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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 20:16

In Rue89

 

Les enseignants sont appelés ce mardi 12 février à une nouvelle grève nationale pour réclamer le report de la réforme à 2014.

 

Raccourcir les journées de 45 minutes et rétablir l’école le mercredi matin ? Une mesure coûteuse et trop rapide, pour beaucoup de collectivités locales.

 

La réforme des rythmes scolaires, cheval de bataille du ministre de l’Education Vincent Peillon, rencontre une réaction relativement homogène chez les élus locaux. Ils craignent avant tout la menace de recrutements coûteux et d’un casse-tête logistique pour les mairies, mais pas que.

 

1 Manque de personnel, manque d’argent

 

Laurent Derrien est directeur général adjoint des services de la mairie de Castelginest (Haute-Garonne), près de Toulouse. C’est une commune de moins de 10 000 habitants à « l’endettement faible » ; 300 enfants de primaire et maternelle y sont scolarisés, encadrés par une vingtaine d’animateurs. Laurent Derrien s’occupe des questions de petite enfance et d’éducation. Excédé par la pauvreté du débat sur les rythmes scolaires, il a sollicité Rue89 pour exposer le point de vue des communes.

En cas d’application du décret en septembre, il craint « un doublement de la fréquentation de la plage périscolaire ». Comprendre : si la classe finissait à 15h45, la grande majorité des enfants, que les parents récupèrent habituellement à 16h30, viendraient gonfler l’effectif des garderies.

Ce trou creusé par l’Education nationale, explique Laurent Derrien, c’est la mairie qui va devoir le boucher avec du personnel qualifié. Garderie ? Animations culturelles et/ou sportives ? Chat perché dans la cour ? Personne ne sait exactement, mais il faudra débourser des dizaines de milliers d’euros :

« Un animateur qualifié nous coûte environ 17 000 euros à l’année. Avec la réforme, il nous en faudra sept ou huit de plus à Castelginest. D’après mes calculs, rien que le fonctionnement de la cantine le mercredi nous coûtera 80 000 euros supplémentaires. »

Pas assez d’aide de l’Etat

Sans compter le coût des transports scolaires le mercredi, autre compétence laissée à la charge des mairies. Et ce n’est pas la dotation de 250 millions d’euros pour 2013-2014, promise aux communes qui appliqueront le décret en septembre, « goutte d’eau dans l’océan de dépenses à venir », qui apaise le scepticisme du fonctionnaire :

« C’est hypocrite de dire que les enfants pourront faire autre chose qu’aller en garderie, sans en donner les moyens aux collectivités. »

A quelques centaines de kilomètres de là, Michel Houel, président de l’Association des maires de France (AMF) de Seine-et-Marne et sénateur-maire (UMP) de Crécy-la-Chapelle, tient le même discours.

Concernant sa commune, où résident un peu plus de 5 000 âmes, « financièrement à l’aise », il a déjà fait un rapide calcul : la réforme lui coûterait 70 000 euros. Il dispose de « quatre ou cinq animateurs qui interviennent le midi ». Pour couvrir les plages horaires nouvellement libres, il lui en faudrait vingt au total.

« L’AMF France estime le coût de la réforme à 150 euros par élève », explique-t-il, « une charge que la dotation ne compensera que d’un tiers, et de manière temporaire. En plus l’Etat va nous raboter de 2 milliards d’euros... »

Michel Houel, après concertation, est tombé d’accord avec les maires des 514 communes de Seine-et-Marne. Il réclame :

  • une « aide pérenne » du gouvernement, face à des dépenses importantes et durables ;
  • « pas de pénalité financière » pour les communes qui reportent l’application à 2014.

Pour l’élu UMP, si les objectifs de la réforme sont louables, son exécution l’est moins :

« Personne ne critique le bien-fondé de la réforme, mais les maires ont le sentiment qu’elle se fait dans la précipitation. »

2 « Un flou artistique »

 

A Schœlcher, quatrième commune de Martinique, les problématiques sont exactement les mêmes qu’en métropole. Chantal Beaucelin est adjointe au maire, en charge de l’éducation et la petite enfance. Elle aussi estime que la mairie « n’a pas les moyens budgétaires » de concrétiser la réforme des rythmes scolaires.

Elle-même directrice d’école, elle décrit un environnement avec beaucoup de « difficultés sociologiques ». Lorsqu’elle discute avec les parents d’élèves et avec ses enseignants, elle constate qu’ils comprennent mal les enjeux et l’intérêt du décret :

« Tout le monde se demande à quoi ça rime. Les parents ne comprennent pas en quoi gagner trois quarts d’heure par jour aiderait leurs enfants à réussir. Les enseignants ne se sont pas encore approprié la réforme, ils craignent de ne pas avoir assez de temps pour suivre les élèves en difficulté. »

Elle déplore un « manque de communication » de la part de l’Etat.

« Il faudrait préciser à quoi serviront ces 45 minutes : éducation ou temps éducatif ? Il faudrait aussi définir clairement les contraintes, les limites entre le domaine de l’Education nationale et la compétence des collectivités locales. Si je me fie aux initiés, ils sont encore dans le flou artistique. »

L’élue schoelcheroise plaide donc pour un délai supplémentaire pour la mise en œuvre de la réforme.

 

3 Une réforme précipitée ?

 

A Lyon aussi, on s’interroge sur les modalités d’application du décret. 2013 ou 2014 ? Le maire socialiste Gérard Collomb ne s’est pas encore prononcé. La ville dispose de 300 vacataires, tous statuts confondus. Il lui en faudrait 600 pour répondre aux critères de la réforme – un coût estimé à 5 millions d’euros.

Yves Fournel, adjoint au maire, voudrait comme ses homologues des « assurances précises » de l’Etat, ainsi qu’une aide pérenne « modulée en fonction des difficultés des communes ». Et puis, « si on veut faire de la qualité, il ne faut pas juste rajouter trois quarts d’heure », argue-t-il, « il faut travailler sur l’ensemble de la journée. »

Il se montre cependant moins catégorique sur le caractère prématuré de la réforme. L’urgence est avant tout, selon lui, de revenir sur la semaine à quatre jours instaurée en 2008 :

« La réforme de 2008 s’est faite en trois mois, sans aucune concertation, et a changé le mode de fonctionnement de 80% des communes. Ici, il y a eu un an de discussions avec Luc Chatel, six mois avec Peillon, et les conclusions sont les mêmes, il n’y a pas 50 solutions ! »

4 « On ne s’est pas attaqué au vrai problème »

 

Pour les fonctionnaires contactés par Rue89, Vincent Peillon s’attaque aux symptômes plus qu’à la maladie. La réforme, selon eux, devrait s’accompagner d’un projet éducatif plus global, plus ambitieux, pour remporter l’approbation. Chantal Beaucelin (Schœlcher, Martinique) :

« Lorsque j’interroge des enfants sur ce dont ils ont besoin, leurs réponses tombent à côté de ce dont nous disposons. Ils me parlent vécu, nouvelles technologies, sorties. »

Laurent Derrien (Castelginest, Haute-Garonne) :

« On ne s’est pas attaqué au vrai problème. Ça m’a l’air d’un projet plus politique que pédagogique, une manière de revenir sur ce que la droite a fait en 2008. C’est dommage, parce que sur le fond, il y avait un vrai objectif pédagogique. »

Il trouverait plus logique d’alléger les journées de classe en allongeant les semaines de cours – en d’autres termes, réduire les périodes de vacances. Michel Houel le rejoint sur cette solution... épineuse et plus difficile encore à envisager.

 

5 Qu’en pense Paris ?

 

La suite...

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 18:42

In Sud Education

 

http://www.sudeducation.org/local/cache-vignettes/L150xH87/siteon0-5018d.pngLe ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, a fait des rythmes scolaires dans le premier degré le point central de sa « refondation » de l’école. La semaine d’école passerait à 4 jours et demi en y ajoutant le mercredi matin. Pour maintenir un temps de classe de 24h pour les élèves, deux « solutions » : soit augmenter la pause de midi et terminer l’école à 16h30, soit terminer plus tôt et assurer la prise en charge par les mairies jusqu’à 16h30.

 

Cette réforme est présentée comme étant dans l’intérêt des élèves mais :

- En réalité, les journées à l’école seront toujours aussi longues, avec une demi-journée en plus même si une partie se fera dans le cadre d’activités périscolaires. Des activités périscolaires destinées à remplacer le temps d’école – jusque-là gratuit – qui pourront être facturées aux familles !

 

- Pour éviter aux mairies de « trop »embaucher, la ministre des sports a décidé d’augmenter le taux d’encadrement par les animateurs pour les activités périscolaires : le seuil actuel, qui est d’un adulte pour 10 enfants de moins de 6 ans et un pour 14 au-delà de 6 ans, passera à 1 pour 14 et 1 pour 18. Quelle qualité des activités avec autant d’enfants ? Cela empêche aussi d’emmener les enfants en sortie scolaire...

 

- Enfin, l’égalité ne sera pas assurée partout : les mairies n’auront pas toutes les mêmes moyens pour mettre en oeuvre les activités périscolaires.

 

Cette réforme n’allège donc pas la semaine des élèves, crée des inégalités entre les villes (prix et qualité des activités périscolaires), et alourdit le travail des personnels de l’éducation et de l’animation. Pourtant, le décret sur les rythmes scolaires a été publié le 26 janvier malgré le vote défavorable des instances de l’éducation et la mobilisation des personnels qui a démarré très fort au mois de janvier.

 

Au-delà de la question des rythmes scolaires, le projet de loi d’orientation présenté par Vincent Peillon en conseil des ministres le 23 janvier n’offre pas les garanties nécessaires, à une amélioration réelle des conditions de travail des personnels et d’étude des élèves :

 

- Les véritables créations de postes (6770) restent très en-dessous des besoins après les 80000 postes supprimés depuis 5 ans et avec l’augmentation actuelle du nombre d’élèves. Le nombre d’élèves par classe va nécessairement continuer à augmenter, les groupes restreints et l’aide spécialisée aux enfants en difficultés sont menacés de disparaître.

 

- Les projets de décentralisation (école maternelle et primaire, orientation scolaire, enseignement professionnel) constituent une rupture dans l’égalité d’accès à l’éducation dans les territoires, égalité dont doit être garant le service public.

 

Après des années de destruction du service public d’éducation, on est donc bien loin de la véritable « refondation » qu’attendent pourtant l’Union Syndicale Solidaires, sa fédération SUD Éducation et les personnels. C’est pour toutes ces raisons, et non par un « corporatisme » brandi par certains, que l’Union Syndicale Solidaires soutient l’appel unitaire des fédérations de l’éducation, dont SUD Éducation, à la grève le 12 février prochain.

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