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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 21:43

In Canard Enchaîné 07/03/2012

 

canard-07-03-2012.jpg

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 20:17
In LibéToulouse

 

Toujours moins pour les plus démunis: les enseignants du collège de la Reynerie à Toulouse ne décolèrent pas.

 

L’équipe pédagogique de cet établissement pourtant situé en zone d’éducation prioritaire dans le quartier du Mirail a appris ce matin 9 mars la suppression d’un poste de conseiller principal d’éducation (CPE), d’un poste de documentaliste et de 2 postes ateliers de sections d’enseignement général professionnel adapté, classes dédiées aux élèves présentant des difficultés d’apprentissages graves et durables à la sortie de l’école primaire (SEGPA). 

 

Après huit postes d’enseignants perdus les deux années précédents, «ça commence à faire beaucoup», confie à LibéToulouse l’un des enseignants du collège. Ce "déshabillage" passe d’autant plus mal que cet établissement fait partie du programme des écoles collèges et lycées pour l’ambition et la réussite (ECLAIR).

 

En raison de quoi, les enseignants du collège de la Reynerie  ont décidé de se mettre en grève dès lundi matin 12 mars.

  
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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 17:54

In Ouest France

 

Un établissement public, près de Nantes, ne trouvait aucun remplaçant en technologie disponible jusqu'en juillet.

L'offre d'emploi est parue sur le site leboncoin.fr, fin janvier : « Le collège les Sables-d'Or recherche un professeur de technologie du 1er février au 5 juillet. » Dix-huit heures par semaine, payées 1 300 €. Une démarche peu banale.

 

« Le titulaire du poste a pris un congé parental. C'était programmé, on attendait la nomination d'un remplaçant par le rectorat, explique Alain Somveille, principal du collège public de Thouaré-sur-Loire, près de Nantes. Mais, dans cette matière, le rectorat n'a trouvé aucun enseignant disponible. » Les pistes de Pôle emploi et de l'intérim échouent également.

 

« J'ai tenté un coup de poker »

« J'ai tenté un coup de poker via cette annonce sur leboncoin. Une initiative personnelle », raconte Alain Somveille. Très vite, plusieurs candidats se manifestent. « J'ai rencontré le premier à avoir répondu. Il n'était pas enseignant mais avait une expérience de dix années dans la formation professionnelle en entreprise. » Le rectorat a validé ce recrutement pour 200 heures. « Il n'y a pas eu de vacance du poste entre le départ du prof titulaire et l'arrivée du remplaçant. Tant mieux pour les élèves », se réjouit le principal.

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 17:27

In Le Progrès.fr

 «Carence éducative, culturelle, laxisme, (les familles) ne véhiculent pas les valeurs de respect du travail, de l’effort et couvrent souvent les absences ou les incivilités de leurs enfants», est-il écrit pour décrire ce «collège de quartier» où les enfants sont à près de 83 % dans des familles «défavorisées».
«Les parents ne voient souvent pas l’intérêt de travailler à l’école et de s’engager dans des études», est-il ajouté sur cette «fiche» qui a été retirée du site jeudi soir (NDLR).

Ayant appris l’existence de la fiche par des parents, Jean-Jacques Hazan, le président de la FCPE, première fédération de parents d’élèves, a qualifié auprès ce texte de «scandaleux», demandant son «retrait» et «des excuses publiques» du recteur de l’académie de Lille.
«On sait que la disqualification des parents explique en partie l’échec scolaire de leurs enfants, ça ne va pas arranger les choses ! Ecrire une telle fiche de recrutement, cela revient à dire « On ne peut rien faire » pour les enfants de ce collège», a-t-il déclaré, soulignant que le Pas-de-Calais est «le département qui cumule les plus grosses difficultés sociales du pays».

«Le laxisme est plutôt du côté de cette académie, incapable d’assurer les remplacements, c’est-à-dire l’obligation de continuité du service public : dans le secondaire, moins de 20 % sont assurés», a-t-il ajouté, rappelant que le Nord-Pas-de-Calais aurait aussi le plus grand nombre de suppressions de postes pour la rentrée 2012 (1.020)

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 18:46

 

C03-01.jpg

Communiqué de presse des organisations syndicales
CGT-Éduc’action, FNEC-FP-FO, FAEN, FSU,
SUD Education, UNSA Education

 

Différé suite à l’opposition quasi unanime des organisations syndicales de l’EN, l’examen du projet de décret relatif à l’évaluation des personnels enseignants, CPE et CO-Psy, est inscrit à l’ordre du jour du CTM du 8 mars 2012. Après des mois d’absence de dialogue social, ce projet revient sous une forme aggravée. L’évaluation des enseignants est un sujet sérieux. Que vaut cette précipitation dans un contexte de campagne électorale, où sont mises en débat des propositions engageant l’ensemble de la profession ? Les organisations dénoncent ce passage en force.

 

Les évolutions de forme, concédées notamment sous la pression de la mobilisation des personnels concernés, ne changent pas, en réalité, le fond du texte : c’est bien le supérieur hiérarchique direct – chef d’établissement (ou DCIO) dans le second degré, IEN dans le premier degré – qui serait seul responsable de l’évaluation et de la carrière des enseignants, les corps d’inspection pédagogique se voyant attribuer une fonction subalterne dans ce processus.

 

L’entretien trisannuel, dont la mise en place s’échelonnerait selon les corps concernés entre 2013 et 2015, donnerait lieu, suite à l’auto-évaluation de l’enseignant, à une appréciation par le supérieur hiérarchique direct sur la base de critères contestables. C’est à partir de ces appréciations que seraient « formulées » et réparties les mesures d’avancement différencié, proposées par le supérieur hiérarchique direct et validées par le recteur.

Il va sans dire que ce projet d’évaluation constituerait un alignement par le bas des carrières et ne serait en rien une amélioration de la situation.

 

Ce projet va à l’inverse de ce dont ont besoin les enseignants, en particulier en matière de formation et d’évaluation.

Les organisations syndicales signataires, renouvellent leur demande de retrait de ce projet. Elles décident de ne pas siéger au CTM du 8 mars.

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 10:15

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In Médiapart

 

 
Où commence la légitime défense ? Quand l’usage de la force devient-il disproportionné ? Quel type de responsabilité suppose le port d’une arme ? Les manifestants sont-ils des émeutiers ? Le procès qui s’est ouvert mardi 6 mars au tribunal correctionnel de Nantes et dans lequel un policier est mis en cause pour avoir tiré sur un manifestant et l’avoir blessé au visage au point de lui faire perdre la vue d’un œil soulève de multiples questions d’intérêt public. Il révèle surtout l’utilisation dévoyée des flashballs qui risque d'être faite au quotidien par les forces de l’ordre.
 

À la barre, Mathieu Léglise, toujours policier en poste à Nantes, toujours muni de son port d’arme de service. Il est affecté à la compagnie d’intervention départementale (CDI) lorsqu’il est appelé à intervenir au cours d’une opération de « maintien de l’ordre » dans une manifestation contre la loi sur les universités le 27 novembre 2007.

Il est alors chargé d’expérimenter une nouvelle arme, le LBD 40×46, le « lanceur de balles de défense », sorte de flashball nouvelle génération, à viseur, à portée plus longue, plus précis et plus puissant que son prédécesseur. Quelques jours auparavant, Nicolas Sarkozy vient d’en faire la publicité au chevet d’un policier blessé à Villiers-le-Bel dans les émeutes qui ont suivi la mort de deux adolescents.

 

Au tribunal correctionnel de Nantes.

Mathieu Léglise est aujourd’hui poursuivi pour «violence aggravée par deux circonstances suivies d’incapacité supérieure à huit jours». Face à lui, Pierre Douillard, âgé de 16 ans au moment des faits. À la suite d’un tir, il a perdu définitivement l’usage de son œil droit. Il reconnaît le prévenu comme le tireur.

 

De 9 heures du matin à 18 heures 30, la salle d’audience est pleine à craquer et la tension palpable. Policiers et militants contre les violences policières occupent les bancs. «En dehors de cette enceinte, je doute qu’il puisse y avoir des débats sereins», se targue le président de la 6e chambre, Bruno Sansen. De fait, les procès mettant en cause des policiers sont rares, ceux concernant les flashballs encore plus, ce qui rend la session déterminante.

 

Avant de déplier la chronologie, le magistrat fait part de son étonnement à propos de l’issue de la manifestation du 27 novembre puisque, en plus de Pierre, au moins deux autres jeunes sont touchés à la tête. «C’est inhabituel tant de blessures au visage», insiste-t-il. Plus tard : «C’est un fait rarissime de se retrouver dans une manifestation lycéenne et étudiante avec trois ambulances.»

 

Le mouvement du cortège ne fait pas l’objet de contestation. En fin d’après-midi, des manifestants entrent dans l’enceinte du rectorat en vue d’occuper le parc. La hiérarchie policière ordonne d’évacuer les lieux. Pas moins de trois corps de forces de l’ordre prennent position : la CDI, mais aussi la brigade anti-criminalité (Bac) et les gendarmes mobiles, qui chargent frontalement, repoussant les jeunes vers la sortie.

À deux reprises «avérées», des agents font usage de leur arme. Quand Mathieu Léglise tire, il est à l’intérieur du rectorat, les manifestants sont à l’extérieur. Les grilles sont-elles refermées ? Le travail de contre-expertise produit au procès par un ami de la famille du plaignant montre que oui, mais ce point est mis en doute par la défense. En revanche, personne ne conteste que Pierre a été grièvement blessé. Une vidéo prise par une manifestante le montre étendu par terre.

«C’est pas cette personne que j’ai tiré !»

À l’audience, le policier reconnaît avoir tiré avec son arme mais, d’un coup, il affirme ne pas reconnaître Pierre comme sa «cible» selon ses propres termes. «C’est pas cette personne que j’ai tirée!», répète-t-il. «Tout le monde reconnaît que la blessure est due au LBD 40x46», indique pourtant le président. Et ce jour-là, l’autre policier-tireur était muni d’un flashball classique. La stratégie de la défense vise à brouiller les pistes. Des tireurs, certes, des blessés, aussi, mais plus de victimes.

 

Qui, alors, aurait tiré? «Cela pourrait correspondre à un bon coup de poing», tente l’avocat du prévenu, Laurent-Franck Liénard en référence à la description de l’arme par son fabriquant. «Un coup de poing avec un gant de boxe, alors!», l’interrompt le président, qui paraît surpris de ce revirement. L’avocate des parties civiles, Catherine Glon, l’est elle aussi, d’autant qu’elle avait prévu de centrer sa plaidoirie sur la légitime défense.

De même que les conclusions de l’instruction, le rapport de l’IGPN, la police des polices, en date du 14 avril 2008, est sans ambiguïté, rappelle-t-elle lors d’une suspension d’audience. «L’endroit de la blessure, le signalement de Monsieur Léglise, seul fonctionnaire en uniforme et casqué portant une cagoule, et son positionnement confortent son lien avec la blessure de Pierre D.», cite-t-elle mot pour mot. «En quatre ans d’instruction, jamais ils n’ont cherché à contester les faits reprochés. Et maintenant, ils nous disent que ce n’est pas lui!», proteste-t-elle.

Cette situation n’empêche pas le débat sur la légitime défense d’avoir lieu et, avec lui, celui sur les conditions d’usage de l’arme. Interrogé sur son habilitation à se servir du LBD 40x46, le policier évoque une formation des plus rudimentaires. Quelques tirs de cartouches, des notions sur l’angle mort ou des «actions en descente de véhicule». Guère plus. Et, à la fin, «on a reçu le livret d’utilisateur qui reprenait tout ce qui avait été abordé».

Le policier prévenu en salle d'audience.

Qu’a-t-il retenu du cadre légal d’utilisation? «Pas à moins de 10 mètres et faire attention à la personne qu’on vise, ça peut être des personnes âgées ou des femmes enceintes.»

Et les mineurs? «On ne nous a rien dit là-dessus.» Et les «cibles» mouvantes? «Non, on ne s’est entraînés que sur des cibles fixes.»

«Il faut éviter de viser les parties génitales et au-dessus du thorax», se remémore-t-il aussi, alors que les instructions interdisent catégoriquement ces zones.

Quant au but visé, voici ce qu’il garde en mémoire, oubliant que la légitime défense est le motif d’utilisation quasi exclusif: «Les LBD servent à atteindre des personnes qui lancent des projectiles, du caillou au cocktail molotov, pour les neutraliser.»

«L’usage en réaction à un jet de projectile vous paraît proportionné?», demande le juge. «Oui, c’est ce qu’on nous dit», répond le prévenu, ajoutant: «L’alternative, c’est l’arme de service. Contre des fusils de chasse, même le LBD n’est pas adapté. On doit imaginer une riposte à la hauteur de ce qu’on a en face.»

 

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 09:28

 

 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 19:07

Construisons l’école de l’égalité !
12 propositions pour refonder une politique nationale d’éducation

 

Depuis plusieurs années déjà, et notamment depuis la loi Fillon de 2005, les attaques contre l’école maternelle et primaire, le collège, le lycée et les universités, contre les enseignants et les postes, sont nombreuses et récurrentes. En  les multipliant et en accélérant le rythme, la politique de Nicolas Sarkozy a réussi, en quatre ans et demi, à mettre à terre le service public d’éducation. Par les membres du Front de gauche pour l'Éducation.

 

Rappelons là certaines mesures prises depuis 2007 : remise en cause de la scolarité des 2-3 ans avec la mise en place de jardins d’éveil à la charge des collectivités et des contribuables ; réduction drastique des subventions aux associations d’éducation populaire et aux mouvements d’éducation nouvelle ; criminalisation du traitement de la violence à l’école et plus généralement de la jeunesse ; réduction de l’éducation prioritaire à un repérage des « élèves à risque » ;  fichage des élèves et dénaturation de la statistique scolaire ; sabordage de la formation des enseignants ; renforcement de l’autonomie et de la concurrence des établissements scolaires sur le modèle du management néo-libéral ; dérégulation de la carte scolaire, privilèges et préférences donnés à l'enseignement privé ; attaques contre le savoir et la pédagogie, suppressions de postes, développement de la précarité …

 

Sans être exhaustive cette liste illustre de façon accablante la régression considérable et brutale de notre système éducatif. Comme si la coupe n’était pas encore assez pleine, l’UMP propose encore récemment une réhabilitation des filières au collège dans l'unique but de renforcer les logiques ségrégatives et de développer les sorties précoces du système éducatif nous ramenant quelques trois décennies en arrière. Preuve que, sans un coup d’arrêt net à cette politique destructrice de la droite en 2012, d’autres phases de régression sont encore devant nous, comme en témoigne le projet d’évaluation des enseignants portant atteinte à leur professionnalité et instituant un arbitraire et une mise en concurrence des individus.

 

Cette politique nous devons la combattre parce qu’elle est injuste, cynique, inefficace et opposée en tous points aux valeurs de justice, de progrès et de libertés défendues par le Front de gauche, par de nombreuses organisations  et par de très nombreux concitoyens. Notre projet rejoint en effet les mobilisations citoyennes et professionnelles qui ont vu le jour sur tout le territoire, pour dire non à cette politique, sans jamais avoir été entendues. Jamais la population n’a marqué un tel rejet car c’est bien la mort du service public d’éducation qui est en jeu. Personne n’est dupe, l’école de la droite c’est celle du chacun pour soi, de l’égoïsme, de la loi du plus fort et du plus riche, écartant une grande partie de la population scolaire du droit à l'éducation et à la poursuite d'études.

 

Elle tourne non seulement le dos aux aspirations de la population, mais également à tous les acquis des chercheurs et des pédagogues. Le rôle de la scolarisation en maternelle dans la prévention de l’échec scolaire est incontestable. Une école plus égalitaire  nécessite aujourd'hui de relancer une éducation prioritaire qui soit soutenue par des moyens d’une toute autre ampleur que ces dernières années et qui affirme la capacité de tous les élèves à réussir. Les systèmes scolaires les plus démocratiques sont ceux qui s’abstiennent de toute mise en concurrence des écoles et des familles, qui bannissent le libre choix de l’école, qui misent sur la formation des enseignants et surtout qui investissent dans l’éducation : bref l’inverse de la politique actuelle !

 

Contre les orientations prises depuis 2007 les rappels à l’ordre ont été nombreux. Les chercheurs ont analysé les effets délétères des mesures prises : l’aggravation de la ghettoïsation scolaire et de la fragmentation de l’école sont les préludes  à un véritable séisme social. De nombreux rapports provenant des organismes d’État (Cours des comptes, Inspection générale) ont tiré à plusieurs reprises le signal d’alarme, en vain. Les organisations internationales ont également pointé les excès d’élitisme, le désengagement de l’État et l’accroissement inconsidéré des inégalités. La France apparaît en effet aujourd’hui aux yeux du monde comme l’un des pays les plus inégalitaires en matière de scolarité obligatoire. Jamais donc une politique dite éducative n’a fait à ce point l’unanimité contre elle et suscité autant d’indignation collective. L’UMP et le gouvernement actuel peuvent-ils avoir raison contre les concitoyens, la communauté éducative et  la communauté scientifique ?

 

Face à ces constats le Front de gauche ne se contente pas de dénoncer : il propose un projet éducatif à la hauteur de la situation, et non un aménagement de l’existant. Le Front de gauche refuse de penser sa politique éducative dans le cadre du budget contraint érigé en dogme par les politiques d’austérité. Son projet  ne résulte pas d’une quelconque « convention-spectacle » ou d’une commission fermée réservée à quelques technocrates ; il résulte d’une réflexion menée avec la population elle-même, au cours des assemblées citoyennes, avec les enseignants, les chercheurs, les mouvements pédagogiques et les réseaux divers. Le projet se veut ouvert et non figé et construit autour d’une idée centrale : l’école de l’égalité. Trop souvent galvaudé et instrumentalisé, ce terme doit retrouver à présent tout son sens.

 

L’école de l’égalité c’est avant tout une école humaniste et progressiste, laïque, indépendante des logiques de marché et de l’utilitarisme économique. C’est une école qui renoue avec la culture, la connaissance et les idéaux collectifs. Elle permet à tous les élèves, scolarisés de 3 à 18 ans,  d’acquérir  une culture commune, une qualification reconnue et de s’émanciper.  C’est une école où pas un jeune ne sort sans une qualification.

C’est une école qui affirme la capacité de tous les élèves à apprendre et réussir, et  la place au centre des politiques éducatives et pédagogiques. Elle donne les moyens à toutes et tous de trouver sa place.  Cette école est résolue à prendre le parti d’une réduction des inégalités et qui abroge les logiques de concurrence et de management en cours.

 


C’est une école qui cesse de considérer ses personnels comme un fardeau, mais qui, récusant toute forme d’autoritarisme et s’appuyant sur des professionnels respectés et revalorisés, dotés des moyens de bien faire leur travail, redonne aux enseignants, à tous les personnels éducatifs, aux parents d’élèves  et aux jeunes toute leur place et toute leur légitimité. C’est enfin une école qui traitera de l’urgence absolue de la refonte totale de la formation des enseignants et qui enrayera le cercle vicieux de la désaffection de la profession enseignante produite de toute pièce par le pouvoir actuel.

 

L’école de l’égalité s’inscrit dans le projet global du Front de Gauche et nécessite des ruptures radicales avec l’ordre établi.

 

Ce projet nécessite une mobilisation de toutes les forces de notre société à la fois pour en débattre, en préciser les grands axes et agir pour les faire aboutir. C'est un instrument essentiel pour répondre aux attentes et aux besoins et contribuer à construire une autre société.

 

Construisons l'école de l'égalité ! 12 propositions pour refonder une politique nationale d'éducation.

 

1. Tous capables ! Parce que les différences entre les élèves ne sont pas naturelles mais socialement construites, que l’échec scolaire n’est pas une fatalité, l’affirmation de la capacité de tous les élèves à entrer dans les apprentissages scolaires est au fondement du projet éducatif.

 

2. L'urgence: un plan de lutte contre les inégalités. L’égalité scolaire implique la gratuité réelle des études pour tous. Des critères nationaux devront être (re)pensés et mis en œuvre pour mettre en place l'école de l'égalité quelles que soient les ressources des collectivités locales. Ainsi, les fonds sociaux et d'aide à la restauration seront rétablis à la hauteur des besoins. Des postes d'assistants sociaux scolaires seront créés. Nous mettrons en place des observatoires des inégalités rassemblant dans les territoires des élus, des parents, l’ensemble des personnels de l’éducation nationale et des élèves à partir du collège ainsi que des personnalités associées.
 
3. Un service public d'éducation national, pour garantir un même accès à l'éducation sur tout le territoire en éradiquant les logiques de concurrence qui sabordent notre système éducatif. Nous en finirons avec les politique d'autonomie libérale et mettrons un terme à la politique ségrégative de Nicolas Sarkozy en matière de carte scolaire en faisant primer l'intérêt général. Une  sectorisation repensée sera mise en place fondée sur de nouveaux redécoupages, fidèle aux réalités locales, concertée avec tous les acteurs des territoires et encadrée par des observations locaux de la mixité sociale.
 
4. À formation commune, qualification égale. Nous garantirons le droit à une qualification égale pour ceux qui ont suivi une même formation : défense du cadre national des diplômes, validation de toutes les années d’étude dans les conventions collectives.

 

5. Construire une culture commune ambitieuse. Le commun est porté par des valeurs laïques, les mêmes contenus de savoirs pour tous et par les modalités d’apprentissages, qui privilégient l’apprendre ensemble, l’exercice de la pensée et l’autonomie intellectuelle. Les mêmes programmes doivent être enseignés à tous jusqu'à la fin du collège pour que l'orientation dans les différentes voies du lycée, générale, professionnelle ou technologique, soit un vrai choix. Nous développerons les passerelles entre les voies. L'investissement de l'État dans l'enseignement professionnel sera augmenté de 50 % pour que les enseignements techniques professionnels et généraux soient d'égale qualité. Parce qu'il faut du temps pour apprendre à tous des savoirs plus complexes, la scolarité obligatoire sera portée à 18 ans.
 
6. Défendre et transformer l'école maternelle. L’école maternelle sera obligatoire à partir de 3 ans, accessible dès 2 ans pour les familles qui le souhaitent. Réduction des effectifs et refonte des programmes permettront à tous les enfants, en particulier ceux issus des classes populaires, de devenir élèves.
 
7. Refonder l'école sur le modèle de l'élève qui n'a que l'école pour apprendre. Les programmes et l'ensemble de l'école devront être refondés sur le modèle de l'élève qui n'a que l'école pour apprendre les savoirs scolaires afin de réduire l’échec scolaire, de donner à tous les clefs pour entrer dans les apprentissages scolaires, s’émanciper, et ce sur tous les champs de la connaissance. Le service public d'éducation nationale devra prendre en charge tous les apprentissages nécessaires pour réussir à l'école : il faut en finir avec la délégation aux familles, aux collectivités locales ou aux cours privés. L'école doit se faire à l'école.

 

8. Redonner sens au métier d’enseignant est une priorité. Une nouvelle réforme de la formation des enseignants articulera formation de haut niveau dans la ou les disciplines à enseigner, formation professionnelle et ouverture à la recherche et s'appuiera sur des pré-recrutements. Nous soutiendrons la relance de la recherche en éducation, la formation continue et la création de temps d’échanges pédagogiques, de réflexion et d’élaboration dans les établissements. Nous renégocierons les règles de gestion pour en supprimer tout arbitraire. Le statut de fonctionnaire d'État, garantie de la liberté pédagogique et de l'égale qualité du service public sur tout le territoire, sera renforcé. Il ne saurait être question d'accroître la charge de travail des enseignants ou de diversifier leurs tâches.

 

9. Tous les parents ont leur place à l'école. Nous créerons un statut de représentant de parents d’élèves pour permettre à tous les parents de participer à la vie des établissements. Des temps et des lieux aménagés pour les rencontres avec l’équipe éducative devront être mis en place.

 

10. Associations éducatives et pédagogiques laïques partenaires de l'école publique (associations complémentaires de l'école, mouvements pédagogiques et d'éducation populaire). Ces associations ont toujours agi avec, dans et autour de l’école. Elles contribuent à la promouvoir, à la rendre plus démocratique et font vivre les valeurs de laïcité et d’éducabilité de tous. Nous proposons de pérenniser leurs financements et promouvoir leur action.

 

11. La politique d'éducation doit aussi s'adresser aux jeunes en voie de délinquance ou de déscolarisation. Nous privilégierons la prévention et nous abolirons les lois sécuritaires dérogeant aux principes de l’ordonnance de 1945. Nous travaillerons à la protection des jeunes en créant des structures d’accueil et en formant des personnels éducatifs et judiciaires. Les collectivités locales doivent retrouver les moyens pour aider les travailleurs sociaux et les familles qui demandent l'aide éducative à domicile pour les mineurs comme pour les jeunes majeurs.

 

12. Dépenser pour l'école, c'est investir dans l'avenir. Nous stopperons les suppressions de postes et engagerons un plan de recrutement dans l'Éducation nationale sous statut de la Fonction publique d’État rétablissant, notamment, tous les postes supprimés depuis 2007. Dans l'immédiat, nous proposons de porter la part du budget de l’état consacré à l’éducation de 5,6% à 7% du PIB.

 

Le Front de Gauche pour l’Education

Membres du groupe "Le Front de Gauche pour l’Education" :
Gérard Aschiéri, syndicaliste
Nicole Sergent, syndicaliste
Pierre Marsaleix, syndicaliste
Christine Passerieux, militante pédagogique
Choukri Benayed, sociologue
Bertrand Geay, sociologue
Stéphane Bonnéry, sociologue
Marine Roussillon, PCF
François Cocq, PG
Magali Escot, PG
José Tovar, FASE
Pascal Langlois, République et Socialisme

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 18:38

In L'Humanité

 

 

 

Gérard  Aschieri, responsable du collectif éducation au conseil de campagne du Front de gauche, dénonce une mesure de diversion pour éviter la question du nombre de personnels.

 

Comment réagissez-vous à la proposition sarkozyste d’allongement du temps de présence des enseignants au sein des établissements scolaires ?

Gérard Aschieri. Il s’agit d’une mesure de diversion pour éviter d’affronter la question du nombre de personnels suffisant pour encadrer les élèves. Cet encadrement est le fait d’équipes pluriprofessionnelles, faites de conseillers principaux d’éducation, de conseillers d’orientation psychologues, d’infirmières, de surveillants, etc. Ce que nous propose Nicolas Sarkozy n’est rien d’autre que d’alourdir la charge de travail des enseignants, pour les rendre encore plus polyvalents au détriment de leur métier. Le prof bon à tout faire est un non-sens. Cela revient à pointer du doigt les enseignants en laissant entendre à l’opinion qu’ils seraient des bons à rien, des paresseux, alors que la réalité est tout autre : les enseignants travaillent beaucoup, près de quarante heures par semaine dans le second degré, et ce n’est pas en chargeant encore la barque qu’on va résoudre les problèmes à l’école. Cela serait possible si on leur donnait le temps et les moyens de mieux exercer leur métier, de se former, 
de travailler en équipe, de se concerter, etc. Cela rejoint la proposition du Front de gauche pour « l’école de l’égalité », qui propose de redonner son sens au métier d’enseignant, d’assurer sa liberté pédagogique, de ne pas alourdir
 la tâche, et de mieux le former.

 

Le discours de Sarkozy fait aussi 
la part belle au retour à l’autorité du maître contre l’élève placé au « centre » de l’école…

Gérard Aschieri. Cette vision 
relève d’une fable. L’autorité, 
pour le candidat de la droite se résume à brandir un gros bâton et se faire respecter par le rapport de forces. En matière d’enseignement, 
ça ne marche pas. Pour faire preuve d’autorité, et il en faut, il est nécessaire que 
les enseignants se sentent soutenus face à leurs difficultés avec des élèves. Les sanctions sont utiles en cas de problèmes, mais il y a surtout besoin de formation, de temps pour travailler collectivement. Tout 
ce que Nicolas Sarkozy a démantelé depuis cinq ans.

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 18:22

 

In Le Monde

 

Une matinée à Villeneuve-la-Garenne ? Privilège de candidat à la présidence ! C’est en effet dans ce département – fief du sarkozysme – que le candidat socialiste a choisi, mardi matin 6 mars, de rappeler ses priorités éducatives et de réagir aux propositions du chef de l’Etat faites la semaine dernière sur l’école.

 

A l’annonce d’une augmentation de 500 euros pour les enseignants de collège, faite par Nicolas Sarkozy (à condition qu’ils acceptent de travailler 26 heures hebdomadaires), le candidat socialiste a répondu par ses quatre priorités, certes, mais aussi par une légère ouverture sur le terrain de la feuille de paye.

Interrogé en marge d’une table ronde avec des enseignants du collège Henri Matisse, François Hollande a déclaré au Monde être "très conscient que les enseignants français gagnent moins que dans une partie des pays de l’OCDE. Mais je ne veux pas faire des promesses que je ne pourrai pas tenir. Le budget est très contraint. En revanche, si les marges de manœuvre le permettent, ce sujet pourra être abordé dans le cadre de la discussion ouverte avec les acteurs de l’école", a-t-il ajouté.

 

Statut de 1950. Quand Nicolas Sarkozy propose les 500 euros contre l’abandon du statut de 1950, qui définit le métier d’enseignant par les heures de cours, le candidat socialiste a rappelé qu’il "ne souhaitait pas changer le statut de 1950". Une déclaration prolongée par Bruno Julliard, son conseiller sur l’enseignement scolaire. Au yeux de ce dernier, "il y a bien d’autres moyens de prendre en compte des missions autres que les heures de cours sans pour autant changer un statut".

Les enseignants du collège Henri Matisse, classé en zone d’éducation prioritaire et en zone de prévention violence, avaient invité le candidat PS – le seul présidentiable à avoir répondu – à venir observer in situ ce que la baisse des moyens en matière d’éducation signifie concrètement dans un établissement pas vraiment favorisé.

Ils ont raconté comment leur collège où près d’un enfant sur deux est issu d’un milieu défavorisé contre un sur vingt seulement d’un milieu favorisé, va perdre 33 heures d’enseignement à la rentrée prochaine. L’équipe enseignante va voir partir en fumée tous les dispositifs pédagogiques qu’elle mettait en place depuis quelques années pour tenter d’améliorer le très faible taux de réussite au diplôme national du brevet. En juin 2011, les collégiens de Henri Matisse ne sont que 58 % à avoir décroché ce diplôme que 86 % des élèves du département obtiennent.

 

"Atteindre l'excellence". François Hollande leur a rappelé sa volonté de mettre l’accent sur les classes charnières. La classe de 6e, qui marque l’entrée au collège est en effet jugée comme un moment les plus difficiles d’une scolarité. Surtout pour des élèves fragiles. François Hollande propose de mettre "plus de moyens, plus de ressources, plus d’enseignants dans les zones défavorisées. Car mon objectif n’est pas seulement de lutter contre l’échec. C’est aussi de permettre aux enfants d’atteindre l’excellence", a-t-il rappelé.

Un discours qui là encore répond au candidat sarkozy. Ce dernier avait choisi de visiter l’internat d’excellence de Montpellier avant de prononcer son discours sur l’école, mardi 28 février. Or l’internat d’excellence c’est une somme d’argent conséquente consacrée à à peine plus de 2000 élèves. Deux visions de l’excellence se font ainsi face. Le collège qui tente de rester "unique" et de garder tous les élèves côté PS ; le collège qui recrée un pallier d’orientation après à la 5e, côté UMP. Des dispositifs dérogatoires pour favoriser l’excellence de quelques-uns pour l’UMP, l’excellence pour tous côté PS.

Pour y parvenir le candidat socialiste a d’ailleurs proposé deux leviers. D’une part les dédoublements de classes, d’autre part le maintien des moyens dévolus à l’innovation pédagogique. Il s’est au passage insurgé une énième fois contre la baisse de moyens, s’étonnant que "là où on devrait avoir plus d’heures de soutien, on coupe des moyens !".

 

Pré-recrutement. Une occasion de rappeler aussi que l’engagement qu’il a pris des "60 000 postes" servira les zones défavorisées, et mettra l’accent sur l’enseignement primaire. Bruno Julliard a aussi rappelé en marge de cette visite que les 12 000 postes annuels sur 5 ans qu’on pouvait imaginer étaient peut-être un modèle trop mathématique. M. Hollande a en effet précisé que serait mis en place un pré-recrutement des enseignants dès l’année de licence.

 

La suite...

 

 

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Published by Sauvons l'Ecole - dans News
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