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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 18:38

In Café Pédagogique

 

Il est urgent d'adapter le temps scolaire à l'âge des enfants et de faciliter les dérogations au décret sur les rythmes. Voilà les conseils de Georges Fotinos pour sortir la question des rythmes de l'ornière où elle s'enlise. Membre de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires, Georges Fotinos n'est pas surpris par cet enlisement. Auteur de plusieurs rapports sur la qualité de vie dans le système éducatif et d'une très large consultation de la population et des enseignants d'Issy-les-Moulineaux (92) sur les rythmes scolaires, il a vu monter l'opposition des enseignants...

 

La grève contre la réforme des rythmes scolaires a été fortement suivie. Etes-vous surpris par cette réaction ?

 

Ce n’est pas une surprise pour moi. Lors des auditions faites par le Comité de pilotage de la conférence nationale sur les rythmes scolaires (NDLR : sous Luc Chatel) j’avais noté un clivage assez fort entre les positions des syndicats et celles de leur base. J’ai retrouvé cette situation à la fin de la concertation sur la refondation de l’Ecole organisée par Vincent Peillon. En effet, coté « base », une enquête significative menée à Issy-les-Moulineaux à laquelle avaient répondu plus de 70% des enseignants de la commune montrait que plus de 6 enseignants sur 10 étaient contre l’accompagnement éducatif de 15 à 17h. La même proportion était pour la semaine de 4 jours. Et 7 sur 10 étaient contre une année scolaire de 38 semaines.

 

Or coté syndicats, à l’issue de la double concertation Chatel et Peillon, tous étaient pour la suppression de la semaine de 4 jours, un projet global concernant le temps de l’enfant ( scolaire, périscolaire et son articulation ; les 3 temps (journée / semaine / année). Tous étaient pour tenir compte de l’âge de l’enfant dans l’organisation du temps scolaire. Le principal syndicat, majoritaire, déclarait « les journées d’un élève de petite section et d’un autre du cycle 3 ne peuvent être envisagées ni organisées de la même manière ». Ils étaient aussi pour une pause méridienne de qualité et « d’une durée raisonnable »

 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 07:29

In Acrimed

Dans le concert médiatique fustigeant l’incompréhensible grève des instituteurs parisiens du 22 janvier dernier, Libération était resté relativement en retrait, proposant un « décryptage » qui évoquait une réforme « passablement illisible » et « confuse », sans dire un mot de l’égoïsme des enseignants, et laissant Le Monde triompher en déplorant, dans un édito publié en « Une », leur « corporatisme étriqué » et « lamentable ». Sans doute un peu vexé de s’être laissé distancer, et démontrant les vertus d’une saine concurrence, Libération s’est rapidement repris et, dans son édition du lundi 11 février, veille d’une nouvelle journée de mobilisation nationale contre la réforme des rythmes scolaires, sort l’artillerie lourde. Très lourde.

Et d’abord, une « Une » comme on les aime :

Nous avions déjà noté cette propension médiatique à se poser en défenseur de la veuve et de l’écolier. C’était le cas du Parisien du 22 janvier, qui semble avoir inspiré Libération :

Mais Le Parisien se contentait de renvoyer tout le monde (journalistes mis à part) dos à dos : ministre, parents, enseignants, incapables de se mettre d’accord, comme « dans un mauvais divorce, où l’on s’étripe sur le dos des enfants ». Alors que pour Libération, la cause est désormais entendue : ce sont bien les « enseignants de primaire et maternelle » qui sont coupables de négliger l’intérêt de l’élève, en luttant « contre la semaine de quatre jours et demi ». Un « combat » d’autant plus « difficile à justifier », en effet, que comme nous l’avions déjà noté dans notre article précédent, les médias se préoccupent davantage d’expliquer pourquoi il est incompréhensible que d’informer sur ses motifs réels et les arguments qui le fondent. Pour ne prendre qu’un exemple, la « Une » de Libé contient une erreur factuelle grossière : les enseignants ne sont pas en grève « contre la semaine de quatre jours et demi », mais contre les conditions de la mise en place de cette réforme en 2013, et pour son report en 2014. Voici par exemple ce que disait le communiqué du Snuipp, syndicat majoritaire, le 8 février :

Mardi 12 février, près de 6 enseignants sur 10 (58 %) seront en grève pour demander une réforme des rythmes réussie pour tous les élèves sur tout le territoire et prenant en compte l’avis des enseignants et des parents. […] Alors que nous avons besoin d’avancer sur une amélioration des temps de l’enfant, les annonces contradictoires et le flou longtemps entretenu sur de nombreux points ont davantage semé le trouble que permis de construire de la confiance envers la réforme. […] Ce vendredi 8 février, devant 1 400 Inspecteurs de l’Éducation nationale rassemblés à Paris, le ministre lui même a reconnu que « Nous allons commettre des erreurs (...) Nous n’aurons pas les meilleurs rythmes [dès la rentrée de 2013] (...) On fera des choses approximatives. On y reviendra. » Et de poursuivre, « nous avons le temps d’agir (...) ». C’est bien pour donner à la réforme le temps de réussir, Monsieur le Ministre, que le SNUipp-FSU estime qu’un report à 2014 est nécessaire, ainsi qu’une réécriture du décret. […] Cette réforme des rythmes insuffisamment préparée relègue au second plan des sujets essentiels pour une meilleure réussite des élèves : révision des programmes, scolarisation des tout-petits, revitalisation de la maternelle, avenir des RASED, Éducation prioritaire, direction d’école.

Mais cette « Une » inexacte, ou plus exactement mensongère, n’est qu’une mise en bouche. À l’intérieur, deux doubles pages, dont la première est un chef-d’œuvre.

Dans la colonne de gauche, des « Repères » – c’est-à-dire une suite de « brèves » sans lien entre elles, qui n’apprennent rien ou pas grand-chose : trois phrases sur « une mobilisation variée » (qui manifeste et pourquoi : c’est le seul « espace » accordé aux revendications des syndicats), une citation de Peillon (qui « ne croi[t] pas à ces histoires de corporatisme » – il faut dire qu’il n’a pas encore lu Libé), et des chiffres : 144 (le nombre de jours de classe en primaire) ou 29 (la place de la France pour les performances en lecture). Le premier expliquant sans doute le second. Ou pas.

 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 18:58

In France Culture

 

http://www.franceculture.fr/sites/all/themes/franceculture/images/logo.pngLe ministre de l'Éducation, Vincent Peillon, a-t-il du souci à se faire ? La mobilisation contre les rythmes scolaires, la cinquième en 3 semaines a de nouveau été importante hier. Plus de 36% des professeurs des écoles étaient en grève, 60% selon le syndicat majoritaire du primaire le SNUipp.

 

La carte scolaire continue de poser problème, en particulier en zone rurale. Les rectorats sont en train d'y travailler, académie par académie. Mais déjà sur le terrain, on constate que les fermetures de classes et les suppressions de postes restent d'actualité. Une quinzaine de départements en font déjà les frais, officiellement parce qu'ils connaissent des baisses d'effectifs dans les rangs des enfants. Et le Jura, particulièrement touché cette année Olivier Danrey :

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>>> Découvrez dans ce diaporama sonore la mobilisation des parents et habitants de la région. Plusieurs d'entre eux sont d'ailleurs allé jusqu'à occuper une nuit l'Inspection d'académie pour protester contre la fermeture dans le département de 30 classes à la prochaine scolaire :

Invité des Matins ce mecredi, le ministre de l'Education, Vincent Peillon, s'est directement exprimé à ce sujet. Ecoutez le avec Véronique Rebeyrotte, dans le journal de 8h :

 

 

Grève de la faim de deux élus

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 16:37

In Canard Enchaîné 13-02-2013

 

canard-13-2-2013.jpg

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 19:16

In NouvelObs

Un parent d'élève, un directeur d'école, un enseignant, un syndicaliste... Comment ces acteurs de l'Education nationale voient-ils leur ministre ?

../...

Peillon vu par... Bruno Frioll, directeur d'école primaire en Savoie

"Une méthode catastrophique"

"Je suis directeur d’une école primaire qui sera fermée ce mardi 12 février. Les six enseignants de l’école seront en grève et nous avons le soutien de l’ensemble des parents. La méthode de Monsieur Peillon est catastrophique ! Il a voulu faire passer en priorité la réforme des rythmes scolaires, alors que dans la consultation nationale qu’il avait mise en place dès juillet sur la refondation de l’école, beaucoup de sujets faisaient consensus (réforme des programmes, maître en surnuméraire, formation des profs, renforcement des RASED…). Sauf un, les rythmes scolaires ! Au conseil supérieur de l’Éducation, son projet de réforme des rythmes scolaires a été rejeté à une écrasante majorité des votants, mais le ministre est passé en force ! Sa méthode consiste à contourner les conseils d’école, à donner pouvoir de décision aux maires, puis en dernier ressort aux directeurs académiques (DESEN), et enfin à envoyer ceux-ci sur le terrain pour tenter de convaincre les élus. C'est sans précédent dans l’histoire de l’Education nationale."

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 18:09

LETTRE OUVERTE AU PREMIER MINISTRE

 

Monsieur le Premier Ministre

Hôtel de Matignon

57 rue de Varenne

75700 PARIS

Copie à Monsieur Vincent Peillon

Copie à Madame George Pau-Langevin

Paris, le 11 février 2013

 

Monsieur le Premier Ministre,

 

Selon le préambule de la Constitution de 1946 « La nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’Etat ».

Malgré la clarté de ce principe à valeur constitutionnelle, nous continuons de constater des refus de scolarisation opposés à des enfants d'origine rom, sous des prétextes divers : manque de pièces au dossier d'inscription, preuve insuffisante de leur résidence sur la commune concernée, ou encore en invoquant des raisons financières (la scolarisation de ces enfants constituerait une charge trop lourde pour la commune). Dans les quelques cas où l'inscription à l'école a finalement été obtenue, c'est toujours à l'issue d'un long parcours du combattant juridique et militant : interpellations des autorités, recours auprès des administrations compétentes (DASEN, Préfecture), saisine du Défenseur des droits…. Cela a été le cas à Champs-sur-Marne et c'est encore le cas actuellement pour la scolarisation de sept enfants roms de Noisy-le-Grand dont, en dépit du refus du maire justifié par « l'absence de domiciliation », le personnel enseignant et le Directeur académique ont décidé qu'ils devaient être accueillis dans une école de la ville.

C’est aussi le cas dans quelques villes de l'Essonne comme Evry, Courcouronnes, Villebon-sur-Yvette. Sur cette question, le Défenseur des droits considère qu'« une telle différence de traitement fondée sur l'origine est susceptible de caractériserune discrimination prohibée notamment par l'article 2 de la loi du 27 mai 2008 » (Décision n° MLD/2012-33).

Plus récemment, nous avons eu connaissance d’une nouvelle pratique qui, si elle semble pour l’instant marginale, n’en est pas moins extrêmement préoccupante. Il s'agit de la création de classes composées uniquement d’enfants roms et fonctionnant en dehors de tout établissement scolaire. C'est le cas de la ville de Saint-Fons où la maire a décidé d'affecter des locaux – qui sont ceux d'une ancienne école mais qui abritent également les services de la police municipale – à l'« accueil » de 25 enfants, tous d'origine rom. Il s'agit là de l'instauration d'une véritable séparation ethnique, mais l'idée n'a pas manqué de faire des adeptes : le 21 janvier dernier, le maire de Ris-Orangis, en réponse aux demandes d’inscription scolaire déposées pour certaines depuis septembre 2012, a créé une classe ad hoc dans une salle attenante au complexe sportif « Emile Gagneux ». Aux yeux du maire, la classe qui « accueille » 12 enfants âgés de 5 à 10 ans, présente « l'avantage » de se trouver à 100 mètres seulement du terrain que les familles occupent. A 100 mètres aussi de l'école qui aurait dû les accueillir, si la loi était respectée…

 

L'article L. 131-1-1 du code de l'éducation rappelle en effet que « Le droit de l'enfant à l'instruction a pour objet de lui garantir, d'une part, l'acquisition des instruments fondamentaux du savoir, des connaissances de base, des éléments de la culture générale et, selon les choix, de la formation professionnelle et technique et, d'autre part, l'éducation lui permettant de développer sa personnalité, d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle et d'exercer sa citoyenneté. Cette instruction obligatoire est assurée prioritairement dans les établissements d'enseignement. ».

 

Comment considérer que des classes créées à l'écart des établissements scolaires, où les enfants, maintenu.e.s dans un « entre-eux » par ailleurs dénoncé de toutes parts, offriraient ce cadre permettant « de s'insérer dans la vie sociale » et « d'exercer [leur] citoyenneté » ? Comment accepter qu'ils et elles se trouvent, en raison de leur origine, privé.e.s des relations avec les autres enfants, les autres enseignant.e.s, éducateurs et éducatrices, les services d'une véritable école ?

 

Le 2 octobre 2012, la ministre déléguée auprès du ministre de l’éducation, chargée de la réussite éducative, avait adressé trois circulaires concernant la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés. Dans celles-ci, est réaffirmé le principe selon lequel « L'obligation d'accueil dans les écoles etétablissements s'applique de la même façon pour les élèves allophones arrivants que pour les autres élèves ». Il a d'ailleurs été repris dans votre plan contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale, le 22 janvier dernier. La réaffirmation de ces principes ne suffit pas ; elle doit être suivie d’effet, ce qui n’est pas le cas des classes « roms » de Saint Fons et Ris-Orangis ou plus généralement dans les communes qui, encore aujourd’hui, refusent aux enfants roms l’accès à un droit fondamental.

 

A ce propos, vous n’ignorez pas que la France vient, une fois de plus, d’être condamnée par le Comité européen des droits sociaux pour le traitement que notre pays réserve à la population rom, qu’il s’agisse d’évictions forcées des lieux d'habitation, du non accès aux droits fondamentaux comme le logement, la santé ou encore la scolarisation. Sur cette dernière question, le Comité a estimé que « leGouvernement ne prend pas des mesures particulières, alors qu’il le devrait à l’égard des membres d‘un groupe vulnérable, pour assurer aux enfants roms d’origine roumaine ou bulgare une égalité d’accès à l’éducation » (point 132 de la décision du CEDS, 11 septembre 2012, réclamation MDMI n° 67/2011). Il y a par conséquent violation de l’article E combiné avec l’article 17§2 de la charte sociale européenne. Les « mesures particulières » que la France doit prendre selon le CEDS ne sauraient passer par la création de classes « roms » qui vont naturellement dans le sens de la ghettoïsation dénoncée et condamnée régulièrement par le CEDS, le Comité des Ministres, comme par le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe.

Au vu de tous ces éléments, nous souhaiterions être informés des mesures que vous comptez prendre d’urgence afin que cessent les refus de scolarisation et la création de classes « roms » et pour que le droit fondamental à l’instruction et à l’école soit pleinement reconnu à toutes et à tous sur le territoire de la République.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de toute notre considération,

 

Pour les signataires :

 

Michel FEVRE

 

Président du Collectif pour le droit des enfants roms à l'éducation

Collectif pour le droit des enfants roms à l'éducation

59 rue de l'Ourc

c/o ROMEUROPE

 

 

La lettre au format .pdf 

 

 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 20:34

In Les Echos

 

C03-18Les 425 écoles marseillaises ne participeront pas cette année à la réforme des rythmes scolaires. « Trop cher et trop compliqué », a tranché le maire, Jean-Claude Gaudin. « La mesure nécessiterait l'embauche de 4.300 personnes et un surcoût annuel de 15 millions d'euros pour financer les temps éducatifs, les équipements et la restauration scolaire », a calculé son adjointe à l'éducation, Danièle Casanova.

 

 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 18:34

In Blog de François Cocq

 

http://cocq.files.wordpress.com/2012/10/212.jpg?w=285&h=395« Lorsqu’on croit que les masses ne peuvent être achetées qu’avec des pourboires, on finit par perdre [leur] confiance et le respect de ses adversaires ; on ne gagne rien, mais on perd tout ». Vincent Peillon ferait bien de méditer cette sentence de Rosa Luxemburg à l’heure où il cherche à diviser le mouvement qui s’est levé contre sa réforme des rythmes scolaires et plus généralement contre sa loi d’orientation scolaire en octroyant aux enseignants du premier degré une prime annuelle de 400 €.

 

Fin janvier, Vincent Peillon faisait d’abord sortir les aboyeurs du PS et les médiacrates pour taxer les enseignants de corporatisme. La ficelle un peu grosse, et surtout largement élimée par la Droite, ne suffisait pas à opposer enseignants et parents. Deuxième tentative quelques jours plus tard. Alors que la question salariale dans la fonction publique vient d’être balayée d’un revers de manche par le gouvernement, Vincent Peillon propose maintenant un troc aux seuls enseignants du primaire, le secondaire étant de fait doublement oublié, dans la réforme comme financièrement. Le Ministre est hors-sujet. Les enseignants n’attendent pas une aumône de sa part. Ce n’est pas d’une prime dont ils ont besoin mais d’un salaire à la hauteur du service qu’ils rendent à la Nation, un salaire qui leur permette de vivre dignement de leur travail et les mette à distance des intérêts individuels et clientélistes.

 

A trop vouloir diviser, le Ministre a fini par soustraire. Alors même que le principe d’une réforme des rythmes faisait l’unanimité dans la communauté éducative, et continue d’ailleurs à la faire tant cette évolution est nécessaire, le Ministre s’enferme dans la solitude et cherche à passer en force comme en témoigne le dédain méprisant affiché suite à l’avis négatif rendu par le Conseil Supérieur de l’Education (CSE) sur son décret.

 

N’en déplaise au Ministre, ce que demandent les enseignants avec le reste de la communauté éducative, c’est une réforme qui engage enfin les ruptures nécessaires avec la casse méthodique orchestrée depuis 10 ans. Ce qu’ils demandent, c’est une refondation de l’école qui permette la réussite de tous les élèves. La réforme des rythmes scolaires aurait dû permettre de repenser la place de l’enfant dans la société et le rôle de l’école dans sa construction. A quoi sert l’école ? Voilà l’impensé permanent de Vincent Peillon qui traverse tant les rythmes que la loi d’orientation. Les savoirs et les apprentissages sont-ils purement utilitaristes ou visent-ils à l’émancipation ? Comment peut-on rendre la vie en collectivité épanouissante ? Qu’est-ce que cela présuppose en termes d’organisation ?

 

Au-delà du manque d’ambition, ce sont les capitulations idéologiques de l’égalité des chances et du socle commun contenues dans la loi d’orientation qui se déclinent jusque dans la réforme des rythmes et en font une nouvelle occasion manquée. La réforme des rythmes scolaires version Peillon entérine cette idée d’une école à plusieurs vitesses. En rejetant dans le temps périscolaires des activités et des apprentissages qui doivent être proposés à tous, cette réforme segmente les savoirs, sert de prétexte pour sortir de l’école les disciplines émancipatrices qui doivent être proposées à tous les enfants pour leur fournir un haut niveau de culture commune et ouvre un petit peu plus la porte à la marchandisation de l’éducation. L’école à la carte Peillon est une atteinte au fait que tous les enfants sont capables d’apprendre.

 

Parallèlement, la réforme des rythmes version Peillon fait fi de l’égalité républicaine entre les élèves et entre les territoires. L’école publique, parce qu’elle est l’outil de la Nation, doit s’adresser de la même façon à tous les élèves. Elle ne peut être dépendante comme le souhaite le Ministre de la volonté des collectivités locales ! Le caractère national de l’école n’est pas négociable ! La gratuité non plus. En étant laissée au libre choix des collectivités locales, l’école ne serait plus gratuite et elle ne pourrait donc plus être obligatoire. Quelle régression !

 

La réforme des rythmes version Peillon ne peut être déconnectée du nécessaire changement plus global de la société. Impossible de partir des besoins de l’enfant si le choix n’est pas fait de rompre avec la précarité et la flexibilité. Le gouvernement ne peut pas le 11 janvier 2013 apporter sur un plateau estampillé Medef un accord de flexibilité-compétitivité sur l’emploi que seuls des syndicats qui ne représentent à peine un tiers des salariés signent, et dans le même temps prétendre agir dans l’intérêt des enfants. Le temps de l’enfant ne peut pas être dissocié de celui du salariat ni de celui de la famille !

 

Dans ces conditions, on comprend qu’il y ait un si grand dénominateur commun contre la réforme Peillon. Plutôt que raturer, le Ministre doit retirer son décret et s’atteler avec les différents acteurs à sa réécriture tant la version actuelle est porteuse de danger pour l’école de la République. Il doit surtout enfin commencer à envisager l’école sous l’angle de l’égalité et de l’émancipation.

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 19:20
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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 11:01
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