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Blog de défense de l'Ecole publique

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Tableaux noirs de la première rentrée scolaire post-Darcos

In Libération

Le Snuipp, principal syndicat du primaire, craint que le nouveau ministre, Luc Chatel, poursuive la politique de son prédécesseur.

Luc Chatel en visite le 17 août 2009 dans un centre d'animation de la ligue de l'enseignement, à

Luc Chatel en visite le 17 août 2009 dans un centre d'animation de la ligue de l'enseignement, à Alfortville (AFP Olivier Laban-Mattei)

«L’école continue de s’appauvrir et la profession est déstabilisée» : à huit jours de la rentrée, Gilles Moindrot, le patron du Snuipp, premier syndicat des enseignants du primaire, a dressé hier un état des lieux assez déprimant. Outre la grippe A, le nouveau ministre Luc Chatel va devoir s’atteler à tous les maux affectant le système scolaire, à commencer par le primaire où le malaise est de loin le plus profond : profs déprimés ou en révolte (les «désobéisseurs», lire ci-contre), réformes mal acceptées, baisse de moyens.


«Face-à-face».

Les suppressions de poste - 13 500 cette année, 16 000 l’an prochain- restent au cœur du mécontentement. Dans le primaire, elles inquiètent d’autant qu’avec la hausse de la natalité, on attend toujours plus d’élèves. Elles se sont déjà traduites par la baisse continue de la scolarisation des moins de 3 ans. Le Snuipp a décidé de lancer une campagne pour protester contre la chute des places en maternelle : «Si on avait gardé le taux de scolarisation des 2 ans de l’année 2002, il manquerait aujourd’hui 50 000 places», souligne Gilles Moindrot. Les principaux syndicats enseignants vont par ailleurs se rencontrer vendredi pour arrêter des actions dès septembre.


Mais au-delà, les professeurs des écoles ont le sentiment d’avoir été particulièrement malmenés, et même humiliés par Xavier Darcos à qui Luc Chatel a succédé. Accusés d’avoir de mauvais résultats avec 15 % des élèves terminant le CM2 en maîtrisant mal la lecture et l’écriture, ils se sont vu imposer toute une série de réformes, souvent appliquées à la hussarde : nouveaux programmes en primaire, suppression de deux heures d’enseignement par semaine, introduction d’une aide personnalisée pour les élèves en difficulté - au cœur de la contestation des «désobéisseurs» -, nouvelles évaluations nationales en CE1 et CM2, service minimum d’accueil en cas de grève, suppression d’une partie des Rased (les maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire), réforme de la formation des enseignants, etc.


La suite...

«Avec 14 000 élèves supplémentaires et 500 créations de postes, le ministre va dire que l’encadrement reste identique, a averti Gilles Moindrot.Mais simultanément, on a supprimé 500 postes de "mis à disposition" : concrètement, il s’agit d’enseignants qui faisaient de la documentation, organisaient des séjours de classes de découverte, renforçaient l’enseignement des langues, etc. Or ces activités enrichissent la classe qui ne se résume pas à un face-à-face élèves et profs.»
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