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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 18:15

A lire cette enquête du Snuipp portant sur l'aide personnalisée. Le bilan d'une réforme contestée.

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 12:10
In Fluide Glacial

Un peu d'humour...






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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 19:56


Pour les 13 enseignants ayant refusé publiquement de mettre en place la pseudo « aide personnalisée », le rectorat de paris a procédé à de nouveaux retraits de salaire jusqu'à juin, malgré toutes les irrégularités de la procédure reconnue désormais par les tribunaux administratifs.

A Montpellier comme à Marseille, le juge a ordonné la suspension des retraits de salaire décidés par les IA, retenant comme motif « lorsque l'agent, bien qu'effectuant ses heures de service, n'exécute pas tout ou partie des obligations de service qui s'attachent à sa fonction telles qu'elles sont définies dans leur nature et leurs modalités par l'autorité compétente dans le cadre des lois et règlements ; qu'en l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que les modalités des obligations de service ... n'ont pas été précisées est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ».

C'est aussi tout un ensemble d'abus illégaux, illégitimes que nous souhaitons soulever par le recours que nous avons déposé au Tribunal Administratif de Paris, et, sur le fond, d'atteintes à la liberté d'opinion inadmissibles, puisque nous l'avons constaté à plusieurs reprises, c'est la liberté de critique de la politique gouvernementale qui devient tout simplement intolérable pour le pouvoir.

Nous ne manquerons pas d'attaquer la confusion entre « service non-fait » et « désobéissance hiérarchique » qui permet à l'IA de sanctionner financièrement le fait d'organiser autrement les 60 heures.

Ainsi que l'a déjà jugé le Conseil Constitutionnel, une sanction disciplinaire ne saurait être assimilée à une sanction financière.

Mais pour engager une procédure disciplinaire il faut un constat. Et un constat qui atteste d’un manquement par rapport à la définition de l’aide personnalisée, et de la non exécution d’un service défini. Or le problème c’est que justement l’aide personnalisée n’a pas de définition précise et que son cadre est l’objet de caractérisations les plus floues et contradictoires ! C’est d'un côté du « temps d’enseignement » et d’un autre côté ça n’est pas compris dans les 24 heures « d’enseignement » !

C’est du « temps scolaire » et à la fois « périscolaire » ! Est-ce du « soutien », de l’aide, de l’aide « spécialisée », du renforcement, de l’étayage…Et de quelle « difficulté » parle t-on ? Puisque c’est bien là le cœur de l’amalgame et de la confusion qui vise à réduire la complexité d’un problème qui dépasse l’école à la « solution » simpliste énoncée par Darcos :

« …nous voulons que les professeurs consacrent deux heures aux élèves en grande difficulté, repérés grâce aux évaluations. Ces enfants …..on va les aider à faire leurs exercices. Pour ceux-là, le fait de réussir les exercices mécaniques est beaucoup plus rassurant que toute autre méthode. "(débat avec J.Lang)

D'où découle ce qu'annonçait Luc Ferry: "Les deux heures pour les élèves en difficulté… les deux heures de soutien cela permet de supprimer ce que l’on appelle les RASED, c'est-à-dire les réseaux d’aide, de soutien dans les départements et cela fait économiser 8 000 postes."

Quand on parle de "difficulté", on renvoie à l'élève ce qui relève d'une inadéquation ,on attribue à l'élève ce qui tient à la nature de la relation! mais désormais, la difficulté relève d'un traitement unique.
La question de la recherche de la modalité de l'aide disparaît pour celle de simple reprise de ce qui est déjà fait. Bien plus, elle signifie directement aux enseignants qu’ils seront de désormais seuls face aux difficultés, là où justement ils réclament de l’aide et du soutien pour des actions de prévention, médiation. Ne reste plus que la perspective du "renforcement" pour ceux qui n'obtiennent pas "les bons résultats", c'est-à-dire au fond en exerçant une violence inutile, on produit très exactement l'inverse du résultat escompté.

On voit très clairement que ce dispositif est le pendant de la refonte d’un programme scolaire redéfini par l’extension hégémonique et contraignante de l’évaluation.

Ce choix des deux heures de soutien est aussi la conséquence logique de la mise en place des "nouveaux programmes" et la façon dont ils définissent de manière caricaturale la transmission et les contenus, le modèle mythique du maître qui dispense un savoir et de l'élève qui reçoit, déjà dénoncé en son temps par Montaigne dans ces mêmes termes.

Les "nouveaux programmes"imposés par le ministre sont fondés sur un retour à ce schéma simple (excluant la réalité de l'apprentissage comme expérience existentielle, activité de construction, d'élaboration, de mise en relation, de confrontation, de changement de soi, de transformation globale de celui qui le mène) qui pour être vérifié doit opérer un ensemble de restrictions, de simplifications, des contenus et des méthodes. L'essentiel se résumerait à : la norme, la règle déterminent et permettent l'usage et il suffit de commencer par les plus simples pour aller ensuite au complexe!

D'où la confusion entre enseigner et apprendre, qui va permettre à la fois de sélectionner ceux qui sont en adéquation et les inadaptés, et induit un rapport de pouvoir où se transmettent des contenus fragmentés dont il suffit de contrôler la bonne acquisition, de mesurer le résultat, pour juger de la réussite ou de l'échec.

Le slogan "retour aux fondamentaux" opère une confusion entre ce qui est fondamental dans un apprentissage et cette vieille croyance qu'il y aurait des composants élémentaires de la connaissance, qui de plus constitueraient des préalables à maitriser, à connaitre, avant de savoir!

Et c'est bien sûr tout autre chose que cette mécanique simpliste qui vise à réduire les dimensions relationnelles constituantes du sujet en apprentissage, à isoler ce qui constituerait un processus endogène d'acquisition, de ses conditions, contraintes, de ses liaisons, contextualisations sociales, subjectives que nous tentons de mettre en œuvre dans nos pratiques.

"Cela étant dit," le caractère politique de la répression des « désobéisseurs » n’aura échappé à personne.
Au moment même où les opposants aux contre-réformes sont sanctionnés, d’autres sinistres réactionnaires attachés aux méthodes archaïques simplistes et indigentes, des adeptes de cette "pédagogie de l’abrutissement" dont nous parle J.Rancière dans son ouvrage sur Jacotot, le maître émancipateur, sont récompensés de la Légion d’honneur !
Alors que eux sont des « désobéisseurs » notoires qui se sont vantés de ne pas appliquer les programmes officiels sans jamais être inquiétés !

Notre opposition aux contre-réformes Darcos sur la question des programmes, des évaluations, de base-élève, des EPEP doit emprunter de nouveaux chemins collectifs qui puissent rassembler tous les collègues qui se sont retrouvés sur la plate forme de l’AG nationale.

Nous appelons nos collègues à se retrouver en AG locales pour repenser les modalités de la lutte.

Premier rendez-vous, le 17 septembre en soutien à Erwan Redon !

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 12:49

In France Culture

Emission du jeudi 3 septembre 2009

dewplayer:http://www.sauvons-lecole.fr/franceculture.mp3&

si le lecteur ne fonctionne pas : cliquer ici


Bastien Cazals est professeur des écoles à Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier. Depuis plusieurs mois, il a choisi de ne plus appliquer les dernières réformes gouvernementales se déclarant "en résistance pédagogique". Cet engagement lui vaut de nombreuses sanctions de la part de l'inspecteur d'académie de l'Hérault qui nous donne sa version des faits. Entretien croisé.


Un reportage de Charlotte Bienaimé
Réalisation : Olivier Bétard


 

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 16:36

Source AFP

Les fonctions de directeur d'école ont été retirées à deux enseignants de l'Hérault qui avaient notamment refusé de remplir le fichier base élèves à la fin de l'année scolaire 2008-2009, a-t-on appris jeudi auprès de l'Inspection académique, à Montpellier.

"Les emplois de directeurs ont été retirés" à Bastien Cazals, directeur d'une école à Saint-Jean-de-Védas, et Isabelle Huchard, directrice d'une école à Saint-Christol, a indiqué l'Inspection académique, à l'issue d'une réunion de la Commission académique paritaire départementale.

"Toutefois, les deux enseignants ne sont pas mutés", a-t-elle ajouté.


"Je ne suis pas surpris par cette décision", a commenté Bastien Cazals auprès de l'AFP, se disant "persuadé que la décision était prise depuis le début de l'été". "Pour seule réponse aux problématiques que nous soulevons, c'est la sanction", a-t-il déploré.


Pendant plusieurs mois au cours de l'année scolaire écoulée, un bras de fer a opposé l'Inspection académique à Bastien Cazals, qui s'était élevé fin 2008, dans une lettre au président Nicolas Sarkozy, contre les réformes engagées dans l'Education nationale et qui a signé un petit ouvrage intitulé "Je suis prof et je désobéis".

Son refus de mettre en oeuvre l'aide personnalisée aux élèves telle que prévue dans les textes lui a valu des retenues sur salaires, de 12 jours et de 24 jours.


Le tribunal administratif de Montpellier a suspendu en juillet celle de 24 jours, mais le ministère de l'Education nationale a engagé un pourvoi devant le Conseil d'Etat, selon le "Réseau des enseignants du primaire en résistance" qui a tenu son université d'été mercredi et jeudi à Montpellier.

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 10:31

In LibéToulouse

Photo Libération (NANDA GONZAGUE TRANSIT) Alain Refalo, Bastien Cazals, Isabelle Huchard et Dominique Larièpe


Les Universités d’été des enseignements "désobéisseurs" aux réformes de l’enseignement primaire se sont achevées hier jeudi 27 août à Montpellier.


Outre la création d’une caisse de solidarité leur permettant de faire face aux sanctions financières –baisse d’échelons, retraits de salaires-, les désobéisseurs ont adopté une charte de la résistance pédagogique mise en ligne sur Internet.


«La signature de cette Charte se substitue à l’envoie de lettres de désobéissance, personnelles ou collectives à nos inspecteurs,
explique Alain Refalo.l’instituteur de Colomiers à l’origine de ce mouvement. Cela permettra d’éviter les sanctions individuelles. Mais nous sommes toujours dans une résistance ouverte affichée et transparente». LibéToulouse publie ici
le texte de la Charte.


La suite...

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 16:44
In Canard Enchaîné 29 juillet 2009


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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 23:20

In  http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com


 



En plis recommandés reçus 
ce mercredi 1er juillet, à son domicile, Bastien Cazals apprend la décision de l'Inspecteur d'Académie de l'Hérault, d’engager une procédure disciplinaire ainsi qu’une procédure de retrait d’emploi de directeur d’école. Dans le cadre de cette double procédure, Bastien Cazals est également invité à prendre connaissance de son dossier administratif, lundi 6 juillet à 10h.


36 jours de retrait de salaire, une interdiction formelle de s’exprimer dans les médias, une
multitude (plus d'une douzaine) de visites à son école (perturbant le travail en classe), la récupération de sa clé d’accès au fichier Base-Elèves, la menace de faire ficher ses élèves par une tierce personne et depuis le Rectorat, ne suffisent plus à l’appétit d'

 

une administration qui se perd dans un autoritarisme sans limite !


[…]
Mais ces enseignants entrés en résistance ouverte et non-violente ne sont pas isolés. Huit mois après les premières lettres individuelles, ils sont nombreux à les avoir rejoints et se sont organisés autour de deux axes :

Une fois de plus, la politique libérale de l’Etat s’accompagne de mesures autoritaires et répressives, aussi disproportionnées que dirigées vers quelques-uns, s’asseyant sans élégance sur l’égalité devant la justice. Et à la veille des vacances scolaires estivales, Bastien Cazals est une fois encore victime de cet acharnement disproportionné […], tout comme la dizaine de ces enseignants "désobéisseurs" sur laquelle la hiérarchie a décidé d'appliquer tout l'arsenal des sanctions administratives et financières, pour l'exemple.


la résistance éthique incarnée par les quelques 200 directeurs d’école, membres du Collectif National de Résistance à Base élèves et dont l'appel a été récompensé par les Big Brother Awards 2009,


la résistance pédagogique incarnée par les plus de 3000 enseignants, membres du Mouvement des Enseignants du primaire en Résistance Pédagogique, ouvertement déclarés contre les nouveaux programmes et les évaluations qui vont avec, la nouvelle semaine scolaire et l'abandon des RASED qui en découle.


[…] On doit attendre beaucoup du
jugement qui sera rendu par le Tribunal Administratif de Montpellier, après l'audience du lundi 6 juillet à 15h, concernant les retraits de salaire dont certains enseignants sont victimes.

 

Texte intégral disponible sur le blog UneEcolePourVictorEtHugo

Contacts

Tél 06 82 22 85 91

Mail

victorethugo@live.fr

Blog

http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 07:33

André Ouzoulias

Professeur à l’IUFM de Versailles - UCP (Université de Cergy-Pontoise) 

Département PEPSSE (Philosophie, épistémologie, psychologie, sociologie et sciences de l’éducation)

 

Texte au format PDF

 

Pour Alain Refalo, maître à Colomiers, ami de Molière

 

Le nouveau ministre de l’éducation nationale, M. Luc Chatel, a dit vouloir placer son action « sous le signe de l'écoute » : « Ce qui est important, ce n'est pas d'imposer d'en haut des orientations, mais d'écouter, d'être capable de s'adapter. Nous sommes dans une séquence de concertation et de dialogue » (dépêche AEF du 25 juin 2009). Il serait logique que le nouveau ministre demande à l’Inspecteur d’Académie, DSDEN de la Haute Garonne, d’annuler l’espèce de procès que celui-ci a prévu le 9 juillet prochain à Toulouse à l’encontre d’Alain Refalo et d’explorer les voies d’une solution apaisée du conflit qui l’oppose à cet enseignant de l’école Jules Ferry de Colomiers.

Rappelons les faits. Depuis l’automne 2008, Alain Refalo organise les deux heures hebdomadaires dites « d’aide personnalisée » de façon originale, différemment de ce que demande sa hiérarchie. Avec ses élèves de Cours Moyen, il met à profit ce temps « pour mener à bien un projet théâtre avec tous les élèves de la classe, répartis en demi-groupes […], ceci avec l'accord des parents. » Il considère en effet que « la difficulté scolaire se traite avec efficacité avec l'ensemble du groupe classe, dans des dynamiques de coopération, de tutorat, de travail différencié, d'ateliers de besoin, etc. ». Dès cette période, il se sent d’autant plus poussé à ce choix que la mise en place de l’aide personnalisée apparaît nettement comme une façon de justifier la suppression prochaine des Réseaux d’Aide Spécialisée aux Élèves en Difficulté[1].

Alors quoi ! Une commission disciplinaire pour cela ? N’est-ce pas disproportionné ? En fait, l’administration s’acharne sur Alain Refalo parce qu’il a rendu publique son attitude à travers une lettre à son inspecteur : « Je ne puis plus me taire. En conscience, je désobéis ». Dans cette lettre, il explique pourquoi il s’oppose à la réforme des programmes de 2008, pourquoi il ne collaborera pas à l’organisation de stages de « remise à niveau » pendant les vacances scolaires et pourquoi il refuse d’enseigner la morale. Sur ce point, il explique par exemple : « C'est une insulte faite aux enseignants et aux élèves de penser que l'inscription d'une règle de morale au tableau, apprise par coeur par les élèves, fera changer un tant soit peu leur comportement ! […] La priorité aujourd'hui est d'apprendre aux élèves à se respecter, à réguler positivement les inévitables conflits du quotidien par la parole, la coopération, la médiation. »

L’Inspecteur d’Académie, et au-dessus de lui, le recteur et le ministre auraient pu tenter de « réguler positivement ce conflit »… Ils auraient pu chercher à écouter notre collègue, à dialoguer, à prendre en compte l’intérêt des enfants en faisant confiance à ce maître expérimenté, en pariant sur son attachement à la réussite de ses élèves, à le convaincre d’ajuster son projet. En tout cas, ils auraient pu commencer par lui reconnaître la liberté pédagogique régulièrement invoquée par les plus hautes autorités de l’exécutif.

Au lieu de cela, le pouvoir politique a cherché à « imposer d’en haut ses orientations », il a fait répéter assez pitoyablement par la hiérarchie les règles auxquelles il veut que le personnel obéisse sans rechigner, obligeant celle-ci à endosser un rôle purement répressif, difficilement conciliable avec ses missions essentielles (assurer la cohésion des équipes, animer les échanges, faire connaitre les réussites, encourager l’investissement personnel dans le travail…). Chaque mois, le pouvoir politique a durement sanctionné Alain Refalo en lui retirant 30 % de son salaire pour « service non fait ». Il a ainsi noué un conflit dont il tenait à sortir vainqueur quel qu’en soit le prix. Il voulait rappeler que l’autorité, c’est lui.

Mais c’était sous le ministère de Xavier Darcos[2]. Depuis le 24 juin, il y a un nouveau ministre. Il a été quelque temps DRH dans une multinationale de produits de beauté où il a certainement appris à intervenir dans les conflits entre la direction et les salariés. D’aucuns espèrent des gestes clairs de conciliation et d’apaisement pour Alain Refalo et les autres enseignants que Xavier Darcos avait dans son collimateur[3].

C’est l’intérêt de tous, y compris de l’administration, qui pourrait se retrouver en difficulté face à un recours de notre collègue devant un tribunal administratif. En effet, pour la Commission disciplinaire du 9 juillet, les chefs d’accusation sont les suivants :

• Refus d'obéissance,

• Manquement au devoir de réserve,

• Incitation à la désobéissance collective,

• Attaque publique contre un fonctionnaire de l'Éducation Nationale.

Or, le « refus d’obéissance » ne constitue pas une faute professionnelle, sauf à montrer qu’il s’agit du refus des obligations de services définies par les textes réglementaires officiels. Mais, s’agissant du principal grief adressé à Alain Refalo, à propos de l’organisation des 2 heures d’aide personnalisée, le texte officiel n’interdit pas de réunir l’ensemble des élèves par demi-groupe pour faire du théâtre… L’important est que ceux qui « rencontrent des difficultés » bénéficient de ces deux heures. On pourrait aisément montrer que cela peut tout à fait être le cas, avec un projet théâtre. En effet :

-         incarner et jouer les personnages oblige les élèves à s’intéresser à leur psychologie (leurs désirs, intentions, émotions, croyances, faiblesses, illusions…) ; or, c’est là une dimension essentielle de l’interprétation des récits littéraires, où, le plus souvent, la psychologie des personnages doit être inférée ; c’est aussi une excellente façon d’éveiller à la compréhension d’autrui et, par là, de développer le sens civique et éthique ;

-         la mise en voix des textes est une des perspectives les plus fécondes pour travailler la lecture par groupes de mots en suivant de façon implicite l’organisation syntaxique du texte ; ce faisant, dépassant la seule juxtaposition des mots les uns après les autres, les élèves accèdent mieux au sens des phrases et des textes ;

-         la mémorisation de textes dans le but de ressusciter des dialogues peut aussi aider des élèves à progresser dans la maîtrise du français oral, de ses structures, de sa prosodie, de sa phonologie ;

-         certains élèves parviennent à apprivoiser leur timidité.

Au total, avec cette situation très motivante pour les enfants et gratifiante pour les parents, les élèves se familiarisent mieux avec une langue différente de celle de la communication immédiate et ils progressent dans la compréhension des textes. C’est donc un projet dont l’intérêt est évident dans le cadre de l’aide personnalisée si tels sont les besoins des élèves. Il est très probable que, dans plusieurs endroits, dans le cadre de l’aide personnalisée, des maîtres mènent des projets similaires avec l’aval de leur inspecteur. Du reste, si l’administration s’entêtait à maintenir les poursuites disciplinaires contre l’enseignant de Colomiers, ses défenseurs auraient raison de faire appel au témoignage de collègues d’autres écoles où l’aide personnalisée s’est organisée cette année autour d’un projet théâtre ou qui l’envisagent sérieusement pour l’an prochain.

Certes, dans les demi-groupes de la classe d’Alain Refalo, il n’y a pas que des « élèves en difficulté ». Mais la circulaire ne l’interdit pas ; elle en appelle à l’initiative du Conseil d’école. Et si les élèves encore maladroits dans l’usage du langage oral et écrit y côtoient leurs camarades plus avancés pour improviser avec eux des saynètes ou mettre en scène une pièce écrite, qui osera dire qu’ils sont pénalisés ? Un des phénomènes les mieux établis par la recherche concernant les dispositifs de différenciation est précisément le suivant : les groupes dits « homogènes »[4], quand ils ne sont pas des groupes de besoin, sont le plus souvent contreproductifs.

Venons-en au « manquement au devoir de réserve ». Cette obligation n’existe que dans l’esprit des accusateurs d’Alain Refalo. Dans un article publié par Le Monde au début 2008, un spécialiste du statut des fonctionnaires explique clairement qu’ils sont des citoyens de plein droit, y compris s’ils sont conduits à critiquer la puissance publique sur des sujets en rapport direct avec leurs missions. A-t-on poursuivi pour « manquement au devoir de réserve » les militants des groupes « antipédagogistes » qui ont écrit tant de pamphlets contre la politique éducative des gouvernements de gauche ? Les médecins des hôpitaux publics ne se sont pas tus face aux conséquences de certains choix du ministre de la santé, on se souvient que les magistrats ont manifesté bruyamment contre le Garde des Sceaux, les présidents d’université ont critiqué avec vigueur la politique de M. Darcos et les directeurs des UFR ont même désobéi en refusant de faire remonter les maquettes de master enseignement qui leur était demandées, des facteurs font signer des pétitions contre la privatisation de la Poste… Seuls, les préfets restent silencieux, même quand le gouvernement limoge brutalement leur collègue de Saint Lô. Eux sont effectivement soumis à un devoir de réserve, au même titre que les officiers généraux.

Il faut commenter ici les déclarations de l’Inspecteur d’Académie de l’Hérault, M. Paul-Jacques Guiot, qui est certainement l’avocat le plus zélé de ce « devoir de réserve ». Parlant des sanctions envers Bastien Cazals, il disait ainsi début janvier à la presse régionale : « Un fonctionnaire, il obéit aux instructions de la République, il n'y a même pas à discuter », ajoutant, pour justifier cette sentence, que Bastien Cazals est « payé par les contribuables ». Le même M. Guiot dit maintenant : « Il est directeur d'école. Je suis Inspecteur d'Académie. Donc je lui interdis. […] Je lui interdis de communiquer en aucun cas avec la presse » (sic). Devant tant d’élégance d’esprit, on ne peut guère s'empêcher de penser aux deux modèles de fonctionnaire qui structuraient la vision de la fonction publique française après guerre : le préfet Maurice Papon et le préfet Jean Moulin. Le premier obéissait avec zèle à sa hiérarchie et considérait qu'il n'avait pas à déterminer lui-même l'intérêt supérieur de la société (le Maréchal y pourvoyait et les contribuables le payaient pour son travail). Le second a payé de sa vie son obéissance… à des principes humains supérieurs. Que les choses soient bien claires : nous ne sommes pas du tout en 1943, Nicolas Sarkozy n’est pas le Maréchal Pétain, Paul-Jacques Guiot n'est évidemment pas Maurice Papon, Bastien Cazals, Alain Refalo ne se prennent nullement pour Jean Moulin. Mais il existe des analogies qui aident à penser le réel. L'important n'est pas alors dans le réalisme des termes utilisés mais dans leur proportion. Nous sommes en 2009, dans une république démocratique, mais il est difficile de ne pas évoquer ces figures pour comparer par exemple les oukases de M. Guiot et les prises de position et l’action de Bastien Cazals et Alain Refalo.

Quant à « l’incitation à la désobéissance collective », voilà une nouveauté juridique étonnante ! Elle devrait intéresser les juristes attachés aux Droits de l’Homme, car ce motif est digne des régimes autoritaires (il semble sortir d’un imaginaire bureaucratique, de sa phobie des relations sociales horizontales et de son fantasme d’un commandement exercé sur des subordonnés dociles et craintifs). Les cadres du ministère savent qu’en fait, en utilisant leur droit de critique publique, les enseignants aident l’institution : ils amortissent les défauts de certaines consignes d’en haut, ils préviennent d’éventuelles bavures, ils concourent au perfectionnement des pratiques… Ils savent bien que si l’administration attend une obéissance aveugle dans une relation purement verticale, cela conduit plutôt ses personnels à se désintéresser de leurs missions. N’est-ce pas ce qu’on enseigne dans les formations de DRH : avec un « management participatif », les personnels sont plus « créatifs » qu’avec un  « management autoritaire » ?

La convocation d’Alain Refalo se conclut par le chef « d’attaque publique contre un fonctionnaire de l'Éducation nationale ». Le mot « attaque » pourrait laisser penser qu’il a commis des violences physiques sur un de ses collègues ou sur un membre de sa hiérarchie. Bien sûr, ce n’est pas le cas. Et cela ne ressemblerait pas à ce militant de la non-violence. En fait, là encore, il lui est reproché d’utiliser son droit d’expression publique pour dénoncer la surveillance soupçonneuse, les tracasseries et la répression qu’il a subies.

Ce qui gêne le pouvoir, ce n’est donc pas qu’Alain Refalo désobéisse. Le scandale est qu’il le fasse publiquement. Le pouvoir se comporte en Tartuffe :

                                 « Le scandale du monde est ce qui fait l’offense.

                                    Et ce n’est pas pécher que pécher en silence. »

Le 9 juillet, si Luc Chatel n’intervient pas, Alain Refalo se verra demander d’abjurer sa foi pédagogique dans le théâtre par l’Inspecteur d’Académie de Toulouse. Les participants à cette commission disciplinaire auront certainement de la compassion pour ce haut fonctionnaire quand la défense lui rappellera qu’au même moment, à la même latitude, à moins de cent lieues vers l’Est, commence le festival d’Avignon…

Qu’Alain Refalo me permette, pour terminer ce texte de soutien, de lui raconter un songe, en signe d’amitié. Voici la route de Toulouse à Auch, près de Colomiers, un après-midi de juillet 1651. Une petite troupe d’enfants et un chien courent derrière des charrettes d’où s’évadent mots et rires en langue d’oïl. C’est un convoi de L’Illustre Théâtre qui va vers sa prochaine représentation dans les environs d’Auch, à l’invitation d’un certain Comte d’Artagnan. On aperçoit, assis à l’avant du premier attelage, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, à côté d’une fière et jolie dame, Madeleine Béjart. Les enfants crient : « Arèstas vos, arèstas vos ! Ensenhats mos vòstre tiatre ! »[5] La dame agite la main et leur envoie des sourires. Le convoi s’éloigne vers le couchant.

29 juin 2009



[1] Écouter par exemple, les propos de l’ancien ministre de l’éducation nationale, Luc Ferry, le 2 septembre 2008 sur Europe 1. Trois semaines plus tard, le ministère annonce la suppression de 3 000 postes de RASED, en expliquant que les missions des maîtres E et G sont désormais assurées par « l’aide personnalisée ». Tous les observateurs y voient la première étape d’un plan de suppression des 12 000 postes de maîtres E et G des RASED.

[2]  … qui s’apprête à promulguer, aux Affaires sociales, le travail des parents le dimanche après avoir supprimé, à l’Éducation nationale, celui des enfants le samedi…

[3] Et notamment, Bastien Cazals, enseignant à l’école Victor Hugo de St Jean de Védas (Hérault), qui conduit la même action qu’Alain Refalo, Erwan Redon, enseignant à Marseille, menacé de licenciement, les quatre professeurs des écoles de Vendée qui ont refusé de faire passer les évaluations CM2 en janvier dernier, Jean-Yves Le Gall, directeur de l’école publique d’un village de l’Isère qui s’oppose à la mise en place de la Base Élèves, depuis peu condamnée par le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU.

[4] Par exemple, les groupes de niveau.

[5] « Arrêtez-vous, arrêtez-vous ! Montrez-nous votre théâtre ! »

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 07:33

In Café Pédagogique


"Il est directeur d'école. Je suis inspecteur d'académie. Donc je lui interdis". Par une lettre en date du 23 juin, Paul-Jacques Guiot, inspecteur d'académie directeur des services départementaux de l'Hérault, a interdit, assez sèchement à Bastien Cazals "de communiquer en aucun cas avec la presse".

 

Directeur d'école maternelle à Saint-Jean de Vedas (34), Bastien Cazals est un des plus célèbres enseignants "désobéisseurs". Fin novembre 2008, il écrivait à Nicolas Sarkozy pour lui signifier: " j'entre aujourd'hui en résistance parce que je ne peux me résoudre à ce que l'école publique, mon école, ne se préoccupe ni de Victor, ni de Hugo, sans être pour autant en mesure de faire éclore un nouveau Victor Hugo". Et dans la foulée il s'engageait à ne pas appliquer les programmes Darcos et l'aide individualisée ainsi qu'à alimenter Base élèves, le fichier national des élèves.  Pour cela il est victime de retenues sur salaire régulières. Sa lettre a eu un grand écho et près de 3 000 enseignants du primaire ont rejoint le camp des désobéisseurs dont 388 dans le département de l'Hérault. On peut parier que les sanctions prises contre lui (36 jours de retrait sur salaire) n'y sont pas pour rien.

 

Visiblement c'est le bruit médiatique autour de son cas qui alimente la colère de l'inspecteur d'académie, P.-J. Guiot. Pour lui, B Cazals  est astreint à un devoir de réserve. "Il ne doit pas s'exprimer dans les médias en faisant état de son statut de directeur d'école" estime M. Guiot, par ailleurs fort mécontent de la gestion administrative de B. Cazals. M. Guiot estime que cette interdiction n'est pas exceptionnelle. "Quand un chef d'établissement est interrogé par la presse l'usage veut qu'il demande l'autorisation. M. Cazals est libre de s'exprimer librement en tant que personne mais comme directeur d'école il représente l'institution". D'une façon plus générale, pour M. Guiot, "un fonctionnaire est tenu d'obéir aux instructions". Sur les sanctions envisagées, M. Guiot est évasif : "on va voir s'il entend raison. Sinon j'en tirerai toutes les conclusions".

 

Bastien Cazals dénonce "une manifestation d'autoritarisme scandaleux", une atteinte à la liberté d'opinion et "un rétrécissement des libertés individuelles". Il rappelle que "la liberté d'opinion est garantie aux fonctionnaires" par la loi et que "nul ne doit être inquiété pour ses opinions".

 

A quelques jours de l'audience du tribunal administratif de Montpellier qui doit statuer sur la validité des sanctions infligées à Bastien Cazals,  c'est l'escalade. De tous les héritages laissés par Xavier Darcos à Luc Chatel, les poursuites engagées début juillet contre les plus célèbres des "désobéisseurs" (E Redon, A Refalo, B Cazals…) constituent  certainement le cadeau le plus empoisonné. Mettant en question l'identité professionnelle des enseignants, elles sont perçues comme des persécutions idéologiques.  Xavier Darcos avait su éteindre les incendies allumés par les lubies de  Robien. Il est urgent que Luc Chatel s'inspire de ce précédent.

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