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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 18:02

In Maman instit' révoltée

 

Ce texte ne provient pas d'un syndicat, je ne suis même pas syndiquée, je ne me revendique d'aucun parti politique. Je suis PE à la ville du Mée sur Seine et je me suis levée ce matin révoltée. J'ai cherché un mot d'ordre syndical pour le diffuser mais aucun ne disait tout ce que j'avais sur le cœur. Alors, je vous ai écrit. Pour ma fille en premier lieu, pour mes élèves ensuite et par habitude pour moi en dernier. Merci à ceux qui liront cette lettre jusqu'à son terme.

Le mardi 12 février 2013 : je serai en grève, et vous ?

 

Déjà pour reconquérir notre droit de grève, spolié par la mise en place du Service Minimum d'Accueil. Cette grève s'annonce massive. Elle pourrait comme à Paris le 22 janvier mettre en déroute ce dispositif qui amoindrit notre pouvoir de pression sur le politique.

Surtout pour nos enfants (car nous sommes aussi parents ou grand-parents en grande majorité): pour des raisons budgétaires et d'encadrement, beaucoup de communes réfléchissent à la possibilité d’accoler les 45 minutes de périscolaire au temps de pause du midi. Ce moment particulièrement bruyant et fatigant pour les élèves passerait ainsi à 2h45 (voire 3h15 en RPI)... Temps de pause du midi qui rappelons-le n'est soumis à aucun taux d'encadrement légal (comme le temps scolaire). Est-cela que nous voulons ?

Mais aussi pour tous nos élèves : car ce décret était censé alléger les rythmes des enfants afin qu'ils soient plus reposés. Résultat une journée de même amplitude. On aimerait nous faire croire que 45 minutes de préau ou de dvd à plusieurs classes sont moins fatigantes que 45 minutes en groupe classe au calme... ET UNE SEMAINE ALOURDIE par une matinée de plus (sans parler des problèmes d'organisations que cela va causer aux parents qui ne pourront pas venir chercher leurs enfants pour ne serait-ce que les emmener ensuite au centre aéré).

Pour notre volonté de garder une éducation NATIONALE : ce décret instaure le mercredi comme matin travaillé mais permet de demander une dérogation pour le samedi (seront-elles acceptées?). Ce décret plébiscite l'accès au culturel et sportif sans jamais obliger les mairies à proposer de telles activités mais les laisse libres de facturer ce temps supplémentaire car étant facultatif. De plus certaines écoles fermeront à 15h45 tandis que beaucoup resteront aux mêmes horaires.

Préparons-nous donc à une éducation territoriale si ce n'est locale. Bientôt de fausses dérogations arriveront en mairies dont la vraie motivation sera financière car les familles aisées s'orienteront vers des écoles proposant de belles activités contre belle rétribution. Les familles modestes elles, préféreront peut-être envoyer leur enfant plus loin à l'école mais contre l'assurance qu'il n'y aura pas de frais supplémentaires car les élèves seront seulement « surveillés » sur la pause du midi...

Sans parler des dérogations pour raisons personnelles car certains parents « s'arrangent mieux » quand école le mercredi ou le samedi, plus facile pour eux d'aller chercher leur enfant le midi ou plus tôt le soir...

Et enfin car c'est tabou : pour nous, instits et PE.

 

Oui, nous ne devrions pas avoir honte de le dire, ni à nous en cacher, ni à le mettre en dernier sur ce document...

Notre métier bien que restant d'enseigner ne cesse à chaque nouveau ministre d'évoluer. Et rarement dans le bon sens. Notre salaire est gelé et le coût de la vie augmente. On nous demande toujours plus de formulaires, d'évaluations, de documents administratifs... Plus de matières « saupoudrées » mais plus de résultats aux évaluations en français et maths... Matières qui ne sont plus assez étudiées par faute de temps.

Comme à chaque nouveau ministre, il va nous falloir prouver notre dévotion envers notre « sacerdoce ». Montrer que l'on se sacrifie pour notre métier. Que quand on est enseignant, contrairement à n'importe quel salarié du privé on prend avec le sourire les changements incessants dans nos conditions de travail et notre vie de famille, associative... vu que c'est pour la communauté ! Car oui, une journée par semaine, quatre jours par mois, c'est en fait nous demander de travailler une de nos semaines actuelles en plus, semaines qui sont déjà bien lourdes (demandez à nos conjoints) . Renoncer à notre mercredi pour le lobby du tourisme et contre l'avis de l’académie de médecine qui s'est prononcée « pour le bien de l'enfant » de manière incontestable, elle, le samedi, c'est renoncer à une journée que beaucoup d'entre-nous utilisent pour compenser un peu notre vie de famille amputée par ce métier chronophage, que d'autres utilisent pour préparer ou repasser à l'école faire des petits travaux (car en attente de personnel communal depuis trop longtemps) afin d’espérer profiter un peu de leur week-end. Mercredi, jour de prédilection car vaqué pour mettre nos rendez-vous, réunions de travail, formation professionnelle...

Et pourtant si ce n'était que pour moi, je m'inclinerais. Je serais défaitiste et résignée. Triste pour mes élèves de constater que comme pour la méthode globale : quand enseignants et parents, main dans la main une fois informés grognent, contre l'avis de leurs représentants, à titre individuel et que le gouvernement passe outre nos inquiétudes de premières lignes, cela crée des générations entières d'élèves en difficulté.

Je ne peux me résigner cette fois. Je ne peux me taire.

 

Je refuse que ma fille, pendant les 9 ans que durent le primaire soit surveillée, dans le bruit et délaissée pendant 2h45 le midi.

Je refuse de récupérer des élèves encore plus accidentés, fatigués, énervés après une pause déjeuner que tout adulte même la passant au calme, choisissant son menu et ses activités trouverait trop longue si elle dure 2h45. Et que je trouve trop longue pour moi aussi !

Je refuse que les surveillants disposent de ma classe, lieu où beaucoup de matériel demande de la vigilance pour tenir l'année, où beaucoup de matériel est payé de notre poche, où beaucoup d'affichages ou objets en libre-service est payé par notre temps et notre volonté, pour nos élèves et dont je crains la dégradation.

Ils disent que ces salles ne nous appartiennent pas mais qui dans le privé trouverait normal d'être mis à la porte de son bureau à heure fixe quoi qu'il ait à y faire sous prétexte (car c'est aussi le cas) que les murs ne lui appartiennent pas ?

Je refuse lors de ma participation au mouvement d'avoir à me renseigner sur chaque école avant de la demander (mercredi ou samedi ? Péri-éducatif le midi ou le soir ? Activités payantes ou gratuites ? Quelles activités coloriage, musique ou sport pour pouvoir aligner les activités extra-scolaires de ma fille si elle me suit ?...)

Je refuse un décret qui était censé alléger les rythmes des enfants et qui au final ne changera pas grand chose aux journées et alourdira la semaine.

Je refuse un décret qui devait être « pour le bien de l'enfant » et pour être mis en place le sera avec moins d'adultes en surveillance. Ces mêmes adultes seront moins formés qu'actuellement vu que le Premier ministre a demandé d'abaisser les taux d'encadrement et de recrutement pour le temps périscolaire (à dissocier de la pause déjeuner)... Bien de qui déjà?

Je refuse un décret que certains syndicats disent aller dans le sens d'une école meilleure alors que je trouve qu'il va vers une destruction de l'éducation nationale et par beaucoup d'aspects dans le mauvais sens.

Certains vous diront que faire grève le 12 février c'est faire grève contre les 60 000 postes car le mot d'ordre FO est contre la réforme toute entière.

De nombreux syndicats dont le Snuipp et la CGT appellent à la grève le 12 février prochain. Certains pour concertation avant de réformer, d'autres pour retirer le décret, d'autres pour le réécrire.

A titre personnel je ne ferais pas grève pour garder mon mercredi. Je ferai grève pour une réécriture de ce décret. Pour ma fille et pour mes élèves. Pour l'éducation telle que je la conçois. NATIONALE.

Quelles que soient vos positions : libre à nous de s'emparer de cette journée nationale dédiée au premier degré et sur les rythmes pour en faire une énorme manifestation du ras-le-bol enseignant face à cette nouvelle restructuration qui ne semble qu'aux yeux de peu de collègues être une avancée. Chacun pourra y personnaliser sa pancarte et défiler sous la bannière qui lui correspond le mieux. Des bannières « dindons » donc a-syndicales et apolitique seront présentes sur les cortèges.

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 17:51

Petit guide pour les maires perdus

 

07-02-2013-17-52-02.jpg

In Snuipp

 

L’association de maires de France se dit « troublée » par le guide de la réforme des rythmes scolaires communiqué par le ministère de l’Éducation nationale. Une nouvelle pierre dans le jardin de la rue de Grenelle qui, décidément, peine à convaincre.

« Ce guide ne répond pas du tout aux questions que se posent les élus. Il trouble encore un peu plus le paysage ». C’est le jugement porté par l’AMF en réaction au vademecum adressé aux maires de France par le ministère de l’Éducation nationale pour organiser la réforme des rythmes scolaires. « Tout est plus trouble qu’avant, ce document présente des éléments qui ne figurent pas dans le décret relatif à l’organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires. Je le regrette. On nous avait prédit une grande concertation, et au final, ce sont les académies qui font parvenir ce guide aux élus, une fois écrit, sans que les maires aient été associés à sa rédaction », a regretté le responsable Éducation de l’AMF mercredi 6 février. « Ça va mal se passer. Les communes découvrent à toute vitesse ce qui les attend, et surtout elles font leurs comptes », poursuit Pierre-Yves Jardel, qui préside le groupe de travail éducation de l’AMF. Il estime que « nombreuses » vont être celles qui repousseront son application à 2014.

Des questions toujours en suspens...

L’élu reproche à ce document de ne « pas préciser si les activités pédagogiques complémentaires ont un caractère facultatif » et n’accepte pas que concernant « les activités périscolaires organisées par les communes dans le cadre d’un projets éducatifs de territoires (PEDT), l’accord de l’académie soit nécessaire ». Et de fait, le guide précise que réalisé à l’initiative de la collectivité, le projet est transmis au DASEN et à la direction départementale de la cohésion sociale, qui organiseront conjointement sa validation...ou pas.
Il dénonce également le fait que l’horaire de sortie de classe fixé à 16h30 soit inscrit dans ce document. « C’est un retour de la rigueur », déplore l’édile, qui prévoit que dans son département, « tous les cars ne pourront pas passer à la sortie des écoles à 16h30. Certains passeront un peu avant, d’autres un peu après. ». Le guide indique en effet : « Dans le cadre de la réforme des rythmes, les heures de classe des écoles maternelles seront réparties, comme à l’école élémentaire, sur neuf demi-journées. La scolarisation en maternelle n’est pas obligatoire, mais à partir du moment où un élève y est inscrit, il a une obligation d’assiduité. Il devra, comme un élève d’élémentaire, pouvoir être pris en charge après le temps scolaire jusqu’à 16h30 ». Mais quelques pages plus loin, il précise : « En application de l’article L. 521-3 du code de l’éducation, le maire ’peut, après avis de l’autorité scolaire responsable, modifier les heures d’entrée et de sortie des établissements d’enseignement en raison des circonstances locales. »

... Et des financements incertains

S’agissant des modalités d’accès aux aides financières, Pierre-Yves Jardel estime que le compte n’y est pas. « Cinquante euros par élève, cela représente un quart des dépenses des communes pour la première année de mise en œuvre. Quant à la dotation de 40 euros supplémentaire, pour ma commune (Orbais-L’Abbaye, Marne) cela apporte un euro supplémentaire par élève [une fois déduits tous les frais]… », explique-t-il. Le guide précise par ailleurs que « ce fonds présente un caractère exceptionnel puisqu’il est destiné à amorcer la mise en œuvre de la réforme en aidant les communes à redéployer et enrichir les activités existantes. » De quoi donc s’inquiéter sur sa pérennisation...

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 17:42

In Telegrame

 

C03-24Les organisations syndicales des Côtes-d'Armor FERC-CGT, FNEC-FP FO, FO territoriaux, SUD éducation, SUD-CT, Snuipp-Fsu et SE-Unsa appellent à un mouvement de grève mardi. Un rassemblement est prévu à 13 h, place de Robien à Saint-Brieuc, « pour manifester et revendiquer l'abrogation du décret sur les rythmes scolaires » ainsi que pour une amélioration des conditions de travail et de rémunération.                

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 17:32

In Lyoncapitale.fr

 

C03-18Plus de 50% des communes du Grand Lyon ont décidé ne pas appliquer la semaine des 4.5 jours dans leurs écoles à la rentrée prochaine. En cause, le financement des activités péri-scolaires et l'organisation de la pause-déjeuner. Explications.

 

Contre l'avis de la majorité des maires de France, le ministre de l'éEducation nationale a donc présenté hier en conseil des ministres les grandes lignes de sa réforme des rythmes scolaires. Celle ci prévoit de réduire le temps d'apprentissage sur la journée (45 minutes en moins) – véritable serpent de mer des chronobiologistes depuis des années - et donc de faire classe une demi-journée en plus par semaine pour compenser la perte des apprentissages quotidiens. En compensation, le projet prévoit plus d'activités sportives, musicales, dites péri-scolaires sur la journée, et une pause déjeuner plus longue pour laisser le temps aux enfants de digérer tranquillement. Sur le papier, rien que de logique, mais dans la pratique, tout le monde ou presque est contre. Pourquoi ?

Dans la communauté urbaine, nous avons enquêté. 30 communes sur 58 ont répondu à notre questionnaire, pour une dizaine d'autres nous avons pu reprendre leurs réponses figurant dans un document de travail du groupe des élus éducation au Grand Lyon que nous nous sommes procurés. Résultats : 30 communes sur 58 ont décidé d'appliquer la réforme non pas en 2013, mais seulement en 2014.

 

Les communes ont des problèmes de financement

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 07:36

http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/12/billets-euros.jpg

In Capital

 

Selon l'Association des maires de France (AMF), la réforme contestée des rythmes scolaires, qui doit officiellement entrer en vigueur en septembre, va coûter 100 euros en moyenne par élève scolarisé, soit environ 600 millions d'euros. Le gouvernement accordera une aide de 50 euros par élève, ou de 90 dans les zones en difficulté.

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 09:34

 


dindon-affichePourquoi appelons-nous à la grève le 12 février 2013 ?


Créé pour offrir un espace de parole aux enseignants du primaire, le Collectif se bat pour que la refondation se fasse dans l’intérêt des enfants, à savoir améliorer les conditions d’accueil et d’apprentissage des élèves. Nous laissons aux syndicats les luttes concernant notre statut d’enseignant, les revendications salariales…


Nous souhaitons le report du décret sur les rythmes scolaires pour réécriture car celui-ci n’est pas à la hauteur des enjeux affichés à savoir :


Apprendre dans de meilleures conditions
Favoriser la réussite de tous

Au contraire, il alourdit la semaine des enfants sans alléger leur journée,
il n’améliore en rien leurs conditions d’apprentissages,
il ne garantit pas d'activités sportives et culturelles dans toutes les écoles,
et accroît les inégalités sur le territoire !

Ce chantier n’aurait jamais dû constituer la porte d’entrée du projet de refondation de l’école.

Nous voulons l’ouverture immédiate de réflexions avec tous les partenaires de l’école sur des points essentiels :

- la baisse des effectifs dans toutes les classes avec la création de seuils limites
Tous les élèves ont droit à un temps avec leur enseignant.


- la révision des programmes
Tous les élèves ont droit à des programmes cohérents, ambitieux et réalisables.


- la remise en service des RASED et d’une politique réaliste d’accueil des enfants en situation de handicap
Tous les enfants ont droit à un enseignement adapté en fonction de leurs besoins et capacités


- Une formation initiale fondée sur l'alternance théorie-pratique et une vraie formation continue des PE sur temps scolaire
Tous les élèves ont droit à des enseignants bien formés.


Nous voulons la réécriture du décret sur les rythmes, en assurant :


- De véritables concertations des différents acteurs engagés (écoles, collectivités territoriales, parents d’élèves, associations locales, centres de loisirs)

- Un allégement réel de la journée des enfants et une organisation de la journée allant dans l’intérêt des enfants

- Une réflexion approfondie sur la répartition des horaires sur la semaine et sur l’année, permettant éventuellement le développement de dispositifs innovants et pérennes

- Une équité nationale pour l’organisation des activités péri-éducatives

- Des rythmes en cohérence avec les programmes


C’EST POURQUOI NOUS APPELONS
TOUS LES ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE, PUBLIC ET PRIVE, LES PARENTS,
LES ASSOCIATIONS, LES ANIMATEURS ET TOUTES LES PERSONNES SE SENTANT CONCERNEES
PAR LA RENOVATION DE L’ECOLE A SE JOINDRE AU MOUVEMENT

DE GREVE DU 12 FEVRIER PROCHAIN
C’EST ENSEMBLE QUE NOUS RECONSTRUIRONS L’ECOLE !

Télécharger le communiqué pour le diffuser largement

Collectif_des_dindons_greve_120213

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 09:22

Ca date de décembre 2012, (du temps où Sauvons l'Ecole était définitivement fermé )... Mais ça en dit long sur la consultation de la base...

 

In Mammouth déchaîné

 

 

Le ministère joue la cogestion cachotière ?

C’est ce qu’il ressort de cette lettre de SUDéducation au ministère suite au groupe de travail du 5 décembre. Dans celui-ci le ministère n’a pas donné les textes étudiés aux organisations syndicales et a fait part de sujets qui doivent rester « secrets». Toutes les organisations syndicales se sont tues jusqu’à présent. Ou presque.

 

Lettre SUD a peillon


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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 18:22

In IUFM en lutte

 

intersyndicaleLes syndicats parisiens SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-UNSA, SUD Education, CGT Educ’Action et CNT Ste appellent à la mobilisation :

  1. le décret sur les rythmes scolaires doit être abrogé ! 
  2. le Maire de Paris doit retirer son projet !
  3.  les conditions de scolarisation  des élèves doivent être améliorées : restitution de tous les postes supprimés depuis 5 ans (RASED, titulaires-remplaçants etc…) !

 Samedi 26 janvier, le ministre Peillon a publié le décret 2013-77 du 24 janvier « relatif à l’organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires ». Une véritable provocation !

Après les 90 % de grévistes à Paris le 22 janvier, la mobilisation se développe dans tous les départements ; le 12 février, la grève sera nationale…

 

Rien n’est inéluctable : un décret publié peut être retiré !

 

 

L’intersyndicale parisienne SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-UNSA, SUD Education, CGT Educ’Action et CNT Ste réaffirme ses  positions :

- « Ce décret n’est pas acceptable, il dégrade les conditions de travail et d’emploi de tous les personnels. Il ne comporte aucune amélioration des conditions d’apprentissage des élèves et ne garantit en rien leur réussite scolaire. Les obligations de service des enseignants doivent rester sous la seule responsabilité de l’Etat.

Les PVP doivent continuer à intervenir sur le temps scolaire. Aucune modification de l’organisation de la semaine scolaire ne doit être mise en place par la Mairie de Paris à la rentrée 2013. »

- Les revendications urgentes pour l'école doivent être satisfaites : baisse des effectifs par classe, création de postes RASED et titulaires-remplaçants, abrogation des mesures Darcos-Chatel, recrutement, formation et titularisation des personnels municipaux des écoles ...

 

La Mairie de Paris s’obstine dans son intention de mettre en place son projet éducatif territorial contre l’avis quasi unanime des enseignants mais aussi des parents et des personnels municipaux comme cela s’est manifesté dans la première « réunion publique » organisée par la Mairie au gymnase Laumière (19ème) le 24 janvier.

 

Pour préparer la grève nationale du 12 février et débattre des suites de l'action : participez aux AG organisées par les syndicats dans les arrondissements de la pl. Edmond Rostand (M° Luxembourg ou Odéon) au ministère de l’Education nationale.

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 18:10
Pierre Frackowiak - ancien inspecteur de l’éducation nationale

Refonder… Oui… mais où sont les fondations ?

Dans une interview donnée au JDD, Claude Lelièvre présente, comme des leviers déterminants de la refondation, cinq décisions : le rétablissement de la formation initiale, le dispositif plus de maîtres que de classes, l’introduction d’un enseignement moral et civique, la rénovation du collège unique, la création de deux conseils, l’un pour les programmes, l’autre pour l’évaluation.

 

Si je me réjouis du fait que l’éminent historien, que je connais et que j’apprécie, ne succombe pas à la tendance générale de focaliser sur le temps scolaire en occultant les questions de fond de la refondation, si je souscris aux cinq points qu’il souligne, j’ai le regret de constater que ,comme beaucoup d’experts, et peut-être comme le ministre lui-même, sa réflexion reste figée au sommet de la pyramide, dans l’entre soi des décideurs et des universitaires, négligeant les réalités du terrain, les obstacles aux réformes et une grande partie de ce qui peut rester d’humain dans un système que l’on s’est évertué, en particulier depuis 2007, à techniciser, à administratiser, à déshumaniser,

 

En imposant, à la rentrée de septembre, la continuité des politiques régressives précédentes, même les plus contestées, le ministère s’est privé d’un seul coup de l’opportunité de réconcilier les enseignants avec leur institution. Cette décision, lourde de conséquences, a, par contre, soulagé une grande partie de l’encadrement qui, bien au-delà de l’invocation à la loyauté, s’était souvent comporté en propagandiste des politiques ultra libérales, allant jusqu’à menacer et sanctionner durement tous ceux qui, au nom de la liberté pédagogique, avaient choisi de rechercher d’autres voies pour atteindre les objectifs fixés. Ils s’attendaient à devoir dire le contraire de ce qu’ils avaient asséné durant 5 ans. La continuité cautionnée a même permis un renforcement des exigences. Les indigents programmes scolaires de 2008, l’aide personnalisée, l’évaluationnite, les programmes d’animation pédagogique mauvais substitut de la formation continue supprimée, le renforcement systématique des contrôles et de l’infantilisation des acteurs, ont fait leur œuvre. Le scepticisme, puis la conviction que rien ne changera, que « droite et gauche, c’est pareil », ont accru la défiance et ont sans aucun doute exacerbé les tendances au conservatisme et au corporatisme. Quand on ne se sent pas mobilisé, quand on n’est pas enthousiasmé, la tendance naturelle, humaine, normale est de se protéger et de protester contre les injustices dont on estime être victime.

 

Souffrance et résignation

On a ainsi largement ignoré la souffrance accumulée des enseignants. La manière de fustiger leur opposition au passage à 5 jours, considérant que, dans l’intérêt des enfants, ce n’était pas dramatique de travailler 5 jours plutôt que 4, dans la mesure où le temps total était le même, le procès qui leur a été intenté au vu de leur action syndicale, ont considérablement accru leur rancœur mal comprise. Non, ce n’est pas pareil de travailler 4 fois 6 heures que 4 fois 5h15 + une fois 3 h. Tous ceux qui ont un peu travaillé en école maternelle ou élémentaire savent que 45 minutes de moins sur la journée, cela ne « se sent pas vraiment », mais qu’une journée de plus à aller à l’école pèse lourd à un moment où l’exercice du métier est de plus en plus pénible et au terme d’une période d’autoritarisme, d’infantilisation, de pilotage pesant par les résultats, où les contrôles incessants et la paperasse envahissante ont fait des dégâts considérables sur leur moral. L’annonce de l’augmentation prévue du nombre de postes d’inspecteurs, même en prévoyant d’alléger leurs tâches administratives, a plutôt fait rire dans les cours d’école. Les enseignants ont besoin d’accompagnants bienveillants, d’ex-pairs-experts pour les aider à problématiser et à chercher, et non de contremaîtres ou de juges, de feuilles de route et d’incantations.

 

Notons dans le même temps, sans reprendre le débat sans fin sur le temps de l’élève, que la mesure passe bien médiatiquement, mais que si l’on veut éviter la politique de l’apparence et des cases cochées sans s’intéresser aux contenus, il vaut mieux rappeler à ceux qui l’ont manifestement oublié que pour organiser une activité sportive, artistique, scientifique, littéraire ou autre, il faut un temps pour la mise en place et les consignes et pour le rangement avant de sortir. On ne peut pas faire grand-chose en 30 minutes voire moins, sauf de la garderie, de l’aide aux devoirs, ou des activités qui ne nécessitent ni préparation matérielle, comme le chant, si sortie de l’enceinte scolaire. On sait très bien que le danger existe. Le pouvoir précédent se satisfaisait de l’affichage des apparences sans ce soucier de la réalité, on espérait que l’alternance permettrait d’envisager une autre ambition.

 

Je ne suis pas sûr que l’on ait bien mesuré la gravité et l’ampleur de la situation. Les enseignants du premier degré ne manifestent pas facilement, ne se rebellent pas fréquemment, même quand des comportements hiérarchiques à leur endroit sont parfaitement scandaleux. Je ne prendrai qu’un exemple, extrêmement fréquent : dans aucun métier, on n’accepterait d’être prévenu d’une prochaine inspection, toujours stressante, ce qui pose déjà un problème en soi, sous la forme : « vous recevrez ma visite entre le 1er et le 15 du mois prochain avec 14 ou 15 pages de notice à remplir ». Je ne suis pas sûr que les responsables syndicaux qui n’exercent plus mesurent eux-mêmes la gravité de la situation car leurs adhérents, peu nombreux malheureusement, ne se plaignent pas de ces abus auxquels ils se sont habitués.

 

La résignation a gagné un grand nombre d’entre eux. Les passionnés, les innovants courageux (capables d’affronter leur hiérarchie soupçonneuse), les militants des mouvements pédagogiques ne sont pas légion. De plus, l’arrivée dans le corps d’enseignants non formés qui n’ont jamais entendu parler de Freinet, de la rénovation pédagogique des années 1970, de la loi de 1989, etc, a modifié le climat des écoles. Beaucoup d’entre eux soutiennent les politiques réactionnaires qui correspondent à ce qu’ils connaissent et ont, le plus souvent, vécu et ne comprennent pas que leurs collègues progressistes puissent rechercher des méthodes beaucoup plus compliquées à mettre en œuvre que la possibilité, plus confortable, « de faire une page de manuel par jour » avec une tonne d’exercices d’application… C’est ce que les nouveaux vieux programmes de 2008 les poussaient à faire. Il est vrai que c’est beaucoup plus simple que l’observation réfléchie de la langue, que la pédagogie de résolution de problèmes, que la construction des savoirs e des compétences par une démarche active des élèves eux-mêmes.

 

Comment mobiliser ces enseignants pour qui rien n’a changé depuis la rentrée, auxquels personne n’a parlé de la refondation depuis juin 2012, comme s’il ne s’était rien passé dans notre pays ? Comment peuvent-ils comprendre que tout ce que la gauche avait critiqué perdure en attendant le résultat de commissions dont certaines seront présidées par des penseurs des politiques précédentes ou par des administrateurs fort éloignés de la pédagogie ? Comment peuvent-ils comprendre que des recteurs et des DASEN nommés par la gauche, et donc des inspecteurs, puissent maintenir les mêmes exigences parfois, avec un zèle accru, que sous le régime ultra libéral autoritaire précédent ? Comment peuvent-ils se mobiliser alors que s’il ya bien eu concertation au niveau national, avec les responsables syndicaux nationaux, à aucun moment, et encore aujourd’hui, personne n’a jamais pensé qu’il fallait des concertations à la base entre les enseignants, les parents, les élus, qu’il était possible de faire appel à l’intelligence collective avant de faire dégringoler des textes du haut de la pyramide, que les équipes étaient parfaitement capables dans un climat de confiance d’élaborer des projets, de faire des propositions avant que la machine administrative et ses usines à cases ne se mette en marche forcée. Recteurs et DASEN viennent de se réveiller. Pour garder la maîtrise du système, ils proposent leurs services aux élus, ignorant complètement les mouvements d’éducation populaire et le secteur associatif en général, leur proposant même de les aider à mettre en place des projets globaux pour lesquels ils ne sont pas compétents, emprisonnés qu’ils sont dans le scolaro centrisme traditionnel.

 

Au pied du mur… Au bord du gouffre… Nous sommes au pied d’un mur avec la persistance d’une continuité entretenue et cautionnée que personne ne peut comprendre. Il est vrai que les plus hauts responsables des réformes sarkozistes, du pilotage par les résultats, du formatage des cadres sont restés longtemps aux manettes après l’alternance et sont toujours dans les parages, voire récompensés avec des postes prestigieux.

 

Et nous sommes au bord d’un gouffre avec le syndrome de la loi Jospin qui a été absorbé par la ouate institutionnelle et abandonnée sans une larme y compris par ses auteurs et leurs amis faute d’avoir été préparée, portée, régulée. Avez-vous remarqué que personne ne parle de la loi Jospin alors qu’elle avait été une tentative de refondation et que le concept de l’élève au centre dont tant de conservateurs se sont moqués devra évidemment être repris si l’on veut vraiment refonder un jour.

 

On a parfois l’impression que tout est fait pour que ça rate. La frénésie de textes ne peut rien y changer, au contraire. Tachant de rattraper le retard pris dans la communication au peuple et aux enseignants, on sort un projet de décret par jour alors que les fondations n’ont pas été reconstruites sur un modèle nouveau. On répare, on rapièce sans avoir changé le fond : finalités, objectifs généraux, programmes, méthodes, gouvernance, hiérarchie. On fait des annonces sans avoir rien fait pour rétablir le minimum de confiance nécessaire à la mobilisation des acteurs et sans avoir pensé que la refondation n’était pas possible sans avoir mis au point une pédagogie de la réforme et un programme de transformation du système incluant les questions fondamentales de gouvernance.

 

Il aurait pourtant été facile d’annoncer la suspension des programmes de 2008 qui ont été imposés brutalement, sans la moindre concertation, avec un autoritarisme débridé, et de donner une grande liberté aux enseignants pour reprendre ceux de 2002, pour expérimenter de nouvelles approches du savoir et en rendre compte, pour expérimenter. Il aurait été facile de suspendre les évaluations stupides et de faire confiance aux enseignants. Il aurait été facile de donner les heures inutilement consacrées à l’aide personnalisée unanimement condamnée et les heures d’animation pédagogique aux contenus généralement imposés pour que les cases soient remplies ou pour contribuer à la propagande, permettre aux équipes pédagogiques d’aller dans chaque établissement à la rencontre des parents, des animateurs, des élus, des centres sociaux … sur le terrain, Il aurait facile de suspendre pour trois mois le système d’inspection et de contrôle infantilisant et désuet pour demander aux inspecteurs d’accompagner positivement la réflexion collective.

 

Comme toujours, on a pris les problèmes à l’envers, persuadé que rien ne peut venir hors des relations verticales descendantes et que les relations réciproques ou horizontales sont du temps perdu. Des leviers sans points d’appui solides

Si l’on prend un par un les leviers présentés par Claude Lelièvre, avec lesquels on ne peut être que d’accord, on se rend vite compte qu’ils sont bien fragiles et que l’on ne sait pas où les poser pour qu’ils puissent exercer leur action. On sait pourtant qu’un levier ne peut être utile que si l’on trouve un point d’appui. Posé sur le sable ou une belle couche de boue, il est inutile… sauf à son propriétaire qui peut se targuer d’en avoir un.

 

Le rétablissement de la formation initiale. Observons d’abord que rétablir n’est pas refonder… Et il ne fait aucun doute qu’il s’agit de rétablir, de restaurer, l’ancien comme s’il était la solution. Or, ce n’est pas la solution, sauf si rien ne change dans le système. Refonder, c’est concevoir l’école avec une vision prospective. Que sera le métier d’enseignant demain, dans 20 ans ? Les maquettes de la formation ont-elles un sens par rapport aux évolutions déjà constatées (l’ennui des élèves, la part de savoirs et de compétences acquise à l’extérieur de l’école, etc) et aux évolutions prévisibles et/ou souhaitées ? La question du sens du métier, celle des finalités, celle de la pérennité du choix des disciplines scolaires, celle des rapports avec les autres catégories d’intervenants dans un projet de territoire, etc sont-elles sérieusement traitées ? Y a-t-il débat sur les évolutions souhaitées et sur les ruptures inévitables ? A-t-on prévu des avancées significatives sur le problème de la liaison théorie/pratique que nous n’avons jamais résolu en France ? Je crains que la vision prospective nécessaire n’ait été occultée par les tensions entre universités, ex-IUFM, éducation nationale, par des questions de gestion, de positionnement, d’intérêts corporatifs.

 

Plus de maîtres que de classe. Excellente mesure. A la condition que le changement des pratiques soit bien préparé et accompagné (non pas contrôlé). Si l’on reste enfermé dans le pilotage par les résultats : évaluation de la carence, détection du négatif, jamais du positif, remédiation, exercices, évaluation, si l’on fait « de la même chose » pour un petit groupe d’enfants que pour un grand groupe, si l’on fait « de la même chose » avec un élève que ce qu’il a mis en échec, même avec une débauche d’explications magistrales supplémentaires, on n’avancera pas. Si l’articulation avec les RASED, outil indispensable, est conçue par des gestionnaires et non par des pédagogues, on sera aussi, à nouveau, dans le règne de l’apparence et de l’illusion.

 

L’introduction d’un enseignement moral et civique. Oui, et alors ? Si l’on n’a pas d’abord redéfini les finalités, changé les programmes, réfléchi aux comportements de chacun, transformé et ouvert les établissements, on ajoutera un cours à d’autres cours, une nouvelle discipline sans avoir touché au reste… On me dit que les circulaires vont suivre. Le contraire serait dramatique. Comme on aura les conclusions des commissions et conseils dans deux ou trois ans, en attendant, on continuera comme avant avec une discipline de plus… et sans changement dans les comportements. Comme les hauts conseils sont composés de hauts fonctionnaires, de personnalités, de savants, ayant pour la plupart conservé l’image de l’école qui leur a réussi, qu’ils ont rarement mis un pied dans une classe et pris un groupe d’élèves, on peut être à peu près sûr qu’il s’agira à nouveau d’instructions qui dégringoleront du haut de la pyramide.

 

La rénovation du collège unique. Observons à nouveau que rénover n’est pas refonder. Reconnaissons toutefois que l’annonce a le bénéfice de l’honnêteté. Il est vrai que le fait de créer un nouveau cycle incluant CM et 6ème n’est qu’une retouche, une formalisation renforcée de ce qui se fait depuis toujours, des réunions CM2/6ème qui ont toujours échoué, depuis 40 ans, l’aval ayant toujours tendance à faire le procès de l’amont. Le réel travail en commun de la maternelle à la 3ème n’existe pas et il est quasi impossible si l’on ne touche pas aux structures. C’est l’école fondamentale, l’école d’un socle commun, qu’il aurait fallu créer. Il est évident que l’on n’en a pas eu le courage, que l’on n’a pas osé affronter certains lobbies et que l’on a ajouté simplement, comme on a toujours su faire, un dispositif auquel personne ne croit. Les enseignants en rient. Ils savent que cela ne changera rien sauf en nombre de réunions supplémentaires inutiles et en kg de paperasse (rapports, comptes-rendus, enquêtes

 

La création de deux hauts conseils. Evidemment nécessaire. Surtout si ces hauts conseils pouvaient intégrer ou associer des gens du terrain qui savent de quoi ils parlent, qui vivent leur métier au quotidien. On sait comment sont composé les hautes instances institutionnelles. Il y a les savants et il y a les gueux… Seulement, on ne peut rien faire sans eux.

 

Comment se sortir de ce cercle infernal qui fait que personne n’est satisfait et que la refondation est en péril ?

Malheureusement, il y a eu tant d’erreurs commises, tant de lieux qui ont vu la continuité des politiques précédentes se renforcer, tant d’occasions ratées de redonner de la confiance et un peu d’enthousiasme, que l’espoir de voir une véritable refondation disparaît. Alors, on commence à chercher des boucs émissaires pour dissimuler les carences des politiques. Les enseignants ne penseraient plus aux enfants et seraient scandaleusement corporatistes. Au regard du travail fourni et de la conscience professionnelle qui demeures malgré la dégradation des conditions de travail, les attaques sont profondément injustes. La responsabilité de l’échec ou d’une réforme de plus sans refondation est à rechercher au sommet de la pyramide. Il faudrait lui dire, mais elle est si haute !

 

Peut-être que pour refonder, il faudrait d’abord bousculer la pyramide, rappeler qu’elle a une base et que la base est capable de grandes choses si on lui fait confiance, si on la soutient et l’accompagne en valorisant le positif qui seul permet de construire du mieux.

 

Peut être même qu’il faudrait revoir le fonctionnement de l’Etat et l’état de la démocratie en France ? Le pouvoir donné aux experts, coupés de la base, liés au mépris pour les gens qui ne savent pas, l’incapacité à mobiliser l’intelligence collective sur un territoire donné, l’impossibilité de supprimer les cloisons, le refus d’entendre ce que disait Michel Rocard en 1988 : « Les pouvoirs publics ne peuvent donner spontanément que ce qu’ils ont naturellement : l’autorité et la coercition. Or, on ne peut rien bâtir avec ces seules armes. »… tout cela peut aboutir à la pensée unique et à la négation de la démocratie. En matière d’éducation, le danger est encore plus dramatique, si l’on considère que l’éducation est synonyme de liberté et d’apprentissage de la liberté dans la confiance.

 

Pierre Frackowiak

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 17:37

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