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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 19:04

C’était le titre d’un pamphlet qui fit grand bruit au printemps. Son courageux auteur avait pris la peine de prendre un pseudonyme, Julien Dazay, pour y asséner son flot de venin et de caricatures… Il semblerait cependant qu’il ait un peu passé les limites que lui octroyait son statut d’Inspecteur : reconnu par son style autant que par les ombres des contre-jours de ses médiatiques interviews, il a été sommé par son Inspecteur de changer d’herbage, et peinerait actuellement à trouver un point de chute à la hauteur de son talent, tant les inspecteurs d’académie semblent s’être donnés le mot pour éviter de voir surgir sur leur territoire le trublion.

Mais force est de constater que la sape poursuit son chemin : il semble bien que la maternelle va être priée de payer son écot à la RGPP, délicieux sigle désormais en vigueur chez les décideurs sommés de récupérer des milliers de postes cette année encore. Le ministre, devant le Sénat, semble en faire une de ses priorités. Il faut donc accuser son chien de la rage pour pouvoir mieux espérer l’étouffer. Un rappel : 84% des Français considéraient en 2007 que l’Ecole maternelle fonctionne bien, et 60% qu’il faut baisser les effectifs pour de meilleurs résultats…. Les Français sont vraiment des veaux !

A écouter l'entretien de J.Dazay ici

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 16:16
Le lien du sénat étant mort, voici la vidéo de Darcos au sénat ...

Rectificatif : le lien n'est pas mort, on le trouve dans sa totalité 
ici



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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 07:25

Xavier Darcos, comme les autres ministres, ont été audités par la commission des Finances du Senat.  Il faut la regarder l’enregistrement de la séance jusqu’au bout pour entendre le ministre préciser ses priorités sur l’Ecole. Répondant à une question sur les concours de recrutement, il revendique le rôle du bon élève : «  Nous faisons 18 000 recrutements cette année alors qu’il y a 5 ans on était à 27000 » (réduction d’un tiers).
Nous retranscrivons ici toute la fin de l’entretien sans commentaire : le lecteur se fera son idée lui même…


X. Darcos au SénatXavier Darcos : Nous voulons rationaliser les 57 milliards d’euros en donnant davantage d’autonomie aux établissements et en créant les établissements publics du premier degré, avec des établissements qui aient de vrais patrons, à qui nous puissions déléguer des budgets, qui les gèrent et qui nous rendent compte (47’11).
Le deuxième sujet qui me préoccupe et que nous n’arrivons jamais à faire ouvrir réellement, c’est la question compliquée du préélémentaire. Tout le monde sait très bien qu’en France, si nous scolarisons si tôt des tout petits enfants, à 2 ans ou 2 ans et demi, ce ne sont pas pour des raisons scolaires, mais parce que ça arrange les communes, les maires, parce que ça empêche de fermer des classes.
Je serais heureux qu’un jour la Nation se pose la question de la petite enfance de manière plus globale, et que la petite section de l’Ecole maternelle ne soit pas la variable d’ajustement des communes pour éviter de fermer une classe.

Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits de l’Etat, que nous fassions passer des concours à bac+5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? Je me pose la question, ces personnes ayant la même compétence que si elles étaient par exemple institutrice en CM2. Donc la question du préélémentaire me paraît devoir être posée, mais elle est très difficile à soulever sans immédiatement amener avec elle une tempête de polémiques et de préoccupations municipales.

J. Arthuis (ex-ministre, Président de la Commission des Finances du Sénat depuis 2002) : mais pendant très longtemps, vos inspecteurs décidaient de la création ou de la fermeture d’une classe en fonction du nombre d’élèves inscrits, et donc si on avait pu inscrire des élèves à 15 mois, je pense qu’on l’aurait fait… Franchement, c’était une situation totalement absurde.
Dans nombre de communes rurales, les maires feraient bien de réfléchir à des regroupements d’école sur un seul site Avez-vous des évaluations sur l’efficacité des différents systèmes de regroupement, concentrés ou non ?
X. Darcos : (après s’être tourné vers ses conseillers) : Je suis obligé d’avouer que nous n’avons pas d’évaluation très objective que je puisse présenter de manière sérieuse.
J. Arthuis : Comment pourrait-on, en milieu rural, trouver des regroupements entre l’Ecole publique et l’Ecole privée ?
X. Darcos : Question politique compliquée….
G. Longuet (ex-ministre, sénateur) : Le RPI concentré, avec un établissement public au niveau cantonal me semble acceptable ?
X. Darcos : Je suis d’accord avec ça, on peut même considérer que la question de l’Ecole a été la première forme d’intercommunalité. (…) Je le répète, j’espère pouvoir dans le premier trimestre qui arrive, faire faire une avancée considérable sur la question de l’Etablissement public du premier degré. Pour ne pas dire une avancée définitive. Du moins je l’espère.
G. Longuet : Sur la question de la maternelle, j’ai demandé à la Cour des Comptes une enquête sur l’Ecole maternelle, cela pourra être l’occasion de faire prospérer les idées que nous avons évoquées ce matin.
X. Darcos : je vous remercie, d’autant que c’est un sujet qui est très difficile à aborder objectivement, si j’en juge par les questions posées par les élus...
J. Arthuis : Est-ce que c’est difficile parce que nous n’osons pas ?
X. Darcos : Parce qu’il faudra trouver d’autres solutions pour les enfants…

Voir les vidéos ici :

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 07:16

Xavier Darcos a été auditionné hier par l'Assemblée Nationale. Question sur la SCOLARISATION À 2 ANS du député UMP d'Ille-et-Villaine,  René Couanau .

Ce dernier estime que  la scolarisation à deux ans est l'une des variables d'ajustement  utilisée par les inspecteurs d'académie au moment de l'attribution de  la dotation horaire. Il demande si "oui ou non, aujourd'hui, nous  avons une politique dans ce domaine". Le ministre évoque une question  "profondément clivante" et de "grosses disparités sur le territoire".
"Comme père, je ne crois pas à l'efficacité de la scolarisation à deux ans", indique le ministre, ajoutant qu'il ne comprend pas  pourquoi recruter des bac+5 pour faire faire la sieste à des  enfants".
Enfin,
il regrette qu'une"politique de la petite enfance  n'ait jamais été faite", rappelant qu'une "crèche coûte 7 ou 8 fois plus cher que l'école".

 

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 18:07

Dans les années 70-80, les maternelles étaient une fierté française, un exemple envié partout en Europe.
Les temps ont changé ! La scolarisation des enfants de 2 ans est devenue rarissime, par contre la volonté de rapprocher la Grande Section du primaire est affirmée.
On rogne en haut et en bas. Restent les enfants de Moyenne Section et de Petite Section...

Les propos Julien Dazay (IEN)  qui va sortir un livre sur la Maternelle  participent à un travail général de sape et de dénigrement de l'Ecole.


A écouter cette interview de Julien Dazay sur RTL... à pleurer !



La presse hebdomadaire (le Point et Marianne !) s'est emparé du sujet il y a quelques semaines et les deux journaux abondent dans ce sens !
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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 21:58

Catherine Dolto-Tolitch
Éducation . Entretien avec la psychothérapeute Catherine Dolto-Tolitch qui dénonce les mesures prônées par Xavier Darcos pour les plus petits .


La tendance n’est pas nouvelle. Depuis des années, la pression ne cesse de s’exercer sur des enfants de plus en plus petits à qui l’on demande dès la maternelle parfois, d’apprendre à lire, à compter, avec carnet de notes à l’appui. Cette fois, il ne s’agit plus de tendance mais d’un véritable programme gouvernemental « d’appropriation du langage » et de « découverte de l’écrit » dès la dernière année de maternelle. Son but déclaré : mieux lutter contre l’échec scolaire. La psychothérapeute Catherine Dolto-Tolitch s’en inquiète.

Si le projet de programmes de l’école primaire fait monter au créneau de nombreux acteurs de l’éducation, que pensez-vous de celui qui concerne la maternelle ?

Catherine Dolto-Tolitch. En primaire, l’instruction de la morale ne peut remplacer les bases que l’on doit donner à un enfant afin qu’il se construise une éthique de vie en société. Mais ce qui est proposé pour les plus petits, c’est un assassinat de l’école maternelle. Il est légitime de savoir constater les difficultés croissantes et graves de maîtrise de la lecture et de l’écriture chez les jeunes. Car savoir mettre les mots, c’est nous permettre d’apprivoiser la vie, c’est ce qui fait qu’elle est vivable. Ne pas pouvoir le faire est donc grave. Mais si la réponse donnée à ce problème est de proposer un apprentissage de la lecture et de l’écriture plus tôt, à l’école maternelle, c’est une erreur majeure.

Pourquoi ?

Catherine Dolto-Tolitch. Parce qu’on placerait l’apprentissage cognitif avant la maturité psychoaffective nécessaire pour apprendre à lire et à écrire. L’évolution des petits entre deux ans et demi et cinq ans et demi six ans est gigantesque. Beaucoup plus grande qu’entre six et douze ans. Et les enfants sont loin d’être à égalité dans cette période. Pas seulement pour des raisons socio-économiques, mais aussi pour des raisons de maturation psychoaffective qui se fait dans des temporalités très différentes. Placer la cognition avant la maturation psychoaffective, c’est faire de l’être quelqu’un de bancal pour toujours. Peut-être qu’il saura lire et écrire, ce qui n’est pas certain, mais il ne saura pas diriger sa vie autant sur un plan personnel que sur un plan social. On ne peut pas mobiliser l’intelligence cognitive d’un enfant, s’il n’est pas en sécurité affective. Il a d’abord besoin d’une maturation des sens, du goût, de l’être ensemble, de la connaissance de soi.

N’est-ce pas là encore une méconnaissance du développement des enfants ?

Catherine Dolto-Tolitch. Nous sommes dans une période où tout ce qui est psychoaffectif est méprisé. Or, si l’on regarde les gens qui mènent le monde, ce n’est pas avec leur cognition qu’ils le mènent. Et c’est justement parce qu’ils ne sont pas au courant de ce qu’ils sont sur le plan affectif, qu’ils prennent des décisions incohérentes. Si les directives viennent désormais d’en haut, c’est que nous passons à une autre étape qui m’inquiète beaucoup.

On m’adresse des enfants en échec scolaire en maternelle moyenne ! On s’arrache les cheveux ! Ce sont les plus sensibles et les plus atypiques qui vont trinquer. Les enfants les plus intelligents, ceux qui ont un type d’intelligence qui fait les grands mathématiciens, les grands poètes, les grands créatifs, freinent l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Parce qu’ils sentent obscurément que quand ils auront intégré cette grille sur leur imaginaire, ils vont y perdre beaucoup. Donc, ils freinent. Mais quand ils sont prêts, ils apprennent à lire et à écrire très vite. Chaque année, j’en rencontre quatre ou cinq complètement déprimés, qui se découragent, perdent confiance en eux. On sabote à la base leur capacité d’entrer dans le goût d’apprendre. Je suis très alarmée. Si ce n’est pas dans les fondations que l’on s’occupe bien d’un enfant, le citoyen et l’humain qu’il sera est blessé pour toujours. Et on fabriquera de l’échec scolaire et du découragement de soi. Un livret à l’école maternelle ou un carnet de note à quatre ans, c’est dingue et cela fabriquera de l’échec, personnel et scolaire.

Entretien réalisé par Maud Dugrand

 


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