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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 07:44

In Café Pédagogique

 

Lundi 23 janvier, François Hollande a reçu les syndicats Unsa, Fsu et Sgen Cfdt. Pour les syndicats, il s'est montré attentif à leurs questions et a confirmé les mesures annoncées. Les vraies négociations commenceraient cet été si F. Hollande est élu.

 

"François Hollande est apparu très ouvert, très alerte, prêt à mettre en place des méthodes de travail avec les organisations syndicales", nous a confié Claire Krepper, secrétaire nationale du Se-Unsa, à la sortie de son entretien avec F. Hollande et son équipe Education (Vincent Peillon, Bruno Julliard, Yannick Trigance). Il a confirmé la création de 60 000 postes d'enseignants et de personnels de vie scolaire et de santé, abordé la question de nouveaux métiers. "Les personnels se sentent malmenés depuis des années", explique C Krepper, "et on a discuté des mesures à prendre pour améliorer les conditions de travail". Plusieurs points ont été abordés : les rythmes scolaires, le métier d'enseignant, la rentrée 2012, "mais c'est la formation des enseignants qui est le point le plus foirt". Le Se-Unsa voudrait qu'elle entre dans le service des enseignants du secondaire comme c'est le cas dans le primaire.

 

"On a échangé avec François Hollande comme avec les autres candidats", nous dit Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp Fsu. "F Hollande est dans uen stratégie de concertation avec les partenaires sociaux et on mène avec lui un débat positif". Pour le Snuipp également la formation est un point important de ces discussions, le syndicat demandant que les nouveaux enseignants à la rentrée 2012 retrouvent au minimum un tiers temps de formation. "On a trop longtemps mis en place des réformes accumulées qui ont déstabilisé les professeurs. Il est temps de créer un climat de confiance et de faire des propositions à partir des préoccupations des enseignants en s'engageant avec enthousiasme et énergie". Si F Hollande est élu, une loi de programmation sur l'école serait adoptée à l'automne et négociée cet été.

 

Cette information est confirmée par V. Peillon dans une dépêche AFP. "Nous apporterons des solutions immédiates aux problèmes de la rentrée", a promis le responsable éducation de F Hollande. Il a promis que les nouveaux enseignants "aient une possibilité de se former" et que "pour l'aide aux devoirs , sur les questions de sécurité il y ait des personnels à nouveau dans l'éducation".

 

Hollande : L'éducation grande cause nationale

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 20:20

In Marianne 14/01/2012

 

sarkozycontrelesprofs.jpg

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 18:57

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In Café Pédagogique

 

Pour la FCPE le bilan de Luc Chatel s'établit au passif. "C'est la pire mandature depuis longtemps pour l'allocation des moyens, le négationnisme sur la problématique du primaire, qui n'est pas traité en priorité, le négationnisme sur les rythmes scolaires, avec la généralisation du pire calendrier, le dénigrement des réseaux scolaires avec l'assouplissement de la carte scolaire, le dénigrement de ce qui se passe en classe". Même la campagne contre le harcèlement que le ministre va lancer ne trouve pas grace à ses yeux. "C'est une campagne utile mais qui n'est pas à la hauteur", dit-il. "C'est bien d'avoir lancé une enquête de victimation. Mais il faut des actes, du personnel dans les écoles".

 

Forte de plus de 300 000 familles adhérentes, la FCPE entend peser sur la campagne. Elle invite le 17 mars à Paris les candidats républicains à échanger sur  l'Ecole. F. Hollande, E Joly, JL Mélanchon, F Bayrou ont déjà annoncé leur présence. La FCPE demandera aux candidats de s'exprimer sur ses propositions.

 

Une nouvelle loi d'orientation. Si la FCPE affiche "12 exigences pour l'Ecole", en fait le programme de l'association est bien plus copieux puisqu'il compte presque une centaine de propositions/. Il s'agit de "construire l'Ecole de demain" et pour cela la Fcpe exige une nouvelle loi d'orientation et un financement conséquent. "Pour nous il faut remonter d'un point de PIB la dépense d'éducation", affirme JJ Hazan.

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 12:58

In Mammouth déchaîné

 

C03-18Importante fuite de données à caractère personnel dans les serveurs de l'Educ Nat

Numen et autres mots de passe ?

 

D'importants fichiers de données personnelles avec nom, adresse, adresse e-mail, date de naissance, nationalité, niveau d’étude, numéro de téléphone... sont en libre accès sur les serveurs de l'Education Nationale et ont pu être copiés et archivés sur la toile! Tout va donc très bien et compte tenu de la masse d'informations concernées (depuis 2006), il pourrait s'agir de bases de données nationales... Comme le signale le site reflet.info 

 

 (NB. plusieurs centaines d'adresses d'internautes français avec mots de passe (appartenant entre autres à l'académie de Versailles et à un site étatique français) avaient déjà fait leur apparition sur la toile ces dernières semaines... souvenez-vous

 



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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 17:51

peillonvschaterl.jpg

 

In Libération

 

 

L’actuel ministre de l’Education nationale et le conseiller de François Hollande, défendent des projets opposés.

 

Comment voyez-vous l’enseignant de demain ?

 

Luc Chatel : Pendant longtemps, sa mission essentielle a été de transmettre le savoir. Or, le monde a changé, l’école aussi. Cela reste le cœur de son action. Mais face à des classes hétérogènes et des enfants de la génération Internet, le métier est devenu plus complexe et il a d’autres missions : apporter un soutien scolaire différencié selon les élèves, participer à l’élaboration du projet pédagogique, recevoir les parents… C’est important d’avoir ce débat.

Pour moi, il est clair que dans le secondaire, il faut désormais déterminer le temps de travail des enseignants par des heures de présence dans l’établissement, afin d’inclure toutes ces missions, et non plus seulement par des heures de cours comme cela se fait depuis le décret de 1950 sur les obligations de service [18 heures de cours hebdomadaires pour les certifiés, 15 pour les agrégés, ndlr]. On entérinerait ainsi ce que de nombreux enseignants font déjà.

 

Vincent Peillon : Après ce quinquennat, les conditions matérielles et morales faites aux enseignants se sont tellement dégradées que l’on a une crise du recrutement. Il faut d’abord redonner aux professeurs les moyens d’enseigner. C’est pour cela que nous défendons l’idée d’un contrat : toute la nation doit s’engager à leurs côtés.

Les tâches se sont diversifiées et doivent être reconnues. Nous ne pouvons pas rester en l’état. Mais la seule réforme qui marchera se fera avec les enseignants - et non sans eux, comme le fait ce gouvernement. Commencer par revoir les obligations de service est une erreur, et même une faute à l’égard des enseignants qu’on a l’air de désigner comme responsables d’échecs imputables à une politique. Aucun professeur du secondaire ne travaille 15 ou 18 heures, mais 37, voire 38. On ne peut pas traiter ces questions avec des slogans. Après une concertation approfondie, si nous l’emportons, nous prévoyons une loi à l’automne.

Face à ces tâches, la formation des enseignants est-elle suffisante ?

L.C. : Le choix de la masterisation [la réforme très contestée de 2009, selon laquelle les enseignants doivent avoir un master et non plus une licence] était le bon. Mais les transitions sont difficiles. Progressivement, on arrive à une formation disciplinaire de qualité, et tous les professeurs stagiaires [pendant leur première année d’exercice] ont un tuteur dans leur établissement. Cette année, les démissions, de 1% à 2%, sont encore inférieures à l’an dernier. On a beaucoup diabolisé cette réforme. Mais connaissez-vous un métier où l’on vous apprend tout avant de commencer ? Aux urgences, vous êtes reçus par une personne en blouse blanche qui est souvent un étudiant.

V.P. : Le gouvernement a détruit la formation. Quelque 70% des nouveaux enseignants sont mis devant des classes sans formation ni accompagnement. Nicolas Sarkozy et Luc Chatel se vantent d’avoir prévu 108 heures de stage par an pour les étudiants en master, soit 3 heures par semaine. Ce n’est pas sérieux !

Il faut reconstruire entièrement la formation. François Hollande a pris un engagement : nous ne reviendrons pas sur la masterisation. C’est la façon de faire qui a été mauvaise, car cette réforme a été décidée dans le but de supprimer des postes, Bercy dictant la politique éducative. Mais nous mettrons aussi en place un système de prérecrutement, permettant à des jeunes de milieux modestes ayant la vocation, de faire des études longues qu’ils n’auraient pas pu financer. Pour les modalités de la formation que nous voulons, nous poursuivons les discussions.

Faut-il aujourd’hui réformer le collège unique ?

L.C. : Le fait que 100% d’une classe d’âge soit au collège a été un progrès considérable. Mais au moment où notre stratégie consiste à personnaliser et apporter une réponse individuelle à chaque enfant, il y a un paradoxe à continuer à parler de collège unique, à ce que tous les élèves fassent la même chose entre 10 et 14 ans.

Au collège, il faut commencer à proposer des parcours tenant compte de la diversité des élèves. Avec un bémol : il ne faut pas que ce soit définitif et que ce soit une pré-orientation à 12 ans - l’orientation se faisant en fin de troisième. Il faut laisser toutes les possibilités ouvertes. Mais il y a des élèves qui suivent moins bien à partir de la quatrième et qui ne sont pas faits pour les matières théoriques. Nous allons les ouvrir au monde professionnel et leur montrer d’autres disciplines. L’idée, c’est le collège pour tous, mais avec des parcours différenciés. Il y a par ailleurs une rupture trop forte entre le CM2 et la sixième, que nous voulons atténuer. Dans le dispositif «Eclair», cette année, des professeurs de primaire vont apporter un soutien en lecture à des élèves de sixième.

V.P. : Différencier les élèves à partir de la fin de la cinquième est la pire des solutions. Cela a échoué partout dans le monde. Les systèmes qui réussissent sont au contraire ceux qui proposent les parcours communs les plus longs.

Pourquoi tout à coup s’attaquer au collège ? Les enfants qui arrivent en sixième viennent de l’école élémentaire. Et 40% ne maîtrisent pas bien les apprentissages de base en fin de CM2. Si cela n’est pas réglé, on aura beau faire, ce sera le tonneau des Danaïdes. Il faut avant tout que les élèves arrivent au collège en possédant les fondamentaux, et travailler la transition primaire-collège, de même que celle entre le lycée et l’université pour éviter l’énorme gâchis en premier cycle.

La question des moyens serait-elle dépassée ?

L.C. : Je vais peut-être surprendre mais le problème des moyens ne se pose pas à l’Education nationale pour moi. On investit 7% du budget de la nation dans l’éducation, plus que la moyenne des pays de l’OCDE et de l’Union européenne. On dépense 80% de plus depuis 1980 par élève, en euros constants. Les moyens sont là. Le problème, c’est leur répartition. Il faut sortir de l’égalitarisme qui a fait tant de mal. Dans de grands lycées parisiens, il peut y avoir 38 élèves par classe, voire plus. Dans certaines classes de collèges difficiles, 22 élèves, cela peut être déjà beaucoup. C’est un mensonge de dire aux enseignants que l’on va en recruter 60 000 et qu’on va les payer plus. C’est désastreux. Les finances ne le permettront pas. Soit on reste dans le pur quantitatif comme pendant vingt-cinq ans, et cela se fait au prix de leur paupérisation. Soit, c’est difficile mais courageux, on ne remplace pas tous les départs à la retraite et il y a moins d’enseignants mais mieux rémunérés. C’est ce que nous avons fait : nous avons augmenté de 18% le salaire des débutants, qui toucheront 2 000 euros en février.

V.P. : Les moyens doivent être suspendus à des fins. Pour nous, l’école n’est pas un coût, mais un investissement. Et la France n’investit pas assez dans son avenir. Avoir des professeurs mieux formés, faire réussir tous les enfants au CP, que des élèves et des enseignants n’aillent pas à l’école la peur au ventre, faire accéder les enfants à la culture, réduire les inégalités… tout cela suppose des moyens.

Mais nous ne mettrons aucun moyen qui ne réponde pas à un besoin. C’est le sens de la proposition de François Hollande qui consiste à créer durant son quinquennat 60 000 postes supplémentaires, pas seulement d’enseignants. La condition sera l’amélioration des performances. Ce sera un contrat, avec une évaluation des résultats et une véritable refondation

 

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Lire l'interview intégrale de

Lire l'interview intégrale de Vincent Peillon.

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 17:18

 

 

60.000 postes d'enseignants : Hamon met Hollande sous pression 
 
L'aile gauche du PS, Hamon et Emmanuelli en tête, demande au candidat socialiste de s'engager à créer réellement 60.000 postes d'enseignants. 


 Le porte-parole du PS réclame des clarifications au candidat du... PS ! C'est la situation ubuesque qui est celle des socialistes ce mardi, à la veille de la dernière réunion d'arbitrage sur le projet présidentiel. Benoît Hamon a décidé de faire pression sur l'équipe de campagne en envoyant un communiqué signé avec ses amis de l'aile gauche du parti, Marie-Noëlle Lienemann et Henri Emmanuelli.

Tous trois se disent "surpris de l’interprétation faite par Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, de la proposition ambitieuse de François Hollande de créer 60.000 postes d’enseignants dans l’Education nationale".

Lundi, sur France 5, Cahuzac, par ailleurs chef du pôle budget, finances et fiscalité dans la campagne, a affirmé que la réalisation de cette promesse se ferait uniquement "par redéploiement", sans nouvelles embauches. Inacceptable pour les trois rédacteurs dudit communiqué :

Cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l’emploi pour consolider les moyens de l’Education nationale. Cela n’aurait aucun sens."
D'où cette demande - à peine voilée - au candidat de trancher ce débat, qui ne va pas manquer d'agiter le Landerneau socialiste et de faire le miel de leurs adversaires politiques. D'autant que le communiqué est signé en toutes lettres : "Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste." Mais l'intéressé l'assure au "Nouvel Observateur" : "Je l'ai fait en tant que responsable de courant."

"Intéressons-nous au fond, poursuit-il. Ce n'est pas nous qui gênons Hollande, c'est Cahuzac." Pourtant, ce n'est pas la première fois qu'un proche du candidat fait une telle interprétation de cette promesse. Dès le 26 octobre, Michel Sapin, en charge du projet présidentiel, parlait de "transfert" et de "redéploiement". Et ajoutait : "Augmenter le nombre de fonctionnaires dans l'éducation nationale n'a jamais voulu dire augmentation du nombre global de fonctionnaires."

Hamon clame cependant qu'il n'est pas esseulé : "De Manuel Valls [directeur de la communication] à Pierre Moscovici [directeur de campagne], on a tous été surpris par la déclaration de Cahuzac." Quoi qu'il en soit, Emmanuelli explique au "Nouvel Observateur" qu'il ne faut pas y voir une attaque frontale du candidat :

Ce n'est pas le bon Dieu qui est en cause, ce sont les apôtres qui sont autour."
Et de se défendre d'avoir voulu étaler ces divergences sur la place publique pour mieux peser dans les discussions en famille  : "Si on a fait un communiqué, c'est simplement parce qu'on n'a pas pu le voir à ce sujet..."

 


In Libération

 


Postes dans l'éducation : Hollande fait la leçon à son équipe

 


L'aile gauche du PS s'est étonnée que les 60 000 postes promis par Hollande dans l'éducation soient compensés au sein de la fonction publique d'Etat. D'où le recadrage du candidat.

 

«On a tout pour gagner. Si on ne gagne pas, on ne le devra qu’à nous-mêmes.» François Hollande a sévèrement rappelé ses troupes à tirer dans le même sens, au lendemain d’un communiqué de l’aile gauche du PS pour crtiiquer les déclarations de Jérôme Cahuzac sur la promesse du candidat de créer 60.000 postes en cinq ans dans l’éducation.

Le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, chargé du budget au sein de l’équipe de campagne, avait prévenu, lundi sur France 2, qu’«il n’y (aurait) pas de postes supplémentaires créés dans la fonction publique d’Etat» parce que «la France n’en a tout simplement pas les moyens». Quid de l'annonce de Hollande, pendant la primaire, de créer 12.000 postes par an dans l’éducation? Cela se ferait «par redéploiement», croit savoir Cahuzac.

«Périmètre constant de la fonction publique d’Etat»
Le lendemain, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, le député Henri Emmanuelli et Benoît Hamon, porte-parole du PS, signent un communiqué pour s'étonner de «l’interprétation faite par Jérôme Cahuzac», tout en vantant «la proposition ambitieuse» de Hollande. «Si les 60.000 créations de postes [...] ne devaient l’être que par redéploiement, cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l’emploi pour consolider les moyens de l’Education nationale», dénoncent-ils. Les trois tenants de la gauche du PS préviennent qu’une mesure consistant à déshabiller d’autres administrations publiques pour rhabiller l’éducation «n’aurait aucun sens».

Dans l’entourage du candidat PS, on admet que le terme «redéploiement» employé par Cahuzac était sans doute malheureux mais on pointe que l’idée de «compenser par des baisses de postes ailleurs» ceux créés dans l’éducation n’est pas nouvelle. «L’idée est de ne pas augmenter le nombre de fonctionnaires, avait expliqué Michel Sapin, en charge du projet présidentiel de Hollande, dès le 25 octobre. Je dirais même que l’idée est de stabiliser la masse salariale de l’Etat dans le budget de l’Etat.»

Responsable des questions d’éducation dans l’équipe de campagne, Vincent Peillon réaffirme que les créations de postes dans l’éducations se feront à «périmètre constant de la fonction publique d’Etat», en remplaçant tous les départs en retraites - 30.000 par an - dans l’éducation et en créant 12 000 annuels qui seront «repris sur l’ensemble de la fonction publique d’Etat».

«Il faut une discipline militaire»
D’où le recadrage du candidat PS en conseil politique - mais en l’absence de Benoît Hamon -: «Vous n’êtes pas obligés de vous commenter les uns et les autres et de m’obliger à corriger les uns et les autres.» Interrogée à l’issue d’un point presse consacré au sommet social, Martine Aubry a elle aussi exhorté: «Que ceux qui ont besoin de faire parler d’eux se taisent (...), mais qu’ils ouvrent la bouche pour défendre ce que nous avons à dire aux Français et qu’ils aillent partout». Et de renvoyer dos à dos Hamon et Cahuzac: le porte-parole du PS «a répondu à une déclaration d’un membre de l’équipe de François Hollande qui n’avait pas non plus à s’exprimer et a donné des précisions qui d’ailleurs ne sont pas correctes par rapport à ce que pense notre candidat.»


«Il n’est pas bien que les socialistes polémiquent publiquement», avait averti Ségolène Royal, le matin sur RTL, estimant que «le recrutement des enseignants, qui est nécessaire, ne peut se faire qu’au fur et à mesure (que) la France récupérera ses marges de manoeuvres budgétaires». Pour Jean-Marc Ayrault, conseiller spécial de Hollande, la «petite mise au point» visait «ceux qui pensent d’abord à eux et pas à l’essentiel». Le directeur de campagne, Pierre Moscovici, minimise préférant parler d’«une exhortation à être unis» sur une «tonalité positive». Bruno Julliard, joint par Libération.fr, plaide pour «une discipline militaire aussi bien du staff du campagne», songeant à Cahuzac comme aux «autres initiatives»: «tout le monde doit se garder de sorties intempestives.»

  

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In Le Monde

 

Hollande et Hamon épiloguent sur le cafouillage des 60 000 postes d'enseignants

François Hollande et Benoît Hamon ont chacun livré un épilogue, jeudi 19 janvier, au cafouillage créé mardi par l'intervention de l'aile gauche du parti dans le dossier des soixante mille postes d'enseignant que le candidat socialiste a promis de créer au cours de son quinquennat.

En déplacement à Nantes, le candidat socialiste à la présidentielle a dit qu'il fallait "faire les choses comme elles doivent être faites : l'unité, le rassemblement, la capacité de travailler dans la même direction". "Aujourd'hui, il y a un but qui doit être celui de tous, gagner, permettre le changement", a-t-il ajouté.

"Je ne tolérerai aucun écart de langage qui s'écartera de ce principe, ce principe est trop important. Cela veut dire que les uns et les autres doivent avoir ce seul souci, faire gagner la gauche", a-t-il précisé.

 

HAMON : "JE N'Y REVIENDRAI PAS"

 

 

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In c'est Classe !

 

Les 60 000 postes de François Hollande: quand la boulette devient un boulet


Il ne suffit pas d'avoir de bonnes idées. Encore faut-il bien les préparer, surtout quand on veut concourir à la présidentielle et que la droite vous attend au tournant. C'est ce que l'on se dit en voyant François Hollande traîner comme un boulet sa promesse de créer, s'il est élu, 60 000 postes dans l'Education nationale durant son quinquennat.

 

La proposition du candidat socialiste à la présidentielle était déjà la cible de la droite dénonçant l'obsession dépensière de la gauche. Elle fait maintenant des vagues au sein du PS. L'"aile gauche" s'est en effet ouvertement inquiétée du fait qu'il ne s'agirait pas de créations nettes de postes mais de simples redéploiements - "cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l'emploi pour consolider les moyens de l'Education Nationale. Cela n'aurait aucun sens", écrivent ses représentants, dont le porte-parole Benoît Hamon, dans un communiqué.

 

Il a fallu que François Hollande rappelle sèchement à l'ordre son monde pour que cela cesse. Entre temps, la droite, ravie de la zizanie, s'en était donnée à coeur joie.

Rappelons d'abord les faits. Le 9 septembre à Soissons (Aisne), François Hollande annonce à la surprise générale que s'il est élu, il entend "recréer 60 à 70 000 postes" dans l'éducation durant son mandat, soit à peu près le nombre de suppressions de postes depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy en 2007. Il précise que ce ne seront pas seulement des profs, mais aussi "des encadrants, des assistantes sociales, des psychologues" et des professionnels "liés aux nouvelles technologies".

 
Mais interrogé deux jours plus tard sur Canal + sur le financement d'une telle mesure, celui qui n'est encore que candidat à la primaire socialiste et qui prône la rigueur n'est pas d'une grande clarté. Il parle d'une mesure qui côutera 500 millions d'euros par an - pour 12 000 recrutements annuels -, soit  2,5 milliards d'euros sur cinq ans. Rien, souligne-t-il, à côté des 75 millards d'euros de cadeaux fiscaux durant ce quinquennat.

Ca ne devrait pas peser sur les finances publique, assure-t-il.  Mais pour le démontrer, ça se complique. François Hollande explique que "les 500 millions la première année seront pris sur les dépenses existantes, il y aura autant de dépenses supplémentaires que d'économies". "Je n'embaucherai pas de fonctionnaires dans d'autres administrations", ajoute -t-il. Pour les années suvantes, on reste sur sa faim. Le candidat évoque la suppression de largesses fiscales sarkozystes qui vont rapporter - bouclier fiscal, heures supplémentaires défiscalisées (nombreuses dans l'enseignements), etc.

 

Consciente du flottement, la droite s'engouffre dans la brèche et avance des sommes astronomiques. La palme revient au ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez qui calcule que ces 60 000 postes coûteront 100 milliards d'euros sur 30 ans... Mais même ses amis de l'UMP ne suivent pas.

Simultanément, alors que la campage de la primaire socialiste bat son plein, François Hollande se fait accrocher par Martine Aubry et Manuel Valls sur cette promesse. Sans le dire ouvertement, tous deux semblent la trouver un brin démagogique, et en plus dangereuse car facilement attaquable par la droite.

 

Le 26 octobre, le député PS proche de Hollande, Michel Sapin met les choses au point: ces 60 000 postes seront compensées par des baisses ailleurs dans la fonction publique d'état.

Le 19 décembre, il y revient sur France Inter. "Il n'est pas questions d'augmenter le nombre global de fonctionnaires", commence-t-il,  mais "il faut stopper l'hémorragie dans l'Education nationale", avec "un plan progressif de remontée des effectifs aux bons endroits". Comment le faire alors ? "Par le non remplacement de fonctionnaires (partant à la retraite) dans d'autres administrations". Il cite alors l'administration fiscale, "de plus en plus de Français faisant leurs déclarations sur internet".

Plusieurs éléments accréditent la thèse de l'improvisation, ou à tout le moins d'une décision prise à la va vite. D'abord, interrogés dans la foulée de l'annonce, des proches du candidat ne semblent pas vraiment au courant, ni d'ailleurs enthousiastes. Ensuite, interrogés aussi par Libération, les représentants des principaux syndicats enseignants disent tomber des nues. Bien sûr, ils ne sont pas contre des créations de postes, surtout après la saignée sarkozyste. Mais ils auraient préféré parler de projet pour l'école plutôt que, d'emblée, de chiffres.

Une hypothèse plausible est qu'en pleine campagne de la primaire, François Hollande a voulu faire la différence avec ses rivaux, notamment avec Martine Aubry qui promettait d'arrêter la règle du "1 sur 2" (non remplacement d'un départ à la retraite sur deux) dans l'éducation, mais en se gardant d'avancer des chiffres.

 

Le candidat a pu se rendre compte assez vite que si l'idée de départ était séduisante, elle aurait mérité d'être affinée. Outre son financement, délicat en temps de crise, elle pose un autre problème, non résolu: où trouver tous ces enseignants supplémentaires alors que l'on n'arrive plus à recruter suffisamment  de profs ? A la dernière rentrée, près de 1 000 postes n'ont pas été pourvus, faute de  lauréats. La  plupart des experts jugent que ce sera très difficile, voire impossible...

 

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:55

In Libération

 

 

InterviewEric Charbonnier, expert à la direction Education de l’OCDE.

 

Eric Charbonnier, expert à la direction Education de l’OCDE, analyse les inégalités qui marquent le système français de l’école à l’université, davantage que dans la plupart des autres pays développés.

L’école française est inégalitaire. A quoi cela se mesure-t-il ?

Toutes les enquêtes le prouvent : en France, les inégalités sociales ont un impact beaucoup plus grand sur la performance des élèves qu’ailleurs. Autrement dit, si vous venez d’un milieu défavorisé, vous avez moins de chance de réussir que dans de nombreux pays. Dans notre dernière étude Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), nous avons constaté qu’avec un meilleur niveau socio-économique, un élève améliore ses résultats scolaires de 51 points en France contre 30 en moyenne dans l’OCDE. On a aussi noté un écart important entre les élèves issus de l’immigration et les «autochtones». Enfin, entre 2000 et 2009, en compréhension de l’écrit, les élèves en échec sont passés de 15% à 20%. Or souvent, ils sont issus de milieux défavorisés.

Il y a aussi des inégalités entre les établissements. Si on regarde les statistiques nationales, on voit que dans les Zones d’éducation prioritaire (ZEP), 75% des parents d’élèves sont ouvriers ou inactifs alors que dans un collège classique, ils sont autour de 35% - 40%. Or, c’est dans les ZEP que se concentre la difficulté scolaire.

Quels sont les pays bons élèves en termes d’équité sociale ?

Parmi ceux qui arrivent à associer qualité du système éducatif et équité sociale, on cite la Finlande - qui a une population bien plus homogène que la nôtre - ou encore le Canada, l’Australie, le Japon et la Corée. Tous ont mis en place une série de mesures pour lutter contre l’échec scolaire et aider les enfants de milieux défavorisés à rattraper leur retard. En dix ans, l’Allemagne et le Portugal, grâce à de nombreuses réformes, ont aussi beaucoup progressé.

Quelles méthodes emploie-t-on un peu partout ?

On pratique très peu le redoublement. La plupart du temps, on gère les difficultés des élèves avec du travail en petits groupes et du soutien dans l’école. On met aussi les moyens dans les établissements difficiles. Dans la ville de Shanghai, qui a de très bons résultats, les meilleurs enseignants et chefs d’établissement y sont affectés. En France, ce sont souvent des jeunes enseignants qui y sont, et qui partent ensuite le plus vite possible.

La France ne ferait-elle rien ?

Il y a des réformes qui vont un peu dans tous les sens : on veut créer des écoles d’excellence, diminuer le redoublement, changer les rythmes scolaires, mettre en place un «socle commun de connaissances et de compétences», etc. Beaucoup sont de bonnes idées, mais il manque une réforme globale visant l’échec scolaire et les inégalités.

Et ces inégalités se retrouvent dans le supérieur ?

Sur les quarante dernières années, la France a amélioré de façon remarquable le niveau d’éducation de sa population. Elle était en dessous de la moyenne de l’OCDE pour le pourcentage de diplômés du supérieur. Elle est maintenant au-dessus. Mais depuis dix ans, on observe une stagnation. L’échec scolaire augmente et il faut de bons élèves pour aller dans le supérieur. Or, les milieux défavorisés sont sous-représentés parmi eux. Mais ce n’est pas l’université qui accroît les inégalités. Elles commencent dès l’école élémentaire.

Et que pensez-vous de la dichotomie grandes écoles et universités ?

Les grandes écoles produisent des diplômés qui trouvent de bons emplois. Il faudrait les ouvrir davantage aux milieux défavorisés. Mais ce serait dommage de supprimer quelque chose qui marche. La réflexion doit porter sur l’université. Il faut lui donner toujours plus de moyens, diminuer le taux d’échec et rendre certaines filières plus attractives pour le monde de l’entreprise.

On dit que le diplôme est particulièrement important en France : vous êtes d’accord ?
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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 20:47

 

C03-23Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, tente de relancer le recrutement sur profil dans les collèges et lycées difficiles. Il propose pour cela d'ouvrir les postes vacants à l'échelle nationale, à la rentrée 2012.
C'est quoi ?
Le programme Eclair vise à donner une plus grande autonomie et de plus grands moyens aux écoles, collèges et lycées « difficiles ». L'objectif est de renforcer la stabilité des équipes, forger des projets pédagogiques plus adaptés et assurer un meilleur suivi des élèves.

Lancé en 2010, le programme Eclair permet déjà aux chefs d'établissement des 325 collèges et lycées concernés de recruter eux-mêmes une partie de leurs professeurs. Cette procédure est actuellement organisée au niveau de l'académie.

Elle s'oppose au système habituel d'affectation qui dépend de l'ancienneté, de la situation de famille et du lieu de résidence.

Le programme Eclair vise à attirer des professeurs « chevronnés » dans des établissements considérés comme les plus difficiles. Une prime de rémunération est également prévue pour les attirer.

« Un candidat pour quatre postes »

Cependant, malgré cette indemnité supplémentaire (d'un maximum de 3 556 euros annuels), peu de professeurs se sont portés volontaires. M., principal de collège Eclair dans le Nord-Pas-de-Calais, n'a reçu qu'une seule candidature alors qu'il avait quatre postes à pourvoir :

« Un établissement Eclair, ça fait un peu peur, c'est clair. Et ce ne sont pas les indemnités existantes qui changeront la donne.

Une part de ces indemnités existait pour les établissements difficiles avant Eclair ! Quant à l'autre part, elle est variable et dépend d'une évaluation du chef d'établissement. Or, nous attendons encore des explications sur son fonctionnement. Imaginez un peu les grincements de dents quand un professeur recevra 100 euros et un autre 200 ! »

Philippe Tournier, secrétaire général du Syndicat des personnels de direction (SNPDEN), confirme :

« Dans certains établissements, il n'y a eu aucun candidats. Plusieurs collèges et lycées ont dû nommer des contractuels en catastrophe à la rentrée !

Parmi les rares candidats, certains travaillaient déjà dans l'établissement Eclair concerné, mais à un poste précaire. Ils ont profité du recrutement sur profil pour bénéficier d'un poste stable. »

Un faible attrait confirmé par les statistiques officielles. Selon Josette Théophile, directrice des ressources humaines du ministère, citée par Le Parisien :

« 65% [des 911 postes vacants] ont été pourvus par des enseignants titulaires dans le cadre du mouvement normal des affectations, spontanément, 25% par des titulaires mais pas dans le mouvement, et 10% par des contractuels. »

Une réforme aux effets marginaux

Ouvrir le recrutement à l'ensemble du pays comme le propose Luc Chatel changera-t-il la donne ? Philippe Tournier n'y croit pas :

« Certains professeurs vont peut-être profiter de l'opportunité pour changer d'académie mais il n'y aura pas de ruée vers les établissements Eclair ! Ça n'aura que des effets marginaux.

Soit on propose beaucoup d'argent, mais c'est pervers et l'Etat n'en a pas vraiment les moyens ; soit on favorise leur carrière future d'une manière ou d'une autre ; soit on oblige les professeurs à passer, à un moment de leur vie professionnelle, par ces établissements. »

Un nouveau souffle

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 12:50

In Libération

 

Dans une enquête financée par le conseil général, les personnels de l’éducation nuancent l’image de département violent renvoyée par la réputation du 9-3.

 

C03-24Oui, enseigner en Seine-Saint-Denis n’est pas toujours une sinécure. Non, les élèves n’arrivent pas armés en classe, des boules de shit dans leurs trousses. Les profs peuvent même aimer y travailler… Telles sont les principales conclusions de la première enquête menée sur la violence et le climat scolaires à l’échelle d’un département.

Financée par le conseil général et menée par Eric Debarbieux, spécialiste de ces questions, en partenariat avec l’Education nationale, cette étude, que Libération s’est procurée en exclusivité, tord le cou à des clichés qui ont la vie dure et renvoie une image plus nuancée des établissements de Seine-Saint-Denis.

 

L’éducation prioritaire en première ligne

Les trois quarts des personnes interrogées - enseignants du primaire et du secondaire, proviseurs, surveillants, etc. - jugent bon, ou plutôt bon, le climat scolaire dans leur établissement. C’est plutôt rassurant comparé aux faits divers - agressions de profs au couteau, tirs de trafiquants de drogue au-dessus d’une cour de récré, etc. - qui marquent les esprits.

Mais ce chiffre recèle de grandes disparités, plus inquiétantes. Si dans le primaire, huit personnes sur dix se disent satisfaites de l’ambiance dans leur école, elles sont plus du tiers à trouver le climat dégradé dans les collèges et les lycées professionnels. C’est une confirmation : les collèges, particulièrement ceux classés ZEP (zone d’éducation prioritaire), qui accueillent des ados de milieux défavorisés, ainsi que les lycées pros, où les élèves ont l’impression d’être sur des voies de garage, sont les maillons faibles du système en matière de violence. Un chiffre : 78,5% des personnels de collèges classés ZEP jugent la violence fréquente dans leur établissement. Faute de données, il est impossible de comparer avec d’autres départements. Mais il est sûr que la Seine-Saint-Denis, qui abrite de nombreux établissements ghettos, quasiment sans mixité sociale, se situe ici bien au-dessus de la moyenne.

 

Des injures, pas des armes

Les intrusions de bandes de cités, débarquant avec des battes de base-ball pour régler ses comptes à un élève d’une bande adverse, sont extrêmement rares. De même les agressions armées : trois cas ont été rapportés lors de cette enquête, dont un seul a donné lieu à une ITT (incapacité de travail temporaire) de plus de huit jours.

Les violences sont avant tout verbales - 44,5% des personnes interrogées citent des insultes et 18% des menaces. Quant aux violences physiques, il s’agit surtout de bousculades de profs ou de surveillants par des élèves (11% des réponses). Par ailleurs, contrairement à une idée qui se répand, les parents sont très rarement impliqués, les violences restant très majoritairement perpétrées par les jeunes. Tous ces chiffres ont le mérite de remettre les choses à leur place. «La situation est difficile mais elle n’est pas désespérée, résume Claude Bartolone, le président socialiste du conseil général, on est loin de l’image de jungle qui colle à la peau de la Seine-Saint-Denis.»

 

Harcèlement entre collègues

C’est la surprise de l’enquête : 18% des personnes interrogées se plaignent d’avoir été ostracisées par leurs collègues et 11% affirment se sentir harcelées depuis le début de l’année, le plus souvent par un collègue. Ils sont même 21,2% à reconnaître l’avoir été au cours de leur carrière. Une réalité mal connue : ce qui se passe derrière les murs des écoles et dans les salles de profs restant assez mystérieux. Dans le secondaire, les personnels spécialisés - comme les CPE (conseillers principaux d’éducation), les psychologues, les infirmières… - sont les plus visés. «C’est un phénomène qui nuit à la cohésion des équipes et sur lequel il faudra revenir en profondeur», souligne Eric Debarbieux.

 

Pourquoi une enquête ?

Au-delà des chiffres, l’étude est intéressante pour les propositions avancées par les personnels afin d’endiguer la violence. Les solutions sécuritaires - comme la vidéosurveillance ou les portiques de sécurité, très en vogue au début du quinquennat, moins après - viennent assez loin. En priorité, profs et surveillants réclament plus de travail en équipe et avec les parents, mais aussi moins d’élèves par classe - 66 000 postes ont été supprimés depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. En outre, très majoritairement (65%), ils s’estiment mal formés, particulièrement les débutants (77%). «Ce mécontentement s’est accentué depuis la réforme de la masterisation, souligne Eric Debarbieux, mais il existait avant.»

 

Si l’on en reste à un constat, l’enquête n’aura pas servi à grand-chose. Pour Claude Bartolone, cela devrait encourager à agir : «Avant, les enseignants affectés ici venaient et serraient les dents en attendant de pouvoir repartir. Là, on les voit prêts à réagir et à chercher des solutions.» A l’approche de la présidentielle, chacun avance des idées. Une chose est sûre : après les stats, les profs attendent du concret.

 

Le rapport sur le climat scolaire en Seine-Saint-Denis

 

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 12:46

casse2

In L"Humanité

  

Les multiples réformes lancées par Nicolas Sarkozy dans l’enseignement primaire et secondaire ont débouché sur un accroissement des inégalités scolaires, au profit des milieux les plus favorisés. Florilège.

 

  • Assouplissement de la carte scolaire.

Grand débat de la précédente présidentielle, « l’assouplissement » de la carte scolaire a été mise en œuvre dès septembre 2007 par Xavier Darcos. Cette réforme devait améliorer « la mixité sociale » dans les collèges et lycées en permettant aux parents de quartiers défavorisés de mettre leur enfant dans l’établissement de leur choix. La mesure a produit l’effet exactement inverse. « Dans les établissements les plus convoités il y a peu d’élèves de condition modeste ; dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu », souligne, dès 2008, un premier rapport de deux inspecteurs généraux. En 2009, la Cour des comptes confirme le bilan et parle de « ghettoïsation » des établissements fragiles. Sur un total de 254 collèges « ambition réussite » (anciennement ZEP), 186 ont perdu des élèves, principalement des enfants de classes aisées ou moyennes. En 2010, le SNPDEN, syndicat des chefs d’établissement confirme ces deux rapports et précise que la moitié des établissements affectés par la réforme sont des « collèges moyens de villes moyennes ». Selon le plan de marche de Nicolas Sarkozy, la carte scolaire aurait dû être totalement supprimée à la dernière rentrée. Le gouvernement préfère ne plus en parler...

 

  • Réforme de la formation des maitres.

Autre grand chantier du quinquennat, l’évolution de la formation des maîtres a bouleversé la profession. Obligation d’être titulaire d’un master 2 (bac+5) au lieu d’une licence (bac+3) et suppression de l’année de stage rémunéré en alternance : cette réforme a, paradoxalement, anéanti la professionnalisation de la formation qu’il s’agissait pourtant de renforcer... Les témoignages d’enseignants débutants, lâchés dans les classes à plein temps sans aucune expérience, se sont multipliés. Le nombre d’inscrits aux nouvelles formations de professeurs a également chuté de 30% (18000 candidats en 2010 contre 34.952 en 2009) et le recul de l’attractivité du métier s’est accéléré. En 2011, 20% des 4880 places offertes au CAPES externe n’ont pas été pourvues, faute de candidats au niveau en nombre suffisant. Lors de ses vœux 2011, Nicolas Sarkozy avait convenu qu’il fallait remettre cette réforme sur le métier. En 2012, il ne l’a même plus évoquée.
Lutte contre l’échec scolaire. «Je prends un engagement devant vous : nous allons diviser par trois, d’ici à la fin de la mandature, le taux d’échec scolaire à la fin du CM2», avait promis Nicolas Sarkozy. Passer de 15% à 5% ? La bonne blague. Les tests nationaux de janvier 2011 montrent que 30% des élèves de CM2 continuent d’avoir des acquis « fragiles » ou « insuffisants » en mathématiques et 26% en français. Et ce, malgré le retour aux « fondamentaux » des nouveaux programmes de 2008, marqués par une conception  mécaniste des apprentissages. Au niveau du collège, les chiffres sont également cruels pour la France. Entre 2000 et 2009, selon l’OCDE, la proportion d’élèves de 15 ans en grande difficulté est passée de 15% à 20% et l’écart de niveau entre le groupe des meilleurs et celui des plus faibles s’est accru. La France reste l’un des pays où les inégalités sociales pèsent le plus sur les destins scolaires. Entre 2000 et 2010, le nombre de 18-24 ans quittant le système scolaire sans diplôme n’a quasiment pas varié, autour de 13%.

 

  • Politique d’éducation prioritaire.

« Dans les quartiers où s’accumulent tous les problèmes de l’exclusion et du chômage, je propose de créer des classes de quinze élèves dans les collèges et les lycées », avait promis Nicolas Sarkozy en 2006. De ce point de vue, les établissements de l’éducation prioritaire n’ont rien vu venir. Au contraire. Depuis cinq ans, ils sont parmi les plus touchés par les restrictions budgétaires. A la rentrée 2011, ils ont perdu, en moyenne, 2,5% de leurs moyens horaires tandis que les établissements favorisés en gagnaient 0,4%. En guise de politique, le gouvernement y a, en revanche, expérimenté son programme Eclair, véritable tête de pont de la déréglementation du système scolaire dont rêve la droite. L’autre grande fierté sarkozienne est la création d’internats d’excellence censés promouvoir « l’égalité des chances ». Des places sont ainsi réservées dans de bons établissements à des élèves « méritants » venus de quartiers défavorisés. Une « excellence » pour peu d’élus. On compte actuellement 10 000 places, le but étant d’atteindre 20000 soit à peine plus de 3% des élèves relevant de l’éducation prioritaire. Ce dispositif élitiste a surtout un effet pervers : il pousse les enfants les plus motivés à quitter les établissements défavorisés, privant ces derniers de leurs « têtes de classe ». Privilégier quelques-uns au détriment du plus grand nombre : telle est la logique à l’œuvre.

 

  • Appauvrissement de l’éducation nationale.

L’effort global de financement de l’éducation a reculé ces dernières années. La Dépense intérieure d'éducation (DIE) a baissé de près d'un point de PIB entre 2000 et 2009. Quant au budget du ministère de l'Education nationale, il ne représentait plus que 21% du budget de l'Etat en 2010 contre 28% en 2007. Signe de son désengagement, la part de l’Etat dans le financement global de la DIE est passée de 67% en 1985 à 56,1% en 2009. Trame de fond de ce quinquennat, la suppression de 80 000 postes dans l’éducation nationale pose de multiples problèmes. Les absences de profs non remplacées se sont systématisées, notamment dans certains quartiers populaires, comme en Seine-Saint-Denis, où des dizaines de parents d’élèves ont saisi le tribunal administratif. Elles ont également entraînées un recours accru à des emplois précaires (étudiants, vacataires recrutés à Pôle emploi…) pour palier le manque d’enseignants. Les suppressions de postes ont également asséché l’offre scolaire. Les effectifs d’élèves par classe ont mécaniquement augmenté, dégradant les conditions d’enseignement. Les économies ont surtout mis en péril certains postes « hors classe ». Les assistants de langue, en primaire, sont en voie de disparition. L’avenir des réseaux d’aide aux enfants en difficulté (RASED), avec leurs enseignants spécialisés et psychologues scolaires, est incertain : 3000 postes ont été supprimés depuis 2007. Faute d’enseignants suffisant, le taux de scolarisation des enfants de moins de trois ans a également lourdement chuté, passant de 34,3% en 2001 à 13,6% en 2010. Et ce, alors même que le ministère a reconnu lui-même, en 2003, les effets positifs de la scolarisation précoce sur l’apprentissage de la lecture en CP, notamment pour les enfants de milieux défavorisés. Donner moins à ceux qui ont moins : sur l’éducation, la philosophie gouvernementale a le mérite d’être clair.

 

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