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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 20:29

In Libération

 

Le projet du ministère de l'Education nationale, qui vise à classer les élèves «à risque» voire «à haut risque» dès cinq ans, passe très mal. La réaction de Sébastien Sihr, du syndicat du primaire Snuipp.
 

 

Emoi ce jeudi dans le milieu éducatif. Objet du courroux ? Un projet sorti des cartons du ministère de l'Education nationale, qui vise à mettre en place à partir de novembre une évaluation des enfants «à risque» dès cinq ans en fonction de leurs comportement et capacité d'apprentissage, selon un document qui a fuité hier (à lire ici en PDF). Ce projet, intitulé «Aide à l'évaluation des acquis en fin d'école maternelle», et présenté comme un «outil de repérage des élèves présentant des risques pour les apprentissages à l'usage des enseignants (en) grande section de maternelle», vise à classer les élèves dans trois catégories: «RAS» (rien à signaler), «risque» et «haut risque».

Forcément, du côté des syndicats, on est un peu estomaqué par cette classification qui n'est pas sans rappeler le débat sur l'idenditification dès la maternelle des élèves perturbateurs. La réaction de Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp-FSU, le principal syndicat du primaire.

 

Etiez-vous au courant de ce projet de repérage des élèves?
Absolument pas, nous n'avons eu aucune information préalable, ni sur le fond ni sur le calendrier. On est vraiment tombé du placard. D'où notre surprise et notre colère aujourd'hui.

Colère sur l'idée même, ou sur les modalités?
Le problème n'est pas celui de l'évaluation, les enseignants exercent déjà ce travail au quotidien dans leur classe. Le problème, c'est que ce protocole, s'il devait se confirmer en l'état, introduit une confusion des genres des plus pernicieuses. Certains items portent sur des questions d'ordre médical (vision, audition...), normalement du ressort des médecins scolaires. D'autres sont d'ordre pédagogiques, d'autres encore portent sur le comportement de l'élève.

Ce qui nous scandalise, c'est que l'on puisse faire des amalgames entre des troubles du comportement et ce que l'on pourrait appeler des différences de maturité. On risque de marquer des enfants de cinq, six ans du sceau de l'échec scolaire, là où il s'agit surtout de différences de développement, à un âge où cela change très vite. La maternelle n'est pas une école de tri, de compétition. C'est une école où l'on donne aux enfants le temps de se développer.

Un tel projet n'est-il pas aussi vécu par les enseignants comme une reprise en main ?
C'est l'autre aspect. On assiste depuis un certain temps à une vraie évaluationnite : on demande aux enseignants de cocher des cases à n'en plus finir, au détriment du temps d'apprentissage. Les enseignants n'ont pas besoin de protocoles lourds et inutiles pour savoir observer leurs élèves, repérer leurs difficultés et étayer quand cela est nécessaire.

Faut-il inscrire ce nouveau protocole dans le débat sur le dépistage des troubles du comportement en maternelle, qui avait déclenché un tollé en 2007 ?

Soit le ministère de l'Education nationale ne se soucie pas du travail des enseignants et fonce tête baissée. Soit il s'agit d'une volonté politique d'étiqueter des enfants. Et là il s'agirait en effet d'une façon de faire revenir par la fenêtre ce débat sur les troubles du comportement — cette idée d'identifier de la graine de délinquance, dans la foulée du rapport de l’Inserm qui préconisait en 2005 un dépistage systématique et précoce des enfants perturbateurs. Si cela devait se confirmer, il faudra une démarche unitaire et citoyenne pour s'y opposer.

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 18:03

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In Libération

 

 

Où l'on apprend que le ministère de l'Education compte mettre en place une évaluation des enfants «à risque» dès cinq ans en fonction de leurs comportement et capacité d'apprentissage.

 

Le ministère de l’Education nationale fait des petites cachotteries. Dans un document qui a filtré hier (à lire ici en PDF, publié par l'Agence éducation formation) et qui a aussitôt provoqué un tollé, on apprend ainsi qu’il a mis au point «un outil de repérage» des élèves de grande section de maternelle «présentant des risques pour les apprentissages».

 

Les enfants vont être évalués au premier et au troisième trimestre sur quatre «habiletés» - le comportement en classe, le langage, la motricité et «la conscience phonologique» (des sons). A l’issue d’une phase de «repérage» entre novembre et décembre sur «le comportement à l’école, le langage, la motricité et la conscience phonologique» des élèves, les enseignants devront classer les élèves dans trois catégories: «RAS» (rien à signaler), «risque» et «haut risque».

 

Objectif affiché : «Repérer les besoins de chaque élève en prévision du CP.» «Pas encore 6 ans mais déjà marqués comme à risque, voire à haut risque», proteste le syndicat SE-Unsa, qui ajoute que «les enseignant(e)s de maternelle savent très bien identifier, dans le cadre habituel des activités en classe, les enfants qui ont besoin d'accompagnement particulier. C'est leur métier. Ils n'ont nul besoin d'un dispositif inadapté et pernicieux». Le syndicat a mis en ligne une pétition.

 

La suite...

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 17:47

In Snuipp

 

 

Dans la suite du rapport de l’INSERM* sur les troubles de conduite des enfants, le ministère s’obstine. Il voudrait maintenant trier les enfants. Dans un document dévoilé ce jour mais jamais soumis aux organisations syndicales, on découvre que le ministre compte mettre en place un dispositif national d’évaluation en maternelle destiné à marquer les élèves comme « à Risque » voire « à Haut Risque ».5 ans et déjà fiché ! Le marquage « à Risque » ou à « haut risque » devrait êtrecommuniqué aux parents. Les élèves seraient alors orientés vers des entrainements obligatoires et formatés.

  

Pour le SNUipp-FSU, ce dispositif est inacceptable. En maternelle, il n’existe pas d’élève à risque. Les différences de maturité et de développement ne peuvent pas être regardés sous le seul prisme de la difficulté scolaire et encore moins de celui des troubles du comportement. La maternelle n’est pas une école de la compétition et du tri. Les enseignants accordent une toute autre attention aux élèves pour qu’ils apprennent, grandissent et s’épanouissent sereinement. Pour cela, les apprentissages se construisent progressivement. Dans ce cadre, les enseignants savent très bien observer et accompagner les élèves qui ont besoin d’aides et d’étayage.

  

Le SNUipp-FSU demande au ministre de renoncer à la mise en place de ce protocole. Dès maintenant, il appelle les enseignants à boycotter ce dispositif de marquage des élèves, s’il devait se mettre en place. Il invite les organisations du collectif « pasdezérodeconduite » et l’AGEEM (Association générale des enseignants de maternelle) à se rencontrer au plus vite pour lancer une grande initiative nationale contre l’étiquetage des élèves.

  

Paris, le 12 octobre 2011

 

* Expertise Inserm sur le « trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent » (2005)

 

 

 

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 13:07

 

In Le Monde

 

 

Le dossier est explosif. Peut-on, dès la maternelle, repérer les enfants "à risque" et à "haut risque" ? Passer au crible les comportements et les apprentissages des élèves dès 5 ans ? L'idée devait être proposée par le ministère de l'éducation nationale aux inspecteurs reçus par petits groupes, rue de Grenelle, à compter du mercredi 12 octobre. Objet des réunions : l'éventuelle mise en place d'une évaluation de tous les élèves de grande section de maternelle. Un livret appelé "Aide à l'évaluation des acquis en fin d'école maternelle", que Le Monde s'est procuré, détaille précisément, en vingt-deux fiches, un protocole très normé.
 

L'évaluation est prévue en trois phases. Entre novembre et décembre, une première phase dite de "repérage" : l'enseignant passerait au crible le comportement à l'école, le langage, la motricité et la "conscience phonologique" des élèves. La deuxième phase consisterait en un "entraînement progressif (…) avec les enfants repérés à risques lors de la phase1". Enfin, une étape bilan, entre mai et juin, permettrait de faire le point sur les acquis des élèves par des "séries d'épreuves collectives ou en petits groupes – d'une durée d'environ trente minutes par série".

CLASSEMENT DES ENFANTS EN TROIS CATÉGORIES

Une partie du livret d'évaluation porte sur le "devenir élève". Une façon politiquement correcte d'évoquer le comportement des enfants. L'enseignant devrait, entre autres, noter si l'élève "respecte les autres" et "contrôle ses émotions". "L'enfant devenu élève agit de manière à respecter l'intégrité de toutes les personnes et de son environnement ; il ne les agresse pas, il a recours à la parole en cas de désaccord ou de conflit", peut-on lire dans le document. On n'est pas loin du bilan médical – et confidentiel – que les médecins faisaient passer aux enfants dans leur 6e année. Le protocole prévoit d'ailleurs d'"articuler le bilan de santé et l'évaluation des acquis".

 

Enfin, le vocabulaire choisi risque de faire grincer des dents, de même que le classement des enfants en trois catégories : "RAS" (pour "rien à signaler"), "risque" et "haut risque". Le maître devrait remplir une "fiche élève" et une "fiche classe" reprenant les "scores" obtenus par les enfants aussi bien pour leur comportement que pour leur maîtrise du langage, leur motricité ou leur conscience des syllabes (phonologie).

 

Ainsi, un enfant qui, à 5 ans, obtiendrait moins de 2 points en comportement à l'école serait classé "à haut risque". Une approche qui n'est pas sans rappeler la proposition faite par le secrétaire d'Etat à la justice, Jean-Marie Bockel, en novembre 2010, de repérer les troubles du comportement dès 3 ans. Ou encore une expertise de l'Inserm, rendue publique en septembre 2005, qui pointait l'insuffisance du "dépistage du trouble des conduites" chez les enfants.

 

 

"CELA RESTE UN CHOIX INDIVIDUEL"

Le nouveau dispositif se présente comme un outil de lutte précoce contre l'échec scolaire. Pas sûr que l'argument convainque les organisations syndicales. L'évaluation en maternelle n'est pas tout à fait nouvelle, mais le dispositif actuel est facultatif : il s'agit d'une liste de fiches, proposées comme un outil que les enseignants utilisent ou non. "Cela reste un choix individuel", témoigne Laetitia Bordeau, 35 ans, professeure des écoles dans le Val-d'Oise. "Evidemment qu'en évaluant les élèves, on est aussi attentif à leur comportement, et ce dès la petite section de maternelle, l'idée étant de les préparer au mieux au CP, reconnaît-elle. Il faut aider l'enfant à devenir élève. Mais de là à le cataloguer…" Ce nouveau protocole d'évaluation pose, de fait, la question du rôle de l'école maternelle. "Les enseignants savent très bien identifier les enfants qui ont besoin d'un accompagnement particulier", estime Christian Chevalier, secrétaire général du SE-UNSA. "Ils n'ont nul besoin d'un dispositif inadapté qui va transformer la maternelle en structure de sélection, alors qu'elle n'a pas vocation à trier les élèves", s'insurge-t-il.

 

Même constat, inquiet, de la part de Pierre Frackowiak, inspecteur honoraire de l'éducation nationale : "Tests en CE1, en CM2, et aujourd'hui en maternelle… L'évaluation gangrène tout le système. La place que la maternelle accordait au jeu, au plaisir quotidien, me semble aujourd'hui fortement menacée par ce type de procédé." Dans le livret à destination des enseignants, il est précisé que "les taux nationaux de réussite seront calculés sur échantillon représentatif et diffusés pour permettre à chaque école de se situer par rapport à une valeur nationale". Revoilà exactement ce dont les enseignants ne veulent pas : une possible publication des résultats école par école, donc un palmarès des meilleurs établissements dès la maternelle ! "En évaluant toutes les écoles, on crée un potentiel instrument de classement que quelqu'un finira bien par exploiter", craignait déjà Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT, à propos des évaluations mises en place à l'école élémentaire en 2008.

 

MARCHE ARRIÈRE FACE AU TOLLÉ DES TESTS RENDUS PUBLICS

 

La suite...

 


 

 


 In SE-UNSA

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Pas encore 6 ans, mais déjà marqués comme « à Risque », voire « à Haut Risque » !

 


C'est ce qui guette les enfants de cinq ans qui n'obtiendront pas « le score » fixé par le dispositif national d'évaluation en maternelle que l'Éducation nationale s'apprête à imposer dans toutes les écoles.

 

Les enfants scolarisés en grande section seront testés par leur enseignant selon un protocole relevant d'ordinaire des médecins scolaires. Ils subiront ensuite une succession de séances d'entraînement formatées et passeront en fin d'année, dans un cadre inhabituel et stressant, plusieurs épreuves collectives et individuelles au format contestable.

 

Des enfants de cinq ou six ans, seront alors déclarés en échec avant même l'entrée au Cours Préparatoire, alors qu'à cet âge, quelques mois de plus ou de moins engendrent des différences de maturité importantes.

 

Professionnels de l'Éducation, parents, citoyens,

 

Nous refusons cet étiquetage des enfants. Nous dénonçons la confusion entre compétences scolaires et comportements qu'induisent certains items du protocole d'évaluation. Nous nous opposons à l'amalgame entre le médical et le pédagogique. Nous récusons une conception caricaturale des premiers apprentissages. Nous refusons la pression scolaire dès 5 ans. 

 

Nous nous engageons pour que l'école maternelle reste un lieu épanouissant où chaque enfant peut vivre une première scolarité réussie.

 

La pétition

  

 

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 12:48

In Sud Education

 

badge-mater.jpgDes expérimentations sont désormais possibles (article 86 de la loi de décentralisation). Des collectivités locales ouvrent des jardins d’enfants en concurrence avec les écoles maternelles ; c’est le cas en Mayenne (Conseil Général dirigé par l’UMP Jean Arthuis) ou à Argenteuil. On sait que l’expérimentation mayennaise tourne au fiasco.

  • 2007

La loi d’orientation reconnaît le droit à la scolarité obligatoire dès l’âge de 5 ans. « L’ avancée » entérine un état de fait et rend surtout plus floue l’admission des élèves avant 5 ans.

  • 2008

Propos insultants de Xavier Darcos à l’encontre des enseignant-es de maternelle en commission des finances du sénat [1], sous la responsabilité de J. Arthuis (encore lui). Après ce « dérapage », la possibilité de transférer l’accueil des 2/3 ans sur les structures pré-scolaires revient en force.

Les programmes scolaires de 2008 affaiblissent les contenus spécifiques d’apprentissages en maternelle.

Les « jardins d’éveil »

Les disparitions de petites et moyennes sections permettraient de nouvelles « économies », tout en utilisant des postes récupérés pour réduire les effectifs de quelques classes élémentaires. Le transfert de charge sur les collectivités territoriales induit par la création de jardins d’éveil constituerait quant à lui une économie pour le budget de l’État. En revanche, ce serait une catastrophe pour les communes ou les Conseils Généraux. Peut-on comparer les moyens du CG des Hauts-de-Seine à celui du Puy-de-Dôme ?

Le coût d’une année dans un jardin d’éveil est évalué à 13 500 euros par la Cour des Comptes, 4 500 euros en école maternelle. Malgré cela, des collectivités locales profitent du chômage de masse et de la précarité pour dégrader encore l’emploi. Ainsi la mairie de Marignane décide-t-elle par exemple de se lancer dans l’expérience des jardins d’éveils. Elle recrute des personnels de la petite enfance majoritairement sur des temps incomplets. Quand on connaît les grilles de salaires de ces agents, on est en droit de s’interroger sur leurs conditions d’existence.

Les statuts des personnels de la petite enfance ont été revus à la baisse : réduction de la durée de formation, élévation du seuil d’encadrement des assistantes maternelles et des crèches. Le terrain est dégagé pour récupérer les enfants qui ne pourraient pas être scolarisés faute de places.

On passe de l’École Publique laïque et gratuite à une « offre d’accueil » sur le modèle marchand.

Le 29 septembre 2010, une circulaire de la direction des Politiques Familiales et Sociales adressée aux directeurs des caisses d’Allocations Familiales, leur demande de mettre en œuvre « les services d’accueil des enfants de moins de 6 ans », (les jardins d’éveil), « solution nouvelle [et payante] proposée aux familles pour améliorer la conciliation entre leur vie familiale et leur vie professionnelle » ! Certes le texte indique « qu’ils n’ont pas vocation à se substituer à l’école maternelle ». Il dit également : « ils s’inscrivent dans une continuité de l’accueil depuis la naissance jusqu’à la scolarisation », le décret nº 2010-613 du 7 juin 2010 précise même que : « cet établissement accueille des enfants de 2 ans ou plus en vue de faciliter leur intégration dans l’enseignement du premier degré ». Le texte conclut : « l’offre d’accueil proposée doit s’appuyer sur une ouverture annuelle et journalière conséquente supérieure à celle offerte par l’école maternelle ».

On passe ainsi de l’École Publique laïque et gratuite à une « offre d’accueil » sur le modèle marchand avec prestation, clients, tarifs et ses salariés moins rémunérés et au statut plus fragile que celui des fonctionnaires.

Dégradation des conditions de travail

Les inspecteurs d’académies ont beau s’en défendre : en période de suppressions de postes, l’école maternelle sert de variable d’ajustement. On ne peut plus parler de qualité de l’enseignement, les conditions d’accueil se dégradent et frisent l’indécence. Les cellules « école maternelle » des inspections académiques sont au mieux un cache-misère, au pire un cabinet d’audit sur la gestion des ressources humaines.

La dégradation des conditions d’enseignement veut discréditer l’école maternelle comme véritable lieu d’apprentissages. Pourtant toutes les études sérieuses montrent l’importance de celle-ci en matière de réduction des inégalités scolaires.

Un autre enjeu politique : la place des femmes et leur autonomie

La réduction de l’accès à l’école maternelle pèserait immanquablement sur le niveau d’emploi des femmes. Les inégalités déjà largement constatées par rapport aux hommes (emploi/salaires/statuts) s’en trouveraient renforcées. Moins d’école maternelle, c’est du même coup davantage de femmes « à la maison » et donc moins d’indépendance économique pour celles-ci. De manière récurrente les statistiques montrent que dans un foyer si l’un des deux parents doit mettre en suspens ou abandonner sa carrière, il s’agit trop souvent des femmes dont l’absence de salaire pèsera d’autant moins dans le budget familial qu’il est souvent inférieur à celui de leur conjoint.

Dans cette logique, le niveau d’emploi des femmes peut devenir une variable d’ajustement pour jouer avec les chiffres du chômage. Quand le gouvernement vante le système éducatif allemand, avec peu de classe l’après-midi, il oublie de dire que celui-ci repose sur un faible taux d’emploi des femmes.

Alors contre ces régressions dont les enfants des classes populaires seraient les premières victimes, défendons l’école maternelle publique, laïque et gratuite. Contre les fermetures de postes, pour des conditions de scolarisation qui prennent réellement en compte la petite enfance.

Sud éducation Puy-de-Dôme


[1] Pour mémoire : « Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l’État, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? »


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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 17:12

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In terrafemina

La scolarisation précoce ne cesse de diminuer

Afin d’aider les parents à concilier vie professionnelle et vie familiale, le président Nicolas Sarkozy avait promis, il y a deux ans, la création de 200 000 places d’accueil supplémentaires pour la petite enfance, d’ici à 2012. Et si en 2009, 20 000 places de crèches ont été créées, parallèlement, le taux de scolarisation précoce ne cesse, quant à lui, de diminuer.


En effet, selon une note du Haut Conseil de la Famille, organisme sous la tutelle du Premier ministre, celui-ci serait passé de 35 % à 15 % entre les rentrées scolaires 2000 et 2009. Ainsi, alors qu’ils étaient 254 000 en 2001, les enfants de deux ans scolarisés en maternelle n’étaient plus que 182 000 en 2006, 167 600 en 2007 et 123 000 en 2009.

 

In Libération

 

C’est le taux de scolarisation des enfants de moins de 3 ans à la rentrée 2009 contre 35 % à la rentrée 2000, selon le Haut Conseil de la famille, un organisme sous la présidence du Premier ministre. «En moins de dix ans, le nombre d’enfants préscolarisés avant l’âge de 3 ans a

 

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 17:35

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In Café Pédagogique

 

Une étude de l'OCDE démontre l'efficacité du pré-primaire !

 

" C’est une évidence : l’enseignement préprimaire est bénéfique pour les élèves. Les résultats de l’enquête PISA 2009 montrent que, dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE, les élèves de 15 ans ayant suivi un enseignement préprimaire obtiennent de meilleurs résultats que les autres". L'OCDE consacre son premier numéro de sa nouvelel revue "PISA à la loupe" à l'enseignement préprimaire qui correspond chez nous à la maternelle.

 

"Ainsi, l’écart de score entre les élèves ayant suivi un enseignement préprimaire pendant plus d’un an et ceux n’ayant pas du tout suivi ce type d’enseignement s’élève à 54 points sur l’échelle PISA de compréhension de l’écrit – soit plus d’une année d’études (qui équivaut à 39 points)", caclcule l'OCDE. "En Belgique, en France et en Israël, les élèves qui ont déclaré avoir suivi un enseignement préprimaire pendant plus d’un an ont obtenu un score supérieur de 100 points au moins sur l’échelle PISA de compréhension de l’écrit à celui des autres élèves".

 

" De plus en plus de chercheurs s’accordent à dire que l’éducation de la petite enfance permet d’améliorer le bien-être des élèves, de poser les fondations de l’apprentissage tout au long de la vie, d’accroître l’égalité des chances dans l’éducation, de réduire la pauvreté et de faire progresser la mobilité sociale d’une génération à l’autre. Les résultats du PISA suggèrent qu’il existe une corrélation particulièrement forte entre la participation à l’enseignement préprimaire et les performances en compréhension de l’écrit à l’âge de 15 ans dans les pays qui ont mis en place des politiques pour améliorer la qualité de ce niveau d’enseignement".

 

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 18:32

In Rased en lutte

 

 

 

Rappel des menaces qui pèsent aujourd’hui sur l’école maternelle

 

2004 (B.O. spécial n°10 du 30 septembre 2004 Chapitre III – Dispositions particulières aux enfants d’âge préscolaire Article D. 113-1)

« En l’absence d’école ou de classe maternelle, les enfants de cinq ans dont les parents demandent la scolarisation sont admis à l’école élémentaire dans une section enfantine afin de leur permettre d’entrer dans le cycle des apprentissages fondamentaux prévu à l’article 3 du décret n° 90-788 du 6 septembre 1990 relatif à l’organisation et au fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires. »

L’absence localement d’écoles maternelles est entérinée. Le principe de l’entrée à l’école à 5 ans par dépit est acté.

 

En 2005 dans le cadre de l’article 86 de la loi de décentralisation, des expérimentations sont désormais possibles.

Certaines collectivités locales sautent sur l’occasion pour ouvrir des jardins d’enfants en concurrence des écoles maternelles, c’est le cas en Mayenne dont le conseil général est dirigé par l’UMP Jean Arthuis ou à Argenteuil qui venait de basculer à droite. Depuis des élus locaux ont revu leur position et l’expérimentation Mayennaise tourne au fiasco.

 

En 2007, la loi d’orientation reconnaît inscrit le droit à la scolarité obligatoire dès l’âge de 5 ans.

Ce qui est présenté  comme une avancée par le gouvernement est en fait une escroquerie qui rend plus floue l’admission des élèves avant 5 ans.

 

Septembre 2008, X.Darcos dérape devant la commission des finances du sénat.

La possibilité de transférer l’accueil des 2/3ans sur les structures pré-scolaires revient en force.

 

Encore une fois, derrière ces projets, apparaît une double logique :

- Une logique de réductions des dépenses publiques, de dégradation des conditions de travail et de salaire.

 

L’Etat et en particulier l’Éducation Nationale voit dans la disparition des petites et moyennes sections la possibilité de réduire le nombre de fonctionnaires.

 

Le transfert de charge sur les collectivités territoriales induit par la création de ces jardins d’éveils est aussi une aubaine pour l’Etat. En revanche, c’est une catastrophe pour les communes ou les conseils généraux d’autant qu’ils ne sont pas tous armés de la même manière pour faire face à la demande. Peut-on comparer les moyens du conseil général des Hauts-de-Seine à celui du Tarn ?

 

Le coût d’une année dans un jardin d’éveil est évalué à 13500 euros par la cour des comptes quand il est 4500 euros seulement en école maternelle. Alors pour assumer cette charge certaines collectivités locales s’engouffrent dans la brèche ouverte par le chômage de masse et la précarité. Ainsi la mairie de Marignane qui a décidé de se lancer dans l’expérience des jardins d’éveils, recrute-t’elle des personnels  de la petite enfance dans leur grande majorité sur des temps incomplets. Quand on connait les grilles de salaires de ces agents, on a de quoi s’interroger sur leurs conditions d’existence.

 

Mais le plus inquiétant c’est que dans la plus grande indifférence, les gesticulations de Nadine Morano portent leurs fruits. Des collectifs comme « Pas de bébés à la consigne » ont tenté d’alerter et de mobiliser l’opinion publique en 2010 mais sans grand succès. Les statuts des personnels de la petite enfance ont été revus à la baisse : réduction du temps de formation, élévation du taux d’encadrement des assistantes maternelles et des crèches. Le terrain est dégagé pour récupérer les enfants qui ne pourraient pas être scolarisés faute de places. La direction des Politiques Familiales et Sociales est explicite à ce sujet. Le 29 septembre, une lettre circulaire s’adresse aux directeurs des caisses d’Allocations Familiales, leur demandant de mettre en œuvre : «  les services d’accueil des enfants de moins de 6 ans », (les jardins d’éveil), « solution nouvelle (et payante) proposée aux familles pour améliorer la conciliation entre leur vie familiale et leur vie professionnelle » ! Certes le texte indique « qu’ils n’ont pas vocation à se substituer à l’école maternelle », mais voici ce qu’il dit également: «  ils s’inscrivent dans une continuité de l’accueil depuis la naissance jusqu’à la scolarisation », le décret n° 2010-613 du 7 juin 2010 précise même que : «  cet établissement accueille des enfants de 2 ans ou plus en vue de faciliter leur intégration dans l’enseignement du premier degré ».Et pour ceux qui douteraient de la volonté de les mettre en concurrence avec l’école voici ce qu’on peut y lire : «  l’offre d’accueil proposée doit s’appuyer sur une ouverture annuelle et journalière conséquente supérieure à celle offerte par l’école maternelle ».

 

Dans le même temps, le contexte de suppression de postes est très défavorable à l’école maternelle qui sert de variable d’ajustement aux situations les plus tendues. Certains inspecteurs d’académies ont beau s’en défendre et déployer des trésors de démagogie et de cynisme, la maternelle est en péril. Les conditions d’accueil se dégradent et frisent l’indécence. On ne peut pas prétendre à un enseignement de qualité en maternelle quand les effectifs de certaines classes dépassent allègrement les trente élèves. L’existence, dans les inspections d’académies, de cellules dévolues à la maternelle est, au mieux un cache-misère, au pire un cabinet d’audit sur la gestion des ressources humaines.

 

Or les très décriées (souvent à juste titre) études PISA montre néanmoins l’importance de l’école maternelle en matière de réductions des inégalités scolaires. Là aussi l’entreprise idéologique fait son ouvrage et discrédite l’école maternelle en tant que véritable lieu d’apprentissages.

- Un enjeu de société : la place des femmes et leur autonomie

Ensuite, on peut affirmer sans détour que l’assouplissement des conditions d’accueil de la petite enfance va immanquablement peser sur le travail des femmes : la rigidité des a priori, les conditions d’emploi des femmes déjà fortement dégradées par rapport aux hommes (salaires/statuts) ne vont pas s’en trouver améliorer. Les statistiques sont formelles et montrent de manière récurrente que dans un foyer si l’un des deux parents doit mettre en suspens ou abandonner sa carrière, il s’agit trop souvent des femmes dont l’absence de salaire pèsera d’autant moins dans le budget familial qu’il est souvent inférieur à celui de son conjoint.

Enfin, la problématique des jardins d’éveil se lie à la casse des services publics et de ses conséquences sous un angle inattendu mais pourtant redoutable.

En  effet ce sont dans les services publics que la présence des femmes est le plus important .Or ce double mouvement de tarissement de l’école maternelle, de privatisation des structures d’accueil combiné avec le démantèlement du secteur public portera  atteinte à la condition féminine. La lutte à engager doit aussi l’être sur ce terrain  car c’est véritablement un choix de société qui est en train de nous être imposé.

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:13

In Snuipp

 

L’Ageem s’est vue privée par le ministère de l’éducation nationale des moyens mis à disposition pour son fonctionnement. Pour Lucile Barberis, présidente de l’association, cette décision s’inscrit dans une mise en difficultés plus générale de l’école maternelle.

 

L’association générale des enseignants des écoles et classes maternelles publiques (Ageem) vient d’apprendre que le ministère n’avait pas reconduit cette année les cinq postes et demi qu’il lui accordait pour son fonctionnement. Si le cabinet du ministre « convient bien que l’Ageem apporte des éléments de réflexion, produit des documents de qualité qui vont dans le sens de la réflexion du ministre, ce n’est pas pour autant que la qualité reconnue du travail (…) se convertit en moyens. » regrette Lucile Barberis, présidente de l’association. Cette décision, qui s’inscrit dans le cadre plus général d’une réduction sévère des moyens mis à la disposition des mouvements pédagogiques et d’éducation populaire, met l’Ageem en difficulté. Une situation « d’autant plus gênante que l’on voit de part et d’autre que des éléments, mis en réseau, affectent l’avenir de l’école maternelle. » s’inquiète-t-elle.

 

Réservoir de postes

Elle considère par ailleurs que « l’école maternelle est en danger » et précise ne pas « parler uniquement des petites sections mais de l’école maternelle toute entière ». « Nous sommes un réservoir de postes important puisque l’école maternelle n’est pas obligatoire. Donc un ministère à la recherche de postes [y] trouvera des moyens ». Un point de vue qui prend un relief tout particulier au regard des cartes scolaires qui se préparent partout en France...

 

- Le site de l’Ageem

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 17:14

In Café Pédagogique

L'école maternelle est-elle en danger ? La suppression des moyens accordés à l'Ageem(Association générale des enseignants des école maternelles (AGEEM) n'est pas un signe encourageant. L'Ageem s'interroge sur la scolarisation rampante d'une école qui a développé un équilibre subtil permettant la socialisation des tout petits. Pour Lucile Barberis, présidente de l'Ageem, "trop d'école tue l'école".


L'Ageem a-t-elle perdu le soutien ministériel dont l'association disposait ?


Il n'y a plus de soutien du tout. Nous avons obtenu, à titre exceptionnel, un courrier du ministère nous recommandant aux inspecteurs d'académie. Cela permet à l'association de continuer à vivre avec un temps complet et deux mi-temps. Nous n'avons pas de subvention ministérielle. Dans cette situation nous avons stabilisé le fonctionnement de l'association et nous espérons pour l'année prochaine une subvention du ministère. Mais nous n'avons aucune garantie de l'obtenir.


Pourtant vous aviez signé un protocole avec Xavier Darcos et l'Ageem avait été reconnue comme un interlocuteur.


Pour nous il est clair que cette déclaration commune n'a plus lieu d'être. Le ministère reconnaît notre travail sur le lire - écrire ou sur l'aide personnalisée. Il considère que nous apportons des pistes complémentaires  aux orientations du ministère. Nous allons d'ailleurs être prochainement auditionnés sur l'avenir des maternelles. Le ministère nous reconnaît mais ne nous accorde pas de moyens.


Dans quelle mesure la crise de l'Ageem révèle-t-elle une crise de la maternelle ?


On assiste bien à une érosion lente de l'école maternelle. On voit la scolarisation à 2 ans disparaître. Et maintenant on s'attaque à la scolarisation à 3 ans. C'est le cas par exemple à Marseille où l'inspecteur d'académie invite à inscrire les enfants ayant 3 ans révolus au début de l'année scolaire. L'école maternelle est devenue une variable d'ajustement pour l'administration, une réserve importante de postes où elle va puiser à la prochaine rentrée. Pourtant on s'est rendu compte, au congrès des maires de France, à quel point ils sont attachés à leur école maternelle et peu intéressés par les "jardins d'accueil". Visiblement le gouvernement préfère répondre à la demande d'accueil plutôt qu'a l'objectif de scolarisation.


A la fin de l'année scolaire vous allez tenir votre colloque annuel sur le thème du corps. Pourquoi ce thème ?


"A l'école maternelle c'est le corps d'abord". C'est la formule que nous avons choisie pour ce colloque. C'est une proposition d'une équipe d'école. Mais cela rappelle que les apprentissages ne se font pas que par la tête. Ils passent aussi dans la pratique du corps, sa place. Or il y a une forte tendance actuellement à transférer à l'école maternelle les pratiques de l'école élémentaire. Ainsi on passe directement à la photocopie sans donner la possibilité aux enfants de manipuler , de s'appuyer sur le sensoriel. On fait vivre les enfants dans des contraintes de groupes, parfois de petits groupes, mais de moins en moins souvent on laisse l'enfant avancer à son rythme. On préfère la même activité pour tous. Finalement cette surenchère méconnait la maternelle. Dans ces conditions comment accueillir les différences ? Que va-t-on faire avec les enfants différents ? On peut dire qu'au final trop d'école tue l'école.


Pourtant l'Ecole dans son ensemble a bien du mal à avoir des pratiques différenciées. Peut-être aurait-elle à apprendre de la maternelle ?


La loi d'orientation avait créé un cycle à cheval sur la maternelle (la grande section) et l'école élémentaire (le CP) pour que les pratiques de l'école maternelle contaminent l'élémentaire. Finalement c'est l'inverse qui se fait.


Comment expliquez-vous cela ?


D'abord par la méconnaissance flagrante du développement du petit enfant. La plupart des inspecteurs ne connaissent pas la maternelle et sont plus tournés vers l'élémentaire. Or ce sont des rouages puissants. Leur interprétation des textes va parfois contre les textes eux-mêmes.


Lucile Barberis

présidente de l'Ageem

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