Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

  Eglise Ecole

 

 

 

 


 



Envoyez vos mails à

 

sauvons.lecole@laposte.net

  

Recherche

Pour voir tous les articles...

Vous ne voyez sur cette page
qu'un article.

Pour voir TOUS les articles
c'est
ici !

ou revenir à la page d'accueil

11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 18:35

in Lexpress.fr

Le ministère de l'Education nationale a beaucoup communiqué, à la rentrée, sur la mise en place d'heures de soutien scolaire dans les écoles primaires... et moins sur les suppressions de postes d'enseignants spécialisés des Réseaux d'aides, qui viennent en aide aux enfants en difficulté. Une décision, confirmée fin septembre, qui fait bondir Bernard Delattre, secrétaire général de l'association Agsas qui regroupe des professionnels de l'éducation.



Avec seize organisations syndicales de l'enseignement, vous demandez au ministère de l'Education nationale de maintenir les Réseaux d'aides aux enfants en difficulté (Rased), composés de psychologues scolaires et d'enseignants spécialisés. Les déclarations de Luc Ferry sur Europe 1 annonçant la suppression programmée des Rased pour des raisons d'économies ont-elles motivé cet appel?

Ce qu'a dit Luc Ferry n'a été que la confirmation des craintes que nous avions au sujet des Rased. Depuis la rentrée 2008, nous avions en effet déjà constaté que le ministère n'avait pas mis autant de postes que d'habitude en formation, et que cette diminution considérable touchait toutes les académies sans exception.

Après l'annonce de Darcos, la main sur le coeur, qu'il avait l'intention d'ajouter deux heures de soutien dans les écoles aux enfants en difficulté, nous n'imaginions pas qu'il allait en fait supprimer dans la foulée des postes de maîtres spécialisés des Rased, dits maîtres E (enseignants spécialisés chargés de l'aide à dominante pédagogique) et maîtres G (enseignants spécialisés chargés de l'aide à dominante rééducative).

Lorsque Xavier Darcos annonce l'ajout d'heures de soutien supplémentaires, il gagne la sympathie du grand public, mais derrière, il supprime l'accompagnement lourd. Qui peut être contre le fait d'ajouter deux heures pour aider les élèves? Personne, bien évidemment. C'est un tour des passe-passe.

Vous ne pensez pas que ces deux heures de soutien hebdomadaires sont une bonne idée?

Je ne dis pas ça. Plus on a de temps pour s'occuper des enfants, mieux c'est. Mais la méthode proposée ne peut en aucun cas être efficace. C'est tout de même un manque total de connaissance de la vie scolaire que de proposer deux heures de soutien, à caser dans la journée, soit le matin, soit le soir, soit pendant la pause déjeuner, et de supprimer les Réseaux d'aides dans lesquels on a des personnes formées pour ça, dont c'est le métier.

Que pensez-vous de l'annonce de Philippe Court -directeur de cabinet du ministre de l'Education nationale- de la réaffectation et la sédentarisation de 3000 postes de maîtres spécialisés pour remplacer les départs en retraites de certains enseignants?

C'est une chose terrible. Le ministère n'a pas encore compris que ce n'est pas une question de chiffres mais une question de méthode. Il ne réfléchit qu'en terme de profits économiques, c'est une démarche comptable: où puis-je supprimer des postes et faire encore plus d'économies?

Ce qu'on va faire à ces personnes, c'est horrible. Voilà des gens dont la vie est dédiée à l'aide des enfants en difficulté. Ce sont d'anciens instituteurs, des psychologues, qui sont sortis de leur classe pour leur formation, qui ont acquis un certain nombre de compétences, qui se sont investis personnellement pendant des années. Si on les oblige à réintégrer ces classes, humainement, ce sera une rupture. Ils vont le vivre très mal.

Bien sûr, théoriquement, le maître spécialisé est un ancien instituteur, mieux formé, ayant un autre regard, donc il peut remplacer un enseignant qui part à la retraite. Mais c'est dénigrer tout le travail qu'il a accompli.

Pourquoi les Rased sont-ils visés en premier par ces réductions de poste?

La tentation était trop forte, parce que ce sont des postes cachés: le public ne connaît pas bien le rôle de ces enseignants qui s'occupent d'enfants en petits groupes. Lorsqu'on supprime des emplois dans une entreprise, lorsqu'on veut gratter quelques économies, on supprime en périphérie, on ne supprime pas les postes visibles. Si on supprime un poste d'instituteur, cela se voit, une classe ferme.

Or ce que n'a pas compris le ministère, c'est que les Rased sont le support de l'éducation nationale. Leur travail s'évalue à long terme. Dans quelques mois, on va se rendre compte que ce qu'a fait Xavier Darcos est catastrophique, en plus d'être méprisant pour la profession.

A titre d'illustration, les parents d'élèves ont reçu cette année un livret d'information du ministère de l'éducation nationale intitulé "guide pratique des parents, donnons des couleurs à la réussite". A la rubrique "Comment votre enfant sera-t-il aidé?", Les Rased ne sont même pas mentionnés. Xavier Darcos ne pouvait pas faire plus symbolique. Les maîtres spécialisés ont donc décidé d'envoyer une lettre, eux aussi, aux parents d'élève, pour dire qu'ils existent, même si le ministre de l'Education nationale n'a pas cru bon de parler d'eux.

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Rased
commenter cet article
11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 17:58

"Une fois n’est pas coutume, je vais m’intéresser « aux autres », je veux dire à ceux qui sont « seulement » en difficulté, et pas handicapés.
 À Pierre, Isman, Léa ou Jessy – qui n’aiment pas l’école, ne s’y sentent pas bien ou n’y apprennent pas ce que l’on veut qu’ils y apprennent. Ceux qui (doit-on déjà écrire « naguère » ?) attendaient avec impatience ces deux fois trois-quarts d’heure par semaine où un adulte un peu plus bienveillant que les autres, ou plus fiable, ou moins accaparé par la gestion quotidienne d’une classe et des 28 bambins la fréquentant, pouvait être, ce temps trop court, à leur écoute ou offrir un cadre contenant à leur révolte, leurs angoisses ou leur peur d’apprendre.
Ceux qui désormais auront à ne pas laisser dépasser leur tête, à faire semblant d’être élève, à se dépatouiller seuls avec des notions hors de portée, à taire leur malaise psychique face à un monde qui n’est pas pour eux ou qu’ils ne comprennent pas.
Ceux qui reproduisent les désastres familiaux, refusent les pressions parentales, se heurtent aux contraintes uniformisantes de l’École, ne savent pas s’orienter dans un monde qui va trop vite et qui les oublie, coûtent trop cher à notre société dont les seules préoccupations boursières actuelles montrent combien elle est construite sur du sable.
Ceux que l’on a abandonnés une première fois dans un groupe qui n’était pas à leur mesure, une deuxième lorsque les aides-éducateurs ont été requis auprès des seuls enfants handicapés, une troisième, désormais, où les enseignants des RASED vont devoir les croiser dans le couloir (« tu me prends aujourd’hui ») et détourner le regard pour dissimuler larmes et colère.3.000 postes spécialisés supprimés, ou 9.000, ou 11.500 ? Qu’importe !
La seule équation qui vaille, ce sont ces 150.000, ces 200.000 gamins, issus souvent, comme par hasard, des ghettos urbains ou des abandons ruraux ; souvent blacks, beurs ou Gaulois de basses extractions sociales comme on n’ose même plus dire, qui, rarement, refusent le système et, le plus souvent, s’épuisent à lui courir après ; presque toujours mal foutus de la vie, pas parce que c’est la Vie, mais parce qu’aucune place ne leur y est laissée. Et ça intéresse qui ? Pas le personnel politique, actuel ou séduit par les transes ségoliennes, dont les lieux de vie, les modes de vie, les ambitions sont à des années lumière de nos cages d’escalier, de nos squats infects, de nos caves pourries, ces lieux qui sont la vie de ces gamins, ces modes qui sont leurs lofts.Pas les électeurs, parents des « autres », de ceux qui vont bien, ou moins mal, qui pensent en secret « pas les miens, ça n’arrive qu’aux autres », veulent que leur tête blonde avance dans le programme et demande à la maîtresse « Pierre, Isman, Léa ou Jessy, on ne pourrait pas les mettre dans une classe spéciale ? ». Pas même les enseignants, malgré l’immense bonne volonté qui est la leur et leur abnégation, qui ont permis au système de tenir jusqu’à maintenant – mais qui sont assommés par la nouvelle organisation de la semaine scolaire, l’accumulation des ordres et des contrordres, l’ampleur de la désespérance des salles des professeurs.
Rien À "Sirer" des Élèves en Difficulté ! Et maintenant ? Résister ? Le bel ouvrage ! Albert Camus, après sa découverte de l’absurdité, entre l’envers et l’endroit du monde, tentait de dépasser la seule révolte impuissante, bruyante et, somme toute, bien commode pour entretenir le statu quo, pour aller vers un monde dans lequel il n’y aurait pas à choisir entre la justice et sa mère.Parce que s’occuper de sa mère (ici, nos gamins qui n’intéressent plus personne), pour lui, c’était faire œuvre de justice, si celle-ci est la préoccupation inlassable pour les plus petits d’entre nous. Ne les oublions pas : ces petits, ce sont nos petits, nous les avons mis au monde, ils sont pour partie ce que nous en avons fait, ils sont leur propre avenir. Et le nôtre aussi, si on veut rester dans une perspective comptable : lorsqu’à notre tour, âgés, usés, lassés, nous serons devenus les petits du monde, alors nous n’aurons qu’eux sur lesquels compter. Nous ne pourrons pas leur en vouloir d’avoir la mémoire trop longue. Et nous ne pourrons qu’espérer que, malgré tout, ils ne nous en voudront pas trop…"

Pascal Ourghanlian
Enseignant spécialisé
Référent pour la scolarisation des élèves handicapés

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Rased
commenter cet article
10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 06:51

"Alors même que vous prétendez faire de la lute contre l'échec scolaire une priorité, cette décision brutale est pour le moins incompréhensible". Le Snuipp, le Sgen et le Se-Unsa ont écrit à Xavier Darcos le 8 octobre pour demander la levée de la suppression de 3 000 postes de maîtres spécialisés des Rased au budget 2009. Le Snuipp demande aux conseils d'école de voter une motion condamnant cette mesure.

Le texte de la motion  Défendons les Rased

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Rased
commenter cet article
6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 20:22

Message d’André OUZOULIAS

à Gérard TOUPIOL, président de la FNAME,

Lundi 29 septembre 2008

 

 

 

Mon cher Gérard,

 

J'imagine que vous êtes assommés par les dernières nouvelles (suppression de près de la moitié des postes d'enseignants spécialisés en RASED). Luc Ferry avait beau l’avoir annoncé, nous avions beau redouter depuis quelques jours que de telles coupes soient inscrites dès le prochain budget, je reste sans voix face à l'ampleur du fauchage. De plus, il faut maintenant considérer comme probable que le gouvernement ne s’arrêtera pas au milieu du gué et qu’il a déjà décidé de supprimer l'autre moitié des postes de RASED dans le budget 2010.

 

C'est un saccage incommensurable : chaque maître spécialisé de RASED représente un trésor de compétences, un appui irremplaçable pour les maîtres et les équipes d'école. Je pense à Ghislaine, à Martine, à Françoise, à Magali… des maîtres E que j'ai côtoyés au cours de ces dernières années et qui m'ont tant appris et j'enrage ! Je pense à tous ceux qui, comme elles, ont acquis une authentique expertise diagnostique et pédagogique sur la grande difficulté scolaire, après des années d'expérience dans le travail auprès d'élèves qui ont des difficultés graves de toutes sortes dans les apprentissages scolaires. Et j'enrage ! Dans les écoles primaires aujourd'hui, personne ou presque ne sait vraiment faire ce travail.

 Si on considère que chacun des 7 000 maîtres E et G de RASED sauve chaque année du désastre, ne serait-ce que 10 gamins de cycle 2, c'est 70 000 enfants qui, au lieu d'être soustraits à l'échec scolaire, seront bientôt pratiquement abandonnés à leur sort. Malgré toute la bonne volonté des enseignants (et elle est grande !), ce n'est évidemment pas deux fois 50 minutes de « soutien » par semaine qui peuvent remplacer une prise en charge spécialisée E ou G, éventuellement au sein même de la classe. Comment croire que le gouvernement souhaite vraiment diviser par 3 le nombre d'élèves en grande difficulté face à l'écrit, s'il raye ainsi d'un trait de plume, sans aucun scrupule, un dispositif dont bénéficient les élèves les plus en difficulté ?

 

Et quelle économie fera-t-on finalement ainsi dans les divers budgets de l'État, si demain, ces 70 000 élèves se retrouvent aux limites de  l'analphabétisme ? Combien de postes faudra-t-il créer en SEGPA dans quelques années ? Combien de classes-relais ? Et dans vingt ans, combien de pauvres, que l'on qualifiera d’« inemployables » et pour lesquels on débattra pour savoir s'il vaut mieux un RMI, un RSA ou une quelconque autre allocation-pauvreté ? Et dans trente ans, combien d'enfants de ces personnes qui, à leur tour… ?

 

Victor Hugo disait : « Ouvrez des écoles, fermez des prisons ». N'est-il pas curieux de constater que, dans le projet de budget 2009, on supprime des milliers de postes d’enseignants, tandis que le nombre de postes de gardiens de prisons est l’un des rares à augmenter fortement ?

 Xavier Darcos pense peut-être que, du fait que les effectifs moyens par classe ne monteront pas significativement et qu'il offre 2 h de « soutien » aux « élèves-en-difficulté », les parents ne s’apercevront de rien et ne diront rien. Mais pour cette fois, je crois qu'il se trompe. Les parents peuvent comprendre qu'il y a là une escroquerie. Si on leur explique qu'en supprimant les psy, les E et les G des RASED, le ministère prend, dans le domaine de l'éducation, une mesure qui reviendrait, dans celui de la santé, à supprimer les spécialistes (ophtalmo, ORL, gastro, etc.) tout en proclamant que les généralistes sauront répondre aux besoins des patients, ils ne laisseront pas faire.

 Les parents des élèves en situation de handicap doivent aussi savoir que la fin des RASED sera une entrave à l’intégration dans bien des écoles, là où des élèves sont intégrés dans des classes ordinaires et où ils bénéficiaient de l’aide d’un maître E ou G au titre de la difficulté scolaire. Ils ne laisseront pas faire.

 Le ministère dit : les maîtres spécialisés « pourront, au sein des écoles et dans le cadre de la nouvelle organisation de la semaine scolaire, traiter au mieux et en continu la difficulté scolaire ». Il ajoute qu’« ils garderont leur indemnité spéciale ». Je crains qu’il veuille rouvrir 3 000 classes d’adaptation à l’année, où l'on mettra les élèves les plus en difficulté, encadrés par les maîtres E sédentarisés. Même chose l’an prochain pour 3 000 autres classes. Pour l’instant, il y a des obstacles juridiques à une telle réforme. Mais aussitôt que la loi sur les EPEP sera adoptée (elle sera débattue en janvier), cela pourrait devenir licite, la classe d’adaptation d’un EPEP pouvant vraisemblablement accueillir des élèves qui relèvent actuellement de plusieurs secteurs scolaires.

 Un tel projet n’aurait d’autre avantage que de faire des économies à court terme. Pour le reste, il serait anachronique et paradoxal : au moment où l’école fait un effort considérable pour intégrer les enfants en situations de handicap, nous serions le seul pays d’Europe à créer des dispositifs pour externaliser le traitement de la difficulté. Y aura-t-il quelqu’un, au ministère, pour démentir cette tentation d’un retour déguisé aux classes de perfectionnement des années 1970 ?

 Un observateur impartial aurait quand même peine à croire que le gouvernement a pris cette décision uniquement pour des raisons budgétaires. N’y a-t-il pas d’autres raisons ? Le ministère a-t-il fait réaliser une évaluation du travail des RASED ? Les personnels des écoles, spécialisés ou non, ont besoin de le savoir. Les parents d’élèves et les citoyens doivent également être éclairés sur ce point, car il s’agit à la fois de l’avenir de dizaines de milliers d’enfants et de la gestion des deniers publics.

 Quoi qu’il en soit, on se pose inévitablement beaucoup d’autres questions : À quoi ressemble ce pilotage de l’institution scolaire, quand on efface ainsi quarante ans d’histoire de l’adaptation scolaire sans aucun débat préalable ? Au moins, le ministre précédent, pour réformer tel ou tel volet de la politique scolaire, commençait-il par demander un rapport à des IG ou à un universitaire ou par réunir des spécialistes lors d’une journée d’études… Que dire de cette façon de bouleverser ainsi l’école, de chambouler l’approche de la grande difficulté scolaire sans consulter ni les personnels, ni l’Inspection Générale, ni les spécialistes, ni même les instances officielles comme le Haut Conseil à l’Éducation ? Quelles autres professions accepteraient d’être ainsi méprisées ? Cette façon d’exiger des personnels qu’ils obéissent sans comprendre devrait-elle être considérée comme le modèle éducatif de ce ministère ?

 Nous avons quelques mois pour susciter un mouvement ample et uni parmi les enseignants et les parents : il s’agit de préserver l’un des moyens les plus efficaces que nous ayons pour travailler à la réussite de tous les enfants. La FNAME peut compter sur mon soutien… et sur mon aide.

 

Amicalement et solidairement.

Bien à toi,

 

 

André OUZOULIAS

professeur à l'IUFM de Versailles-UCP (Université de Cergy-Pontoise),

Département PEPSSE (Philosophie, épistémologie, psychologie

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Rased
commenter cet article
30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 07:29

Luc Ferry l'avait expliqué (lire et écouter ici): la suppression du samedi matin avec pour corollaire l'organisation du "soutien" par les enseignants sert a supprimer des emplois dans le premier degré !

Depuis des mois, on ne parle que de ça dans les couloirs. Les inspecteurs ont beau jurer leurs grands dieux, on craignait le pire. Et l’information est tombée vendredi, avec les prévisions budgétaires : sur les 6000 emplois supprimés dans le primaire, 3000 seront des maîtres E, chargés de l’aide pédagogique, et les maîtres G, les rééducateurs, qui vont être « sédentarisés ». Sans euphémisme, ça doit vouloir dire remis face à une classe.

Les RASED, réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficultés, ont donc du plomb dans l’aile : seuls les psychologues scolaires subsisteront, chargés essentiellement de constituer les dossiers techniques pour la scolarisation des élèves handicapés.

La nouvelle est une bombe, à double titre : évidemment, parce qu’elle implique que les aides apportées aux élèves par les RASED n’auront plus lieu, mais aussi parce qu’elle signifie aux enseignants chargés de classe qu’ils seront de plus en plus seuls face aux difficultés, là où justement ils réclament de l’aide et du soutien pour faire face aux doutes du quotidien.

Corrélé avec la mise en place de la nouvelle organisation scolaire de la rentrée (deux heures de classe remplacées par deux heures de soutien), le message subliminal est donc clair : « pour les difficultés des élèves, débrouillez-vous ».

A un moment où la plupart des écoles rencontrent de grandes difficultés pour mettre en place ce soutien du « 24+2 », où le sentiment de désorganisation côtoie la tentation de tout envoyer balader, le ministre ne sous-estime-t-il pas le risque de faire exploser la cocotte-minute ? A Paris, le 19 octobre, on devrait pouvoir en mesurer plus précisément les premiers impacts.

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Rased
commenter cet article
29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 07:24

Les 13 500 emplois supprimés touchent prioritairement les RASED, les TZR et les stagiaires. Le gouvernement a publié le 26 septembre le projet de loi de finances pour 2009. Il confirme le chiffre de 13 500 suppressions de postes dans l'enseignement scolaire public et privé, 6 000 dans le primaire et 7 500 dans le secondaire (dont 1 000 dans le privé).

Dans le primaire, le gouvernement annonce la création de 500 postes " pour faire face à l’augmentation du nombre d’élèves". Mais parallèlement il supprime 6 500 postes qu'il promet de compenser en mettant en poste fixe  500 personnes mises à disposition d'organismes, 3 000 enseignants stagiaires et 3 000 maîtres des Rased (maîtres E et G). Ces maîtres "pourront au sein des écoles et dans le cadre de la nouvelle organisation de la semaine scolaire traiter au mieux et en continu la difficulté scolaire" nous dit le communiqué gouvernemental. Enfin 500 emplois administratifs sont envisagés pour les directeurs des futurs "établissement publics de l'enseignement primaire" que le gouvernement veut créer.

Dans le secondaire,  le gouvernement annonce 600 nouveaux postes dans "les lycées difficiles". Mais parallèlement  8 100 postes sont supprimés en ramenant sur poste fixe 1450 stagiaires, 1 000 mises à disposition et 3 350 remplaçants. "Une agence du remplacement sera créée afin de professionnaliser le remplacement et de permettre l’optimisation de celui-ci sur l’ensemble du territoire" nous dit le gouvernement. Enfin 2 300 postes sont supprimés grâce à " la prise en compte de l’évolution des effectifs d’élèves". 

Pour Bercy "l’ensemble de ces réformes permettra de maintenir le taux d’encadrement des élèves tout en redéployant les moyens vers les publics prioritaires (élèves en difficulté scolaire ; élèves handicapés notamment)".


Rien n'est pourtant moins sûr, particulièrement pour les enfants nécessitant un enseignement spécialisé. On peut douter que les 2 heures hebdomadaires d'accompagnement par des enseignants non formés compensent le travail des Rased. Ce sont les premiers touchés par le budget 2009.

 
Au total, 30 627 emplois sont supprimés dans la fonction publique d'Etat, l'éducation nationale étant le ministère le plus touché, suivi de la Défense (- 8250) et de l'Intérieur (- 2 953).

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Rased
commenter cet article
20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 12:01

18 septembre 2008
Les RASED sont menacés : 14 organisations lancent un appel.

La mission première du service public d’éducation est d'assurer la réussite de tous les élèves et de contribuer à l’égalité des droits par le respect des différences. La prise en charge des difficultés des élèves à l’école maternelle et élémentaire constitue aujourd'hui une préoccupation majeure de toute la communauté éducative.
Ces difficultés nécessitent des approches différenciées et concertées.
Les RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) ont été créés pour répondre aux besoins particuliers de ces élèves. Leur mission est de contribuer sur le temps scolaire, et en étroite collaboration avec les parents, les enseignants et les partenaires extérieurs, à la prévention et à la remédiation de la difficulté scolaire.

L'équipe du RASED est constituée de trois catégories de professionnels titulaires de diplômes spécifiques : les enseignants spécialisés chargés de l’aide à dominante pédagogique  (psychopédagogues/maîtres E), les enseignants spécialisés chargés de l’aide à dominante rééducative  (rééducateurs / maîtres G), et les psychologues de l’Education Nationale.
Le dispositif RASED permet une analyse approfondie des difficultés de l’élève dans leurs dimensions psychologiques,  affectives,  relationnelles, sociales et cognitives. Le RASED recherche avec l’équipe enseignante et les familles, les réponses et les aides différenciées les plus adaptées d’ordre pédagogique, rééducatif, psychologique. 

Aujourd'hui, les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté sont menacés :
- dans leurs moyens, par une diminution inquiétante du nombre de postes spécialisés,
- dans leur renouvellement, par l’insuffisance de départs en formation de spécialisation,
- dans leur fonctionnement, puisque de nombreux RASED sont incomplets et ne peuvent pas proposer aux élèves les aides spécialisées nécessaires.
- par la confusion entre les aides spécialisées du RASED et l'aide personnalisée apportée par les enseignants des classes.

En effet, le ministère de l’Education Nationale a décidé dès cette rentrée scolaire, de réaffecter une partie des heures supprimées le samedi matin à la mise en place de 60 heures annuelles « d’aide aux élèves rencontrant des difficultés scolaires ». Ces heures d’  « aide personnalisée » contrairement aux aides spécialisées seront dispensées par un enseignant généraliste en dehors du temps scolaire des élèves. Le risque existe que la mise en place de cette aide serve de prétexte au ministère pour supprimer les RASED.  Cette aide personnalisée est d’une nature différente de celles du RASED et ne peut en aucun cas les remplacer.
La confusion entre les deux dispositifs ne serait qu'une manière de réaliser de substantielles économies de postes d’enseignants au détriment des élèves les plus en difficulté.
Le dispositif RASED doit être maintenu, complété et renforcé pour pouvoir continuer à remplir ses missions dans toutes les écoles maternelles et élémentaires au service de tous les élèves qui en ont besoin.

C'est ensemble que nous devons agir pour que le service public puisse offrir dans l’école les aides
spécialisées du RASED pour répondre aux besoins de tout enfant.

Les organisations signataires : : AFPEN (Association française des psychologues de l’Education nationale) ; FNAME (Fédération nationale des associations de maîtres E) ; FNAREN (Fédération nationales des associations des rééducateurs de l’Education nationale) ; FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques) ; PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public) ; ANCP (Association nationale des conseillers pédagogiques) ; ICEM –Pédagogie Freinet (Institut coopératif de l’école moderne) ; AGSAS (Association des groupes de soutien au soutien) ; SGEN CFDT (Fédération des syndicats généraux de l’Education nationale et de la recherche publique) ; SE UNSA (Syndicat des enseignants) ; Union des syndicats autonomes ; SNUipp-FSU (Syndicat unitaire des instituteurs) , professeurs des écoles et PEGC-Fédération syndicale unitaire ; SUD Education (Fédération des syndicats solidaires, unitaires et démocratiques éducation) ; SMedEN FO (Syndicat des médecins de l’Education nationale-Force ouvrière) ; AFPSSU (Association française de promotion de la santé scolaire et universitaire).

Repost 0
Published by sauvons l'école - dans Rased
commenter cet article
12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 07:42
On l'avait tout de suite compris et dénoncé...
Luc Ferry le dit clairement ici :





La suppression du samedi et la semaine de quatre jours, est-ce d’après vous une bonne mesure ?

Cela dépend de quel point de vue on se place. Si on se place du point de vue des performances des élèves, ce n’est pas forcément une chose formidable. Si on se place d’un point de vue budgétaire cette suppression à la fois d’heures et de postes [...] est évidemment défendable. On peut avoir les deux points de vue et dire : "Ces gens de droite sont des gestionnaires au petit pied qui bradent l’enseignement pour des raisons budgétaires misérables" ou on peut dire - ce que je pense personnellement - "les questions budgétaires et de la dette publique sont fondamentales et on ne peut pas exempter l’Education nationale, étant donné le nombre de fonctionnaires qu’il y a dans cette maison, d’un effort y compris sur le plan budgétaire.

En supprimant le samedi, on fait des économies ?

Bien sûr, il faut vraiment être technicien pour le savoir. On peut l’expliquer simplement. Le passage de 26 à 24 heures, même dans le primaire, cela change le nombre de postes. Parce que la suppression des deux heures de soutien pour les élèves en difficulté permet de supprimer les RASED, ou réseau d’aide et de soutien à l’éducation dans les départements. Cela fait économiser 8000 postes. Il faut quand même le savoir. C’est un point très important. C’est cela, l’enjeu de cette réduction, outre le fait qu’évidemment cela fait plaisir aux parents, aux élèves et aux professeurs. Vous avez dans cette mesure un avantage politique et une réduction des coûts budgétaires.

A vous entendre, [la refonte des programmes] est purement idéologique ?

Evidemment, ça donne le sentiment qu'on fait quelque chose, qu'on fait table rase et vous faites plaisir à votre électorat quand vous dites "Ah, on va remettre la grammaire, alors tout le monde est content".

C'est avec ce programme que Xavier Darcos affirme qu'il aura réduit de moitié l'échec scolaire dans trois ans

Ecoutez, je prends les paris, vous voulez bien me réinviter dans trois ans ? Non seulement il ne sera pas réduit, mais je vous garantis qu'on aura 10% de plus d'élèves en difficulté dans trois ans, parce que ça n'a rien à voir avec les programmes de toutes façons. C'est une question de pratique dans les classes. C'est ce qui se passe dans la classe qui est important [...] Et ce n'est pas en supprimant des heures que ça va s'arranger. Qu'on soit obligés de le faire pour des raisons budgétaires je veux bien, mais ce n'est pas comme ça que ça ira mieux, ce n'est pas vrai. On ne peut pas soutenir raisonnablement qu'en supprimant des heures, les élèves vont apprendre plus de choses.
"
Repost 0
Published by sauvons l'école - dans Rased
commenter cet article
5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 20:16

LA SUPPRESSION DU SAMEDI MATIN entraîne 2h d'enseignement en moins pour les élèves alors que le contenu des nouveaux programmes est considérablement alourdi ! Les enseignants qui ont le même temps de travail qu'avant devront prendre en charge les élèves en difficulté le matin , le midi ou le soir. Comment ces élèves déjà stigmatisés apprécieront-ils ces travaux supplémentaires en plus du temps de classe ? Les élèves en difficulté auront-ils, eux aussi, la possibilité de se reposer ? Qu'en sera-t-il des activités sportives ou culturelles programmées sur ces créneaux ? Qui viendra les chercher en dehors des heures habituelles ? Quel sort sera réservé aux élèves qui sont déjà présents sur les temps d'étude payants ? Enseignants et parents doivent répondre à ces questions alors que le ministère, lui, ne se les pose pas!

le_C3_A7on_2B3

 

Nous dénonçons un projet précipité et improvisé dont les conséquences s'avèreront extrêmement lourdes et complexes pour tout le monde.

Repost 0
Published by sauvons l'école - dans Rased
commenter cet article

Qui êtes vous ?
Vous êtes :
Un enseignant du premier degré
Un enseignant du second degré
Un étudiant
Un lycéen
Un parent d"élève
Un simple citoyen
Un chercheur
Un enseignant à l'université
Un fonctionnaire de l'EN (non enseignant) : encadrement, Biatos...
Un élu

Résultats

Visiteurs


 

Actuellement   
visiteur(s) sur le blog

 

 

Sauvons Lecole