RENTRÉE SCOLAIRE - Depuis 25 ans, Catherine Cotte et Michèle Vial, toutes deux profs d’histoire géo au lycée des Minimes à Lyon préparent leurs cours ensemble. Dans la joie et la bonne humeur. Mais cette année, le cœur n’y est pas. « C’est une rentrée morose » confient les deux enseignantes, accablées par un changement de programme qu’elles jugent « complètement à côté de la plaque ». Elles vont devoir préparer leurs élèves de 1ère S (scientifique) au bac d’histoire géo qui aura lieu en fin d’année, l’enseignement de cette matière étant devenu optionnel en terminale S. Surtout, elles s’inquiètent de l’ « abstraction thématique » du nouveau programme qu’elles ont bien du mal, en cette rentrée, à transformer en une série de cours cohérents.
Première difficulté : l’épreuve du bac d’histoire géo est avancée en fin de classe de première scientifique, ce qui concerne près de la moitié des élèves en section générale. L’enseignement d’histoire géo en terminale S devient en effet optionnel. Or en terminale, « les élèves abordent la philo et ont plus de maturité. Ils réagissent autrement, s’ouvrent au monde » souligne Catherine Cotte qui cite pour exemple le thème de la mémoire – lié à la seconde guerre mondiale ou à la guerre d’Algérie – qui entre en résonance avec les cours de philo de terminale.
Dès cette fin d’année, les élèves de 1ère S passeront donc le bac d’histoire géo. Qui plus est sur la base d’un programme entièrement repensé.
« Tout a changé. On avait encore des programmes fortement appuyés sur le cadre chronologique, maintenant c’est thématique ; tout doit être problématisé » expliquent les enseignantes.
Un exemple : le deuxième thème du programme est celui de « la guerre au 20e siècle », des guerres mondiales à la guerre froide, jusqu’aux nouvelles conflictualités. « Intellectuellement, c’est très intéressant » reconnaît Catherine Cotte, mais « comment expliquer la seconde guerre mondiale sans avoir abordé le nazisme et les totalitarismes, dont l’étude n’intervient que plus tard dans l’année ? » s’interroge l’enseignante. « Ce n’est vraiment pas pertinent de lâcher le cadre chronologique pour des jeunes qui ne maîtrisent pas ce cadre et manquent généralement de connaissances et de vocabulaire » poursuit sa collègue.
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