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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 07:39
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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 07:45





A lire ce dossier  exclusif sur 4tous.net/ecoledemain, à propos des évaluations CE1

Evaluations CE1 2009
Analyse des séquences de français.
Analyse des séquences de math.

Commentaires

Appels au boycott



Les positions des syndicats


Dénonçant des évaluations basées sur des programmes rejetés et estimant que les « conditions de passation et de remontées des résultats des évaluations de CM2 ont montré des inégalités territoriales et beaucoup de bricolage », le CGT appelle au boycott des évaluations de CE1 qui commencent le 25 mai. Il demande aux enseignants de faire grève au moment du passage des tests.

Même appel au boycott pour SUD Education :
Parce que ces évaluations n’ont pas pour objectif de remédier aux difficultés des élèves, mais de repérer les élèves en difficulté. Élèves qu’il nous faudrait « soutenir » dans le cadre de l’aide personnalisée dont nous pouvons déjà constater l’échec, qui n’a servi dans les faits qu’à dézinguer les RASED !

Parce qu’elles n’ont pas pour objectif la remédiation mais la mise en concurrence des écoles, pour preuve la parution publique des résultats sur des sites (cf. l’Internaute : article « Niveau des CM2 : qui sont les meilleurs ? »)

Nous appelons donc les conseils des maîtres à discuter des modalités de résistance à mettre en place : du boycott au refus de faire remonter les résultats. Et à débattre à nouveau avec les parents d’élèves. Souvenons-nous aussi, par exemple, de la position prise par M. Jouault, IA 94, lors des évaluations CM2 : il avait assuré qu’il ne prendrait pas de sanction envers les enseignants qui ne feraient pas remonter les résultats.

Pour appâter les collègues, le ministère promettait 400€ que certains enseignants n’ont toujours pas vus !!! L’individualisation des salaires et la fragmentation des carrières sont des réponses à l’opposé de ce que nous attendons pour revaloriser le métier. C’est aussi une façon inique et méprisante de s’asseoir sur le travail en équipe qui prévalait dans de nombreuses écoles pour la passation, la correction et l’analyse des livrets d’évaluation. C’est en résumé un déni du travail en équipe et une mesure contraire aux bonnes pratiques.

Cette nouvelle réforme n’a rien à voir avec l’Éducation.

Elle participe, en la stigmatisant, de la casse généralisée de l’École publique et laïque.

Elle est à l’opposé de nos aspirations, de nos convictions éducatives et de nos missions professionnelles, tant d’un point de vue éthique que sur le plan didactique et pédagogique.

C’est pourquoi, SUD Éducation appelle au boycott des évaluations nationales.


 

Le 15 mai, le Se-Unsa a pris parti contre le boycott. "En janvier, les consignes intersyndicales (SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNUIPP-FSU) de tri sélectif des exercices et donc par conséquent de non utilisation du logiciel de l’administration étaient justifiées par la date de passation des épreuves (janvier 2009 au lieu de la fin d’année) ; les craintes liées à la diffusion d’un palmarès des écoles… Le bilan CE1 est bien en fin d’année scolaire et suite à l’action menée en janvier, le ministre s’est engagé publiquement à ne pas diffuser les résultats école par école".

Enfin, le
SNUipp vient de prendre contact avec le Se-Unsa et le Sgen-Cfdt pour proposer à tous les enseignants une consigne unitaire.

- Proposition de consigne unitaire :

  • Ne rendre compte que des seuls résultats des évaluations aux élèves et aux parents de la classe concernée ;
  • Ne pas utiliser le logiciel ministériel de transmission et ne transmettre que les résultats anonymés (élèves et école) en utilisant le logiciel proposé par les syndicats.
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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 10:51
In Café Pédagogique

 

"Une bonne évaluation est légitime et indispensable pour l’élève, l’enseignant et les programmateurs de l’E.N. Mais tout évaluateur doit connaître les limites de l’évaluation qu’il propose". C'est le rôle que se fixe Jacques Delacour qui analyse pour nous l'évaluation de  CE1.



Rien ne permet d’affirmer que les items proposés constituent un reflet exact de ce que devrait savoir l’élève. Ils reflètent le souhait du programmateur. Vous pouvez toujours souhaiter que votre enfant de 2 ans parle 4 langues…

 

Encore moins probable, une courbe de Gauss, rendant compte de l’éparpillement des résultats, ne signifie pas des niveaux insuffisants, moyens ou supérieurs de connaissances. On a déjà fait le coup avec le QI…

 

Chaque item devrait faire l’objet d’une publication de ses résultats. On verrait ainsi que l’item « désigner le plus petit nombre » est beaucoup plus réussi que les problèmes. Peut-on décemment additionner ces deux items pour déterminer le niveau de l’élève ? A la limite, le problème n’est-il pas le seul à rendre compte de la capacité mathématique ? Mais si les résultats aux problèmes sont désastreux, ne faut-il pas penser que leur niveau n’est pas de CE1 ? J’invite les maîtres à proposer les problèmes dans toutes les classes de l’école pour vérifier la progression du succès. Ils seront peut-être surpris de voir que certains CM1 ne réussissent pas !

 

Et que vont apporter ces évaluations pour une réflexion sur l’efficacité des pédagogies appliquées ici ou là en CE1 ? A-t-on seulement essayé de comprendre pourquoi des classes équivalentes n’ont pas les mêmes résultats ? On a parlé de l’effet maître, mais l’effet pédagogie est-il contrôlé ? Peut-être par peur de constater  que certaines pédagogies, dites marginales et seulement tolérées, réussissent mieux que la pédagogie « officielle ».

La suite...

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 06:29



Monsieur le Ministre de l'Education Nationale,

 

Cela fait des mois que parents et enseignants se sont organisés en collectifs, ouverts et non-violents, et tentent de faire entendre leur voix face aux réformes dans l'Education Nationale.

Au printemps 2008 déjà, nous avions manifesté nos peurs quant à la mise en place de nouveaux programmes jugés majoritairement inadaptés par les enseignants lors d'une consultation nationale dont vous n'avez tenu aucun compte.

En janvier 2009, les évaluations nationales CM2 ont cristallisé de nombreuses inquiétudes autour du chemin dangereux que notre système éducatif empruntait. Une fois de plus, vous ne les avez pas écoutées. L'affaire commençant à faire grand bruit, des menaces ont été brandies dans les écoles, des sanctions sont tombées. Quelques radicaux, disiez-vous, et les médias de relayer. 

 

L'école est notre bien public à tous et c'est pourquoi nous la défendons sans compter. Elle est le bien de nos enfants, mais où se trouve l'intérêt des enfants dans toutes ces réformes ?

Où est l'intérêt de mon fils, Simon, de passer ces évaluations nationales ?

 

Où est l'intérêt de Simon, élève appliqué, de passer des évaluations sur des compétences qu'il n'a pas encore travaillées ou qu'il n'a pas encore assimilées ?

Où est l'intérêt de Simon, bon élève, de passer des évaluations dont la correction ne le notera qu'avec des O ou des 1 ?

Où est l'intérêt de Simon, élève de sept ans, de passer des évaluations nationales chronométrées dont les résultats seront rendus publics ?

Où est l'intérêt de Simon, de passer des évaluations dont les résultats le positionneront dans une tranche plutôt solide quand son copain aura des compétences fragiles et dans un département performant quand l'académie de sa cousine ne le sera pas ?

Où est l'intérêt de Simon, élève parfois angoissé, de passer des évaluations, dont les résultats seront figés dans un livret qui le suivra toute sa scolarité ?

Où est l'intérêt de Simon, élève curieux, de passer des évaluations pendant une semaine quand les nouveaux programmes ne lui laissent déjà que peu de temps pour étudier autre chose que le français et les mathématiques ?

 

En vérité, je vous le dis, Monsieur le Ministre, Simon n'a aucun intérêt dans ces évaluations et c'est pourquoi il ne les passera pas.

Pendant cette semaine banalisée, Simon va lire, compter, observer, supposer, douter. Il va aussi jouer, s'ennuyer, courir, tomber. Mais ces apprentissages, il ne les fera pas dans sa classe et croyez que je le regrette. J'ai une trop haute estime de l'école et de ses maîtres pour les laisser caricaturer en une mécanique élitiste et rentable. 

Refuser aujourd'hui de soumettre mon enfant à une pression et à un échec aussi certains qu'inutiles fait partie du combat que je mène, avec des milliers d'autres citoyens de la coordination Ecole en danger, pour défendre une école publique dans laquelle tous les élèves trouveraient leur place, à leur rythme, avec des enseignants formés et respectés.

 

Des réformes sont nécessaires, mais elles ne devront se faire que dans la concertation avec tous les acteurs et dans le seul intérêt de l'enfant. Je souhaite vivement qu'un dialogue réel s'installe et je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, mes salutations citoyennes.

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 16:13
Evaluations CE1, « quand y en a plus, y en a encore » !


« Vous avez aimé les évaluations de CM2 ? Vous allez adorer celles de CE1 ! »

Voilà ce qu'aurait pu dire le Ministre de l'Education Nationale qui confond une fois encore la détermination dont il se prévaut avec un entêtement bien regrettable. Car aucune leçon n'a été tirée du détestable épisode de janvier dernier qui aura vu, fait historique, l'administration demander aux enseignants de mettre eux-mêmes leurs élèves en échec !

Certes, la communication des résultats en mars 2009, à partir d'éléments très lacunaires (bilans incomplets et au moins 22 % de non remontée) n'a pas participé pour une fois au discours catastrophiste auquel on nous avait habitués. Mais les risques liés à ces nouvelles évaluations demeurent entiers.
D'abord par la difficulté de certains items (dans la logique des nouveaux programmes).
Ensuite par le système d'évaluation révélateur de la pensée actuelle :
binaire (1 ou 0, bon ou faux) !
Enfin, par la menace persistante d'une publication qu'aucun pouvoir politique ou judiciaire ne pourra empêcher. D'ailleurs, on a déjà pu voir sur internet des classements par académie dignes d'un championnat !

Par ailleurs ces évaluations vont suivre les élèves, car elles font partie du nouveau livret national unique et obligatoire qui va en plus être informatisé. Elles seront même l'essentiel de ce document, puisqu'elles vont servir de base pour l'inscription dans ce même livret des «compétences» du «socle commun» censées être acquises par les élèves.
Ces évaluations vont donc (comme celles de CM2) entraîner une concurrence entre élèves, entre enseignants et, rapidement, entre écoles. Si tel devait être le cas, ce serait la fin de l'école publique que nous connaissons et défendons.

Devant tant d'incompréhension, mais aussi en raison des risques encourus par ceux qui ont affronté l'administration dans cette affaire des évaluations (jusqu'à 4 jours de retrait de salaire pour des enseignants qui ont pourtant fait classe la semaine de passation), nous appelons plus que jamais les collègues concernés, soutenus par les Conseils de Maîtres, voire les Conseil d'Ecole où siègent les Parents d'Elèves (qui peuvent inciter à ne pas mettre les élèves de CE1 une matinée dans la période d'évaluation), à ne rien faire remonter des résultats partiels ou globaux qui pourraient être récupérés.

Et comme le dit lui-même Xavier Darcos (Ouest-France, le 6 mai 2009) : « Je serais un prof du premier degré, je serais sans doute parmi les mecs qui gueulent ». Comme on le comprend !

Sylvain Grandserre



La suite avec les livrets.

(1) - Le site avec ce texte :
http://www.darcos-demission.org/
(2) - la communication des résultats de CM2 : http://www.vousnousils.fr/page.phpP=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/depeches_de_l_educat/&key=20090330&key2=090330155100.5sbuwumm.xml
(3) - Le cahier de l'élève :
http://www.darcos-demission.org/docs/evalCE1_eleve.pdf
(4) - Le livret de l'enseignant :
http://www.darcos-demission.org/docs/evalCE1_maitre.pdf  
(5) - Classement aux évaluations CM2 :
http://www.linternaute.com/actualite/education/dossier/test-des-cm2-les-resultats-par-region/niveau-des-cm2-qui-sont-les-meilleurs.shtml?f_id_newsletter=766
- (6) - la déclaration de X. Darcos : 
http://www.ouest-france.fr/actu/politique_confidentiel_-Xavier-Darcos-furieux-contre-certains-universitaires_41770-923607_actu.Htm

 
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 07:31

In Café Pédagogique

"Ne croyez pas les résultats des tests disent les directeurs".  Le Guardian met en garde le public au moment où le ministère publie les résultats des évaluations nationales.

En Angleterre ces données sont publiées établissement par établissement et sont utilisées par les parents pour choisir une école.

Le Guardian rappelle que les tests ont été entachés de nombreux incidents techniques et publiés avec trois mois de retard.

Pour 164 écoles les résultats seraient incomplets. Des enseignants doutent de leur sérieux alors que le gouvernement les défend : selon lui moins de 1% des résultats seraient sans valeur.

 

Au niveau national, les résultats montrent que 28% des élèves n'ont pas atteints le niveau attendu en lecture et maths.

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 07:55

In Café Pédagogique

Lundi 30 mars, le ministère a rendu publics les résultats de l'évaluation de CM2. Selon elle, moins de 15% des élèves auraient des acquis insuffisants. "On le voit notre école fait réussir beaucoup d’élèves.  Mais les maîtres, pour assurer à tous la réussite, avaient besoin d’un dispositif efficace de prise en charge des difficultés d’apprentissage. C’est le but de l’aide personnalisée". C'est avec cette "happy end" que Jean-Louis Nembrini a présenté, le 30 mars, les résultats des évaluations de CM2.
 

Ces évaluations bilans montrent que 7% des élèves n'ont pas les acquis suffisants en français et 15% en mathématiques. " Des chiffres assez faibles par rapport aux craintes des enseignants. Les évaluations mettent en évidence, par exemple, que les résultats moyens sont meilleurs en « lecture » qu’en « grammaire ». Pour les mathématiques, les résultats sont meilleurs en « calcul » qu’en « grandeurs et mesures »". Selon JL Nembrini, ces évaluations vont permettre "de mieux comprendre comment les élèves apprennent". Elles seront aussi utiles pour que "à l'échelle de la France, de chaque académie, de chaque département, les responsables disposent d'un instrument de pilotage identique". Autrement dit ces évaluations seront à la fois diagnostic et bilan. C'est fort, non ?...

 

Diminuer la tension. Ces résultats sans surprise, qui se vérifient également au niveau local, ont au moins l'avantage de diminuer la tension dans l'école élémentaire, un endroit où la cote de popularité du ministre est au plus bas. Pour le reste, on ne sait trop quelle valeur leur attribuer. Selon le ministère, 78% des élèves auraient subi le test, un chiffre qui paraît bien élevé.  Car un syndicat d'inspecteurs, le SNPI FSU, avait dénoncé début mars une "manipulation des statistiques" pour "gonfler les statistiques des remontées des évaluations CM2", confirmant de nombreuses "adaptations" des tests effectuées sur le terrain. Lundi 30, le Se-Unsa évoquait "une auto célébration" et dénonçait "l'instrumentalisation" d'une évaluation.

 

 La culture d'évaluation mise à mal. Ce qui est certain c'est que ce test ministériel a été moins bien accepté par les enseignants que ses prédécesseurs. Alors qu'une évaluation de l'efficacité de l'Ecole est nécessaire, ce test a plutôt retardé l'installation d'une véritable culture de l'évaluation. La prochaine évaluation aura lieu en CE1. Le ministère sera-t-il capable de mieux faire ?

Le reportage du Café

Communiqué ministère

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 22:01

In Snuipp93

 ça ne suffisait pas comme ça ...

Evaluations CM2 : nouvel épisode ! 25 mars 2009

ça continue... encore et encore !

Avec tout ce temps passé en évaluation, on se demande quand les élèves vont avoir du temps pour apprendre ? Sans aucune consultation des instances (CSE par exemple), ni information aux organisations syndicales, le ministère met en place une nouvelle évaluation des élèves de CM2 concernant les connaissances du socle commun, donc non restreintes aux seuls maths et français. Les enseignants concernés n’ont été destinataires d’aucune information, autre que celle qu’ils avaient été choisis pour participer à cette expérimentation.


Cette façon de procéder est inacceptable, tant pour les enseignants qui ne sauraient être de simples exécutants d’un dispositif dont ils ignorent tout, que pour les élèves, utilisés comme « cobayes » d’un dispositif mis en place, une fois encore, de manière précipitée puisque les résultats sont attendus fin mars !

Le Snuipp s’adresse au ministère pour dénoncer cette procédure et soutient les collègues de CM2 qui refusent de se plier à cette nouvelle évaluation.

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 20:17
In Mediapart

Chaude ambiance ces derniers jours dans les inspections académiques. Elles avaient jusqu’au 14 mars pour faire remonter au ministère les statistiques des nouveaux tests, passés du 19 au 23 janvier 2009, par les élèves de CM2. La date de remise des résultats, initialement prévue pour début février, a déjà été repoussée par trois fois. Et pour cause: la mobilisation locale contre ces évaluations, jugées mal conçues, a été telle que certains inspecteurs d’académie ont bien du mal à obtenir des taux de réponse significatifs.

 

Selon une source syndicale, début mars l’inspection académique de l'Ariège n’avait en main que 30% des résultats des élèves de CM2 que les directeurs d’école primaire du département étaient censés lui transmettre. Pour le ministère, ne pas atteindre les 60% de remontées au niveau national serait un véritable camouflet alors que ces évaluations sont considérées comme la «clé de voûte» de la réforme de l’école primaire engagée par Xavier Darcos, le ministre de l’éducation nationale.

 

A l’épidémie de grippe de janvier qui a provoqué un absentéisme important, s’est ajoutée l’opposition de certains parents qui ont subtilisé les énoncés des tests ou qui n’ont pas envoyé leur enfant à l’école pendant les évaluations (lire le billet de blog Les parents bloquent les évaluations CM2). Quand ce ne sont pas les enseignants, eux-mêmes, qui ont perturbé leur bon déroulement.

 

Une minorité les ont purement et simplement boycottées. D’autres n’ont fait passer que les items concernant des questions déjà abordées par la classe dans l’année (les évaluations bien qu’ayant lieu tôt dans l’année scolaire, portaient sur l’ensemble du programme) et ont utilisé un logiciel syndical concurrent de celui du ministère pour rentrer les résultats, les rendant ainsi de fait inexploitables au niveau national.

 

Pour cette cause nationale, les grands moyens ont été déployés. «Les recteurs et les inspecteurs d’académie ont subi d’énormes pressions», estime Dominique Momiron du syndicat des inspecteurs SNPI-FSU qui, dans un communiqué du 12 mars, dénonce une «stupéfiante course à l’échalote» entre les académies pour avoir le meilleur taux de remontée. «Le limogeage en février de l’inspecteur d’académie du Rhône, Jacques Aubry, a vraiment impressionné (lequel a été suspendu de ses fonctions pour des raisons encore inconnues, ndlr), explique Dominique Momiron. Certains inspecteurs académiques, craignant pour leur poste, se sont laissé aller à des dérives en demandant aux inspecteurs de l’éducation nationale de trafiquer les résultats pour gonfler les taux de remontée.»

Méthodes de «pisse-statistiques»

 

Comment ? Les directeurs d’écoles devaient rentrer en ligne les résultats des élèves. L’application fournie par le ministère n’accepte qu’un codage ternaire : "1", pour un item réussi par l’élève, "0", pour un échec, "A" si l’élève était absent lors de l’épreuve. Il suffit que l’élève soit absent à une épreuve de la série pour que ses résultats ne puissent pas être comptabilisés dans les statistiques nationales, faisant ainsi baisser le taux de remontée de l’académie.

 

«Pédagogiquement c’est tout ou rien, s’énerve un enseignant de CM2 de l’Ariège qui préfère garder l’anonymat. Un enfant qui a donné sept réponses justes sur les huit d’un item aura zéro comme celui qui n’en aura réussi aucune !» Pour contourner ce système et suivant les consignes du syndicat enseignant Snuipp, certains directeurs d’école ont introduit un code "2 " qui signifie que la compétence est en cours d’acquisition.

 

Ce codage, non prévu par l’application du ministère, rend les résultats de l’enfant inexploitables. Selon le SNPI-FSU, certains inspecteurs d’académie auraient donc demandé aux inspecteurs, chargés de transmettre ces résultats, de transformer au passage les codes A ou 2 – inexploitables – en 0 ou en 1 «pour faire remonter les scores».

 

Dans l’Ariège, l’inspecteur académique, Daniel Subervielle, s’est directement adressé aux directeurs récalcitrants pour leur rappeler dans un courrier du 10 mars que Mediapart s’est procuré que «tout défaut de transmission au moyen de l’application Web (du ministère, ndlr) sera qualifié de service non fait, avec les conséquences qui y sont attachées». Cliquez sur l'image pour lire le courrier :

 

 

 

Il les incite donc à... arranger les résultats non exploitables selon les «autres résultats de l’élève». «L’utilisation de codages autres que "0" ou "1" qui a pu être suggérée dans ces cas-là détruit tout ou partie des fichiers lors de leur transmission, écrit l'inspecteur d'académie de l'Ariège. Il convient donc de s’en tenir au codage préconisé en saisissant le code 0 ou le code 1 en cohérence avec les autres résultats de l’élève. Dans le doute le code le plus favorable à l’élève sera saisi.»

 

«Ça veut dire quoi ? s’indigne le même enseignant de CM2 de l’Ariège. Cet élève-ci est bon, je vais lui mettre "1", celui-là pas, je lui adjuge un "0" ?» Vendredi 13 mars au soir, l’académie de Toulouse pouvait désormais afficher un score honorable : «Entre 65 et 75 % des écoles ont fait remonter leurs résultats», estime Daniel Subervielle. «On a des élèves complètement pénalisés par un A sur un item, justifie-t-il. Quand, à côté, on constate que cet élève a tout réussi, on peut postuler qu’il aurait aussi réussi cet item.»

 

Indigné par ces méthodes de «pisse-statistiques», l'autre syndicat d’inspecteurs, le SI.EN-UNSA (majoritaire), a contacté dès mercredi 11 mars le ministère de l’éducation nationale. «Le ministère nous a parfaitement entendus, assure, Patrick Roumagnac, secrétaire général du SI.EN-UNSA. Il a répercuté sur les recteurs le fait qu’il n’était pas question de modifier les résultats envoyés par les écoles.» Reste que jeudi 12 mars, selon Dominique Momiron, «certains inspecteurs académiques étaient encore en train de faire pression sur leurs inspecteurs de l’éducation nationale pour avoir de bons résultats.»



In Mediapart

Evaluations CM2: avec Solaris, on n'arrête pas le progrès !

Pour sécuriser toutes les remontées des écoles vers les inspections et le ministère de l'éducation (base élèves, évaluations CM2...), on a doté les directeurs d'école d'une clé personnelle qui génère des codes de manière aléatoire. Problème: lorsqu'un directeur ou une directrice est en arrêt (maladie, maternité, ...), le système se retrouve bloqué: plus de remontées, plus de statistiques, bref le marasme. Les têtes chercheuses du ministère ont donc développé une application baptisée Solaris, qui permet de remédier au problème, en se substituant à la clé. Face au suivi des consignes syndicales et aux divers refus des collègues de faire remonter les résultats, certaines académies ont eu du mal à faire remonter des résultats d'évaluation CM2 plausibles avant le 13 mars (cf article dans Le Journal Médiapart). 

Certains inspecteurs d'académie suggèrent donc aux inspecteurs de l'éducation nationale de faire pression sur les directeurs, voire de se passer d'eux en utilisant Solaris pour résoudre le problème de la clé sécurisée. Bref, l'éducation nationale se retrouve à pirater son propre système, mis en place pour "sécuriser" les informations, et ce pour que Darcos puisse prouver à la France entière que le niveau a baissé !


Rendez-vous à la manif jeudi 19 mars.


In Mediapart

par S. Rome


Le ministère, via une pression sur les recteurs et les inspecteurs d'académies, inciterait à « transformer » les résultats. Cette accusation extrêmement grave est portée par le syndicat national des personnels d'inspection membre de la FSU (SNPI-FSU) sur son site. Xavier Darcos doit y répondre rapidement car c'est la crédibilité de son action qui est mise en cause.

 
Voici le communiqué

  

 

Si ces faits sont vrais, nous aurions là une preuve tangible de la destruction du service public français. Ici, point de libéralisme ou de mise en concurrence des écoles et d'ouverture du marché de l'éducation; non, c'est bien plus grave. C'est la crédibilité de l'action de l'Etat qui est directement mise en cause. Si Xavier Darcos ne dément pas ces accusations, quel citoyen pourra croire à l'impartialité de l'Etat ? Comment être certain que ses droits seront respectés à l'avenir ? Par quels moyens les fonctionnaires pourront juger de leurs actions comme juste, si la "justice" n'a de critère que le caprice du Prince ? Seront-ils vraiment plus efficaces une fois tenues par la crainte ?


Enfin, du point de vu de l'école, comment croire que le niveau, mesuré par ces évaluations, est bas ou haut ? Comment croire que ce sera par l'action des réformes de Xavier Darcos que les résultats auront miraculeusement remonté dans deux ans ? Est-ce ainsi que l'on divisera par trois le nombre d'élèves en difficulté à l'entrée en sixième ?

 

 

Le moment est grave. Xavier Darcos doit répondre rapidement de ces accusions, fermement les démentir et porter plainte contre le syndicat des Inspecteurs ou il doit démissionner. La crédibilité à venir de l'Etat en dépend. Il faut savoir prendre ses responsabilités car nous avons besoin de croire en l'action impartiale de l'Etat.

 


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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 07:03

In Café Pédagogique

Comment publier des évaluations amputées, c'est le casse-tête de la rue de Grenelle. Selon Le Figaro, les évaluations de CM2 devraient être publiées fin mars. Le Figaro cite Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'enseignement scolaire, qui affirme avoir reçu plus de 500 000 remontées (75% du total).

 

Contrairement à ce que laisse entendre le quotidien, le syndicat des inspecteurs Unsa (SIEN Unsa) confirme les pressions exercées par la hiérarchie pour faire rentrer des évaluations ou les manipuler. Elles ont été  dénoncées récemment également par le syndicat des inspecteurs FSU. Selon le SIEN Unsa, "l’autorité hiérarchique locale n’hésite pas à solliciter les IEN pour des manipulations curieuses, discutables ou franchement malsaines ! Faire remonter des chiffres semble être devenu la priorité des départements et des académies. Tous les moyens semblent bons pour les obtenir : la menace (retrait de salaire, rappel des obligations des fonctionnaires…), la ruse (transformation des cotations inexploitables en un zéro qui ne veut rien dire mais qui est informatiquement exploitable) ou la « force » (« descente » d’un IEN éventuellement accompagné de ses conseillers pédagogiques)". Le SIEN Unsa invite les inspecteurs à résister à ces pressions. "Veillons à pouvoir retourner dans les écoles la tête haute et sans qu’ait été entamé le contrat de confiance qui nous lie aux enseignants" écrit-il tout en promettant son appui aux IEN qui seraient inquiétés.

La suite...

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