Blog de défense de l'Ecole publique
/http%3A%2F%2Fq.liberation.fr%2Fphoto%2F20090811%2Fphoto_0302_459_306_64716.jpg%2Fm%3A1251742467)
Réformes du primaire, de la formation des enseignants, du lycée, de la voie professionnelle, suppression de l’école le samedi, introduction d’un service minimum, assouplissement de la carte scolaire, etc. Durant deux ans, Xavier Darcos, le ministre de l’Education passé à l’Emploi, a multiplié les annonces. Un tourbillon de promesses dont certaines sont aussitôt entrées en application, d’autres partiellement et d’autres enfin sont tombées dans l’oubli.
A la veille de la rentrée - demain pour les 850 000 enseignants, mercredi et jeudi pour les 12 millions d’élèves -, un bilan s’imposait. Xavier Darcos avait annoncé qu’il ne ferait pas comme ses prédécesseurs des réformes à tout va, mais qu’il préférait le gradualisme. En fait, il a bousculé la machine.
Rien d’étonnant, dès lors, que son successeur Luc Chatel se place dans sa «continuité». Venant du ministère de la Consommation, également porte-parole du gouvernement, il connaît mal les dossiers. Mais surtout la priorité est pour lui de calmer le jeu, de rétablir un climat serein dans ses relations avec les syndicats et les enseignants, notamment du primaire. Imposées sans avoir été suffisamment débattues, certaines réformes passent mal. D’autres ont été laissées en plan, comme celle du lycée, face à la contestation de la rue.
En multipliant l’offre de «services» aux élèves et aux familles, Xavier Darcos et Luc Chatel, qui en assume l’héritage, estiment avoir amélioré le système. Pour d’autres, en poursuivant l’hémorragie des professeurs - 13 500 postes supprimés cette année, 16 000 l’an prochain -, l’école au contraire s’appauvrit, d’autant que les réformes n’ont pas touché aux points les plus durs, comme la pédagogie ou le collège. Mais là, les avis divergent.
En supprimant l’école le samedi matin, Xavier Darcos a introduit deux heures d’aide individualisée par semaine pour les élèves en difficulté. Les enseignants «désobéisseurs» jugent le dispositif nuisible - ils ne sont pas formés pour cela, et les enfants sont stigmatisés. Et ils refusent de l’appliquer. Les autres sont souvent sceptiques sur l’efficacité de cette aide. Luc Chatel a proposé de remettre à plat le dispositif qui pourrait évoluer. Toujours pour «mettre le paquet» sur ceux qui en ont le plus besoin et ne peuvent s’offrir de petits cours, Darcos a mis en place un «accompagnement éducatif», deux heures d’aide aux devoirs et d’activités gratuites après 16 heures. Cela marche. Mais le dispositif ne sera pas étendu comme promis à toutes les écoles primaires, apparemment pour des raisons d’économie.
C’est l’une des innovations de Xavier Darcos. L’Education nationale propose pendant les vacances des stages gratuits d’une semaine de «remise à niveau» en français et en maths pour les CM1 et les CM2, ainsi que dans les 200 lycées «de réussite scolaire» des stages pour préparer l’entrée en terminale ou dans le supérieur. Cet été, 138 000 écoliers en ont profité. Des voix critiques estiment qu’au lieu de multiplier ces dispositifs, on ferait mieux d’investir sur l’école, en arrêtant de supprimer des postes et en permettant de travailler en petits groupes en classe.
La suite...