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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 18:11

In Libération

 

Le Campus Paris-Saclay peine à voir le jour. Et la polémique ne désenfle pas.

La réussite marquante du quinquennat sarkozien… ou son plus formidable coup de bluff ? Déjà, cette question se pose pour l’ensemble de sa politique universitaire et de recherche. Elle s’impose pour ce qui devait en être le joyau : le Campus Paris-Saclay, censé devenir le plus puissant des pôles d’excellence nationaux, à l’origine d’une nouvelle alliance entre la science, la technologie et l’industrie, productrice d’activités nouvelles et d’emplois qualifiés.

Où en est le Campus Paris-Saclay ? Au départ, il avait fière allure, si l’on considère ses acteurs. L’Université Paris-sud, Polytechnique, l’ENS de Cachan, Paris-Tech (Agro et Mines), Centrale, des laboratoires d’entreprises (Thalès, EDF). Et des laboratoires communs avec le CNRS et le CEA. Des équipements scientifiques de qualité mondiale comme le synchrotron Soleil, Neurospin (exploration du cerveau), des lasers de puissance… Au total, près de 15% du potentiel de recherche national, estime-t-on.

 

Arrière-pensée. Se rater sur cette opération ne peut donc qu’être catastrophique. Or, elle cumule retard à l’allumage, incohérence du projet, bisbilles entre acteurs, volonté politique de faire des deux géants réels du site - l’Université et le CNRS - des «nains» politiques de la gouvernance afin de contourner les universitaires et les chercheurs…

Le nerf de la guerre ? L’argent. Il attend que le jury de l’appel à projet Idex (Initiative d’excellence) choisisse parmi neuf projets ceux qui auront à se partager 7,7 milliards d’euros. Une dotation en capital, dont seuls les intérêts seront disponibles… alors que la seule rénovation du campus d’Orsay était estimée à près d’un milliard.

Mu par la volonté de pouvoir afficher des réalisations avant les élections, le gouvernement pousse des décisions de financements de projets (la construction sur le plateau de Saclay de l’Institut des sciences moléculaires, un site pour la pharmacie et les neurosciences, l’Institut diversité et écologie du vivant…) dans un processus lourd où Matignon possède le vrai pouvoir de décision. Vous avez dit «universités autonomes» ?

Mais le concept même du Campus Paris-Saclay continue de susciter une vive réprobation. En témoigne la victoire - avec 57,6% des voix - de la liste Résistance aux élections désignant en décembre dernier les représentants des universitaires et des scientifiques dans le conseil d’administration de la Fondation de coopération scientifique qui gère le projet.

 

Résistance. Denis Jouan (CNRS, Institut de physique nucléaire d’Orsay), sa tête de liste, dénoncece projet «présenté comme une meilleure coopération entre établissements très prestigieuxmais qui est une machine à détruire l’enseignement supérieur et la recherche. Le mécanisme de remplacement avec lequel l’Idex prétend initier les percées intellectuelles de demain est basé sur de la pure bibliométrie, et fonde les financements de la recherche fondamentale sur ses retombées économiques ultimes. Un tel processus la contraint à se tourner vers des objectifs de courts termes… ce qui tue in fine la recherche fondamentale, et du même coup ses retombées».

En fait, la résistance des universitaires, explique Denis Jouan a fait capoter le projet initial : «Détourner les éléments apparaissant les plus profitables pour cette logique de valorisation économique de la recherche et laisser pourrir le reste dans une situation qui se dégrade. Mais ce n’est que partiel, Les premiers cycles du campus d’Orsay sont ainsi laissés de côté. Il faut donc aller plus loin et réorienter en profondeur le processus.» Vu à cette aune, «le projet grandiose du début a accouché d’une souris : quelques projets comme Nano-innov, le pôle commun de recherche informatique (Inria/Université) ; le regroupement dans l’institut des sciences moléculaires».

Cet échec à passer en force aboutit à proposer aujourd’hui un nouveau concept «l’Université Paris Saclay» qui prendrait la suite de la Fondation. Mais que signifie le mot université dans ce sigle, le seul qui vaille au niveau mondial ? Certainement pas la communauté universitaire - taxée avec mépris de «République universitaire» par certains industriels du corps des X-Mines. La nature de la gouvernance de cette «université» - la place des élus, des universitaires et des scientifiques dans le futur «Sénat académique» - demeure floue.

 

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 18:38

In Sauvons l'Université

 

 

Le blog Sciences² publie ci-dessous la lettre envoyée hier au Premier Ministre François Fillon par le mathématicien Michel Broué. Il y dénonce le scandale que constitue le refus de titre de séjour à un jeune chercheur biélorusse particulièrement brillant, Trafim Lasy.

 
Trafym Lassy doit soutenir le 2 février prochain une thèse en mathématiques à l’Université Denis Diderot (Paris-7) devant un jury international de très haut niveau. Et ensuite ?

 
Voici ce qu’en écrit Michel Broué

« Et ensuite ? Eh bien ensuite, et ensuite seulement, Trafim Lasy pourra se porter candidat post-doctorant dans diverses institutions, en France ou ailleurs. Pour ce faire, il devra subir des interviews, publier tout ou partie de sa thèse, et continuer quelques mois encore à travailler dans l’équipe ou il a été formé. C’est en tout cas ainsi que cela se serait passé en France jusqu’à cette année, et c’est ainsi que cela se passe dans tous les pays civilisés et scientifiquement actifs. Mais qu’arrive-t-il ici ?

Le titre de séjour de« "travailleur temporaire » dont bénéficiait Trafim Lasy expire le 7 fevrier prochain, et on lui dit qu’il doit retourner en Biélorussie, « puisqu’il ne dispose pas de ressources suffisantes pour subvenir durablement a ses besoins et ne peut donc pas être considéré comme ayant une résidence stable sur le territoire français ».

On perd la tête, je pense. On lui dit qu’il doit quitter la France, là, tout de suite, puisque ses études sont finies. On ne va donc pas permettre à ce jeune homme d’organiser son avenir une fois sa thèse soutenue, on ne va pas lui laisser le temps d’obtenir le post-doc indispensable à son avenir de chercheur ? On va donc lui interdire l’accès a cette vocation, à ce métier de chercheur pour lequel nous le préparons depuis près de dix ans ? « On » est tout simplement inculte, incompétent, et « on » saccage le travail de la communauté scientifique !

Monsieur le Premier ministre, cette situation est inacceptable, au plein sens du terme. Je ne l’accepte pas, et je n’imagine pas qu’un seul de mes collègues ait une réaction différente de la mienne. Vous pouvez sans doute obtenir de votre gouvernement qu’une solution immédiate soit trouvée à cette impasse grotesque. Comme il y a urgence, et comme ce problème n’est malheureusement pas le seul de son genre, je prends la liberté, Monsieur le Premier ministre, de faire de cette lettre une espèce de lettre ouverte. »

 

À retrouver dans le blog de Sylvestre Huet ici afin de télécharger la lettre complète en version pdf.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 19:03

 
Je ne crois pas être le seul universitaire à être agacé et même franchement inquiet du consensus des trois principaux partis politiques de notre pays sur la soi-disant « autonomie des universités » : l’UMP et le président sortant, le PS et son candidat, et enfin les journalistes, tous s’accordent pour citer l’autonomie des universités (en précisant immanquablement : « attendue-depuis-20-ans-par-la-communauté-universitaire ») comme LA réforme réussie du quinquennat : indispensable, consensuelle, ayant déjà porté ses fruits. « L’autonomie des université ça me va ! » ajoute (si l’on peut dire) François Hollande, tandis que ses conseillers se battent les flans pour avoir l’air de proposer une autre politique. La majorité présidentielle, jouant sur la magie du mot « autonomie » (il est vrai qu’il n’en faut pas plus pour séduire le parti des médias) finit par se persuader que, là au moins, elle a réussi. Les seules critiques qui atteignent le seuil de visibilité sont la demande de moyens et les larmes de crocodile versées sur l’injustice du dualisme entre les écoles qui sélectionnent et les universités qui ne le peuvent pas. Les mêmes qui s’acharnent sur les Prépas ne feront rien pour permettre aux universités de mieux encadrer les jeunes à la sortie du bac. C’est à peu près tout ce qui a été retenu (ce qui ne veut pas dire compris) du « manifeste des refondateurs », auquel j’avais participé : on est très loin de la vue d’ensemble du système d’enseignement supérieur à laquelle nous appelions.
 

Ce consensus des satisfaits, des hypocrites et des indifférents sur « l’autonomie » est peu glorieux. Il n’y a pas d’autonomie des universités. Tout au plus peut-on dire que les présidents ont acquis quelques marges de manœuvre supplémentaires, mais, sur tout ce qui mériterait le nom d’autonomie, rien, et même une régression. Pour aller à l’essentiel : rien na changé sur les conditions sine qua non de l’autonomie, à savoir l’existence de ressources propres et la maîtrise du recrutement. Les universités sont toujours dans l’impossibilité de choisir leurs étudiants, de dissuader ceux qui vont à l’échec de s’engager dans des filières où ils n’ont aucune chance et où ils ne font que chasser ceux qui y auraient leur place.

 

Il était parfaitement possible de préserver la quasi mission de service public d’accueil de tous les bacheliers incombant aux universités, et même de l’améliorer par une réforme des premiers cycles, tout en autorisant les universités à développer des filières sélectives et des procédures d’orientations plus contraignantes. Or les initiatives en ce sens en sont toujours au même point. Ce qui se fait pouvait déjà se faire sans la LRU. Les DU sélectifs à côté des diplômes nationaux, les filières spéciales à numerus clausus comme les doubles licences continuent de se développer dans une semi clandestinité, sans moyens et à la merci d’administrations pusillanimes, comme cette université qui, par trouille des réactions de l’UNEF, a empêché ses professeurs de sélectionner sur dossier les inscrits à une double licence originale, de sorte qu’après avoir décidé la création d’une filière d’excellence, on oblige les enseignants à prendre les étudiants par ordre d’inscription sur APB ! Une administration centrale intelligente aurait très probablement été plus accueillante à ces initiatives autonomes qu’un manager local mal élu.

 

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 17:40

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In Sauvons l'Université

 
Pour lire l’article sur le site de Médiapart
 

Après la mobilisation historique de 2009 contre la LRU, loi sur l’autonomie des universités, et une série de réformes contestées (création de l’Agence nationale de la recherche, Plan Campus, etc.), l’échec du mouvement a suscité beaucoup d’amertume. La communauté universitaire a longtemps espéré pouvoir prendre sa revanche dans les urnes. Les effets des différentes réformes qui ont profondément modifié le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche commencent désormais à apparaître au grand jour. Universités exsangues placées sous tutelle, nouveaux territoires de relégation universitaire ou enseignants-chercheurs noyés sous la bureaucratie, le besoin d’un changement de cap est plus fort que jamais.

 

A trois mois de l’échéance présidentielle, universitaires et chercheurs restent mobilisés. Les syndicats du supérieur ont ainsi boycotté en ce début janvier une réunion avec Laurent Wauquiez, leur ministre de tutelle. Côté politique, universitaires et chercheurs n’en finissent plus d’attendre des engagements clairs de la part du candidat socialiste qui fait la course en tête dans les sondages. Dans une tribune récente, Alain Trautmann, fondateur de Sauvons la recherche, fustigeait un candidat socialiste « indécis et flou ».

La droite met en avant ce qui, pour elle, constitue au contraire l’une des réformes les plus réussies du quinquennat et ne manque pas d’ironiser sur un parti socialiste visiblement peu enclin à revenir sur les points fondamentaux de la réforme Pécresse.

 

De fait, le discours de François Hollande n’est pas sans ambiguïté. « L’autonomie ça me va », a-t-il lancé lors d’un meeting au printemps, avant d’expliquer qu’il s’agissait bien sûr d’une autonomie d’une tout autre nature que celle instituée par la loi Pécresse. Quant à savoir précisément à quoi ressemblerait cette autre autonomie, et plus généralement quelles seraient les véritables alternatives pour l’enseignement supérieur et la recherche… Mystère. « Pour l’instant, je n’entends pas grand-chose », regrette Stéphane Tassel, secrétaire national du syndicat Snesup, qui ajoute que ce qu’il croit percevoir derrière les quelques phrases distillées çà et là n’est pas pour le rassurer.

 

Malgré les critiques très sévères qu’a pu faire le PS contre la LRU, l’abrogation de la loi n’est en effet pas à son programme. Ce qui, pour tous ceux qui ont participé au mouvement, soit une large partie de la communauté universitaire, est difficilement compréhensible.

 

« Le "faites-nous confiance" ne suffit pas »

Le PS, qui a choisi d’avancer en douceur, a annoncé une loi-cadre et des assises de l’enseignement supérieur juste après les élections. François Hollande affirme certes vouloir réformer la LRU en profondeur : le pouvoir des présidents d’université, jugé exorbitant, et leur mode de désignation, peu démocratique, seraient revus pour garantir plus de collégialité. Des moyens plus importants seraient accordés aux universités pour leur permettre une réelle autonomie. Pourtant, la délégation de gestion, à savoir la gestion du budget et des ressources humaines au niveau local, qui constitue le cœur de la réforme, ne serait pas remise en cause.

Pour Isabelle This Saint-Jean, qui conseille le socialiste Vincent Peillon sur l’enseignement supérieur et la recherche, « la LRU, ce n’est pas une véritable autonomie. Or l’autonomie est importante pour avoir des projets d’établissements qui ne soient pas dictés par le ministère, même si cela doit s’inscrire dans un cadre national avec un cadre national des diplômes, un statut national des personnels ». Pourtant, précise-t-elle, «  l’autonomie de gestion, je ne suis pas sûre qu’il faille y revenir. Avant, il fallait quand même presque écrire au ministère pour avoir des stylos ! ».

 

Faire table rase comme le demandent beaucoup d’universitaires ? Isabelle This Saint-Jean, qui est aussi l’ancienne présidente de Sauvons la recherche et aujourd’hui vice-présidente PS de la région Ile-de-France, juge que la chose n’est sans doute ni possible ni même souhaitable. « Il est essentiel de réformer le paysage institutionnel même si cela va être très difficile. L’attente est énorme mais la fatigue est immense. Il y a une très grande lassitude dans la communauté universitaire. » Détricoter ce qui a été fait pourrait, selon elle, ajouter de la crise à la crise.

 

« Il faut sortir des postures. Je ne pense pas que l’on puisse avoir comme seule ligne politique la destruction de ce qui a été fait », ajoute, un peu agacé, Vincent Peillon, en charge de l’éducation dans la campagne de François Hollande. « Personne ne demande que tout soit piloté d’en haut. Mais il faut passer de la concurrence à la coopération. C’est de la fine dialectique », reconnaît-il. « Il faudra fixer un certain nombre de règles. »

Des réponses pour l’instant bien en deçà des attentes d’une communauté universitaire particulièrement remontée. « Ce que nous demandons, c’est une rupture profonde. Un élément liminaire, c’est l’abrogation de la LRU. Il ne s’agit pas d’infléchir la trajectoire actuellement suivie. Il faut changer de route », prévient Stéphane Tassel, secrétaire national du Snesup. La méthode qui consiste à proposer des assises après les élections ne le convainc guère. «  Je refuse qu’on reporte tout à l’après-présidentielle. Le "faites-nous confiance" ne suffit pas. La communauté qui a lutté dans sa quasi-totalité mérite mieux. »

 

Ne se focaliser, en outre, que sur les questions de moyens ou de gouvernance est un peu court pour le président du Snesup. « Imaginons qu’on garde le canevas de l’autonomie et qu’on augmente les moyens. Rien n’empêchera la pression sur la masse salariale qui a lieu aujourd’hui. Rien n’empêchera une université de prendre un ETP (équivalent temps plein) et payer deux précaires ou alors, à l’inverse, payer deux ETP et un chargé de mission dont on ne sait pas très bien qui l’a choisi », s’alarme-t-il.

 

Une équipe de campagne qui relève du savant mélange

Concernant la recherche, le flou est tout aussi grand. Quel avenir pour l’ANR, l’Agence nationale de la recherche créée sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin ? Cet organisme, qui oblige aujourd’hui les chercheurs à passer l’essentiel de leur temps à courir, souvent en vain, après des financements et institutionnalise dans les faits la précarité, est unanimement décrié. Si les conseillers de François Hollande reprennent à leur compte l’essentiel de ces critiques, la suppression de l’ANR n’est pourtant pas au programme. Ce qui, là encore, laisse dubitatifs nombre de chercheurs.

 

« Je ne suis pas hostile au financement par projet, cela peut notamment avoir du sens pour les jeunes chercheurs. Même s’il faut dire clairement que l’on s’engage sur des financements majoritairement récurrents », précise Bertrand Monthubert, le secrétaire national à l’enseignement supérieur et à la recherche du Parti socialiste, lui aussi ancien président de Sauvons la recherche, et longtemps vent debout contre l’ANR.

Plus que de l’ambiguïté dans la position actuelle du parti socialiste, Bertrand Monthubert y voit une nécessaire subtilité sur des sujets aussi complexes : « Je compte sur l’intelligence des gens. »

 

Concernant l’AERES, l’agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, créée en 2006, les mêmes questions se posent. « Nous demandons un moratoire sur l’AERES qui instaure de la discrimination dans tout le système », souligne Etienne Boisserie, président de Sauvons l’université. En classant les chercheurs, les laboratoires, sur des critères hautement contestables, l’AERES cristallise les critiques. Et, faute d’engagements précis, beaucoup craignent que le PS ne fasse, au mieux, que changer le nom de l’agence tout en gardant son principe.

 

Dans ce cadre, la coexistence dans l’entourage de François Hollande de personnalités très favorables à la LRU et d’autres qui y sont notoirement hostiles sème la confusion. De fait, le staff de Hollande semble tenter un savant mélange entre pro et anti. Si Bertrand Monthubert, ex-président de Sauvons la recherche, ne fait pas stricto sensu partie de l’équipe de Hollande, Isabelle This Saint-Jean a été l’une des figures du mouvement d’opposition à la LRU. Elle apparaît aux côtés de Vincent Peillon au même niveau que l’ancien président de la CPU (Conférence des présidents d’université), Lionel Collet. La présence de celui dont Etienne Boisserie affirme qu’il est celui «  qui a mis à genoux la CPU devant Pécresse » dans l’équipe du candidat socialiste passe plutôt mal.

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:20
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 18:33

In Libération

 

La quasi-totalité des établissements sont désormais sous le régime de la «loi Pécresse». Interviews parallèles du ministre de l’Enseignement supérieur et de la «Madame université» de Hollande.

 

Un amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris. (Sébastien Calvet)

Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et la socialiste Isabelle This Saint-Jean, conseillère auprès de Vincent Peillon pour le supérieur dans l’équipe de campagne de François Hollande, ont répondu séparément aux questions de Libération sur l’autonomie des universités, quatre ans après le vote de la loi l’instituant (la LRU) et alors que, depuis hier, pratiquement toutes sont devenues autonomes.

Quel bilan en faites-vous ?

Laurent Wauquiez : Le principal acquis est d’avoir libéré la créativité et l’initiative des universités. Les présidents et les universitaires ont su se saisir des atouts de l’autonomie. Cette réussite est d’abord la leur. On a aujourd’hui des approches beaucoup plus originales là où avant tout était cloisonné, avec des croisements entre disciplines comme entre droit et histoire de l’art à Paris-II et Paris-IV. On a aussi un meilleur accompagnement des étudiants, avec des prérentrées, des réorientations à mi-parcours en cas d’échec et la disparition des sessions de rattrapage de septembre. L’autonomie, ce sont aussi des universités conciliant un enracinement local et une démarche d’excellence - Clermont-Ferrand, Saint-Etienne, La Rochelle… Enfin, l’autonomie a permis d’améliorer l’insertion professionnelle des étudiants : un tiers effectuent aujourd’hui un stage. La meilleure preuve que l’autonomie, ça marche, est que l’écrasante majorité des présidents d’université ne veut en aucun cas revenir en arrière.

Isabelle This Saint-Jean : La LRU n’est pas une loi d’autonomie des universités. C’est une loi qui met en place un mode de gouvernance hypercentralisé, avec la vision d’une université qui doit être dirigée par un homme et par une équipe. Or c’est une institution qui doit fonctionner sur les principes de la collégialité et de la démocratie. Pour moi, il s’agit d’une fausse autonomie. Les établissements ne se sentent pas libres car ils sont tenus par des moyens financiers insuffisants. De plus, en leur sein, les libertés académiques sont en régression à cause de cette nouvelle gouvernance. Enfin - on vient de le voir -, lorsqu’ils n’arrivent pas à présenter leurs budgets en équilibre, ils sont mis sous tutelle de l’Etat.

Pouvez-vous distinguer les points positifs et négatifs ?

L.W. : Pour moi, le principe de l’autonomie n’a que des aspects positifs. C’est un «plus» incontestable pour les présidents. Avec le recul, ceux qui, les socialistes en tête, il y a trois ans, rejetaient l’autonomie veulent aujourd’hui rattraper le train de l’histoire. On est en train de dessiner le paysage du supérieur pour les trente à quarante ans à venir. Mais l’autonomie, ce n’est pas un coup de baguette magique. Il faut apprendre un nouveau dialogue entre le ministère et les universités. Cela se construit sur la durée et nous en sommes aux travaux pratiques. L’autre point important est que cela suppose un rattrapage, après trente ans de sous-investissement dans le supérieur. Nous avons commencé. Mais cela doit se poursuivre, en fonction des moyens dont l’Etat disposera. D’après moi, on en a encore au moins pour dix ans de rattrapage.

I.T. S.-J. : Je vais avoir du mal à trouver des points positifs. Toute la politique menée depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy est une grande occasion manquée. La communauté universitaire était prête à des réformes. Mais celles menées n’ont pas du tout été celles attendues. En plus du problème de gouvernance, la LRU pose un problème de moyens. Elle a donné des compétences nouvelles aux universités sans que ceux-ci aient suivi. Résultat : les établissements ont du mal à voter leur budget.

Le troisième problème est la mise en concurrence des universités entre elles. C’est absurde. Chaque université appartient au service public. C’est l’ensemble du service public qu’il faut renforcer. La mise en concurrence comme principe d’efficacité ne marche pas. Au lieu d’avoir des cartes de formations équilibrées sur tout le territoire et des chercheurs travaillant ensemble, on fractionne, on déchire le tissu. Et on se retrouve avec un paysage illisible, oùles institutions se superposent, telles un millefeuille : l’ANR (Agence nationale de la recherche), l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), des Pres (pôles de recherche et d’enseignement supérieur), des alliances, des pôles de compétitivité, des fondations… Avec le grand emprunt, on a rajouté des Labex (les laboratoires d’excellence), des Idex (les initiatives d’excellence), etc.

Comment expliquer les problèmes budgétaires de certaines universités ?

L.W. : Sur 150 établissements d’enseignement supérieur [les 81 universités mais aussi tous les autres établissements dépendant de son ministère, ndlr], trois - deux universités et une école - connaissent des difficultés passagères. Je préfère citer les 147 autres pour dire que les universités ont parfaitement su gérer les budgets qui leur ont été alloués. Il peut toutefois y avoir des tensions passagères. L’autonomie, c’est mettre des dépenses en face des recettes. Cela s’apprend et on est en phase d’apprentissage.

I.T. S.-J. : Le gouvernement assure avoir privilégié le secteur en n’appliquant pas la règle du 1 sur 2 [un départ à la retraite sur deux non remplacé, ndlr]. Mais avec la LRU, il le fait faire par les établissements. Etant donné les budgets qu’il leur alloue, les universités qui gèrent désormais leurs ressources humaines, sont contraintes de recourir à des suppressions - le chiffre d’un millier circule actuellement. Et ce n’est pas la faute des présidents : ils font ce qu’ils peuvent avec leur budget.

Nicolas Sarkozy a promis 9 milliards d’euros au supérieur et à la recherche durant son mandat. Promesse tenue selon vous ?

L.W. : Promesse tenue à la lettre ! Le crédit impôt-recherche [des réductions d’impôts aux entreprises qui investissent dans la recherche, ndlr] a augmenté de 3,6 milliards d’euros et l’ensemble des moyens budgétaires, de 4,6 milliards d’euros, notamment pour la revalorisation de carrière (380 millions d’euros), pour le 10e mois de bourse et pour les moyens de fonctionnement des universités qui ont progressé de 23%, soit 2 fois plus en quatre ans qu’au cours des dix dernières années. Le reste des 9 milliards a été dédié à un effort immobilier exceptionnel. Et encore, j’aurais pu incorporer tous les investissements d’avenir [le grand emprunt, ndlr] - environ 13 milliards d‘euros engagés aujourd’hui -, ainsi que l’effort immobilier et l’opération Campus (de rénovation immobilière). Mais pour être le plus transparent possible, je sors tout ce qui est extrabudgétaire. Aux 9 milliards, ce sont 27 milliards qu’il faudrait ajouter. Cette année, on verra d’ailleurs une centaine de chantiers s’ouvrir sur les campus.

I.T. S.-J. : C’est très compliqué d’avoir une vision claire sur les chiffres. Sur ces 9 milliards, il y a convergence pour dire que 4 milliards sont réellement arrivés. Et encore, il faut enlever l’inflation et certaines modifications dans les calculs - on a inclus les retraites par exemple. En plus, il s’agit pour l’essentiel de l’explosion du crédit impôt-recherche, une forme de subvention du secteur privé. Or, peut-être que cela aide les entreprises à ne pas délocaliser, mais dans la réalité, cela ne bénéficie pas à la recherche.

Quant aux 5 milliards annoncés de l’opération Campus, seuls 56 millions d‘euros ont été dépensés au bout de quatre ans. Le grand emprunt, lui, a réservé 18,9 milliards d’euros à l’enseignement supérieur et à la recherche. Mais quasiment rien n’est encore arrivé dans les labos et dans les universités.

Les étudiants n’auraient-ils pas été oubliés ?

L.W. : Il y a eu des gestes importants. On est passé de neuf à dix mois de bourse, on a pratiquement doublé le rythme de construction des logements étudiants, on a mis à niveau des bibliothèques et des centres d’e-learning. Il y a aussi eu un rattrapage entre le sous-investissement pour les étudiants d’université et les moyens mis pour ceux en classes préparatoires. Il reste toutefois deux grands défis: la réussite en licence, et la question de la diversité et de l’ascenseur social.

I.T. S.-J. : Si l’on tient compte des annonces ministérielles mirobolantes, tout a été traité durant ce quinquennat: les conditions de vie et d’études, la santé étudiante, les bourses, la vie culturelle, etc. En réalité, de plus en plus d’étudiants ne sont pas en condition d’étudier. Ils sont obligés de travailler. Et beaucoup, en situation de précarité, ne se soignent pas. On observe un tassement du nombre de jeunes allant dans le supérieur et plus encore de ceux qui y réussissent, et l’on assiste à un recul de la démocratisation du supérieur. Les conditions de vie étudiante ainsi que le premier cycle devront être des grandes priorités de la prochaine mandature.

 

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 21:48

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In Le Monde

 
Le président de la République pouvait espérer  un aboutissement plus éclatant pour l'une des réformes phares de son quinquennat. Tandis qu'au 1er janvier 2012, à quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, 80 des 83 universités françaises seront autonomes, les déboires budgétaires d'une poignée d'entre elles, fin 2011, ont un peu gâché la fête. Les opposants à la réforme n'ont pas manqué de souligner qu'ils "l'avaient bien dit".
 

Il n'en reste pas moins que la réforme arrive à son terme, conformément au calendrier fixé en 2007. Le 1er janvier, huit nouvelles universités rejoignent le peloton des établissements "libres". Elles bénéficieront des modalités prévues par la loi libertés et responsabilités des universités (LRU), portée par la ministre de l'enseignement supérieur d'alors, Valérie Pécresse : gouvernance resserrée autour du président, gestion autonome de la masse salariale et des ressources humaines, voire du patrimoine immobilier. Le ministère de l'enseignement supérieur se réjouit du "succès de la réforme" : "Le désir d'autonomie des universités ne s'est jamais démenti depuis 2007." Les trois établissements manquants (Polynésie, Antilles-Guyane et Réunion) seront autonomes d'ici quelques mois.

 

"L'émancipation est l'idée de fond de cette réforme, rappelle Khaled Bouabdallah, président de l'université Jean-Monnet de Saint-Etienne, parmi les premiers, en 2009, à se lancer dans l'aventure. C'est cela qui compte. C'est une vision de progrès et c'est pour cela que nous y sommes favorables." Dorénavant, souligne-t-il, les établissements sont maîtres de leur avenir.

Une position de principe que Louis Vogel, président de la Conférence des présidents d'université (CPU), reprend à son compte. "L'autonomie, c'est une loi de décentralisation, observe-t-il. Avant, nous ne pouvions créer un poste. Il fallait transmettre la demande au ministère qui donnait ce qu'il pouvait. Aujourd'hui, dans la limite d'un nombre d'emplois et d'une masse salariale définis, il est possible, si la communauté universitaire est d'accord, de supprimer un poste de professeur d'histoire du droit pour créer un poste de directeur informatique. La gestion s'en trouve assouplie, plus proche des besoins, plus réactive." Les trois établissements (Auvergne, Toulouse-I et Poitiers) qui sont déjà parvenus à la forme la plus aboutie de l'autonomie - avec la maîtrise du foncier - ont pu rénover leurs amphis ou construire des locaux.

 

"DIFFICULTÉS PASSAGÈRES"

Pour autant, précise M. Bouabdallah, "sur les modalités de mise en oeuvre de la loi et les moyens, il y a des choses à dire". Là est en effet la limite que beaucoup d'interlocuteurs mettent en avant pour évoquer "un bilan mitigé", à l'instar d'Olivier Beaud, professeur de droit à l'université Panthéon-Assas (Paris-II). "Tout le monde voulait l'autonomie. Alors que la gauche était paralysée par l'UNEF (proche du PS), qui ne voulait rien changer, Sarkozy a fait ce qu'il fallait. Mais la manière dont cela se passe pose plusieurs problèmes", dit M. Beaud, l'un des fers de lance du "groupe des refondateurs" qui, depuis 2009, défend une refondation plus large de l'enseignement supérieur.

 

L'actualité a montré combien "les conséquences économiques de la loi" ont été "mal évaluées", relève M. Vogel. En octobre 2011, des coûts salariaux que les universités ne pouvaient assumer ont obligé l'Etat à débloquer 14,5 millions d'euros. En novembre, une poignée d'établissements était placée, après des exercices 2009 et 2010 déficitaires, sous la tutelle du recteur d'académie. "L'arbre qui cache la forêt d'une réussite incontestable", relativise le ministère. Mais autant d'éléments qui confortent le Syndicat national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Snesup-FSU), pour qui "la loi va de pair avec le désengagement de l'Etat". Confrontés à des dépenses incontrôlables, les présidents "gèrent la pénurie", estime Stéphane Tassel, secrétaire général du Snesup. L'université de Bretagne-Sud a dû geler une vingtaine de postes. C'est également le cas à Rennes-I ou à Limoges, rapporte M. Tassel, qui estime que "1 000 postes sont gelés en France".

L'Etat, pourtant, se défend de tout désengagement. "Le budget des universités a augmenté de 23 % en moyenne" entre 2007 et 2011, précise le ministère. "Mystification !, répond M. Tassel. Les dotations qui arrivent dans les établissements sont bel et bien en baisse."

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 14:28

In Libération 24-12-2011

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 14:51

 

In Le Monde

 

 
La mobilisation contre la circulaire Guéant qui restreint les possibilités, pour les étudiants étrangers ayant fini leurs études en France, d'y rester pour travailler, ne faiblit pas, au contraire. Estimant la circulaire "moralement inadmissible, politiquement dangereuse et économiquement absurde", une soixantaine d'intellectuels, universitaires, réalisateurs, avocats et médecins ont lancé, le 10 décembre, une pétition réclamant son abrogation et intitulée "Notre matière grise est de toutes les couleurs".
 

Sur les 2,3 millions d'étudiants en France, 278 000, soit 12%, sont étrangers, ce qui fait de l'Hexagone le troisième pays d'accueil, derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni. La circulaire du 31 mai signée des ministères de l'intérieur et du travail vient préciser une loi du 24 juillet 2006. Celle-ci offre notamment à un étudiant étranger, la possibilité de rester en France à l'issue de son cursus, pour effectuer sa première expérience professionnelle. Ce sont les conditions pour passer de ce statut d'étudiant à celui de salarié qui sont aujourd'hui restreintes par la circulaire, menaçant potentiellement plusieurs milliers d'étudiants étrangers de reconduite à la frontière.

 

Les signataires de la pétition, dont Patrice Brun, président de l'université de Bordeaux 3, Anne Lauvergeon, ex-patronne d'Areva, Albert Fert, prix Nobel de physique ou Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France, s'engagent à "parrainer" les diplômés étrangers dans leurs démarches et à les "protéger". Pour le cinéaste Romain Goupil, signataire de la pétition, la circulaire Guéant est "le pas de plus, le pas de trop pour désigner l'étranger comme l'ennemi".

 

De nombreux signataires constatent les effets dévastateurs de la nouvelle orientation du gouvernement. L'économiste Thomas Piketty, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, confie qu'il a déjà "le plus grand mal à faire venir des professeurs de l'étranger, même à titre temporaire". Il raconte ainsi les énormes difficultés rencontrées pour accueillir la spécialiste américaine de l'économie de l'éducation, Caroline Hoxby, qui a dû se contenter d'un visa de tourisme.

Le président de l'université Paris-V-René-Descartes, Axel Kahn, renchérit: "La circulaire Guéant bafoue les traditions de la France et va tout simplement contre les intérêts de notre pays, car ces diplômés parmi les mieux formés au monde contribuent à notre compétitivité intellectuelle et économique." Depuis la publication de cette circulaire, le 31 mai, Axel Kahn a dû intercéder pour une quinzaine de cas, comme celui d'une étudiante marocaine, une des mieux classées de la faculté de pharmacie, qui avait obtenu un CDI dans un laboratoire français et a dû y renoncer.

 

 "SUICIDAIRE"

Dès novembre, la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs, la Conférence des grandes écoles et celle des présidents d'universités avaient saisi le premier ministre. François Fillon leur promettait, dans une lettre du 22 novembre, de réexaminer la situation des étudiants étrangers ayant essuyé un refus. Car au sein de la majorité et du gouvernement, la circulaire Guéant ne fait pas l'unanimité. Laurent Hénart, député UMP de Meurthe-et-Moselle, demande "l'adaptation d'une circulaire susceptible de porter atteinte à l'attractivité de nos universités et au rayonnement des entreprises françaises à l'international". Laurent Wauquiez, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, a tenté de rectifier le tir, le 23 novembre, en s'engageant à réexaminer 500 cas litigieux présentés par le collectif du 31 mai, promettant et de les régler d'ici la fin de l'année.

 

Le collectif du 31 mai, qui défend les étudiants étrangers dont les demandes de permis de séjour ont été rejetées, constate pourtant qu'arrivent chaque jour de nouveaux cas: "Ils sont aujourd'hui 940, dont 300 ont obtenu un accord, les autres sont en attente ou refusés, indique Meriem Kadari, porte-parole de ce collectif. Le traitement au cas par cas ne suffit pas." Le président de la Conférence des grandes écoles, Pierre Tapie, constate des changements trop lents dans la politique du gouvernement. "Si la mise en œuvre des consignes de François Fillon n'est pas assez rapide, cela risque d'anéantir huit ans d'efforts pour reconquérir l'élite des étudiants étrangers", plaide-t-il.

Même si on les entend peu, les chefs d'entreprises s'inquiètent eux aussi. Au Medef, Laurence Parisot affirme suivre "de très près" ce dossier, "le message envoyé à l'international n'étant pas valorisant pour nos entreprises". Lors d'une réunion du syndicat professionnel Syntec Informatique, les entreprises du secteur se sont alarmées du problème de pénurie d'ingénieurs : "Nous recrutons 4000 personnes chaque année, dont 60% de jeunes diplômés", indique Jacques Adoue, directeur des ressources humaines de Capgemini France. "Les dossiers de plus d'une centaine de jeunes ingénieurs que nous souhaitons recruter sont bloqués et ils ont été obligés de repartir chez eux", déplorait-il.

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 14:45

In Libération

 

 

S’il y a quelque chose de certain concernant le budget des universités, c’est que plus personne n’y comprend rien ! Un drame en trois actes s’est déroulé sous nos yeux.

  

Acte I : Abondance.

La loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) est votée avec son cortège de moyens : plan licence, plan campus et plus tard grand emprunt. Mieux encore, le Premier ministre promet un plan d’augmentation d’un milliard par an, pendant cinq ans, du budget de l’enseignement supérieur, et un autre plan du même ordre pour la recherche.

 

Acte II : Promesses non tenues.

Les milliards promis ne sont pas au rendez-vous, le plan licence se dissout, pis : une commission parlementaire dirigée par la droite s’aperçoit que, sur les 5 milliards promis, seuls 50 millions ont été versés trois ans après ! C’est un rapport de 1 sur 100.

 

Acte III : La descente aux enfers.

Le ministre rend public une liste de 8 universités en déficit devant passer sous gestion rectorale. D’autres ne peuvent faire face aux coûts salariaux transférés (et sous-évalués). C’est la fin de l’autonomie et le début de la mise sous tutelle.

 

Comment en est-on arrivé là ? Les présidents des universités ont-ils dilapidé les milliards promis ? Non, bien sûr ! Nous payons le prix des promesses imprudentes et d’une politique de communication qui confond l’effet d’annonce et la traduction en actes des nécessités de gestion.

 

Une université, ce sont des étudiants auxquels on doit donner une formation et un passeport pour l’emploi. Comme il s’agit d’une formation universitaire, elle doit s’adosser à une recherche qui n’existe qu’au niveau international. Pour réaliser cela, il faut des moyens aux standards mondiaux et d’abord des enseignants et des chercheurs (mais également des personnels administratifs et techniques), donc des emplois. Il faut aussi des bibliothèques, des salles de cours et l’accès aux technologies de l’information et donc remettre à niveau des bâtiments dont la majorité a été construite dans les années 70 (quand ce ne sont pas des «monuments historiques») et pas ou peu rénovés depuis.

 

La France dépense historiquement moins pour ses étudiants que la moyenne des pays de l’OCDE. Pis, elle concentre ses moyens sur des filières qui n’ont pas de reconnaissance internationale et peu ou pas de recherche : classes préparatoires, grandes et petites écoles, etc. Or le standard international c’est la formation par la recherche et la recherche c’est… l’université !

 

En période de crise, plus qu’à tout autre moment, il faut investir dans l’avenir et dans la compétitivité internationale d’une nation. Il n’y a pas de secret : pour former les cadres de demain, les inventeurs des nouvelles technologies, les ingénieurs, les commerciaux qui nous permettent de concevoir, de créer, de fabriquer et d’exporter des richesses, il faut investir dans notre jeunesse et lui permettre de déployer sa créativité. C’est la seule solution pour maintenir notre économie à flot.

 

Pour cela, il est indispensable que nos étudiants reçoivent une formation aux plus hauts standards internationaux. Il faut plus d’enseignants pour en finir avec les amphithéâtres surchargés, il faut des bâtiments dignes de ce nom (et donc ne pas distribuer 1% des sommes promises), il faut une recherche compétitive et donc en finir avec les coupes claires dans les budgets des universités et de la recherche. Investir dans l’avenir ne doit pas être un slogan, nous demandons des actes.

 

Le groupe Marc Bloch réunit 59 présidents, directeurs d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche, ainsi que des hauts fonctionnaires.

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