Ses arguments ? Avec cent quarante-quatre jours de classe par an, les élèves français sont ceux qui ont l'année scolaire la plus courte - quarante jours de moins que la moyenne dans les pays européens. Ils ont aussi la journée la plus dense, avec six heures de cours quotidiennes, et la semaine la plus hachée - la plupart des écoliers européens ont cinq jours de classe, voire six. Et ce, depuis la réforme de 2008 de Xavier Darcos qui, en supprimant le samedi matin, a généralisé la semaine de quatre jours.
L'annonce précipitée de Vincent Peillon lui vaut ses premières remontrances de la part de Jean-Marc Ayrault. Le Premier ministre lui rappelle le maître mot du gouvernement: «concertation».
Dix mois après, de nombreuses grandes villes ont décidé de reporter le passage aux quatre jours et demi à 2014. Paris fait exception, et s'apprête à adopter cette réforme dès la prochaine rentrée. Retour sur une mesure prétendûment consensuelle, qui devait passer comme une lettre à la poste...
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5 juillet 2012. Vincent Peillon lance sa concertation sur la grande «refondation» de l'école à la Sorbonne. Plus de huit cent participants répartis dans divers ateliers y collaborent. Le texte auquel aboutira cette concertation, qui va se tenir jusqu’en septembre, servira de base pour la loi d’orientation et de programmation sur l'école.
23 août. Le principal syndicat du primaire, le Snuipp-FSU, évoquant la réforme , avertit que ce «rendez-vous ne peut être manqué». «Le chantier est complexe, et le dossier n’est pas aussi consensuel qu’il paraît», souligne Sébastien Sihr, son secrétaire général, évoquant le retour à la semaine de quatre jours et demi. Si les journées de cours sont raccourcies, qui va prendre en charge les élèves libérés plus tôt ? Et les enseignants, qui vont devoir revenir à l'école une cinquième journée, seront-ils indemnisés ?
5 octobre. Clôture de la grande concertation sur l'école. Les quatre rapporteurs présentent leurs propositions. Entre autres, le retour à une semaine de quatre jours et demi incluant le mercredi matin. Ils prônent des journées de classe de cinq heures maximum en primaire ainsi qu’en sixième et en cinquième, coupées par une pause déjeuner d’au moins une heure et demie.
9 octobre. François Hollande présente les grandes lignes de sa «refondation» de l'école à la Sorbonne. Parmi elles, le retour à une semaine de quatre jours et demi dès la rentrée 2013. Le choix du mercredi matin ou du samedi est laissé ouvert.
11 octobre. Vincent Peillon présente sa refondation scolaire au Conseil supérieur de l'éducation, une instance consultative. Il réitère sa proposition d’une semaine de quatre jours et demi en primaire, avec moins d'heures de cours quotidiennes et une demi-journée de classe supplémnaire. Il privilégie le mercredi matin.
15 octobre. Débuts des consultations avec les partenaires sociaux. Vincent Peillon reçoit les syndicats enseignants et les collectivités locales. Mais il se retrouve pris entre leurs revendications antagonistes.
20 novembre. François Hollande recule devant les maires, qui s'inquiètent du coût de la réforme - prise en charge des transports le mercredi, de la cantine, financement des activités durant les heures libérées par le raccourcissement de la journée de classe, etc. Il annonce devant leur 95e congrès que la semaine de quatre jours et demi ne sera pas mise en place partout à la rentrée 2013 et qu'ils auront deux ans pour la mettre en place.
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18 décembre. Jean-Marc Ayrault annonce une aide financière aux maires - un fonds de 250 millions d’euros. Les communes qui adopteront les quatre jours et demi dès 2013 recevront 50 euros par élève - 90 euros pour les communes les plus pauvres. Celles qui attendront 2014 ne toucheront rien, à l’exception des plus pauvres qui percevront encore 45 euros par élève.
8 janvier 2013. Le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) rejette le décret abolissant la semaine de quatre jours, jugeant la mesure précipitée ou inachevée.
11 janvier. Le décret est recalé par le Comité technique ministériel. Simultanément, l’Association des maires de France le reporte, réclamant des précisions sur le coût de la réforme pour les collectivités locales.
21 janvier. L'agglomération de Montpelllier, qui voulait pourtant réformer les rythmes scolaires dès l'été 2012, annonce que rien n’est encore décidé. En cause, la complexité de sa mise en œuvre, son coût ...
22 janvier. Manifestation des enseignants à Paris contre la réforme des rythmes scolaires - plus de 80% de grévistes, la moitié des écoles parisiennes fermées, 2 500 à 3 000 manifestants. Ils dénoncent une réforme «bâclée». Leurs principales critique : le manque de moyens, d’animateurs, le rallongement envisagé de la pause déjeuner pour organiser les activités...
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23 janvier. Vincent Peillon présente son projet de refondation de l’école en Conseil des ministres.
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19 février. Le maire de Lyon Gérard Collomb annonce qu’il attendra 2014 pour la mise en oeuvre de la réforme dans sa ville. Trop coûteuse. Il attend des garanties de la CAF (caisse d'allocations familiales).
18 février. En conclusion d'une réunion houleuse qui a réuni plus de sept cents personnes dans le XIIe arrondissement de la capitale, le maire PS, Bertrand Delanoë, favorable au passage aux quatre jours et demi dès la rentrée, apparaît quelque peu ébranlé.
15 mars. Le groupe d’opposition UMP au Conseil de Paris demande au maire d'organiser un référendum local sur l’application dès 2013 de la réforme. La liste des villes qui se lanceront dès la rentrée se réduit.
18 mars. Alors que Martine Aubry déclare vouloir attendre la rentrée 2014 pour la mise en place de la réforme à Lille, à Paris, Bertrand Delanoë confirme finalement son application dès 2013, suite à un accord avec les Verts. La décision sera mise au vote lors du conseil municipal du 25 mars.
25 mars. Le Conseil de Paris vote la semaine des quatre jours et demi dès la rentrée de septembre. Les syndicats enseignants de la capitale appellent à la grève.