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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 07:25

eval1

In Café Pédagogique
Par Pierre Frackowiak

 

Les évaluations nationales ont fait cette année l’unanimité contre elles, des syndicats d’enseignants aux chercheurs les plus experts et à la FCPE. Les arguments des contestataires sont d’une logique implacable, ils imposeraient une remise à plat totale avec une nouvelle réflexion collective s’appuyant sur les travaux des chercheurs, avec une large concertation associant experts, encadrement intermédiaire, acteurs, formateurs, avec une information sérieuse de l’ensemble de citoyens tous concernés par l’avenir du système éducatif. Le ministère persiste malgré tout. Il réussit à obtenir très habilement des accords sur quelques points qu’il  considère comme essentiels dans le cadre de la mise en place de sa politique de destruction de l’école. Face à cette détermination, les opposants, naïfs ou las, finissent par limiter leurs critiques aux modalités des évaluations : la date de passage, les épreuves elles-mêmes, l’exploitation qui en est faite, et à abandonner les questions de fond. Le ministre a alors beau jeu de s’engager à étudier des améliorations de forme sans rien remettre en cause. Cet affichage d’ouverture apparente, de bonne volonté bien médiatisée, permet d’éviter les débats de fond et de poursuivre tranquillement la mise en œuvre de sa stratégie. C’est ainsi que l’on obtient des opposants légitimes qu’ils deviennent complices de fait d’une mauvaise action.

 

Nathalie Mons, dans le café pédagogique, Eveline Charmeux, Philippe Meirieu, André Giordan, Gérard de Vecchi, André Ouzoulias, des praticiens comme Sylvain Grandserre, les mouvements pédagogiques, et tant d’autres spécialistes reconnus, ont démontré que ces « évaluations » n’en étaient pas en fait, qu’elles n’étaient que des contrôles – ce qui n’est pas la même chose – dans deux domaines (le français et les maths), négligeant les autres domaines du socle commun de connaissances et de compétences, ignorant totalement les finalités du système éducatif. Ils ont souligné qu’elles étaient exclusivement négatives : repérage des difficultés ponctuelles, des manques et des carences chez les élèves en difficulté plutôt que la recherche des réussites, des savoirs existants scolaires et non scolaires, des compétences. Cette recherche  du négatif est particulièrement grave quand on sait que les apprentissages efficaces sont ceux qui s’enracinent dans les savoirs et les représentations existantes et non dans les vides ou les lacunes. Il vaut toujours mieux partir de ce que l’on sait pour aller plus loin plutôt que de tenter de combler des lacunes.

 

Deux arguments du ministère, relayés par des opposants qui se fourvoient, sont à reprendre et à débattre d’urgence si l’on ne veut pas favoriser l’irréversibilité de l’opération : le taux de participation et le besoin pour améliorer la réussite scolaire.

 

Le leurre du taux de remontée des résultats

 

Le ministère affiche un taux de remontée des résultats record cette année, supérieur à 95%. Il en conclut évidemment, comme l’avait fait l’inspection générale pour les nouveaux vieux programmes de 2008, qu’après une période de contestation, considérée comme de l’incompréhension ou de la résistance idéologique, les enseignants ont désormais massivement compris et adhèrent à la politique gouvernementale. Tous ceux qui ont des contacts réguliers, proches, avec les écoles, savent que cette autosatisfaction est un leurre, que ce score n’est pas une adhésion, mais un signe de lassitude face à l’absence de concertation et surtout une preuve de l’efficacité de l’accroissement de l’autoritarisme de la hiérarchie intermédiaire.

 

Les pressions, menaces, chantages, leçons de morale, appels à la loyauté, exigences d’obéissance, supplications ont atteint des niveaux surprenants dans un système où la démocratie, la liberté, la pensée divergente, l’esprit d’initiative devraient logiquement être des valeurs fondamentales. Les pressions ne sont pas toujours spectaculaires, elles n’en sont que plus efficaces : « vous êtes la seule école du département à refuser, vous allez être sanctionnés, je ne peux plus rien pour vous, l’inspecteur d’académie tranchera, inutile de solliciter tel poste de formateur ou tel congé de formation, je viendrai les chercher moi-même », jusqu’à « rendez service à votre inspecteur, soyez solidaire, il va avoir des ennuis », etc.

 

Cet autoritarisme fait désormais partie de la « culture d’entreprise ». A lui seul, il enlève toute sa valeur à l’opération. Au-delà, chacun sait que ce type d’opération appelle des attitudes diverses dans la préparation, la conduite et le traitement des épreuves. Ici, on prépare les épreuves avec un bachotage induit par la compétition inévitable, là, on aide fortement les élèves lors de la passation, ailleurs, on le fait pour avoir la paix sans y attacher la moindre importance, ailleurs, on pondère les résultats pour qu’ils soient meilleurs ou moins mauvais… Rien ne permet de garantir la validité des épreuves. Que l’on ne me dise pas que ce constat met en cause la conscience professionnelle des enseignants. Instituteur puis instituteur/inspecteur durant 30 ans, gardant un contact suivi avec les enseignants dans de nombreux départements de France, je connais mieux que beaucoup de responsables du système la pérennité de cette conscience, qui reste exemplaire malgré les difficultés et malgré les coups reçus, car ce qui compte avant tout chez les enseignants, ce sont les élèves. Personne ne peut le contester. Il s’agit simplement d’être lucide, de ne pas se satisfaire des apparences et de dire la vérité.

 

Le non sens de l’utilité de ces « évaluations »

 

Le ministère déclare que les enseignants ont besoin de ces « évaluations » pour venir en aide aux élèves en difficulté et mettre au point les programmes de l’aide individualisée et des stages de remise à niveau. Certains responsables syndicaux se croient obligés aux yeux de l’opinion publique, d’admettre cette thèse, ce qui revient à ne pas remettre en cause l’opération au fond. Or, cette thèse est fausse. D’abord, il convient de rappeler que les enseignants n’ont pas attendu les « évaluations » nationales pour fabriquer leurs outils de contrôle et tenter de prendre en compte les problèmes des élèves en difficulté. Sans attendre les résultats de ces « évaluations », ils sont capables de repérer très vite les problèmes. Après une ou deux semaines de classe, sans consulter les documents de l’année précédente, ils sont capables de faire un classement du 1er  au 29ème à main levée, classement à peu près confirmé par des épreuves. Les « évaluations » nationales ne font que confirmer leurs propres observations. On prétend qu’il est important d’objectiver, de normaliser, de donner des outils de comparaison. Si tel est l’objectif, il ne s’agit plus en réalité d’aider les maîtres mais de mettre au point des instruments de mesure de l’efficacité du système, ce qui est complètement autre chose. Cet objectif que l’on peut comprendre, accepter et soutenir, peut parfaitement être atteint et même avec une validité plus sûre, en travaillant sur des échantillons comme on sait parfaitement le faire aujourd’hui, avec des sociologues et des statisticiens, sans traumatiser tous les élèves, les parents et les enseignants. La confusion entre évaluation des performances des élèves et évaluation du système est une tare de l’opération. Quant à l’organisation du soutien, l’argument relève de l’escroquerie intellectuelle. On prétend pouvoir appliquer les techniques de l’industrie automobile aux apprentissages scolaires. On détecte une panne avec le plus de précision possible et on répare. Ce système panne/réparation n’a pas de sens en éducation. La panne visible a des causes qui peuvent être très éloignées, très en amont du constat. La tendance naturelle est de réparer la panne à l’aide d’exercices précis – il y a des experts pour commercialiser des batteries – et d’un renforcement des explications magistrales – tu n’as pas encore compris, pourtant je te l’ai expliqué – alors que les apprentissages doivent être repris bien en amont avec une multiplication de mises en situation de construire les savoirs et les compétences. Les lacunes peuvent avoir des causes éloignées des apprentissages eux-mêmes, ces causes qui rendaient bien utile les RASED que l’on supprime.

 

L’hypocrisie du pilotage par les résultats

 

Le summum de l’hypocrisie par rapport à ces « évaluations » est atteint avec la notion de « pilotage par les résultats ». Les inspecteurs auraient besoin des résultats pour « piloter le système » ! Observons que cette notion, elle aussi empruntée à la banque et à l’industrie, n’a jamais fait l’objet d’une concertation avec les intéressés, enseignants et hiérarques, qu’elle s’est imposée d’une part par un effet de mode lié à l’informatisation et à la technicisation et d’autre part par le mirage d’une revalorisation de l’image d’un corps, celui des inspecteurs, qui commençait à se demander quelle était sa place dans le système et qui a vu là une opportunité pour redorer son blason. Qui peut affirmer sans rire  qu’un pilote peut piloter sans cap, sans carburant, sans outils ? Or, les inspecteurs n’ont pas de cap : quelle école pour quelle société ? Quels enjeux ? Ils n’ont pas de carburant : pas de postes pour renforcer, aider, impulser des écoles et des projets, pas de crédits. Ils n’ont pas d’outils. Les résultats des élèves aux « évaluations », même placés dans des hits parades, ne sont pas des outils pour l’inspecteur. L’inspecteur n’agit pas « sur » les élèves, d’autant que généralement, il ne sait plus faire l’école (quand il a su le faire). Il pourrait agir « sur » ou de préférence « avec » les enseignants s’il y avait des outils d’observation et d’analyse des pratiques. Or, à ce jour, et avec la disparition de la recherche et de la formation, la situation ne pourra que s’aggraver, le système est incapable de mettre les résultats des élèves en rapport avec les pratiques qui les produisent. C’est l’absence totale de réflexion de mobilisation de l’intelligence collective sur ce problème fondamental qui permet hélas d’affirmer que cette notion est une escroquerie intellectuelle. Les inspecteurs ne disposent aujourd’hui que de deux armes : l’incantation et l’injonction. On sait que l’on ne peut rien faire avancer avec ces sabres de bois liés à des positionnements hiérarchiques quant les enseignants ont besoin de formation, d’accompagnement et de respect.

 

L’éthique du futur

 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 10:48

In Le Parisien

 

C03-23Les CM 2 de l’école Anatole-France à Villeneuve-Saint-Georges ne sont pas prêts d’être évalués. Hier matin, répondant à l’appel national de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves), une dizaine de parents ont empêché la distribution des cahiers, sous l’œil compréhensif des enseignants.

 

Dès 8 heures, ils se sont glissés dans l’école pour bloquer l’accès du bureau du directeur. Les évaluations sont ainsi restées dans les cartons. Et toute la journée, ces parents mobilisés ont fait le pied de grue devant la direction, dans la bonne humeur. Même s’ils ont eu la visite de l’inspectrice académique de circonscription, les « menaçant de faire venir la police pour les déloger demain (NDLR : aujourd’hui) s’ils continuaient à bloquer », racontent-ils.

 

 

Pendant ce temps, les écoliers ont eu cours normalement. « Comme ça, ils ont pu apprendre ce qu’ils ne savent pas encore et sauront répondre aux évaluations », raille Philippe Nouvier, secrétaire de l’union locale de la FCPE. Pour ce parent, ces tests sont inquiétants : « Que vont-ils faire des notes? Comme au lycée, on risque de se retrouver avec un classement des bonnes et mauvaises écoles. »

 

Hier, la FCPE n’avait pas lésiné sur les moyens pour sensibiliser les familles. Dès le passage piétonnier devant le groupe scolaire, le ton est donné. « Nos enfants ne sont pas des cobayes », prévient une pancarte, accrochée au feu tricolore. Lisant cela, des automobilistes klaxonnent en guise de soutien. A la sortie de l’école, Jean-Luc, qui attend son fils, comprend le mouvement de grogne. « Faire des évaluations en milieu d’année ne rime pas à grand-chose, estime ce papa. Surtout que j’ai entendu qu’il y avait des exercices sur le passé simple ou l’impératif. Mon fils n’a pas encore vu ces temps en classe! »

 

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 17:46

In Quelle école pour demain ?

 

evaluation1.jpgLundi, c’était donc le premier jour des nouvelles "évaluations nationales" dans les classes de CM2. Un truc important, la preuve, on en parlait même à  la télé... Le maître a espacé les tables et distribué les livrets roses...
 
 Il a annonce solennellement :
 "Le texte qui figure dans votre livret est extrait d’un livre dans lequel  deux fillettes, orphelines ont été recueillies par une vieille femme qui les envoie acheter des choux. L’une d’elles, Doussia, a dans sa poche l’argent que la vieille femme lui a donné et une image représentant un Japonais qu’elle a découpée dans le journal. Les deux fillettes attendent depuis longtemps, au marché, dans une longue file….
 
 Lisez silencieusement la suite de l’histoire puis répondez aux questions.
 Vous pouvez relire le texte ou des parties de texte si vous en avez besoin pour répondre aux questions. Quand un mot est suivi d’une astérisque, son sens est précisé dans la marge. Vous avez 25 minutes.
 
 Déjà, pour Djamila qui arrive détendue, qui a bien dormi, qui se sait plutôt forte en lecture, ça sonne un peu bizarre... Elle n’a pas tout compris. Elle était compliquée, la phrase du maître, avec Doussia, et puis ce Japonais dans la poche...
 
 Mais analysons un peu la complexité de cette introduction. Première phrase de la consigne, dont une partie est reprise telle quelle dans l’amorce du texte : Le texte QUI figure dans votre livret est extrait d’un livre DANS LEQUEL deux fillettes, orphelines ont été recueillies PAR une vieille femme QUI les envoie acheter des choux.
 
 Trois subordonnées enchâssées pour se mettre en jambes, ne me dites pas que vous avez compris cette phrase dès sa première lecture. Mais continuons :
 
 L’une d’elles (les fillettes orphelines), Doussia, a dans sa poche l’argent QUE la vieille femme (celle qui les a recueillies et aussi celle qui les envoie au marché) lui a donné (à Doussia) et une image représentant un Japonais (qu’est-ce qu’il vient faire là ?) QU’elle (Euh là, si on s’en tient à la rigueur grammaticale, c’est la vieille femme qui tient les ciseaux) a découpée dans le journal.
  Donc, tout va bien, personne n’a décroché au contact du Japonais, le prénom Doussia suffit à faire savoir que nous nous trouvons en Russie...
 
 Les deux fillettes attendent depuis longtemps, au marché, dans une longue  file…
 
 Là, si on est, depuis son plus jeune âge, un ami des livres, on sait qu’attendre dans une file, c’est la même chose que faire la queue. Et puisqu’on attend des heures pour un chou, c’est que le mur de Berlin n’est pas encore
 tombé... Mais je m’égare.
 

 Analyse des évaluations de français
 
 Analyse des évaluations de maths
 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 17:30

 

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In Mediapart

 

Par claude lelièvre

 

 

Chacun voit l’incongruité de faire passer des tests en plein milieu de l’année scolaire. Mais cela se poursuit de façon obstinée, sans aucune justification énoncée car elle est encore masquée.

 

Lorsque les évaluations par tests nationaux ont commencé ( en CE2 et en sixième ) elles ont été programmées en début d’année scolaire, car elles avaient clairement un objectif ‘’diagnostic’’ qui pouvait être clairement affiché.

 

On en est maintenant à une passation de tests nationaux en fin d’année de CE1 ( en fin de deuxième cycle du primaire ),et à une passation en milieu de l’année de CM2. On n’a pas osé aller franchement jusqu’à la logique du déplacement effectué ( non plus en début d’année de sixième, comme élément diagnostic ) mais en fin de CM2 ( comme fin du dernier cycle du l’école élémentaire ) car cela aurait trop rendu visible ce qui était cherché : acclimater petit à petit une évaluation terminale de l’école élémentaire, prélude à un retour à un examen d’entrée en sixième.

 

Car une partie de la droite politique est désormais décidée à aller dans cette direction rétroactive ( en sens contraire de tout ce qui a été mis en place durant les années gaulliennes de la cinquième République ).

 

Et Jean-François Copé a dit récemment tout haut ( fin octobre dernier ) ce que beaucoup de ceux là pensent tout bas : " l’entrée au collège ne doit se faire que pour l’enfant qui maîtrise totalement les savoirs fondamentaux : mon idée est de créer un examen de fin de CM2, d’évaluation des enfants ; ce serait un examen de passage en sixième "

 

Et voilà pourquoi notre fille ( l’Education nationale ) est muette : elle agit en ce sens, sans dire pourquoi ( et pour cause) car rien n’est encore tranché au vu des difficultés prévisibles ( non résolues d’avance ) de la mise en place effective d’une telle décision.

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 07:36

 

In Café Pédagogique

 

Les évaluations CM2 coulées sur Internet

 

La publication sur Internet des évaluations de CM2 vient s'ajouter au refus de ces évaluations par plusieurs syndicats et par la FCPE. Une nouvelle attaque vise l'utilisation par l'éducation nationale du fichier des évaluations. Ces nouveaux coups amènent le Se-Unsa à demander le retrait des évaluations.

 

"Sabotage !" lance le ministre dans un communiqué AFP. Et il menace  "d'engager des poursuites" contre les responsables de ce torpillage des évaluations. Ce qui met en colère Luc Chatel c'est la publication sur Internet des évaluations de CM2 qui ont démarré ce lundi 17 janvier. Un groupe de parents a ouvert ce week-end un site où ils proposent les cahiers d'évaluation de français et de maths. L'accès au site et aux fichiers est bloqué par l'hébergeur mais cette contrainte est très facilement contournable. L'AFP mentionne aussi un site syndical de la Meuse qui a vu exploser son nombre de connexions ! Il propose maintenant un logiciel permettant de neutraliser des items et donc de ne faire passer que les questions vues en classe. En 2009, les cahiers avaient déjà été publiés sur Internet. Les altérations dans le déroulement des épreuves avaient été massives,  amenant le ministère à affecter les résultats d'un coefficient correcteur qui leur retirait tout caractère scientifique. Le crue 2010 avait été meilleur, avec moins d'incidents, et leur reprise peut surprendre le ministre.

 

Dans un communiqué, le Se-Unsa demande le retrait de ces évaluations. "C’est dans la plus grande confusion que les évaluations viennent de débuter aujourd’hui dans les classes de CM2. Déjà largement contestées par la communauté éducative, elles sont en train de virer au fiasco", estime le syndicat. " La diffusion publique à grande échelle des livrets d’évaluation sur internet vient porter le coup de grâce à un dispositif inadapté, mal pensé et mal organisé". Le Se-Unsa "demande le retrait du dispositif en cours et revendique d’autres évaluations au service des élèves et de leurs enseignants. Il continue ainsi de défendre le principe pertinent « d’évaluations-diagnostiques » placées en début du CE2 et du CM2 et visant des compétences du socle commun". Ainsi en quelques jours les évaluations sont rejetées par trois syndicats, la CGT, Sud et maintenant le Se-Unsa. Le Snuipp, majoritaire, demande " une remise à plat" et l'abandon du dispositif.

 

Une nouvelle torpille pourrait bien donner le coup de grâce à ces évaluations. Le Collectif national de résistance à Base élèves rappelle qu'une circulaire de 2008 prévoit que les résultats des évaluations nationales de CM2 soient transmis au collège d'accueil , alors que le ministère promet que mes parents "sont les seuls avec les maîtres à connaître les résultats". Pour le CNRBE, la date de passage des évaluations, qui est un point important de contentieux, dépend de l'utilisation des données dans le dispositif Affelnet 6ème en test dans plusieurs départements. Le collectif lit le codage binaire des évaluations comme un moyen de tri des enfants. " Ces évaluations permettent de faire ce tri : les enfants en difficulté et les enfants « excellents ». Les parents et les enseignants, sans même avoir conscience des fichages qui se mettaient en place, ont su en révéler l’absurdité". Ainsi ces évaluations, mal négociées avec la profession et les parents, éveillent tous les fantômes et les fantasmes. Pour Luc Chatel un vrai cauchemar !

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 21:22

In CNRBE

 

Communiqué du CNRBE, 17 janvier 2011. — Depuis leur apparition en 2009, les évaluations nationales de CM2 et CE1, imposées par le Ministère à coup de primes aux enseignants ou au contraire de sanctions pour les récalcitrants, ont réuni la quasi totalité de la communauté éducative contre elles (cette année comme les précédentes).

 

Elles ont déchaîné les critiques parce qu’elles ont été regardées, naïvement peut-être, avec une perspective pédagogique. On les a trouvées mal faites, mal placées dans l’année, absurdes, incohérentes … Mais si on les considère avec la perspective du fichage  des compétences qui doit marquer chaque enfant à vie, ces absurdités prennent brutalement une cohérence redoutable.

 

 De nombreux parents et enseignants seront peut être surpris d’apprendre que les résultats des évaluations nationales CM2, annoncés haut et fort comme parfaitement anonymés avant transmission, sont transmis au collège d’accueil des élèves, inscrits définitivement dans le livret scolaire électronique de l’enfant, et ce conformément à la circulaire n° 2008-155 du 24-11-2008 relative à la mise en oeuvre du livret scolaire à l’école:

« À la fin de l’école élémentaire, le livret scolaire est remis aux parents. Les éléments relatifs à la maîtrise des connaissances et des compétences en CM2, les résultats aux évaluations nationales en CM2  [...] sont transmis au collège d’accueil de l’élève.« 

Cela est en totale contradiction avec la présentation du dispositif des évaluations nationales CE1 et CM2 publiée sur le site officiel du ministère de l’éducation nationale qui affirme:

« Les résultats de chaque élève sont communiqués à ses parents par le maître de la classe ou le directeur de l’école. Ils peuvent ainsi mieux suivre les progrès de leur enfant. Ils sont les seuls, avec les maîtres, à connaître les résultats individuels de leur enfant.« 

De plus, il est probable que les résultats des évaluations CM2 seront bientôt utilisés (si ce n’est déjà le cas dans certains départements) pour orienter et affecter automatiquement les élèves au collège en utilisant l’application « Affelnet 6ème ».

 

Peu de parents et d’enseignants connaissent « Affelnet 6ème ». Cette procédure est pourtant déjà depuis l’année dernière, en cours d’expérimentation dans 8 départements (7 académies pilotes – cf cette source officielle) : 95 – Val d’Oise (Versailles) / 41 – Loir et Cher (Orléans-Tours) / 61 – Orne (Caen) / 16 – Charente (Poitiers) / 17 – Charente Maritime (Poitiers) / 35 – Ille et Vilaine (Rennes) / 59 – Nord (Lille) / 94 – Val de Marne (Créteil).

 

C’est une procédure entièrement automatisée, qui permet de traiter simultanément l’affectation de l’ensemble des élèves d’une même académie grâce à un système de classement des élèves — d’où l’intérêt évident d’utiliser les évaluations nationales CM2 pour classer les élèves et traiter leur dossier en fonction de ce classement.

 

Au cours de la procédure, les dossiers des élèves sont dématérialisés (c’est à dire, numérisés), traités automatiquement avec l’application Affelnet 6ème via Base élèves (BE1D) et transférés automatiquement dans Sconet (l’équivalent de Base élèves pour le second degré). Les dossiers des élèves issus de la base BE1D sont intégrés dans l’application Affelnet 6ème par les inspecteurs d’académie. Ainsi, contrairement à ce qu’affirme le ministère, les résultats des évaluations CM2 remontent donc nécessairement nominativement au moins au niveau académique. Ce sont par ailleurs également les inspecteurs d’académie qui sont chargés de paramétrer l’application Affelnet 6ème. Enfin, les collèges publics des départements concernés importent les dossiers de leurs élèves entrant en 6ème via Sconet.

 

Alors que le Conseil d’Etat a jugé illégales les mises en relation de BE1D avec d’autres fichiers, le ministère s’est contenté d’envoyer une simple modification de Base Elèves à la CNIL en octobre 2010 pour y ajouter les applications suivantes:

  • BNIE (base nationale des identifiants)
  • les fichiers des mairies
  • Affelnet 6ème

Ceci ne fait que démontrer, une fois de plus, le caractère évolutif et les multiples utilisations possibles de Base élèves que s’autorise l’Etat. Dorénavant, par le biais de sa mise en relation avec l’application nationale Affelnet 6ème, ce dispositif permettra d’orienter et d’affecter automatiquement tous les élèves quittant l’école pour le collège, et ce, sans que les enseignants et les parents aient leur moindre mot à dire… suivant une procédure que le ministère déclarera juste et équitable, puisque « ce sera la machine qui décidera » et que « tout le monde sera traité de la même manière » !

 

Parents, on vous dira qu’il ne s’agit évidemment pas de cataloguer votre enfant dès son arrivée au collège, mais que cet outil est indispensable pour lui apporter le plus rapidement possible les aides personnalisées nécessaires pour qu’il acquière au minimum le socle commun… Ou comment donner une caution faussement pédagogique à une entreprise de fichage des données personnelles d’une ampleur jusqu’à présent inégalée.

 

L’élite, repérée depuis la maternelle, fera l’objet d’un suivi particulier qui lui permettra d’intégrer les établissements d’excellence, et plus tard, de suivre des études supérieures… à condition d’en avoir les moyens bien sûr !

 

Enfin, n’oublions pas qu’un super fichier, le « livret scolaire électronique » contiendra le fichier appelé trompeusement « livret personnel de compétences » (LPC) qui sera alimenté par les évaluations. Il servira à l’orientation du jeune puis le suivra, dans sa totalité ou en partie, tout au long de sa vie, alimentant un super CV électronique. Ainsi, alors que le livret scolaire et le CV étaient propriété de la personne, ils lui échapperont désormais. Plus aucun enfant ne pourra « perdre »  son casier scolaire qui ne le quittera plus jamais ! Et ce, au mépris du droit à l’oubli !

 

Aujourd’hui, les parents et les enseignants mais aussi de nombreux inspecteurs, dénoncent la date des évaluations en janvier sur des notions non apprises… Le calendrier de la procédure « Affelnet 6ème » explique de manière simple pourquoi les évaluations CM2 ont lieu à cette période de l’année, les résultats devant être disponibles suffisamment tôt pour pouvoir être pris en compte dans la procédure (*).

 

Fortement contesté par les parents et les enseignants, le codage vrai-faux (1-0) ne reflète absolument pas le niveau des enfants… mais ce codage binaire permet de numériser et d’intégrer facilement les résultats des élèves dans une application numérique nationale. Le Livret Personnel de Compétences obéit à la même logique.

Ainsi, voulant à la fois gérer des traitements de données personnelles pour tracer les jeunes et des systèmes automatiques pour « piloter » l’éducation, l’Etat en vient à produire des systèmes absurdes qui vont à l’encontre de toutes les connaissances sur les apprentissages et sur l’enfant. On sait que l’idéologie du moment est le retour en force du déterminisme, avec ses attributs classifications et prédictions, et l’abandon des principes mêmes de l’école publique par la création d’écoles d’excellence et une orientation précoce. Ces évaluations permettent de faire ce tri : les enfants en difficulté et les enfants « excellents ». Les parents et les enseignants, sans même avoir conscience des fichages qui se mettaient en place, ont su en révéler l’absurdité.

 

Le CNRBE

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 12:58

eval1

In Libération

 

Entre lundi et vendredi, les 730.000 élèves de CM2 passeront des évaluations en français et mathématiques. Cette semaine, les quelque 730.000 élèves de CM2 passeront des évaluations en français et mathématiques, contestées pour la troisième année consécutive par les syndicats enseignants et les parents de la FCPE.

Les élèves du public et du privé passeront pendant un ou deux jours des tests identiques qui comportent 60 questions en français et 40 en mathématiques. Dix grandes «compétences» sont mesurées: «lire», «écrire», «vocabulaire», «grammaire», «orthographe», «nombres», «calculs», «géométrie», «grandeurs et mesures», «organisation et gestion de données».

Ces évaluations sont fortement critiquées depuis leur lancement en 2009 en raison du calendrier (qui n’en font ni un diagnostic pour l’ensemble de l’année à venir, ni un bilan), du mode de notation binaire et du risque de mettre en concurrence les écoles.

Boycotts, publication des éval' sur internet...

Les évaluations controversées sont disponibles sur internet, sur au moins deux sites, sur le site «Evaluator» (en pdf, ici) et sur celui du syndicat d’enseignants SNUipp-FSU de la Meuse.

 

Du coup, des parents d’élèves d'une école parisienne ont décidé dimanche de les diffuser par mail aux parents d’élèves de CM2 et d’en distribuer lundi matin des versions papier devant l’école. «Nous avons même distribué six exemplaires corrigés par nos soins», a affirmé deux membres de l’association de parents FCPE locale, expliquant qu’il s’agissait ainsi de contester les évaluations et de «mettre tous les élèves sur un même pied d’égalité».

La FCPE appelle par ailleurs «les parents d’élèves à bloquer les évaluations en refusant la transmission des résultats de leur enfant hors de la classe» par courrier, auprès de l’enseignant, du directeur de l’école et de l’inspecteur d’académie.

 

La CGT et Sud Education, syndicats minoritaires, ont déposé des préavis de grève, tandis que sur son site internet, le réseau des enseignants «désobéisseurs», appelle au «boycott» du dispositif.

 

La suite...

 


Courrier type

 

Monsieur le Ministre,

 

Nous sommes Lundi 17 janvier 2011, 7h20, avant le début des épreuves d’évaluation des élèves de CM2.

 

Pourtant, les sujets de ces épreuves sont déjà disponibles sur le WEB ( http://evalsnats.eklablog.fr/).

Ci-joint les PDF de ces sujets.

 

Considérant que ces évaluations sont irrémédiablement faussées par cette divulgation prématurée, je vous demande de les annuler.  

 

En l’absence de cette annulation, je déposerai un recours en annulation auprès du Conseil d’Etat.

J’adresse ce jour copie de ce courrier électronique au Canard Enchaîné et à Mediapart.

 

Avec mes salutations citoyennes et pédagogiques,

 

M. M. , parent d’élève de CM2.

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 18:49

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In 20 minutes

 

La FCPE appelle au boycott des examens en classe de CM2...

 

Les années se suivent et les appréciations sont toujours aussi mauvaises pour les évaluations des élèves en classe de CM2. Lancées il y a trois ans pour permettre au gouvernement de «piloter le système éducatif» (lire encadré), elles doivent débuter lundi prochain dans toutes les écoles de France. Sauf que la FCPE – première fédération de parents d'élèves de France – vient d'appeler ses adhérents à bloquer l'examen. «Maintenir les évaluations au mois de janvier est une erreur profonde, indique l'organisation. Il n'est pas acceptable que des enfants soient évalués sur des choses qu'on ne leur a pas encore enseignées.»

 

Des notions longues à acquérir

Divisés en deux matières – français et mathématiques –, les tests doivent évaluer les connaissances des élèves sur le contenu des trois dernières années de programme. «Il y a, par exemple, certains temps en conjugaison, les décimaux ou la géométrie en mathématiques, explique Luc, enseignant de 45 ans à Chambéry (Savoie). Le problème, c'est qu'il faut du temps aux enfants pour acquérir ces savoirs. Avec un test en janvier, il est fort probable qu'on les interroge sur des notions qu'ils n'ont pas encore intégrées.»

 

La suite...

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 20:53

C03-03

Les évaluations nationales ne passeront pas par nous !

 

Le Réseau des enseignants du primaire en résistance diffuse ce jour un appel au boycott des évaluations nationales CM2 signé nominativement par 200 professeurs des écoles. Cet appel s’inscrit dans la continuité des actions collectives de résistance pédagogique organisées par les enseignants du primaire pour lutter contre les pseudo-réformes qui déconstruisent l’école publique.


Intitulé « Les évaluations nationales ne passeront pas par nous ! », cet appel est soumis à la signature des enseignants du primaire sur le site http://resistancepedagogique.org/site/.

 
Il est d’ores et déjà soutenu par plusieurs personnalités, telles Philippe Meirieu, Pierre Frackowiak, Hubert Montagner, André Ouzoulias, Laurent Ott et Daniel Calin.

 
Le Réseau des enseignants du primaire en résistance appelle les syndicats d’enseignants à soutenir cette initiative et à relayer largement cet appel auprès de leurs adhérents  et de l'opinion publique.

 
Contacts :
contact@resistancepedagogique.org

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 07:26

La fédération SUDéducation a déposé un préavis de grève pour les journées des 17, 18, 20 et 21 janvier, afin de couvrir tous les enseignants qui refusent de faire passer les évaluations de CM2 et tous ceux qui s’associeront à cette action.

 

SUD éducation appelle à faire grève pour mettre en échec l’opération ministérielle des évaluations mais aussi toute pression de la part de la hiérarchie (un gréviste ne peut être sanctionné !) et à refuser toute tentative de report des épreuves, puisqu’il s’agit d’un calendrier national identique pour tous les élèves. Deux jours de grève suffisent. Vous avez jusqu’au jeudi 13 janvier pour déposer vos déclarations d’intention.

 

- Les évaluations nationales ne servent ni au diagnostic ni à la remédiation des difficultés des élèves.
- Elles servent à légitimer les dispositifs d’aide individualisée (stage de remise à niveau, aide personnalisée) largement contestée par la profession.
- Elles contribuent à la standardisation pédagogique de nos pratiques de classe. A chaque nouvelle réforme, notre liberté pédagogique est un peu plus restreinte.
- Le versement de la prime de 400 euros divise les personnels et instaure une individualisation des salaires qui va à l’encontre de l’augmentation générale des salaires que nous défendons.

 

L’objectif réel est la mise en concurrence des élèves, des enseignantEs et des écoles.

 

La fédération SUD Education appelle les équipes enseignantes à s’organiser collectivement pour refuser les évaluations nationales CM2.

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