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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 17:30

In Libération

 

par Véronique Soulé

 

La loi sur l’autonomie des universités initiée par Nicolas Sarkozy a pour effet pervers de plomber les budgets des établissements : huit sont dans le rouge pour la seconde fois.

 

C03-24La grande majorité des universités françaises sont aujourd’hui autonomes. C’est un sujet de fierté pour l’UMP qui compte en faire un argument de campagne : avec la loi LRU (sur l’autonomie), les universités se sont réveillées, devenant dynamiques, ambitieuses… Le problème est que huit d’entre elles sont en déficit pour la seconde année consécutive. Et que plusieurs autres se demandent comment elles vont boucler leur budget 2012.

 

Devant ces problèmes financiers, les détracteurs de la LRU, qui l’ont combattue dans la rue en 2009, clament qu’ils avaient raison et demandent son abrogation. Les partisans - notamment les présidents d’université qui l’ont mise en place - sont plus mesurés. Mais ils ne cachent pas leur inquiétude. D’après eux, l’autonomie reste une bonne chose dans le principe. Mais, sans moyens, elle perd nettement de son intérêt.

 

Structurels. Officiellement, tout ça n’est pas bien grave. En annonçant le 17 novembre que 8 universités, sur 83, étaient dans le rouge et allaient voir leurs budgets arrêtés par les recteurs, le ministre de l’Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, s’est félicité que «la très grande majorité soit en bonne santé financière». Face à des difficultés présentées comme passagères, en partie imputables à la mauvaise gestion des présidents, le ministre préfère rappeler les efforts sans précédent faits sous Nicolas Sarkozy pour avoir des universités qui brillent dans le monde.

 

Mais, en attendant de damer le pion aux britanniques et aux américaines qui monopolisent la tête des classements, plusieurs facs françaises n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Les sommes en jeu ne sont pas considérables, mais il s’agit souvent de déficits structurels qui se creusent d’année en année.

 

L’université de Limoges, l’une des premières à être devenue autonome, affiche un déficit de 3 millions d’euros en 2010, après un trou de 1 million d’euros en 2009. A Nantes, le président, Yves Lecointe, parle de 4 millions d’euros manquant pour financer les salaires. «On nous avait annoncé des moyens supplémentaires et des marges de manœuvre, mais on ne les a pas eus», dit-il. Le président de l’université de Bretagne-Sud, Olivier Sire, évoquant une «situation extrêmement critique», a décidé de geler 20 postes. A Pau, il manque 2 millions d’euros pour boucler le budget. Mais la direction veut encore se battre et refuse d’adopter un plan d’austérité. «Nous sommes une petite université, et si on devait fermer des filières, on se tirerait une balle dans le pied», explique Jean Ortiz, du Snesup, le principal syndicat du supérieur hostile à la LRU.

 

Comment en est-on arrivé là ? Il y a d’abord une raison technique. En devenant autonomes, les universités se sont retrouvées à gérer leurs masses salariales, ce qui était avant du ressort de l’Etat. Les règles comptables ont alors changé. Les frais d’inscription, par exemple ceux de 2011-2012 perçus à la rentrée, ne peuvent plus être comptabilisés sur l’année 2011. Un tiers seulement peut l’être, le restant devant être reporté sur 2012. Cela provoque souvent un déficit mécanique.

 

Mais ce n’est pas l’essentiel. «Avec l’autonomie, l’Etat a transféré aux universités des budgets souvent 3 à 4 fois supérieurs à ce qu’ils étaient avant, car grossis de la masse salariale. Mais, dans le calcul de départ, certaines se sont retrouvées sous-financées», explique Louis Vogel, le président de la CPU (Conférence des présidents d’université), par ailleurs à la tête de Paris-II-Panthéon-Assas.

 

Promesses. Or, il n’existe aucun système d’actualisation pour corriger ces problèmes. Et les budgets ne bougent pratiquement pas d’année en année. Les charges pesant sur les universités, elles, s’accroissent. Dans le cadre de la «nouvelle licence», les facs doivent, par exemple, augmenter le nombre d’heures de cours. Certaines, incapables de les financer, ont renoncé. L’Etat, qui a voulu privilégier le supérieur et la recherche, dispensés de la règle du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, n’a, en plus, pas tenu toutes ses promesses. Sarkozy s’était engagé à augmenter chaque année le budget de 1 milliard d’euros. Les présidents d’université et les syndicats pro-LRU, comme le Sgen-CFDT, soulignent qu’un gros effort a été fait les premières années. Mais ils reconnaissent que le compte n’y est pas. Le budget 2012 est même en légère baisse en termes réels.

 

L’Etat a par ailleurs oublié de financer le GVT - glissement vieillesse technicité -, la hausse de la masse salariale par le seul fait du vieillissement de certains personnels qui changent d’indice. Plusieurs universités sont alors passées au rouge. La CPU a bien obtenu une rallonge de 14,5 millions d’euros. Mais le problème risque de se reposer l’an prochain. «Laurent Wauquiez et avant lui Valérie Pécresse n’ont cessé d’afficher des sommes mirobolantes, souligne Stéphane Tassel, responsable du Snesup. Mais avec les années, les masques tombent : la LRU, c’est bien le désengagement de l’Etat.» D’autres sont plus diplomates. «En théorie, le bilan de la LRU est bon, les universités peuvent enfin mener leur propre politique, explique Louis Vogel. Mais s’il n’y a pas les moyens de financer l’autonomie, le principe risque d’être remis en cause. Au-delà, le pays doit s’interroger: pour sortir de la crise, est-il prêt à mettre le paquet sur l’université ?»

 

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 19:10

In Libération

 

A Paris, le rectorat veut recourir à des contrats précaires pour palier les absences. Un recul historique, pour les syndicats.

 

«Vous êtes étudiant ? Vous avez une licence ou vous préparez un master ? L'académie de Paris recrute des enseignants contractuels, des vacataires et des assistants de langues pour effectuer des vacations.» Devenues monnaie courante dans le secondaire, les petites annonces «cherche prof» sont en passe de concerner aussi le premier degré. Au grand mécontentement des syndicats de professeurs des écoles, qui organisaient ce mercredi un rassemblement commun (SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-UNSA, SUD Education) sous les fenêtres du ministère de l'Education à Paris pour s'opposer à ce qu'ils estiment être un «énorme retour en arrière».

Jusqu'à présent, en cas d'absence d'un professeur des écoles (malade, en formation, en congé maternité, muté, en disponibilité...), les académies puisaient dans un double vivier : celui des titulaires remplaçants (apellés «brigades» ou «ZIL», pour Zone d'intervention localisée, selon la durée et la zone de remplacement), et celui de la liste complémentaire du concours de professeur des écoles, sorte de liste d'attente des lauréats.

Mais entre la réduction des postes, y compris ceux des remplaçants (33 de moins à Paris cette année) et celle de la liste complémentaire du fait de a réforme de la masterisation, le contingent se tarit. Et c'est toute la chaîne qui se grippe. D'où le recours aux contractuels, c'est-à-dire en contrats à durée déterminée, pour boucher les trous qui s'annoncent.

Ainsi, fin octobre, 180 étudiants de master 2 n'ayant pas été admis au concours ont reçu un courrier du rectorat leur proposant d'assurer des cours à temps complet «pour une période qui pourrait aller de quelques semaines à quelques mois». 80 ont répondu positivement, précise le rectorat, qui dédramatise en parlant de «petits ajustements» «pour pourvoir à d'éventuels besoins qui pour le moment ne se font pas sentir». Les 600 remplaçants titulaires en poste dans l'académie suffisent, assure-t-on.

«Contrats jetables»

Mais dans une situation de flux tendu, les besoins en question ne manqueront pas d'arriver sitôt l'hiver et la première épidémie de grippe venus, prédisent les syndicats, pour lesquels le recours aux contractuels est inacceptable à double titre.

D'abord, l'insuffisance de formation de ces nouvelles recrues. «Ces contractuels pourront être n'importe qui. Le gars va débarquer devant les élèves non formé. Si ça marche, tant mieux, et si ça marche pas, l'académie fermera les yeux», dénonce Thierry Pousin, secrétaire général du Sgen-CFDT Paris. «Ça veut dire qu'on considère que l'on peut mettre quelqu'un sans formation sur un poste de prof. Mais enfin, ce n'est pas parce qu'on a une maîtrise de maths qu'on sait transmettre ! Enseigner, c'est un métier», souligne aussi Brigitte, prof des écoles à Paris et membre du SNUIpp-FSU, le principal syndicat du primaire.

L'inspecteur d'académie chargé du premier degré, Gérard Duthy, rétorque que «les étudiants contactés, en master 2, présentent toutes les garanties puisqu'ils ont tous dans le cadre de leur cursus effectué des stages, d'observation mais aussi en responsabilité».

Autre motif de contestation des syndicats, la précarité induite par cette mesure, qui «remet en cause le statut de fonctionnaire d’Etat pour tous les personnels enseignants». «Ce sont des contrats jetables, sans perspective. C'est aller vers une privatisation de l'école», s'alarme Sylviane, prof des écoles et membre du SNUIpp.

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 17:14

gueant2.jpg

In Café Pédagogique

 

La trêve des expulsions n’existe pas. Et elle n’est pas prête de voir le jour. La crise, les élections, tout est bon pour lui trouver des raisons de ne pas être. Abdoul Diaw est prof d’anglais depuis 10 ans. De nationalité sénégalaise il n’a eu jusqu’ici aucun souci pour enseigner, sept établissements différents, un nouveau contrat en perspective. Mais voila en 2011, il a divorcé de son épouse française. Pour le Ministère de l’Intérieur, c’est simple, plus de mariage, plus de liens avec la France. Ah bon, et les élèves et les équipes dans les établissements, et les liens tissés au fil de la vie quotidienne, ils sont virtuels ?

 

Les étudiants étrangers eux doivent retourner à la fin de leurs études dans leur pays d’origine. Claude Guéant nous le disait dimanche sur les ondes de Radio-France c’est pour aider les pays pauvres. Ben oui par exemple au Bénin il n’y a presque pas de cardiologue tandis qu’en France il y a plein de cardiologue béninois. Donc si la cardiologie béninoise est faible c’est que les cardiologues sont tous ici. Ah, les hôpitaux sont faiblement équipés et il y a sans doute peu de services cardiologie au Bénin, une broutille, il suffit que les cardiologues reviennent pour que les cœurs du pays battent en toute sécurité. Foin d’appui au développement, des talents, des talents et rien que des talents.

 

Puisque nous sommes à l’ère de la droite décomplexée, un étudiant étranger ne pourra à la fin de ses études occuper un emploi en France que dans la certitude que cet emploi ne peut être exercé par un français avec tous ses papiers en règle. La circulaire du 31 mai est appliquée scrupuleusement par les préfectures. Et une promesse d’embauche ne vaut rien face aux nécessaires statistiques. Claude Guéant poursuit avec obstination son objectif chiffré, peu importe qu’à la clé ce soit l’attractivité de l’enseignement supérieur qui soit en jeu, et peu importe encore moins que des espoirs soient mis en miette. L’humain n’est rien face aux chiffres, tous les êtres raisonnables l’admettent.

 

Et tous les êtres déraisonnables, dont je suis, le contestent. Fermer la porte pour une histoire de papier, lier la réussite à la nationalité est tout simplement inconcevable aujourd’hui. Parier sur la consanguinité, sur un espace confiné où seules les pattes blanches auront droit de résidence, c’est aller droit vers l’atrophie, l’enfermement. A l’école aussi ce sont les ailleurs qui agrandissent l’horizon. Et les ailleurs grandiront en retour. En écho aux propos de Claude Guéant entendus sur France Inter dimanche soir, « la prière de paix » de Senghor me revient en mémoire :  « Oui, Seigneur, pardonne à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques. Qui m'invite à sa table et me dit d'apporter mon pain, qui me donne de la main droite et de la main gauche enlève la moitié. »

 

Monique Royer

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 07:38

Le tribunal va juger sur le fond la fermeture du lycée Jean Moulin (Lyon 5eme)

C03-01.jpgSuite aux recours juridiques déposés le printemps dernier au tribunal administratif par plus de vingt personnes représentant le collectif pour l’avenir de la cité scolaire Jean Moulin (associations de parents d’élèves, syndicat de professeurs, ainsi que plusieurs parents d’élèves et professeurs à titre individuel), le rectorat et la région Rhône-Alpes sont convoqués jeudi 24 novembre à 9h00 au sujet de la « Non décision » de fermeture du lycée Jean Moulin.

En avril et mai dernier, les référés suspension ont été rejetés pour cause d’absence de décision formelle de fermeture et d’impossibilité de suspendre la mise en œuvre d’une décision qui n’existe pas !
Aujourd’hui, le rectorat a vidé le lycée Jean Moulin de ses élèves et de son personnel alors que l’assemblée plénière du conseil régional n’a toujours pas débattu sur ce sujet.
De leur côté, les collectivités territoriales ont accompagné cette absence de décision en finançant les travaux de restructuration des deux établissements (550 000 euros par la région sur St Just pour accueillir les lycéens de Jean Moulin).

Comme le collectif l’avait annoncé, les conditions de rentrée au lycée St-Just ont été difficiles :

  • la continuité pédagogique promise n’a pas été tenue pour plusieurs dizaines de lycéens,
  • le mercredi après-midi n’est désormais plus libre de cours,
  • les pauses de midi sont en majorité trop courtes pour déjeuner au restaurant scolaire,
  • aucune garantie de sécurité des locaux du « méga » lycée St Just n’est apportée (plus de 1700 élèves),


Coté « méga » collège Jean Moulin, ce n’est pas mieux :
La sécurité des sorties n’est toujours pas assurée (plus de 900 élèves).

La concentration des élèves dans des hyper-établissements déséquilibre l’enseignement public du secteur : le collège voisin Jean Charcot se rapproche d’une fermeture probable car il est passé cette année de 510 élèves à 316 (en plein Lyon 5ème !).
Pour mémoire, le collectif pour l’avenir de la cité scolaire Jean Moulin demandait la tenue d’un moratoire d’un an afin de réfléchir à toutes ces conséquences prévisibles.

Le juge osera-t-il encore évoquer l’absence de décision ? Considèrera-t-il que les procédures ont été respectées ?
Le rectorat et la région soutiendront-ils que leur décision a été prise dans l’intérêt des élèves et n’était pas précipitée ?

Pour en savoir plus, le collectif vous donne rendez-vous au tribunal administratif 184 rue Duguesclin (Lyon 3ème), salle 6 jeudi 24 novembre à 9h00 pour l’audience publique.

 

Contacts :

Pour le Collectif pour l'avenir de la cité scolaire Jean Moulin :

Michel BERTHELIER

Administrateur de la FCPE du Rhône
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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 18:51

 evaluation1.jpg

Les décrets (de la semaine)

Résumons, donc.

Tout d’abord un petit rappel. Les propos de Darcos en 2007. Les voici. On ne s’étonnera pas donc aujourd’hui :
«L’évaluation des professeurs devra être complètement revue. Les résultats et performances de l’établissement seraient rendus publics tous les ans. Les professeurs dont les élèves auront progressé ou réussi leurs examens ou certifications, les professeurs qui auront conduit avec succès à leur terme des projets pédagogiques ou éducatifs pourront bénéficier de primes. Le chef d’établissement serait dans ce cadre le principal évaluateur des personnels. Les corps d’inspection n’interviendraient dans l’évaluation de personnels que dans quelques cas précis : manquement graves, excellence et promotion. Ce sujet est sensible : il devra être longuement négocié. » (Rapport de mars 2007 au candidat Nicolas Sarkozy)

Ces décrets vont permettre de :

- réduire les coûts salariaux en fixant un rythme unique d’avancement sur la base la moins avantageuse, la comparaison de la « grille » jusque là appliquée et de la projection du nouveau modèle de « réduction d’ancienneté » le montre. Les rythmes de carrière seront bien plus lents que dans le système actuel. Et de loin ! Alors que dans l’ancien système il pouvait y avoir un décalage de prêt de 2,5 ans entre grand choix et ancienneté, désormais il n’y aurait guère plus de 5 mois. Après tout tant mieux car vu l’injustice de la notation...

- nous occuper à rien faire, sinon à nous auto-évaluer en permanence pour des prunes. Grilles dévaluation à faire et à remplir (par soi-même on n’a pas fini de rigoler), entretien tous les trois ans, ... même les chefs d’établissement vont finir par trouver ça lourd et chronophage. Voilà de quoi les réduire à des chefs du personnel alors qu’ils se targuent d’être des « pilotes », impulseurs d’idées, manageurs d’entreprise...

- donner un nouveau rôle au CA qui, nous disent les décrets, va valider les orientations de la politique d'établissement et définir du coup l’évaluation des pratiques professionnelles des enseignants. 

- inféoder les enseignants (enfin, ils sont tellement incontrolables) à un vrai chef (bien couillu) qui, loi de mobilité des fonctionnaires aidant, pourra sans doute un jour vous proposer trois postes et vous mettre à la porte.

- mettre de côté les programmes nationaux, grâce à la politique d’établissement dans le cadre de l’autonomie, ce qui va avec la volonté -prônée depuis l’OCDE - d’individualiser les parcours.

- faire des profs des agents publics locaux, de les préparer à les faire passer aux Régions, en dégradant tellement les conditions que lesdits enseignants ne pourront être qu’attirés par les statuts de la fonction publique territoriale (vous vous souvenez de ce qui est arrivé aux TOS ?).

Bref, une question grave se pose aujourd’hui : va-t-il falloir tous adhérer au SE-UNSA pour avoir de bonnes notes des chefs d’établissement quasiment tous au SNPDEN-UNSA ? Là vraiment, c’est le summum de la galère... TOUS EN GREVE (voir plus bas).


- Vexés comme des poux : les inspecteurs (des indicateurs de performance)

C'est sur internet (où le document avait "fuité") qu'ils ont appris les projets de décret du ministre leur retirant l'évaluation des enseignants pour la confier aux chefs d'établissements.
Voici par exemple un de leurs récents communiqués à ce sujet:

source Évaluation des enseignants du second degré par les seuls chefs d’établissement : le SNPI-FSU interloqué !

S’il a bien été reçu ce mardi 15 novembre 2011 au sujet de la circulaire qui accompagnera le décret sur la réforme de la gouvernance, le SNPI-FSU n’a pas été à ce jour destinataire des projets de décret et d’arrêté concernant l’évaluation des enseignants. Il les a découverts sur internet et il est donc trop tôt pour qu’il en produise en analyse détaillée. Cependant, il est probable que l’hypothèse et la crainte qu’il a maintes fois émises de voir la fonction d’inspecteur se transformer en celle d’un contrôleur d’indicateurs de performance se trouvent confirmées.

 

Toujours plus !

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 18:44

In Café Pédagogique

 

C'est la décision aujourd'hui des syndicats du primaire qui donnera à la journée du 15 décembre sa coloration. Après la publication le 15 novembre des projets de décret et d'arrêté sur l'évaluation des enseignants, les syndicats du second degré ont décidé de ne pas attendre le 21 pour prendre position. Vendredi 18, ils annonçaient leur décision d'appeler à la grève pour le 15 décembre.

 

Signé par la quasi totalité des organisations du second degré  (Cgt, Se-Unsa, Sgen Cfdt, Sncl Faen, Snes Fsu, Snep, Snuep, Snlc FO, Sud) l'appel "condamne unanimement les projets de texte sur l'évaluation des personnels enseignants". "La fin de la double évaluation (NDLR : par le chef d'établissement et l'inspecteur) reviendrait à reléguer au dernier plan ce qui constitue le coeur du métier, à savoir le travail en classe avec les élèves", note encore le communiqué. Les syndicats appellent donc les personnels du second degré à signer une pétition unitaire en ligne et à faire grève le 15 décembre.

 

C'est au tour aujourd'hui des syndicats du premier degré (Snuipp, Se-Unsa, Sgen) de décider de leur position. Le Snuipp a clairement fait entendre son intention d'appeler à la grève. Les deux autres organisations ont ratifié l'appel du 2nd degré... Cependant la situation est différente dans le premier degré. Des différents aspects des textes, les enseignants du 2nd degré ont surtout retenu l'évaluation par le chef d'établissement. Dans le premier degré l'évaluation reste le fait de l'inspecteur. Ce sont donc les autres aspects du texte qui pourraient mobiliser les enseignants, comme le ralentissement de l'avancement , et donc de la progression salariale, prévue par le nouveau système. L'évaluation des enseignants selon les progrès des élèves n'a pas été relevée par les syndicats jusque là.

 


 

Evaluation : et si on sortait de la langue de bois… ?

 

On pourrait trouver étonnante la réaction des syndicats enseignants, presque unanime , d’appeler à la grève contre la modification des modalités d’évaluation et d’avancement de leurs mandants. Ce serait oublier combien le sentiment des profs sur ces questions est à vif, surtout dans le second degré. Depuis plusieurs années, la double tutelle des chefs d’établissement et des IPR ou IEN disciplinaires sent la poudre. Entre les sujétions du « projet d’établissement » et la défense de la « discipline », on connait les difficultés à inventer ce nouvel espace professionnel hybride.

 

Pourtant, on sait désormais que l’efficacité de l’éducation tient à la fois  à ce qui se passe dans la classe, dans les modalités de transmission des savoirs, et dans l’établissement, dans la capacité des divers métiers à collaborer pour avancer ensemble sur les difficiles questions de l’accompagnement des élèves, des devoirs, des sanctions,  du lien avec les familles, l’environnement…

 

C’est le moment que choisit l’inénarrable M. Chatel pour annoncer que la publication des résultats des élèves, établissements par établissement, est à terme « nécessaire », notamment pour informer les parents et continuer à réduire les postes. Il a le mérite de la cohérence politique.  Voilà qui devrait déminer le conflit…

 

Evidemment, M. Chatel ignore tout du travail des enseignants. Il ne sait pas que les enseignants ont d’abord besoin du soutien de l’institution, justement parce que c’est elle qui institue. Il ignore sans doute que la force des hussards noirs tenait à la légitimité que leur donnait la République, pas de leur charisme personnel…

 

Evidemment, M. Chatel n’a pas lu Christophe Dejours, qui différencie le « jugement de conformité » nécessairement posé par le supérieur hiérarchique et le « jugement de beauté » porté par les collègues, qui  exprime à la fois le fait de faire le métier « dans les règles de l’art », mais aussi en y ajoutant sa petite graine d’inventivité. Pour essayer de mieux faire « ce qu’on n’arrive pas encore à faire », comme dit F. Lantheaume.

 

Que l’évaluateur soit l’IPR ou le chef d’établissement ne peut poser problème que si l’enseignant ne reconnaît pas la légitimité de celui qui pose ce jugement de conformité. Lorsqu’un prof dit « que connaît le principal à la discipline ? »,  laisse-t-il entendre qu’il accueille en confiance l’IPR dans sa classe ? En tout cas, on peut multiplier les exemples, dans le premier et le second degré, d’inspecteurs ou de chefs d’établissements qui sont tiraillés entre le marteau et l’enclume, entre les réformes à faire pleuvoir sur les fantassins et leur faculté de comprendre les problèmes réels que rencontrent les enseignants.

 

Evidemment, le modèle de M. Chatel est celui du prestataire de service d’éducation, qui entretient des rapports marchands et contractuels avec ses clients. A chacun de fidéliser les siens. Evidemment, M. Chatel ne sait rien de ce qu’est la transmission de la culture, ni pourquoi les élèves des milieux populaires ont besoin d’école.

 

Parce que notre école est en crise, les réponses idiotes de la GRH renforcent l’inquiétude et la colère, là où ceux qui travaillent ont besoin de cadres collectifs pour  inventer autre chose que l’inspection infantilisante, le clientélisme ou la crainte du petit chef. Cela passe, pour les profs, les chefs d’établissement et les inspecteurs, par la capacité à travailler ensemble, localement, avec exigence et sans craindre ni la controverse ni l’incertitude. Chacun y est-il prêt ?

 

C'est la décision aujourd'hui des syndicats du primaire qui donnera à la journée du 15 décembre sa coloration. Après la publication le 15 novembre des projets de décret et d'arrêté sur l'évaluation des enseignants, les syndicats du second degré ont décidé de ne pas attendre le 21 pour prendre position. Vendredi 18, ils annonçaient leur décision d'appeler à la grève pour le 15 décembre.

 

Signé par la quasi totalité des organisations du second degré  (Cgt, Se-Unsa, Sgen Cfdt, Sncl Faen, Snes Fsu, Snep, Snuep, Snlc FO, Sud) l'appel "condamne unanimement les projets de texte sur l'évaluation des personnels enseignants". "La fin de la double évaluation (NDLR : par le chef d'établissement et l'inspecteur) reviendrait à reléguer au dernier plan ce qui constitue le coeur du métier, à savoir le travail en classe avec les élèves", note encore le communiqué. Les syndicats appellent donc les personnels du second degré à signer une pétition unitaire en ligne et à faire grève le 15 décembre.

 

C'est au tour aujourd'hui des syndicats du premier degré (Snuipp, Se-Unsa, Sgen) de décider de leur position. Le Snuipp a clairement fait entendre son intention d'appeler à la grève. Les deux autres organisations ont ratifié l'appel du 2nd degré... Cependant la situation est différente dans le premier degré. Des différents aspects des textes, les enseignants du 2nd degré ont surtout retenu l'évaluation par le chef d'établissement. Dans le premier degré l'évaluation reste le fait de l'inspecteur. Ce sont donc les autres aspects du texte qui pourraient mobiliser les enseignants, comme le ralentissement de l'avancement , et donc de la progression salariale, prévue par le nouveau système. L'évaluation des enseignants selon les progrès des élèves n'a pas été relevée par les syndicats jusque là.

 

 

Marcel Brun

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 18:33

 

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In Marianne2

 

 

Le débat sur l'uniforme à l'école, qui n'est pas nouveau, est remis au goût du jour par l'UMP. Un marronnier qui attise les valeurs (autorité, morale) pour mieux faire oublier le bilan de la majorité sur la réforme scolaire. La relance de ce débat est un aveu d'échec, selon notre blogueur associé Variae, soutien de François Hollande.


Miracle du sarkozysme, les marronniers fleurissent à l’automne. Nous voici donc repartis pour un tour de débat sur l’uniforme à l’école, idée qui a déjà pointé le bout de son nez à plusieurs reprises depuis 2007, et que l’UMP relance dans le cadre du travail sur son projet présidentiel, avec l’approbation de François Fillon.

La méthode est désormais rodée : on nous explique que la proposition vient de la droite populaire, mais que l’Élysée est prudent. Bref, on tâte le terrain, et on joue gagnant à tous les coups : soit cela fonctionne, soit l’assentiment n’est pas majoritaire, et le président sortant peut écarter la proposition et prendre la posture du modéré raisonnable.

Il faut le dire, le coup est bien joué. L’uniforme – ou plutôt, soyons précis, le port d’un « vêtement commun », afin de « gommer les inégalités sociales » et de renforcer « un esprit de cohésion et d’appartenance commune à un établissement » – est une idée qui peut présenter plusieurs avantages du point de vue de l’UMP.


« Gardiens de l’ordre contre la gauche laxiste et libertaire »

Premièrement, elle permet de quitter en douce le terrain, dangereux, du bilan de la majorité sortante sur la réforme scolaire, les inégalités éducatives (et sociales) et le statut des enseignants, pour se déporter sur la champ des valeurs (autorité, morale) et des débats « sociétaux », comme disent les journalistes. Champ sur lequel l’UMP peut interpréter sa partition préférée, celle des gardiens de l’ordre contre la gauche laxiste et libertaire.

Deuxièmement, elle permet de flatter la nostalgie (frelatée) et l’orgueil national, en jouant à la fois sur la fibre républicaine façon Pagnol et Guerre des boutons (ah le bon vieux temps de la vraie école d’avant 68 !) et sur la promesse d’établissements d’élite à l’anglo-saxonne, avec fraternités et remises des prix en toges. Après tout, il y a bien toujours de la foule pour applaudir la Garde Républicaine quand elle passe à cheval, plumet au vent.

Troisièmement, elle peut aussi, peut-être, rogner sur le territoire de la gauche, pas seulement du côté des républicains un peu réactionnaires, mais aussi, plus subtilement, de celui des anti-marques et anti-consommation, d’une part, et des laïques, d’autre part, puisque l’uniforme veut aussi dire non – j’imagine – aux signes distinctifs divers et variés.

Quatrièmement, c’est le type même du débat interminable et cent fois relancé, qui plaît et touche au-delà des seuls Français s’intéressant de près à la politique.

La manœuvre est donc tout sauf sotte.
 
La suite..
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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 18:26

 

M. Peillon n’exclut pas « un allègement d’horaires au lycée »

© Eric Garreau Pour Le Monde

Vincent Peillon est un homme clé dans le dispositif de campagne de François Hollande

 

Chargé par François Hollande d’un immense secteur allant de la maternelle à l’université, englobant la jeunesse, la formation professionnelle et la recherche, Vincent Peillon est l’un des hommes forts de la campagne du candidat socialiste à l’élection présidentielle. Il dévoile au Monde le détail du programme esquissé samedi 19 novembre à Strasbourg par M.Hollande.

(Ceci est une version longue de l'entretien paru dans Le Monde daté du 22 novembre 2011)

 

Vous avez entre les mains un des dossiers majeurs de la campagne 2012. Comment l’abordez-vous ?

La République française s'est construite autour de et par son école. Lorsque l'école est affaiblie, c'est la République qui est atteinte. Mais, inversement, lorsque la République est méprisée, c'est l'école qui est attaquée, maltraitée. C'est là que nous en sommes. Pour nous, pour François Hollande, nous devons à la fois résoudre la "crise de l'avenir" qui mine la société française et opérer la refondation républicaine nécessaire à un moment où, on l'a vu, les plus hautes instances de l'Etat s'interrogent sur l'identité de la nation, et ce faisant s'égarent.

D’un côté, la mauvaise santé de l’école entraine une vive inquiétude pour le reste du pays. De l’autre, la nation ne cesse de demander toujours plus à son école. Nous devons lui redonner une mission claire et des objectifs. C’est la raison pour laquelle l’école est prioritaire dans notre projet. François Hollande souhaite, il l'a redit samedi, passer un nouveau contrat entre l'école et la nation: "refonder l'école de la République, pour refonder la République par l'école". C'est une belle ambition.

 

Vous avez une approche très quantitative du sujet avec la re-création, annoncée par François Hollande, de 60 000 postes.

Pas du tout. Nous souhaitons au contraire opérer de grandes réformes, pour permettre une réussite individuelle et collective. Lutte contre les effets des inégalités sociales sur les parcours scolaires, réformes des temps scolaires, des approches pédagogiques, du métier d'enseignant... Pas dans les mots : dans les actes. Pas pour habiller de nouvelles régressions et préparer de nouveaux échecs. La droite dit : reconquête du temps scolaire. Et elle-même crée le désordre en instaurant la semaine de quatre jours, en accroissant encore l'absurdité de nos rythmes scolaires. Le président dit : il faut mettre en place une formation des enseignants. Il vient de la supprimer. Il faut lutter contre l'échec scolaire : et il pénalise l'accueil des jeunes enfants en maternelle et appauvrit les zones d'éducation prioritaires où se concentrent les difficultés, les échecs, alors que toutes les études montrent que c'est là, dans les premières années et les zones reléguées, qu'il faut mettre le paquet.

Si vous voulez rétablir une formation, initiale et continue, accueillir les jeunes enfants, lutter, dès le CP, massivement contre l'échec scolaire lié aux difficultés sur les apprentissages fondamentaux, permettre des pédagogies plus différenciées, il faut s'en donner les moyens. Ces moyens qui ont été détruits par la droite ! Ce ne sont pas les moyens ou la réforme : c'est les moyens pour la réforme.

 

Pensez-vous réellement que la France a pris conscience de l’état de son école ?

Oui, et les français sont mobilisés pour l'avenir de leurs enfants. Notre situation n'était pas très bonne déjà il y a dix ans : toutes les études, internationales et nationales, montrent qu'elle a empiré depuis 10 ans, que le nombre d’élèves en grande difficulté s’accroît et que le décrochage s'accélère. Les français le savent, parce qu'ils le vivent. L'école, pour la droite, c'est un coût ; pour nous c'est un investissement. L'enjeu est considérable, car l'école c'est beaucoup plus que l'école : c'est la France de demain. L'oeuvre de redressement à laquelle nous appelle François Hollande va trouver là à s'exercer.

 

Vous avez beaucoup de priorités, mais quelles sont vos urgences absolues ?

Nous avons trois sujets primordiaux : la réussite de tous les élèves pendant la scolarité obligatoire, en particulier dans les zones qui relèvent de l’éducation prioritaire, le temps scolaire et le métier d’enseignant.

 

La droite s'occupe déjà du temps scolaire, non ?

La droite a réduit à 140 le nombre de jours de classe, contre une moyenne européenne à 180. Pour autant, nous avons les heures-années souvent les plus lourdes pour les élèves. D'où des journées surchargées. Il faut de nouveau réformer. Néanmoins, ce sujet est essentiel car c’est par cette entrée que nous aborderons l’aide individualisée, les programmes, les méthodes.

 

Vous mettez l'accent sur l’enseignement primaire ?

Oui, plus largement en travaillant sur une meilleure continuité des apprentissages tout au long de la scolarité obligatoire et en n'oubliant pas que l’école maternelle a été particulièrement maltraitée ces dernières années. Il faut se redonner les moyens de remonter à plus de 30 % le taux de scolarisation des enfants entre 2 et 3 ans : il était à 34 % il y a dix ans, il est à 13 % aujourd'hui. C’est un des nombreux exemples du saccage de notre école par les gouvernements successifs de la droite. Il nous faut reconstruire : cela nous coûtera effectivement quelques milliers de postes, mais cela répondra aux besoins des enfants de milieux les plus défavorisés. Mais cela ne permettra pas de réduire massivement les 15 % de non lecteurs à la sortie du primaire… Cela y contribuera. Notre école primaire est aujourd'hui celle où le taux d'encadrement est le plus faible des pays de l'OCDE. Il y a là un effort spécifique à faire, en particulier sur le CP. Les élèves en difficulté à la fin du CP sont les mêmes qui se retrouvent en difficultés à tous les autres niveaux, et ces difficultés ne font que s'accroître, pour les élèves, comme pour le système global, qui chute d'année en année dans les classements. Or ici comme ailleurs, la prévention vaut mieux que la remédiation. C'est moins coûteux, et c'est plus efficace.

 

C’est aussi une des approches du programme du PS que vous reprenez à votre compte ?

Avec Bruno Julliard, qui va continuer à piloter, à mes côtés, le dossier de l'enseignement scolaire, nous avons toujours travaillé en totale confiance et harmonie. Il a une grande connaissance des dossiers, et il a su gagner l'estime des uns et des autres. Nous allons continuer.

 

Vous nous parlez du primaire, pas de l’école du socle, une école que fréquenteraient tous les jeunes jusqu’à 16 ans ?

Le problème des transitions est déterminant : entre le primaire et le collège, entre le collège et le lycée, entre le lycée et l'université. Je suis favorable à tous les renforcements de la continuité scolaire, et en particulier à cette école du socle commun. Et je suis opposé à toutes les atteintes au collège unique, atteintes qui se profilent avec des tentatives de spécialisation prématurée. Mais la question, posée déjà à l'époque du plan Langevin-Wallon, de savoir si le collège est un petit lycée ou un primaire supérieur n'a jamais été suffisamment traitée. Des évolutions doivent avoir lieu, progressives et maîtrisées. Nous allons en débattre.

 

Vous prenez ces moyens sur les re-créations de 60 000 postes ou vous vous attaquez au lycée qui est très gourmand en moyens?

Je vous ai dit que les dépenses d'éducation dans le primaire sont nettement plus faibles que pour la moyenne des pays développés. Inversement, par exemple, le coût d'un lycéen est plus élevé. Est-ce juste et efficace ? Je ne le crois pas, et d'abord pour nos lycéens qui ont, dans notre pays, des journées de cours tellement chargées que nous n’avons plus de temps disponible pour les aider, au sein du lycée, à effectuer leur travail personnel. Nous renvoyons cette tâche aux familles avec toutes les inégalités de nature sociale que cela engendre. Il doit y avoir des moyens restitués, c'est acquis, mais on peut aussi envisager des redéploiements. Il n'y a pas de tabou, dès lors que la finalité est l'amélioration de la performance éducative de notre système, et non une "attaque", pour employer votre vocabulaire, contre lui.

 

Et les enseignants, vous réformez leur métier qui à ce jour n'est défini que par l'obligation d'assurer des cours, alors qu'ils font bien d'autres choses ?

Mais nous ouvrirons aussi le chantier du métier d'enseignant. Nous vivons une crise du recrutement sans précédent. Les conditions de travail sont devenues plus difficiles, les rémunérations n'ont pas évolué, les pouvoirs publics ont méprisé et abandonné comme jamais les enseignants. François Hollande ne croit pas, lui, que ce soit ridicule d'enseigner La Princesse de Clèves ou que le prêtre ou le pasteur soient plus compétents que le professeur pour enseigner le sens de la vie. Il va donc falloir envisager une revalorisation matérielle et morale du métier d'enseignant. Mais en même temps il faudra faire évoluer la définition du métier, de ses tâches, de ses obligations, des services. C'est la feuille de route que m'a donné François Hollande, avec une double exigence: le seul critère, c'est l'amélioration de la réussite pour tous les élèves, et la seule méthode c'est, à partir d'objectifs clairs assumés par le politique, la concertation et la négociation.

 

Exactement ce que fait la droite avec ses heures supplémentaires et son travailler plus pour gagner plus ?

Pardonnez-moi, exactement l'inverse. Travailler plus, pourquoi ? Travailler mieux et différemment. Les heures supplémentaires, elles ont surtout profité à une petite catégorie d'enseignants, souvent déjà les moins en difficultés, en particulier dans les classes préparatoires. Non, il s'agit de reconnaître les missions qui sont accomplies, missions nécessaires, mais aujourd'hui non reconnues - la grande majorité des enseignants effectue déjà de nombreuses heures de présence dans les établissements en dehors des heures de cours - et donc peu ordonnées, peu encouragées : il s'agit donc de faire évoluer le métier. Les enseignants y sont prêts, dès lors qu'ils ont la garantie qu'il ne s'agit pas, une fois de plus, d'organiser une régression mais d'améliorer en profondeur un système éducatif qui doit l'être en les associant pleinement. Vouloir réformer l'éducation contre les enseignants est une absurdité. Ni cogestion ni provocation, ce sont les conditions de la réussite. A la demande de François Hollande, je rencontrerais avant le 15 décembre, avec ceux qui m'entourent, l'ensemble des acteurs de l'éducation, organisations syndicales, associations de parents d'élèves, grandes associations périéducatives, et François Hollande les recevra au début de l'année 2012.

 

La carte scolaire… la gauche ne peut pas rester muette sur ce sujet !

Ce qui a été fait depuis 2007 a accru les inégalités. Il semble que le ministre veuille persévérer dans ses erreurs. Nous ne resterons pas muets. L'avenir de la France ne peut être la ghettoisation et la ségrégation communautaire, sociale, territoriale. Ce sujet est pour nous central.

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 18:22

In C'est Classe

 

Abdoul Sogui DiawC'est un enseignant apprécié et on manque justement de prof d'anglais. Mais il y a "la politique du chiffre" et Abdoul Sogui Diaw est sénégalais. Résultat: un poste l'attend mais il ne peut pas le prendre car on refuse de prolonger son titre de séjour. Et il est expulsable.

 

"Je suis en France depuis dix ans, j'ai un contrat du Rectorat de Versailles, j'aurais dû commencer en septembre au lycée professionnel Jules Verne de Cergy (Val d'Oise), cela aurait été mon 7ème bahut, explique Abdoul. Mais comme je n'ai plus de papiers, j'ai préféré les en avertir et ne pas venir. Mais j'ai bel et bien ma place en France. Et je vais faire valoir mes arguments".

Le 30 juin, Abdoul a reçu un refus à sa demande de renouvellement  de titre de séjour, accompagné d'une obligation à quitter le territoire français (OQTF).

 

Cela a été une surprise. Jusqu'ici, cet homme posé, bien noté dans les établissements où il est passé, avait renouvelé ses papiers sans trop de problèmes. Cette fois encore, il pensait avoir fourni toutes les pièces requises: un contrat de travail, les appréciations des chefs d'établissement, ses précédents titres de séjours, etc.

 

Pour son refus, la préfecture de Seine-Saint-Denis, département où il vit, a retenu plusieurs motifs:

- l'absence d'attaches - Abdoul est divorcé d'une Française avant une période de trois ans et sans enfant,

- la précarité du statut de professeur contractuel,

- le fait que les missions qu'il a effectuées comme interprète pour la Police aux frontières (PAF) et pour les douanes aient été ponctuelles et limitées dans le temps.

 

"La préfecture a, pour ainsi dire, fait table rase de mon statut de professeur (même contractuel), de
mes 10 ans de présence régulière en France, de ma contribution à l'économie et à l'éducation française, de mes efforts d'intégration dans la société française, des liens "familiaux" qui me soudent à ce pays, résume Abdoul. Mon père a eu une carte de résident de 10 ans en qualité d'ancien combattant de l'armée française pendant plus de 15 ans (1947-1962), dans le régiment des commandos parachutistes".

 

Abdoul a aussitôt reçu le soutien de la CGT Educ’action des Hauts-de-Seine. Comme il n'a pu faire sa rentrée à Cergy, ce sont ses anciens collègues qui se sont mobilisés - des lycées pros Léonard de Vinci de Bagneux et Jean Monnet de Montrouge où il enseignait l'an dernier. Ils ont notamment lancé une pétition réclamant sa régularisation.

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 18:13

Retrait des textes sur l’évaluation des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation

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Le ministre veut imposer dès la rentrée 2012 une modification en profondeur des modalités d’évaluation des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation.


Les projets de textes, finalisés avant même toute concertation, prévoient :

 

  • le gel des promotions autres qu’à l’ancienneté jusqu’en 2015
  • la progression de carrière aux seules mains du supérieur hiérarchique

Dans le même temps, dans le second degré, le chef d’établissement deviendrait l’unique évaluateur.

Parce que ces projets induisent des transformations de nos métiers que nous refusons, nous en demandons le retrait.

 

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