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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 18:42

In Quelle école pour demain ?

http://meds.queensu.ca/assets/evaluation.jpg

Evaluation des écoles en Angleterre : la gestion par le classement et la menace...


Des tests de performances, des classements d’écoles, des objectifs chiffrés, des sanctions possibles pour les zones ou les écoles n’atteignant pas ces objectifs...

Un système anglais de stigmatisation et de menace qui ne semble pas donner tous les résultats attendus, puisque globalement, les résultats sont en baisse...

 
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Evaluations : mort annoncée du système anglais ?

Le secrétaire d’Etat à l’Education, Ed Ball, homologue grand breton de notre Ministre de l’Education, est aux prises avec une forte mobilisation enseignante contestant fermement les tests d’évaluations en cours (Sats) et leurs effets secondaires, et menaçant d’en boycotter la prochaine session. Ça tombe mal, c’est en mai 2010, juste avant les élections générales, ou élections législatives, prévues pour renouveler les députés de la chambre des communes. (Rappelons que les membres de la chambre des Lords le sont encore par droit héréditaire). Bref, ce serait mal venu, pas le moment pour le parti travailliste au pouvoir d’accroître des risques d’échec bien réels.


Par conséquent, Mr Ball envisage de supprimer les dits tests...

Évidemment, il prévoit, à la place, de publier les notes d’inspection des enseignants, ce qui risque de susciter également quelques oppositions...

Bonne nouvelle, après une déréglementation totale, les enseignants risquent d’être tenus de présenter un permis d’enseigner avant d’entrer dans une classe...


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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 21:18

In Blog Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école

C03-13.jpgUn appel de résistance aux évaluations nationales sera lancé au début du mois de janvier 2010, à quelques jours de la passation des évaluations pour les CM2. Il sera signé par de nombreuses organisations pédagogiques et syndicales, ainsi que par des enseignants du primaire. Je vous invite à découvrir cet appel et à proposer votre signature (Nom, prénom, qualité) en l'envoyant à Sylvain Grandserre  syletco@free.fr


EVALUATIONS : TOUJOURS SANS NOUS !
 
Au cours de l'année scolaire 2009, les évaluations nationales destinées aux élèves de CM2 et de CE1 - et voulues par le Ministre Xavier Darcos -  sont arrivées dans les écoles comme s'il s'agissait des sujets du baccalauréat (documents secrets fournis la veille pour le lendemain). Rarement un dispositif aura provoqué autant de réactions négatives, chez les enseignants du premier degré comme chez les parents d'élèves,  et pour cause. Il s'agissait en milieu d'année scolaire d'évaluer une année entière, qui plus est sur des nouveaux programmes récemment imposés. Plusieurs épreuves étaient inadaptées (niveau de difficulté, temps accordé). De plus le mode de correction qui n'admettait que 1 ou 0 pour évaluer  rendait impossible l'analyse des raisons de l'échec d'un élève. Enfin, le risque d'une communication publique des résultats, et donc d'une mise en concurrence des écoles, était entier.
 
Malgré les protestations massives et argumentées des professionnels de l'Education et la non communication de 30 % des résultats de CM2,  toutes les écoles de France retrouveront en janvier (CM2) et mai (CE1) prochains ces évaluations, dans l'état pédagogiquement irresponsable où elles étaient apparues, avec les mêmes aberrations, la même nuisance et les mêmes risques.
 
Par ailleurs, la passation des épreuves était récompensée par l'attribution d'une prime de 400 €, dont la répartition va à l'encontre du principe républicain d'égalité, générant ici ou là tensions et conflits (partage entre collègues sur un même poste, problème des remplaçants, enseignants ayant changé d'école). Tout cela s'appliquant à géométrie variable : ainsi quand certaines académies distribuent facilement la prime, d'autres ne le font qu'après total respect de la procédure. De même, au prétexte "d"un service de fonctionnaire non fait", des collègues ont perdu, en plus de la prime, une journée de salaire.
 
C'est donc avec un mépris affiché et infantilisant que l'administration va à nouveau réclamer la passation de ces évaluations à des enseignants qui ne seraient pourtant pas opposés à de véritables outils au service des élèves et de leurs apprentissages.
 
Voilà pourquoi nous invitons les maîtres et maîtresses pour lesquels le ministère réduit le service à l'obéissance et à la gestion de la pénurie (suppressions massives d'emplois, semaine de 4 jours, nouveaux programmes, aide personnalisée, fichier informatique base-élèves, fin programmée des RASED et des IUFM), ainsi que les parents d'élèves, à s'opposer à ces évaluations selon les modalités de leur choix : boycott (un élève absent invalide les évaluations), simple passation des compétences déjà travaillées, notation plus intelligente, autre usage des documents... Dans tous les cas, nous demandons à nos collègues de ne transmettre aucun résultat à l'administration ou à le faire sous des formes qu'elle ne pourrait pas exploiter. Nous invitons les conseils des maîtres à soutenir publiquement ceux d'entre eux qui, au CM2 comme au CE1, seraient conduits à agir ainsi dans l'intérêt des élèves, premières victimes de cette ineptie.
 
Enfin, nous appelons tous ceux – enseignants, parents, syndicats, mouvements pédagogiques, associations de l'éducation populaire, fédérations de parents d'élèves - qui se reconnaîtraient dans la justesse de cette action à rejoindre cet appel et à le diffuser largement autour d'eux dans l'intérêt et le respect de nos élèves et des valeurs qui fondent l'école de la république.
 
Egalement sur le blog Résistance pédagogique :
 
- Un texte de Sylvain Grandserre sur les évaluations nationales :
 

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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 22:08

In Café Pédagogique


Selon une dépêche AFP, un groupe de travail parlementaire UMP a vivement critiqué les évaluations mises en place par X Darcos et souhaité qu'un organisme indépendant soit chargé de l'évaluation de l'Ecole. Les oreilles de Xavier Darcos ont dû siffler mardi 20 octobre. Un groupe de travail parlementaire UMP a violemment critiqué les évaluations de CE1 et CM2 qu'il avait mises en place. Il est vrai que le ministère avait dû, dans les documents budgétaires, reconnaître que ces évaluations étaient peu fiables.

 

Pour les parlementaires UMP il faut "mieux associer la communauté éducative" aux évaluations. Cette concertation "a fait assez largement défaut". La méthode doit être incontestée "ce qui n'a pas été le cas". Les parlementaires demandent une clarification des objectifs poursuivis, particulièrement en Cm2. Ils envisagent "un système indépendant chargé de l'évaluation du système éducatif en remplacement des organismes ou directions centrales en charge de cette mission".

 

Ces prises de position font écho au rejet majoritaire des évaluations de CM2 l'an dernier, les enseignants ayant souvent refusé de suivre le protocole d'évaluation. Le ministère lui-même reconnaît "un taux élevé de réponses incomplètes (et) la faible qualité des données recueillies". 

 

Mais la démarche parlementaire réagit aussi à un autre héritage de X Darcos : la censure impitoyable qu'il a exercée sur sa direction chargée des enquêtes, la DEPP. Seuls les travaux utilisables par le cabinet étaient publiées.  De ce fait, sa crédibilité comme organisme scientifique a été dégradée.

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 20:29

In Snuipp

« Tant que les évaluations des acquis des élèves de CE1 et CM2 n’auront pas des objectifs clairs, elles seront problématiques ».


L’affirmation n’émane pas des organisations syndicales, mais d’un député UMP chargé pour son groupe parlementaire d’un rapport sur les évaluations qui a été remis au ministre de l’éducation, Luc Chatel. Les rapporteurs qui ont auditionné des chercheurs, des inspecteurs généraux, des experts de l’éducation mais aussi trois organisations syndicales (SNUipp, SGEN, CFTC) valident les vives critiques qui avaient été exprimées par la communauté éducative lors de la mise en oeuvre des épreuves l’an passé. Les syndicats avaient d’ailleurs évité une publication des résultats par école qui aurait entraîné un classement et une mise en concurrence de celles-ci.


Pour les rapporteurs, ces évaluations ne peuvent être à la fois bilan et diagnostiques, ni servir en même temps les enseignants, le ministère et les parents d’élèves. « Tant que ce débat ne sera pas clarifié, ça ne marchera pas » affirment-ils. Les remontrances ciblent la confusion et la contradiction des objectifs de ces évaluations, illustrées par une date de passation inadaptée pour celle de CM2, un codage binaire des items inapproprié au repérage des difficultés.


Quelle suite le ministre donnera t-il à ce rapport ? Telle est maintenant la question. Le SNUipp demande à Luc Chatel « d’agir en conséquence. Il doit ouvrir une concertation le plus rapidement possible ». Il s’agit de redéfinir les finalités de cette évaluation, son calendrier, son contenu et ses modalités de communication qui doivent garantir une totale confidentialité. Les enseignants ont besoin en priorité d’outils qui permettent une régulation efficace des apprentissages (repérage des difficultés, pistes de remédiation, outils de formation). A contrario, s’il s’agit de faire un bilan de l’école, celui-ci ne peut-être mené et analysé que par des dispositifs de recherche indépendants.

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 06:59

In Café Pédagogique



Un rapport européen relativise l'efficacité des évaluations standardisées pour les systèmes éducatifs

"Les outils d’évaluation ne doivent jamais être conçus comme des instruments techniques neutres, ils sont au service d’une vision de l’école". Rédigé par Nathalie Mons, maître de conférences à l’université de Grenoble II, spécialiste de l’analyse internationale des politiques éducatives, pour la Commission Européenne (Agence Eurydice), un rapport étudie les politiques européennes d’évaluation standardisée et leurs effets sur les acquis des élèves.

 

On sait qu'en France, les évaluations nationales se sont multipliées et certaines ont été fort mal accueillies l'année dernière, comme celle de CM2.  Celle-ci a été critiquée à la fois par des enseignants, entre autre sur son utilité et son efficacité et par des spécialistes qui dénonçaient son manque de scientificité. Elles ont pourtant été présentées par le ministère comme des outils de pilotage indispensables et elles sont maintenues cette année.

 

De son étude approfondie des politiques d'évaluation en Europe et dans les pays de l'OCDE, N. Mons tire plusieurs conclusions qui amènent à relativiser l'efficacité des politiques d'accountability.

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 07:34

In Café Pédagogique


Le Journal Officiel du 1er juillet publie un décret et un arrêté instituant une prime pour les enseignants procédant aux évaluations de CE1 et CM2. Le montant est fixé à 400 euros. Mais, particularité importante, c'est l'IEN qui fixe le montant que chaque enseignant percevra pour "la totalité des opérations" d'évaluation. " Le montant de l'indemnité allouée à chaque enseignant remplissant les conditions de l'article 1er est fixé par l'inspecteur d'académie-directeur des services départementaux de l'éducation nationale, dans la limite du taux de référence. Ce montant est déterminé sur proposition de l'inspecteur de l'éducation nationale chargé de la circonscription dans laquelle se trouve l'école, en fonction de la participation effective des enseignants à ces évaluations".

 

Cette façon de faire aboutit à demander aux IEN une surveillance des épreuves. Et cela pose problème à certains inspecteurs compte tenu de la forte résistance  des enseignants à l'évaluation de CM2. Pour le Snpi Fsu, "c'est encore aux IEN de proposer une répartition à l'IA-DSDEN qui fixera le montant de l'indemnité alloué à chaque enseignant. Quid de la gestion des réalités : classes partagées, titulaires-remplaçants, évaluations mises en œuvre partiellement, ou totalement mais pas enregistrées dans l'application web ?" Le SNPI demande à ses inspecteurs de "se tenir à l'écart des procédures d'investigation afin de déterminer qui a fait quoi".


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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 18:16

In C'est Classe

Dans l'éduc, la désobéissance ne faiblit pas avec le nombre des années... Une quarantaine d'instituteurs à la retraite viennent d'adresser une lettre ouverte à l'inspecteur d'académie de Vendée pour défendre quatre professeurs des écoles "désobéisseurs". Si nous étions en activité, affirment-ils, nous aurions fait comme eux et refusé de faire passer les évaluations de CM2.


"Les vieilles institutrices et vieux instituteurs que nous sommes, vous transmettent, Monsieur l'Inspecteur d'Académie, l'expression de leur indignation et de leur tristesse, et vous prient de croire en leur toujours profond attachement à la réussite de l'école publique et de ses élèves": c'est ainsi que les protestataires  terminent leur lettre datée du 10 juin.


A l'origine, les sanctions infligées à quatre "désobéisseurs" de Vendée: trois professeurs des écoles d'Aizenay et une collègue de la commune de Challans. Ils se sont vus retirer quatre journées de salaire en mai pour  "non respect du protocole de passation des évaluations de CM2" en janvier.


Un peu partout en France, mais de façon très inégale selon les académies, les
"désobéisseurs" sont ainsi punis. Certains refusent de remplir le questionnaire de la Base Elèves - trop intrusive selon eux -, d'autres de faire les deux heures d'aide individualisée aux élèves en difficultés -, se jugeant insuffisamment formés à la différence des Rased -, d'autres enfin de faire passer ou de transmettre les résultats des évaluations. Pour le ministère, ces fonctionnaires, qui refusent d'obéir à la hiérarchie, se mettent en faute. Pour ces enseignants, pas question d'exécuter des consignes stupides ou nuisibles aux élèves.

 

 

école élémentaire publique Louis Buton, Aizenay (85) Bernard Collot, instituteur-blogueur à la retraite de 69 ans aujourd'hui installé à Bué, dans le Cher, est l'un des signataires de cette lettre. Il explique comment ces retraités se sont retrouvés pour soutenir les quatre d'Aizenay et de Challans:

"Lécole élémentaire Louis Buton d'Aizenay est très connue dans notre milieu. Depuis des années elle est en pointe dans l'innovation pédagoqique, notamment autour de la lecture. Tous les signataires, à un moment ou à un autre, nous avons été en contact avec elle".


"Pendant longtemps j'ai été instituteur dans une classe unique à Moussac, dans la Vienne. J'ai aussi milité au mouvement  Freinet, comme Joel Blanchard, le directeur de l'école d'Aizenay et l'un des trois enseignants sanctionnés."


"En 1984, cette école a été à la première dans la région à introduire la télématique, puis en 1989 le fax. Nous étions un réseau d'écoles ainsi connectées entre elles. A Aizenay, les écoliers avaient constitué un centre documentaire remarquable. Mes élèves de la classe unique leur adressaient des demandes par fax et recevaient la réponse dans la journée. On se retrouvait aussi au Salon du livre qu'ils organisent toujours chaque année (sur les photos, la 19ème
fête du livre jeunesse d'Aizenay le 21 mars dernier où l'invité était l'illustrateur Zau, de la Rue du Monde).


Fête du livre jeunesse d'Aizenay, mars 2009 (1)Dans la lettre qu'ils ont adressée à l'Inspecteur d'Académie, les trois d'Aizenay demandent à être reçus


Mais, poursuivent-ils, "les nouvelles évaluations nationales CM2 de par leur aspect évaluation-bilan n'apportent aucune aide aux enfants ni aux enseignants puisqu'elles ne s'inscrivent pas dans la dynamique de la classe et que leur traitement ne permet pas une quelconque exploitation pédagogique en classe".


Les trois enseignants dénoncent ensuite l'hypocrisie officielle autour de ces évaluations très contestées. D'autres écoles du département les ont boycottées, assurent-ils, mais "les inspecteurs de l'Education nationale", pressés par leur hiérarchie de renvoyer des signaux positifs, l'on couvert.


"La majorité des écoles en ont fait une passation parcellaire, voire très parcellaire, d'autres ont dénaturé les consignes, trafiqué les corrections ou modifié les résultats. Des collègues ont même saisi sur le logiciel ad-hoc des résultats d'évaluations qu'il n'ont jamais fait passer".


Le ministère de l'Education s'était félicité que les évaluations se soient finalement bien passées malgré tout le bruit fait autour. Il avait dû toutefois reconnaître qu'il n'avait recueilli les résultats que de 78% des élèves.

pour s'expliquer. Et rappellent leur position: "Nous n'avons jamais remis en cause la nécessaire évaluation des élèves. Nous en voulons pour preuve l'évaluation continue que nous faisons au travers du livret de formation avec brevets mis en place depuis deux ans à l'école".
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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 17:31

André Ouzoulias

 

professeur à l’IUFM de Versailles

Université de Cergy-Pontoise (UCP)


à

Marguerite Bachy, Isabelle Beaulier, Joël Blanchard

École publique, Aizenay (Vendée)

Marie-Pierre Texier

École de la Croix Marraud, Challans (Vendée)



Chers collègues,


J’apprends que l’inspecteur d’Académie, DSDEN de la Vendée, a décidé de vous sanctionner
d’un retrait de 4 jours de salaire pour « service non fait », en raison de votre refus de faire passer aux élèves de CM2 de votre école les évaluations nationales de janvier 2009. Cette annonce ne peut que susciter l’étonnement et l’indignation.


Il est étonnant en effet que votre hiérarchie sanctionne aussi durement quatre enseignants, alors
que, selon les chiffres officiels communiqués par le ministère de l’éducation nationale, il n’a reçu les résultats des évaluations que pour 78% des élèves concernés. Près de huit mille maîtres de CM2 ont donc refusé de faire passer ces évaluations ou ont refusé de transmettre les résultats ou encore les ont délibérément transmis sous une forme inexploitable par l’administration. De plus, parmi les résultats que le ministère a traités, comme en ont témoigné les enseignants de plusieurs départements, une très forte proportion était sans rapport avec la réalité des exigences de cette évaluation :


- pour plusieurs exercices, de nombreux maîtres ont donné bien plus de temps aux élèves que ce
que le livret de l’enseignant prescrivait ;

- la plupart des maîtres ont considéré qu’ils devaient dispenser leurs élèves des exercices qui portaient sur des compétences non étudiées en janvier ;

- pour divers items globalement bien réussis, mais pour lesquels le codage binaire conduisait à noter 0, la plupart des enseignants ont quand même noté 1 ;

- pour plusieurs exercices, la plupart des maîtres ont aidé les élèves à comprendre des

consignes insuffisamment explicites ou inhabituelles et déstabilisantes ;

- comme les supports ont été mis en ligne plusieurs jours avant ceux de la passation, on sait que certains parents ont fait bachoter leur enfant…


Les deux principaux syndicats d’inspecteurs ont dénoncé des « bidonnages » de grande ampleur.

Bref, au regard des conditions de passation, les résultats qui sont parvenus à l’administration de l’éducation nationale n’ont aucune fiabilité, elle le sait fort bien.


Ce fiasco serait-il dû à une poignée d’enseignants animés d’une volonté maligne de saboter le
travail de l’école publique ? Évidemment non. Vous êtes de ces maîtres qui partagent la nécessité d’une évaluation des apprentissages. Mais vous voulez pouvoir la mener sérieusement, en fonction de ce qui a été enseigné et dans le respect des enfants. Votre inspecteur d’Académie semble ignorer les procédures que vous avez mises au point collectivement dans vos écoles pour le suivi des progrès de vos élèves. A-t-il seulement pris le temps de s’informer sur votre travail avant de vous condamner ? Sait-il ce que vous mettez en place pour que chaque enfant sache bien lire et aime lire, pour qu’il se sente en sécurité et en appétit dans la culture mathématique et scientifique, pour qu’il puisse vivre et partager des expériences artistiques, pour qu’il fasse ses premiers pas vers ses responsabilités de citoyen… ? Sait-il ce que vous mettez en place pour évaluer leurs apprentissages dans tous ces domaines ? A-t-il une idée de ce que vous entreprenez par vous-mêmes pour vous former et vous perfectionner ? Et s’est-il enquis de la manière dont vous organisez l’information des parents de vos élèves ?


Dans le courrier qu’il vous adresse, l’inspecteur d’Académie dit que « l’Éducation nationale a une
responsabilité envers la Nation », que « cette dernière a un droit de regard légitime sur la performance de son École et [que] celle-ci se mesure avant tout aux compétences acquises des élèves ». Vous ne contestez pas ce principe. Mais comment prétendre que les évaluations CM2 de janvier 2009 ont effectivement mesuré les compétences acquises par les élèves et ont permis à la Nation de se donner une appréciation objective de la performance de son École ? Pour cela, fallait-il faire « plancher » durant quatre heures 830 000 enfants de CM2 et mettre en émoi les élèves, les

maîtres, les parents et les corps d’inspection, tandis que la DEPP dispose d’une méthodologie rôdée qui fonctionne avec un échantillon de 6 000 élèves parfaitement représentatif ? Et qui, au fond, respecte le besoin légitime de contrôle de la Nation sur le service public d’éducation et rend compte de sa mission d’agent public : les responsables du Ministère publiant des résultats qu’ils savent être sans aucune valeur ou des maîtres qui disent : « une évaluation est honnête ou n’est pas » et refusent de cautionner une telle mascarade ? L’administration de l’Éducation nationale a mis sur les rails un train qui ne pouvait que dérailler, mais elle vous punit de ne pas avoir voulu le piloter !


Que vous reproche-t-on au juste ? D’avoir voulu protéger vos élèves en les dispensant d’un
examen dans lequel des épreuves les auraient mis en échec dans des domaines du savoir qu’ils n’avaient pas encore abordés ? De ne pas avoir employé une solution qui sauve les apparences en envoyant des résultats contrefaits? D’avoir refusé une évaluation parce qu’elle était mal conçue ? Et de l’avoir fait publiquement alors qu’on ne sait toujours pas qui a élaboré ces épreuves, les auteurs étant restés anonymes, contrairement à toutes les précédentes évaluations nationales ? Vous avez assumé votre responsabilité d’éducateurs, d’enseignants de l’école publique et de citoyens. Vous avez alerté les parents et ils vous ont soutenus. Au total, qui, dans cette affaire, incarne vraiment cette éthique de la responsabilité, celle qui devrait animer tout fonctionnaire de la République : vous qui avez agi au nom de l’intérêt des enfants, de la vérité et de la sincérité ou ceux qui ont demandé à votre inspecteur d’Académie de vous sanctionner ? Qui incarne le modèle éducatif de la République et les valeurs qui la fondent ? Soyez fiers de ce que vous avez fait ! Vous êtes l’honneur de notre école publique, l’honneur de ses maîtres.


On s’étonne, mais on s’indigne aussi : l’administration actuelle semble vouloir pétrifier les
collègues des écoles primaires en décidant à votre encontre une sanction particulièrement forte.


Indéniablement, elle veut faire un exemple. Le ministre avait promis que, pour ces évaluations CM2,
les maîtres de ces classes se verraient attribuer une prime de 400 euros. En principe, pour n’avoir pas fait ce que le ministre reconnaît lui-même comme un travail supplémentaire rémunéré par une prime, vous devriez être privés de cette rémunération supplémentaire. Pourtant, non ! Alors que, cette semaine-là, vous avez travaillé normalement, comme tous vos collègues, durant les 27 heures de votre service au sein de l’école (en fait bien davantage…), on vous inflige une double peine : suppression de la prime et retrait de quatre journées de salaire pour « service non fait », au lieu de quatre heures si on se fie à l’estimation des auteurs des épreuves.


Ce faisant, l’administration actuelle parviendra peut-être à contenir d’autres actions comme la
vôtre. Mais ce qui est obtenu par la peur et la menace est précaire… L’administration doit prendre conscience qu’elle installe le ressentiment dans le coeur des maîtres et qu’elle est en train de briser les liens de confiance qui, seuls, garantissent la sincérité de leur engagement. Elle ne devra pas s’étonner demain, si elle ne dispose sur eux que d’un simulacre de contrôle et ne parvient plus à discerner le réel de son imitation.


Si je peux participer utilement à votre défense, soyez assurés que je m’y emploierai.

Avec mes salutations les plus cordiales,


André Ouzoulia
s

Butry, le 2 juin 2009
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 17:53

Auteur anonyme

Evaluations CE1 (et CM2) : faute professionnelle ?

 

 

Essayons de jouer l’avocat du diable pour tenter de tirer le meilleur profit des évaluations nationales.

Admettons pour commencer que les évaluations nationales soient indispensables pour tous les élèves de CE1 et de CM2 tous les ans, alors qu’un échantillon représentatif permettrait d’obtenir des données tout aussi fiables.

Admettons ensuite que ces évaluations se cantonnent aux seuls apprentissages du français et des mathématiques, alors que de nombreux élèves trouvent du sens et de la motivation dans ces matières grâce à la transversalité des apprentissages à l’école et à la variété des activités pratiquées.

Admettons encore que ces évaluations se concentrent sur des exercices techniques écrits, au détriment des capacités de créativité, d’expression et de communication, de sens critique.

Admettons aussi que ces évaluations imposent une unique situation de contrôle, l’élève seul face à sa copie, au détriment de l’oral d’une part, des dynamiques de coopération et de recherche collective d’autre part. Comme si aider chaque enfant à se situer imposait  forcément une ambiance d’examen. De mise en examen.

 

Ces sacrifices admis, lourd postulat, essayons d’analyser objectivement les contenus et les méthodes utilisés.

 

Les évaluations sont concentrées sur une semaine de classe, imposant donc à tous les élèves concernés (surtout à l’âge du CE1) un rythme de contrôles intensif inhabituel. Le temps pour chaque exercice est limité, très limité même. On ne mesure donc pas la réussite des élèves mais leur adaptation à des exercices artificiels, en dehors du contexte d’apprentissage, en un temps – court - donné. Un élève ayant compris mais lent à l’écrit ou désorienté par la situation de contrôle solennel (on en a tous dans nos classes) n’obtiendra pas les résultats attendus. Comme si cette contre-performance allait l’aider à devenir plus rapide.

 

Le cahier de l’élève est d’une tristesse à toute épreuve. Si le souci esthétique a peu d’importance en soi, le danger est réel : il provient du cadre imposé aux élèves. Déjà potentiellement refroidis par la pression installée autour de ces évaluations, les élèves qui ont besoin d’un cadre rassurant et stimulant, avec des illustrations, une mise en page agréable, ne le trouveront absolument pas. Quasiment tous les exercices souffrent de cette absence, délibérée ou non, d’une ambiance chaleureuse offrant des repères. Concrètement, ce sont les élèves faibles qui souffrent de cette présentation inadaptée. Exemples les plus significatifs : les exercices de lecture et les problèmes, qui « ne parlent pas ». Aucun repère iconographique en lecture pour un texte difficile d’une bonne demi-page. Pas davantage de repères dans la mise en page, complètement plate. Dessiner les billets et pièces du problème d’argent, un effort insurmontable pour le ministère ?

 

Comme si cela ne suffisait pas, quasiment tous les exercices démarrent par un niveau trop élevé pour les élèves en difficultés. Etre lancé et avoir confiance grâce à une première situation plus accessible est un luxe que le ministère ne peut concevoir, ne peut offrir à l’ensemble des élèves. Place immédiatement à l’exercice type, qui mesure ce que doit savoir un élève en fin de cycle. Tant pis si l’on ne mesure rien à cause de ce défaut majeur. Tant pis si les élèves en difficulté ont tout faux alors qu’ils ont compris l’exercice mais sont déroutés par le degré de difficulté initial. Exemples : les exercices de vocabulaire et de numération, les additions.

 

Un quart des exercices proposés correspond à un niveau intellectuel trop élevé pour l’âge des élèves. Les compétences, dans le meilleur des cas, sont en cours d’acquisition chez les meilleurs élèves. On peut donc, avant même de faire passer les exercices en question, deviner à l’avance que les élèves moyens ou faibles y échoueront. S’il s’agissait d’exercices de fin d’évaluation à proposer à ceux qui peuvent aller plus loin, après des exercices à la portée de l’ensemble de la classe, on comprendrait. Mais ce n’est pas du tout le cas : ce sont les seuls exercices permettant d’évaluer l’acquisition des compétences concernées ! Exemples : les exercices de lecture, une bonne partie de l’orthographe, du calcul mental, des techniques opératoires.

 

Déroutés, les élèves en difficultés, ou les élèves moyens, souffrent aussi de l’incapacité de ces évaluations à mesurer le degré de compréhension d’un concept. On ne cherche pas à savoir si les élèves comprennent quelque chose mais s’ils savent appliquer mécaniquement des consignes ou des techniques. Aucune référence à des exemples (en grammaire et en vocabulaire), aucun exercice d’observation des règles d’accord en orthographe grammaticale. Pas d’incitation à utiliser des outils de référence comme l’ordre alphabétique, les tables de conjugaison, les nombres (jusqu’à 20 et les dizaines exactes) écrits en lettres, les tables de multiplication, le calendrier … Pas de recours à la schématisation en technique opératoire, pourtant si utile pour les élèves pas encore mûrs pour l’abstraction !

 

Si l’on respecte scrupuleusement les consignes de passation, les élèves peuvent échouer à 6 exercices de mathématiques uniquement parce qu’ils ne maîtrisent pas suffisamment la lecture des énoncés !

 

Pour un tiers des exercices, le codage binaire (1 ou 0) met en échec les élèves sans la moindre nuance. Les anciennes évaluations nationales, malgré leurs défauts, permettaient d’analyser avec finesse les différents degrés de réussite des élèves. C’est sans doute trop compliqué pour le ministère ! Le codage binaire permet de faire des économies et un tri plus radical !

 

Les évaluations nationales sont donc angoissantes et culpabilisantes pour les élèves, pour les parents d’élèves et pour les enseignants. Les évaluations nationales n’apportent rien aux enseignants, qui n’ont pas besoin de tels outils, délibérément élitistes, pour savoir où en sont leurs élèves. L’absence totale d’analyse fine des difficultés rencontrées rend ces évaluations inutiles.


Les évaluations nationales sont là pour démontrer que les résultats de l’école ne sont pas bons. Si on voulait discréditer  l’école, on ne s’y prendrait pas autrement.

Dans cette optique, il serait donc, selon le ministère, urgent de « retravailler sérieusement, comme autrefois », sur la base des programmes de 2008 (inadaptés aux capacités réelles des élèves).


De par leur caractère élitiste, les évaluations nationales méprisent les élèves en difficultés et les élèves porteurs d’un handicap. Elles méprisent l’ensemble des activités scolaires nécessaires à l’épanouissement des enfants, ne retenant que les apprentissages fondamentaux dans leur version la plus scolaire, voire scolastique.


Les évaluations nationales renforcent les inégalités et les stigmatisations. Elles ont pour objectif de trier (très tôt) les élèves, entre ceux qui réussissent et ceux qui devront travailler plus (aide personnalisée en dehors de la classe, stages de remise à niveau pendant les vacances), alors que le ministère attaque les Réseaux d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficultés. qui interviennent pendant les heures de classe. Les rythmes de vie des élèves en difficultés sont ignorés.


Les évaluations nationales servent à ficher les élèves, les enfermant dans un déterminisme qui déshumanise l’éducation. Que ce soit directement dans Base Elèves ou dans des bases de données parallèles, le résultat est le même : la traçabilité des élèves. Aucune garantie ne peut être donnée sur l’absence de croisements de fichiers entre différentes administrations. Les efforts jusque là consentis pour tenir compte de l’élève dans toute sa personnalité, au moment de l’étude de son orientation, sont voués à disparaître, au profit d’une sélection numérique, déjà à l’œuvre dans des orientations universitaires.


Le fichage et l’exploitation statistique des données collectées permettent des classements, pour l’instant limités à une publication des résultats par académies. Mais la porte est ouverte pour des publications de classement des écoles. L’inévitable climat de compétition qui en découlerait, climat très malsain dans un contexte de suppression de la carte scolaire, est absolument incompatible avec la sérénité nécessaire à l’éducation. La compétition entre élèves, entre enseignants, entre écoles n’a pas sa place dans l’Education Nationale.


L’administration se sert des évaluations pour renforcer son pilotage des écoles. Une vision très hiérarchique (les progrès ne peuvent venir que d’en haut) et très technocratique. L’essentiel du dispositif d’aide aux élèves devrait, selon le ministère, se construire sur la base des résultats individuels aux évaluations nationales, qui, rappelons-le, n’apportent aucune observation fine des difficultés rencontrées. Mais les inspecteurs sont également censés recentrer le travail des enseignants sur les compétences insuffisamment acquises, à l’échelle des écoles ou des circonscriptions. On peut sans risque déjà prévoir que les animations pédagogiques des années à venir porteront sur le renforcement des apprentissages des points des programmes de 2008 les plus inadaptés aux possibilités des élèves, apprentissages mécaniques et robotisés de techniques purement scolaires, inaccessibles à la plupart des élèves en dehors d’un contexte stimulant, comme celui des pratiques et des recherches soutenues par les mouvements pédagogiques.


Le ministère n’a absolument pas tenu compte des très nombreuses doléances des enseignants, des syndicats, des mouvements pédagogiques, des chercheurs et même d’inspecteurs, après la mise en œuvre des délirantes évaluations de CM2.


Il persiste et signe avec de toutes aussi catastrophiques évaluations de CE1.


Mettre délibérément en échec une forte proportion des élèves malgré les cris d’alarme des professionnels, cela ne relève-t-il pas de la faute professionnelle ?

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 18:27

In Libération





Les nouveaux tests nationaux que passent ces jours-ci les élèves de CE1 suscitent la colère des syndicats d'enseignants.


On se souvient des
évaluations des élèves de CM2 qui avaient suscité fin janvier la colère des instits et parents d’élèves. Cette semaine, c’est au tour des quelque 816.000 CE1 de passer une batterie de tests (60 questions en français, 40 en mathématiques). Et comme prévu, les critiques ne manquent pas.


«Sur le principe, on n’est pas contre un système d’évaluation à grande échelle pour mesurer les acquis des élèves et piloter les politiques éducatives. Mais encore faut-il que ces tests présentent un intérêt pédagogique. Là, ce n’est pas le cas»

, résume Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUIPP-FSU, le principal syndicat du primaire.

Des fuites...

Fin janvier, au moment des évaluations des CM2, plusieurs voix s'étaient élevées contre des questions jugées trop difficiles, portant sur des points du programme pas encore abordés en classe. Les CE1 devraient être un peu mieux lotis, les évaluations ayant lieu à un mois de la fin de l’année scolaire.


Si les tests sont en principe tenus secrets jusqu’à la fin des épreuves, ils sont déjà en ligne depuis plusieurs jours sur des blogs de profs en colère. En voici la teneur.  En mathématiques, il leur est demandé d’écrire ou de dire des suites de nombres. Et de résoudre plusieurs problèmes concrets. Exemple: «Le tour de la cour de l’école mesure 165 m. Pendant la récréation, Dimitri, Antoine et Fadia font cinq fois le tour de la cour en courant. Calcule la distance parcourue par Dimitri à la fin de la récréation.»


En français, un des exercices consiste à lire à haute voix un texte comprenant des mots connus et inconnus. Autre question, choisie au hasard: «Ecrire un mot qui veut le dire le contraire de chaque mot ci dessous : inoccupé, compréhensible, sombre.»



La suite...

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