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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 15:09

In Sauvons l'Université

Pour lire cet article sur le site de Mediapart

 

Combinée aux 16.000 suppressions de postes de la rentrée 2010, la réforme de la formation des enseignants semble provoquer des dysfonctionnements en chaîne dans le système éducatif. Avec un petit côté jeu de chaises musicales. Les professeurs stagiaires, placés à temps plein dès la rentrée dans les collèges et lycées (16 ou 18 heures au lieu de 6 heures avant la masterisation), bénéficient tout de même de quelques journées de formation professionnelle organisées par les rectorats. « Après la Toussaint, le problème du remplacement, récurrent à cette période avec les épidémies de grippe, etc., va s’aggraver avec le départ des stagiaires en formation », souligne Emmanuel Mercier, secrétaire national du Snes, responsable du secteur formation.

 

« Dans deux académies, on va retirer les enseignants qui remplacent des congés maternité pour les mettre sur des remplacements de stagiaires en formation », explique Daniel Robin, secrétaire général du Snes. Ce qui revient à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Guillaume, un professeur d’anglais stagiaire de 24 ans, en formation cette semaine à Paris, devait lui être remplacé par une assistante de langue, c’est-à-dire une étudiante étrangère normalement chargée de seconder un prof. « Elle a refusé car ce n’est pas réglementaire, donc mes élèves n’ont pas eu cours cette semaine », dit-il.

 

Bricolage toujours, dans la région parisienne, des stagiaires de mathématiques, de sciences et vie de la terre (SVT), et d’EPS, vont eux être remplacés par des professeurs de... physique, manifestement en surnombre ! « C’est une vision très régressive du métier d’enseignant, comme s’il relevait uniquement de compétences techniques et d’animation de groupe, estime Marie-Albane de Suremain, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Paris-12-IUFM de Créteil. Si vous savez enseigner telle matière, alors vous pouvez aussi en enseigner une autre, il suffit de savoir tenir une classe et de piocher dans des banques de données d’exercice ! »

 

Poussant la logique jusqu’au bout, les inspecteurs d’académie de Nantes et de Paris ont même fait appel à des instituteurs, en surnombre à Paris ou placés sur des missions spécifiques (aide aux enfants en difficulté, remplacement ou conseiller pédagogique) à Nantes, pour effectuer des remplacements dans les collèges et lycées. « Un enseignant du primaire n’est pas formé et n’a pas les compétences pour enseigner dans le secondaire, ce n’est pas le même métier, s’indigne une professeur des écoles parisienne qui souhaite rester anonyme. La volonté de rentabiliser chaque poste d’enseignant (un enseignant doit être devant une classe) est criante. On supprime tout ce qui cimente et renforce une équipe pédagogique (Rased, conseillers pédagogiques, remplaçants).

 

La suite...

 

(Note de SLE) A ce fantastique jeu de taquin, on ajoutera que dans certaines académies (Versailles, notamment) pour pallier au manque de remplaçants, les PES verraient  leur "formation"  écourtée pour leur permettre de remplacer... les remplaçants.

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 14:30

100 0323

In Marianne2

 

François Cocq et Francis Daspe sont respectivement Secrétaire national à l’Education du Parti de Gauche et Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la Gauche Républicaine et Sociale – Prométhée). Ils nous livrent leur analyse de la réforme dite de la « mastérisation » un mois et demie après sa mise en oeuvre.

 

ne rentrée en souffrance et périlleuse pour profs et élèves ! Voilà ce que relatent les nombreux témoignages des nouveaux enseignants qui ont pris leur poste au 1er septembre. La faute à la « mastérisation », nouvelle modalité de recrutement et de formation pour le secondaire tracées par les décrets du 28 juillet 2009 et la circulaire du 20 août. Au-delà des conséquences désastreuses vécues au quotidien dans les classes, la « mastérisation » offre un parfait condensé de l’offensive libérale à l’œuvre dans le secteur de l’éducation. Et ce en plusieurs domaines.

D’abord en termes d’économies budgétaires. Le néo-professeur doit désormais assumer sans formation un temps quasiment complet variant autour d’une moyenne de 15 heures selon les académies. Cela permet au gouvernement de supprimer l’équivalent d’environ 8000 postes. Dans le même temps, les stagiaires de première année préparant le concours ont vocation à se substituer aux professeurs titulaires remplaçants pour permettre de nouvelles économies de postes conformément aux injonctions de la révision générale des politiques publiques.
En termes d’attaque contre les statuts des personnels ensuite, par l’organisation d’une précarisation institutionnalisée. La baisse du nombre de postes offerts aux concours alimente l’existence d’un nombre croissant de collés/reçus : collés au concours mais reçus au master. Se constitue de la sorte un vivier de non-fonctionnaires qui pourront être recrutés par les chefs d’établissement sur des statuts précaires, de vacataires ou de contractuels. On devine aisément la pression qui pourra alors s’exercer sur les enseignants titulaires par une mise en concurrence avec des non-titulaires corvéables et fragilisés, afin de leur faire accepter des régressions dont ils étaient jusqu’à présent à l’abri de par leur statut.
En termes de dévalorisation du concours ensuite. L’évolution de la nature des épreuves en témoigne sans conteste : un écrit réduit à une exigence racornie et un oral dominé par une épreuve ressemblant à un entretien d’embauche en vigueur dans le privé, aux antipodes du concours républicain anonyme et égalitaire. C’est aussi la négation de la valeur pérenne de la réussite à un concours, puisqu’un candidat lauréat du concours mais ayant échoué à l’obtention de la deuxième année de master perdra le bénéfice du concours s’il ne parvient pas à rétablir l’équilibre dans l’année qui suit.
En termes de marchandisation également. Après qu’ait été organisée la pénurie en ce qui concerne le contenu de la formation, et alimentée la crainte des nouveaux professeurs en passe d’être jetés dans la fosse aux lions sans autre préavis, voilà que surgissent à brûle pourpoint des stages de prise en main d’une classe, proposés par des entreprises privées, aux tarifs tout sauf modiques s’échelonnant de 600 à 800 euros la semaine !
Enfin en termes de méthode. Elle consiste à orchestrer le dénigrement pour ensuite jeter le bébé avec l’eau du bain. Profitant des débats et critiques sur la formation jusqu’alors dispensée dans les instituts universitaires de formation des maîtres, on en vient à décréter leur quasi destruction. Au contraire, et plus que jamais, l’existence d’une structure renforcée de formation correspond à un besoin impérieux.

 

La suite...

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 12:29

In Sauvons l'Université

 100 0309

Une remise en cause du recrutement national des profs ? - Louise Fessard, Mediapart, 22 octobre 2010

 

Pour lire l’article sur le site de Mediapart

 

Mercredi 20 octobre 2010, à 18 heures à la Bourse du travail de Paris, assemblée générale des enseignants stagiaires nouvelle mouture, mis devant une classe à temps plein et sans formation professionnelle après avoir réussi les concours de juin. La catastrophe était annoncée depuis deux ans par plusieurs syndicats et, un mois et demi après la rentrée, c’est le concours de surenchère parmi les quelque 180 professeurs présents, pour la plupart venus de l’académie de Créteil. L’un dit avoir quatre niveaux différents en collège, donc autant de programmes différents à assimiler et de cours à préparer, plusieurs autres sont dans des établissements difficiles en zone d’éducation prioritaire (ZEP), et un dernier s’attire des « Oh » d’indignation savourée, quand il révèle qu’il fait ses débuts dans une Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) avec des enfants autistes. Les directives ministérielles qui recommandaient d’« éviter, autant que faire se peut, les établissements les plus difficiles », « les postes spécialisés », « l’attribution des classes les plus délicates, de type cours préparatoire ou cours moyen deuxième année » et de privilégier, dans les collèges et lycées, un emploi du temps sur « deux niveaux maximum d’enseignement », ont été largement piétinées dans certaines académies.

Difficile de détailler la situation de ces quelque 15.000 nouveaux enseignants car, faute de cadrage national, elle varie d’une académie à l’autre, d’un département à l’autre et « même d’une circonscription, et d’une école à l’autre dans le primaire », précise Mathieu, professeur des écoles, stagiaire en maternelle. Seule constante : la formation professionnelle, qui représentait autrefois les deux tiers de leur emploi du temps, est passée à moins d’un tiers. Dans les collèges et lycées, la plupart des stagiaires assurent un temps plein et suivent des journées de formation en plus. Dans le primaire, où beaucoup d’académies disposent cette année de trop d’enseignants en raison d’une mauvaise gestion des ressources humaines, l’entrée dans le métier est plus progressive : une journée en classe et quatre journées de formation dans les IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) jusqu’à la Toussaint.

* Lire Aussi o Profs débutants et petit kit de survie : « Le gouvernement nous tire une balle dans le pied » o Le grand bricolage de la masterisation

Mercredi 20 octobre 2010, à 18 heures à la Bourse du travail de Paris, assemblée générale des enseignants stagiaires nouvelle mouture, mis devant une classe à temps plein et sans formation professionnelle après avoir réussi les concours de juin. La catastrophe était annoncée depuis deux ans par plusieurs syndicats et, un mois et demi après la rentrée, c’est le concours de surenchère parmi les quelque 180 professeurs présents, pour la plupart venus de l’académie de Créteil. L’un dit avoir quatre niveaux différents en collège, donc autant de programmes différents à assimiler et de cours à préparer, plusieurs autres sont dans des établissements difficiles en zone d’éducation prioritaire (ZEP), et un dernier s’attire des « Oh » d’indignation savourée, quand il révèle qu’il fait ses débuts dans une Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) avec des enfants autistes. Les directives ministérielles qui recommandaient d’« éviter, autant que faire se peut, les établissements les plus difficiles », « les postes spécialisés », « l’attribution des classes les plus délicates, de type cours préparatoire ou cours moyen deuxième année » et de privilégier, dans les collèges et lycées, un emploi du temps sur « deux niveaux maximum d’enseignement », ont été largement piétinées dans certaines académies.

Difficile de détailler la situation de ces quelque 15.000 nouveaux enseignants car, faute de cadrage national, elle varie d’une académie à l’autre, d’un département à l’autre et « même d’une circonscription, et d’une école à l’autre dans le primaire », précise Mathieu, professeur des écoles, stagiaire en maternelle. Seule constante : la formation professionnelle, qui représentait autrefois les deux tiers de leur emploi du temps, est passée à moins d’un tiers. Dans les collèges et lycées, la plupart des stagiaires assurent un temps plein et suivent des journées de formation en plus. Dans le primaire, où beaucoup d’académies disposent cette année de trop d’enseignants en raison d’une mauvaise gestion des ressources humaines, l’entrée dans le métier est plus progressive : une journée en classe et quatre journées de formation dans les IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) jusqu’à la Toussaint. *

« J’endors mes élèves »

Mais en Seine-Saint-Denis, faute de moyens, 160 débutants ont directement pris en main une classe de primaire à la rentrée. « Mon tuteur est venu une seule fois, deux semaines après la rentrée, pour voir si j’étais encore vivant, raconte un instituteur dans une classe de CE1. Et la seule journée de formation qu’on a eue à Bobigny portait sur la violence à l’école, comme si on n’était là que pour gérer une classe, pas pour enseigner. » La tête dans le guidon, les jeunes enseignants ont conscience de faire des erreurs « sans avoir le recul pour faire autrement ». « Je me suis mis à mettre des élèves au coin ; je me suis aussi aperçu que je les endormais littéralement, je les saoulais », s’exclame le même instituteur. A la Toussaint, il partira en formation et sera remplacé par un ou une autre stagiaire « qui se fera, elle aussi, la main sur la classe ». « C’est pourtant dans les premières années que se construisent les identités professionnelles des étudiants », regrette Claire Pontais, formatrice en EPS et membre du Snep-FSU (syndicat national de l’éducation physique). Et « l’apprentissage de la littération, de la numération, ça ne s’improvise pas », remarque Christian Chevalier, secrétaire général du deuxième syndicat enseignant, le SE-Unsa.

Il y a aussi Mathilde, une Grenobloise qui a atterri à Créteil, l’académie la plus jeune et la plus difficile de France et qui a fait sa rentrée logée à l’auberge de jeunesse, « le pire déménagement de ma vie ». « Je pleure tous le soirs en rentrant tellement je suis stressée par les élèves, lance d’entrée cette professeur d’anglais. Si ma tutrice n’était pas aussi présente, je serai déjà en dépression. Pourtant ça reste le métier de mes rêves, j’ai passé le Capes trois fois avant de l’avoir. »

Derrière le pataquès actuel et le cirque médiatique des stagiaires « jetés dans la fosse aux ours », certaines organisations de l’enseignement supérieur et de l’éducation s’inquiètent d’une éventuelle remise en cause des concours de l’enseignement eux-mêmes. « Au lieu d’en conclure qu’il faudrait mieux former les étudiants, il peut y avoir un discours inverse du type : “Voyez comme ces concours ne servent à rien, puisqu’ils sélectionnent des inaptes !” », craint Jean-Louis Fournel, ex-président de Sauvons l’université (SLU) et professeur d’italien à l’université Paris-8.

* Lire Aussi o Profs débutants et petit kit de survie : « Le gouvernement nous tire une balle dans le pied » o Le grand bricolage de la masterisation

Mercredi 20 octobre 2010, à 18 heures à la Bourse du travail de Paris, assemblée générale des enseignants stagiaires nouvelle mouture, mis devant une classe à temps plein et sans formation professionnelle après avoir réussi les concours de juin. La catastrophe était annoncée depuis deux ans par plusieurs syndicats et, un mois et demi après la rentrée, c’est le concours de surenchère parmi les quelque 180 professeurs présents, pour la plupart venus de l’académie de Créteil. L’un dit avoir quatre niveaux différents en collège, donc autant de programmes différents à assimiler et de cours à préparer, plusieurs autres sont dans des établissements difficiles en zone d’éducation prioritaire (ZEP), et un dernier s’attire des « Oh » d’indignation savourée, quand il révèle qu’il fait ses débuts dans une Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) avec des enfants autistes. Les directives ministérielles qui recommandaient d’« éviter, autant que faire se peut, les établissements les plus difficiles », « les postes spécialisés », « l’attribution des classes les plus délicates, de type cours préparatoire ou cours moyen deuxième année » et de privilégier, dans les collèges et lycées, un emploi du temps sur « deux niveaux maximum d’enseignement », ont été largement piétinées dans certaines académies.

Difficile de détailler la situation de ces quelque 15.000 nouveaux enseignants car, faute de cadrage national, elle varie d’une académie à l’autre, d’un département à l’autre et « même d’une circonscription, et d’une école à l’autre dans le primaire », précise Mathieu, professeur des écoles, stagiaire en maternelle. Seule constante : la formation professionnelle, qui représentait autrefois les deux tiers de leur emploi du temps, est passée à moins d’un tiers. Dans les collèges et lycées, la plupart des stagiaires assurent un temps plein et suivent des journées de formation en plus. Dans le primaire, où beaucoup d’académies disposent cette année de trop d’enseignants en raison d’une mauvaise gestion des ressources humaines, l’entrée dans le métier est plus progressive : une journée en classe et quatre journées de formation dans les IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) jusqu’à la Toussaint. * « J’endors mes élèves »

Mais en Seine-Saint-Denis, faute de moyens, 160 débutants ont directement pris en main une classe de primaire à la rentrée. « Mon tuteur est venu une seule fois, deux semaines après la rentrée, pour voir si j’étais encore vivant, raconte un instituteur dans une classe de CE1. Et la seule journée de formation qu’on a eue à Bobigny portait sur la violence à l’école, comme si on n’était là que pour gérer une classe, pas pour enseigner. » La tête dans le guidon, les jeunes enseignants ont conscience de faire des erreurs « sans avoir le recul pour faire autrement ». « Je me suis mis à mettre des élèves au coin ; je me suis aussi aperçu que je les endormais littéralement, je les saoulais », s’exclame le même instituteur. A la Toussaint, il partira en formation et sera remplacé par un ou une autre stagiaire « qui se fera, elle aussi, la main sur la classe ». « C’est pourtant dans les premières années que se construisent les identités professionnelles des étudiants », regrette Claire Pontais, formatrice en EPS et membre du Snep-FSU (syndicat national de l’éducation physique). Et « l’apprentissage de la littération, de la numération, ça ne s’improvise pas », remarque Christian Chevalier, secrétaire général du deuxième syndicat enseignant, le SE-Unsa.

Il y a aussi Mathilde, une Grenobloise qui a atterri à Créteil, l’académie la plus jeune et la plus difficile de France et qui a fait sa rentrée logée à l’auberge de jeunesse, « le pire déménagement de ma vie ». « Je pleure tous le soirs en rentrant tellement je suis stressée par les élèves, lance d’entrée cette professeur d’anglais. Si ma tutrice n’était pas aussi présente, je serai déjà en dépression. Pourtant ça reste le métier de mes rêves, j’ai passé le Capes trois fois avant de l’avoir. »

Derrière le pataquès actuel et le cirque médiatique des stagiaires « jetés dans la fosse aux ours », certaines organisations de l’enseignement supérieur et de l’éducation s’inquiètent d’une éventuelle remise en cause des concours de l’enseignement eux-mêmes. « Au lieu d’en conclure qu’il faudrait mieux former les étudiants, il peut y avoir un discours inverse du type : “Voyez comme ces concours ne servent à rien, puisqu’ils sélectionnent des inaptes !” », craint Jean-Louis Fournel, ex-président de Sauvons l’université (SLU) et professeur d’italien à l’université Paris-8.

Moins de candidats aux concours de l’enseignement

Effet ou non de la confusion liée à la masterisation, La Croix signalait dès début septembre que les inscriptions aux concours de l’enseignement ont nettement chuté cette année et que les masters créés par les universités pour préparer à ce métier n’ont pas fait le plein. « Le nombre de candidats aux concours externes est, pour 2011, de 55.202 dans le premier degré, contre 96.714 en 2010, et de 65.000 dans le second degré, contre 86.500 en 2010 », détaille dans La Croix, la directrice des ressources humaines de l’éducation nationale, Josette Théophile.

Un manque de vocations tel, que dans l’académie de Créteil, les étudiants étaient moitié moins que l’an dernier à plancher sur les épreuves écrites du concours de professeurs des écoles fin septembre, et que 80% d’entre eux devraient donc être admissibles. « Nous sommes dans une situation paradoxale : on a élevé le niveau avec la mastérisation, mais les écrits du concours n’auront jamais été aussi peu sélectifs », commente, sur éducpros.fr, Jean-Louis Auduc, directeur adjoint de l’IUFM de Créteil.

Un nombre de postes ouverts aux concours en chute libre, des masters enseignement décriés, bricolés pour cumuler à la fois initiation à la recherche, réalisation d’un mémoire, préparation des concours et stages, un allongement des études à Bac+5 minimum qui a pu décourager les étudiants des classes défavorisées : autant d’hypothèses pour expliquer la moindre attractivité du métier d’enseignant. « Les étudiants savent très bien que c’est infaisable de cumuler préparation des concours, stages et mémoires, et que les masters enseignement sont de moindre qualité : ils votent avec leurs pieds », estime Marie-Albane de Suremain, formatrice en histoire contemporaine à l’IUFM de Créteil-Université Paris-12.

Quitte, pour les plus motivés et les plus à l’aise financièrement, à préparer un master 2 classique avant de consacrer une sixième année à la préparation aux concours. Malgré les bourses mises en place par les rectorats, c’est la mixité sociale du corps enseignant qui risque d’en prendre un coup. « Si, à terme, il n’y a plus que des enfants de cadre et de la petite bourgeoisie qui peuvent devenir enseignants, le choc social dans les classes va être rude », prévoit Christian Chevalier.

« C’est Sarkozy qui a imposé la masterisation »

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 07:32

In Canard Enchaîné 19/10/2010

 

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 22:26

In Sauvons l'Université

15-10-2010 18-26-53

1) Impressions d’ambiance

La grande salle de la Bourse du travail était pleine aux deux tiers (environ 200 personnes au plus haut niveau de participation) et il n’y avait quasiment que des stagiaires (plus un représentant par syndicat « accompagnant » l’opération et là pour recadrer et intervenir à la fin du débat. Les présents étaient attentifs et clairement mobilisés (plus d’une centaine d’entre eux sont restés jusqu’au bout). L’AG a été divisée en trois moments : débat général et témoignages / débat sur les actions possibles / vote sur les positions, propositions et actions.

 

D’après la présentation d’ensemble, la grande majorité de l’AG vient de l’académie de Créteil et la majorité du second degré (même si le premier degré est aussi clairement présent dans la salle).

 

2) Témoignages et débat général

Les témoignages sont accablants sur la situation : plus d’une dizaine de présent-e-s n’ont pas encore vu de tuteur au bout d’un mois et demi ; la majorité n’en ont vu un qu’au bout d’une dizaine de jours, l’ont vu une ou deux fois et ne l’ont pas revu ; un stagiaire déclare que leur seule journée de formation a concerné « la violence en classe » comme si c’était la seule chose qui comptait.

 

La question du turn-over est soulignée par plusieurs stagiaires en rappelant qu’au mieux les élèves concernés auront devant eux trois enseignants, au pire cinq ou six ! Par ailleurs, les remplacements sont parfois très originaux : une jeune collègue d’EPS sera remplacée par un jeune collègue de Physique ; une autre collègue de SVT le sera par un collègue de Physique encore – visiblement les rectorats ont un surcroît de professeurs de physique disponibles - ; une collègue du premier degré a confirmé que les collègues du premier degré avaient été contactés pour leur demander s’ils seraient volontaires pour intervenir comme remplaçants dans le second degré.

Dans le débat et les interventions il est très clair que les stagiaires bénéficient souvent de la solidarité de leurs collègues titulaires, sont conscients de la pression de la hiérarchie et de l’explosion des différences dans les conditions d’exercice du métier. Ils en appellent à une organisation de tous les stagiaires partout.

 

Les revendications touchent principalement :

- la diminution du nombre d’heures en responsabilité
- le refus d’avoir des classes d’examen (dans le secondaire) ou des classes comme le CP les doubles niveaux ou le CM2 (pour le primaire)
- la revendication d’une formation
- le caractère national de la qualification et des conditions d’exercice du métier
- le lien avec l’université pour la formation
- le refus et la demande de l’abrogation de la mastérisation (nombre de présents insistent pour que leurs revendications dépassent l’aménagement de leur situation actuelle)

 

Dans les propositions d’action on note des demandes d’appel national aux stagiaires (comprenant l’appel à un refus de la mastérisation), des appels à la grève à la rentrée après les vacances de la Toussaint, des demandes de soutien en direction des parents d’élèves.

 

À la fin du débat interviennent tour à tour tous les syndicats (SNES, SGEN, FO, CGT, SUD, CNT) (curieusement je n’ai pas noté d’intervention du SE-UNSA) : tous les syndicats insistent sur le fait qu’ils ont toujours été opposés à cette réforme ( ?!) et qu’il faut tenter de clarifier les revendications (le SNES a appelé à distinguer entre les sujets importants et les autres : il faut privilégier selon le SNES la demande de formation, l’attention aux conditions de titularisation, le refus d’un tutorat qui relève de la pure transmission de consignes hiérarchiques, la diminution du nombre d’heure en responsabilité ; le SNES demande expressément que l’on ne parle pas de « mastérisation » - qui n’est pas une mauvaise chose ... – mais de « réforme de la formation » ; FO en a appelé à un retour au recrutement à bac + 3 ; le SNEP a souligné que tous les syndicat avaient toujours été contre la mastérisation).

Il est à remarquer que les seuls à évoquer parfois le nom de l’IUFM sont les stagiaires et jamais les syndicats.

 

3) Votes

À la fin de l’AG quatre votes clairs donnent une majorité écrasante (entre 75 et 95 pour sur 120 votants environ)

a) réduction des horaires en responsabilité : un tiers de temps en responsabilité la première année (celle de fonctionnaire stagiaire) ; une deuxième année après la titularisation avec un horaire encore réduit

b) nécessité d’un accompagnement pédagogique des lauréats aux concours par des conseillers pédagogiques présents et chargés d’autre chose que la simple répercussion des obligations réglementaires

c) indispensable égalité de traitement devant les conditions de la titularisation quelles que soient les disciplines et les fonctions

d) demande d’abrogation de tous les règlements instaurant la « mastérisation » (une ultime tentative pour remplacer le mot par « réforme de la formation » a échoué)

e) Dans le cadre des actions il est décidé

- de lancer un appel national aux stagiaires comportant les revendications précédentes y compris la demande de l’abrogation de la mastérisation) demandant la réunion partout d’AG de stagiaires (l’appel sera mis en ligne dès sa réception)
- d’appeler à un rassemblement de toute la profession devant le MEN le mercredi 17 novembre
- de convoquer une nouvelle AG inter-académique à la rentrée de novembre

NB : un vote sur le lancement d’une grève n’a pas obtenu de résultats très clair ; un vote a été expressément organisé sur le maintien ou non dans le texte d’appel à « l’abrogation de la mastérisation » (seul 5 voix favorables au retrait de l’abrogation de la mastérisation)

 

Jean-Louis Fournel pour SLU

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 07:24

In Fabula

 

100 0321Des échanges sur des forums ou sur des listes de messagerie témoignent de la colère croissante des "stagiaires" de l'Éducation Nationale, ces nouveaux titulaires des concours de recrutement désormais envoyés dans les classes sans formation aucune. En faisant travailler les débutants à plein temps - 18 heures de cours par semaine au lieu de six heures -, le gouvernement compense (mal) la saignée des suppression de postes (et ce n'est pas terminé...). Les médias se font parfois l'écho du désarroi ou de la colère des stagiaires (voir en particulier le dossier que le portail de France Inter consacre à la question). Un site a été mis en place pour permettre aux stagiaires impossibles de donner corps à leur légitime mécontentement.

 

Quelques nouvelles récentes:

Sur SLU: Compte rendu de l'AG de stagiaires des premier et second degrés organisée par "Stagiaires impossibles" mercredi 20 octobre 2010 à la Bourse du travail de Paris de 17h à 19h30. Par Jean-Louis Fournel pour SLU.

PUISSANTE MOBILISATION DES PROFESSEURS DES ECOLES STAGIAIRES (P.E.S) A L'IUFM DE LIVRY

Les formateurs de l'I.U.F.M. ont proposé aux P.E.S d'écourter leurs cours du matin pour se réunir en assemblée générale afin d'évoquer leur situation. L'A.G s'est tenue dans un amphi plein à craquer (environ 140 personnes). Les P.E.S ont dans un premier temps dénoncé les mauvaises conditions d'accueil qui leur étaient parfois réservées dans les écoles. Le débat a ensuite consisté à analyser leur situation et à en désigner les vrais responsables : les nouveaux recrutés se retrouvent sans formation face aux élèves car le gouvernement a détruit la formation des enseignants.
Les P.E.S ont décidé de prolonger cette A.G l'après midi afin d'envisager des modalités d'action. Plus de 160 d'entre eux y ont participé !
Ils ont rédigé un cahier de doléance qui sera porté à l'inspection académique. Les convergences avec les parents d'élèves, les maîtres formateurs et les syndicats enseignants seront recherchées.

 

Mardi 19 octobre, journée dense pour le Collectif de l'IUFM de Grenoble
1/ Présence bruyante et déterminée de l'IUFM dans la Manif. Comme à chaque fois, les anciens rejoignent le Collectif et apprennent aux nouveaux la chanson « ENSEIGNANT-VENTREBLEU » (la vidéo est accessible sur demande).

2/ AG à 14h30 où ont été discutés les points suivants :

a) La caisse de solidarité : mise en fonctionnement depuis un mois, elle a permis d'éviter que les retraits sur salaire n'entravent le droit de grève.

b) La compétence C1 « Agir en fonctionnaire de l'Etat de façon éthique et responsable » : suite à la démission du jury d'agrégation de philosophie et sachant que cette C1 fait aujourd'hui partie de tous les oraux de concours, il a été décidé de rédiger un argumentaire destiné à la profession, aux jurys de concours et plus largement à la communauté universitaire. Il a également été proposé par les syndicats présents de diffuser largement une note informative sur les droits et devoirs des enseignants fonctionnaires d'Etat.

c) L'AG s'est ensuite délocalisée vers l'amphithéâtre de l'IUFM afin de débrayer un cours magistral prévu pour les fonctionnaires stagiaires du premier degré (en ce moment dans les locaux de l'IUFM pour quelques semaines) : une centaine de fonctionnaires stagiaires ont pu faire part des difficultés vécues depuis leur prise de fonction, tant sur le plan pédagogique que sur le plan institutionnel (conditions de titularisation peu claires, peur de se mettre en grève, …). Ils déplorent le manque de formation tout court et l'inadéquation entre le peu de formation commanditée par l'Inspection à l'IUFM, et leurs besoins pressants (aussi bien de prise de recul théorique que d'outils pratiques). Ils décident alors sur le champ de s'organiser en AG des professeurs de écoles stagiaires afin de faire remonter à l'Inspection la lettre ci-dessous, votée à l'unanimité, qu'ils demandent au Collectif de diffuser (en plus de sa diffusion sur la liste nationale des professeurs des écoles stagiaires : pes-primaire@precarite.org).


19/10/2010 A Grenoble, 80 personnes présentes

 

AG de Professeurs des Ecoles Stagiaires

Objet : demandes à l'intention de Madame l'Inspectrice d'Académie.


Après avoir fait le constat d'une entrée dans le métier difficile, les PE Stagiaires de l'Isère réunis en assemblée générale, demandent à l'unanimité :

  • Une formation supplémentaire en cours d'année adaptée à nos besoins spécifiques de terrain.
  • La mise en place d'un temps de décharge hebdomadaire, avec une personne ressource, consacré à la préparation et à la formation.
  • Des conditions de validation transparentes.
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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 18:28

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 07:21

 

In affordance.info

 

Elle s'appelle Laurence. Comme 16 000 autres enseignants, elle est la génération "master". Elle s'est retrouvée en septembre devant une classe pour faire cours. Et elle n'y est pas arrivé. On ne le lui avait tout simplement pas appris. Depuis elle est sous anxiolytiques. Des histoires comme celle de Laurence, des histoires de jeunes profs en dépression après quelques semaines d'enseignement, il y en avait déjà plein, bien avant la réforme de la masterisation. Et puis, il n'y a pas que des Laurence dans la vie. Il y a aussi des Claire, Claire qui n'est pas tombée dans un lycée difficile, qui n'est pas en face d'enfants difficiles, qui, pour différentes raisons, a peut être plus de facilités que Laurence avec la gestion d'un groupe, avec la discipline, avec le rapport aux autres. Bien sûr qu'enseigner est un métier qui s'apprend. Mais l'on sait également que chacun fera des choses différentes de l'enseignement reçu, en fonction de ses capacités personnelles, de son milieu social et culturel, des classes et des élèves en face desquels il finira par se retrouver. Oui mais voilà.

 

Laurence a reçu une lettre. Une lettre de l'inspecteur d'académie. Dans sa lettre l'inspecteur lui écrit : "Laurence, si vous ne vous sentez pas capable de faire ce métier, il faut démissionner." C'est vrai quoi, les places sont chères, et il y a sûrement plein de Claire qui attendent un poste. Dans sa lettre l'inspecteur lui écrit aussi : "Laurence, les elèves ont le droit d'avoir devant eux des enseignants compétents". C'est vrai quoi, surtout quand il s'agit d'élèves difficiles.

 

Oui mais voilà. Laurence, elle avait envie et tout aussi certainement besoin de faire ce métier. Apprendre le programme d'histoire ou de mathématiques ou de français, ça Laurence y est très bien arrivée. C'est une partie du métier qu'elle avait choisi. Mais apprendre comment on fait passer un programme d'histoire, de mathématiques ou de français à une classe de 32 élèves de 13 ou 14 ans, ça, on ne le lui apprend plus à Laurence. On la met devant les élèves, on lui colle un "tuteur" enseignant  - qui n'est souvent même pas dans le même lycée ou collège qu'elle - et on lui dit débrouille-toi Laurence.

 

 

 

Messieurs.

 

--Monsieur l'inspecteur d'académie dont je ne connais pas le nom,
--Monsieur Luc Châtel, ministre du management national et de l'éradication nationale des psychologues scolaires**,
--Monsieur Xavier Darcos, ancien ministre de l'éradication nationale de la formation des enseignants,

 

Vous avez tous les trois des métiers qui doivent certains jours vous paraître aussi difficiles que celui de Laurence. J'ignore si vous êtes ou si vous avez été sous anxiolytique. Que vous portiez tous les trois l'écrasante responsabilité de l'effondrement programmé d'un système, celui de l'instruction publique, passe encore. Que vous ou votre mentor, vous réclamiez régulièrement de l'héritage de Jaurès ou de Jules Ferry, passe encore. Vous pouvez "jouir pleinement de la supériorité reconnue que les chiens vivants ont sur les lions morts" (Jean-Paul Sartre). Après tout, vous êtes nommés ministres ou inspecteur, vous êtes convaincus que le secteur privé peut assurer des missions qui incombaient jusqu'ici aux services publics, dans l'éducation comme ailleurs, et vous mettez en oeuvre le programme permettant de faire aboutir vos idées. Donc acte. "C'est le jeu". Mais la lettre que vous venez tous les trois d'envoyer à Laurence signe la fin de la partie.

 

Avec cette lettre cesse le jeu et commence l'indéfendable. Supprimer la formation des maîtres, placer ces nouveaux maîtres "dans des classes", attendre que certains d'entre eux s'effondrent, et leur signifier par courier hiérarchique que "les élèves ont le droit d'avoir devant eux des enseignants compétents" et que le cas échéant ils feraient mieux "de démissionner", est une stratégie managériale ayant effectivement déjà fait ses preuves, et dont l'avantage est de révéler à ceux qui l'ignoreraient encore l'étymologie du mot "cynisme". Comme des chiens. Vous avez, "messieurs qu'on nomme grands", merveilleusement contribué à l'enrichissement de l'horizon sémantique du cynisme : ce qui était au départ le seul mépris des convenances sociales, désignera désormais également le total et absolu mépris de l'humain.

 

Un nouveau cynisme dont l'alpha et l'oméga est constitué de la seule doctrine managériale. Une machinerie implacable, chez France Télécom comme dans l'éducation nationale désormais, qui fabrique des Laurence dans le seul but de les broyer, pour s'économiser l'annonce d'un énième plan social, pour accélérer encore un peu le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

 

Vous avez, messieurs, parfaitement raison sur un point : les élèves ont le droit d'avoir devant eux des enseignants compétents. Mais vous avez patiemment, minutieusement, laborieusement transformé l'école de la république en un immense tube digestif. Une machine à bouffer de l'humain.

 

D'un tube digestif il ne peut sortir que de la merde. C'est pas du management, c'est de la biologie. 

 

J'ai souvenir d'une école de la république d'où sortaient des citoyens.

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 09:04

In Café Pédagogique

 

 

Les stagiaires chair à canon de l'éducation nationale ? Le Sgen dénonce les dégâts générés par le manque de formation des enseignants stagiaires. Qu'en sait-on en vérité ?

 

100_0309.JPG"Les témoignages se multiplient de débutants épuisés, à peine quatre semaines après la rentrée, découragés et songeant à démissionner, de tuteurs consternés par l'impossibilité dans laquelle ils se trouvent de leur venir vraiment en aide", écrit le Sgen Cfdt. "Seuls certains recteurs ou membres des corps d'inspection reconnaissent à demi mot que les nouveaux dispositifs d'entrée dans le métier ne sont absolument pas satisfaisants". Le syndicat "dénonce sans relâche… la catastrophe qui se prépare". Il estime que "les stagiaires ne méritent pas un tel mépris de la part d'un gouvernement qui partage la lourde responsabilité d'avoir voulu ou permis cette catastrophe, avec tous les tenants de la seule formation disciplinaire avant le concours", cette dernière phrase désignant peut-être le syndicat majoritaire.

 

Qu'en sait-on ? De source syndicale, dès la première semaine de septembre, on notait de premières démissions dans des établissements zep en Picardie. On en compterait actuellement une trentaine dans l'académie réputée la plus difficile de France. Selon un directeur d'IUFM, l'intégration des stagiaires se passerait  correctement dans le primaire et au lycée. "La vraie question c'est le collège", nous indique-t-il. "Les stagiaires ne sont pas préparés à la situation des élèves de 6ème ou de 5ème des collèges zep". Or ils sont laissés à eux-mêmes faute de tuteurs dans ces collèges. Dans le secondaire, la majorité des tuteurs sont en lycée, ils ne peuvent donc suivre et conseiller efficacement les stagiaires. "Au bout du compte on a beaucoup de démissions ou de maladies longue durée… La crise de la formation est totalement cohérente avec ce qui a été écrit sur le collège "maillon faible" du système éducatif. C'est là que les besoins de formateurs sont les plus importants", conclue-t-il.

 

Le Sgen Cfdt rappelle qu'il " organise dans toutes les académies l'accueil et l'accompagnement des stagiaires" et qu"il y a " urgence, il est temps d'arrêter le massacre !"

 

La suite...

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 19:18

In Marianne2

Wikimediascommons - Michelle Collins - ccCinq semaines après le début de cours, qu'est-il advenu de ces stagiaires fraichement diplômés qu'on a jeté dans la fosse aux lions. Comprendre une classe d'élèves à temps plein. Bah !? by CC nous dresse un constat pas brillant… et prévisible.

 

Ce matin, à 7H15, sur France Inter, un reportage de 4 minutes mettait en lumière le sort des stagiaires de l'Éducation Nationale.

Souvenez-vous : en début d'année, on avait parlé de ces petits nouveaux, tout juste en possession du CAPES qui furent balancés à plein temps devant des élèves sans une quelconque formation, sans même quelques mise en garde et parfois, sans tuteur.

Depuis, 5 semaines de cours sont passées.

Ce matin, donc, 4 minutes ont remis le sujet sur le tapis.

Des interviews de jeunes profs viennent confirmer que ce n'est pas l'idéal : l'une d'entre elle communique avec une « tutrice » qui est dans un autre établissement et se débrouille donc toute seule. L'autre est en arrêt. Elle a craqué, après avoir beaucoup pleuré dans la salle des profs, après s'être trouvé face à deux classes très difficile, sans ressource et sans soutien.

Elle a demandé de l'aide et elle a vite compris que c'était « marche ou crève ».

Le comble : l'IPR lui a écrit une bafouille pour lui dire qu'il vaudrait mieux qu'elle démissionne.

On ne sait pas si ce type travaillait auparavant chez France Télécom. Mais quand on vient de passer un CAPES exigeant où le nombre de places est très réduit (mais pas le nombre de candidats), lorsqu'on est jeté dans la fosse aux lions sans même une réunion de pré-rentrée pour donner les premières armes et les premiers conseils, sans aucun suivi, on n'a pas tellement envie de s'entendre dire qu'on est seul responsable du bordel de ses classes.


 
C'est pousse-au-suicide, si je puis dire.

Ce petit reportage a réveillé les députés PS qui ont posé des questions, cet après-midi au gouvernement : le cas de la personne interviewée ce matin est même évoqué. (Voir la vidéo, à 18 minutes, pour la première question, à 51 minutes 30 pour l'évocation du témoignage)

Et ce soir, Le Monde fait un appel à témoignages.

Pourtant, cela fait quelques mois que les syndicats tirent la sonnette d'alarme, sur le sort des nouveaux « stagiaires » (qu'on ne peut pas appeler comme cela, si l'on veut faire preuve d'honnêteté intellectuelle...)

Mais Luc Chatel s'enferre, répondant toujours la même chose : le budget à peu près constant de l'éducation nationale et les tuteurs.

Mais les suppressions de postes sont bien là. Où passe dont l'argent du budget ? Pas dans des augmentations de salaire, puisqu'ils sont encore gelés (on a même appris que ce serait le cas pour les années à venir)...Non. L'argent passe sans doute dans l'emploi de personnel non titulaire, de vacataires et de contractuels, pour boucher les trous en urgence, après la rentrée, quand on se rend compte des dégâts. Je vous ai déjà dit que dans mon tout petit collège, il nous manquait trois profs à la rentrée: en allemand, en anglais et en maths.

Quant aux tuteurs, ils existent depuis très longtemps et ce n'est pas Chatel qui les a inventé. Cependant, devant l'horreur de la réforme, beaucoup de tuteur ont refusé d'assumer cette tâche. Remplacer une équipe de formateur, des cours de formation...ce n'était pas le deal de départ, surtout pour la petite prime minable qu'on octroie aux tuteurs...

La stratégie est sans doute celle de la dissuasion du plus grand nombre : pousser les gens à la démission pour faire encore des économies qui n'en sont pas, puisqu'il faut bien trouver des remplaçants quand même, et créer encore plus de précarité...Vive le libéralisme !
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