Blog de défense de l'Ecole publique
In Sciences2

La réforme de la formation et du recrutement des enseignants (dite mastérisation) continue de soulever de vives protestations.
Une journée d'action est organisée demain 15 décembre par la plupart des syndicats de l'éducation nationale ( UNEF - FSU, SNES-FSU, SNUIPP-FSU, SNUEP-FSU, SNESUP-FSU, SNEP-FSU - Fédération UNSA Education, SE UNSA, Sup Recherche UNSA, A et I UNSA, SNPTES UNSA, SI.EN UNSA - SGEN CFDT - FERC Sup CGT, CGT Educ’Action - FCPE - UNL - FIDL.)
Parmi les dernières prises de position, celle du Conseil d'Université de Paris-3 Sorbonne Nouvelle, celle du CA de Paris-13-Villetaneuse, de Paris-10 Nanterre... On peut trouver sur le site de SLU une recension à jour de ces votes des instances universitaires et de sociétés savantes. L'association Qualité de la Science Française rend compte ici de son dernier RV au ministère de Valérie Pécresse (Enseignement Supérieur et Recherche).
Je publie ci-dessous un texte de Paolo Tortonese (Qualité de la Science Française) expliquant les motifs de ce refus.
«Mettez-vous dans la peau d’un étudiant qui, la même année, doit écrire un mémoire de recherche et préparer un concours de recrutement. Étrange situation que la sienne : d’une part on lui demande de rendre ses performances le plus strictement conformes aux attentes d’un jury qui a sur chaque sujet une doctrine établie et qui jugera sa capacité de faire exactement ce qu’on s’attend de lui ; d’autre part on l’incite à définir lui-même l’objet de son étude, à prendre librement position dans le débat scientifique, à faire preuve d’originalité dans ses conclusions. C’est le grand écart entre deux exercices intellectuels opposés.
Il y a toujours eu, dans chaque promotion universitaire, quelques étudiants qui tentaient de passer un concours et en même temps de préparer une maîtrise ou un DEA, plus récemment une année de master. Rarement ces grands travailleurs réussissent les deux, et souvent ils renoncent en cours de route à l’une des deux entreprises.
La réforme que le gouvernement actuel cherche à imposer, depuis 2008, contre l’avis de tous les syndicats, de toutes les associations et sociétés savantes, je dirais de toutes les personnes raisonnables, est précisément fondée sur la simultanéité de la formation diplomante (master) et de la préparation aux concours de recrutement (Cape, Capes, Agrégation, etc.). Non contents de cette superposition, et soucieux de supprimer l’actuelle année de stage post-concours, les ministères compétents prétendent introduire dans la même année de master 2 une période de stage dans une classe.