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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 14:32

In Libération

Que reste-t-il du sarkozysme? (7) Libération» regarde dans le rétro et décrypte les principales réformes lancées par Nicolas Sarkozy en tant que président. Aujourd'hui, l'enseignement supérieur et la recherche.

Par Véronique SOULE avec Marie PIQUEMAL
 

Dès le début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait promis de faire de l’enseignement supérieur et de la recherche l’une des grandes priorités de son mandat. A l’arrivée, cela donne des universités «autonomes» mais manquant de moyens, des réformes à hue et à dia, et finalement beaucoup de promesses non tenues.

Dessin LuzLa LRU, «la» grande réforme de l’autonomie des universités

A l’origine, secouer un monde immobile

Pour Nicolas Sarkozy, tout le mal vient de 1968. Depuis, estime-t-il, plus aucun gouvernement n’a osé s’attaquer à l’université de peur de mettre le feu aux poudres. Du coup, rien n’a bougé, chacun défend ses petits intérêts et l’université française se retrouve dans les tréfonds du fameux classement international de Shanghai. Or il faut qu’elle brille dans la compétition mondiale. Et pour le président, cela passe par l’autonomie. En même temps, insiste-t-il, l’université doit cesser d’être dans sa tour d’ivoire à former des beaux esprits sans se préoccuper s’ils trouveront ou non du travail. Elle doit ajouter l’insertion professionnelle à ses missions.

Une mise en œuvre, à la hussarde

Le 10 août 2007, après des consultations expresses, le Parlement adopte la LRU – la loi Liberté et Responsabilité des Universités, communément appelée loi sur l’autonomie. C’est la première grande réforme de l’ère Sarkozy. Et un signal symbolique censé montrer que le nouveau président et sa fidèle ministre Valérie Pécresse vont faire bouger l’université comme peu avant eux. Dans la foulée, Pécresse annonce un l’«Opération Campus», un plan pour rénover et bâtir des super-campus.

Mais la communauté universitaire n’est pas vraiment enthousiaste. Un mouvement de protestation débute fin 2008 quand le gouvernement décide de toucher au statut des enseignants-chercheurs. Il propose de «récompenser» les meilleurs (c'est à dire ceux qui publient le plus) en diminuant leurs heures de cours. La réforme de la formation des enseignants (masterisation) ajouté au discours particulièrement méprisant à l’égard des chercheurs en janvier 2009, provoquent d'impressionnantes manifestations. Le plus long mouvement d'universitaires s'achève en juin 2009 sans que la ministre ait lâché grand-chose et laissera un goût amer de défaite.

Les conséquences, un paysage universitaire sens dessus dessous

La réforme, appliquée contre vents et marées, a été officiellement un grand succès. Les universités, qui avaient jusqu’à janvier 2012 pour devenir autonomes, se sont bousculées pour le faire, bien plus vite que prévu, se félicite Valérie Pécresse — de toute façon, la loi les y obligeait… Les présidents se retrouvent à gérer eux-mêmes les ressources humaines de leur université ainsi que la masse salariale (la grande nouveauté de la LRU).

En réalité, ils ont assez vite déchanté. Nicolas Sarkozy avait promis un milliard d’euros supplémentaire chaque année pour le supérieur. Mais après deux ans, l’effort s’est ralenti. A l’automne 2011, plusieurs universités, dans le rouge, ont du être mises sous tutelle de l’Etat. La CPU (conférence des présidents d’université) reconnaît que l’autonomie sans les moyens, ça n’a pas grand sens. Lire ici, et les décomptes sur notre blog: «c'est classe»

Simultanément, pour devenir grandes et visibles sur la scène internationale, les universités ont été invitées à se rapprocher, voire à fusionner. Avec des alliances, des pôles, des réseaux, des fondations, etc, le paysage universitaire est devenu quasiment illisible.

A lire aussi : «Face à face autour des facs», interviews parallèles du ministre de l'enseignement supérieur et de «madame université» de Hollande (publié dans Libé le 2 janvier 2012).

Dessin LuzLa politique d’ «excellence» tous azimuts

A l’origine, «avoir les meilleures universités du monde»

En décembre 2009, présentant le Grand emprunt (rebaptisé ensuite «investissements d’avenir»), Nicolas Sarkozy annonce que 22 milliards d’euros sur les 35 iront à l’innovation, au supérieur et à la recherche ainsi qu’à la formation. Et il s'emballe: «nous allons avoir les meilleures universités du monde». Dans la foulée, sa toujours fidèle ministre Valérie Pécresse indique que des appels à projets vont être lancés pour des Labex (laboratoires d’excellence), des Equipex (équipements d’excellence), des Idex (initiatives d’excellence), etc. Avec à la clé 11 milliards d’euros à se répartir….

Une mise en œuvre, au pas de charge

Si les universités, aux budgets serrés, veulent espérer avoir une part du gâteau, il faut faire vite: les délais pour présenter leurs projets sont serrés. Les lauréats des Labex, des Equipex et surtout des Idex – les 5 à 10 grands pôles universitaires de taille mondiale dotés au total de 7,7 milliards d’euros – sont connus courant 2011. Et les derniers en février 2012. Tout devant être signé avant la présidentielle.

A lire : Les pôles d'excellence au pas de course.

Les équipes qui ont travaillé sur ces projets sortent épuisées. Et certaines n’ont rien décroché. En plus, c’est la confusion autour des fonds promis: quand vont-ils commencer à être déboursés? Et combien exactement? En fait, dans la plupart des cas, ces sommes seront placées par l’Etat, et les heureux lauréats n’en toucheront chaque année que les intérêts.

Les conséquences, un système à deux vitesses

Les 8 lauréats des Idex se trouvent pour moitié en Ile-de-France, les autres en province (Toulouse, Strasbourg,  Bordeaux et Aix-Marseille). Mais tout le Nord et l’Ouest de la France ont été oubliés. On se retrouve avec un paysage totalement déséquilibré, des régions entières sans grands pôles et un écart qui se creuse avec les petites universités exclues de la manne financière.

Pour la ministre, c’est le prix à payer pour avoir des universités bien placées dans le classement de Shanghai. L’ UMP se targue là encore d’un grand succès. Les détracteurs dénoncent, eux, un système à deux vitesses.

Ils s’inquiètent aussi de la part toujours plus grande des financements sur projets, donc ponctuels, au détriment des financements permanents, indispensables pour faire tourner les labos et les facs.

Dessin LuzLe «plan licence», pétri de bonnes intentions

A l’origine, un échec trop important les premières années

Plus d’un étudiant sur deux (52%) inscrit en première année échoue: 30% redoublent, 16% se réorientent et 6% disparaissent dans la nature. Devant ce constat d’échec, Valérie Pécresse lance un «Plan licence» en décembre 2007: il s’agit de mieux encadrer les étudiants, avec tuteurs et profs référents et de leur permettre de se réorienter en cours de première année. L’initiative est plutôt bien accueillie.

Une mise en œuvre, des moyens trop limités

Mais encore une fois, les sommes promises – 730 millions d’euros cumulés sur 5 ans — ne sont pas au rendez-vous. Ou lorsqu’elles arrivent, les universités, libres dans la gestion de leur budget, les utilisent parfois à d'autres fins, jugées plus urgentes.

Seuls changements constatés: des heures de tutorat, en général assurées par des troisièmes années, sont mises en place pour les premières années, et les cours en amphi sont limités au profit de TD. Des bilans sont introduits en fin de premier semestre, les réorientations facilitées. Chaque université faisant un peu ce qu'elle veut, la situation est très variable d'un campus à l'autre, d’où de grandes inégalités.

Les conséquences, des effets limités

Souvent, en réalité, ces «bonnes pratiques», mises sur le compte du Plan licence, existaient déjà. En plus, faute de moyens, les universités n’ont pas pu vraiment muscler la licence. Et elles se demandent aujourd’hui comment assurer les 1500 heures de cours annuelles imposées par le ministère pour la «nouvelle licence». Pour l’Unef, c’est une occasion ratée.

Au final, on est loin du but affiché de diviser par deux l’échec en licence. Le problème du décrochage, notamment des bacheliers professionnels, reste entier. Enfin, au-delà de la querelle des chiffres, les sommes dépensées par l’Etat pour un étudiant de fac sont toujours en deçà de celles dépensées pour un élève de prépa.

Dessin LuzLa vie étudiante, la cinquième roue du carrosse

A l’origine, la montée de la précarité étudiante

Faire des études coûte de plus en plus cher. Les dépenses obligatoires ont encore augmenté de 4,1% à la dernière rentrée, selon une étude de l'Unef, première organisation étudiante. Pour financer leur formation, de plus en plus de jeunes travaillent à côté. Une activité parfois nuisible à leurs études quand elle est trop prenante.

Parmi les problèmes de fond: le logement social étudiant, largement insuffisant. A Paris, première ville universitaire de France, les loyers des petites surfaces ont explosé. Enfin, les aides sociales, comme les bourses, sont faibles et ne permettent pas de vivre, ni de se soigner. Valérie Pécresse, qui se veut la «ministre des étudiants», promet des efforts tous azimuts.

Une mise en œuvre, des vrais gestes et beaucoup de com

La ministre relance la construction et la réhabilitation de chambres universitaires, inaugure des logements dans des conteneurs et dans des casernes désaffectées, vante le logement intergénérationnel… Mais en réalité elle n’a pas la main sur ce dossier, qui ressort du ministère du Logement.

A lire : Logement étudiant, des promesses à revendre

Pour les bourses, elle se vante de multiplier le nombre d’allocataires. En fait, il s’agit pour l’essentiel de boursiers de niveau 0 — le plus bas échelon qui exempte des droits d’inscription mais ne donne droit à aucun versement. Enfin à la rentrée 2011, après deux ans d’atermoiements, elle introduit le dixième mois de bourse, réclamé par les organisations étudiantes. Cela restera la mesure phare du quinquennat.

Les conséquences, une autonomie toujours lointaine

Des efforts ont été faits, mais cela ne change pas radicalement la situation des étudiants. Les aides au logement (les APL), les seules à ne pas dépendre des revenus des parents, n’ont pas suivi l’inflation. Et les boursiers de niveau 6 – le plus haut échelon – touchent 460 euros par mois, ce qui est insuffisant pour vivre (le seuil de pauvreté est de 954 euros par mois). Pour les étudiants, la ministre a oublié ses promesses de début de mandat pour ne plus penser qu’à l’excellence et à la montée dans les classements internationaux…

Dessin LuzLa «circulaire Guéant», le grand ratage final

A l’origine, baisser les chiffres de l’immigration légale

Obnubilés par la politique du chiffre en matière d’immigration, les ministres de l’Intérieur et du Travail, Claude Guéant et Xavier Bertrand adressent le 31 mai 2011 une circulaire aux préfectures pour qu’elles examinent avec «plus de rigueur» les demandes d’autorisation de travail des immigrés. Sont visés entre autres les jeunes diplômés étrangers, de niveau master ou plus, qui à la fin de leurs cursus effectuaient jusqu’ici une première expérience professionnelle en France.

Une mise en oeuvre, les grandes écoles dans la bataille

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 13:38

In Le Monde

 

 

Par Eric Marty, professeur de littérature contemporaine à l'université Paris-Diderot

 

Depuis la loi d'autonomie de l'université de la ministre de l'enseignement supérieur Valérie Pécresse, jamais les universitaires ne se sont à ce point trouvés dans la servitude. Ce diagnostic empirique pourrait être une petite leçon de philosophie politique : le pouvoir ne donne des libertés que pour mieux se faire obéir, et l'autonomie aura été, en grande partie, un processus par lequel désormais les enseignants du supérieur se surveillent, s'asservissent, se soumettent eux-mêmes, obéissent par anticipation aux menaces par crainte d'être exclus des lieux de décision.

 

Dure et impitoyable leçon qu'on espère falsifiable : c'est lorsque les universités étaient soumises à un pouvoir centralisé, vertical, "soviétique" disaient certains, que nous étions réellement libres. Libres de travailler, libres d'enseigner, de chercher, de publier, de diriger des thèses sans les entraves normatives, bureaucratiques, asphyxiantes que les pouvoirs horizontaux n'ont, depuis, cessé de multiplier.

 

Ce constat est d'autant plus amer qu'il est peu question de l'université depuis le début de la campagne électorale. Si Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, est l'un des rares à proposer la remise en cause radicale des réformes, il ne semble pas déployer, hélas, une vision réellement refondatrice de l'enseignement supérieur et il se limite, en cela comme ailleurs, à une politique exclusivement corporatiste. Plus grave cependant est le flou dans lequel François Hollande, candidat du Parti socialiste, se situe jusqu'à présent. De ses propositions ne ressort qu'une simple amélioration de la loi d'autonomie, visant à atténuer les risques - il est vrai, réels - d'autocratie des présidents.

 

A peine l'autonomie des universités a-t-elle été mise en place dans les établissements que le gouvernement procédait à une succession de réformes et de restructurations autoritaires. La "mastérisation des concours" a été la première étape. Loi absurde visant, pour le recrutement des enseignants, à fusionner, dans un même parcours, un travail de recherche (master) et des épreuves sélectives de concours. Les universitaires étaient chargés, dans l'urgence, de produire de nouvelles maquettes des formations à partir d'informations floues et contradictoires pour un dispositif dont tout le monde savait à l'avance qu'il ne pouvait fonctionner.

 

On connaît ces techniques de management qui visent à déstabiliser le personnel concerné par une restructuration, en le plaçant dans une succession d'impasses. Cette réforme, inventée par Xavier Darcos, a échoué après avoir fait perdre un temps considérable aux enseignants, et avoir déstabilisé durablement les unités de formation (UFR). François Hollande veut apparemment revenir sur cette réforme. Mais il n'expose à aucun moment sa doctrine sur les concours de recrutement, dont toute la logique est désormais à repenser.

Deux questions importantes sont laissées dans le plus grand flou. Alors que jusqu'alors les enseignants étaient évalués individuellement par un unique organisme, le Conseil national des universités, qui a le grand mérite d'être composé d'enseignants élus, de toutes tendances, et qui, de ce fait, parvient à une forme d'équilibre, le gouvernement a inventé des procédures supplémentaires très coûteuses de contrôle tout à fait parasitaires, parmi lesquelles un organisme intitulé Agence d'évaluation de la recherche dans l'enseignement supérieur (Aeres), dont les membres sont nommés et cooptés dans des conditions opaques et chargés d'évaluer les équipes de recherche, les enseignements...

 

L'évaluation permanente, accompagnée d'incitations à l'autoévaluation, selon des normes, des protocoles inventés par des technocrates et doublés par l'enfer informatique, semble davantage avoir pour fonction de justifier l'existence des évaluateurs et de l'institution Aeres que de permettre de dresser un véritable tableau de la recherche en France. Des méthodes bornées peuvent quantifier des résultats mais, en aucun cas, permettre de saisir ce que font réellement les universitaires dont, en outre, le temps est dévoré par ces tâches stériles et abêtissantes d'évaluation. Sur ce point, François Hollande n'a, pour l'instant, lâché que des propos extraordinairement vagues.

 

Plus grave encore est le projet en voie de réalisation de créer des méga-universités par la fusion forcée des établissements actuels, sous l'apparent prétexte de pouvoir concurrencer les universités étrangères sélectionnées par le fameux classement de Shanghaï, alors même que celles-ci n'ont rien des mastodontes que l'on veut créer.

 

Il s'agit en réalité de supprimer des universités, des enseignements, sous le prétexte de doublons, voire sans doute des disciplines jugées non rentables. Sur ce point, la discrétion de François Hollande est d'autant plus inquiétante que, parmi les agents actifs de cette restructuration par bien des côtés destructrice, nombreux sont les jeunes loups sociaux-démocrates de l'université.

 

La confusion a été un outil puissant dans les opérations réformatrices, confusion pratique (accélération du tempo des prises de décision et des délais infantilisants d'exécution, opacité des lieux de décision et filtrage de l'information), confusion politique sur les objectifs des réformes et sur le rôle même des universitaires dans les choix opérés, c'est pourquoi, sans doute, plus que jamais, la clarté est nécessaire.

Comment, dans ces conditions, ne pas réclamer du principal opposant à la politique qui a été suivie pendant cinq ans dans l'université qu'il déclare, clairement, quelle est sa philosophie politique pour l'université de demain.

 

Eric Marty, professeur de littérature contemporaine à l'université Paris-Diderot

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 17:55

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In Appel de Strasbourg

Lettre ouverte à Pierre-Etienne Bisch,

 

Préfet de la région Alsace, préfet du Bas-­Rhin

 

Monsieur le Préfet,

 

Depuis plusieurs mois les services de la Préfecture du Bas-­-Rhin mettent en œuvre sous votre autorité une politique d’expulsion massive des étudiants étrangers, de non renouvellement des titres de séjour et de refus de délivrance d’autorisations de travail. Cette politique s’exerce aujourd’hui sans discernement, touche des étudiants de toutes nationalités, régulièrement inscrits à l’université, et les contraint à interrompre leurs études en cours d’année universitaire. Elle affecte aussi des personnels de notre université ainsi que des étudiants en fin d’étude qui disposent d’un emploi et auxquels vos services refusent de plus en plus souvent une autorisation de travail.
 

Par ailleurs, toujours sous votre autorité, le nombre des arrestations se multiplie, y compris dans les cités universitaires, semant la peur sur notre campus. Mais ce sont encore les procédures administratives de renouvellement des titres de séjours qui sont devenues une intolérable course d’obstacle, laquelle désespère les étudiants les plus courageux et les conduit aujourd’hui à quitter notre université et notre pays pour ne plus y revenir. Nous observons enfin que vos services s’arrogent des droits d’évaluation du cursus des étudiants alors que ceci relève des seules compétences de l’Université et de ses enseignants.  
 

Touts ces faits sont graves. Ils portent atteinte non seulement à l’image et à la tradition d’accueil de notre ville et de notre université, mais aussi à la liberté d’accès au savoir ainsi qu’aux Droits de l’Homme. Cette politique d’exclusion est source de nombreux maux pour des étudiants qui ne sauraient vivre plus longtemps dans la peur permanente de l’arrestation, parfois dans une clandestinité forcée, et constamment dans l’angoisse d’une interruption d’étude ou d’une perte totale de revenus, surtout quand cette politique s’applique aux étudiants les plus démunis et qui ont fait les plus grands sacrifices pour venir étudier dans notre pays.   

 

Le conseil d’administration de l’UdS vous a fait connaître, Monsieur le Préfet, et ceci à l’occasion de plusieurs motions, l’inquiétude de notre communauté ainsi que ses prières insistantes pour que vos services œuvrent avec plus de discernement et plus de respect pour le droit des étudiants. Nous en appelons une nouvelle fois à votre sens de la mesure et à un peu plus d’humanité. 

 

Mais ceci ne saurait suffire. Face à la gravité d’une situation qui crée aujourd’hui des préjudices irréparables, face à la très vive émotion de notre communauté et au-­-delà, devant l’indignation de nombreux citoyens attachés à nos valeurs républicaines, nous vous prions avec solennité de mettre en œuvre dans les meilleurs délais un moratoire sur toutes les procédures administratives d’expulsion engagées contre les étudiants régulièrement inscrits à l’Université de Strasbourg. Nous vous demandons encore de faire cesser les arrestations en cité universitaire. Nous vous invitons enfin à  reconsidérer vos critères de délivrances des autorisations de travail. 
 

Veuillez recevoir, Monsieur le Préfet, nos meilleures salutations.

 

 

UDEES, ADDAL, AFGES, UNEF, SUD Etudiants, SUD Education UdS, A et I-­-UNSA

 

Signature en ligne

 

Lettre Ouverte en pdf

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 12:47

In Médiapart

 

 

La défense des libertés universitaires par la Coordination Nationale des Universités en 2009 se déplace, comme on pouvait l’anticiper[1], au Conseil National des Universités : sa Commission Permanente (CP-CNU), instituée par le gouvernement Sarkozy, vient de commettre ce mercredi 21 mars 2012 une trahison (de plus) en avançant vers la mise en œuvre du décret du 23 avril 2009 combattu par l’immense majorité des enseignants-chercheurs. C’est le processus alambiqué de composition de cette CP-CNU qui  lui enlève toute représentativité dans la communauté universitaire. Cette instance menace l’autonomie des sections disciplinaires du CNU dont il faut maintenant défendre les prérogatives de fonctionnement contre la CP-CNU elle-même ; sa suppression est devenue aussi urgente que celle de l’AERES.

  

Les enseignants-chercheurs à l’université sont spécialisés dans des disciplines scientifiques (informatique, philosophie, génétique, etc.) et élisent, au sein de chacune d’elles, des représentants formant le Conseil National des Universités (CNU) organisé en 77 sections disciplinaires [2] réparties en deux CNU séparés, celui des sciences et celui de la santé. Le premier, dont il est question ici, réunit 58 disciplines dont 32 en lettres & sciences humaines incluant le droit et l’économie et 26 relevant des autres sciences & pharmacie. Mais ces deux domaines ne sont pas séparés, ni institutionnellement, ni symboliquement pour la gouvernance des disciplines, carrières et activités. Le besoin ne s’en faisait pas sentir tant que les 58 sections coexistaient sans structure de coordination transversale : chacune s’occupant, à sa façon, d’évaluer les travaux des enseignants-chercheurs de sa discipline à l’occasion des promotions et des mouvements de carrière.

 

Cette non coordination était d’autant plus utile que les enjeux de régulation de l’enseignement et de la recherche ne sont pas les mêmes selon les disciplines. En particulier les littératures et sciences humaines, sont très dépendantes de la capacité du système à préserver, ou pas, les libertés intellectuelles. Dans ce domaine, le pluralisme des théories et des valeurs, a quelque chose à voir avec la biodiversité : les espèces en voie de disparition, y compris réputées « nuisibles », sont à protéger plus que les autres et sans séparation. Le dispositif sarkozyste d’« évaluation quadriennale » ferait l’inverse, comme l’« agrégation du supérieur » [3] l’a fait en économie et en droit : la disparition programmée, au rythme des départs à la retraite, des keynésiens et des marxistes chez les Professeurs des Universités ; la marginalisation systématique des spécialistes de droit du travail, droit social, droit de l’environnement, droit des étrangers chez les juristes… Les deux débats sont interdépendants et rejoignent celui de la création d’une section disciplinaire de criminologie : on y retrouve la même duplicité droitiste à faire prospérer, sous le masque de l’excellence et de la qualité de la science française, sa cooptation clientéliste et idéologique des « meilleurs ».

Ce problème du rapport au politique est infiniment plus crucial pour les lettres & sciences humaines que pour les sciences de la matière & expérimentales. Les deux domaines ont a défendre en commun une autonomie d’agenda, c'est-à-dire de choix des sujets pertinents tant pour la recherche que pour l’enseignement. Mais une fois ce choix d’agenda effectué, le pouvoir politique n’a pas d’idée ou de souhait quant aux résultats potentiels d’une expérience de chimie ou de biologie, alors qu’il en a en matière de criminologie ou d’économie. Cette différence est considérable et tout alignement de gouvernance entre ces deux domaines détériore le plus faible, c'est-à-dire, aujourd’hui, celui des lettres & sciences humaines inéluctablement victimes des systèmes, évaluatif ou agrégatif, de contrôle centralisé des « mérites » ou de l’« excellence » aussi sûrement qu’il périssait sous le poids des doctrines officielles dans les régimes autoritaires, de types stalinien ou fasciste. L’interdisciplinarité peut produire le meilleur dans la recherche, mais aussi le pire si elle n’est pas correctement maîtrisée dans la gouvernance des disciplines. Pour les lettres & sciences humaines, toute transversalité abusive est aussi mortifère que la subordination politique.

 

TRANSVERSALITE ET SUBORDINATION PAR LA CP-CNU

 

Une première structure qui deviendra favorable à la fois à cette transversalité à et cette subordination fut créée en 2004, avec des motivations différentes, sous la forme d’une Conférence Permanente du CNU (première « CP-CNU »), sans mandat représentatif et sans légitimité académique, comme simple association privée « loi 1901 », à l’initiative de Présidents élus au sein des sections disciplinaires. Il s'agissait alors pour certains d'entre eux (notamment du Snesup) de résister - dans la même perspective que le collectif "SLR" créé à ce moment là, par ailleurs - contre les suppressions et gels d'emplois. D'une simple coordination des sections disciplinaires pour influencer politiquement le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR), la CP-CNU en vint à exercer progressivement une fonction de représentation des sections disciplinaires du CNU elles-mêmes... puis de direction de celles-ci. Coordination, représentation, direction... trois étapes d'une digression d'autant plus imperceptible qu'elle se déroula sur plusieurs années : ce fut le premier coup de force symbolique, aussi insidieux que fondateur, de la CP-CNU comme dispositif (initialement involontaire) de réduction de l’autonomie des sections disciplinaires du CNU.

 

Et ce n’est pas un hasard si cette petite association privée de lobbying devint mandarinale et fut érigée en instance administrative – l’actuelle Commission Permanente du CNU (deuxième « CP-CNU ») –par le gouvernement Sarkozy … et par le fameux décret Pécresse du 23 avril 2009 (art.12) qui institua la CP-CNU dans sa forme administrative actuelle au moment même où il inventait le dispositif dit d’« évaluation quadriennale » permettant de placer sous contrôle politique les enseignants-chercheurs. La principale propriété sociologique de la CP-CNU est de garantir par son mode de composition une orientation politique tendanciellement plus favorable à la droite qu’à la gauche, avec des conséquences intellectuelles lourdes sur l’ensemble des disciplines scientifiques mais surtout sur celles de lettres & sciences humaines.

 

Le phénomène peut être expliqué par comparaison avec le Sénat, élu au « suffrage indirect » à deux degrés (i.e. : les citoyens élisent des grands électeurs – des « notables » : conseillers municipaux, généraux, régionaux, députés – qui élisent des sénateurs). Ce Sénat est généralement plus à droite que l’Assemblée Nationale élue au suffrage universel direct (son basculement à gauche en 2011 est une première depuis 1958). La CP-CNU, dans le monde universitaire, est un équivalent du « sénat » mais avec des caractéristiques aggravées par un suffrage indirect non pas à deux mais à trois, voire quatre degrés ( !) si l’on considère le rôle prépondérant du Bureau de la CP-CNU sur l’ensemble des débats : dans chacune des 58 disciplines, les enseignants-chercheurs votent pour des élus qui formeront les deux tiers de la section disciplinaire au CNU (1er degré) ; le ministre nomme ensuite, à sa convenance, un tiers de membres supplémentaires, généralement plus proches des idées au pouvoir, dans chaque section (2ème degré) ; les membres élus et nommés élisent ensuite des « bureaux » formés de quatre à six personnes suivant la taille des disciplines (3ème degré) et ses bureaux forment ensemble la Commission Permanente du CNU, de 237 membres qui élisent en leur sein, un Président et un Bureau de 12 membres (4ème degré).

On comprendra aisément qu'une instance composée à travers cet alambic de degrés successifs ne peut et ne pourra jamais être autre chose qu’une quintessence de toutes les formes de conservatismes, de notabilités centristes et de mandarinats traditionnels du monde universitaire associés aux formes plus autoritaristes et managériales des idéologies de la droite des derniers décennies.

Ce penchant politique, la CP-CNU l’a eu depuis longtemps et en a fait logiquement un partenaire privilégié du gouvernement Sarkozy à partir de 2007. Elle a servi d’incubateur à de nombreuses réformes inscrites dans la loi LRU ou issues de sa mise en œuvre. Et elle a notamment joué un rôle déterminant dans la validation, au sein de la commission Schwartz, des dispositifs de contrôle politique combattus par les universitaires en 2009. Présidée alors par Jacques Moret (sciences naturelles), la CP-CNU fut représentée au sein de cette commission par Frédéric Sudre (droit public) qui valida officiellement les dispositifs d’évaluation et de modulation inscrits dans le futur décret du 23 avril 2009. Alors que ses collègues se mobilisaient dans plusieurs universités depuis trois mois contre ce projet de décret et que des enseignants-chercheurs de Paris 1 lançaient l’« appel du 12 décembre 2008 » qui prépara la tenue dans cette université de la première coordination nationale des universités un mois plus tard, lançant le mouvement de 2009… Frédéric Sudre, lors de l’assemblée générale de la CP-CNU du 18 décembre 2008, y présentait le Rapport Schwartz [4] auquel il avait participé et justifiait allègrement la distinction « publiants / non-publiants » qui occulte les autres charges, tout en appelant le ministère à fournir les moyens nécessaires à l’évaluation quadriennale des enseignants-chercheurs. Après la publication du décret du 23 avril 2009 créant celle-ci ainsi que la CP-CNU comme institution administrative, il en deviendra, logiquement, le premier président de septembre 2009 à décembre 2011.

 

Après le déclenchement du mouvement universitaire en janvier 2009, sous la pressions des mobilisations dans les universités et au sein même des sections du CNU… la petite association privée de lobbying mandarinal « CP-CNU » va osciller, adapter sa position en fonction des vagues de la tempête universitaire… tirer ses bénéfices de la conjoncture en obtenant de Pécresse une reconnaissance institutionnelle par transformation de l’association loi 1901 « Conférence permanente des CNU » en instance administrative « Commission permanente des CNU » de tutelle des sections du CNU… puis reprendre, dès le mois de juin 2009, sa ligne politique en faveur de la politique gouvernementale et, logiquement, sa place d’interlocuteur privilégié du gouvernement.

Sa légitimité dans la profession était nulle, en particulier parce que les précédentes élections du CNU, datant de 2007, furent très antérieures à la connaissance par les électeurs universitaires du projet gouvernemental. Aucun élu au CNU n’avait la moindre légitimité élective à en parler. La CP-CNU dut le reconnaître, dans une motion du 8 juin 2009 [5], où elle rappela qu’elle n’avait pas de mandat pour mettre en place l’évaluation quadriennale… et c’est pourtant ce qu’elle va faire ensuite, sans le moindre scrupule : 1) elle négociera avec la Conférence des Présidents d’Université (CPU) un  projet de cadrage des rapports individuels d’évaluation quadriennale qui sera rendu public en janvier 2010 [6] ; 2) elle élaborera en 2010 et 2011 un formulaire, validé en CP-CNU du 11 mars 2011, destiné aux sections du CNU pour rendre leurs « avis » en évaluation des enseignants-chercheurs [7].

En particulier, ce formulaire d’avis rendu sur l’évaluation individuelle de chaque enseignant-chercheur a fait l’objet d’un vote en assemblée plénière de CP-CNU le 11 mars 2011. Il s’agissait de choisir entre deux options quant à la formulation des conclusions de toute section sur le travail d’un enseignant-chercheur :

Option n°1 (une option 1 bis disait "négatif" ou lieu "d'alerte") : Avis sur les activités de l’enseignant-chercheur définies par l’article 7. I du décret du 6 juin 1984 modifié.

  • Positif (L’ensemble de l’activité de l’enseignant-chercheur est satisfaisant)
  • Réservé (La section a identifié dans l’activité de l’enseignant-chercheur un ou plusieurs éléments préoccupants)
  • D’alerte (L’activité de l’enseignant-chercheur doit évoluer de manière significative)
  • Avis différé (le rapport d’activité ne fournit pas les éléments suffisants permettant à la section de se prononcer)

Option n°2 :L’enseignant-chercheur satisfait aux obligations statutaires définies par l’article 7. I du décret du 6 juin 1984 modifié.

  • OUI
  • NON
  • Avis différé: le rapport d’activité ne fournit pas les éléments suffisants permettant à la section de se prononcer

La seconde option aurait neutralisé les effets politiques du dispositif. Mais avant même la réunion du 11 mars, le Bureau de la CP-CNU avait pris position en faveur de la première - au motif que le ministère, sinon, pourrait faire pire - et l’assemblée plénière de CP-CNU a suivi la position du Bureau... comme cela se reproduira également en mars 2012.

 

ÉLECTIONS CNU 2011 : ALTERNANCE OU TRAHISON ?

 

Telle est devenue la CP-CNU lorsque s’amorce fin 2010 / début 2011, la préparation des élections de renouvellement des sections CNU. Dans cette préparation, les syndicats d’enseignants-chercheurs vont jouer un rôle central… et notamment deux syndicats :

1) le Sgen-CFDT, aujourd’hui très minoritaire mais réunissant des universitaires proches des présidences d’université d’une part et de la gauche la plus néo-libérale d’autre part, est favorable, depuis l’origine, aux réformes menées par la droite sur le statut des enseignants-chercheurs et a joué un rôle prépondérant, en mars 2009, dans les négociations illégitimes – contre l’avis du mouvement universitaire – du décret de 2009 [8]. C’est aujourd’hui au sein du « Groupe de travail – Évaluation » de la CP-CNU et de son assemblée plénière, le syndicat le plus actif en faveur de l’évaluation quadriennale.

2) le Snesup-FSU est le syndicat majoritaire chez les enseignants-chercheurs… mais sa dimension large et sa position centrale dans l’électorat universitaire a pour contrepartie des clivages importants en son sein entre une droite du Snesup-FSU proche du Sgen-CFDT voire d’AutonomeSup et de QSF et une gauche du Snesup-FSU proche de la FERC Sup-CGT et de Sud Education-SOLIDAIRES. Ce clivage ne se réduit pas à la distinction interne des deux principales tendances, Action Syndicale (majoritaire) et École Émancipée (minoritaire), au sein du Bureau National du Snesup-FSU [9] : ce clivage traverse aujourd’hui, sur le sujet de l’évaluation, la tendance majoritaire.

Au sein du Bureau National du Snesup-FSU la préparation des listes de candidatures a été pilotée par diverses personnes mais notamment par deux : · Dominique Faudot, informaticienne, membre de la deuxième CP-CNU où elle participait à l’ensemble des groupes de travail internes et se socialisait depuis des années dans la convivialité cordiale de cet univers feutré des centrismes mandarinaux ; elle deviendra le 7 décembre 2011 la présidente de la troisième CP-CNU ; · Pierre Duharcourt, agrégé du supérieur en économie, retraité (né le 11 juin 1941), ancien secrétaire général du Snesup de 1977 à 1983, qui tire une position d’influence liée à son ancienneté et à la connaissance qu’elle lui permet des multiples sections… connaissance difficile à acquérir et nécessaire pour piloter des montages de listes syndicales dans ces univers différenciés et complexes que sont les 58 disciplines scientifiques. Il est acquis dès l’origine à une alliance avec le Sgen-CFDT et lorsque, par exemple, j’envisage de monter une liste soutenue par la FERC Sup CGT en section 04 science politique du CNU [10], il m’indique par email du 3 mars 2011 percevoir cela comme une concurrence de la démarche du Snesup telle que lui l’a conçoit : « présenter des listes ouvertes, soutenues par SNESUP, SGEN avec une présence CGT ou Solidaire ». Dans cet esprit-là, comme dans d’autres à la droite du Bureau National du Snesup, il n’y a d’alliance envisageable qu’avec le Sgen-CFDT ce qui renvoie la CGT et SOLIDAIRES aux rôles de supplétifs et aux strapontins correspondants. Et effectivement, dans ces élections 2011 du CNU, ce sont la droite du Snesup-FSU et le Sgen-CFDT qui ont dominé le jeu en présentant le plus grand nombre de listes acquises à leurs idées dans les sections CNU [11].

Après le renouvellement électoral des deux tiers des membres de sections du CNU et désignation par le ministre du tiers restant (bien à droite, évidemment), puis élection sous ces conditions des membres des bureaux de sections, ceux-ci se sont réunis pour élire au sein de la CP-CNU un ou une président-e. Trois candidats se présentent : Frédéric Sudre (juriste) comme président sortant ; Dominique Faudot (informaticienne) pour le Snesup-FSU ; Jean-Louis Izbicki (physicien) pour le Sgen-CFDT. Ces trois candidats, avant le vote, se sont exprimés sur divers sujets et notamment sur l’évaluation quadriennale. De multiples comptes-rendus écrits ont circulé sur les listes de discussion professionnelles :

- Jean-Louis Izbicki (Sgen-CFDT), qui est au CNU, non par l’élection mais la voie de la nomination ministérielle, se déclare "totalement favorable à l'évaluation", et égraine quelques perles : "on ne sait pas comment la faire, c'est vrai, on ne sait pas à quoi elle va servir, c'est vrai, mais ce n'est pas une raison pour ne pas la faire". Il défend l’évaluation notamment au motif que la grande majorité des enseignants-chercheurs n’a rien à craindre, puisqu’elle fait son travail, et parce que si on ne la fait pas, le ministère risque de supprimer le CNU ( !).

- Dominique Faudot (Snesup-FSU) tient un discours hésitant et embarrassé, voire ambigu, tendant à défendre une évaluation comme outil de détection des difficultés et aide aux collègues, en refusant tout formulaire unique et le renvoi aux sections pour la définition des critères, le refus des pourcentages et des notes A-B-C, ainsi que le monopole du CNU dans cette évaluation, tout en demandant une négociation avec le ministère sur les moyens et le calendrier.

- Frédéric Sudre, après avoir défendu allègrement son bilan, indique refuser de procéder à l’évaluation… tant que son usage ne sera pas explicite ni dans ses finalités ni dans ses modalités et tant que la définition des périmètres de compétences de l’AERES et du CNU ne sera pas précisée au bénéfice d’un monopole du CNU. Il ne se préoccupe pas plus des effets de réduction de pluralisme que peut produire ce dispositif que ceux déjà produits par l’agrégation du supérieur dont il est l’un des ardents défenseurs.

Après débats, l’élection a lieu, à deux tours, avec les résultats suivants, sur 158 votants :

-   1er tour : Sudre = 70 ; Faudot = 65 ; Izbicki = 18 ; 2 blancs ; 1 nul

-   Interruption de séance puis Izbicki indique être tombé d'accord avec Faudot, pense qu'on peut travailler avec elle mieux qu'avec Sudre, et que Faudot lui a donné des assurances sur sa présence au bureau (qui nécessite un accord des élus du Snesup en groupe 9), donc appelle à voter pour elle.

-   2ème tour : Faudot = 79 ; Sudre = 77 ; 1 blanc ; 1 nul.

Ainsi le Sgen-CFTD s'est (probablement) clivé en deux : dans l'hypothèse où les électeurs du premier tour pour Faudot et Sudre seraient restés stables dans leurs orientations de vote au second tour (ce qui n'est pas certain), ce sont ceux du Sgen-CFDT qui ont fait la présidence en se partageant à raison de 6 ou 7 pour Sudre et de 9 ou 10 pour Faudot… c'est-à-dire entre deux positions favorables à l’évaluation quadriennale. Et le Sgen-CFTD, militant de l’évaluation, se retrouve aujourd’hui en position centrale et charnière dans la troisième CP-CNU aussi majoritairement acquise au principe de l’évaluation que la précédente.

Les 12 membres du bureau de la CP-CNU vont ensuite être élus au sein de chaque groupe de sections [12] . L’analyse, au regard des liens ou proximités syndicales, de la composition de ce bureau formé en décembre 2011, est importante puisque c’est lui qui va orienter non seulement les textes sur l’évaluation issus du « Groupe de travail – Évaluation » mais aussi le vote lors de l’assemblée plénière du 21 mars 2012 :

  • Groupe 1 : Olivier Nay, PU, section 4 – science politique (liste soutenue par le Snesup-FSU)
  • Groupe 2 : Thierry Come, MCU, section 6 – sciences de gestion (liste soutenue par le Snesup-FSU et le Sgen-CFDT)
  • Groupe 3 : Isabelle Krzywkowski, PU, section 10 – Littératures comparées (liste soutenue par le Snesup-FSU)
  • Groupe 4 : Pascal Montaubin, MCU, section 21 - Histoire, civilisations, archéologie et art des mondes anciens et médiévaux (liste Snesup-FSU)
  • Groupe 5 : Rosane Ushirobira, MCU, section 25 - Mathématiques (liste soutenue par le Sgen-CFDT)
  • Groupe 6 : Jean Orloff, PU, section 29 – Constituants élémentaires (liste sans étiquette)
  • Groupe 7 : Didier Chamma, MCU, section 31 - Chimie théorique, physique, analytique (liste Snesup-FSU)
  • Groupe 8 : Christophe Sauty, PU, section 34 - Astronomie, astrophysique (liste soutenue par le Snesup-FSU, le Sgen-CFDT et le Snpres-FO)
  • Groupe 9 : Jean-Louis Izbicki, PU, section 63 - Génie électrique, électronique, photonique et systèmes (nommé par le ministre Alain Wauquiez puis élu au bureau sur la base d’un accord passé  avec D.Faudot)
  • Groupe 10 : Michel Mathieu, PU, section 68 - Biologie des organismes (liste sans étiquette)
  • Groupe 12 : Gilles Denis, MCU, section 72 - Epistémologie, histoire des sciences et des techniques (liste soutenue par le Snesup-FSU)

 A ce stade, l’hypothèse d’une réelle alternance était encore envisageable… et la réponse à la question posée n’arrivera que trois mois plus tard : les 15 et 21 mars 2012.

 

HIVER 2012 : NOUVELLE TRAHISON A LA CP-CNU !

 

 La suite..

 

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 10:58

In Libération

 

Universités . Les responsables appellent les candidats à se pencher sur leur situation, peu réjouissante.

 

Par Véronique Soulé
 

«J’ai deux craintes : que les candidats à la présidentielle pensent que la réforme de l’enseignement supérieur est faite et qu’ils considèrent que l’université est l’affaire des universitaires, explique Louis Vogel, président de la Conférence des présidents d’université (CPU). Or, la réforme n’est pas finie, et l’université est un élément clé si nous voulons tirer notre épingle du jeu dans la compétition internationale. Mais les politiques en sont-ils conscients ?»

 

Les milieux universitaires redoutent que l’enseignement supérieur soit oublié dans la campagne. Or, après cinq ans de promesses mirobolantes, certains établissements se retrouvent en difficulté financière. Les équipes sont fatiguées des appels à projets incessants auxquels elles ont dû répondre. Et le nouveau paysage universitaire, déséquilibré avec l’émergence de quelques gros pôles mal répartis sur le territoire, inquiète.

 

«Effort». Jeudi, les trois responsables de la CPU - outre Louis Vogel, également président de Paris-II, ses deux vice-présidents, Anne Fraïsse, à la tête de Montpellier-III, et Yvon Berland, à la tête d’Aix-Marseille - ont présenté 20 propositions à partir desquelles ils veulent interpeller les candidats. Au centre, la question du financement. «Malgré un effort incontestable en début de mandat, la hausse du budget qui nous est alloué est désormais inférieure à l’inflation. Nous demandons la reprise du rattrapage pour atteindre les niveaux européens», a plaidé Louis Vogel. Il donne un ordre de grandeur de la hausse attendue : «On dépense 10 000 euros par an et par étudiant en France. Il faudrait atteindre la Suède, qui en dépense 15 000», soit une augmentation de 50%…

Les universités, devenues autonomes après le vote de la LRU (la loi sur l’autonomie) en 2007, dépendent toujours à 90% de l’Etat pour leur financement. Et la CPU a réaffirmé qu’elle tenait à ce «modèle français» d’un «enseignement supérieur considéré comme un bien public», avec des droits d’inscription fixés nationalement et l’absence de sélection à l’entrée.

 

«Echec».

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 18:26

LE PROCESSUS D’IDEX DOIT ÊTRE INTERROMPU IMMÉDIATEMENT

 

Les IDEX sont la dernière étape, après le pacte pour la recherche et la LRU, d’une série de décisions aux conséquences désastreuses pour l’université, les grands organismes publics de recherche et leurs personnels.

 

Pour le Front de Gauche, le processus d’IDEX doit être interrompu immédiatement. Il est illégitime et néfaste.

 

- Illégitime dans son principe car l’université française doit fonctionner dans la coopération et non dans la compétition.

- Illégitime dans sa préparation car les dossiers ont été élaborés dans le plus grand secret en court-circuitant toute instance démocratique.

- Illégitime dans le processus de sélection car l’organisation de l’université française doit être définie en fonction de ses missions par le parlement en concertation avec les instances légitimes du domaine et non par un jury international téléguidé par des intérêts marchands ne satisfaisant pas aux besoins sociétaux du pays.

Illégitime car ne procédant d’aucun texte réglementaire, il est seulement compatible avec son acte de naissance à savoir la LRU.

 

Néfaste car la concentration sur quelques pôles créera des déserts scientifiques et universitaires.

Désastreux pour le service public en amplifiant au niveau du financement la logique du nouveau management européen.

 

Une politique de gauche ne saurait valider des opérations aussi illégitimes et néfaste.

Le Front de Gauche appelle la communauté scientifique à ne pas se laisser impressionner par un gouvernement aux abois.

Il faut dès à présent bloquer toute création d’IDEX pour revenir demain sur cette procédure d’inspiration libérale.

Le Front de Gauche vous appelle à le rejoindre pour construire l’alternative dont toute la science française a besoin.

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 18:16

In C'est Classe !

 

07

 

 

"Si l'école, c'était une question de moyens, alors on aurait l'école la plus performante du monde", va répétant le candidat Nicolas Sarkozy. Paraphrasons-le: "si l'université, c'étaient des promesses de crédits, alors on aurait l'université la plus riche du monde"...

 

A l'heure du bilan, la réforme des universités, présentée comme "la" réforme du quinquennat, apparaît de plus en plus pour ce qu'elle est: beaucoup de gesticulations, des annonces à foison, une litanie de promesses (d'argent), et à l'arrivée bien peu de concret. Une réforme largement en trompe l'oeil, que Nicolas Sarkozy va avoir plus de mal que prévu à "vendre" durant sa campagne. 

 

Avec la réforme de l'autonomie (mise en place par la loi LRU d'août 2007), le milliard d'euros supplémentaire qui devait aller chaque année au budget du sup et la recherche, les plans annoncés à grands fracas comme l'Opération Campus - 5 milliards d'euros pour des "campus d'excellence" - et les Investissements d'avenir  - 22 milliards officiellement pour le sup et la recherche - , on nous annonçait des universités qui allaient enfin briller dans le classement de Shanghai et des campus dont on n'aurait plus à rougir à côté des américains...

 

Que voit-on aujourd'hui ? On pourra brandir tous les chiffres de dotations en capital qu'on veut, la réalité est tenace: des universités dans le rouge, certaines obligées de "geler" des postes (c'est-à-dire ne pas les pourvoir), des étudiants toujours aussi nombreux dans les amphis, avec un lourd échec les premières années, des enseignants-chercheurs et des chercheurs toujours aussi mal payés par rapport à leurs collègues étrangers, des campus pas vraiment rénovés avec des BU fermées le week-end ou après 19 heures, etc. Pas grand-chose à voir avec "les meilleures universités du monde" promises...
 

Même les présidents d'université les plus diplomates ne cachent plus une certaine déception. "L'autonomie, ça ne marche pas sans les moyens", répète ainsi Louis Vogel, le président de la CPU (conférence des présidents d'université) et celui de Paris 2, notamment depuis qu'en novembre le ministère a annoncé que 8 établissements, en déficit, allaient être mis sous tutelle.

 

Revenons au nerf de la guerre: l'argent et "l'investissement-sans-précédent-réalisé-dans le supérieur-durant-le-quinquennat" tant vanté par le gouvernement sortant et les troupes UMP.

L'économiste Thomas Piketty vient de faire dans Libé une analyse du budget de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il l'a complétée lors d'une rencontre avec l'AJE (Association des journalistes Education). Sa conclusion est sans appel: les crédits n'ont pratiquement pas augmenté depuis l'élection de Sarkozy.

 

Reprenons ses arguments chiffrés:

 

La suite...

 

 

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 10:36

In Libération 13/03/2012

 

Au palmarès des mensonges les plus éhontés du quinquennat qui s’achève, l’enseignement supérieur et la recherche occupent une place à part. «Priorité des priorités», «grande cause nationale», «effort financier sans précédent» : les superlatifs n’ont pas manqué pour expliquer au pays et convaincre les médias que le pouvoir en place avait fait de l’investissement dans le capital humain un axe central de sa politique. Pourtant les universitaires n’ont cessé de manifester, et s’apprêtent selon toute vraisemblance à voter massivement pour l’alternance. Alors, qui a raison ? Les enseignants-chercheurs sont-ils d’irréductibles gauchistes, des ingrats incapables de reconnaître quand la droite mène enfin une action positive et leur accorde des moyens supplémentaires ? Ou bien Sarkozy a-t-il de nouveau menti avec un tel aplomb que beaucoup d’observateurs s’y sont laissé prendre ? La vérité oblige à dire que nous sommes une fois de plus dans ce second cas de figure, celui du président affabulateur.

 

Reprenons le fil des lois de finances et des documents budgétaires. En 2012, le budget total de la recherche et de l’enseignement supérieur sera de 25,4 milliards d’euros (soit un peu plus de 1,2% du PIB). Sur ce total, la moitié ira aux formations supérieures et à la recherche universitaire (12,5 milliards d’euros). Cette somme représente la totalité des moyens allant aux universités et aux diverses écoles et instituts, quel que soit leur ministère de rattachement. L’autre moitié ira aux aides étudiantes (2,2 milliards) et aux divers organismes de recherches : CNRS, ANR, Inra, Inserm, mais aussi recherche spatiale, nucléaire, etc. (10,7 milliards).

 

En 2007, la répartition globale était très proche, et le budget total de la recherche et de l’enseignement supérieur atteignait 21,3 milliards d’euros, dont 10,7 milliards pour les formations supérieures et la recherche universitaire. Sur cinq ans, la progression est donc de 19,2% pour le total, et de 16,8% pour la part concernant les universités et écoles. Il faut bien sûr retrancher l’inflation, qui entre janvier 2007 et janvier 2012 s’élève à 9,7%. La croissance réelle atteint alors péniblement 7%-8% sur cinq ans, soit à peine plus de 1% par an. On peut se consoler en notant que c’est légèrement mieux que la croissance du PIB sur la même période. Mais si l’on ajoute à cela que le nombre d’étudiants a lui-même progressé d’environ 5% (passant de 2,2 à 2,3 millions), alors la conclusion est claire. Au cours du quinquennat 2007-2012, malgré les discours, l’investissement dans le capital humain a presque stagné en France. Les rares moyens nouveaux ayant en outre été concentrés sur quelques pôles et au travers d’appels d’offres de plus en plus complexes et bureaucratiques (l’inflation sur le nombre de sigles a largement dépassé celle des budgets : Pres, Labex, Idex, Equipex…), avec au passage la création de structures gigantesques et sans doute ingouvernables (les Idex parisiens atteignent les 100 000-150 000 étudiants chacun, quand Harvard, MIT, Stanford en alignent moins de 40 000. S’imagine-t-on vraiment que cela nous permettra de monter trois fois plus haut dans les classements ?), pas étonnant que les budgets de base aient quant à eux franchement baissé. Pas étonnant non plus que les universitaires, qui a priori savent compter et ont vu autour d’eux les baisses de crédits et les suppressions de postes, et qui souvent ont fait le choix de revenir de pays beaucoup plus rémunérateurs pour eux (ou de ne pas y partir), en aient plus qu’assez de se faire traiter d’ingrats et de nantis.

 

En tout état de cause, ce n’est pas avec ce type de quinquennat que nous allons rattraper notre retard sur les pays les plus avancés. En attribuant les moyens des organismes de recherches aux étudiants (ce qui est douteux), on arrive péniblement à une dépense totale de l’ordre de 10 000 euros par étudiant en France, quand les Etats-Unis dépassent les 30 000 euros. A ce rythme, il faudrait plusieurs siècles pour combler un tel fossé ! Que l’on ne s’y trompe pas : c’est grâce à cet investissement dans leurs campus que les Etats-Unis conservent leur suprématie économique et leur influence intellectuelle et culturelle, en dépit des failles de plus en plus évidentes de leur modèle politique et social hyperinégalitaire. Pour que la France trouve sa place dans le XXIe siècle, nous devons enfin faire le choix du capital humain et fixer des priorités budgétaires claires. Avec 6 milliards d’euros, on peut augmenter de 50% les moyens de toutes les universités et écoles - et cela nous préparera bien plus efficacement pour l’avenir que les 6 milliards dépensés chaque année pour subventionner les heures supplémentaires, ou bien les 6 milliards de recettes annuelles perdus en ISF et en droits de successions. Il est plus que temps que la campagne s’empare de cette question avec des engagements précis.

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 17:47

In Le Monde

 

par Josiane Boutet, Bernard Lacroix, Frédéric Neyrat, Olivier Michel et Willy Pelletier, membres du conseil d'orientation de la Fondation Copernic

 

François Hollande n'a toujours pas pris la mesure du mécontentement de la communauté universitaire, malgré l'appel de plus de 6 000 universitaires à rompre avec le néolibéralisme appliqué à l'enseignement supérieur et à la recherche. Son discours de Nancy, le 5 mars, ne remet pas fondamentalement en cause les choix du président sortant ni sur l'"autonomie" des universités, ni sur la mise en concurrence généralisée des établissements, ni sur le financement de la recherche. Le candidat du changement ne changera pas grand-chose ici. Il entérine la loi du 10 août 2007 dite Libertés et responsabilités des universités (LRU), en l'accompagnant d'un saupoudrage budgétaire supposé la rendre moins insupportable. Rien de surprenant : ses conseillers, à l'image de Philippe Aghion ou de Robert Gary-Bobo, ne manquent pas de louer le bilan de Nicolas Sarkozy, comme dans un récent numéro de Challenges (23 février) où ils lui attribuent ses meilleures notes, 14/20 pour l'enseignement supérieur et 14/20 encore pour la recherche. On croit rêver.
 

Car un nombre considérable de chercheurs et d'universitaires ne veulent plus de la LRU. Plus que jamais, ils refusent cette autonomie dont on a trop oublié qu'elle fut inventée par un ministre gaulliste des années 1968 pour faire pièce aux revendications trop radicales d'une jeunesse turbulente.

 

L'autonomie s'entendait autonomie pédagogique, autonomie administrative et autonomie financière. Cinq ans après, les ravages de la LRU sont manifestes. Les trois aspects de l'autonomie ont été rigoureusement inversés. Sous couvert de "responsabilités", l'Etat transfère des charges, comme pour les collectivités locales. L'autonomie s'est traduite pour le plus grand nombre des universités, par des difficultés financières accrues. Une dizaine d'universités sont en quasi faillite. L'Université de Nantes vit ainsi sous la tutelle du recteur. Curieuse conception de l'autonomie.

 

Les universités, autonomes mais sous tutelle, en sont réduites, malgré des sous encadrements pédagogiques sectoriels avérés ou des sous encadrements administratifs attestés à réduire les postes offerts, à limiter leur offre de formation pour colmater un budget précaire et à augmenter le prix des inscriptions en facultés. Beau résultat.

 

A tous les étages, il n'y a rien à garder de la LRU. Le regroupement en pôles de recherche et d'enseignement supérieur pour satisfaire à des impératifs de ranking dans des classements internationaux au demeurant fort contestés, s'effectue sans consultation des universitaires intéressés, ni sur les disciplines réunies, ni sur les volontés de travailler en commun. Les effets sélectifs du système se trouvent redoublés par l'invention de hiérarchies "d'excellence" supposée, alors qu'il s'agit d'accompagner un nombre d'étudiants plus élevé, en les encadrant mieux. Sans parler de la destruction de la formation des "maîtres". Faute de redresser la barre, c'est toute une faillite morale, radicalement étrangère aux valeurs du monde académique, dont la Révision générale des politiques publiques et le new public management sont les instruments.

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 12:39

In Educpros

 

C03-24Que pensent les Français de leurs universités ? A l'occasion du salon de L'Etudiant de Paris (du 9 au 11 mars 2012), voici en exclusivité les résultats du premier baromètre EducPros Campus communication Ipsos sur l'université en pleine campagne présidentielle. Si les Français interrogés restent massivement attachés à cette institution, croyant à son excellence, les réformes lancées sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy n'ont, à leurs yeux, pas porté leurs fruits. Décryptage des résultats de ce sondage à la veille du lancement d'une campagne de communication sur l'université par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

 

Le message n'est pas passé. La réforme de l'université, présentée comme la réforme phare du quinquennat de Nicolas Sarkozy, peine à convaincre les Français, selon le premier baromètre EducPros Campus communication Ipsos, réalisé en février 2012, à deux mois des élections présidentielles.

Une opinion négative sur l'insertion professionnelle après l'université

 

Parmi les chantiers prioritaires de Valérie Pécresse, alors ministre de l'Enseignement supérieur, l'insertion professionnelle à la sortie de l'université, inscrite dans les missions de l'institution depuis la loi LRU, reste perçue négativement par l'écrasante majorité du panel interrogé. 72% des sondés estiment ainsi qu'on ne trouve pas facilement un emploi après un diplôme universitaire de niveau master. Et ce malgré la très forte communication gouvernementale autour de l'enquête "insertion" des diplômés des universités (90% des diplômés en emploi à 30 mois du diplôme).

Echec également à emporter l'adhésion sur l'amélioration de la réussite en premier cycle, promise par le plan Licence. Seuls 40% des Français interrogés pensent qu'on réussit mieux qu'avant en premier cycle, contre 44% qui se prononcent dans le sens l'inverse.

 

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