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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 06:41
 Communiqué Syndicat National des Personnels d'Inspection membre de la FSU


Des témoignages nous parviennent de toute la France faisant état de pressions directes ou indirectes des IA-DSDEN sur les IEN CCPD pour gonfler les statistiques des remontées des évaluations CM2. La plupart des instructions données l’ont été oralement, mais certaines instructions écrites nous sont parvenues et confirment les alertes qui nous ont été lancées.


Ces instructions consistent à demander aux IEN CCPD de transformer les fichiers des résultats renseignés par les directeurs d’école, notamment ceux qui ont intégré un code 2 validant des compétences partielles, ou bien à transformer les codes A en 0 ou en 1 pour faire remonter les scores.


Le SNPI-fsu appelle les inspecteurs à ne pas compromettre leur indispensable légitimité professionnelle au sein de leur circonscription, ainsi que la valeur de leur expertise institutionnelle nationale dans des opérations de manipulation des informations qu’ils ont à valider et à transmettre.


Ce genre de pratique déroge à l’évidence à la déontologie la plus élémentaire. Elle met à mal la neutralité du service public et la confiance des citoyens envers la fonction publique. Dans certains cas, les instructions délivrées par les IA-DSDEN s’apparentent à une demande de production de faux en écriture publique dénoncée par le Code de procédure publique et le Code pénal. Dans d’autres cas, les instructions sont accompagnées de menaces sur la carrière, voire sur la réussite au prochain oral d’un concours national de recrutement. Là encore, ce genre de pratique est dénoncée par la morale et les lois et il est susceptible de poursuites judiciaires.


Dans la plupart des cas qui nous ont été communiqués, la même légitimation de l’opération revient, comme l’expression d’une manipulation grossière : « l’académie (ou le département, selon les cas) est classée dernière dans la remontée des résultats des évaluations ; il faut absolument atteindre le niveau national, sinon les sanctions vont tomber (sous-entendu pour le recteur, l’IA-DSDEN, voire les IEN CCPD) ». Stupéfiante course à l’échalote !


Cette information doit être croisée avec les témoignages de plus en plus nombreux qui nous parviennent sur la gestion autoritaire et ouvertement menaçante par le ministère et l’administration centrale à l’encontre des recteurs et des IA-DSDEN. Le limogeage spectaculaire de l’IA-DSDEN du Rhône a été à cet égard l’élément de trop dans cette gestion archaïque, irrespectueuse et contraire aux valeurs de notre république et de la démocratie. Désormais, tous les IA-DSDEN craignent de se voir renvoyés à tout moment. Une rumeur, plus ou moins fondée, nous est très récemment parvenue faisant état d’une « prochaine charrette » (sic). Dès lors, on ne peut s’étonner que certains IA-DSDEN perdent leur sang-froid et se livrent à des pratiques inadmissibles.


Tout cela est le fruit d’une politique éducative inspirée par le culte absurde du résultat avec des chiffres manipulés, par l’autoritarisme et la personnalisation dans la gestion de la fonction publique, une politique qui vise à l’atomisation du service public national dont les relais territoriaux sont mis en concurrence sur le modèle des entreprises privées à but lucratif.


Le SNPI-fsu soutiendra avec force tous les IEN CCPD qui défendront la dignité de leur fonction et celle du service public en refusant de se conformer à des instructions manifestement illégales et de nature à compromettre gravement un intérêt public. De même, conformément à ses statuts, il soutiendra tous les IA-DSDEN qui se verraient menacés ou sanctionnés pour avoir défendu avec courage et lucidité les valeurs du service public.

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 19:09

La remontée des évaluations CM2 qui devait être finalisée fin janvier semble avoir rencontré de nombreuses difficultés sur l'Académie de Versailles à en croire ces différents Messages du Rectorat.

8/01
Suite à un incident technique majeur sur le standard téléphonique du Rectorat, l’accès à plate-forme d’appels  BAIA est perturbé. Je vous invite à formuler vos demandes d'assistance sur le Portail d’Assistance Informatique (P.A.I) accessible à partir du site SWAPI

9/01
Suite à un incident technique majeur sur le standard téléphonique du Rectorat annoncé hier, l’accès à la plate-forme d’appels  BAIA est de nouveau accessible. Toutefois   la réception des appels restent aléatoires et la communication avec les conseillers est de piètre qualité.
Pour pallier ces difficultés et assurer la continuité de service, je vous rappelle que les conseillers prennent en charge très rapidement toutes les demandes formulées à partir du Portail d’Assistance Informatique (P.A.I) accessible à partir du site SWAPI


9/02
Compte tenu des difficultés en cours notamment sur les accès à l’application EVALUATION, je  vous informe que la date limite de remontée des résultats de l'évaluation CM2 est de nouveau reportée.
  La date limite a été portée au 14 février 2009.

12/02
Certaines écoles n’ont à ce jour pas encore effectué  la remontée de leurs  évaluations. Je vous demande de bien vouloir faire connaître vos éventuelles difficultés techniques afin d’étudier au cas par cas les problématiques d’accès à l’application EVALUATION soit :
Par formulaire en ligne sur le Portail d’Assistance Informatique (P.A.I.) accessible à partir e SWAPI
Je vous rappelle que la date  limite des remontées a été portée au 14 février 2009.


27/02
Je vous informe que la remontée des évaluations à de nouveau été reportée. La date a été fixée au :
14 Mars 2009 au soir

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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 13:38


Lors de l'audience au Ministre de l'Education nationale, nous avons abordé la question des menaces de service non fait au sujet des consignes unitaires,

Le ministre nous a indiqué qu'il n'y aurait pas de sanctions vis-à-vis des collègues qui n'utilisent pas le logiciel fourni par l'administration.

Cette information qui s'ajoute à l'absence de validation, par la CNIL du fichier de saisies des données permet aux enseignants et aux directeurs de résister aux pressions qu'exercent certains IA.

LE SNUipp National.

Si vous subissiez des pressions n'hésitez pas à contacter la section 44

Le lien

SNUIPP/FSU 44
8, place de la Gare de l'Etat
Case postale n°8
44276 Nantes cedex 2
Tel : 02.40.35.96.63
Fax : 02.40.35.96.64
Courriel : snu44@snuipp.fr

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 18:40

Source Snuipp Paris
http://75.snuipp.fr


Le ministère a déposé un dossier à la CNIL concernant la validité de l'anonymisation du fichier permettant la remontée des résultats des évaluations CM2.

« Après avoir vérifié qu'un dossier de déclaration est complet, la CNIL délivre un récépissé de déclaration : c'est le FEU VERT pour la mise en oeuvre d'un fichier ou d'un traitement de données personnelles. » Extrait du Guide pratique « Déclarer à la CNIL ».
 
La CNIL nous a confirmé que le récépissé nécessaire à la mise en œuvre d'un fichier ou d'un traitement n'a toujours pas été retourné au ministère, en raison de la sensibilité du dossier.
 
Jusqu'à réception de cette attestation, les fichiers ne doivent donc pas être transmis.

Au niveau national le SNUipp s'est adressé dans ce sens au Ministre tout en lui rappelant les consignes unitaires de non utilisation du logiciel ministériel de transmission et de ne transmettre que les résultats anonymés des exercices effectivement passés ;
vous trouverez copie de la lettre en pièce jointe.

Au niveau parisien le SNUipp s'adresse à l'IA dans le même sens notamment lors de la CAPD de demain matin.

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 06:42
In Le blog des Parents Ecole Bénézet



Note de l'Inspecteur d'Académie de la Haute-Garonne

"Mesdames et Messieurs les IEN,


La remontée des résultats des évaluations CM2 ne s'opère pas selon les attendus.

Nous constatons et certains d'entre vous s'en sont fait l'écho, des écoles qui n'auraient pas encore inscrit leurs effectifs, des écoles qui n'auraient pas enregistré leurs résultats.

La date limite a été retardée au 7 février 2009 pour plusieurs raisons:

1- Il subsiste des problèmes techniques pour accéder à l'application. Dans cette situation, il convient que le directeur d'école contacte l'animateur informatique de proximité, voire le CDTI (notamment pour les intérim de direction).

2- Les parents font obstacle par un moyen ou un autre. Il convient que le directeur d'école, à défaut l'inspecteur de circonscription dépose une plainte auprès de la gendarmerie ou du commissariat de police pour obstruction au fonctionnement du service public et détournement de bien public.

3- Les enseignants et ou les directeurs refusent d'enregister les résultats. Il convient que l'inspecteur de circonscription les rappelle à leur devoir de fonctionnaire, si cela demeure sans effet, vous leur demanderez une déclaration individuelle en leur indiquant qu'ils sont passibles de sanction pour service non fait.

Vous voudrez bien m'indiquer par retour le nom des directeurs d'écoles qui persistent à refuser d'enregistrer les résultats,ainsi que leur lieu d'exercice, ils seront convoqués individuellement à l'inspection académique."

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 07:28



Les conseillers pédagogiques, le 26 janvier 2009


à M. L’Inspecteur d’Académie

OBJET : évaluations CM2.


Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

Les conseillers pédagogiques de la Loire, ayant pris connaissance du nouveau dispositif d’évaluation nationale des élèves de CM2 tiennent, sans remettre en cause la pertinence d’évaluations nationales, à faire part de l’analyse qu’ils font de celles-ci :

o Ils pensent que ces évaluations sommatives, placées en milieu d’année scolaire mais portant sur l’ensemble du nouveau programme 2008, mettront des élèves en échec par le simple fait que certaines notions n’ont pas encore été abordées en classe. En outre, cet aspect remet en cause le principe de liberté pédagogique affirmé dans les programmes.

o Ils estiment que par les exercices difficiles et les pièges qu’elles comportent, ces évaluations déstabilisent bon nombre d’élèves, leur donnent une mauvaise image de leurs compétences réelles et les découragent. Le temps imparti à certaines épreuves est trop court.

o Ils critiquent le système binaire (0 ou 1) de notation qui renforce le côté élitiste et injuste de ces évaluations et nuit à l’exploitation pédagogique que pourraient en faire les enseignants. De plus, certains exercices ne ciblent pas les compétences annoncées.

o Ils dénoncent un système inéquitable du fait que certains enfants ont pu anticiper sur ces épreuves grâce à l’accès internet et déplorent les inégalités ainsi créées : il est certain que des parents, en toute bonne foi et pour aider leur enfant, auront utilisé cet accès largement médiatisé.

o Ils craignent que les résultats préoccupants qu’elles risquent d’engendrer n’inquiètent les parents, et n’aboutissent à des comparaisons entre établissements dans un contexte d’assouplissement de la carte scolaire. En bref, ces évaluations pourraient contribuer à jeter le discrédit sur l’École et ses enseignants.

o Ils pensent que ces évaluations des élèves de CM2 ne répondent pas à l’objectif de toute évaluation formative : apporter des informations sûres, adaptées et utiles à l’élève et à ses parents, au maître ainsi qu’à l’institution. Cette rupture brutale avec la culture des évaluations diagnostiques institutionnelles représente un recul dommageable.

Pour toutes ces raisons, les conseillers pédagogiques de la Loire :
o soutiennent les équipes qui ont refusé de soumettre partiellement ou totalement leurs élèves à ces évaluations plus destructrices qu’objectives et /ou refusent de faire remonter les résultats.

o ne s’impliqueront ni dans les traitements, ni dans une éventuelle exploitation pédagogique de ces évaluations.

Les conseillers pédagogiques de la Loire :

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 17:18



Les conseillers pédagogiques de l’Ain

Les conseillers TICE de l’Ain

Les chargés de missions départementaux

 

                                                                       A

 

Monsieur l’Inspecteur d’Académie

Directeur des services départementaux de l’Education Nationale

 

Lundi 26 janvier 2009

 

 

 

Les conseillers pédagogiques, conseillers TICE  et chargés de missions départementaux  de l’Ain réaffirment leur attachement à la culture de l’évaluation en tant qu’outil d’aide aux apprentissages.

 

Néanmoins, après étude des livrets d’évaluations CM2 de 2009 (exercices, modalités de passation et codes de corrections), nous constatons que l’exploitation pédagogique dans le protocole proposé et avec les outils mis à disposition est impossible pour les raisons suivantes :

-        Les évaluations font référence aux programmes 2008 alors que les élèves ont travaillé les compétences des programmes 2002

-        Certains items font référence à des compétences qui n’ont pas été abordées à ce moment de l’année

-        Certains items montrent un niveau de difficulté trop élevé

-        Certains temps de passation sont trop courts

-        Les modalités de correction ne permettent pas d’interpréter les erreurs.

-        Il existe un risque massif de stigmatisation et de mise en échec des élèves et notamment des plus fragiles.

-        Il existe un risque d’une mauvaise interprétation des résultats  par les familles, pouvant remettre en cause l’image du travail réellement effectué dans les classes

 

Par ailleurs, concernant les programmes 2008, contenus et progressions, nous avons constaté dans les classes les difficultés voire les impossibilités de leur mise en  œuvre.

Nous  exprimons donc notre désaccord avec toutes ces mesures qui décrédibilisent tout travail pédagogique au service de la réussite scolaire.

 

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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 18:27

Source AFP

Huit écoles de Toulouse et du sud de la Haute-Garonne ont été occupées et bloquées vendredi par des parents d'élèves afin d'empêcher la diffusion des évaluations aux élèves de CM2, a-t-on appris auprès de l'Inspection d'académie.


Parmi ces établissements figure l'école Bénézet de Toulouse, où une dizaine de parents d'élèves ont bloqué l'accès au bureau de la direction pour empêcher le déroulement des évaluations.

"Nous sommes présents à titre symbolique pour matérialiser le fait que cette évaluation se passe en milieu d'année et porte sur des compétences non encore acquises en cette période de l'année", a indiqué à l'AFP Philippe Poyo, un des parents d'élève présent sur place.


Par ailleurs, le collectif de parents d'élèves de cet établissement a dénoncé l'impact des évaluations et leurs résultats qui favoriseraient à terme "une mise en concurrence et en comparaison des écoles".

Un avis dénoncé par le représentant de l'Education nationale, Jean Pons, qui a rappelé que "les résultats parviennent à l'Inspection académique et au rectorat de manière anonyme" et qu'il "n'y a donc pas de mise en concurrence entre établissements".


Jeudi, neuf établissements de Haute-Garonne avaient été bloqués par des parents d'élèves pour les mêmes raisons.

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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 18:08

In Le Monde

L
undi 19 janvier commencent les évaluations nationales des élèves de CM2, et c’est un jour bien triste. Enseignante de CM2, je m’apprête à jouer ma part d’une comédie burlesque qui pourrait très vite se transformer en tragédie : celle de la mort, tant annoncée et finalement tant recherchée, de notre école publique laïque et gratuite. Ces évaluations et l’analyse partiale qui en sera faite vont porter le discrédit sur l’école et conforter ceux qui affirment qu’on ne peut plus lui faire confiance pour former les enfants.

On me demande d’évaluer mes élèves, en janvier, sur l’ensemble des programmes de maths et de français de cycle 3, réformés et augmentés. Une partie non négligeable des savoirs évalués n’ont pas encore été travaillés par nombre d’élèves de CM2. Comment les nouveaux programmes de 2008 qui décalent notamment au CM1 des apprentissages jusque là réalisés en CM2 de septembre à juin, peuvent-ils concerner des élèves qui n’ont pas "bénéficié" de ces nouveaux programmes en CE2 et CM1 ?

On nous demande, avec une légèreté déconcertante d’oublier ce que  tout précis de pédagogie élémentaire enseigne, à savoir que l’on évalue toujours l’acquisition, par les élèves, des compétences et savoirs travaillés de manière progressive, si nécessaire différenciée, lors de séquences complètes en classe.

J’enseigne dans un quartier peu favorisé, dans une école située en ZEP, avec les mêmes ambitions pour mes élèves que celles de mes collègues d’écoles plus favorisées ; mais certains ont parfois juste besoin d’un peu plus de temps : ils ont souvent un déficit de vocabulaire ou connaissent des situations familiales qui ne favorisent pas le travail personnel à la maison. Je viens donc d’apprendre que je vais leur demander de savoir réaliser des divisions avec dividende et quotient décimaux – nouveaux programmes - alors qu’à leur arrivée en CM2 ils ne connaissaient pas encore les décimaux ni la division euclidienne. Que cherche-t-on à faire si ce n’est les mettre en échec ?

A mes objections sur la précocité de ces évaluations, il m’a été répondu à l’Inspection que le "temps politique et le temps pédagogique ne sont en effet pas toujours les mêmes mais que nous sommes des fonctionnaires et devons appliquer les décisions de notre hiérarchie". Comment accepter que l’on sacrifie ainsi les temps d’apprentissage et que l’on génère chez les élèves des frustrations qui peuvent laisser des traces pérennes ? Comment ne pas craindre en outre un accroissement des inégalités entre les élèves ?

Ces évaluations "sommatives", c’est-à-dire dressant un bilan sommaire des savoirs ("acquis/non acquis") en fin de cycle, n’ont donc pas pour objet d’être des outils de remédiation* pour l’enseignant : elles ne peuvent éclairer sur la nature de l’erreur, d’autant plus quand on évalue des savoirs non travaillés. Alors, en admettant que l’on soit d’accord avec de telles évaluations "sommatives", on peut légitimement se demander pourquoi les faire en janvier ?

Premiers concernés par ces évaluations, les enseignants de CM2 les ont eu entre les mains il y seulement trois jours, au cas où il leur serait venu l’idée saugrenue de donner leur avis. Alors, comment ne pas voir dans ces évaluations la volonté malintentionnée de ceux qui crient depuis deux ans, à qui veut l’entendre, que l’école française a échoué, que "cette fabrique à crétins" n’est qu’un gouffre à argent public dont on doit rationnaliser les moyens, en d’autres termes les réduire, notamment en supprimant les postes de maîtres spécialisés dans la grande difficulté scolaire. "Regardez, ils ne servent à rien au vu des résultats ! Quant à leurs collègues non spécialisés, ils ne sont même pas capables de faire travailler les programmes à leurs élèves !".

Que va-t-on faire de ces résultats ? Le ministère de l’éducation nationale a fini par décider de diffuser les résultats bruts de ces évaluations par école, sans la moindre pondération pour tenir compte de données qui permettent de mieux comprendre ces résultats (ZEP, etc.). On cherche par là à comparer et donc au final à mettre en concurrence directe des écoles qui n’ont pas à l’être. Cette décision va saper tout le travail réalisé par de nombreuses équipes pédagogiques pour changer l’image de leur école et rassurer les parents et finalement pour donner aux élèves une meilleure idée d’eux-mêmes et de leurs capacités.

J’ai alerté autour de moi et j’aurais souhaité pouvoir ajourner ces évaluations en me ralliant à un mouvement assez large, mais je n’ai trouvé que quelques manifestes isolés, n’allant d’ailleurs pas tous dans le même sens.

Quel gâchis ! L’évaluation est pour la communauté éducative un outil de connaissance et de travail pertinent mais une fois encore, elle doit être préparée dans la sérénité et en concertation et ne devrait pas être utilisée à des fins politiques.

Dans l’attente de lendemains meilleurs

Isabelle B, enseignante de CM2 à Paris.

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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 07:33




Pierre Devesa

Ecole primaire de la Fontaine

482 Route de Péron

01630 Péron


Péron, le 22 janvier 2009


Lettre ouverte à

M. Nembrini, DGESCO

110 Rue de Grenelle

75357 Paris 07 SP


Monsieur le Directeur Général,


J’ai accusé réception la semaine dernière auprès de mon IEN de votre courrier du 15 décembre qui accompagnait les livrets d’évaluation CM2. Ces évaluations et la communication qui l’entoure m’amènent à vous opposer les arguments suivants, qu’il m’est impossible de garder pour moi et dont vous êtes le destinataire évident.


Je passe rapidement sur le contenu de ces évaluations, jugées très difficiles y compris par les Inspecteurs de l’E.N., et sur l’aberration d’une correction qui conduira à sanctionner d’un zéro même un élève ayant 90% de réussite, ceci aux items qui regroupent plusieurs réponses. Humiliation garantie pour l’élève (retour aux bonnes vieilles valeurs de l’école ?) et ineptie du point de vue de l’évaluation des acquisitions.


Je m’attacherai davantage à votre courrier dans lequel par trois fois, en trois phrases, vous nous révélez que ces évaluations nous permettront de « mieux identifier » la réussite, de « communiquer au mieux » avec les parents et de « mieux mesurer » les acquis. Ce qui revient à dire qu’à vos yeux, malgré un investissement de tous les jours dont le Président lui-même nous félicite, nous ne faisons pas assez bien notre travail, et que cet outil nous permettra enfin d’améliorer un peu nos pratiques. J’en conclus donc que ces documents ont dû être réalisés par des professionnels de l’éducation aux qualifications supérieures aux miennes. Je ne doute certes pas qu’il en existe, loin de là, et peut-être même au Ministère, mais j’aimerais savoir de qui il s’agit. De quel cerveau surchauffé a pu sortir l’idée de soumettre à des élèves de CM2 un texte d’Hemingway et un de Maupassant, qui ne sont pas précisément des auteurs de littérature de jeunesse. Le premier paragraphe de l’exercice 1, où un enfant malade se verra administrer une ampoule en guise de remède, est révélateur. Une ampoule ? Pour des élèves de 2009, l’utilisation de ce médicament n’est pas lumineuse.


La réussite de ses élèves est l’obsession de l’enseignant, l’échec d’un élève est un véritable crève-coeur. S’il se remémore sa carrière d’enseignant, notre Ministre comprend sûrement ce que je veux dire en parlant du désir que les élèves réussissent à tout prix. Il a sûrement lui aussi souhaité utiliser tous les moyens à sa disposition pour permettre à ses élèves de réussir leurs examens.


Il est en effet inconcevable pour un enseignant de créer artificiellement un échec, comme cela risque hélas d’arriver ici, et prétendre ensuite devoir mettre en oeuvre des moyens pour y remédier. Avez-vous pensé un seul instant à ces enfants qui ont d’eux une image assez positive, celle donnée par une réussite pas toujours parfaite mais néanmoins présente la plupart du temps, et à qui nous devrons renvoyer – ainsi qu’à leurs parents – un constat d’échec voire de « difficulté scolaire » au motif qu’ils n’ont pas « tout juste » ? Quelle sera la valeur accordée à la parole du maître, si la méfiance s’installe ?


La seule utilité de ces évaluations sera de nous montrer comment un élève réagit face à un travail qui est manifestement au-dessus de son niveau. C’est certes moins dangereux que de faire conduire quelqu’un sur autoroute après seulement 1/3 de ses heures de leçons de conduite, mais ça reste plutôt mince, comme avantage.


Il m’est très difficile (pour le coup c’est moi-même qui suis donc en difficulté) d’accorder dans le contexte actuel des intentions strictement pédagogiques à ces évaluations, et je n’ai pas été démenti par l’IEN sur ce point. Je me demande l’explication que va fournir l’Education Nationale sur le bilan de ces évaluations. D’autant que notre Ministre parle de « bilan des 8 années d’école primaire ». Si cela devait réellement être le cas, la date est mal choisie, et je m’étonne de ne trouver aucune question sur les acquis antérieurs, par exemple les formes, les couleurs, les sons, la lecture d’image etc. de même que je m’étonne que les items ne s’appuient pas sur ce qui est requis par le socle commun des apprentissages.


Je ne souhaite pas collaborer à une vaste entreprise de fragilisation et de dépréciation de l’école, et notre conseil des maîtres a ainsi décidé de reporter sine die ces évaluations, en tenant les parents informés de leur incongruité (des évaluations), et je ne suis pas persuadé que je ferai remonter de quelconques résultats à vos services. Pour le cas où vous me répondriez, je vous demande de ne pas axer votre réponse sur le seul « service non fait » que je viens de suggérer, j’en connais parfaitement l’existence.


Je vous confirme mon engagement dans la tâche difficile et essentielle qui est la mienne pour l’avenir des enfants qui me sont confiés, tâche que ne facilitent en rien les présentes évaluations. Je me demande en outre vraiment ce que peut peser un engagement face à des mesures et des injonctions aussi déstabilisatrices que celles qui arrivent en ce moment. Nous étions des passeurs, des guides, et nous devenons des trieurs, des contrôleurs. Souffrez que je vous dise que l’évolution du métier ne correspond en rien à l’idée que je m’en fais. J’espère, Monsieur le Directeur Général, que vous saurez reconnaître dans mon courrier les accents d’une indignation sincère, celle qui me pousse plus que jamais à privilégier la construction des savoirs de mes élèves, y compris face au devoir d’obéissance aux innombrables injonctions ministérielles, qui comme les ministres, passent…


Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur Général, mes salutations distinguées et vous assure de mon dévouement au Service Public d’Education.


Pierre Devesa

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