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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 17:37

 

 

IRLES (Institut Régional de Lutte contre l'Echec Scolaire)

 

 Ca ressemble à un Rased... mais en mieux :  IRLES et RASED - Des actions différentes pour un but commun :  La réussite scolaire

 

Les RASED rassemblent des psychologues scolaires et des professeurs des écoles spécialisés. Ils sont membres à part entière de l'équipe enseignante des écoles où ils exercent. Ils interviennent auprès des élèves de la maternelle au CM2, en classe ou en petits groupes.
L’Institut IRLES rassemble des psychologues cliniciens, des neuropsychologues, des neuropédiatres, des psychomotriciens, des orthophonistes, des spécialistes en gestion mentale, des orthoptistes, des audioprothésistes, des graphothérapeutes, des pédopsychiatres. Les enfants rencontrés sont âgés de 3 ans à 14 ans à ce jour, compte tenu des normes imposées par les batteries d’épreuves.

Au niveau des RASED, les outils d’évaluation sont généralement :


- Epreuves d’évaluation des compétences et performances scolaires (évaluation des compétences scolaires, évaluations du langage oral, évaluation du langage écrit, évaluation logico-mathématique, évaluation des connaissances scolaires) essentiellement.
- Epreuves psychométriques générales de type QI ("WISC IV", "WPPSI") essentiellement.
- Epreuves projectives adaptées à l’enfant ("CAT", "Patte Noire" principalement).

Au niveau de l’Institut IRLES, les outils d’évaluation sont :


- Epreuves d’évaluation du fonctionnement intellectuel et cognitif :
- Echelles d’intelligence générale (échelles non verbales, échelles d’intelligence de WECHSLER, nouvelle échelle métrique de l’intelligence, échelle différentielle d’efficience intellectuelle),
- Evaluations des troubles envahissants du développement,
- Test de facteur g (raisonnement, matrices, etc.).
- Epreuves d’évaluation du développement psychomoteur (schéma corporel, évaluation du mouvement, motricité gnosopraxique, évaluation de l’écriture...).
- Epreuves d’évaluation neuropsychologique :
- Batterie Neuropsychologique de l’enfant,
- Evaluations de la mémoire,
- Evaluations de l’attention et de la concentration,
- Evaluations des fonctions exécutives,
- Evaluations neuropsychologiques du langage,
- Evaluations de la perception visuelle, spatiale, et des praxies.
- Epreuves de motivation et d’intérêt.
- Epreuves d’évaluation de la personnalité :
- Evaluations psychopathologiques,
- Evaluations dépression, stress, anxiété,
- Diagnostic de personnalité,
- Evaluations des compétences sociales et des capacités d’adaptation,
- Evaluations projectives adaptée à l’enfant : test de socialisation, dynamique personnelle, scéno-test, évaluation des mécanismes de défenses liés à l’échec scolaire.
A celà, il faut ajouter toutes les épreuves et évaluations inhérentes au différents professionnels du réseau qui leurs sont propres (orthophonie, psychomotricité, etc.).


... mais ça revient un peu plus cher aux familles (à 40€ la séance plus au moins 200€ pour faire l’analyse...) : Coûts et Honoraires  
Les honoraires pratiqués par les professionnels au sein de l'IRLES sont ceux en vigueur dans les professions correspondantes et dans la région.
Chaque consultation à l'IRLES est facturée au prix de 45€, quel que soit son objet (anamnèse, évaluations psychométriques et/ou neuropsychologiques, restitution des conclusions du bilan, rééducations neuropsychologiques...).
Les consultations ne sont pas prises en charge par la Sécurité Sociale, néanmoins certaines mutuelles prennent en charge une partie ou même l'intégralité de chaque consultation. Pour cela, contactez votre mutuelle.
Les consultations ou séances de rééducation chez certains professionnels (par ex. psychiatres, orthophonistes, orthoptiste, etc.) sont prises en charge par l'assurance maladie et donc remboursées.
Aucune prescription de la part de votre médecin traitant n'est nécessaire pour une consultation ou un bilan complet à l'Institut IRLES.
Les consultations à votre domicile sont possibles, avec frais de déplacement à la charge des parents (ou tuteur légal). Pour en savoir plus, nous contacter.
Ce que vous ne payez pas :
- Les déplacements éventuels à l’école pour les réunions pédagogiques.
- La participation de l'IRLES aux staffs interprofessionnels.
- Les prises de contact avec les professionnels de notre réseau.
- Le temps passé à la cotation des évaluations.
- La rédaction des différents bilans et compte-rendus.
 
C'est chouette, non ?
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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 17:32

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 22:01

Les enseignant-e-s du groupe scolaire Romain Rolland/Noyer Grenot ont appris lundi 3/01 par un coup de téléphone de l’inspectrice de la 13ème circonscription Choisy/Orly - 94 ( qui s’est dit  « vraiment, vraiment,  désolée… ») que l’IA envisageait de supprimer le dernier poste d’enseignant spécialisé (adaptation)  dit « surnuméraire » du groupe scolaire Romain Rolland (ZEP, 2 élémentaires, 2 maternelles, 767 élèves, 1 CLIS, 1 CLIN).


Le lendemain à 12h nous étions 37 enseignant-e-s réuni-e-s sur l’une des écoles et nous avons décidés de :

- demander une audience en urgence à l’IA  

- diffuser une pétition

- diffuser une lettre de parents

- Se réunir, protester, se battre, RESISTER


Comme l’a si bien dit une camarade de RASED :

« Nous personnels des RASED considérés comme Restes Ajustables Soumis à Extinction et Disparition, on veut tout conserver et même on en veut plus !


Et Roland GORI « l’appel des appels »


« C’est à la manière dont une société traite les plus vulnérables de ses enfants que se révèlent la substance éthique de ses valeurs et de son lien social »

CA SUFFIT

 

On ne peut pas accepter la primauté de la logique comptable, d’une vision à court terme qui fait de la réduction de la dette un véritable grigri pour justifier une course vers le mur de l’inégalité où fatalement s’écraseront les plus faibles.

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 17:22

Le collectif de défense des Rased organise

un rassemblement

mercredi 15 décembre à 17h00

square du métro Solférino à Paris

Il s’agit d’allumer trois mille bougies symbolisant les trois mille postes Rased supprimés. Un appel sera lancé par le collectif pour trouver des suites départementales dès la rentrée de janvier.

 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 18:25

In Sud-Ouest

 

Réunis en colloque, les enseignants spécialisés contre l'échec scolaire s'inquiètent de l'avenir des réseaux d'aide aux élèves en difficulté.

 

 En marge du colloque, les enseignants ont manifesté leur soutien à l'école publique et aux Rased. PHOTO Xavier Léoty

En marge du colloque, les enseignants ont manifesté leur soutien à l'école publique et aux Rased. PHOTO Xavier Léoty

Ils sont 9 000 en France. Professeurs des écoles, ils ont suivi une formation particulière pour travailler au sein des Rased, ces Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté, qui, depuis vingt ans, luttent contre l'échec scolaire. À l'heure où le dispositif est menacé, la Fédération nationale des associations de maîtres E (Fname) tient son colloque national à La Rochelle. Rencontre avec son président, Gérard Toupiol.

« Sud Ouest ». La Cour des comptes parle de 20 % d'élèves en grande difficulté, un rapport parlementaire de 40 %. Qu'en est-il exactement ?

Gérard Toupiol. Nous évaluons à 15 % le nombre d'élèves qui rencontrent des difficultés par rapport aux apprentissages fondamentaux. Ces difficultés, dans les milieux populaires, s'accroissent avec le temps. Les garçons sont les plus touchés, sans doute parce qu'ils se plient moins facilement que les filles aux exigences de l'école.

 

Puisqu'il en est à nouveau question, seriez-vous favorable à un dépistage précoce des enfants ?

Dépistage est un terme médical que nous récusons. En revanche, ce qui est au cœur de notre mission, c'est la prévention. À nous de repérer au plus tôt les enfants en difficulté pour mettre en place, avec leur enseignant, des réponses adaptées.

 

16 000 suppressions de poste en 2011 dans l'Éducation nationale, dont 9 000 dans le primaire. Les Rased sont-ils à nouveau menacés de disparaître ?

 

La suite...

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 07:35

In Café Pédagogique

 

 

Dans une nouvelle académie, les Rased vont faire les frais des suppressions de poste.

 

Rappelez-vous : début octobre, le Café annonçait que dans une académie de l'ouest, l'inspecteur d 'académie avait déjà classé les enseignants en Rased comme disponibles pour des remplacements, ce qui donnait à penser que, classés officiellement inutiles, ils seraient sacrifiés à la prochaine rentrée parmi les 16 000 postes qui doivent quitter le budget de l'éducation nationale.

 

L'intersyndicale du Val d'Oise (Snuipp, Se-Unsa, avec le soutien de la Fcpe, du Gfen, de l'Aren et de l'Icem) annonce la suppression de 43 postes de Rased à la prochaine rentrée, sur 293. "Ces nouvelles suppressions combinées aux diminutions drastiques des départs en formations spécialisées, condamnent, à terme, l'existence même des Rased", estime-t-elle. " Comment envisager que les moyens déjà insuffisants consacrés à la lutte contre l’échec scolaire se voient ainsi amputés, alors que les projets ministériels organisent en parallèle une augmentation du nombre d’élèves par classe ? Quel avenir préparons-nous pour ces élèves et pour notre nation si l’Ecole de la République faillit ainsi à ses missions – celles d’une éducation de qualité accessible à tous ?", interroge-t-elle. Elle lance une pétition, déjà signée par Rémi Brissiaud, André Ouzoulias, Brigitte Cosnard et Agnès Thabuy.

La pétition

Avec les RASED, défendre l’idée d’école démocratique

De l'extinction des inutiles dans l'Education nationale…

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 07:26

In Café Pédagogique

"Se passer d’un maitre E, ce serait perdre en intelligibilité pour aborder la grande difficulté dans les apprentissages scolaires. Or l’aide aux enfants qui la subissent ne peut pas être routinière. Elle demande pour chacun d’entre eux de faire effort pour penser sa singularité et pour imaginer un parcours qu’il accepte d’emprunter. " A l'occasion du Forum des Rased, à Paris le 23 octobre, André Ouzoulias explique pourquoi leur suppression atteindrait l'Ecole de la République.


La question principale posée par ce forum est la suivante : peut-on supprimer les RASED ? Or, cette question a deux significations :

1°) Le gouvernement a-t-il les moyens politiques de supprimer les RASED ?

2°) Cela serait-il sans conséquences sur la réussite scolaire des élèves ?


Je ne suis pas un responsable syndical ou politique, mais j’ai quand même envie de répondre à la première question… Oui, le gouvernement a cru qu’il était possible de supprimer les 10 à 12 000 postes des RASED. Il semble bien que leur sort était arrêté en septembre 2008 et que, Rue de Grenelle, on avait programmé la disparition de 2 ou 3 000 postes chaque année jusqu’à l’agonie.


Ceci n’est ni une hypothèse, ni une rumeur, mais bien une information. Nous la tenons d’un excellent connaisseur de la Rue de Grenelle, Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation Nationale et toujours membre actif de l’actuelle majorité parlementaire. On s’en souvient, en septembre 2008, un peu avant l’annonce des suppressions de postes, invité de la matinale d’une radio nationale, il avait dit que l’institution de l’aide personnalisée visait en fait à réaliser une économie massive de postes. Au journaliste qui exprimait sa perplexité (« Comment ces 2 heures d’aide personnalisée peuvent-elles entrainer des suppressions de postes ? »), il avait répondu qu’avec ce dispositif, le ministère pourrait dire que l’enseignant apporte lui-même toute l’aide dont l’enfant en difficulté scolaire a besoin et qu’il rend désormais inutile l’intervention de personnels extérieurs à la classe, comme ceux des RASED.


Du reste, quand Xavier Darcos parlait des réseaux, pour expliquer qu’ils étaient redondants avec l’aide personnalisée, il les présentait comme des « Réseaux d’aide et de soutien aux élèves en difficulté ». Le S de « spécialisé » était systématiquement remplacé par celui de « soutien »… La première fois, ce peut être une erreur. La deuxième fois, ce peut être un oubli. Mais plusieurs fois, c’est forcément un calcul !


En cohérence avec ce point de vue, le MEN expliquait que, pour les enfants qui avaient des troubles psychologiques, il fallait les orienter vers des structures de soins extérieures, notamment les psychothérapeutes des CMPP. La difficulté scolaire étant ainsi réduite à deux cas de figure, la difficulté banale et passagère, qui peut demander un soutien scolaire, ou le trouble psychologique grave, les RASED ne se justifiaient plus ! Argumentation qui a la force de l’évidence pour qui ne connaît pas le sujet…


Pointons en passant, en arrière-plan, une conception de l’apprentissage vu comme une accumulation (à la manière de l’accumulation financière ou du vase qui se remplit) et non comme une trans-formation du sujet. Si on file la métaphore de la plomberie, les difficultés de l’élève ne peuvent alors avoir que deux types de causes : un problème de débit ou une malformation. Nulle trace de cette idée fondatrice de la pédagogie depuis Montessori, Decroly, Freinet, Piaget, Wallon, etc. : les apprentissages scolaires les plus cruciaux sont difficiles parce qu’ils demandent à l’enfant de franchir des obstacles et de renoncer à des représentations premières.


À l’époque, après la réforme des programmes de juin 2008 présentés comme « un recentrage de l’école primaire sur les fondamentaux », après la « libération du samedi matin », après l’institution de l’accompagnement éducatif au collège, de l’aide personnalisée et des stages pour les élèves de CM, Xavier Darcos et son cabinet, se sentant portés par des sondages flatteurs (86 % d’opinions positives dans l’un d’ente eux !), pensaient avoir les moyens politiques d’imposer cette mesure d’économie, qui couvrait la moitié de la rançon exigée par Bercy pour le primaire.


On notera que le gouvernement a utilisé une stratégie de communication similaire avec la réforme de la formation des enseignants : la mastérisation conduisant à élever le niveau de recrutement des maitres de la licence au master, soit deux ans de plus, les lauréats étant ainsi mieux préparés à enseigner, on peut supprimer les 16 000 postes de stagiaires ! Comme le disent certains manifestants de cet automne : « un pas en avant, trois pas en arrière, c’est la politique du gouvernement ».


Le cabinet de Xavier Darcos considérait l’objectif de suppression des RASED comme un objectif raisonnable. Il s’attendait bien sûr à ce que les maitres de RASED résistent un peu, moins toutefois qu’ils ne le firent, mais il tablait sur leur isolement. Les maitres des RASED, pensait-il, ne bénéficieraient que d’un soutien formel des syndicats, d’une solidarité superficielle des autres enseignants et il n’y avait aucune raison pour que les parents s’en mêlent. Vous connaissez la suite… Il y a bien eu des suppressions de postes, mais le gouvernement a soudé les équipes d’école autour des RASED et il a perdu le soutien des familles et finalement de l’opinion. 300 000 personnes qui signent une pétition pour sauver les RASED, c’est inouï ! Les appels qui rassemblent en si peu de temps autant de signataires se comptent sur les doigts d’une main.


Alors, le ministère peut-il demain chercher à supprimer d’un coup un très grand nombre de postes de RASED ? Ce n’est pas impossible. Imaginons Brice Hortefeux nommé ministre de l’éducation nationale dans le prochain gouvernement. Scénario noir… Que ferait-il des RASED, lui qui a déclaré le 22 août dernier : « Je trouve qu’on a trop parlé de l’échec de l’école plutôt que de celui de l’élève qui ne travaille pas assez » ? La pédagogie, voilà l’ennemi ! Étant des « nids de pédagogues », les RASED seraient immédiatement menacés. Comme le dit Maryline Baumard, journaliste au Monde, qui cite le ministre : « Si l’élève est responsable de son mauvais niveau scolaire, à quoi bon consacrer toujours plus de ce précieux argent public pour offrir de meilleures conditions de réussite aux 12 millions d’élèves, quand il suffirait qu’ils passent un peu plus de temps devant leurs manuels ? »


Nous savons bien quel serait le cout d’une telle politique pour les enfants les plus fragiles… Mais supprimer des milliers de postes en RASED, cela aurait aussi, assurément, un cout politique élevé pour le pouvoir. Il n’est pas certain qu’il puisse le payer. Bien sûr, rien n’est écrit, surtout dans cette période de grave crise économique où un pays comme la Grande Bretagne est capable de décider la suppression de 500 000 emplois publics et où le Portugal baisse le salaires des enseignants de 15 %…   Mais si les écoles et les parents se liguaient de nouveau et opposaient leur refus avec force et intelligence, une telle entreprise serait périlleuse pour le gouvernement.


En fait, nous le savons bien, le vrai danger pour les RASED pourrait être plus difficile à circonscrire. Il y a bien des IA qui font du zèle et qui envisagent de supprimer tous les postes de RASED au mouvement de 2011, ainsi que cela a été dit pour la Vienne. Mais comme le montre le document de la DRH du ministère sur les « gisements d’efficience », plutôt que d’aller vers une suppression massive de postes, le cabinet semble tabler désormais sur des « suppressions localisées », notamment des postes vacants, et sur une agonie lente par l’asphyxie des formations. Ce n’est pas moins dangereux, car c’est insidieux. Et c’est bien plus difficile à combattre, surtout si c’est présenté comme une forme de gestion rigoureuse de la dépense publique.


J’en viens à la seconde question :  la suppression des RASED serait-elle sans conséquences sur la réussite scolaire des élèves ?  Pour répondre à cette question, je pourrais me référer aux circulaires qui ont défini les missions des maitres spécialisés et à leurs plans de formation dans le cadre du CAPASH. Mais je préfère parler du travail et de la qualification des maitres spécialisés « en chair et en os », ceux que je connais, que j’ai côtoyés, dans des projets divers au sein des écoles, dans la mise au point d’outils diagnostiques ou dans le cadre de groupes de recherche, en l’occurrence plutôt des maitres E.


Qu’est-ce donc qu’un maitre E ? C’est d’abord un enseignant des écoles. Très souvent, il a une expérience importante au cycle 2. Il connait ce métier qu’il a exercé plusieurs années durant avant de se spécialiser. Il a appris à bien connaître les manières d’être — ou de ne pas être — élève des enfants dont il a été l’enseignant. Cette expérience lui a aussi donné une grande familiarité avec les supports, outils et démarches d’enseignement employés dans les classes, familiarité qu’il ne cesse d’entretenir et de mettre à jour par divers canaux : les échanges avec les collègues spécialisés ou non, les lectures, les formations continues (de plus en plus rares), les sites pédagogiques, les publications et le congrès de la FNAME et, pour certains, la conception d’outils ou de sites Internet…


L’idée de devenir maitre E ne lui est donc pas venue par hasard ; c’est la suite normale de son investissement personnel particulièrement fort dans la réflexion et l’action pédagogiques en faveur de la réussite scolaire de tous les élèves. En ce sens, le maitre E est d’abord un pédagogue.


Mais ces caractéristiques ne sont pas l’apanage des maitres de RASED. Bien d’autres enseignants s’investissent dans leur métier avec la même passion, bien d’autres enseignants — heureusement ! — sont des pédagogues !


Alors qu’est-ce qui fait la spécificité du maitre E ? C’est d’abord, précisément, qu’il s’est spécialisé, dans sa pratique, auprès des élèves en grande difficulté. En tant que professionnel, son attention et ses intérêts sont concentrés sur la compréhension des difficultés scolaires résistantes et sur les moyens d’aider les élèves à les surmonter. C’est le fondement d’une expertise qu’il a construite progressivement.


Il dispose ainsi de gestes professionnels particulièrement adaptés à l’animation de petits groupes d’élèves en grande difficulté scolaire. J’en énumère quelques uns : choisir une situation permettant de mettre ensemble en activité des enfants qui peuvent avoir des besoins différents, la concevoir pour que, même si les enfants aidés sont regroupés en dehors de la classe, ils ne soient pas isolés de leurs camarades et encore moins stigmatisés, penser d’emblée au désétayage, encourager les essais et valoriser les réussites, pointer les erreurs, tout en les dédramatisant, par exemple grâce à des supports autocorrectifs, inciter l’enfant à revenir sur ses procédures, favoriser les échanges entre enfants sur ce même plan des procédures, amener chacun à prendre conscience de ses représentations et, plus encore, qu’il a des pensées, l’aider à former des images mentales, noter ses progrès et les souligner pour l’élève, mais aussi observer les blocages qu’il faudra analyser ensuite à tête reposée. Il faudrait ajouter aussi : assurer le lien avec le maitre de la classe, avec les parents, avec le réseau, avec un intervenant extérieur éventuel… autant de pratiques collaboratives qui jouent un rôle important dans l’efficience du maitre E.


Il faudrait dire enfin que tout cela exprime un désir d’aider les enfants, tous les enfants, à grandir, à s’élever, désir qui se marque dans l’empathie pour les élèves en difficulté scolaire, empathie qui n’est ni apitoiement, ni dénégation, mais effort pour donner sens à une expérience difficile et souvent douloureuse des apprentissages.


Certes, là encore, aucune de ces compétences ou attitudes, prise isolément, n’est l’apanage des maitres E. Mais ici elles font système. Et elles sont instituées : c’est seulement parce que l’institution dit : « cela doit être » que cela peut être. Il faut en avoir conscience : sans la définition des missions du maitre E et sans la réalité de son statut et des pratiques qui en découlent, très rares seraient les enseignants ordinaires à disposer d’un tel répertoire de gestes. Dit autrement, se passer d’un poste E, c’est empêcher que se mette en route la dynamique de formation de ce système de compétences ou le stériliser. Les premiers à en pâtir seraient évidemment les élèves.


Un maitre E, c’est ensuite un enseignant qui a une authentique culture psychologique. Bien qu’il se garde de la posture de l’analyste, du thérapeute ou même de l’interprète, il a des connaissances réelles de la psychanalyse qui peuvent éclairer, chez un enfant, tel comportement, telle réaction ou tel blocage. Il est au fait des principales conceptions du développement, et s’agissant par exemple de l’apprentissage de la lecture, il connaît les travaux d’Emilia Ferreiro, de Jean-Marie Besse, de Jacques Fijalkow, etc. Il est également instruit des recherches en psychologie cognitive les plus connues dans les milieux pédagogiques, par exemple celles qui portent sur la mémoire, sur la catégorisation, sur les troubles du langage, sur l’accès au principe alphabétique, sur les difficultés dans la formation des premières connaissances numériques, etc. Mais ses connaissances ne sont pas purement livresques. Ce sont des connaissances opératoires, des connaissances vivantes, intimement articulées aux exigences du diagnostic, à l’observation continue des enfants et à l’ajustement des situations d’aide.


Se passer d’un maitre E, ce serait alors perdre en intelligibilité pour aborder la grande difficulté dans les apprentissages scolaires. Or l’aide aux enfants qui la subissent ne peut pas être routinière. Elle demande pour chacun d’entre eux de faire effort pour penser sa singularité et pour imaginer un parcours qu’il accepte d’emprunter. Dans le travail du maitre spécialisé, ce moment de l’analyse et de l’observation, ce qu’on appelle aussi évaluation est crucial, mais dans un tout autre sens de l’évaluation que le seul retenu par le ministère, qui multiplie, de la fin de la GS au CM2, les épreuves papier-crayon à visée sommative, fort mal conçues au demeurant.


Où l’on voit que se passer d’un maitre E, ce serait aussi se passer d’un système de compétences où s’articulent savoir-faire, attitudes et savoirs, système de compétences qui travaille lui-même en réseau (le mot est parfaitement juste ici) avec d’autres système de compétences, ceux des autres personnels du RASED. On l’on voit donc que les maitres E ne pèchent pas par vanité en revendiquant le beau titre de psychopédagogues.


Ayant dit tout cela, je n’ai pas encore répondu à la question : peut-on supprimer les RASED ? Disons-le d’abord nettement : on peut bien sûr chercher à améliorer la formation initiale et continue des maitres spécialisés et le fonctionnement des réseaux. Du reste, si le gouvernement était réellement soucieux d’aider à l’amélioration de l’efficience des RASED et plus généralement au perfectionnement de l’école, il développerait la formation continue, il initierait des recherches, il favoriserait la diffusion des innovations les plus prometteuses, etc.

Mais dès maintenant, tel qu’il est, le RASED est irremplaçable auprès des élèves en grande difficulté scolaire ! Combien d’enfants seraient chaque année abandonnés hors du lire sans l’intervention du maitre E, du maitre G, sans l’aide du psychologue scolaire ? Et quelle cohérence y a-t-il à parler de prévention de l’illettrisme d’un côté et à asphyxier les Réseaux d’aides de l’autre ?


Se passer des maitres E et plus généralement du RASED, ce serait non seulement rendre plus difficile le travail des équipes d’école qui devrait faire face à ces difficultés avec moins de moyens humains, moins d’énergie et moins d’intelligence, mais ce serait aussi désarmer l’ensemble des enseignants dans leur pratique quotidienne auprès des élèves « ordinaires ». Dans un court article écrit à la demande de la FNAME il y a deux ans, pensant notamment à la mutualisation des compétences, à la diffusion de celles des maitres E et G dans l’équipe et même à la co-formation, je disais : « Si l’école perd ses maîtres spécialisés, elle va voir se dissoudre l’institution et le réseau d’acteurs et de formateurs qui portent et travaillent la culture professionnelle dans le champ de la difficulté scolaire. […] Finalement, c’est « le travailleur collectif » des écoles primaires qui serait ainsi déqualifié, dépossédé d’un élément fort de sa culture professionnelle. »


L’idée d’une école démocratique est celle qui met debout les maitres spécialisés. Si le gouvernement pense pouvoir en finir avec cette idée, son calcul politique est erroné. Mais c’est une erreur pour laquelle, je n’en doute pas, il bénéficiera bientôt d’actions de remédiation efficace de la part des RASED et des équipes d’écoles.


André Ouzoulias,

professeur à l’IUFM de Versailles, Université de Cergy-Pontoise

Département PEPSSE (Philosophie, Épistémologie, Psychologie, Sociologie et Sciences de l’Éducation)

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 19:33

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 18:22

In Café Pédagogique

 

Le collectif Rased, qui regroupe syndicats (Cgt Educ’Action, Se-Unsa, Sgen-Cfdt, Snuipp-FSU) et associations professionnelles (Afpen, Agsas, Fname, Fnaren), lance une campagne d'actions pour " remettre sur le devant de la scène éducative les besoins en personnels spécialisés (enseignants spécialisés et psychologues scolaires) et les moyens nécessaires pour prévenir et remédier aux difficultés scolaires".

 

Le collectif dénonce l'effondrement des candidats aux  certificats spécialisés. "Le manque de lisibilité sur l’avenir des RASED conjugué aux conditions d’exercice qui ne cessent de se dégrader (zones d'intervention étendues, missions restreintes, frais de déplacement non remboursés) dissuadent par ailleurs les collègues d’occuper ces fonctions". Il demande " un nombre de départs en stage CAPA-SH et DEPS équivalent au nombre de départs à la retraite et aux postes vacants". Il annonce une campagne auprès du ministre et des élus sur l'avenir des Rased.

 

Selon l'AFP, à Vaulx-en-Velin, 8 écoles étaient en grève le 2 septembre pour protester contre la suppression de 3 postes de Rased.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 07:11

In Rased en lutte

 

 

 

Nous avons décidé, nous personnels des RASED considérés comme Restes  Ajustables Soumis à Extinction et  Disparition de ne pas donner ni faire remonter nos chiffres d’activité cette année. Pourquoi ?

 

Une partie  d’entre nous avait déjà décidé de ne plus faire de projets :  sans avenir, pas de projet ! nous refusons maintenant de donner nos chiffres ! On nous somme de faire du chiffre comme si on fabriquait des chaussettes. On nous laisse miroiter qu’avec de bons chiffres, on pourrait peut-être sauver quelques postes et jusqu’à quand ? Mais on a déjà vu ça chez les fabricants de chaussettes justement chez Dim ou Good Year (à moins que ce ne soit Michelin ou Continental ) :

 

Vous n’êtes pas compétitifs ! “Les autre travaillent plus pour moins cher !

 

 

Renoncez à vos 35 h, à vos pauses et à vos primes, ce sont vos privilèges qui vous tuent ! ” Et on renonce, et on commence à regarder le voisin d’un sale œil parce que bien sur, lui qui a pris sa journée hier, il  va faire baisser le rendement et peut-être que c’est notre atelier qui sera fermé et pas l’autre! pourtant nos chiffres à nous sont meilleurs ! Et l’usine ferme quand même !

 

Et on n’a même pas la satisfaction de s’être battus et tenus debout, solidaires et dignes .

 

Les chaussettes en moins, on nous fait exactement la même chose.

On nous sussure qu’avec de “bons” chiffres, sous entendu une “bonne” pratique, on pourrait être sauvés alors que les décisions sont déjà prises. On appelle ça du double lien je crois et ça rend fou.

 

Parce que le comptage c’est le début de  la maltraitance.
Parce que dans notre pratique 1 n’est pas égal à 1.

 

Un enfant un seul, peut nous mobiliser 10 fois plus qu’un autre mais si s’occuper de lui sauve la classe on le fait valoir trente ?

 

Que nous, entre nous, on regarde ce qu’on fait en se servant de nos chiffres accompagnés de nos remarques, certes.  Si par exemple, on s’aperçoit au terme de trois années de travail régulier sur une maternelle qu’on a moins de demandes d’aide sur les CP eh bien tant mieux pour nous et pour les enfants aussi; on aura gagné quelque chose ! Mais pour l’inspecteur, cela voudra dire qu’on a moins besoin de Rased sur cette maternelle puisque les demandes au CP sont en baisse ! CQFD !

 

On n’a pas à prouver notre utilité, on l’a déjà fait, et plus d’une fois. Il existe des études là dessus. Les chiffres, ils s’en serviront de toutes les façons contre nous.

 

Rappel : il existe une étude sur la corrélation entre la taille des classes et la réussite scolaire; ils l’ont mise au pilon! Et notre grand comptable en chef de dire en se rengorgeant; “des études récentes montrent qu’il n’existe aucune corrélation etc..

 

Quelles  études?  il s’en fiche! il dira n’importe quoi:  lui il compte et il enterre!  Et si son prédécesseur ne connaissait pas la règle de trois, lui  en calcul, il ne connait que la soustraction.

 

On n’est pas obligé de se faire du mal en passant notre vie à nous justifier. C’est comme ça qu’on creuse sa propre tombe. Recommençons à croire en nous même sans ces maudites petites croix qu’on nous demande de mettre partout comme si on était les gardien(ne)s  de nos propres cimetières !

 

Attention aussi aux demandes des syndicats qui en CAPD (commissions paritaires)  défendraient mieux les poste s’ils étaient argumentés :

On nous fait encore le coup du “dans l’atelier d’à côté

Au nom de quoi va-t-on décider que le Rased de la 15 B sera supprimé pour conserver celui de la  20°A ? Parce que   si on en est là, je peux aussi aller lui casser les jambes à celle de la  15 A.  Non ?

Nous on veut tout conserver et même on en veut plus ! En matière de nombres de personnels de Rased  moi ma seule ligne politique est celle du poussin masqué de Claude Ponti :

 

“Quand c’est bon c’est jamais trop !”

 

Petite histoire de chiffres pour finir (provisoirement). Avant d’être rééducatrice, je travaillais sur un centre d’enfants handicapés. Une  mienne inspectrice  avait réduit nos effectifs sur le papier d’une manière fort originale : tous mes élèves avaient des séances de kiné, d’orthophonie,  d’ergothérapie  voire de Psy sur le temps scolaire eh bien chaque enfant ne valait plus 1 mais 0, 75 ou pire. Retranchez 3h 10 de 27 h et faites les calculs. Je me retrouvais non pas avec 7 enfants mais avec 5, 82. Ce qui était curieux c’est qu’à l’inverse on ne pouvait pas rajouter les enfants qu’on recevait en post opératoire. Pourtant ça aurait pu être  rigolo de rajouter trois enfants à 92 pour cent sur 32 pour cent de l’année. Et pas question non plus de rajouter les heures de synthèses ou les dimanches qu’on y passait pour ramasser un peu de fric parce que pour une obscure raison de secteur géographique mal défini j’ai travaillé là trois ans avec zéro centimes de subventions pour le matériel scolaire pas même un stylo !

Je me rappelle de la sortie de la chef de service à qui je portais mes doléances :

- “Et comment faisiez vous avant l’invention de l’informatique ?

- Moi : “et vous ?  Avant les scanners ? ”

J’ai toujours refusé d’entériner ce genre de truc mais certaines collègues le faisaient et se cassait la tête à calculer mais que calculait-elle ? la valeur de leur travail ou bien la chance qu’elles avaient de n’avoir que si peu d’élèves ? Ou d’y mettre tant d’énergie et d’abnégation ?

 

Rappelez vous bien : ils parlent d’extinction des psychologues scolaires mais c’est pas les espèces en voie de disparition qu’on comptabilise ? Un tigre, deux lions, un rééducateur, deux psy … les “Hérréros” et les peuples “Patagons” quand on les  éradiquait c’était leurs mains coupées qu’on comptait.

Oh j’ai dit un gros mot ?  mille excuses c’est pas de l’éradication?  C’est de la réorientation sociale …. ou de la revalorisation de potentiel-je-sais-pas-quoi;  j’arrive pas à retenir la nov langue de notre  petit comptable châtelain : désolée.

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Published by Sauvons l'Ecole - dans Rased
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