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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 19:32

In Mammouth mon amour

 

C03-24Mercredi sortira dans l’Express un article sur les professeurs démissionnaires. Ceux qui ont quitté l’Education nationale, et aussi ceux qui pensaient avoir la vocation et qui, finalement, au moment de passer le Capès, ont renoncé : pas envie d’être « aigri dans deux ans », comme le confie un jeune étudiant en géographie. Je vous laisse découvrir ce papier pour lequel j’ai reçu, avec une certaine surprise, énormément de témoignages. Je suis toujours frustrée de ne pas pouvoir publier au long cours certains histoires passionnantes et devoir « trier » parmi les témoins – je profite de l’occasion pour m’en excuser auprès d’eux. Aujourd’hui, je m’engouffre dans l’espace ouvert par ce blog pour relater intégralement le parcours de Virginie, 38 ans, professeur d’anglais durant 11 ans, dans l’académie de Reims puis de Lille, qui a  démissionné en septembre dernier. Et s’en porte plus que bien. Voici son témoignage :

 

« J’ai enseigné durant 11 ans en lycée et collège. Ancienne élève de l’école normale supérieure de Cachan, je croyais dur comme fer à la transmission des savoirs et de valeurs de la République. Je suis issue d’un milieu modeste, d’une famille de commerçants ; ma mère n’est pas allée au-delà du certificat d’études. Petite, j’ai toujours perçu la différence entre les diplômés et les autres. J’ai toujours bossé d’arrache-pied, j’ai intégré une bonne prépa, Henri IV, et finalement, j’ai eu le concours de Normale Sup. J’ai bénéficié de l’ascenseur social et je voulais permettre à d’autres d’en faire autant. J’avais la vocation, l’envie de transmettre, le désir de participer à quelque chose de plus grand que moi, d’œuvrer pour le bien collectif. Je suis entrée à l’Éducation nationale la fleur au fusil. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit facile. J’étais prête à me battre pour ce métier. Cela ne me dérangeait pas. Je voulais enseigner en ZEP – et j’y ai effectué toute ma carrière.

 

Mon stage de pratique accompagnée m’a surprise. J’ai été larguée dans une classe, nous étions au milieu des années 1990. Pour ma première année, je suis tombée des nues. J’ai été affectée en Seine-Saint-Denis dans un collège qui faisait partie des « 6 » – les six collèges les plus durs du département, que tout le monde connaissait. Je vivais à l’époque en Seine-Saint-Denis, j’avais demandé à y être nommée, mais j’étais quand même très loin de chez moi : je devais me lever à 5 heures du matin pour arriver à 6 h 30, avant les embouteillages. En général, la  concierge m’ouvrait la porte et je préparais mes cours dans ma classe, entre 6 h 30 et  8 h 00… D’emblée, le principal m’avait collé 6 heures supplémentaires, sans me consulter et sans que je puisse dire quoi que ce soit. 24 heures par semaine, quand on débute (et même après), c’est énorme. Ce fut une année épuisante, un travail énorme. Cette année-là, tout était difficile, même faire entrer les élèves en classe ; il fallait surveiller les cages d’escaliers, les locaux techniques, aller chercher les élèves dans tous les recoins. Le principal, dont le bureau donnait directement sur l’emplacement où mes élèves étaient censés se ranger dans la cour, me regardait et ne m’aidait pas du tout quand les ados refusaient de monter en classe. Il m’a laissée me débrouiller comme ça. Il faut vraiment avoir la vocation.

 

Ensuite, j’ai été nommée à Noisy-le-Grand, dans un établissement où l’équipe était très soudée : il n’y avait que 6% de turn over (contre 76% dans celui d’avant !). Pourtant, le contexte était très difficile. Nous étions au cœur d’une cité, où ne restaient ni services ni commerces, une plaque tournante pour la vente d’armes. La nuit, des élèves faisaient le guet, pour 500 francs à l’époque, une sacrée somme. Pourtant, les gamins en voulaient, les collègues étaient solidaires, la direction à toute épreuve, même quand on recevait des cocktails molotov dans la cour. Je me sentais utile, les élèves nous remerciaient à la fin du trimestre. J’ai passé là mes trois plus belles années. C’était une expérience magnifique.

 

Une année, nous avions fait grève, parce que l’on nous avait refusé la création d’une classe non-francophone. C’était vraiment, pardonnez moi l’expression, du foutage de gueule. J’ai rédigé une lettre de démission que j’ai envoyée directement au Président de la république. Nous avons été reçus à l’Elysée ! Nous avons repris le boulot, j’ai commencé à être dans une position où je luttais contre le système. Il me fallait résister et tenir.

 

Ensuite, j’ai demandée à être mutée dans l’Académie de Lille. Un collège lui aussi difficile, avec des équipes soudées  mais un principal complexe, raciste, très compliqué, qui faisait des « blagues » sur les élèves franchement très limite… Ce furent 5 années ardues, la sécurité n’était pas assurée dans l’établissement, il y avait des intrusions d’adultes, parfois armés, 100% de  CSP défavorisées. En début d’année, il nous arrivait de collecter des tentes pour des parents à la rue, ou alors de récupérer des vêtements de bébé pour des gamines de 14 ans qui tombaient enceintes… J’ai été confrontée à la misère du Nord, qui n’a rien à voir avec celle de la banlieue parisienne. La vraie misère, culturelle, sociale, économique et intellectuelle. Les gens de la cité n’étaient jamais allés dans le centre de Lille à 1,5 km à pied. Les élèves n’avaient pas la volonté de se battre pour s’en sortir, ils n’attendaient strictement rien, ne faisaient strictement rien. Même les devoirs, que nous tentions de faire ensemble, en cours (sinon, il était évident que personne n’ouvrirait un cahier), nous n’arrivions pas à les finir. Ils n’avaient aucune notion d’effort, une absence totale d’intérêt pour tout ce qui n’apportait pas une gratification immédiate. Ils développaient une énergie dingue pour ne pas avoir à faire d’effort ! On ne peut pas aider les gens quand ils ne veulent pas l’être. Au bout d’un moment, c’est dur à vivre. On se remet en question. On arrive au bout des ressources pédagogiques.

 

J’étais au sommet de ma carrière, on me tannait pour passer les concours d’inspecteur, j’étais très bien évaluée. Je faisais ce que l’on nomme un « beau parcours ». Mais je mangeais cours, je pensais cours, j’étais tout le temps en train de chercher de nouvelles idées pour trouver des clés de compréhension pour mes élèves. J’étais surinvestie et ma vie personnelle en a souffert, cela a été une de mes erreurs. En même temps, cela n’aurait pas été possible autrement : il fallait se jeter dedans.

 

La dernière année, je suis entrée en conflit avec la direction. Je ne rentre pas dans les détails, mais la situation était absurde, je m’étais investie dans un projet pédagogique qui fonctionnait très bien et je n’ai pas pu le continuer, d’autres profs l’ont repris – alors que je l’avais mis en place avec une collègue, sans bénéficier d’aucune aide évidemment. Quatre ans de travail, quatre niveaux traités, pour rien. J’avais demandé, pour la première fois de ma carrière, un aménagement d’emploi du temps. On m’a envoyée paître. Le principal adjoint m’a dit qu’il était « temps de songer à changer d’établissement »…

 

J’avais deux classes difficiles, avec des élèves vraiment compliqués. J’arrivais au bout physiquement, j’étais en état d’épuisement chronique. J’avais peu de place pour mon compagnon, j’étais incapable de faire autre chose. En fait, je faisais un burn out sans le savoir. Un incident dans ma classe, à l’issue duquel un des élèves incriminés a quand même été réintégré dans mon cours alors qu’il était prévu qu’il n’entre plus en contact avec moi, a été la goutte d’eau qui a  fait déborder le vase. Pour moi, ce n’était pas admissible. En avril 2010, je n’ai pas repris et me suis donné l’été pour réfléchir.

 

À la rentrée suivante, j’ai été en congé longue maladie. Ce n’est pas ce que je voulais mais je m’y étais prise trop tard pour demander ma mutation ou une demande de mise en disponibilité. Si on démissionne, en tant qu’enseignant, on ne touche rien, pas de chômage. En plus, dans ma matière, il y avait un gros déficit d’enseignants par rapport au nombre de postes et l’on m’avait dit qu’on ne me laisserait jamais démissionner. C’est une drôle de situation, car on a l’impression qu’on est encore valorisable, puisqu’on ne veut pas vous laisser partir, mais en même temps, on n’est plus vraiment désiré. J’ai du passer plusieurs expertises pour prouver que je n’étais plus en état d’exercer ; j’ai vu un psy, un neuropsychiatre, plus un généraliste et un médecin du travail.

 

Je suis retournée à la fac, j’ai été prise dans une excellente formation pour devenir traductrice. Les expertises ont démontré que je n’étais pas en mesure de reprendre. J’ai touché des indemnités de départ volontaire : elles sont allouées à ceux qui souhaitent devenir entrepreneurs, on touche une partie au début et une partie après un an, quand on peut prouver son activité et justifier d’un exercice comptable.

 

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 19:24

In Sauvons l'Université

 

Contes et comptes approximatifs

 

 

Or donc un fonctionnaire en charge des finances
S’avisa un samedi qu’il fallait qu’on annonce
Que huit universités sentaient vraiment le rance
« Surveillance », dites-bien ! Il faut que l’on renonce
À prononcer « tutelle ». Ne faites pas le bêta,
Et de la LRU, ne dites surtout pas
Qu’autonomie ne fut qu’un pâle reliquat.
Le ministre communique. Mais que ne fait-il pas ?
De huit, le jeudi, jusqu’à sept rétrograde
Car Nice n’est pas si rouge que la belle Belgrade
Et n’a pas ses finances de la même couleur
Que tous ces amateurs qui n’ont pas de compteur.

***

Le cafouillage n’est pas le seul vice à la mode
L’obstination seule pourrait user Hérode
Alors que revenu du fin fond du Poitou
Il essaie de fléchir de Guéant le courroux
Mais las ! T’as pas compris ? Le pognon, voilà tout
Ce qu’on peut espérer soutirer par dessous
Aux étudiants mus par l’amour de Francion
Venus traîner leurs basques au collège de Sorbon.
Que viennent-ils d’ailleurs espérer faire en France ?
Quand même en Amérique, sortant de leur silence
Certains se manifestent jusque sur les campus
Tu nous vois donc demain devoir leur courir sus ?  

***

Un autre phénomène, relifté L’Oréal,
A caché aux parents, ce qui n’est pas banal,
Des chiffres statistiques, sur les prévisions
Des effectifs d’enfants qui, dès l’année prochaine
Devraient fréquenter l’école républicaine.
Les parents en effet cette semaine se déchainent.
Certains osent prétendre que la grande UMP
Après les élections voudrait bien achever 
La très noble et antique école de la Nation
Mais ce n’est pas son genre ! Il s’agit seulement
Par l’évaluation forcée des enseignants
De faire partout éclore l’excellence à tous vents,
Même si par temps gris et saison conformiste,
L’inspection doit mater tous ces récidivistes
Dont les élèves savent des rimes anarchistes
Ou peut-être simplement le chant des partisans.

***

Tout est-il donc si noir, tout est-il donc foutu ?
En tous cas, des pépètes, bientôt y en aura plus.
Ainsi parle le sénat dans son rapport tout cru
Mais faudrait qu’il nous dise quand y en a jamais eu !
Cherche président par petites annonces
C’est dire si collégiale est l’université
Ainsi que le CNESER l’a tantôt dénoncé.
Combien encore faudra-t-il de coup de semonces
Pour constater enfin que notre métier s’éteint ?
Le maître de conf., hâve, git sous un tas de ronces,
Fait de tableaux excel et de pensez-à-rien,
À moins qu’au sens propre, et grâce aux bétonneurs
Qui dans marchés publics mêlent épinards et beurre,
Il ne prenne sur la tête la cabane et le chien.  

***

Et la morale de l’histoire, dont on ne se lasse pas. Allez, redis-la moi avant d’éteindre la lumière. Ça fait trop peur :
"Si jamais, quand vous tombez malade, cela n’a aucun impact sur votre indemnité et votre salaire, ce n’est pas très responsabilisant. Du coup, on a un peu l’impression que la sécurité sociale est quelque chose sur lequel on peut tirer sans qu’il y ait un impact."
Laurent Wauquiez, interview sur BFM TV-RMC, 16 novembre 2011.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 18:11

 

 

* Vers une nouvelle « ingénierie pédagogique spécifique » pour faire (encore) des économies...

 

C’est une petite bombe que l’on peut lire ces jours-ci dans les salles des profs de certains lycées professionnels en Poitou-Charentes.

Les enseignants ont ainsi eu la surprise de découvrir le sort à court terme que l’administration faisait aux derniers CAP qui survivent encore à la dernière réforme.

Un projet de groupe de travail intitulé « classes à plusieurs niveaux » vient d’émerger de la pensée audacieuse de la rectrice de Poitiers, relayée comme il se doit par le corps d’inspection.

« le faible nombre d’élèves présents compromet la pérennité de ces classes de CAP », lit t-on dans un document qui émane de l’inspection Enseignement Technique - Sciences et techniques industrielles. Et pour éviter la suppression de ces formations, voilà LA solution.

 

Il faut regrouper les élèves ... de première et de terminale dans la même section. Ainsi dans nombre de lycées on peut réduire 4 à 6 groupes en 2, toutes spécialités mélangées. C’est déjà l’esprit des troncs communs en lycée général. Voilà que cela s’applique désormais à des enseignements plus spécialisés.

Et pour faire passer la pilule, l’Inspection demande à certains chefs d’établissement ou à certains profs de participer à ces groupes de travail afin de trouver une « ingénierie pédagogique spécifique [à ce montage] » c’est à dire organiser la gestion des enseignements ou des CCF et « la gestion et animation du groupe classe ».

Vocabulaire issu en droite ligne de la gestion des ressources (in)humaines, qui dit clairement au moins qu’il n’est plus question d’enseigner.

 

Voilà de quoi perdre encore énormément de moyens pour ces établissements. S’agit-il d’un de ces leviers d’efficience que prône la LOFL ? Et qui va se faire sur le dos des élèves de CAP.

 

Et le rectorat de Poitiers veut que l’opération se déroule en toute discrétion. Trop tard.

 

Et toujours plus...

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 19:15

In Fabula

  

[Dossier sur le budget 2012: facs autonomes, facs fauchées]

 

A Montpellier, des étudiant-es s’organisent car, au milieu du mois de novembre, ils-elles n’ont toujours pas touché l’argent de leur bourse. A Saint-Denis, les personnel-les et les étudiant-es de l’université Paris 8 luttent contre les dégradations des conditions de travail et d’études. Dans ces deux villes, un appel à la mobilisation a été lancé  pour le 24 novembre.

Près de 200 étudiants se sont rassemblés le 25 novembre devant le conseil d’administration du CNOUS qui votait le budget 2011-2012 pour manifester leur mécontentement face au budget d’austérité. Lille, Toulouse, Rennes et Lyon avaient appelé au rassemblement

 

Lire le communiqué de Sud Étudiant (23 novembre 2011):

 Nous ne laisserons pas couler les usager-ère-s et les personnel-le-s des universités

 

Lire également deux communiqués de l'Unef: (24-25 novembre 2011)

Budget : après les mensonges, la gueule de bois !

Les étudiants se mobilisent contre l’austérité imposée aux Crous

 

***

Revue de presse:

Les étudiants manifestent devant les Crous pour défendre leurs bourses

Ouest-France - ‎25 nov. 2011‎

 Des étudiants ont manifesté vendredi à l'appel de l'Unef à Paris sous les fenêtres du Centre national des oeuvres universitaires et scolaires (Cnous), ainsi que dans cinq villes de province, pour demander le versement des bourses de novembre et des ... 

Ils ne tiennent plus les cordons de la bourse
20minutes.fr - ‎24 nov. 2011

Habituellement, elle tombe entre le 15 et le 17 du mois. Hier, beaucoup d'étudiants toulousains n'avaient pas encore perçu leur bourse du mois de novembre. « Et ils risquent de toucher celle de décembre seulement début janvier », s'alarme Stéphane ...

 

Bourses des étudiants: des retards en novembre
TF1 - ‎24 nov. 2011‎

Le versement des bourses étudiantes connaît d'importants retards en novembre selon l'Unef qui s'inquiète aussi pour décembre, alors que le ministre de l'Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, affirme que "les moyens budgétaires" nécessaires existent ... 

Déprime de Noël pour les boursiers
Libération - ‎24 nov. 2011‎

Retard. Les étudiants attendent toujours le versement du mois de novembre. Et s'inquiètent pour décembre. «Je commence à désespérer, j'avais l'espoir de pouvoir faire mes courses et de payer un prélèvement qui passe le 28, mais si je n'ai pas ma bourse ...

 

Retard de versement des bourses étudiantes
Le Monde - ‎24 nov. 2011‎
 

Le versement des bourses étudiantes connaît d'importants retards en novembre selon l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), qui s'inquiète aussi pour décembre, alors que le ministre de l'enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, ...

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 18:41

 

Les remarques, pensées, réflexions quotidiennes d'une enseignante, prof de Lettres dans un lycée de la Côte d'Azur et écrivain. Sa première contribution "J'écris pour les profs qui pètent les plombs" a été rédigée, à la suite de la mort d'une prof de maths qui s'est immolée.

 

0Bon, aujourd'hui je procède à mon auto-évaluation (réforme de l'évaluation des enseignants envisagée par le gouvernement) concernant ma capacité à faire progresser :
  • chaque élève (point 1) ;
  • mes compétences dans ma discipline ou mes domaines d'apprentissage, soit le français (point 2) ;
  • ma pratique professionnelle dans l'action collective de l'établissement… par la mise en place de projets pédagogiques transversaux et pluridisciplinaires assurant la cohérence d'un enseignement collectif (point 3).

Pour le point 3, ça va. Ça va mais ça n'a pas été simple de trouver un projet impliquant plusieurs disciplines en classe de seconde. On a quand même réussi. Avec les profs de SVT (science et vie de la terre), d'EPS (éducation physique), de SES (sciences économiques et sociales), d'enseignement artistique, d'histoire-géo, et moi, le prof de français, on a mis en place un super projet transversal et pluridisciplinaire susceptible de réunir plusieurs collègues du lycée : les chemins de Monte-Cristo.

Comme ça on est allé tous ensemble courir le long des sentiers de Provence , en dansant et chantant à tue-tête, prélevant quelques plantes et quelques pierres, avec observation des paysages, considérations géologiques, tout en commentant les conditions d'implantation de la prochaine ligne TGV Paris-Toulon, ses conséquences écologiques, les motivations politiques du nouveau tracé... Moi j'ai casé des anecdotes sur le château d'If… Ça se prolongera et s'évaluera dans chaque discipline par un QCM.

Pour le point 2, la progression de mes compétences dans ma discipline, on peut considérer que ça s'améliore puisque j'ai réussi à faire lire aux élèves de seconde quelques extraits d'une édition abrégée du « Comte de Monte-Cristo » comportant certains passages du texte original entrecoupés de résumés. Ça les a un peu saoulés (« ça fait combien de pages madame ? C'est le dictionnaire ? ») mais j'ai fini par leur raconter l'histoire en chantant et en ramassant des pierres.

On a beaucoup regardé la mer en évoquant le méchant Danglard [personnage crapuleux du roman d'Alexandre Dumas, ndlr]. Ça leur a plu, ils voulaient connaître la fin de l'histoire.

Pour le point 1, je suis perplexe. Faire progresser chaque élève, c'est quand même le but évident pour un professeur, le fondement même du métier. Ou alors je suis dingue.

Mais comment je prouve que Lila ou Noé progressent ? Ils réussissent un peu mieux à se faire comprendre, à l'écrit comme à l'oral, ils acquièrent une nouvelle familiarité avec les textes littéraires. Je le sens, je le sais, mais leur niveau linguistique ne s'améliore quand même pas très vite et ils sont toujours aussi faibles dans les autres disciplines.

Il y a aussi le cas inverse, Grégoire et Saphia, élèves de première ES (section économique et sociale) très performants en math et SES, visant l'admission à une école de commerce et revendiquant une rentabilité immédiate de l'enseignement de la littérature – des bonnes notes assurées aux EAF (épreuves anticipées de français en classe de première), mais je sens tellement que je les énerve avec ma manière d'expliquer les textes :

« Madame, vous ne pouvez pas nous donner un poly de synthèse à la fin de chaque lecture analytique, pour le bac ?

– Oui, si vous voulez, d'accord, mais c'est pas le but, apprendre par cœur une explication de textes, vous êtes censés le comprendre, vous l'approprier.

– Nous on veut surtout réussir le bac, le reste... »

Je me soumets. Erreur fatale, une fois le système mis en place : j'explique le texte, à la fin je distribue les photocopies avec plan détaillé de la lecture analytique. Pendant le cours, désormais, Grégoire et Saphia écoutent en pointillé, bavardent avec une mine complice – « Merci madame c'est génial votre cours, on n'a même plus besoin d'écouter » – et propagent l'agitation.

Auto-évaluation 1 : je suis nulle, je ne réussis pas à captiver un auditoire de 35 élèves sur Beaumarchais. Mais Grégoire et Saphia auront de super notes au bac parce que je suis assez bonne pomme pour jeter l'éponge, expliquer mon texte dans le bordel ambiant et distribuer à la fin du cours un poly récapitulatif.

Auto-évaluation 1 bis : je suis un super prof parce que j'ai quand même réussi, malgré Grégoire et Saphia, à captiver 10 élèves sur 35 en expliquant le monologue de Figaro, des élèves qui ont compris quelque chose à la manipulation par le langage.

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 18:27

In C'est Classe !

 

 

 

A un mois de Noel, Luc Chatel annonce que les enseignants débutants vont être augmentés et toucher 2 000 euros bruts par mois. C'est sympa et ça met dans l'ambiance. Et puis, dans 3 semaines, il y a une journée de mobilisation - qui sait, peut-être que grâce à ça, la grogne va retomber ? Et dans 5 mois,  c'est la présidentielle - et si les profs reconnaissants votaient pour Sarkozy ? Mais là, rien n'est prouvé.

 

Le ministre et ses conseillers ont gardé leurs langues jusqu'au bout. Le matin du jour J - le 24 novembre - , on sentait bien que quelque chose se préparait. Mais quoi ? Comme le sait tout bon communiquant, plus la surprise est grande, plus l'impact de l'annonce a des chances d'être fort. 

 

Ce matin-là donc, le service de presse du ministère a appelé les journalistes pour savoir s'ils venaient au point presse du ministre au Salon de l'Education. Mais cette fois, c'était un peu plus appuyé que d'habitude - du genre: "vous allez voir, il y aura des chiffres intéressants, franchement ça vaut la peine".

Le problème est que j'avais autre chose à faire et que c'était urgent - un papier à terminer, un reportage à préparer. J'ai donc raté l'annonce du fameux chiffre. Heureusement, comme elle n'est pas passée inaperçue - on n'augmente pas les profs tous les jours -, je l'ai vite rattrapée au vol.
 

Tout était réglé au cordeau. Le ministre avait tenu à laisser passer l'orage déclenché par le projet de réforme d'évaluation des profs, qui donne un rôle-clé aux chefs d'établissement. La mobilisation appelée par une intersyndicale le 15 décembre vise d'ailleurs à obtenir son retrait.

Il avait choisi le Salon de l'Education, un lieu où se pressent, entre autres, les professionnels et les journalistes. Dans la foulée de son annonce, il est allé saluer les syndicalistes dans les allées, qui se sont retrouvés pris de court.

C'est bien sûr une bonne nouvelle pour les profs débutants. Ils devront toutefois attendre le 1er février 2012 pour toucher cette augmentation - tiens, deux mois et demi avant la présidentielle... 

D'après le ministre, ils sont 107 000 à être concernés dans le public - professeurs des écoles et certifiés, les agrégés n'étant pas concernés - et 18 000 dans le privé.

 

Après, les chiffres divergent sur la hausse réelle. Luc Chatel estime que les enseignants débutants auront vu leur rémunération augmenter de 18% entre 2007 et 2012 - ils partaient selon lui de 1 690 euros bruts mensuels. "Quel est le pays au monde qui a pris une telle mesure ?", s'est-il exclamé, et ce en pleine crise.

Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, estime que cette revalorisation "correspond à une augmentation de 5% et non de 18%". Apparemment, les uns et les autres ne partent pas des mêmes bases. Un calcul d'autant plus compliqué que les profs sont désormais recrutés à bac plus 5 et n'ont plus l'année de stage en alternance.

 

Dans un communiqué, le SE-Unsa écrit, lui, que "si ces annonces concernent potentiellement 100 000 enseignants, la moitié d'entre eux percevra de fait une augmentation inférieure à 20 euros nets par moi. Au final, ce sont 85% des collègues qui n'auront toujours rien reçu depuis 2007, leurs salaires restant bloqués".

Le SNUipp, principal syndicat du primaire, souligne que "ce n'est pas du luxe" vu le retard salarial des enseignants français par rapport à leurs voisins. Et parle d'une "augmentation d'environ 100 euros par mois en début de carrière".

 

Quoi qu'il en soit, plusieurs questions restent ouvertes:

 

La suite...



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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 18:20

 

In Mammouth déchaîné

 

 

 Retour des châtiments corporels

"Ecole à la maison" et timbrés de toutes sortes semblent faire bon ménage aux USA.  En témoigne le succès du lamentable livre publié par un pasteur évangéliste, "To Train Up a Child".

Publié à compte d'auteur, le livre du pasteur Pearl aurait été vendu à plus de 670 000 exemplaires ; il rencontre notamment un vif succès dans les milieux chrétiens adeptes de l'école à la maison. Il explique aux parents comment éduquer les enfants en suivant non seulement de bons principes chrétiens, mais aussi  les “principes utilisés par les amish pour dresser leurs mules les plus têtues”, c'est-à-dire en leur donnant des coups, les châtiments corporels étant considérés par certains chrétiens conservateurs comme  tout à fait compatibles avec la Bible . Le bon pasteur donne même des conseils pour frapper les bébés de 6 mois...

Plusieurs enfants dont les parents étaient des adeptes de la méthode Pearl sont déjà morts sous les coups.
Plus d'infos dans cet article de Courrier international (reprenant un article du New York Times).


* Plus fort que Guéant : punir dès 12 mois :

Punir les bébés trouve aussi ses adeptes en France: ainsi, le site ultra-réac "etatdedroit.fr" (site tellement proche de l'association Sos éducation que leurs deux adresses ip sont 213.186.33.2 et 213.186.33.4 ... ) souhaite entériner l'idée que l'on puisse "punir" les enfants dès 12 mois, mais attention, précise le site (proposition E20) "il va de soi que les gestes connus pour leur dangerosité seraient régulièrement rappelés aux nouveaux parents : ne JAMAIS secouer un jeune enfant, etc."

ouf, on a eu peur...

 

 

..
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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 20:19

In Marianne2

 

Luc Chatel jubile parce qu'il vient d'annoncer que les jeunes profs vont être augmentés. « Il a juste oublié de préciser qu'il bloquait les salaires de tous les autres enseignants pendant trois ans, dans le même temps », précise, lui, notre blogueur associé l'Hérétique...

  

(capture écran: Europe 1 - Dailymotion)
(capture écran: Europe 1 - Dailymotion)
Châtel, il a vraiment la tête du fayot de la Sarkozie. Toujours content de lui, quand il a son nonos. C'est vraiment le roi de l'entube.

Là, il est tout content parce qu'il vient d'annoncer qu'il va augmenter les jeunes profs. Il a juste oublié de préciser qu'il bloquait les salaires de tous les autres enseignants pendant trois ans, dans le même temps.

Hop, un petit coup d'oeil sur le site du SNES, le puissant syndicat des enseignants du secondaire, et qu'apprend-on ?

Le Ministère a dans ses cartons une réforme qui consiste à faire évaluer les enseignants non plus par des inspecteurs, mais par des chefs d'établissement. Au passage, réforme idiote : elle favorise les effets de cour, et surtout, prive l'État d'un corps indispensable : l'inspection. Un État qui se débarasse de ses inspecteurs est un État qui entend bien se laver les mains de ce qu'il se passe dans ses basses oeuvres. Or, partout un corps de contrôle est absolument nécessaire.

Squizzer l'inspection pédagogique est un grand moment de la chateloconnerie. Rendons à Châtel ce qui ne lui appartient pas, c'est en projet sans doute ailleurs qu'à l'UMP.

Non, le tour de force, c'est l'arnaque de 1ère qualité qu'a mis au point Châtel. Pour appliquer sa réforme, il a décidé de bloquer l'avancement des enseignants pendant trois ans à l'ancienneté. De 2012 à 2015.

Or, un enseignant ne met jamais moins de trois ans à franchir un échelon de carrière. C'est même trois ans au début, mais rapidement 3.5, puis 5 ans. 

Je ne suis pas mauvais en soustraction : 2015-2012 = 3.
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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 11:44

In Polit'Productions

 

Profs, ça y est : vous allez travailler plus! et dans des conditions de plus en plus dégradées non seulement pour vous mais pour la jeunesse et pour l'École tout entière. C'en est fini des Jardins d'Akadèmos et d'Épicure. Out le loisir de penser et le plaisir d'apprendre. Place au marché! Aux managers et aux ressources humaines, au productivisme et à l'arrivisme! Les établissements scolaires vont enfin pouvoir devenir des entreprises, de vraies matrices d'esclaves pour le capital. La prophétie de Nietzsche est accomplie.

 

Luc Chatel

La Fondation IFRAP (Institut Français pour la Recherche sur les Administrations Publiques) a remis début novembre deux rapports au Groupe UMP, avec 20 propositions pour la Rentrée 2012 ...
 
La première proposition a déjà été (partiellement) entérinée par l'Assemblée Nationale, ce mercredi 16 novembre 2011 : les autres vont être mises en place progressivement.

Sources (novembre 2011) : http://www.ifrap.org / http: //www.projet-ump.fr


PROPOSITION 1 :

Lutter contre l’absentéisme dans les services publics en instaurant, comme dans le privé, trois jours de carence et des indemnités journalières limitées à 60 % de la rémunération nette : économie de 220 millions d'€.

PROPOSITION 2 :

Augmenter le temps de travail des enseignants : 2 heures de cours de plus par semaine pour tous les certifiés et tous les agrégés, cela permet l’économie de plus de 40.000 postes d’enseignants. De plus, ce temps de service doit être défini annuellement (et non plus par semaine) afin de réduire le nombre d’heures qui sont payées aux enseignants, mais non effectuées lorsque les élèves sont en stage, en voyage ou encore lorsque les salles de classes sont réquisitionnées pour des examens.

PROPOSITION 3 :

Renforcement des pouvoirs du chef d’établissement en matière de recrutement des enseignants, d’évaluation pédagogique, et de maîtrise du budget y compris les salaires des enseignants (via une enveloppe budgétaire globale attribuée en fonction du nombre d’élèves par établissements).

Le renforcement de l’autonomie des établissements doit signifier la possibilité pour le chef d’établissement (principal de collège, proviseur de lycée, mais aussi, à terme, directeur d’école) de recruter librement son équipe enseignante et d’administration, en fonction du projet de son établissement. Une telle évolution doit naturellement s’accompagner d’une formation à la GRH des chefs d’établissement et un renforcement de l’équipe de direction.

PROPOSITION 4 :

Dans l’Éducation nationale, les nouveaux enseignants doivent être recrutés sous contrat de droit privé en CDD ou en CDI. Ce statut plus souple permet également d’adapter les effectifs des enseignants aux effectifs des élèves. Il faut réserver le statut et l’emploi à vie aux agents publics dont l’État a impérativement besoin. Ils sont 700 000 au sein de la fonction publique, ce sont les agents des fonctions régaliennes (Défense, Justice, Police ). Dans les autres services publics, il faut désormais recruter sous contrat de droit privé.

Il faut réfléchir à un nouveau statut des enseignants qui permette d’intégrer dans les missions des enseignants non seulement les cours mais l’accompagnement : tutorat, orientation, concertation. Cette redéfinition des missions pourrait aboutir à la création d’un nouveau corps qui concernerait les candidats à l’actuel CAPES et qui serait ouvert aux professeurs certifiés en exercice, sur la base du volontariat.

PROPOSITION 5 :

Déléguer la gestion des établissements à d’autres acteurs que l’Éducation nationale, mais avec des budgets publics.

PROPOSITION 6 :

Moduler le nombre d’heures en fonction de l’ancienneté : plus on est aguerri au métier, plus on donne d’heures de cours. Cela faciliterait l’entrée dans le métier des enseignants débutants, qui assurent autant d’heures que les autres professeurs, alors qu’ils doivent préparer leurs cours de A à Z.

PROPOSITION 7 :

Renforcer le rôle de l'Enseignement Privé sous Contrat : afin de rétablir l’égalité de tous devant l’éducation, et d’assurer une meilleure gestion de l’argent public, nous proposons d’unifier en France la dépense publique par élève. La dépense de fonctionnement doit être la même dans les établissements publics et les établissements privés sous contrat avec l’État, où seules les dépenses d’investissement doivent être prises en charge par les familles, comme la loi le prévoit.

PROPOSITION 8 :

Créer des établissements scolaires « par classe » : par exemple, dans une agglomération avec deux collèges, plutôt que d’avoir un établissement pour les élèves du centre-ville avec tous les niveaux (6ème à 3ème) et un collège pour les élèves du quartier populaire avec tous les niveaux (6ème à 3ème), on pourrait mettre en place des établissements par classes ; un établissement regroupant tous les élèves de 6ème-5ème de l’agglomération, un autre tous les élèves de 4ème-3ème. Ce système de regroupement des élèves par tranche d’âge permet d’ailleurs une plus grande sécurité pour les élèves les plus jeunes, facilite le travail de surveillance et permet d'examiner une nouvelle globalisation des moyens.

PROPOSITION 9 :

Mettre en place une évaluation des enseignants par le chef d’établissement. Les enseignants ne devraient plus subir une évaluation purement quantitative, qui ne vise qu’à vérifier leur bon respect du programme national et leur aptitude à le finir dans les temps. Elle devrait s’appuyer sur une dimension qualitative, qui mesurerait leur capacité à faire progresser les élèves.

Un responsable disciplinaire (un « chef de département » pour chaque ensemble disciplinaire), désigné parmi les enseignants pourrait animer l’équipe de professeurs de sa discipline et participer à leur évaluation. Il pourrait notamment accompagner les jeunes enseignants au début de leur parcours. Il serait le responsable du travail en équipe au sein de la discipline.

PROPOSITION 10 :

La suite...

 

Le dossier Convention Education de l'UMP

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 11:30

Débat à l'initiative de l'ORIS

 « Quelle école pour quelle société ? De la théorie des dons au 'tous capables' »

Mardi 29 novembre 2011 à 20h00

Espace Robespierre, 2 rue Robespierre à Ivry-sur-Seine

 

RENCONTRE avec Christian Laval ("dernier ouvrage : "La nouvelle école capitaliste")
et Jacques Bernardin, Président du GFEN
  

 

 

 


Mise en vente : 25/08/2011


La nouvelle École capitaliste 

 


 Christian LAVAL, Francis VERGNE, Pierre CLÉMENT, Guy DREUX

 

 

 

Ce qui ressemble aujourd’hui à un sabotage de l’école – suppressions de classe, réduction des effectifs enseignants et appauvrissement de la condition enseignante – ne suffit pas à    caractériser la mutation historique de l’école. Celle-ci ne joue plus seulement une fonction dans le capitalisme, comme l’ont montré les analyses critiques des années 1970, elle se plie de l’intérieur à la norme sociale du capitalisme. L’ « employabilité » est le principe et l’objectif de la normalisation de l’école, de son organisation et de sa pédagogie. L’école devient peu à peu un système hiérarchisé d’entreprises productrices de « capital humain » au service de l’ « économie de la connaissance ».

Elle cherche moins à transmettre une culture et des savoirs qui valent pour eux-mêmes qu’elle ne tente de fabriquer des individus aptes à s’incorporer dans la machine économique. Les effets inégalitaires de la concurrence, la mutilation culturelle introduite par la logique des « compétences » ou la prolétarisation croissante du monde enseignent révèlent la perte d’autonomie de l’école par rapport au nouveau capitalisme et aux luttes des classes sociales autour de l‘enjeu scolaire.

Dans ce livre de combat et de théorie, les auteurs renouvellent la sociologie critique de l’éducation en inscrivant les mutations de l’institution scolaire et universitaire dans celles du capitalisme contemporain. Ils entendent ainsi donner à tous ceux qui se sentent concernés par cette problématique éminemment politique les outils d’analyse pour construire une alternative convaincante et résolue.

 

 

 

Christian Laval, Francis Vergne Pierre Clément, Guy Dreux, sont enseignants et chercheurs.       Ils sont membres de l'Institut de   Recherches de la FSU où ils animent un séminaire public sur « Les politiques néolibérales et l’action syndicale ». Ils ont publié plusieurs ouvrages sur les questions d’éducation.

Christian Laval est par ailleurs l'auteur, à La Découverte, de L'école n'est pas une entreprise, et, avec Pierre Dardot, de La Nouvelle Raison du monde.

 

 

Sciences Humaines – 280 pages – 19,50 €

 

 

Pour en savoir plus

 

www.editionsladecouverte.fr

 

 

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