Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

  Eglise Ecole

 

 

 

 


 



Envoyez vos mails à

 

sauvons.lecole@laposte.net

  

Recherche

Pour voir tous les articles...

Vous ne voyez sur cette page
qu'un article.

Pour voir TOUS les articles
c'est
ici !

ou revenir à la page d'accueil

11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 19:18
In Libération 10-02-2010

libe-10-02-2010.jpg
Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Lycées
commenter cet article
9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 17:26
In Rue89

En Seine-Saint-Denis, le ras-le-bol des profs prend de l'ampleur. Une semaine après avoir voté la grève illimitée, les enseignants de la cité scolaire Henri Wallon d'Aubervilliers sont les fers de lance de l'opposition aux suppressions de postes dans l'Education nationale. Partie du lycée, la contestation se propage dans les écoles primaires et les collèges.

Armée de quelques tracts et d'une solide conviction, la délégation d'Henri Wallon pénètre à douze heures précises dans la salle des professeurs du lycée Auguste Blanqui, à Saint-Ouen. Une dizaine d'enseignants de ce complexe scolaire s'est mise en « grève illimitée » lundi dernier.

Tous comptent bien en profiter pour aller à la rencontre d'un maximum de collègues des autres établissements du département. Le but : bâtir une opposition unie contre les réformes entreprises par le ministère de l'Education nationale.

« Chaque jour, nous décidons dans quel établissement nous allons nous rendre. »

Lise Tchao, professeur de français au lycée Henri Wallon, explique :

« Il faut agir ensemble : chaque année, les établissements organisent de manière isolée des journées de grève qui n'ont aucun impact sur les décisions du gouvernement. Cette semaine, nous avons réalisé que les autres établissements rencontrent les mêmes difficultés. Beaucoup ont décidé de nous rejoindre. » (Voir vidéo)


profs en greve
envoyé par rue89. - L'info video en direct.

 

 

Pendant que ces professeurs exposent leurs revendications à leurs collègues d'Auguste Blanqui, une deuxième délégation visite une autre école :

« Chaque jour, nous décidons dans quel établissement nous allons nous rendre. Pour l'instant, nous en avons visité une quinzaine, tous niveaux confondus. Certains d'entre eux nous ont eux-même contactés, puis ils se déplacent à leur tour ailleurs. »

 

La stratégie s'annonce pour le moment payante. Après une semaine de grève et de débrayages, ils étaient environ 200 personnes, enseignants et parents d'élèves confondus, à manifester jeudi devant la mairie d'Aubervilliers.

Les enseignants du collège Diderot ont eux conçu un blog. Il centralise les actions entreprises par les divers établissements de la ville. Les syndicats ont également relayé leur appel à venir manifester devant la mairie de Saint-Denis, ce mardi à 14 h.

« Depuis cinq ans, plus de 50 000 emplois ont été détruits »

La suite...

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Lycées
commenter cet article
8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 18:46

08-02-2010-18-43-01.jpg

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Lycées
commenter cet article
4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 18:21

In Chronique Education

par P.Watrelot

(...)
C03-16.jpgQuelques pistes intéressantes, mais…
Quand j’ai découvert le programme, ma première réaction a été plutôt positive. On pouvait craindre, vu la campagne d’influence qui avait précédé, un salmigondis d’idées creuses et de généralités sur la “découverte de l’entreprise” mais cette dérive là était évitée. Le programme s’appuie sur des concepts clairement identifiés et légitimes et que pour la plupart, les professeurs de SES enseignent déjà.

L’autre chose intéressante, c’est la construction du programme d’enseignement autour de questions (douze questions réparties en 4 thèmes). Cela avait déjà été pratiqué précédemment et une organisation telle que celle-ci donne une alternative à l’énumération des concepts et des connaissances. Comme l’écrivait Bachelard « pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question ». Certaines questions sont mêmes assez excitantes (intellectuellement !) telles que “La consommation, un marqueur social ?”“Comment devenons nous des acteurs sociaux ?” ou encore “Comment remédier aux limites du marché ?”.

Tout en cherchant à me déprendre d’un travers (très français ?) de crainte de la nouveauté qui bouleverserait les habitudes, j’ai quand même cherché dans le programme ce que l’on faisait déjà. Le thème 1 “Ménages et consommation” est pour deux items sur 3 (le dernier est nouveau) déjà pratiqué actuellement en Seconde. De même pour le deuxième thème “Entreprises et production”. “Marché et prix” est, quant à lui abordé actuellement en Première ES et sa lecture attentive a commencé à me faire me poser des questions sur sa faisabilité avec des élèves de seconde. Le quatrième et dernier thème, à coloration sociologique, “Choix individuels et choix sociaux” est un mélange de problématiques abordées en Première (socialisation, normes, valeurs, culture) et de points vus dans l’actuel programme de seconde (la socialisation est aussi abordée dans le cadre de l’étude de la famille, tout comme la question de la qualification).

Enfin, on peut trouver aussi intéressantes les suggestions d’activités qui figurent dans les “indications complémentaires à l’usage des professeurs” même si elles sont peu nombreuses et oublient les TICE. C’est aussi un moyen de rappeler que l’enseignement des SES a fait longtemps référence aux méthodes actives. Et l’idée me semble aussi importante stratégiquement à l’heure où la réforme conduit chaque discipline à justifier la nécessité de dédoubler les heures d’enseignement…


…au final, un programme peu motivant, pas très moderne et très orienté…
Une première lecture marquée plutôt par le soulagement et même de l’intérêt. Mais (car, il y a un “mais” comme dans tous les plans dialectiques …), ce sentiment se trouve assez rapidement tempéré par plusieurs questions que doit se poser tout pédagogue.

Comment intéresser mes élèves ? Comment les motiver ? Quelles énigmes créer pour les amener vers la connaissance ? On me dira que cela relève de l’expertise de chaque enseignant et que la formation et la mutualisation permettront progressivement de résoudre cette difficulté. Mais certaines questions de ce programme posent de sérieux problèmes, la plus caricaturale étant “Consommer ou épargner ?”. S’il s’agit bien d’une vraie question, légitime dans le champ de la science économique, elle est d’abord très théoriquement orientée et surtout peu intéressante pour les élèves. On évoquait plus haut l’intérêt de poser des questions mais encore faut-il que celles ci aient du sens pour les élèves. Que ce soient des “questions vives” qui permettent de les amener à une réflexion citoyenne et à une démarche d’apprentissage. Cette nécessité de donner de la “saveur aux savoirs” est encore plus importante pour un enseignement d’exploration qui n’a pas été abordé avant dans la scolarité.
Ce programme est-il cohérent ? Comment créer du sens ?
On nous dit que ce qui a présidé à sa construction est la volonté d’amener les élèves à “penser en économiste” et “penser en sociologue”. Lorsqu’on le regarde de près comme je l’ai fait en premier, on s’aperçoit que de nombreux (trop nombreux ?) concepts de l’analyse économique sont présents. Ceux de la sociologie beaucoup moins. Quant aux autre sciences sociales (science politique notamment) elles n’existent pas ici. Mais lorsqu’on prend un peu de recul et qu’on essaye dans un deuxième temps de voir comment tout cela fait système, on s’aperçoit surtout que cela manque de cohérence et que le sens qu’on peut donner à ce programme est bien inquiétant.
Finalement, les concepts présentés ici sont pour une bonne part très abstraits et ressemblent beaucoup aux “fondamentaux” auxquels certains universitaires voudraient limiter notre enseignement. Nous y reviendrons. Ensuite, ils font la part belle à l’économie au détriment de la sociologie. On notera qu’à part le 2ème qui porte sur “la consommation, marqueur social”, tous les autres items “sociaux” ou sociologiques sont placés à la fin du programme. Or, celui ci se termine par cette observation : “On traitera au moins les dix premières questions” [sur douze].

Ce qui fait système dans ce programme, c’est donc le passage d’un programme de sciences économiques ET sociales à un programme d’ économie-sociologie où la sociologie est réduite à la portion congrue. Si les programmes de Première et de Terminale avaient déjà des parties “éco” et “socio” depuis plusieurs années, le programme de 2nde offraient jusque là une approche permettant le croisement des regards sur des thèmes faisant sens pour les élèves. C’est cela qui disparaît avec ce programme et qui m’amène à dire qu’il repose au final sur une conception étriquée et dépassée des apprentissages (voir plus bas) qui devrait susciter des réflexions et des réactions au delà du seul cercle des professeurs de SES.

La question de la cohérence du programme peut aussi se poser à propos de sa place dans la scolarité. Il s’agit de la classe de seconde destinée à faire le lien entre la troisième et le collège et le cycle terminal où il s’agit de préparer les lycéens à la poursuite d’études supérieures. Dans cette double perspective, il me semble que ce programme est très “old school” et ne tient pas compte des évolutions. Surtout quand on le compare à d’autres programmes d’exploration (
Littérature et Société par exemple). La présentation en 3 colonnes (Thèmes, notions, indications complémentaires) date un peu et fait très “vingtième siècle”. A l'heure où les programmes de collège et de primaire sont réécrits dans une logique de compétences (connaissances, capacités, attitudes) et avec des référentiels plus précis, la présentation est peu féconde.Notamment dans la perspective de proposer des activités qui ne trouveraient un sens (là, elles sont un peu "plaquées" par raccroc) que dans la construction de compétences clairement identifiées. Des compétences qu’il convient de construire (et d’évaluer) pour permettre le passage dans le cycle terminal et la préparation à l’enseignement supérieur.

Ce programme est-il faisable ? Autre question essentielle pour tout enseignant. Il est difficile de répondre à cette question, tant les élèves sont différents. Mais on peut insister sur deux variables clés : l’horaire élève et la difficulté des notions abordées. En ce qui concerne l’horaire, on sait qu’il est d’une heure et demie. L’horaire actuel est de 2h30 (dont une heure dédoublée par quinzaine). Il me semble que des dédoublements seraient une condition pour mener sereinement et efficacement des séquences basées sur des méthodes actives et l’usage des TICE. L’autre question concerne la difficulté du programme. Toutes les notions peuvent être abordées mais ma longue expérience des classes de seconde m’incite à penser que certaines supposent la maîtrise de pré-requis qui demandent un temps d’apprentissage assez long.


Et le chômage dans tout ça ?
Un autre moyen d’analyser ce programme c’est d’en voir les manques, les oublis. Si on le compare au programme précédent, deux grands chapitres ont disparu : “La Famille, une institution en évolution” et “L’emploi, une question de société”. La Famille était une étape importante pour aborder la question de la socialisation (mais celle ci demeure) et amener aussi à réfléchir sur la différence fondamentale entre nature et culture. Mais on peut, à la rigueur retrouver ces thèmes autrement.
Mais si les critiques sur le programme de SES en Seconde ont semblé trouver un certain écho médiatique, c’est notamment avec la disparition du thème du chômage. Cela a fait l’objet de plusieurs titres d’articles alors que dans le même temps, face à un panel de français, le président de la République affirmait avec force que celui ci allait reculer… Voilà un “angle” tout trouvé pour les journalistes. Mais au delà du “buzz”, cela illustre parfaitement ce que nous évoquions précédemment. Le programme évacue des thèmes qui trouvaient de l’intérêt auprès des élèves et suscitaient l’envie d’apprendre et surtout il élimine des sujets qui fâchent.


Une élaboration sous influence
Jusqu’à maintenant, nous nous sommes surtouts placés dans une logique propre à la discipline et les considérations formulées sont surtout destinées aux enseignants de “SES”. Même si réfléchir à ce que devrait être un programme destiné à des élèves de seconde est, en soi, une réflexion qui peut intéresser tout le monde, enseignants, parents et élèves.
En revanche, je ne pense pas que
la question de la manière dont sont élaborés les programmes et des influences exercées par certains (groupes de pression, membres du cabinet) soit une question strictement disciplinaire. Elle concerne tous les citoyens. Si des nostalgiques de la colonisation jugent que les programmes d¹histoire ne mettent pas assez en avant les aspects positifs de la colonisation et parviennent à faire voter au parlement un amendement enjoignant les profs d’histoire à aller dans ce sens, on peut penser que cela entraînerait des protestations énergiques contre cette influence des groupes de pression sur la rédaction des programmes et des manuels...
Loin de moi, la volonté de remettre en question la légitimité scientifique et la réputation des membres du groupe d’experts qui a élaboré ce programme. Mais il apparaît cependant que ceux-ci ont travaillé dans une contrainte forte. En termes de temps (3 semaines !) et en termes de “commande” ministérielle. Plus encore, il semblerait que ce soit le cabinet du ministre qui ait eu le dernier mot sur le programme présenté aux éditeurs puis ensuite aux enseignants. C’est le sens
des déclarations de Sylvain David, président de l’APSES et membre du groupe d’experts et aussi de François Dubet qui a adressé lundi 1er février une lettre indiquant sa démission du groupe d’experts pour des motifs notamment liés à cette pression.


Arrêtons le harcèlement !
Les programmes et les manuels de SES ont souvent été attaqués. L’auteur de ces lignes se rappelle que lors de sa première année d’enseignement (en 1981) un manuel de SES avait été l’objet d’un débat à l’assemblée nationale car on y trouvait une bande dessinée montrant une escadre navale dont les avions se transformaient en écoles, les navires en hôpitaux et les mitrailleuses crachaient des tickets de métro. Il s’agissait évidemment de faire réfléchir les élèves sur les choix de politique budgétaires. Certains députés de l’époque avaient alors parlé d’atteinte au moral des armées.
Aujourd’hui les attaques les plus vives viennent surtout des milieux patronaux. on a vu en 2008, un groupe de pression patronal ,
l’institut de l’entreprise (IDE) faire, avec le soutien du CODICE (Comité pour la diffusion de la Culture économique, organisme dépendant du ministère de l'économie) une proposition de programme de Seconde dans le cadre de la réforme du lycée. On a vu aussi se développer une campagne de presse à coup de sondages et d’interventions dans les médias pour insister sur la nécessité de donner une image positive de l’entreprise. On sait le rôle qu’a pu jouer Michel Pébereau, personnage influent du patronat français et du monde politique, pour faire évoluer les manuels et les programmes dans un sens qu’il estimait devoir être plus favorable à l’entreprise et au marché.
On a souvent utilisé le mot de “lobby”, à propos de l’association des profs de SES avec évidemment une connotation péjorative. Initialement, il faut rappeler que le mot “
lobby” désigne un couloir. C’est dans les couloirs du Capitole à Washington qu’intervenaient les représentants des groupes de pression qui cherchaient à influencer les parlementaires américains. D’où le terme de “lobbyist” pour les qualifier. Le terme français qui correspond le mieux est celui de “groupe de pression”. Mais quand on utilise le mot “lobby”, il y a souvent l’idée implicite d’une influence occulte qui s’exprime dans la coulisse. Je ne pense pas que l’APSES (l’association disciplinaire des professeurs de SES) soit une organisation qui agisse de manière occulte. Au contraire, on peut même dire qu’elle essaie de porter le débat sur la place publique (et même dans la rue !).
Les vrais lobbys ce sont ceux qui agissent dans l’ombre des cabinets ministériels et qui ont suffisamment d’influence pour aboutir au résultat que l’on voit aujourd’hui.
Et si on arrêtait le harcèlement ?


Une mise en concurrence et une volonté de dépeçage et de recomposition

La suite...

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Lycées
commenter cet article
27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 21:12

C03-27.jpgFaut-il à ce point aimer le nouveau lycée Sarkozy ?

 

Christian Laval

 

Au pas de course, le gouvernement réforme le lycée. Les décrets en seront bientôt publiés. Des escouades de proviseurs et d’inspecteurs parcourent le pays pour informer, expliquer, justifier. Après un rapide tour de piste de Richard Descoings et un semblant de consultation, le temps des décisions est arrivé. Quant aux professionnels, c’est à peine si, dans leur plus grand nombre, ils savent de quoi sera fait leur métier demain. Nicolas Sarkozy qui avait posé dès le mois d’avril 2009 l’architecture du nouveau lycée ne veut pas perdre de temps. Il ne faudrait surtout pas laisser croire que les oppositions de l’année dernière qui ont imposé le retrait du projet de Xavier Darcos  l’ont arrêté dans la volonté de « rupture ». Mais une « rupture » pour quoi faire, pour aller où, pour quel lycée ?


La situation est fort étrange. Alors que l’opinion semble souvent plus que réservée sur des réformes d’inspiration clairement conservatrice et néolibérale –les retraites, l’hôpital, la poste, etc- elle paraît approuver la réforme du lycée. La connaît-elle  pour juger ? Question impertinente puisqu’en démocratie d’opinion et de marché, la connaissance n’est nullement  un réquisit du jugement. C’est ainsi que l’on apprend par la presse et sur le site du gouvernement que « Plus de trois quarts des Français (76 %) se déclarent favorables à la réforme du lycée. » Il est précisé qu’il s’agit d’une enquête réalisée par le C.S.A pour le ministère de l'Éducation nationale auprès d’un échantillon national représentatif de 1007 personnes âgées de 18 ans et plus par téléphone les 6 et 7 janvier 2010.  Comme le C.S.A se veut un institut sérieux, il a demandé aux enquêtés s’ils avaient entendu parler de la réforme et s’ils savaient de quoi il s’agissait. Si 60 % des Français déclarent avoir entendu parler de la réforme du lycée, 16 % d'entre eux affirment savoir précisément ce dont il s’agit et 44 % disent ne pas le savoir. Si l’on s’intéresse à la ventilation des réponses par CSP, on observe que si 28 % des cadres et professions libérales prétendent connaître la réforme, seuls 9 % des employés font la même réponse. Visiblement, que l’on sache ou que l’on ne sache pas, l’essentiel est de donner son avis.  Autant de précipitation, de communication officielle et de désinvolture dans la mise en œuvre du nouveau lycée ne doit pas empêcher de se poser quelques questions.Une réforme de ce genre, même mauvaise,  peut produire ses effets entre cinq et dix ans, parfois plus. D’où l’importance  d’en débattre.

 

1-La réforme du lycée est-elle prioritaire ?

 

Est-ce le lycée qu’il faut réformer en priorité ? Tous les « experts », il y a peu, parlaient de la réforme impérative du collège. D’autres, de l’école primaire. Quant à l’université, faut-il même l’évoquer tant elle est réputée avoir fait naufrage, et pas nécessairement du fait du bas niveau des lycéens ? On invoque les enquêtes PISA qui seraient « désastreuses ». Manque de chance, elles comparent les performances …des élèves de 15 ans, donc avant leur entrée au lycée !  De nombreux parents ne rêvent que d’une chose : envoyer leurs enfants en classes préparatoires dans …les lycées ! Cela va-t-il si mal ? Admettons un instant que le lycée soit  en tête des priorités de la réforme parce qu’il est inégalitaire, que ses filières sont trop hiérarchisées, par quoi faudrait-il commencer ? Les inégalités ? Sûrement, mais celles que l’on y constate sont-elles dues aux raisons invoquées, en particulier  à la  mauvaise orientation à la fin de la 2nde,  source supposée de tous les échecs ?  C’est une raison pour le moins secondaire, compte tenu de tout ce que l’on sait sur les facteurs d’échec à l’école.  Mais au fond, les raisons profondes des inégalités importent peut-être bien peu dans les motivations de la réforme. La raison ne serait-elle pas d’abord qu’il faut faire  évoluer les structures et les dispositifs pour les adapter à la diminution –inédite dans l’histoire-  des effectifs enseignants (on parle de 90 000 postes de moins en 5 ans).

 

2-Pourquoi abolir le peu de démocratie qui existe au lycée ?

 

Pour réaliser cette réduction des moyens affectés au lycée, un seul moyen : donner au chef d’établissement, fonctionnaire d’exécution dépendant du recteur et du ministre, la « latitude » pour imposer des diminutions d’heures-postes, des concentrations de classes, une « rationalisation » tous azimuts grâce à l’élaboration d’un projet par le « conseil pédagogique ». On commence à percevoir le rôle stratégique qu’on veut faire jouer à ce dernier : la répartition des miettes et la concurrence de tous contre tous.  C’est la réforme de l’ombre ou l’ombre de la réforme : le pouvoir du chef d’établissement face aux autres acteurs s’accroît notablement, empruntant tout à la fois à l’Ancien Régime et au modèle autocratique de l’entreprise. Ses prérogatives seront celles d’un petit souverain qui désignera l’ensemble du conseil pédagogique, une instance dont il pourra en toute légalité changer les membres s’il lui en prend l’envie. Ce conseil pédagogique est curieusement fait à l’imitation d’une institution typique de l’Ancien Régime : le « conseil du roi », composé des sujets réputés les plus éclairés appelés par le monarque auprès de lui pour le seconder et le guider de ses avis. Le nouveau chef d’établissement présentera lui-même en Conseil d’Administration ce projet d’affectation des heures dédoublées, mais aussi les multiples autres aspects de la vie pédagogique, et en cas de refus des représentants élus,  pourra passer outre. On a là l’application d’un modèle imposé partout. L’État à tous les échelons et dans tous les secteurs, à l’hôpital, à l’université, doit ressembler à l’entreprise privée censée être plus efficace, et ce en dépit de quelques contre-exemples récents (les banques…). La démocratie timidement entrée dans les établissements après 68 recule nettement: les élus ne sont rien ou plus grand chose, les experts et les chefs sont tout.

 

4- La situation des lycées sera-t-elle améliorée par un surcroît « d’autonomie » ?

 

« L’autonomie » plus grande accordée aux établissements locaux n’a de sens que replacée dans le contexte actuel. Elle doit être mise en rapport avec la suppression de la carte scolaire et la généralisation de la concurrence entre établissements. Chacun d’entre eux devra lutter contre les autres en utilisant sa marge de manœuvre s’il ne veut pas perdre sur le marché scolaire. Dans tous les pays, l’autonomie des établissements en situation de concurrence a produit une ségrégation sociale et ethnique accrue. Tous les travaux sociologiques sans exception le montrent. Et l’on sait que lorsque le système dérive vers une segmentation de plus en plus manifeste, comme il le fait en ce moment, ce n’est pas d’autonomie concurrentielle dont il a besoin mais de régulation politique au service d’un projet éducatif collectif. Le ministère ne veut rien savoir et conduit le système jusqu’à une fragmentation de plus en plus dramatique pour tous.  Une situation qui encouragera encore plus  les conduites de fuite des parents vers le privé et toutes les stratégies des acteurs ordonnées aux intérêts particuliers.

 

5- La mise en concurrence des disciplines est-elle une bonne chose ?

 

 La concurrence est le maître mot de cette réforme, c’est le principe des pratiques qu’il s’agit d’installer par un dispositif subtil. La globalisation des heures dédoublées en situation de rationnement va mettre toutes les disciplines en compétition pour accéder aux heures en petits groupes et pour défendre les options. Diviser pour régner.... Les enseignants n’auront plus, chacun dans leurs coins, qu’à peaufiner des projets et arguments plus mirobolants les uns que les autres pour tenter de préserver un minimum de conditions supportables. On peut craindre  que le « besoin des élèves », dont on peut dire et faire à peu près n’importe quoi, ne serve de levier pour dégrader les conditions d’enseignement et d’apprentissage. Est-il de bon aloi d’introduire la guerre de tous de tous dans une période qui supposerait à l’inverse le plus de coopération possible entre les enseignants ? On peut en douter.

 

6-Est-il bien raisonnable de marginaliser  la « troisième culture » ?

 

Certains aspects de la réforme ont choqué  chercheurs et enseignants : entre autres, le ravalement de l’histoire géographie au rang d’option facultative en Terminale S, du jamais vu dans l’histoire de la République. Mais il ne faudrait pas oublier la réduction très symptomatique au statut de disciplinicule des Sciences économiques et sociales en 2nde (1heures 30) alors que cet enseignement définit le caractère de la filière ES, à côté de la S et de la L et qu’il faudrait être un esprit bien borné pour en nier l’importance aujourd’hui. Comment peut-on justifier le sort fait à la « troisième culture », celle des sciences de l’homme et de la société, lorsqu’on pense au caractère absolument indispensable des outils de connaissance et de réflexion sur l’histoire, la société, l’économie ? Et nous n’avons pas encore connaissance des nouveaux programmes dont on peut craindre beaucoup.

 

7- Faut-il réduire les enseignements disciplinaires ou les transformer si nécessaire ?

 

Ces aberrations ne doivent pas cacher un problème plus général. La réforme accentue la réduction de la transmission des « savoirs disciplinaires », bêtes noires des « modernisateurs » depuis longtemps. Cette stratégie a été entamée il y a une petite dizaine d’années par Claude Allègre. L’idée est de contourner les disciplines pour développer dans des « activités » nouvelles des pédagogies différentes permettant de développer des « compétences » jusque-là négligées : débats en Éducation civique, juridique et sociale, production autonome d’élèves en Travaux personnels encadrés en Premières et terminales (puis en Premières seulement). On peut approuver ou dénigrer cette orientation, de toute manière le bilan de ces activités n’a jamais été dressé depuis dix ans. On peut également se demander pourquoi il n’a jamais été fait d’enquêtes sur les pratiques pédagogiques dans l’enseignement secondaire, qui montreraient que la vision largement partagée par les supposés experts et les responsables politiques  selon laquelle il n’y aurait en collège et en lycée que des cours magistraux mérite d’être nuancée. L’un des problèmes que pose cette réforme, mais il n’est pas nouveau, est qu’elle s’appuie sur une méconnaissance profonde des pratiques des enseignants. Plutôt que de veiller à l’évolution des disciplines en leur donnant les moyens horaires permettant de mettre en œuvre des méthodes pédagogiques différentes, on préfère multiplier les dispositifs externes. C’est sûrement plus économique mais pour quel résultat pédagogique?

 

7-Accompagnement et tutorat :  a-t-on bien mesuré la portée de ces termes ?

 

Chaque élève aura droit à deux heures « d’accompagnement personnalisé », de la seconde à la terminale, et à un « tuteur » unique qui le suivra de la seconde à la terminale.  Voilà qui permettra un solide encadrement de proximité et de longue durée. Mais les adolescents en formation vont-ils supporter  cette omniprésence d’adultes bien intentionnés qu’ils n’auront de surcroît pas choisis ? Voire.

Que les réformateurs n’aient pas la moindre idée de la façon dont vont être organisés cet accompagnement et ce tutorat et quels en seront les contenus,  est une chose. Mais de quelle nature exacte seront les relations entre ces jeunes accompagnés et tutorés  et les adultes si l’on se fie aux termes dont on ne doute pas qu’ils aient été soigneusement pesés.

Accompagner vient du vieux français compain, qui a donné compagnon et copain. Il signifie comme chacun sait « prendre pour compagnon » et se « joindre à quelqu’un pour un déplacement ». A moins qu’il ne s’agisse du sens du vieux mot féodal qui signifiait en droit « contrat d’association » ? Mais quels seraient alors les termes de ce nouveau contrat féodal ? Qu’est-ce que ce mot peut donc bien signifier dans un rapport entre un professeur et des élèves ? Être copain, être compagnon (de fortune ou de misère),  être associé par un lien de dépendance personnelle ? 

A cette énigme sémantique s’en ajoute une autre. Assumer le rôle de tuteur pendant trois ans de la vie d’un adolescent n’est pas une mince responsabilité pour un adulte qui n’est ni sa mère ni son père. Elle est même immense, impossible peut-être, si le tuteur a la responsabilité de la « réussite » du jeune et s’il doit être évalué sur les « objectifs » qu’il devrait atteindre. Tuteur veut dire protecteur ou gardien, comme on sait, et a donné tutelle, soit un rapport de subordination et de dépendance, comme lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est sous tutelle. Les adolescents vont-ils  apprécier cette dépendance de 15 à 18 ans  à l’égard d’un adulte qu’ils n’auront pas forcément choisi? Quant au professeur, qui avait déjà pour mission importante quoique mal reconnue socialement et matériellement, d’enseigner  des savoirs à des classes, il se voit confier par la réforme deux missions qui pour être bénévoles n’en sont pas moins lourdes : être un « compagnon personnel » de ses élèves et être un substitut parental en matière de protection, de surveillance et d’encadrement. A moins qu’ils ne maîtrisent pas la langue française, ce qui serait un comble,  les promoteurs de cette réforme et tous ceux qui la soutiennent ont-ils pris la peine de réfléchir aux implications de toute nature, aussi bien pédagogique, psychologique que juridique,  de ces deux nouvelles modalités relationnelles qu’ils allaient mettre en place au lycée ?

 

8)  Le lycée Sarkozy pour quoi faire ?

 

Il y a quelque difficulté à saisir la cohérence de ces mesures et le lien entre les finalités et les moyens. C’est sans doute que la réforme  poursuit plusieurs objectifs qui s’entremêlent. L’argument financier est évident, il avait été explicitement mis en avant par le maladroit Xavier Darcos. Aujourd’hui, il est  bien vu de le taire dans l’Éducation nationale et Luc Chatel s’y emploie. Que diraient les sondages si l’on demandait aux Français s’ils approuvent la diminution de 10% du nombre d’enseignants en cinq ans ? Mais la mutation est sans doute plus profonde. N’est-il pas temps de briser la charpente de l’enseignement secondaire, ce lycée honni qui est, pour certains, la cause de tous les maux de l’école primaire et du collège puisque c’est lui qui est censé définir les savoirs à maîtriser, les niveaux à atteindre ? Réformer le lycée, ce n’est pas améliorer ce qui va le plus mal, c’est surtout permettre demain la réforme du primaire et du collège par allègement de contenus et d’horaires. On dira que c’est aller  à contresens des besoins en savoirs dans la « société cognitive ». Ce serait oublier que le lycée Sarkozy, si l’on veut en comprendre la motivation, est d’une part l’application de politiques qui  semblent ne vouloir connaître que les compétences professionnelles, et qu’il est, d’autre part, l’occasion de conjuguer de multiples intérêts fiscaux, catégoriels, idéologiques dont il vaut mieux ne pas débattre publiquement. Qui a intérêt à cette réforme ? Les élèves des lycées ? Pas si sûr. En l’absence de vrai débat, et si la réforme passe, il nous faudra pour en discuter les effets attendre cinq, dix ou vingt ans lorsque l’on pourra les constater. Mais gageons qu’il n’y aura plus alors ni coupables ni responsables. Réforme as usual.


Le texte au format word 

 

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Lycées
commenter cet article
21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 18:40

In L'Humanité

C03-16.jpgUne soixantaine d’élèves de seconde professionnelle d’un lycée du Pas-de-Calais sont privés de cours d’espagnol (langue vivante 2) depuis septembre faute d’enseignants disponibles, dénonce jeudi la FCPE, alors que le problème semble toucher de nombreux établissements.


Informé de cette situation au lycée Léo Lagrange de Bully-les-Mines, le rectorat de Lille a demandé que les élèves, qui ont déjà fait deux années d’espagnol au collège, choisissent entre l’italien et l’allemand, les deux langues dont l’enseignement est assuré dans cet établissement.

Ce dysfonctionnement a été révélé jeudi par le quotidien La Voix du Nord.


Le proviseur du lycée, Jean-Marc Godeffroy, a expliqué à l’AFP que le problème était lié à la réforme du lycée professionnel, qui a rendu la deuxième langue obligatoire au lycée. "Le problème se pose dans d’autres lycées pros de l’académie et il est national. Les textes définitifs de la réforme sont parus assez tardivement. On a mis les établissements en difficulté. C’est révélateur du côté hâtif des réformes", a-t-il déclaré.

La suite...

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Lycées
commenter cet article
11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 21:28
In FCPE Montigny

Hier devait être présentée au CSE (conseil Supérieur de l'Education, qui n'est qu'une instance consultative mais où la FCPE est représentée) la désormais célèbre "réforme du lycée", qui n'en finit pas de faire parler d'elle, au travers d'un parcours chaotique depuis son retrait en décembre 2008. La revoici sous une nouvelle mouture, moins radicale que la précédente, mais sans doute moins lisible et plus sournoise, et ramenée trop souvent dans les débats médiatisés à la question très symbolique de la suppression de l'histoire-géographie en Terminale S. La FCPE elle-même est arrivée au CSE hier avec des divergences de vue en interne. Retour sur un débat faussé cette semaine par la place des humanités en section S, et premiers décryptages par la FCPE Montigny qui proposera une série de plusieurs articles sur ce sujet.
Histoire-geo.jpg
La question symbolique de la suppression de l'histoire-géographie en Terminale S:
Luc CHATEL s'exprimait dans ces termes cette semaine devant l'Assemblée Nationale avant de présenter sa réforme devant le CSE : "Il n'est pas question de supprimer le programme d'histoire-géographie des élèves scientifiques aujourd'hui étudié en terminale". Un paradoxe  alors que dans le tronc commun de TS, il n'y aura plus de cours d'histoire? non, pas du tout! L'histoire-géo (HG) va rester une option de la Term S, comme l'est devenu le français depuis plus de 30 ans (et cela ne choque plus personne). Pour les élèves de S qui voudront poursuivre par exemple à Sciences Po, ils pourront suivre l'option d'HG. Et même mieux: un élève de filière scientifique qui voudra faire de l'HG en fera plus qu'avant puisque le programme est renforcé en 1ère! Et un élève de S qui ne voudra pas en faire en fera presque autant qu'avant la réforme (à cause du renforcement en 1ère). Il n'y a donc pas de quoi en faire un plat: une option n'est pas une supprression pure ! Le total des heures obligatoires d'HG en section S ne diminue guère au total sur le cycle lycée. Là-dessus, l'association des professeurs d'histoire-géo (
APHG) s'est rétractée et a changé d'avis, alors que selon Luc Ferry, interrogé par le Figaro, l'APHG avait initialement émis un avis favorable. Pour faire plaisir à qui?

La suprématie de la section S dans le système actuel:
Quand on veut essayer de s'attaquer à la suprématie de la section S, on n'a que des levées de bouclier. Le problème de fond, dans les sections générales du lycée, c'est que la filière littéraire est morte aujourd'hui. Avec seulement 9% d'élèves qui choisissent cette filière, elle devient une sous-classe dans les divisions de terminale des lycées, surtout si ceux-ci n'ont pas la taille critique pour rassembler une classe complète. C'est le cas à Breteuil et à Descartes à Montigny.
L'un des constats pourtant unanimement partagé par les acteurs qui ont été consultés sur la réforme du lycée c'est la nécessité urgente de rééquilibrer les filières du bac général, pour ne plus faire de la section S la filière "universelle" du parcours d'un élève motivé et ambitieux. Pourquoi donc les profs de l'APHG sont-ils venus au secours de cette suprématie même pas menacée par cette (petite) réforme? La FCPE Montigny n'a pas fait circuler la pétition de l'APHG car elle est déplacée, et ramène la réforme dans son ensemble à un point de détail.
Certes, ce n'est pas en supprimant les humanités en filière S que l'on sauvera la filière L.. C'est une mesure symbolique et insuffisante pour sauver la filière littéraire. Ce n'est d'ailleurs pas ce qui est proposé par Luc CHATEL puisqu'il y a basculement et recentrage des humanités sur la classe de 1ere pour les élèves scientifiques.
L'idée qui se dégage à travers cette mesure, c'est que la classe de Terminale soit bien identifiée dans ses grands axes de formation: socio-économique (ES), littéraire (L) et scientitfique (S). Dans l'esprit de la réforme, la classe de Terminale a donc vocation à orentation marquée, et le tronc commun des disciplines est maintenu jusqu'à la classe de Première.
Dans le système actuel, la filière S a tous les avantages des autres filières, sans les inconvénients, et les autres sont devenues, en caricaturant, des répliques amputées. Si la filière des humanités (L) n'est qu'une filière S sans les Sciences, elle n'a plus d'identité marquée ni d'avantages pour les élèves. Sauf de regrouper les élèves en échec voulant quand même un bac général.

Mais alors comment sauver la filière littéraire?
Rendre la classe des "humanités" (L) attrractive? Oui, mais comment?
Là-dessus, on cherche dans la réforme de Luc CHATEL les réponses, difficiles à trouver. Comment redonner de la valeur intrinsèque à cette filière, comme autrefois la série Philo-Lettres et ses bacs A et A'?  Remettre les Arts? Plus de langues? Plus de français? Le choix reviendra aux chefs d'établissement. Mais on peut aussi rappeler, ce que le Ministère ne veut pas avouer, que les diminutions massives de DGH des 3 dernières années dans les lycées ont sacrifié beaucoup de disciplines qui devaient bénéficier aux filières littéraires: le grec a quasiment disparu, le latin en train de mourir, options artistiques et langues rares sacrifiées à l'autel du manque de "demande sociale". Et des suppressions de postes. Si nous en sommes là aujourd'hui, c'est aussi parce que la nation a accepté des sacrifices dans son système éducatif. Au bénéfice de plus d'"efficacité" et de "modernité", c'est à dire au bénéfice des sections S. On peut aussi en vouloir à certains proviseurs de lycées d'avoir cédé facilement à la pression de la forte demande sociale des parents pour la section S en créant des terminales supplémentaires. Pour un lycée, c'est une question de prestige d'afficher le maximum de résultats en bac S. Aujourd'hui, si vous cherchez une filière L de haut niveau pour votre enfant, vous devez fouiller dans les lycées et probablement l'envoyer loin de chez lui. Avec les suppressions massives de postes des dernières années (qui se traduit en baisses de Dotation Horaire Globale pour tous les lycées), on peut même se demander comment la filière L a survécu aux calculs comptables de la période Darcos.. La filière aurait pu disparaître complètement.

Faire un tronc commun jusqu'à la fin de la Première:
C'est l'une des pistes de la réforme pour rendre un peu de noblesse aux filières L et ES, et sauver en particulier la classe Philo. La suppression de l'HG en Term S n'est qu'un aspect marginal, mais fait partie de ce dispositif. La rétablir dénaturerait le sens de cette partie de la réforme. Tous les avis malhonnêtes émis cette semaine dans les medias par différents groupes de pression occultent la vraie finalité de cette mesure: faire un tronc commun jusqu'en classe de Première (qui au passage bénéficie aussi aux élèves de S qui voient leur horaire d'HG renforcé) permet de créer des passerelles supplémentaires pour que les élèves puissent encore changer de direction jusqu'à la fin de la Première. La réorientation possible au cours du lycée est un des axes de la réforme proposée, pour remédier au gâchis de certaines orientations ratées.  Pour revaloriser les filières L et ES, en particulier empêcher la disparition totale de la L, il faut recréer trois filières équivalentes au niveau de la classe de Terminale, et chaque élève doit se déterminer en fonction de ses goûts et capacités, et non en fonction de l'attrait d'une filière que l'Education Nationale a trop gâtée en lui autorisant le manitien de toutes les disciplines.

L'élistisme républicain vient toujours brouiller le débat dans les réforme

La suite...
Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Lycées
commenter cet article
10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 18:31
In NouvelObs

Plusieurs centaines de personnes ont défilé à Paris et Toulouse, et plus d'un millier à Bayonne, pour protester contre la réforme du lycée, examinée cet après-midi au Conseil supérieur de l'éducation.

(Reuters)

 

(Reuters)

 


P
lusieurs centaines de personnes, surtout des lycéens, ont commencé à manifester jeudi 10 décembre vers 15h00 à Paris contre la réforme du lycée, examinée au même moment en Conseil supérieur de l'éducation (CSE), tandis que 200 à 300 lycéens avaient défilé le matin à Toulouse.

A Paris, les lycéens, plus nombreux que les enseignants, ont entonné des slogans comme "A la poubelle, les réformes Chatel" ou "Assez de cette société qui n'offre que le chômage et la précarité".
Les lycéens présents représentaient l'UNL et la Fidl et les enseignants les syndicats Snes-FSU et Cgt Educ'action.
Huit syndicats d'enseignants regroupés dans une coalition hétéroclite très attachée aux savoirs disciplinaires et allant du Snes au Snalc, appelaient à la manifestation, ainsi que la Fidl.

Mobilisation mardi


L'UNL, première organisation lycéenne, appelait aussi à défiler, mais surtout contre la réforme de la formation des enseignants et les suppressions de postes.

A Toulouse, de 200 lycéens, selon la police, à 300, selon les manifestants, ont défilé le matin contre "la réforme Chatel des lycées, les suppressions de postes dans l'Education nationale et les mesures sécuritaires dans les lycées", a indiqué Rodolphe, porte-parole de la Coordination des lycées de Toulouse (CLT).

Selon le rectorat de l'académie, "deux lycées ont été bloqués" jeudi matin par les manifestants qui, de leur côté, indiquaient que "trois lycées ont été bloqués et quatre mobilisés avec des barrages filtrants". Selon le porte-parole de la Coordination, une autre mobilisation est prévue mardi.

Par ailleurs, quelque 1.500 lycéens provenant de divers établissements du pays basque ont manifesté dans les rues de Bayonne contre la réforme du lycée, a-t-on appris auprès de la police et de manifestants.

"Chatel, ta réforme, si tu savais..."

La suite...

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Lycées
commenter cet article
6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 11:01

In Le Journal du Dimanche

Présentée jeudi prochain, la réforme des lycées propose de rendre optionnelle l’histoire-géo en terminale S. Universitaires, personnalités artistiques et politiques s’insurgent contre cette proposition.

"La décision envisagée par M. le Ministre de l’Education nationale, dans le cadre de la réforme des lycées, de rendre optionnelle l’histoire-géographie en terminale scientifique ne peut que susciter la stupéfaction par son décalage avec les nécessités évidentes de la formation des jeunes Français au début du XXIe siècle.


A l’heure de la mondialisation, les futurs bacheliers scientifiques n’auraient donc nul besoin de se situer dans le monde d’aujourd’hui par l’étude de son processus d’élaboration au cours des dernières décennies, pas plus que par l’analyse de sa diversité et des problèmes qui se posent à la planète et à son devenir. En outre, ils se trouveront dans l’impossibilité d’accéder à certaines formations supérieures de haut niveau pour lesquelles la connaissance de l’histoire et celle de la géographie sont indispensables et vers lesquelles ils se dirigent en nombre croissant.


Au moment où le président de la République et son gouvernement jugent urgent de lancer un grand débat sur l’identité nationale qui doit mobiliser le pays, cette mesure va priver une partie de la jeunesse française des moyens de se faire de la question une opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique, ouvrant ainsi la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires.

Il est impératif d’annuler cette décision, inspirée par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la formation intellectuelle, de l’adaptation au monde contemporain et de la réflexion civique des futurs citoyens."


Signataires



:
Jean-Pierre Azéma (historien), Antony Beevor (historien, université de Londres), Jean-Jacques Becker (historien), Serge Berstein (historien, Sciences-Po), Pierre Cosme (historien, université Paris-I), Alain Finkielkraut (philosophe, Ecole polytechnique), Jean-Noël Jeanneney (historien, Sciences-Po), André Kaspi (historien), Jacques Le Goff (historien), Hervé Le Bras (démographe, Ined et EHESS), Evelyne Lever (historienne, CNRS), Pierre Milza (historien), Michelle Perrot (historienne), Antoine Prost (historien), Jean-Pierre Rioux (historien), Jean-François Sirinelli (historien, Sciences-Po), Benjamin Stora (historien, universités Paris-VIII et Paris-XIII), Jean Tulard (historien), Annette Wieviorka (historienne, CNRS), Michel Winock (historien, Sciences-Po).

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Lycées
commenter cet article
4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 18:00

In France Soir

Des manifestations contre la réforme du lycée ont eu lieu jeudi après-midi dans plusieurs villes de France.


Jeudi, les oreilles de Luc Chatel ont dû siffler. Plusieurs centaines de lycéens ont défilé dans les rues de Rennes, du Mans, de Nantes, et de Nîmes pour protester contre la réforme du lycée et les suppressions de postes. Les lycéens rennais, au nombre de 500 selon la police, rangés derrière une bannière « Lycéens en colère, suppressions pièges à cons », ont arpenté le centre-ville, au milieu de drapeaux SUD et NPA, et en scandant des slogans hostiles à Luc Chatel, ministre de l’Education nationale.

La suite...

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Lycées
commenter cet article

Qui êtes vous ?
Vous êtes :
Un enseignant du premier degré
Un enseignant du second degré
Un étudiant
Un lycéen
Un parent d"élève
Un simple citoyen
Un chercheur
Un enseignant à l'université
Un fonctionnaire de l'EN (non enseignant) : encadrement, Biatos...
Un élu

Résultats

Visiteurs


 

Actuellement   
visiteur(s) sur le blog

 

 

Sauvons Lecole