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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 21:02

In Le blog des enseignants du primaire

Compte-rendu de Rachel Boutonnet
Déjeuner à l’Elysée
23 février 2009

Devais-je y aller ? Je mentirais en disant que je ne me suis pas posé la question : qu’y avait-il à attendre d’un déjeuner avec un Président de la République et un ministre dont la politique scolaire – en dehors de velléités de réforme des programmes du primaire – sont aux antipodes de ce que je pense indispensable au redressement de l’instruction publique ?

Mais un Président – celui-là ou un autre – et un ministre – celui-ci comme le suivant ou le précédent – sont les représentants de la République et l’on ne refuse pas de les écouter et de leur parler en tant que tels.
J’ai donc accepté de déjeuner à l’Élysée - le repas fut excellent et l’hôte charmant – en compagnie de quelques collègues invités parce qu’ils enseignent dans des quartiers difficiles et ont pour certains écrit, comme moi, des livres remarqués.
Face à nous, le Président Nicolas Sarkozy, Xavier Darcos, Richard Descoings, directeur de Science Po, à la tête de la mission pour la réforme du Lycée, Dominique Antoine et Jean Baptiste de Froment, conseillers de la Présidence de la république.
Les autres invités feront, s’ils le souhaitent, la recension de leurs propos. Je m’en tiens ici à ce que j’ai dit – dans les cinq à six minutes qui m’étaient accordées comme à chacun, à ce qu’il me fut répondu et à mes impressions à la sortie de l’Élysée.

Quand, sur l’invitation du Président, vint mon tour de parler, j’ai commencé par dire qu’au bout de neuf ans d’enseignement, je pouvais témoigner d’une situation préoccupante, autant pour les enseignants que pour les élèves. Les premiers arrivent démunis dans le métier, aussi bien pour ce qui est des connaissances disciplinaires que de la pratique de classe. Quant aux seconds, dans ces conditions, ils sont souvent en dessous d’eux-mêmes, n’apprenant pas autant qu’ils en auraient besoin - et qu’ils en sont capables - pour développer pleinement leur intelligence. Certains accumulent lacunes et incompréhensions, se trouvent pris dans un engrenage d’insatisfaction, de mésestime d’eux-mêmes et d’inquiétude, et arrivent au collège découragés, déconcentrés, parfois en colère, voire violents. Et le nombre de ces enfants difficiles, posant dès le primaire de lourds problèmes de comportement et d’apprentissage, tend à augmenter.

 « Qu’est-ce qu’il vous faudrait ? », m’a alors demandé le Président. J’ai répondu qu’il faudrait d’abord que nous soyons en mesure de transmettre des contenus d’enseignement plus solides, en nous appuyant sur des programmes soigneusement construits, après avoir reçu une formation adaptée. J’ai ajouté qu’une volonté politique allant dans ce sens, nécessiterait sur une réflexion de fond, serait longue à produire des résultats et n’aurait d’effet qu’à moyen et long terme. Et que la première condition du redressement était que l’institution École publique soit confortée. Avais-je laissé percer trop ostensiblement mes doutes quant à l’avenir de l’Ecole publique ? MM. Sarkozy et Darcos ont alors vivement protesté de la main par un mouvement signifiant : « Bien sûr, pas de craintes à avoir à ce sujet. » J’ai poursuivi en disant que je n’avais jamais été aussi inquiète. Que quelque chose s’effondrait depuis des années dans la transmission des connaissances, à cause de programmes défectueux et d’une formation inadaptée, et que nous atteignions un point de non-retour. Que le métier perdait de sa substance, se déshumanisant un peu plus d’année en année. Que les nombreuses évaluations à faire passer, à corriger, à commenter, les projets à écrire, les bilans de projets à rédiger, les livrets de compétences à remplir en croisant les exigences du Socle commun et celles des nouveaux programmes, tout cela donnait à l’enseignant l’impression croissante de devoir passer sa vie dans des tableaux et à transformer ses élèves en cases à cocher. Qu’au bout du compte, l’institution, dans ses finalités, paraissait ébranlée. Que nous nous avions le sentiment de nous trouver sur un navire en train de couler.

J’aurais aimé développer et faire un point sur la mise en place, par exemple, des heures de soutien, que chaque école a dû adapter lors de réunions interminables, et qui s’est traduite par des listes de plus à « renseigner », de nouveaux bilans à écrire, saturant nos journées, épuisant tout le monde dès la fin du mois d’octobre. J’aurais aimé dire que nous étions nombreux, parmi les enseignants, à être prêts à défendre l’École publique et l’avenir de nos élèves ; et que dans l’entreprise manifestement engagée vers la privatisation de l’Ecole, on pouvait s’attendre à des oppositions vigoureuses. Je n’en ai pas eu le temps ; mon temps de parole était passé. Dois-je le dire, la conclusion du Président, après que chacun a eu parlé, ne m’a pas rassurée.

Respect des fonctionnaires et particulièrement des enseignants dont les conditions de travail se dégradent, augmentation du pouvoir d’achat de ces derniers par la mise en place d’heures supplémentaires - 53 millions d’Euros cette année d’après le Président -, possibilité de gagner plus pour ceux qui veulent travailler plus, les termes de la réponse n’étaient pas neufs. Et peu en phase avec la réalité du terrain : si beaucoup d’enseignants du primaire font des heures supplémentaires, pensais-je, est-ce par goût ou par choix, ou simplement pour boucler leurs fins de mois ? Pour augmenter leur pouvoir d’achat ou par nécessité de sacrifier à l’alimentaire un temps précieux pour préparer leurs classes dans des conditions décentes ? Le dégagement suivant était encore plus préoccupant. Les enseignants, a en effet poursuivi le Président, ont perdu la considération dont ils jouissaient autrefois. Tout repose beaucoup trop sur leur charisme propre. Ils ont donc besoin que l’Etat les soutienne plus. Afin de les aider à affronter les problèmes qu’ils rencontrent en travaillant face à public difficile, il convient d’organiser une collaboration plus étroite entre l’école, la police et la justice.

En conclusion : les enseignants sont inquiets. Il faut donc les rassurer. Le débat avec les syndicats étant fermé d’avance, le Président s’apprête à leur rendre visite directement pour leur parler, leur expliquer la raison des réformes, comme cela a été fait pour l’Hôpital. Il mettra en place un ensemble de mesures qui leur permettra d’échapper aux lourdes contraintes administratives actuelles et de mener à bien des projets originaux. Les enseignants plus méritants seront mieux rémunérés. Pour répondre aux problèmes évoqués, et tout en tenant fermement sur le principe de l’égalité républicaine, la mise en place de l’autonomie des établissements sera favorisée.
Le déjeuner touchait à sa fin. Le président fit remettre à chacune des dames présentes un des bouquets de fleurs qui décoraient la table.

Que retenir de ce déjeuner à l’Élysée ? Sur les orientations de la politique scolaire, rien que nous ne sachions déjà.
Rien de nouveau, non plus, dans le fait que ce gouvernement consulte la « base » et cherche à pratiquer l’« ouverture ». Les invités n’avaient-ils pas en commun de n’être pas proches de l’UMP et au contraire d’être positionnés à gauche, sans être toutefois membres connus d’organisations syndicales ?

Une nouvelle réunion - cette fois « de travail » - a été annoncée par Xavier Darcos. Si j’y suis invitée, j’y exprimerai les mêmes préoccupations et les mêmes convictions que j’ai tenté d’exprimer devant le Président de la République : l’Ecole publique est dans un triste état, les enseignants et les élèves font les frais de politiques scolaires désastreuses de gauche comme de droite, mais toute mesure qui irait dans le sens du contrôle accru, de l’autonomie et de la privatisation n’aura ni mon soutien ni celui, j’en suis certaine, de la majorité de mes
collègues.

Rachel Boutonnet,
Professeur des écoles à Goussainville,
auteur de Journal d’une institutrice clandestine
et de Pourquoi et comment j’enseigne le b-a ba
membre du GRIP.

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 18:07
Quelques nouvelles de la mobilisation des écoles dans le Gard 
 
http://lewebpedagogique.com/journal
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Published by Sauvons l'Ecole - dans Premier degré
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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 12:10
A lire cet  article complet le premier degré dans Le Monde.

In LeMonde2


Pascale Krémer et Martine Valo




A
l'évidence, la presse n'est pas la bienvenue. Une demande de reportage dans les écoles primaires de Rezé, petite ville paisible de la banlieue sud de Nantes, se solde sous vingt-quatre heures par une réponse sans appel. " Vous n'avez pas le droit d'aller dans l'école demandée. Ni dans aucune autre de la ville. Ni du département. " Visiblement, l'inspecteur d'académie de Loire-Atlantique ne tient pas trop à ce qu'on raconte qu'à Rezé, sur 140 professeurs des écoles, 80 sont des " résistants " déclarés. Qu'on en dénombre même plusieurs centaines dans le département – en France, ils sont quelque 2 000.

Qu'ils se disent " résistants ", " désobéisseurs " ou " objecteurs de réforme ", ces enseignants du primaire sont entrés en rébellion il y a bientôt un an pour les premiers. Tout fonctionnaires de l'éducation nationale qu'ils soient, l'exaspération est telle qu'ils refusent d'appliquer les instructions de leur hiérarchie. Malgré les retenues sur salaire qui frappent quelques-uns, de Paris à Marseille, malgré les lettres nominatives, ils s'obstinent à ne pas vouloir mettre en place, notamment, les deux heures hebdomadaires de soutien individualisé pour les élèves en difficulté. Dernière manifestation en date, selon eux, d'une volonté gouvernementale de démembrement du service public de l'éducation.


C'est donc chez un particulier que nous rencontrons une grosse poignée d'enseignants de Rezé. Ils sont d'âges, d'écoles et de syndicats différents mais se connaissent bien, habitent là pour la plupart et se sont initiés à l'action collective au début des années 2000, lorsqu'il a fallu se battre contre les sous-effectifs enseignants. Ils ont donc tôt fait d'entrer en résistance, toutes les écoles de la ville (sauf une) refusant dès avril 2008 d'envoyer à l'inspection leur projet d'organisation de l'aide personnalisée.


" A quoi en sommes-nous réduits ! "

Après avoir fait la tournée des écoles, déclaré à chaque équipe enseignante qu'elle était la dernière à ne pas avoir mis en place l'aide individualisée (" Malheureusement pour lui, on communique entre nous ! "), l'inspecteur de circonscription promet désormais des visites surprises pendant les heures prévues pour ce soutien. Les menaces de sanctions financières et administratives se font plus pressantes. Sans compter que, dans les écoles, la réforme a parfois semé la zizanie entre collègues. Bref, l'ambiance est tendue et la lassitude gagne.


" Désormais, tous les projets alternatifs au soutien individualisé que l'inspecteur de circonscription refusait en septembre, il les accepte, tout ça pour diminuer officiellement le nombre de désobéisseurs !,

s'agace Jean-Michel Soccoja, directeur d'école et enseignant en CE2-CM1. Deux heures à jouer aux échecs ou à faire du théâtre ? Pas de problème du moment que le prof est devant les enfants. " " On proposerait de construire une cave à vin, il accepterait ! ", lance une de ses collègues, qui provoque l'hilarité.

INORGANISATION MANIFESTE


Au plan national, l'histoire avec

Xavier Darcos avait pourtant bien commencé, lorsque le ministre de l'éducation nationale avait annoncé, en 2007, la fin de la classe le samedi matin pour la rentrée suivante. La perspective d'un vrai week-end avait réjoui nombre d'enseignants et de parents. Jusqu'à ce que les seconds s'aperçoivent que cette mesure populaire les privait de leur principale occasion de rencontrer les premiers. Jusqu'à ce qu'ensuite chacun se demande comment tenir les contenus des programmes en 24 heures de cours par semaine au lieu de 26.


De plus ou moins bonne grâce, les écoles ont cependant testé le dispositif d'aide aux élèves en difficulté qui s'ajoute au temps de la classe, à midi ou en fin d'après-midi. Seuls ou par petits groupes, les élèves bénéficient de quatre demi-heures de soutien. Dans son principe – donner plus aux enfants qui en ont le plus besoin –, l'idée pouvait séduire les partisans de l'équité. Las, dans la pratique, l'initiative lancée à la va-vite ne va pas de soi. Comment les enfants, qui ont du mal à se concentrer pendant les six heures d'une journée de classe classique – la plus longue d'Europe –, peuvent-ils avaler une demi-heure supplémentaire ? Les consignes varient selon les académies, l'inorganisation est manifeste, le résultat inégal. Tandis que certains maîtres trouvent leur compte dans ce tête-à-tête avec l'élève, d'autres ont discrètement oublié de recruter des candidats au soutien au deuxième trimestre. Les derniers, une minorité, se rebiffent et le revendiquent. Avec d'autant plus de conviction que ce dispositif d'aide personnalisée devait se solder par la suppression de 3 000 postes au sein des réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased). La mise en cause de ce corps de professionnels spécifiquement formés a électrisé l'école et alerté les parents (lire ci-contre), au point de faire en partie reculer le ministère.

A Rezé, les instits aujourd'hui résistants avaient parfois commencé le soutien en septembre. Bilan ? Un fiasco, tranchent-ils. Il y a tant d'effets pervers ! Dans les petites écoles, on s'invente des enfants en difficulté. Dans les grosses, on ne peut en aider qu'une petite poignée alors que toute la classe aurait parfois besoin de davantage d'attention. Comment choisir ?


Les parents arrêtent l'orthophoniste ou le pédopsychiatre parce que l'école, c'est plus important. Attendent une demi-heure dans la voiture à midi, avec frères et sœurs à l'arrière. Surtout, nous dit-on, l'actuelle organisation sur quatre jours, avec les nouveaux programmes, a enclenché une course contre la montre permanente. Plus le temps de parler aux parents. A midi, le soir, il faut vite lâcher les élèves pour aller dispenser ces cours supplémentaires. Plus le temps, non plus, de se concerter entre collègues, de développer un projet d'école. Déjeuners au lance-pierre, journées à rallonge… Les enseignants s'épuisent. Les enfants aussi.

" On a tenté un soutien à 17 heures. Deux à trois enfants pour quarante minutes intensives. Mais ces élèves en difficulté, qui ont déjà des problèmes de concentration, étaient très fatigués, et dans la foulée ils devaient encore faire leurs devoirs ", témoigne le très pondéré Dominique Avril, de l'école Château-Sud. " Nous, c'était le midi, poursuit un collègue plus jeune et plus fougueux, Jean-Baptiste Cochereau, de l'école Ragon. Les gamins en avaient marre, après trois heures de classe. Ils avaient faim. Nous aussi d'ailleurs ! Tout cela n'était pas efficace. Juste après, ils avaient un service de cantine rien que pour eux, ce qui achevait de les marginaliser. " C'est toute la cadence qui s'accélère entre ce nouveau dispositif et les programmes de 2008. Ceux-là battent les records d'impopularité. Non seulement ils n'ont pas été allégés, mais rappellent à certains l'époque des porte-plumes et des bonnets d'âne. Ces programmes ont été " rédigés avec un grand amateurisme et s'avèrent inaccessibles pour un élève moyen ", à en croire Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN. " Des textes bâclés, fondés sur un principe idéologique : répéter avant de comprendre ", selon son homologue du SNUipp, Gilles Moindrot.

UN MODE D'ACTION LÉGITIME ?


Un cours, une notion, des exercices, une évaluation. Compris ou pas, il faut avancer. Résultats, confient les profs : certains enfants qui étaient " limite " plongent. Un comble ! En instaurant le soutien et en réduisant le temps de classe hebdomadaire de deux heures, on crée les problèmes que l'on tente de résoudre. " Je dis stop. C'est du n'importe quoi ! " Et que l'on ne dise pas à

Jean-Michel Soccoja, enseignant depuis vingt-sept ans, que les instits ne veulent jamais rien changer. Lui qui s'est jadis battu comme un beau diable pour être titularisé bien que cloué dans un fauteuil roulant, lui qui a enseigné plusieurs années en Amérique latine, n'est franchement pas du genre pantouflard.


Il aurait plutôt de l'énergie à revendre. " Bien sûr, assure-t-il avec force, qu'il faut améliorer l'école ! " Revenir aux 26 heures pour tous avec moins d'élèves par classe. Un vrai soutien pendant le temps scolaire, dispensé par le Rased. Davantage de psychologues, de médecins scolaires pour épauler les profs. Plus de concertation au sein de l'équipe pédagogique, de formation continue… " Mais ces mesures Darcos aberrantes, je ne peux pas les appliquer ! ", poursuit le directeur de l'école du Port-au-Blé. Un fonctionnaire doit-il obéir aux ordres de sa hiérarchie si sa conscience lui dicte le contraire ?


Voilà le débat lancé sur la légitimité de ce mode d'action. Les enseignants réunis savent leur position de fonctionnaires désobéissants difficile à tenir. Surtout lorsqu'il est question de refuser un soutien aux enfants en échec… Les syndicats, d'ailleurs, n'ont pas toujours accompagné ces initiatives d'un genre nouveau avec enthousiasme, leur préférant des actions plus collectives, moins exposées aux sanctions personnalisées, moins sujettes à critiques, surtout. Un fonctionnaire peut-il tout à la fois se poser comme défenseur du service public de l'éducation et s'autoriser lui-même à ne pas appliquer les textes officiels ?


" C'est vrai que c'est un principe à manier avec précaution, la désobéissance, reconnaît tout de suite Dominique Avril. Moi, je me dis plutôt en résistance. Je comprends que l'Etat prenne des sanctions. Mais il faut bien montrer notre réprobation envers cette politique… "


Ancienne infirmière psychiatrique,

Bernadette Eleouet, 50 ans, enseignante en maternelle, assume plus aisément de désobéir. Car cette énième réforme venue d'en haut, alors que les enseignants ont peut-être leur petite idée sur les rythmes de l'enfant, a le don de l'exaspérer : " Quand on est autant engagé dans son métier, ce mépris est difficilement supportable. Je ne compte pas mes heures, je travaille tout le temps, même en vacances, même le midi. Parce que je me sens en dette envers l'école publique, moi qui viens d'un milieu populaire, qui suis la sixième d'une fratrie de sept enfants. Aujourd'hui, en écartant tout ce qui construit un citoyen, la culture, l'histoire, l'ouverture au monde, on ne donne plus aux enfants qui ne peuvent s'en sortir que par l'école le même espoir de réussite que celui que j'ai eu. Je ne peux pas cautionner ça ! "


Les premiers blogs de " résistance " sont apparus, à l'automne 2008, diablement efficaces pour populariser l'action des enseignants porte-drapeaux :

Bastien Cazals, Alain Refalo… Puis se sont multipliées les lettres au ton grave envoyées solennellement à la hiérarchie de l'éducation nationale. Qu'elles émanent de maîtres isolés ou d'écoles entières, qu'elles s'en prennent au dispositif d'aide personnalisée ou aux nouveaux programmes, elles dénoncent toutes au final " la casse ", " le démantèlement " du service public.


Pour les plus critiques, il y a urgence : l'école – gratuite, laïque et obligatoire – est l'objet d'un plan d'attaque cohérent de la part du gouvernement. Les réformes qui ont plu sur le premier degré ces derniers mois ont en effet, par leur nombre, de quoi surprendre, au point d'apparaître un brin improvisées. En plus du soutien et des programmes, il y a eu, dans le désordre : l'instauration de cours pour les élèves pendant les vacances, l'accueil les jours de grève, la base informatique de recensement des enfants, des évaluations nationales en CE1 et CM2 très controversées, la disparition à terme des Rased, la fin des instituts de formation des maîtres (IUFM). Et encore les plaisanteries de

Xavier Darcos sur la maternelle où l'on est très occupé à " changer les couches " des bambins, moqueries interprétées comme une lourde menace sur le pré-élémentaire. Le tout dans un contexte de sévères suppressions de postes.




PAROLE SYNDICALE " TROP FRILEUSE "


D'un bout à l'autre du territoire, les " résistants " tirent de cette succession de mesures et déclarations des conclusions radicales : si le gouvernement veut à tout crin démontrer que les résultats des élèves du public sont pires que médiocres, c'est afin d'accréditer l'idée qu'il est urgent et légitime de revoir à la baisse les moyens budgétaires d'un secteur si peu performant. D'autant qu'une fois plongés dans le doute, les parents ne manqueraient pas de se tourner en masse vers le privé.

Telle est l'analyse de l'équipe de l'école des Accoules, à Marseille. Entre les platanes, place des Moulins, il reste des fanions colorés d'une fête précédente. Les gens du coin ont disposé les bancs en carrés pour se parler plus à l'aise, tandis que leurs enfants jouent. L'endroit sert fréquemment de lieu de rencontres conviviales entre les enseignants et les parents du haut du Panier, la colline qui borde le Vieux-Port. Ce jour-là, malgré le froid qui pince, s'y tient la réunion de préparation du prochain conseil d'école. Comme ça, tout le monde peut parler devant la presse.

L'école – huit classes élémentaires avec vue sur la Méditerranée – est au diapason : un modèle de dialogue, un exemple de mixité sociale – qui voit se côtoyer enfants d'immigrés et d'artistes nouvellement installés dans le Panier rénové. Ici, la mobilisation en faveur d'écoliers sans papiers a contribué à souder les familles autour du groupe scolaire. La plupart des professeurs, expérimentés, y sont maîtres d'application, c'est-à-dire qu'ils forment les débutants. A ce titre, ils ne sont pas tenus d'exécuter les deux heures hebdomadaires d'aide personnalisée. Ce qui ne signifie pas qu'ils n'ont pas d'élèves en difficulté, mais que l'administration n'a rien prévu dans leur cas.


Le dispositif d'aide a tout de même été mis en place à la rentrée. Mais à l'annonce de la suppression des postes de Rased, l'expérience a tourné court. Les enseignants ne se contentent plus de la parole syndicale, " trop frileuse ". Ils veulent autre chose, " poser un acte fort ", glisse Armelle, la professeure du CE2. " On avait l'air trop gentils avec nos ballons et nos manifs du mercredi. " En novembre, l'équipe exprime officiellement son refus de cautionner le dispositif de soutien auprès de l'inspecteur d'académie, grossissant ainsi les rangs des 157 " résistants " des Bouches-du-Rhône. Les signataires préfèrent continuer à aider leurs élèves en difficulté dans le cadre de leur classe et à privilégier " toutes les collaborations possibles avec les personnels spécialisés et les parents ".


LE MERCREDI EN QUESTION


Très au courant, ces derniers sont prêts à joindre leurs voix aux leurs. " Nous devons obtenir un enseignant en plus par cycle et le retour aux 26 heures par semaine pour tous les gamins. Assez du saupoudrage pour quelques-uns ! ", lance une mère sur la place. C'est aussi la position de la principale fédération de parents d'élèves, la FCPE. Profitant du cafouillage ambiant, l'organisation réclame un retour national aux 26 heures, réparties sur quatre jours et demi, mercredi compris, histoire de rééquilibrer la journée.


Les familles des Accoules, mobilisées, ont indiqué par écrit qu'elles ne veulent pas d'heure de soutien – ce qui, accessoirement, protège les intéressés des retenues de salaire. Toutes ont signé, sauf trois, précise

Corinne Lefort, la directrice. Elle apprécie cette " connivence " qui n'était pas jouée d'emblée. Il y a dix ans, l'école était délaissée par les classes moyennes : Corinne s'est livrée avec ses collègues à " des opérations boutons de veste ", autrement dit, attraper les parents par le revers de la veste pour les convaincre de confier leurs enfants.


Souriante et déterminée, la directrice a de la bouteille, comme la plupart ici. Elle a commencé sa carrière en 1984 dans une ZUP de Strasbourg, avant d'exercer en Nouvelle-Calédonie. Armel Cornic, 38 ans, a enseigné au Mexique,

Jean-Marc Donadieu, 57 ans, a connu une autre vie professionnelle avant de prendre en charge le CP, Eric Kayadjanian, quatorze ans d'ancienneté, vient de la banlieue parisienne… Ce dernier s'emporte contre les récentes mesures ministérielles : " C'est comme si on disait à un cancérologue d'en revenir aux bains de siège ! Tout ce que nous redoutions est arrivé en moins d'un an. "


" C'est la guerre à l'intelligence, renchérit Jean-Marc. Les ministres Robien et Ferry, eux, avaient gardé le cap de la qualité. " L'équipe reconnaît s'être inquiétée a priori des programmes de 2002, à tort. Dans sa lettre collective, elle indique qu'elle continuera à s'y référer, et dénonce ceux de 2008, trop " rétrogrades ". Surtout au chapitre de l'instruction civique. " Nous avons instauré l'habitude du débat institutionnalisé avec les enfants car le vivre ensemble était enfin inscrit dans les textes. Là, c'est le retour de la petite phrase de morale au tableau comme en 1927… "


Béatrice Audibert, l'une des rares à être syndiquée, est particulièrement remontée contre l'évaluation qu'elle a dû mener dans son CM2. Ce n'est pas la première fois que l'éducation nationale mesure le niveau des connaissances, soit sur de grands échantillons d'élèves, soit, nationalement, au niveau du CE2. Mais ces tests-là… D'abord, les questions qui portaient sur les acquisitions de toute l'année tombaient dès janvier. Ensuite, le logiciel d'enregistrement des résultats considérait de la même façon celui qui avait, par exemple, commis deux erreurs dans les dix opérations et celui qui n'en avait réussi aucune. Seules notes possibles : 1 ou 0. Passons sur les tricheries, le bachotage – les questions ont circulé à l'avance sur Internet. L'école des Accoules a remis ses résultats sans biaiser, mais sur papier et mélangés à ceux d'autres classes de Marseille, histoire d'empêcher tout classement établissement par établissement.


" Auparavant, nous corrigions ensemble, ce qui nous aidait dans l'élaboration de notre projet d'école. Maintenant l'administration verse une prime de 400 euros aux maîtres de CM2, juste pour diviser les équipes ! Nous n'en voulons pas ! " Ce cri du cœur a retenti dans nombre de salles des maîtres où certains se sont sentis blessés qu'on tente de les acheter, afin de les inciter à appliquer les réformes. Pour Béatrice, qui a trente-six ans d'ancienneté, le plus grave réside peut-être dans la mise au pas des approches pédagogiques. " J'ai un DEA en sciences de l'éducation, je pensais pouvoir continuer à enseigner en me fiant à mon expérience mais, avec leurs évaluations au CE1 et au CM2, ils m'imposent leurs méthodes et leurs rythmes. En conjugaison, par exemple. Ici, nous l'enseignons avec des phrases qui ont du sens. Leurs consignes à eux se limitent à : [je (prendre) plus-que-parfait]. Je prendre quoi ? Des riens du tout ! " Les collègues sourient.

" On en revient à avant les chercheurs en éducation, déplore l'un d'eux, à une époque où on n'essayait pas de pousser le gros d'une génération au-delà du certificat d'études. " Autant dire un esprit très éloigné de celui auquel ils aspirent. " Quand j'étais jeune, je croyais que l'école pourrait sauver le monde, confie Corinne Lefort. Mais lorsque je vois les 10 % d'enfants qui arrivent fracassés par la vie, je constate qu'il faudrait des moyens énormes pour les tirer vraiment vers le haut. " Qui serait prêt à les mettre ?

NE RIEN CAUTIONNER


Autre haut lieu de la contestation, la maternelle

Octobre d'Alfortville (Val-de-Marne), en région parisienne. Une école elle aussi qualifiée d'" idéale " par son équipe enseignante, dans un quartier où s'entremêlent barres HLM, pavillons et immeubles de standing, enfants défavorisés et plus chanceux. 25 élèves par classe, puisqu'elle se situe en ZEP, et des professeurs enthousiastes, en recherche constante de nouvelles façons de travailler. Sur dix enseignants susceptibles d'assurer le soutien (bel et bien prévu dans les textes dès la maternelle), cinq s'y refusent. Toutes des femmes. Leurs collègues, nous assurent-elles, approuvent le mouvement mais ne peuvent en assumer les conséquences financières – retrait prévu d'un demi-mois de salaire en juillet.


" Nous ne sommes pas devenues fonctionnaires pour être planquées mais parce que l'éducation nous passionne. Elle est pour nous un engagement citoyen. C'est pour ça que nous sommes en résistance. Nous désobéissons car nos idées sur l'éducation, le service public, l'égalité des chances, sont bafouées ", pose, calme et sûre d'elle,

Cécile Hassibi, institutrice en petite et moyenne section. L'heure est grave.


Aux yeux de l'équipe, les réformes gouvernementales perturbent le précieux équilibre trouvé après des années de travail pour reconstruire la réputation de l'école. L'aide individualisée, d'abord. L'organisation avait été soigneusement pensée afin de ne laisser aucun élève de côté : petits et moyens sont systématiquement mêlés. L'après-midi, quand les plus jeunes font la sieste, ne reste qu'une douzaine de moyens par classe, qu'il devient possible de suivre de près. " Cela permet aussi de profiter des interactions entre les enfants. Dans cette hétérogénéité, chacun trouve à apprendre ", plaide une jeune institutrice de petite-moyenne section,

Marion Audrain.


En isolant pour un soutien, on perd cette dynamique. On stigmatise. On risque de changer le regard des parents sur l'enfant, dès son plus jeune âge. " Et puis, rien n'est défini, on est dans le flou total, poursuit-elle. On ne peut pas imaginer ce soutien pour des petits de 3 ou 4 ans, qui sont déjà six heures par jour à l'école… Même les 5-6 ans s'endorment sur les bancs en fin de matinée ou à 16 h 30 quand on leur raconte une histoire ! "


Sans compter que, sans cadre national, toutes les dérives sont possibles. Comme proposer du soutien à ceux de grande section qui, en début d'année, ne maîtrisent pas le nom des lettres et la reconnaissance de l'écriture chiffrée. " Alors qu'ils ont toute l'année pour s'y mettre ! " Pendant les heures prévues pour l'aide individualisée, les résistantes se retrouvent pour parler de projets pédagogiques, ce qu'elles n'ont plus le loisir de faire le samedi matin. Elles tiennent à ne proposer aucune solution acceptable par l'inspection académique, ce qui, à leurs yeux, reviendrait à cautionner le pire de tout, dans cette réforme : la suppression annoncée des Rased, ces interlocuteurs précieux auprès desquels elles " vident leur sac " et prennent conseil.

Les nouveaux programmes ? Elles en rient : " C'est d'une telle indigence, par comparaison avec ceux de 2002 ! Au printemps dernier, on a voulu réfléchir dessus, mais au bout de dix minutes, on n'avait plus rien à se dire… " Elles en pleurent : " Un petit fascicule a remplacé un livre et ses documents d'accompagnement. Avant, on avait le détail des compétences à acquérir dans chaque grand domaine d'apprentissage, des mises en situation… Là, plus rien. "


Elles continuent donc d'appliquer les anciens programmes " plus riches, plus exigeants. On ne va pas nous sanctionner là-dessus ! ". A présent, le chapitre " Vivre ensemble " s'intitule " Devenir élève ". Il y a des listes de mots à apprendre. L'accent est mis sur la morale, la politesse. La grande section tend à se transformer en CP. " Phénoménal retour en arrière ! ", pour la directrice de l'école,

Armelle Narmy, 56 ans, dont les longues années d'enseignement n'ont en rien émoussé l'enthousiasme. Cette fois-ci, pourtant, elle désespère bel et bien de l'éducation nationale. " On balaie tout ce que les pédagogues ont compris ces dernières décennies sur la manière dont les enfants apprennent. En 1989, avec l'instauration des cycles, l'élève pouvait acquérir des compétences, à son rythme, sur plusieurs années. Maintenant il faut remplir, remplir, remplir les têtes, soi-disant pour qu'il n'y ait plus d'échec. Mais si l'enfant n'est pas prêt, ça ne marche pas ! "


Un peu comme si l'école pouvait s'offrir le luxe de se priver des avancées – réelles – de la recherche en éducation.



Au milieu de la rue, en soirée, alors que s'improvise pour nous une séance photo, ils pestent, ces professeurs " désobéisseurs " des écoles maternelles ou élémentaires, contre " une forte ambiance répressive ", contre ce " devoir de réserve " avec lequel on ne cesse de les " seriner ". Un collègue vient de recevoir un blâme pour avoir parlé à un journaliste au sein de son établissement. Un autre est poursuivi pour avoir bousculé un CRS lors d'une occupation de l'inspection académique.
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 20:26
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 18:00
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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 10:01

A n'en pas douter, voilà un stage qui saura remettre dans le droit chemin les brebis égarés et rétablir un esprit de loyauté qui fait parfois défaut dans certaines équipes !

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 07:01

In Café Pédagogique


Poursuivi devant le tribunal correctionnel pour avoir blessé un CRS lors de l'évacuation de l'inspection académique de Nantes en juin dernier, Sami Benmeziane a été condamné le 10 mars à 500 euros d'amende avec sursis sans inscription au casier judiciaire. Le tribunal n'a pas suivi la demande du procureur. Mais il devra verser une indemnité provisionnelle de 2000 euros au CRS en attendant une expertise judiciaire qui sera rendue en juillet.


Son comité de soutien, très actif depuis des mois, qui regroupe le Snuipp, Sgen, Se-Unsa, Cgt, Sud) appelle à une manifestation à 18h à Nantes. Il a réuni le 10 mars 200 personnes devant la préfecture pour dénoncer ce qu'ils pensent être un déni de justice.

La suite...

Le blog du comité de soutien


Le lancement du comité de soutien

Le soutien ne fléchit pas

Article de Presse Océan

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 06:51

In L'Humanité

Primaire, collèges, lycées, universités,… Visés par des réformes séparées qui mettent en pièce une ambition de formation de qualité pour tous, ils se mobilisent mercredi.

Photo Pascal Colé/Phototheque.org


Reportage à la Croix-Rousse, à Lyon, où des écoles ont choisi le "service maximal" pour interpeller le ministre de l’Education nationale.


Rue du Sergent Blandan, dans le 1er arrondissement de Lyon, au bas des pentes de la Croix-Rousse, devant les écoles maternelle et primaire Robert Doisneau. Tables, verres, assiettes de gâteau, jus de fruits, chocolat chaud, offrent à huit heures et demi le petit déjeuner aux enfants qui arrivent. Sourires, embrassades, explosions de joie, côté primaire ; plus de retenue, de timidité, dans la cour, côté maternelle. Mais, partout, l’atmosphère frémit d’un air insolite.

Il y a des parents qui passent, qui discutent, d’autres dans les classes, d’autres qui bricolent. Plus de quatre-vingts familles se sont mobilisées pour cette journée, sur les cent vingt que compte le groupe scolaire. Ici comme ailleurs, les enseignants et les parents s’inquiètent des réductions de postes : « On ne le croirait pas, parce qu’on est dans le premier arrondissement, mais ce quartier a besoin de plus d’aide que d’autres. Le seuil de pauvreté, ici, n’a pas diminué depuis vingt ans, explique Raphaële. Il y a toujours autant de parents en très grande difficulté et c’est pour cela que nous nous battons pour le maintien du Rased. C’est un point de vue collectif. Il faut maintenir la mixité sociale de ce quartier, ne pas repousser les pauvres à la périphérie… »


La jeune femme, qui tient un magasin de maquillage tout près d’ici apprend aux enfants à se grimer. Tom, Anne, Némo, Ansou, Gilles sont unanimes : « C’est trop cool, on a eu un peu moins de devoirs, on a eu plus de récréation, on pouvait manger à l’école… En plus, on s’est fait filmer, on va se voir à France 3 ce soir, d’habitude on fait jamais ça… Les parents à l’école, c’est bien …. » A côté, deux de ces parents bricolent des tubes de cartons et des morceaux de bois pour réaliser « l’arbre aux mauvaises pensées », qui sera brûlé, le 20 mars, sur la place Sathonay. Les feuilles seront l’expression libre de chaque enfant.


« Pour moi, l’éducation, c’est la base de la démocratie. Si elle est ébranlée, tout est ébranlé, remarque Elsa pour expliquer son engagement. Et Hugues ajoute : « C’est bien que les enseignants aient choisi un arbre. Des racines aux feuilles, c’est toute la vie, et si l’on scie les racines, comme on veut le faire à l’Education nationale, on scie l’avenir… » Tous deux ont pris une journée de congé pour participer à ce 10 mars. Les enseignants, eux, espèrent que cette forme d’action sera suffisamment relayée pour être entendue du gouvernement.


Dans une des classes de maternelle, la maman de Laurine, toute de noir vêtue, mime et joue de la clarinette. Les enfants rient, chantent, avant de reprendre des activités plus classiques. Leur enseignante, Sylvie Piedecocq, remarque : « Ici, nous pensions être sûrs de conserver certains postes après la commission départementale qui est pourtant décisionnaire et, depuis, il y a encore eu des retours en arrière. Nous sommes surtout inquiets pour le service public de l’école. Passer de 25 à 30 élèves, par exemple, n’est pas anodin. De bonnes conditions de vie à l’école sont indispensables, tout comme le plaisir et la qualité de l’enseignement.


Toutes ces réformes répondent à des impératifs budgétaires, mais ce n’est pas sur l’école qu’il faut faire des économies… » Les réjouissances se sont poursuivies dans la soirée avec un repas convivial, dans l’école, égayé par des musiciens, des clowns, et des comédiens.

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 21:33
Mercredi 11 mars 2009

Journée de la désobéissance
dans l'Education Nationale


Plusieurs milliers d'enseignants se sont déclarés en désobéissance auprès de leur inspecteur par le biais de lettres individuelles ou collectives et des dizaines de milliers d'autres sont en désobéissance sans l'afficher ouvertement. Ce mouvement inédit est en passe de gagner son pari : enrayer durablement l'application des réformes scélérates qui dé-construisent le service public d'éducation.

Les enseignants désobéisseurs ne veulent pas être les instruments passifs et complices du démantèlement de l'Education Nationale. Ils organisent leur résistance au grand jour, à visage découvert, en assumant le risque de la sanction. Dans l'intérêt des élèves et des parents, ils s'élèvent dignement pour construire une école de la réussite pour tous.

Partout en France, la journée du mercredi 11 mars sera l'occasion d'organiser des rassemblements de soutien aux désobéisseurs et des actions non-violentes pour affirmer notre détermination à poursuivre la résistance jusqu'au retrait des pseudo réformes de Xavier Darcos.

De nouvelles remises de lettres individuelles et collectives de désobéissance auront lieu dans certaines villes à la faveur de ces rassemblements devant les Inspections Académiques.

L'heure est grave !

L'insurrection des consciences dans l'Education Nationale est en marche.

Parents, enseignants, citoyens, nous avons un devoir d'unité pour résister ensemble et préparer l'école de demain.


Initiatives annoncées par le réseau des enseignants désobéisseurs :


Laval : 17h, remise de lettres collectives de désobéissance à l'Inspection Académique

Foix : 15h, remise de lettres de désobéissance à l'Inspection Académique

Angoulème : 17h30, remise de lettres de désobéissance à l'Inspection Académique, rassemblement de soutien aux désobéisseurs.

Alès : 11h, Assemblée générale des enseignants désobéisseurs

Nîmes : 14h, rassemblement et remise de lettres de désobéissance

Montauban, 9h30-12h, réunion info-débat avec les enseignants désobéisseurs  au local du SNUipp.

Toulouse : 14h, Rassemblement place du Capitole, action spectaculaire

Montpellier : 17h, Rassemblement place de la Comédie, action spectaculaire

Marseille : Présence silencieuse, grande banderolle, distribution de tracts

Angers : 17h, Rassemblement devant la Préfecture

Nantes : 16h30,  Manifestation, 18h rassemblement devant la Préfecture

Paris : 14h30, Manifestation (départ place de la République)

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 13:10

In La Depeche.fr

Jack Lang avocat d'Alain Refalo? L'affaire de l'instit rebelle qui s'oppose à l'Éducation nationale en refusant ouvertement « d'obéir » fait en effet des vagues jusqu'au Pas-de-Calais. Et Jack Lang, député et ancien ministre socialiste de l'éducation nationale, vient de s'inviter dans la partie de bras de fer opposant l'actuel ministre de l'éducation nationale et Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers et chef de file des enseignants « désobéisseurs ».


Dans une lettre qu'il vient d'adresser à son homologue dans la fonction, Xavier Darcos, Jack Lang exprime son inquiétude notamment sur « les mesures répressives prises par l'Inspecteur d'académie de la Haute-Garonne « à l'encontre de l'enseignant columérin. En quelques lignes, Jack Lang souscrit à la démarche d'Alain Refalo ayant informé par une lettre à l'inspecteur de l'éducation nationale qu'il n'appliquerait pas le dispositif de l'aide personnalisée, « jugeant, reprend l'ancien ministre « qu'il stigmatise les enfants désignés comme les mauvais élèves et précisant qu'il utiliserait ces deux heures par semaine pour mener à bien un projet théâtre avec tous les élèves de la classe avec l'accord des parents ».

DOUBLE PEINE

Dans son courrier où il se fait l'avocat d'Alain Refalo ; Jack Lang demande à Xavier Darcos de reconsidérer les sanctions prises par l'inspecteur d'académie de Haute-Garonne, effectives depuis le 4 janvier, lui retirant « deux journées par semaine de salaire et cela sans n'avoir jamais convoqué l'enseignant ». S'élevant contre le refus d'accorder une promotion à « laquelle il avait droit dans le tableau d 'avancement du corps des professeurs des écoles », l'ancien ministre de l'éducation nationale questionne : « S'agit-il d'une nouvelle forme de double peine ? » Le soutien de l'ancien ministre et tout récent émissaire de Nicolas Sarkozy à Cuba, pourrait peser de tout son poids dans cette «affaire».Il demande à Xavier Darcos de bien vouloi reconsidérer ces sanctions et d'ouvrir d'urgence la voie à l'indispensable et nécessaire dialogue entre les inspecteurs et les enseignants.»

 

La lettre de Jack Lang à X.Darcos

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