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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 17:34

chiffresIn C'est Classe ! 

 

Autant le ministre de l'enseignement supérieur est incollable sur les classes moyennes modestes, autant il est approximatif sur l'enseignement supérieur. "Cinq établissements sur 150 ont des difficultés financières", a asséné Laurent Wauquiez ce matin sur France Inter. Le 17 novembre, il y en avait 8 sur 83. Cherchez l'erreur...

 

A moins de cinq mois de la présidentielle, les problèmes budgétaires rencontrés par les universités font tache. Le candidat-non-déclaré Nicolas Sarkozy veut brandir l'autonomie des universités - avec la loi LRU ou "loi Pécresse" - comme l'une des réformes phare de son quinquennat. Alors, il y a un peu d'embrouille sur les chiffres.

 

Pour comprendre le le tour de passe-passe, reprenons le déroulé qui est plutôt confus:

- Le 17 novembre, le ministère de l'Enseignement supérieur annonce que 8 établissements, sur 83, sont dans le rouge. Comme ils ont eu des déficits deux années de suite, leurs budgets vont être décidés par les Recteurs (conformément au décret financier du 27 juin 2008). En clair, ils sont mis sous tutelle, mais le mot n'est pas prononcé car c'est contradictoire avec l'autonomie.

- Le 23 novembre, il en publie la liste - 6 universités et 2 établissements. Mais plusieurs protestent, avançant des raisons purement techniques à ce déficit.

Le jour même, le ministère se ravise et retire l'université de Nice-Sophia-Antipolis. Il avait regardé les comptes un peu vite. On passe alors de 8 à 7.

- Aujourd'hui interrogé sur France Inter, Laurent Wauquiez parle de "moins de 5 établissements sur 150 qui vont finir l'année avec des difficultés importantes". D'où viennent ces nouveaux chiffres - moins de 5 établissements, et non plus 7, sur 150 au lieu des 83 évoqués jusqu'ici - qui arrangent bien les affaires du ministre ?

Deux établissements, explique Laurent Wauquiez, ont été retirés de la liste - l'Insa de Rouen et Paris 13-Villetaneuse - car leurs déficits s'expliquent par des "amortissements d'investissement" et ne sont donc pas des déficits de fonctionnement. De 7, nous voilà donc à 5.

 

L'astuce vient ensuite: le ministre ne prend plus comme référence les seules universités. Ce qui ne l'empêche pourtant pas de conclure: "Moins de 5 sur 150, cela montre que les universités ont réussi à s'approprier l'autonomie, que l'on peut faire confiance aux présidents d'université"....

Cette fois Laurent Wauquiez prend comme référence l'ensemble des établissements d'enseignement supérieur rattachés à son ministère:

- les 83 universités - en fait, il n'y a en plus que 81 depuis la fusion des 3 universités de Strasbourg,

- les 15 grandes écoles d'ingénieurs et les 8 IEP (Instituts d'études politiques) de province -  la liste figure sur le site du ministère sous le titre d'"établissements à caractère administratif" -, soit un total de 23,

- les 46 grands établissements, Ecoles normales supérieures (ENS), instituts polytechniques, etc - la liste figure sous le titre d"' "établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel". Mais attention, il faut recompter ! Le site annonce 2 instituts nationaux polytechniques mais il y en a 4, 14 instituts et écoles extérieurs aux universtiés mais il y en a 17, etc....

 

Bref, on arive à 152. Le chiffre du ministre est donc à peu près juste, mais le raisonnement tordu. Toutes les universités ont vocation à devenir autonomes, donc à gérer leurs budgets et à être responsables de leurs déficits - 75 sont déjà autonomes, les 8 restantes le seront au 1er janvier 2012.

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 18:56

La précarité au quotidien

Récits d'expériences dans l'enseignement supérieur et la recherche

http://pecres.hautetfort.com

 

Le collectif P.E.C.R.E.S. (Pour l’Étude des Conditions de travail dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche) propose aux personnes travaillant (ou ayant récemment travaillé) dans l’enseignement supérieur et la recherche dans un statut précaire de s’exprimer directement sur ce qu’être (ou avoir été récemment) précaire dans l’ESR veut dire en lançant un blog destiné à recueillir les récits, témoignages et analyses de la précarité, telle qu’elle est vécue au quotidien. L’objectif d’un tel blog est d’offrir un espace d’expression pour les personnes que la précarisation de l’ESR, exponentielle ces dernières années, touche en premier et le plus frontalement ; lieu d’expression pour soi, un tel espace permettra de concentrer des récits précis, et subjectifs, susceptibles de faire ressortir les traits communs en même temps que la diversité des situations de précarité.

 

Pour que la description de la précarisation de l’ESR ne se cantonne pas à des discours politiques généraux et abstraits, pour que la globalité de chaque expérience puisse être connue et partagée, nous vous encourageons à participer à ce blog et à faire connaître son existence. Bien sûr, chaque témoignage sera anonyme, et il n’y aura de modération de leur contenu qu’en cas d’instrumentalisation à des fins racistes, sexistes ou homophobes.

Ce blog s’inscrit dans un travail de recherche et de dénonciation de la précarisation de l’ESR initié au cours de l’hiver 2009-2010 : une enquête par questionnaire avait alors été lancée par l’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche pour saisir les conditions de travail et de vie des personnels précaires de l’ESR.

En février 2010, cette enquête, qui a récolté plus de 4 400 réponses valides, a donné lieu à un rapport toujours consultable sur le site intersyndical dédié à la lutte contre la précarité : http://precarite-esr.org.

 

En avril 2011, un ouvrage a été publié aux éditions Raisons d’agir, par le collectif P.E.C.R.E.S. issu du groupe de travail ayant construit l’enquête, sous le titre Recherche précarisée, recherche atomisée. Production et transmission des savoirs à l’heure de la précarisation. Ce livre rend compte des conditions de travail des personnes ayant répondu à l’enquête de 2009-2010 et propose une analyse de la précarisation programmée sur laquelle les "réformes" récentes de l’ESR reposent pour une large part (une présentation de l’ouvrage est accessible dans la rubrique "A propos" du Blog "La précarité au quotidien").

 

Vous trouverez toutes les explications, la démarche et le mode d’emploi du blog à l’adresse suivante : http://pecres.hautetfort.com.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 19:24

In Sauvons l'Université

 

Contes et comptes approximatifs

 

 

Or donc un fonctionnaire en charge des finances
S’avisa un samedi qu’il fallait qu’on annonce
Que huit universités sentaient vraiment le rance
« Surveillance », dites-bien ! Il faut que l’on renonce
À prononcer « tutelle ». Ne faites pas le bêta,
Et de la LRU, ne dites surtout pas
Qu’autonomie ne fut qu’un pâle reliquat.
Le ministre communique. Mais que ne fait-il pas ?
De huit, le jeudi, jusqu’à sept rétrograde
Car Nice n’est pas si rouge que la belle Belgrade
Et n’a pas ses finances de la même couleur
Que tous ces amateurs qui n’ont pas de compteur.

***

Le cafouillage n’est pas le seul vice à la mode
L’obstination seule pourrait user Hérode
Alors que revenu du fin fond du Poitou
Il essaie de fléchir de Guéant le courroux
Mais las ! T’as pas compris ? Le pognon, voilà tout
Ce qu’on peut espérer soutirer par dessous
Aux étudiants mus par l’amour de Francion
Venus traîner leurs basques au collège de Sorbon.
Que viennent-ils d’ailleurs espérer faire en France ?
Quand même en Amérique, sortant de leur silence
Certains se manifestent jusque sur les campus
Tu nous vois donc demain devoir leur courir sus ?  

***

Un autre phénomène, relifté L’Oréal,
A caché aux parents, ce qui n’est pas banal,
Des chiffres statistiques, sur les prévisions
Des effectifs d’enfants qui, dès l’année prochaine
Devraient fréquenter l’école républicaine.
Les parents en effet cette semaine se déchainent.
Certains osent prétendre que la grande UMP
Après les élections voudrait bien achever 
La très noble et antique école de la Nation
Mais ce n’est pas son genre ! Il s’agit seulement
Par l’évaluation forcée des enseignants
De faire partout éclore l’excellence à tous vents,
Même si par temps gris et saison conformiste,
L’inspection doit mater tous ces récidivistes
Dont les élèves savent des rimes anarchistes
Ou peut-être simplement le chant des partisans.

***

Tout est-il donc si noir, tout est-il donc foutu ?
En tous cas, des pépètes, bientôt y en aura plus.
Ainsi parle le sénat dans son rapport tout cru
Mais faudrait qu’il nous dise quand y en a jamais eu !
Cherche président par petites annonces
C’est dire si collégiale est l’université
Ainsi que le CNESER l’a tantôt dénoncé.
Combien encore faudra-t-il de coup de semonces
Pour constater enfin que notre métier s’éteint ?
Le maître de conf., hâve, git sous un tas de ronces,
Fait de tableaux excel et de pensez-à-rien,
À moins qu’au sens propre, et grâce aux bétonneurs
Qui dans marchés publics mêlent épinards et beurre,
Il ne prenne sur la tête la cabane et le chien.  

***

Et la morale de l’histoire, dont on ne se lasse pas. Allez, redis-la moi avant d’éteindre la lumière. Ça fait trop peur :
"Si jamais, quand vous tombez malade, cela n’a aucun impact sur votre indemnité et votre salaire, ce n’est pas très responsabilisant. Du coup, on a un peu l’impression que la sécurité sociale est quelque chose sur lequel on peut tirer sans qu’il y ait un impact."
Laurent Wauquiez, interview sur BFM TV-RMC, 16 novembre 2011.

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 19:15

In Fabula

  

[Dossier sur le budget 2012: facs autonomes, facs fauchées]

 

A Montpellier, des étudiant-es s’organisent car, au milieu du mois de novembre, ils-elles n’ont toujours pas touché l’argent de leur bourse. A Saint-Denis, les personnel-les et les étudiant-es de l’université Paris 8 luttent contre les dégradations des conditions de travail et d’études. Dans ces deux villes, un appel à la mobilisation a été lancé  pour le 24 novembre.

Près de 200 étudiants se sont rassemblés le 25 novembre devant le conseil d’administration du CNOUS qui votait le budget 2011-2012 pour manifester leur mécontentement face au budget d’austérité. Lille, Toulouse, Rennes et Lyon avaient appelé au rassemblement

 

Lire le communiqué de Sud Étudiant (23 novembre 2011):

 Nous ne laisserons pas couler les usager-ère-s et les personnel-le-s des universités

 

Lire également deux communiqués de l'Unef: (24-25 novembre 2011)

Budget : après les mensonges, la gueule de bois !

Les étudiants se mobilisent contre l’austérité imposée aux Crous

 

***

Revue de presse:

Les étudiants manifestent devant les Crous pour défendre leurs bourses

Ouest-France - ‎25 nov. 2011‎

 Des étudiants ont manifesté vendredi à l'appel de l'Unef à Paris sous les fenêtres du Centre national des oeuvres universitaires et scolaires (Cnous), ainsi que dans cinq villes de province, pour demander le versement des bourses de novembre et des ... 

Ils ne tiennent plus les cordons de la bourse
20minutes.fr - ‎24 nov. 2011

Habituellement, elle tombe entre le 15 et le 17 du mois. Hier, beaucoup d'étudiants toulousains n'avaient pas encore perçu leur bourse du mois de novembre. « Et ils risquent de toucher celle de décembre seulement début janvier », s'alarme Stéphane ...

 

Bourses des étudiants: des retards en novembre
TF1 - ‎24 nov. 2011‎

Le versement des bourses étudiantes connaît d'importants retards en novembre selon l'Unef qui s'inquiète aussi pour décembre, alors que le ministre de l'Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, affirme que "les moyens budgétaires" nécessaires existent ... 

Déprime de Noël pour les boursiers
Libération - ‎24 nov. 2011‎

Retard. Les étudiants attendent toujours le versement du mois de novembre. Et s'inquiètent pour décembre. «Je commence à désespérer, j'avais l'espoir de pouvoir faire mes courses et de payer un prélèvement qui passe le 28, mais si je n'ai pas ma bourse ...

 

Retard de versement des bourses étudiantes
Le Monde - ‎24 nov. 2011‎
 

Le versement des bourses étudiantes connaît d'importants retards en novembre selon l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), qui s'inquiète aussi pour décembre, alors que le ministre de l'enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, ...

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 17:30

In Libération

 

par Véronique Soulé

 

La loi sur l’autonomie des universités initiée par Nicolas Sarkozy a pour effet pervers de plomber les budgets des établissements : huit sont dans le rouge pour la seconde fois.

 

C03-24La grande majorité des universités françaises sont aujourd’hui autonomes. C’est un sujet de fierté pour l’UMP qui compte en faire un argument de campagne : avec la loi LRU (sur l’autonomie), les universités se sont réveillées, devenant dynamiques, ambitieuses… Le problème est que huit d’entre elles sont en déficit pour la seconde année consécutive. Et que plusieurs autres se demandent comment elles vont boucler leur budget 2012.

 

Devant ces problèmes financiers, les détracteurs de la LRU, qui l’ont combattue dans la rue en 2009, clament qu’ils avaient raison et demandent son abrogation. Les partisans - notamment les présidents d’université qui l’ont mise en place - sont plus mesurés. Mais ils ne cachent pas leur inquiétude. D’après eux, l’autonomie reste une bonne chose dans le principe. Mais, sans moyens, elle perd nettement de son intérêt.

 

Structurels. Officiellement, tout ça n’est pas bien grave. En annonçant le 17 novembre que 8 universités, sur 83, étaient dans le rouge et allaient voir leurs budgets arrêtés par les recteurs, le ministre de l’Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, s’est félicité que «la très grande majorité soit en bonne santé financière». Face à des difficultés présentées comme passagères, en partie imputables à la mauvaise gestion des présidents, le ministre préfère rappeler les efforts sans précédent faits sous Nicolas Sarkozy pour avoir des universités qui brillent dans le monde.

 

Mais, en attendant de damer le pion aux britanniques et aux américaines qui monopolisent la tête des classements, plusieurs facs françaises n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Les sommes en jeu ne sont pas considérables, mais il s’agit souvent de déficits structurels qui se creusent d’année en année.

 

L’université de Limoges, l’une des premières à être devenue autonome, affiche un déficit de 3 millions d’euros en 2010, après un trou de 1 million d’euros en 2009. A Nantes, le président, Yves Lecointe, parle de 4 millions d’euros manquant pour financer les salaires. «On nous avait annoncé des moyens supplémentaires et des marges de manœuvre, mais on ne les a pas eus», dit-il. Le président de l’université de Bretagne-Sud, Olivier Sire, évoquant une «situation extrêmement critique», a décidé de geler 20 postes. A Pau, il manque 2 millions d’euros pour boucler le budget. Mais la direction veut encore se battre et refuse d’adopter un plan d’austérité. «Nous sommes une petite université, et si on devait fermer des filières, on se tirerait une balle dans le pied», explique Jean Ortiz, du Snesup, le principal syndicat du supérieur hostile à la LRU.

 

Comment en est-on arrivé là ? Il y a d’abord une raison technique. En devenant autonomes, les universités se sont retrouvées à gérer leurs masses salariales, ce qui était avant du ressort de l’Etat. Les règles comptables ont alors changé. Les frais d’inscription, par exemple ceux de 2011-2012 perçus à la rentrée, ne peuvent plus être comptabilisés sur l’année 2011. Un tiers seulement peut l’être, le restant devant être reporté sur 2012. Cela provoque souvent un déficit mécanique.

 

Mais ce n’est pas l’essentiel. «Avec l’autonomie, l’Etat a transféré aux universités des budgets souvent 3 à 4 fois supérieurs à ce qu’ils étaient avant, car grossis de la masse salariale. Mais, dans le calcul de départ, certaines se sont retrouvées sous-financées», explique Louis Vogel, le président de la CPU (Conférence des présidents d’université), par ailleurs à la tête de Paris-II-Panthéon-Assas.

 

Promesses. Or, il n’existe aucun système d’actualisation pour corriger ces problèmes. Et les budgets ne bougent pratiquement pas d’année en année. Les charges pesant sur les universités, elles, s’accroissent. Dans le cadre de la «nouvelle licence», les facs doivent, par exemple, augmenter le nombre d’heures de cours. Certaines, incapables de les financer, ont renoncé. L’Etat, qui a voulu privilégier le supérieur et la recherche, dispensés de la règle du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, n’a, en plus, pas tenu toutes ses promesses. Sarkozy s’était engagé à augmenter chaque année le budget de 1 milliard d’euros. Les présidents d’université et les syndicats pro-LRU, comme le Sgen-CFDT, soulignent qu’un gros effort a été fait les premières années. Mais ils reconnaissent que le compte n’y est pas. Le budget 2012 est même en légère baisse en termes réels.

 

L’Etat a par ailleurs oublié de financer le GVT - glissement vieillesse technicité -, la hausse de la masse salariale par le seul fait du vieillissement de certains personnels qui changent d’indice. Plusieurs universités sont alors passées au rouge. La CPU a bien obtenu une rallonge de 14,5 millions d’euros. Mais le problème risque de se reposer l’an prochain. «Laurent Wauquiez et avant lui Valérie Pécresse n’ont cessé d’afficher des sommes mirobolantes, souligne Stéphane Tassel, responsable du Snesup. Mais avec les années, les masques tombent : la LRU, c’est bien le désengagement de l’Etat.» D’autres sont plus diplomates. «En théorie, le bilan de la LRU est bon, les universités peuvent enfin mener leur propre politique, explique Louis Vogel. Mais s’il n’y a pas les moyens de financer l’autonomie, le principe risque d’être remis en cause. Au-delà, le pays doit s’interroger: pour sortir de la crise, est-il prêt à mettre le paquet sur l’université ?»

 

 

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 12:40

In Libération

 

Les partisans d’une hausse radicale des droits d’inscription montent en puissance.

 

Un tabou est en train de sauter : celui de la gratuité ou quasi-gratuité des études à l’université en France. Il ne s’agit encore que d’une amorce de débat. Mais le fait qu’il ait été lancé au sein même de la gauche donne la mesure de l’évolution des mentalités et annonce de rudes affrontements autour d’un principe aussi sacro-saint que la non-sélection à l’entrée de l’université. Le think tank Terra Nova a mis les pieds dans le plat le premier. Fin août, dans le cadre de ses contributions aux débats présidentiels, il publie un rapport sur l’enseignement supérieur. Parmi 42 propositions, ses auteurs suggèrent, en cinq ans, de tripler les droits d’inscription en licence et de les quadrupler en master. Ils y voient deux avantages (lire page ci-contre) : une source de financement supplémentaire pour les universités et une plus grande implication des étudiants, qui seraient moins absentéistes et plus exigeants vis-à-vis de leurs formations. D’après eux, la gratuité creuse en fait les inégalités.

 

«Grands piliers». Dans la foulée, en septembre, la Conférence des présidents d’université (CPU), qui a constitué un groupe de travail sur la question, annonce qu’il faut revoir «le modèle économique de l’enseignement supérieur». D’après elle, il n’est pas à la hauteur des enjeux : 53% d’une classe d’âge en France accède au supérieur, en dessous de la moyenne de l’OCDE. De plus, le pays est en retard quant aux aides sociales étudiantes - 7% du budget du supérieur y est consacré, contre 11,5% dans l’OCDE -, et la démocratisation du supérieur marque le pas. Sans se prononcer, la CPU indique qu’il faut faire bouger l’équilibre entre les «grands piliers du modèle» - droits d’inscription, avantages fiscaux, aides sociales… Le groupe de travail étudie pour cela les différents modèles dans le monde, ceux réclamant des frais plus élevés et aidant plus les étudiants, comme ceux où l’on fait rembourser leurs formations aux diplômés après leur entrée dans la vie active.

 

Tir de barrage.

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 14:05

nicolas-sarkozy

In Snesup-FSU

 

 

Lors de son discours d'ouverture du colloque « 15 ans de réforme des universités : quels acquis, quels défis ? », Nicolas Sarkozy s'est livré à un véritable déni de la réalité vécue par les personnels des établissements et des laboratoires. Raillant l'intitulé-même du colloque organisé par l'Institut Montaigne, niant les évolutions réelles des universités depuis 20 ans, le Président de la République s'est décrit en sauveur du système universitaire.

 

La liste des affabulations est impressionnante. Elles ne résisteraient pas à un débat sérieux avec les organisations représentatives de l'enseignement supérieur ou de la recherche. Laisser croire que le système universitaire ante Loi LRU, qualifié « d'universités à deux vitesses », a vu ses inégalités réduites, n'est ni sérieux ni crédible... Le contrôle de toutes les activités des universitaires et scientifiques n'a jamais été aussi prégnant, la technocratie envahit tous les pans de nos activités : la fable de l'autonomie permettant « aux universités, aux universitaires eux-mêmes, [...] de décider pour leurs étudiants (sic), pour les universités » est une provocation. Comment le Président peut-il laisser penser que les conditions d'encadrement se sont améliorées alors qu'aucun poste n'a été créé depuis 4 ans, que la précarité ne fait que croître ?

 

Fustigeant une fois de plus 1968 et ses avancées en termes de démocratie universitaire, Nicolas Sarkozy lui attribue avec mépris « l'exil de l'université dans les banlieues». Combien d'étudiants ont pu suivre des études supérieures en s'asseyant sur les bancs de ces universités... Devant une assistance conquise, Nicolas Sarkozy, donneur de leçons, promeut la loi LRU, le Grand Emprunt, la mise systématique en concurrence, et une caricature consternante des systèmes universitaires anglo-saxons.

 

« La rénovation des universités n'est pas finie » : prônant la « réforme continue », le Président-candidat dit n'avoir pas été assez loin, notamment sur la « gouvernance ». Dans une description plus qu'approximative des délibérations des CA d'établissement, présentant les personnalités extérieures en simples spectateurs, N. Sarkozy réaffirme implicitement sa volonté de les faire participer à l'élection des présidents d'université. Une fois de plus, il bafoue la démocratie universitaire la considérant comme un obstacle à "l'excellence".

 

Par le recours aux financements privés, à la multiplication des fondations, à la prise d'intérêt des universités dans des pépinières d'entreprises, le Président de la République en appelle à la « diversification des modes de financement ». Visiblement inquiet de voir les universités accroître « en même temps » leurs frais d'inscription en cette période préélectorale, le chef de l'Etat feint de rejeter cette solution pour de seules raisons « d'image ».

 

Toutes ces contrevérités s'ajoutent à celles qui, à un moment où le chef de l'Etat est menacé de toutes parts, cherchent à faire passer les réformes menées ces quatre dernières années pour « la » réussite du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Or en 2009, pendant plus de 4 mois, les universitaires, les scientifiques se sont mobilisés à un niveau inégalé depuis 50 ans. Le SNESUP rappelle que les revendications de la communauté universitaire n'ont pas reçu de réponses satisfaisantes. Le Président de la République, responsable de la pulvérisation du service public d'ESR, ne peut se targuer de sa préservation, à l'instar de notre système de retraites par répartition...

 

L'urgence est de construire le service public d'enseignement et de recherche, dont la population a besoin. Cela passe par la remise en cause et l'abrogation de tout un ensemble de dispositifs, à commencer par le Pacte recherche et la loi LRU et leurs textes d'application, et nécessite de véritables débats de société et une forte mobilisation sociale. Le SNESUP travaillera sans relâche à les développer....


Discours de N. Sarkozy sur le site de la Présidence de la République
 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 12:36

In Marianne

 

Le coût des études universitaires atteint des sommets aux Etats-Unis, permettant uniquement aux étudiants les plus riches ou les plus brillants d'accéder à l'enseignement supérieur. Notre blogueur associé Laurent Pinsolle, proche de Debout la République, dénonce le coût prohibitif des universités Californiennes, nous incitant fortement à résister à la privatisation de l'éducation supérieure en France.



Les universités de l’Oncle Sam dominent l’ensemble des classements internationaux, qui sont taillés pour elles. Mais avec le temps qui passe, les failles de ce système apparaissent de plus en plus clairement, comme le démontre une nouvelle fois un article de The Economist.


La faillite du modèle californien

L’hebdomadaire anglais revient sur les évolutions des universités publiques depuis une vingtaine d’années. Cet Etat propose deux universités : la California State University, moins prestigieuse, pour les études supérieures de courte durée, et la plus prestigieuse, la University of California. La première coûtait seulement deux mille dollars par an en 2001, moitié moins que la moyenne nationale, alors que la seconde coûtait quatre mille dollars, dans la moyenne.

Dix ans après, la situation s’est sacrément détériorée puisque les frais annuels de scolarité dépassent six mille dollars pour la moins chère et plus de treize mille dollars pour la seconde (la moyenne nationale est passée à huit mille dollars). En effet, la part de financement public est tombée de 78% du coût en 1990 à 47% l’an dernier, et devrait encore baisser sensiblement cette année étant donnée la situation dramatique des finances publiques de l’Etat.

Résultat, le coût de l’éducation supérieure devient totalement prohibitif d’autant plus qu’ils ne prennent pas en compte le coût de la vie. Une étude démontre que le coût complet dépasse aujourd’hui trente mille dollars par an. Résultat, de moins en moins de personnes font des études supérieures et la Californie est tombée à 41ème place des Etats Unis pour la proportion d’étudiants par rapport au nombre de lycéens ! Seuls les plus riches et les surdoués peuvent faire des études.

Les conséquences dramatiques de la libéralisation

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 18:58

 

In Libération

 

 

Comme chaque année, l'Unef, le premier syndicat étudiant, a épluché les dépenses obligatoires des étudiants inscrits à l'université et dans les établissements publics (IUT/BTS). Bilan: la situation se dégrade, cette année encore. «Le coût de la vie étudiante augmente de 4,1%, soit deux fois plus vite que l'inflation», déplore l'Unef. En cause, la flambée des loyers d'abord. Mais aussi, la hausse annoncée des frais d'inscription, de Sécu et des tickets de resto U.

 

«La hausse du coût de cette rentrée est sans doute l’une des plus faibles des cinq dernières années», s'est aussitôt défendu Laurent Wauquiez, le ministre de l'Enseignement supérieur, dans un entretien à l'AFP. «Je ne prends pas à la légère la question du coût de la vie étudiante, mais il faut que tout le monde prenne la mesure des efforts fait.» «La France est le pays d’Europe dans lequel faire ses études est le moins cher», a insisté le ministre.

 

Réaction aussi sec de l'Unef, suivi de la Fage, la deuxième organisation étudiante: «l’Unef regrette que la première réponse officielle du ministre aux étudiants s’attache à une polémique de chiffres et non à des réponses concrètes à leur préoccupation». «La Fage attend des actes et non des polémiques sur les chiffres.»

Revue en détail des principaux points de l'étude de l'Unef.

--> à lire: l'enquête de l'Unef, en intégralité (version pdf).

 


AFP - La fon­da­tion Terra Nova, proche du PS, pro­pose d'augmenter de manière "modé­rée et étalée dans le temps" les droits d'inscription à l'université, afin d'accroître les moyens des établis­se­ments, dans un rap­port révélé par Le Monde, consul­table à l'adresse www.tnova.fr.
Terra Nova sug­gère "un tri­ple­ment des droits d'inscription en licence et un qua­dru­ple­ment en mas­ter et en doc­to­rat sur cinq ans pour remettre plus d'égalité dans le sys­tème et aug­men­ter les moyens des uni­ver­si­tés, en main­te­nant une exo­né­ra­tion totale pour tous les boursiers".

Parmi ses 42 pro­po­si­tions, Terra Nova pro­pose aussi de "créer une allo­ca­tion d'études supé­rieures (ALES) en faveur de tous les étudiants, uti­li­sable tout au long de la vie active, d'un mon­tant de 25.000 euros per­met­tant aux étudiants de rece­voir 500 euros men­suels pen­dant une durée de 50 mois".
Cette allo­ca­tion serait "com­plé­tée" par un "prêt à taux zéro garanti par l'Etat" qui pour­rait s'élever à 150 euros par mois au niveau licence et 300 euros au niveau master.

Heureusement qu’ils sont proches du PS...

  

et toujours plus...

 




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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 18:01

In blog Mediapart

 

 

Par  Bertand Monthubert 

 

Hier, Valérie Pécresse a levé le voile sur son projet de "nouvelle licence", dont elle parle depuis plusieurs mois. Et c'est un véritable rideau de fumée qui entoure les propositions de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. De fait, c'est une licence low-cost qu'elle décrit, alors que le PS s'engage pour une licence centrée sur la réussite des étudiants. Revue des principaux axes de cette pseudo-réforme.

L'augmentation affichée du nombre d'heures : une provocation

 

C'est le point central des propositions gouvernementales: la mise en place d'un minimum d'heures enseignées pour la licence, fixé à 1500 en trois ans, soit 500 par an. C'est une provocation pour plusieurs raisons:

 

  • Dans la plupart des disciplines, on est déjà au-dessus. Dans les filières de sciences dures, la norme est à 600 heures par an depuis très longtemps, et c'est pourtant insuffisant.
  • Dans les filières comme les classes préparatoires, BTS ou IUT, le volume d'enseignement est nettement supérieur. En prépa ou BTS, c'est de l'ordre de 1000 heures par an. En IUT, les volumes horaires sont fixés dans le cadre de programmes pédagogiques nationaux, et sont de 850 en première année de techniques de commercialisation ou 1020 en première année d'informatique, pour prendre deux exemples au hasard. La licence à 500 heures par an, c'est très insuffisant. Ce n'est pas pour rien que les lycéens ne sont qu'un quart à placer la licence universitaire comme vœu n°1 dans le processus d'orientation.
  • S'il doit y avoir une augmentation du volume horaire en licence, il faut des enseignants pour cela – et notamment des enseignants-chercheurs, car le propre de l'enseignement universitaire est d'être adossé à la recherche. Or le gouvernement ne prévoit toujours aucune création d'emplois dans les universités. A ces dernières de se débrouiller, à l'instar de l'université de Savoie qui envisage de recruter des enseignants en CDI (donc non-fonctionnaires, c'est une des nouveautés de la loi LRU) qui enseigneraient jusqu'au double des enseignants fonctionnaires des universités. C'est une forte dégradation des conditions d'enseignement qui se prépare.
  • La mise en place est prévue après 2012, comme le gel des suppressions de classe dans le primaire: au prochain gouvernement de se débrouiller.

Le Parti socialiste, dans son projet pour 2012, propose une augmentation réelle du nombre d'heures: 25 heures par semaine est un minimum. Il s'agit de rompre avec l'enseignement à plusieurs vitesses, qui concentre les moyens sur les meilleurs étudiants: nous avons besoin de plus d'étudiants, mieux formés, grâce à des enseignements en groupes restreints. Mais l'amélioration ne se limite pas aux universitaires: nos universités ont besoin de plus de personnels administratifs et techniques, pour mieux accueillir les étudiants, participer à leur formation technique. Là encore, la droite ne fait rien.

 

La personnalisation des parcours : un argument marketing

 

Deuxième axe de la communication ministérielle, la personnalisation des parcours. Deux objectifs: des formations d'excellence pour quelques-uns, du soutien pour ceux qui sont en difficulté. Mais ce n'est malheureusement qu'un argument marketing destiné à maquiller l'absence d'ambition pour le plus grand nombre.

 

  • Le simple fait de devoir proposer des doubles licences pour les meilleurs étudiants indique une dévalorisation de la licence elle-même. A l'inverse, c'est un renforcement de la licence qu'il faut mettre en place, avec plus d'enseignements, et au sein de ces enseignements des modules optionnels où chaque étudiant trouve de quoi satisfaire ses goûts et ses talents: stages en laboratoire, disciplines d'ouverture, projets tutorés...
  • Le soutien tel qu'il a été mis en place est largement insuffisant. Il repose en grande partie sur du tutorat étudiant, parce que cela coûte moins cher. Or un tel tutorat ne peut venir qu'en complément d'un dispositif pédagogique beaucoup plus important. Les universités n'ont pas attendu Valérie Pécresse pour mettre en place du tutorat, et pour se rendre compte que cela marche mal dans les conditions actuelles. Ce sont rarement les étudiants qui en ont besoin qui en profitent. Ce dont a besoin un étudiant en difficulté, c'est d'un parcours universitaire étalé. Il doit avoir plus d'heures, avec des universitaires, pour réussir.
Des stages à la place des enseignements ?

 

Troisième axe, les stages en licence. Ces stages peuvent être très positifs pour les étudiants, mais il y a plusieurs obstacles de taille.

 

  • Ces stages doivent avoir une vraie dimension de formation. Or, trop souvent, il s'agit pour des entreprises d'avoir de la main d'œuvre à bas prix, voire gratuite. Il faut donc un encadrement très rigoureux de ces stages, notamment par des enseignants qui en assurent un suivi étroit. Là encore, il faut des êtres humains... qui ne sont pas là.
  • Il faut trouver suffisamment d'entreprises pour offrir de tels stages. Or dans les formations qui comportent déjà des stages obligatoires, on se rend compte que cela n'est pas si simple. Instaurer un stage obligatoire en licence, c'est trouver environ 250.000 nouveaux stages.
  • Ces stages doivent être un complément à la formation des étudiants, et pas une substitution. Depuis des années, toutes les actions visant à renforcer la professionnalisation en licence se sont faites au détriment des enseignement de base. Résultat, une baisse des compétences fondamentales des étudiants. Et cela n'affecte pas que les universités: les formations d'ingénieurs aussi sont touchées, comme l'a constaté EADS il y a quelques années. Avec une licence au volume horaire déjà trop faible, intégrer des stages est un problème supplémentaire. 
Des référentiels de formation très vagues

 

La suite...
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