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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 10:30

In Le Monde

 

C03-23D'ordinaire, ils se font plutôt discrets, les "précaires" de l'éducation nationale. Avec le chômage comme épée de Damoclès, "le moindre faux pas, et c'est la porte", disent-ils. Mais comme si la coupe était pleine, ils ont décidé de témoigner à travers le "Livre noir des non-titulaires de l'éducation nationale" . Quarante pages qui lèvent le voile sur des situations kafkaïennes.

 

A l'origine, une poignée d'enseignants contractuels qui se sont rencontrés sur le forum Internet "Profs précaires". A l'approche de l'examen par le Parlement, en décembre, du projet de loi sur la résorption de l'emploi précaire dans la fonction publique, ils ont rassemblé une centaine de témoignages et les ont envoyés aux parlementaires, ainsi qu'au ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel. "L'objectif est d'être visible, dit l'un d'eux. Nos problèmes pris isolément peuvent sembler anodins, mais, rassemblés, ils donnent une vue d'ensemble sur quelque chose de grave." Trois députés ont assuré qu'ils se feraient l'écho de ces revendications. M. Chatel ne leur a pas répondu.

 

Dans le livre, ils se disent "bouche-trous", "enseignants de seconde zone" et "prisonniers d'un statut". Ils seraient 21 200 contractuels, selon le ministère de l'éducation : 15 000 à durée déterminée (CDD), 5 200 à durée indéterminée (CDI), et près de 1 000 vacataires (un contrat qui porte sur un maximum de 200 heures par an). Leur nombre augmente depuis 2007. "Une augmentation légère", selon Josette Théophile, la DRH du ministère. "Une explosion de 25 %", réplique le SNES-FSU, principal syndicat des enseignants du secondaire.

 

Depuis 2007, 66 000 postes de fonctionnaires ont été supprimés dans l'éducation nationale. Pour compenser, l'administration a recruté des contractuels. Luc Chatel l'assume et le revendique. En mars 2010, il demandait aux recteurs de se doter d'un "vivier" de contractuels, composé de retraités et d'étudiants, pour "subvenir à des besoins urgents de remplacement". Depuis, "les chefs d'établissement vont parfois directement chercher leurs remplaçants chez Pôle emploi", rapporte Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN-UNSA, le principal syndicat des chefs d'établissement.

 

Problème : dans l'éducation nationale, quand la précarité s'installe, elle s'installe durablement... "Je suis un pion, envoyé d'établissement en établissement depuis 1999 !" Michael Médiouni est professeur de français dans l'académie de Grenoble. Son CV est une longue liste de vacations, de CDD à mi-temps, à temps plein... Trente contrats au total, en passant par la case chômage. "Le plus dur, c'est ce stress, chaque été, de ne pas savoir si le rectorat va nous proposer un nouveau contrat à la rentrée et où il va nous affecter."

 

Dans l'éducation nationale, les périodes de CDD sont limitées à six ans "sans interruption", contre dix-huit mois dans le secteur privé. Après quoi on peut en principe bénéficier d'un CDI. "Mais les rectorats savent s'arranger pour ne pas reconduire un salarié à l'issue de sa sixième année", rapporte Angélina Bled, du syndicat SE-UNSA. Ou bien justifier d'interruptions entre deux contrats pour "remettre les compteurs à zéro".

 

Le plan de titularisation que prépare le gouvernement devrait permettre à quelque 500 enseignants d'obtenir un CDI, et à 10 000 autres de passer un examen pour être titularisés. Mais, selon le conseiller d'Etat Marcel Pochard, il s'agit d'un "plâtre sur une jambe de bois". "La résorption de l'emploi précaire est un serpent de mer de la fonction publique", explique l'ancien directeur général de l'administration et de la fonction publique. Le premier plan de résorption de la précarité date de 1950. Puis il y eut la loi Le Pors en 1983, la loi Perben en 1996, le plan Sapin en 2000... "On passe l'éponge régulièrement, mais les contractuels constituent un vivier qui ne peut pas ne pas se reconstituer", rappelle M. Pochard.

 

En cause, la "dimension de masse de l'éducation nationale, combinée à sa complexité", soutient l'inspecteur général Didier Bargas : 860 000 enseignants, 65 000 établissements, 12 millions d'élèves, 35 disciplines au collège et au lycée et 360 dans l'enseignement professionnel... "La machine ne peut être d'une précision telle qu'il y ait, partout, à chaque rentrée, l'enseignant dont on a besoin", conclut M. Pochard. Ceux qui dénoncent l'inefficacité des plans de titularisation préconisent une meilleure gestion des personnels, plus humaine, plus souple. "L'Etat, mauvais employeur", la formule est bien connue. "L'administration fonctionne de manière mécanique, elle gère de manière impersonnelle des carrières, des statuts", analyse Luc Rouban, sociologue et directeur de recherches au CNRS.

 

Le "Livre noir" regorge d'exemples. Rectorats injoignables, délais de paiement interminables, contrats qui arrivent à terme une veille de vacances pour reprendre le jour de la rentrée, affectations improbables... "Il y a deux ans, on m'a affecté à 170 kilomètres de chez moi. L'an dernier, j'avais 120 kilomètres par jour. Et, bien sûr, le rectorat ne rembourse pas l'essence", témoigne M. Médiouni. Un professeur de philosophie s'est "tapé la tête contre les murs" lorsqu'il a appris son affectation à une heure de route de sa ville, alors qu'"un poste en philo était vacant dans le lycée à côté de chez (lui) ".

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 10:22

 

In L'instit'humeurs

 

On se doutait bien que le salon de l’Education fournirait cette semaine l’occasion idéale au ministre Chatel de communiquer « positivement » : on ne se rend pas à un salon pour rencontrer des professionnels et les insulter (non, ça on le fait de loin). Imaginez un ministre de l’agriculture venir au salon éponyme dégoiser sur les agriculteurs… Mieux vaut « flatter le cul des vaches », vous pensez bien.

Pour la communication positive, on n’a pas été déçu ! Il faut même reconnaître que Chatel a réussi une jolie passe politique. En annonçant, dans une véritable tribune, une revalorisation salariale pour les jeunes enseignants, le ministre a réussi un coup à plusieurs ricochets.

Peu importe si cette annonce repose entièrement sur une manipulation éhontée, le ministre a atteint ses objectifs.

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Il a éteint la polémique de la semaine dernière

Ainsi va la vie politique actuelle, qui se nourrit de l’instant et bat au rythme de l’immédiat : la semaine dernière la publication non officielle d’un projet de décret sur l’évaluation des enseignants avait suscité de vives réactions dans le monde éducatif. Une épine dans le pied du ministre, obligé de souquer par vent contraire. Dix jours plus tard, tournicoti tournicota : exit la polémique, le ministre a repris la main.

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Il redonne de l’attractivité à la profession (à première vue)

On sait les soucis de recrutement que connaît l’Education nationale (20 % des postes non pourvus au CAPES) et le peu d’attractivité d’un métier dont l’image s’est profondément dégradée ces dernières années. La profession d’enseignant n’attire plus grand monde : quitte à faire 5 années d’études après le bac, les jeunes préfèrent logiquement se diriger vers d’autres domaines, plus valorisants et mieux payés. Avec cette annonce, Chatel envoie un message fort aux jeunes : « Venez, ici vous serez bien payés ! » (warf !).

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Il discrédite les revendications des enseignants

En annonçant au grand public que les enseignants vont entrer dans le métier à 2000 € (brut certes, mais bon), Chatel décrédibilise toute tentative à venir de revendication sur le terrain des salaires. Les enseignants sont mal payés, ça commençait à se savoir parmi la population, qui n’était pas loin d’un début de compassion pour un métier dont elle sent bien que l’exercice ne doit pas être facile tous les jours. Plus question désormais pour les enseignants de dire qu’ils ne sont pas assez payés !

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Il permet de justifier les suppressions de postes

Le gouvernement a toujours dit que les enseignants seraient « moins nombreux mais mieux payés ». Pour ce qui est du « moins nombreux », on avait bien remarqué, avec les 80 000 postes en moins. Il fallait impérativement montrer que l’autre partie du contrat était respectée. C’est chose faite : puisque « l’ordinaire » des enseignants est amélioré avec cette revalorisation, les suppressions se justifient pleinement a posteriori…

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Il jette une pierre dans le jardin du PS

Derrière le ministre Chatel c’est tout l’UMP présidentiel que l’on aperçoit en ordre de bataille : l’annonce de cette revalorisation salariale est à prendre comme une réponse politique à la promesse du candidat Hollande de créer 60 000 postes dans l’Education Nationale. Une manière d’occuper le terrain et de dire aux enseignants : « Vous voyez, moi aussi je pense à vous, mais en mieux ! ». La semaine dernière, le candidat PS plaçait l’école en haut de ses préoccupations  (« La préparation de l’avenir par le renforcement des moyens de l’école est un devoir qui s’impose à moi au même titre que la réduction indispensable de la dette « , c’est ici), il fallait donc réagir et le clamer haut et fort : le (futur-mais-déjà-bien-présent) candidat UMP aussi prête attention à l’Education, que ça se sache.

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Les petites manipulations de l’annonce

Pour servir ses objectifs politiques, le ministre Chatel a choisi un chiffre éminemment symbolique : 2000 €, pour la plupart des français c’est le passage à une catégorie favorisée. Sauf qu’on parle bien de brut, et pas de net, comme certains médias peu regardants l’ont dit… En net, ça fait un peu plus de 1600 €, rien d’extravagant pour un bac +5 qui débute. Surtout vu ce qui l’attend. Et sur les 107 000 enseignants concernés par la revalorisation, près de la moitié sera augmenté de … 20 €.

Il faut aussi revenir sur les propos du ministre Chatel dont le cabinet a, une fois de plus, tordu les chiffres à son avantage en déclarant : « Nous nous concentrons sur les jeunes enseignants, car ils font partie des plus mal payés de l’OCDE, alors que les plus âgés sont au contraire parmi les mieux payés ».

On se contentera de citer un rapport de l’OCDE datant de septembre (Regards sur l’Education 2011) : « En France, le salaire moyen des enseignants du primaire ou du secondaire est inférieur à la moyenne de l’OCDE, aussi bien pour les enseignants débutants, que pour ceux qui ont 10 ou 15 ans d’expérience professionnelle. Seuls les salaires en fin de carrière sont légèrement au dessus de la moyenne des pays ».*

« Légèrement au-dessus de la moyenne » ne signifie pas « parmi les mieux payés », vous en conviendrez, monsieur le ministre.

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En fait, cette annonce est une escroquerie !

L’annonce de Luc Chatel repose sur deux mensonges : le premier frôle la malhonnêteté intellectuelle et fonde le second, mensonge par omission.

En effet nous avons ici-même démontré la semaine dernière comment le gouvernement, en modifiant la grille d’avancement des enseignants (qui vont progresser beaucoup moins vite financièrement), va économiser chaque année plusieurs centaines de millions d’euros sur le dos des profs, dont le pouvoir d’achat va sensiblement diminuer.

L’argent qui va servir à augmenter les jeunes enseignants est directement issu des économies ainsi réalisées, pas de celles faites grâce aux suppressions de poste comme le déclare le ministère.

Le gouvernement s’est contenté de prendre plusieurs centaines de millions d’euros aux enseignants la semaine dernière, pour en redistribuer une petite partie cette semaine (72 millions) aux jeunes débutants dans le métier. Les jeunes enseignants qui vont bénéficier de cette mesure vont certes toucher plus d’argent que leurs prédécesseurs à leur entrée dans le métier (et c’est tant mieux), mais ils vont ensuite se retrouver avec le même salaire qu’eux et stagner bien plus longtemps, puisque la grille d’avancement a été modifiée !… Plus que de l’ironie, il y a du cynisme dans cette annonce : on va vous augmenter avec l’argent que vous ne toucherez pas par la suite !

df

… Non, vraiment, monsieur le ministre, plus j’y pense plus je me dis que vous avez fait un joli coup de billard à trois bandes…

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P.S. : je vous recommande cet article du Figaro, un modèle de propagande gouvernementale…

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:00

 

C03-24Le mammouth, au piquet ! Bousculée par le développement du soutien scolaire privé, l'Education nationale multiplie les dispositifs d'accompagnement des élèves depuis 2008.

 

Stages d'anglais, de remise à niveau, stage passerelles, cours en ligne, tutorat, accompagnement personnalisé… De l'école primaire au lycée, l'offre du public ressemble (sur le papier) à s'y méprendre à celle des entreprises de soutien scolaire.

A grands renforts de communication, le ministre fait la tournée des établissements qui proposent du soutien scolaire gratuit. Comme annoncé sur le site de Matignon, la réforme du lycée « vise à donner plus de chances de réussite aux élèves en adaptant le lycée au monde contemporain ».

Des déclarations de bonnes intentions qui ne sont pourtant corroborées par aucun bilan chiffré. Le ministère de l'Education, contacté par Rue89, n'a pas été en mesure de communiquer des bilans précis sur aucun de ces dispositifs.

« Des idées, mais les moyens ne suivent pas »

Le soutien scolaire, nouvelle cause nationale ? La réalité du terrain est toute autre. L'accompagnement personnalisé des lycéens, mesure phare de la réforme du lycée, cache de nombreuses inégalités de mise en œuvre.

Deux heures par semaine, tous les lycéens sont censés bénéficier d'un soutien scolaire et d'une aide à l'orientation avec un de leurs professeurs. Le dispositif a débuté à la rentrée 2010 pour les classes de seconde, cette année pour les premières et s'étendra aux classes de terminale à la rentrée 2012.

« L'idée n'est pas inintéressante, mais les moyens ne suivent pas », juge Claire Krepper, secrétaire nationale du syndicat SE-Unsa. Chaque établissement dispose d'une enveloppe globale pour financer les heures d'accompagnement personnalisé, les options et les dédoublements de classes pour les travaux pratiques :

« La dotation globale n'étant pas suffisante pour tout financer, les proviseurs se retrouvent devant un choix cornélien. Ils doivent opérer un arbitrage et optent le plus souvent pour le financement des options et des dédoublements de classe. »

« On ne repêche pas un élève en 20 heures »

Au primaire, des stages de remise à niveau pendant les vacances sont proposés aux niveaux CM1 et CM2 depuis le printemps 2008. Des sessions de trois heures pendant cinq jours par petits groupes d'élèves pour renforcer les acquis en français et en maths. Sur la période de janvier à août 2011, près de 250 000 écoliers ont participé à ces stages, soit 16% des élèves.

Le même dispositif est proposé aux lycéens depuis la rentrée 2010. Combien d'élèves en ont bénéficié ? Silence total du ministère et des rectorats sur le sujet. Valérie Sipahimalani, secrétaire national chargé du lycée au Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-Fsu), est plus bavarde :

« Ça se fait à dose homéopathique. Au lycée, l'objectif annoncé par le ministre est de réduire les redoublements. Mais ce n'est pas en vingt heures que l'on repêche un élève. Ça peut éventuellement donner un coup de main aux élèves moyens. »

Même diagnostic pour les stages intensifs d'anglais d'une semaine. Dans un communiqué du ministère, daté de février 2011, il est fait mention du chiffre de 50 000 élèves ayant participé à ce type de stage depuis leur mise en place en 2008. Soit 2,3% seulement des lycéens.

« C'est une aberration supplémentaire, alors même que toute l'année, des professeurs de langues se retrouvent avec des classes de 30 à 35 élèves. »

L'Académie en ligne ? Des PDF à télécharger

Autre dispositif lancé au début de l'été 2009 : l'Académie en ligne. Un site Internet du Centre national d'enseignement à distance (Cned), qui rend accessible gratuitement l'ensemble des cours du CP à la terminale. Xavier Darcos, alors ministre de l'Education, déclarait au journal France Soir le jour du lancement :

« Je connais des enfants qui occupent leurs vacances comme ils le peuvent, tandis que d'autres, du même âge, passent de livrets de révision en stages de soutien payants, accentuant ainsi l'écart entre les puissants, les riches, et ceux qui ne le sont pas. »

Une bonne initiative qui ne tient pas la comparaison avec les sites payants. Académie en ligne se résume à un corpus de cours à télécharger au format PDF. De l'aveu de Serge Bergamelli, directeur du Cned : « Académie en ligne n'a pas une visée de e-learning, mais de démocratisation des savoirs. »

Bilan de l'opération : le site compte 20 000 connexions par jour en période scolaire et 12 000 pendant les vacances.

Et pour accéder à des contenus interactifs et bénéficier d'un accompagnement en ligne, il faut payer 99,9 euros pour se connecter à un autre site de l'opérateur national : Atout Cned.

« Le ministère ne regarde pas l'essentiel »

Les mesures affichées par le ministère seraient donc de la poudre aux yeux, c'est l'avis général des syndicats et des spécialistes de l'éducation que nous avons interrogés sur ces dispositifs. Jean-Jacques Hazan, président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), accuse :

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 13:00

25-11-2011 12-59-39 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 12:45

 

Un soleil radieux baignait ce matin la Porte de Versailles. Ha bon, cela ne se voit pas sur la photo ? Certaines images sont trompeuses… Car en réalité, à midi, un micro-climat régnait au quatrième étage du bâtiment 7, où Luc Chatel donnait sa conférence de presse, juste après avoir inauguré le salon de l’Education.

 

Pensez donc : le ministre a « fait une annonce », une vraie, une comme on en donne rarement à la presse, surtout lorsque l’on est ministre de l’Education, que les caisses sont vides et que la fin du mandat présidentiel approche. Il ya de quoi voir la vie en rose.

« Nous avons décidé au 1er février 2012 de passer la barre symbolique des 2 000 euros brut pour les premiers salaires des enseignants. En 2007, ce salaire était de 1 690 euros. Il s’agit d’une augmentation de 18 % au cours de la mandature. Le président de la République s’y était engagé. L’engagement est tenu », a-t-il déclaré.

2000 euros brut, ce n’est pas rien. Certes, cela ne fait que 110 euros de plus que le salaire actuel, qui s’élève à 1890 euros. Mais le chiffre marque. C’est rond, c’est facile, ça fait tilt. « Quel pays au monde peut se vanter d’en faire autant? Beaucoup en Europe baissent le salaire de leurs fonctionnaires. Nous faisons l’inverse car nous croyons en l’avenir de notre école et nous voulons valoriser le travail des enseignants » a aussi insisté Luc Chatel.

 

107 000 débutants devraient être concernés par cette disposition. « Nous n’étions absolument, pas au courant de cette nouvelle mesure », confie la secrétaire générale de la FSU.

 « La rumeur courait que le ministre allait effectuer une annonce, mais, au vu du contexte actuel et de la décision des syndicats de lancer un appel à la grève pour le 15 décembre, afin de dénoncer les évaluations, nous pensions plutôt que cela concernerait ce dernier sujet. La pétition que nous avons ouverte contre ce projet a déjà rassemblé 25 000 signatures en 3 jours : cela vaut tout de même la peine d’être entendu… », poursuit Bernadette Groison.

« Mais il a préféré viser un effet d’annonce, qui jette un écran de fumée sur les véritables réformes qui s’imposent, comme la formation initiale ou la situation dans les ZEP, dont il se garde bien de parler.

 

Aider les jeunes qui débutent, c’est trés bien et tant mieux pour eux. Mais des questions se posent : qu’en est-il de tous les autres? Car finalement, cette mesure ne concerne qu’un enseignant sur huit! Et les 700 000 autres? Le ministre affirme qu’il honore ainsi la promesse du candidat Sarkozy (à relire ici * et en bas de post), mais en réalité, il ne s’intéresse qu’à une partie des collègues. Pour nous, le compte n’y est pas.

 

Cette mesure coûte  environ 72 millions d’euros à l’État. Mais ce n’est pas si cher que cela : à titre de comparaison, les heures supplémentaires sont chiffrées à 1,2 milliards d’euros!

 

Cette mesure surprise est électoraliste. Ce n’est pas ainsi qu’il rendra le métier plus attractif. Mais cela donne l’impression à l’opinion publique que l’on fait quelque chose pour les profs ».

  

Le SE UNSA, quant à lui, remarque que ces nouvelles mesures de revalorisation des jeunes enseignants « prendront fort opportunément effet en mars 2012, à la veille des élections présidentielles ».

Et que cette hausse de salaire des stagiaires aboutit à un « salaire d’entrée dans le métier atteignant tout juste 1600 € nets. Il reste toujours très largement inférieur à celui de leurs voisins européens ».

Pour le syndicat, ces annonces apparaissent comme « un contrefeu à la mobilisation syndicale unanime ».

Elles ne remettent en rien en cause la grève du 15 décembre.

 

 

(*) Pour mémoire, voici le passage du discours du candidat Nicolas Sarkozy, le 2 février 2007 à Maison-Alfort :

« Je sais quelle a été depuis 25 ans la dégradation de leurs ["tous ces professeurs, ces instituteurs"] conditions matérielles et morales. Je sais combien leur pouvoir d’achat et leurs conditions de travail se sont dégradés. Je sais combien ils sont démoralisés d’avoir le sentiment qu’on  ne les respecte pas, et qu’on les abandonne à leur sort sans moyen et sans direction. Ils ne doivent pas être les boucs émissaires des faiblesses de l’école. Je m’engage si je suis élu à leur rendre la considération qui leur est due, à revaloriser leur carrière si dévalorisée depuis un quart de siècle ».

Dans sa Lettre aux éducateurs, rendue publique le 4 septembre 2007, celui qui était devenu Président réitérait sa promesse. « La revalorisation du métier d’enseignant sera l’une des priorités de mon quinquennat », affirmait-il. « J’ai bien conscience que votre statut social, votre pouvoir d’achat, se sont dégradés au fur et à mesure que votre tâche devenait plus lourde, vos conditions de travail plus éprouvantes. La Nation vous doit une reconnaissance plus grande, de meilleures perspectives de carrière, un meilleur niveau de vie, de meilleures conditions de travail. »

A noter que le tout jeune Président précisait déjà son souhait de réduire le nombre d’enseignants et de réinjecter les moyens dégagés dans la revalorisation des carrières. « Il s’agit d’être plus efficace, non de rationner ».

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 12:39

In Snuipp

 

L’actuel système de promotion, basé sur trois rythmes d’avancement et une note pédagogique, se voit bouleversé par un projet de décret sur l’évaluation des enseignants. Explications et commentaires

 

Actuellement :
L’avancement est ce qui permet à un collègue d’être promu d’un échelon à l’échelon immédiatement supérieur, entraînant ainsi une hausse de rémunération. Pour les enseignants, l’avancement peut s’effectuer pour chaque échelon à trois vitesses : au grand choix, au choix et à l’ancienneté. A l’ancienneté, il faut ainsi 29 ans pour atteindre le 11e échelon de la classe normale, contre 19 ans pour le rythme le plus rapide. Sur une carrière, cela peut faire une différence de traitement de près de 100 000 Euros. A noter que dans certains corps comme celui des IEN par exemple, l’avancement se fait à un rythme unique.

 

Ce qui changerait :

Des carrières alignées vers le bas

En lieu et place des 3 rythmes d’avancement ( grand choix, choix et ancienneté) l’avancement, à savoir les changement d’échelon qui détermine le salaire, se ferait sur le rythme le plus lent : l’ancienneté deviendrait l’épine dorsale du dispositif. En contrepartie, des réductions d’ancienneté sont introduites pour certains enseignants. Elles peuvent être de 6 mois ou 15 mois tous les 3 ans. Celles-ci sont arrêtées par l’IA, sur proposition de l’IEN, à l’issue de l’entretien professionnel.

Dans un premier temps, le projet de décret pouvait laisser entendre qu’il y aurait un gel des promotions jusqu’en 2015. Le ministère a été contraint de revoir sa copie et d’écrire noir sur blanc que les modalités actuelles d’avancement seront maintenues jusqu’au 31 décembre 2014, date à laquelle on bascule dans le nouveau système.

Des fins de carrière freinées

Le nouveau dispositif ralentirait les fins de carrière. Ainsi, même en bénéficiant du maximum de réductions d’ancienneté, il faut 2 ans de plus pour atteindre le 11e échelon, en comparaison du grand choix actuel.

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Avancement au rytme le plus rapide dans l’ancien et le nouveau système

En prenant comme base un avancement moyen sur toutes la carrière, le projet d’avancement conduit à un ralentissement des promotions en fin de carrière (9e, 10e et 11e échelons), ce qui risque de laisser sur le carreau des collègues qui attendent d’atteindre le 11e échelon pour partir à la retraite (ils sont encore plus de 54 % à partir à la retraite sans avoir atteint le 11e échelon de la classe normale).

Des inégalités accrues

Le décret ne garantit pas que les réductions d’ancienneté soient réparties équitablement entre tous les échelons. Les inspecteurs d’académie ont tous les pouvoirs pour cibler les enseignants bénéficiant de réductions de mois. Dans un département, ne pourraient être privilégiés que les début de carrière, dans un autre, seulement les fins de carrière, dans un troisième les enseignants nommés sur certains types de postes... Des déroulements de carrière très inégaux pourraient ainsi voir le jour suivant les choix départementaux. De même, les enseignants ne seraient donc plus simplement en concurrence au sein d’un même échelon mais entre tous les échelons. La hors classe avait jusqu’à présent un seul rythme d’avancement (2 ans et 6 mois ou 3 ans). Désormais, la hors classe bénéficierait, elle aussi, de réductions d’ancienneté. Évidemment, tout mois de réduction d’ancienneté dans la hors classe est un mois de réduction d’ancienneté en moins pour la classe normale… Pour le SNUipp, cette disposition accentue donc le clivage qui existe entre la classe normale et la hors classe.

Une conception radicalement différente des déroulements de carrière

Jusqu’à présent, l’avancement d’échelon tenait compte de la valeur professionnelle et de l’ancienneté. L’ancienneté générale des services (AGS) est ainsi un des éléments des barèmes de promotions. Dans le projet de décret, seul l’élément « appréciation de la valeur professionnelle » subsiste. Pour le SNUipp, c’est un renforcement du “mérite” au détriment de l’expérience professionnelle. Le barème, malgré ses défauts, constituait un repère collectif pour la profession. Il permettait aux délégués du personnel siégeant dans les CAP de garantir l’équité et la transparence dans les opérations de promotions. Chaque collègue pouvait ainsi se situer dans son déroulement de carrière. Le projet du ministère supprime tout barème et risque, en l’état, de rendre le système de promotions plus opaque.

A l’opposé du projet présenté par le ministère qui n’améliore pas l’existant, le SNUipp revendique un rythme d’avancement unique permettant à tous les collègues de terminer leur carrière à l’indice terminal du corps. Il estime indispensable de déconnecter l’appréciation de la valeur professionnelle du déroulement de carrière. Cette condition est indispensable si on veut rendre l’évaluation des enseignants plus juste et moins infantilisante.

Lire aussi :
- réforme de l’évaluation des enseignants : mauvaise pioche !
- de l’inspection en classe à l’entretien professionnel

Signer :
- la pétition unitaire pour le retrait du projet de texte

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 12:31

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In C'est Classe !

 

Que celui qui connaît les 8 universités passées sous la coupe des recteurs parce qu'elles sont dans le rouge lève la main ! Chacun a sa petite idée mais personne ne sait vraiment. Pas même le ministère de l'Enseignement supérieur qui donne des noms puis en retire un, provoquant une belle pagaille. 

 

Tout commence le 17 novembre. Le ministère diffuse un communiqué plutôt guilleret où il annonce que "la grande majorité des établissements est en bonne santé financière". Mais, petit détail, on apprend tout de même que 8 ont des  problèmes. En déficit pour la seconde année consécutive, conformément à la loi, ce sont les recteurs qui vont arrêter leurs budgets, nous dit-on. Et un "comité des pairs", formé par deux anciens présidents d'université Bertrand Dizambourg et Claude Jameux, va les aider à remonter la pente.

 

Le ton a beau être optimiste, la nouvelle jette un froid. Si les Recteurs fixent les budgets, les universités n'ont plus d'autonomes que le titre. En effet, le nerf de l'autonomie est la possibilité pour les universités de gérer leurs propres budgets, notamment leurs masses salariales.

 

A cinq mois de la présidentielle, ça fait plutôt mauvais effet. La LRU (la loi sur l'autonomie des universités aussi appelée "loi Pécresse" car portée par la ministre Valérie Pécresse et votée en août 2007) est présentée comme une réforme-phare du quinquennat. Et dans sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy entend se vanter d'avoir fait ce que la gauche rêvait de faire mais n'a pas osé car elle est bien trop veule: avoir réveillé une université immobile depuis mai 68...
 

Mais qui sont ces 8 qui cassent ainsi l'ambiance, montrant que tout n'est pas si rose au pays de la LRU ?

Très vite, il apparaît que personne ne sait vraiment. On connaît bien des noms d'universités en difficultés - Limoges, Pau, Nantes, etc. Mais est-ce qu'elles ont bien enregistré deux déficits d'affilée ? Est-ce que parmi ces 8, outres des universités, il n'y aurait pas aussi des grands établissements et des écoles (publiques) ?

Et voilà que mercredi, on ne sait trop pourquoi, le ministère se décide à donner 8 noms: l'UPMC (Université Pierre et Marie Curie), Paris XIII-Villetaneuse, Limoges, l'université de Savoie, Nice-Sophia-Antipolis, Bordeaux III, l'Insa de Rouen et l'ENS Cachan.

 

Là, ça devient la pagaillle. Les établissements désignés n'ont pas l'air tous au courant. Certains même  tombent des nues. D'autres se récrient. Comme Nice-Sophia-Antipolis qui assure être en parfaite santé (financière). Trois heures plus tard d'ailleurs, le ministère rectifie. Exit Nice. Il explique à l'agence AEF, qu'"après reexamen des comptes, l'université n'est pas en déficit en 2010"...

 

Pour tout dire, seules l'université de Limoges, qui avait elle-même annoncé que le recteur arrêterait son budget 2012, et celle de Bordeaux III ne se manifestent pas. Les autres protestent.

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 12:25

En condamnant la Région Rhône-Alpes, la justice donne enfin gain de cause aux membres du lycée Emmanuel Mounier de Grenoble

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 17:43

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 17:37

In Quelle école pour demain ?

 

Dimanche, c’était la journée des droits de l’enfant... L’occasion de faire le point sur la situation en France.

 

Les données ci-dessous sont relevées sur le blog actu droits de l’enfant.

Si la France est un des pays au monde qui respecte le mieux la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (le Canada et la Suède font figure de meilleurs « élèves »), il existe toutefois de graves problèmes :

 

 

 

 

 

 

 

la pauvreté qui touche 2 millions d’enfants avec ses conséquences désastreuses sur la scolarité, l’accès à la santé et au logement ;

la discrimination qui pénalise les jeunes des banlieues issus de l’immigration ou d’Outre-mer ;

la situation des mineurs étrangers isolés qui sont retenus dans les zones d’attente des aéroports ou qui errent dans les rues sans bénéficier d’assistance ;

le recours excessif aux mesures répressives, par défaut de structures alternatives à l’incarcération des mineurs, renforcé par l’approche des élections présidentielles ;

le fichage des enfants dans le fichier « Base élève » de l’Education nationale ;

la situation des enfants Roms et des gens du voyage ;

la suppression du défenseur des enfants en tant qu’autorité indépendante aujourd’hui noyé dans l’ensemble hétéroclite du « Défenseur des droits » ;

l’évaluation des enfants dès la maternelle ;

la difficulté d’intégration scolaire des élèves handicapés, le suicide des enfants et des jeunes ;

la discrimination dans les cantines scolaires, etc…

 

Quelques chiffres :

- 2 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté
- 980 000 enfants vivent dans des familles percevant les minima sociaux
- 350 000 enfants vivent dans des conditions de logement indécentes ou sont en errance
- 150 000 enfants sont séparés de leur famille, majoritairement dans les milieux défavorisés
- 30 000 enfants vivent dans la rue
- 7 000 mineurs étrangers vivent isolés sans aucun soutien

- 1 enfant sur 20 est victime de violences physiques
- 1 enfant sur 10 est victime de violences psychiques
- 1 enfant sur 10 est victime de harcèlement à l’école

- Le suicide des jeunes est la deuxième cause de mortalité après les accidents de voiture
- Un enfant sur trois ne part jamais en vacances.

- 140 000 adolescents sortent de l’école sans diplôme ni formation

 

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