmes conditions que les écoles publiques en 2013 et 2014. (soit +40€ ou +45€ par élève). Les modalités de versement de l’aide aux écoles privées seront précisées par décret.

Page 27 :

la dotation est calculée sur la base du nombre d’élèves scolarisés dans les écoles publiques ou les écoles privées sous contrat de la commune, quel que soit le nombre de ces élèves inscrits à des activités périscolaires.

Que peut-on en déduire ?

Les écoles privées sous contrat sont donc officiellement reconnues comme écoles de la République puisqu’elles vont bénéficier de fonds publics au même titre que l’école publique, tout en conservant leur liberté d’adhérer ou pas aux instructions officielles édictées par le ministère de l’éducation nationale pour mettre en œuvre la réforme des rythmes scolaires ! Cette décision est non seulement injuste car les écoles privées (confessionnelles pour la plupart) ne respectent pas les principes fondamentaux de l’enseignement (gratuité, laïcité et respect de la carte scolaire), mais en plus, elle contredit l’article L212-8 du code de l’éducation qui précise à propos des dépenses obligatoires des communes pour le privé sous contrat: Les dépenses à prendre en compte à ce titre sont les charges de fonctionnement, à l'exclusion de celles relatives aux activités périscolaires.

Or, il s’agit bien (page 30) … d’activités périscolaires, qui sont mises en place par les collectivités territoriales en prolongement du service public de l’éducation, (visant) à favoriser l’égal accès de tous les enfants aux pratiques culturelles, artistiques, sportives, etc.

Alors s’agit-il d’un excès de pouvoir ? On peut en douter mais c’est bien révélateur d’une acceptation officielle du dualisme scolaire au sein de notre Etat laïque ( ?).

et une ouverture vers la marchandisation du système scolaire ?

En dehors de cet aspect qui concerne les valeurs de la République on peut aussi s’interroger sur l’évolution du service public d’éducation, si on comprend bien les termes cités ci-dessus (page 30) il semblerait que les activités déclarées obligatoires jusqu’à présent dans les programmes scolaires (éducation physique, musicale, artistique…) pourraient être transférées au périscolaire avec le caractère facultatif qui les définit, page 36 : Les élèves sont-ils obligés de participer aux activités périscolaires?

Non, les familles ne sont pas obligées d’inscrire leurs enfants à ces activités. Celles-ci sont facultatives, mais chaque enfant doit avoir la possibilité d’en bénéficier.

Donc, non seulement il n’y aura pas d’égalité devant l’enseignement pour ces disciplines mais comble de cynisme on précise plus loin : La commune (ou l’EPCI) peut-elle facturer ce temps périscolaire aux familles ?

Actuellement, la tarification ou la non-tarification des activités périscolaires organisées par les communes ou les EPCI relève déjà de leur compétence. Dans le cas où la commune déciderait d’une tarification, il conviendrait cependant de veiller, dans l’organisation des activités périscolaires, à caractère facultatif, à ce que les ressources des familles ne constituent pas un facteur discriminant entre les élèves.

La voie de la marchandisation de l’enseignement serait-elle en route ? On peut réellement se poser la question à lire cette réponse gouvernementale. Donc si on comprend bien, les activités périscolaires devraient être un prolongement de l’éducation des enfants mais ne s’adresserait qu’à ceux qui seront volontaires, ou pire encore, à ceux qui pourront payer si les communes l’exigent ?

Au travers de cette analyse, que fait-on du principe d’égalité de tous les enfants de France devant l’éducation nationale ? Venant d’un gouvernement qui se targue d’appliquer des principes de justice sociale ce document ne peut qu’inquiéter les citoyens de notre république qui l’ont élu.


Union des FAmilles Laïques du Pays de Brocéliande

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:43

In Educavox

 

 

par Pierre Frackowiak

  

La souffrance des enseignants freinera-t-elle la refondation du système éducatif ?

  

 

 

Encore une question qui est trop souvent ignorée, sous-estimée et fuie.

 

La souffrance des enseignants a connu, en quelques années, une augmentation dramatique. Les enquêtes les plus sérieuses ne le révèlent que partiellement, les enseignants interrogés, même anonymement, peinent à exprimer et surtout à expliquer leurs problèmes. La pudeur, l’auto culpabilisation, la difficulté à analyser la réalité d’aujourd’hui faute de pouvoir se libérer de l’image idéalisée du passé, l’absence de perspectives crédibles, la crainte du changement opacifient toujours la réflexion. La solitude, l’absence d’accompagnement positif, l’ignorance du parcours intellectuel des enseignants et de leurs représentations renforcent inexorablement le malaise.

 

On juge l’enseignant sans connaître son histoire, ses motivations, les raisons de ses choix, son propre regard sur ses pratiques, l’implicite, les alibis et les bonnes raisons, les contextes. Le pilotage par les résultats, totalement déshumanisant dans un domaine qui devrait naturellement privilégier l’humain, a accéléré la destruction de la représentation du rapport homme ou femme / professionnel. Chaque enseignant connaît pourtant cette belle affirmation : « on n’enseigne pas ce que l’on sait, on enseigne ce que l’on est[i]. ». La disparition de la formation initiale et continue et le développement sans précédent de l’autoritarisme ont renforcé l’accélération, ajoutant à la souffrance une impression de fatalité et d’impuissance.

 

J’ai déjà évoqué ce problème dans un billet précédent citant le témoignage d’un professeur dont une grande partie de l’énergie était consacrée à « éviter la bordélisation ». On admettra que parler de pédagogie à des collègues d’abord préoccupés par leur survie est une gageure. Donner des conseils qui ne sont le plus souvent que des critiques en creux devient dérisoire au regard de la gravité des problèmes. Les critiques ou recommandations ne sont même plus entendues tant l’urgence est ailleurs.

 

Les professeurs sont de plus en plus nombreux à exprimer leur désarroi :

 

 La suite...

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 10:10

In France Inter

 

Matinale spéciale aujourd’hui avec le 7/9 en direct du Lycée Jean-Philippe Rameau de Versailles. Les invités de Patrick Cohen sont Michel Richard, Principal du collège Jean-Philippe Rameau et secrétaire général adjoint du SNPDEM, Sylvain Grandserre, maître d’école et co-auteur de "Qui va sauver l’école ? : 10 questions pour 14 candidats" (ESF Editeur), Jean-Luc Despax, professeur agrégé de français au collège Jean-Philippe Rameau et Sophie Roesch, présidente de la PEEP Rameau.

 

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