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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 21:27

In Libération

 

C03-23En présentant ses vœux aux acteurs de l'éducation et de la recherche, le président a préconisé la redéfinition du métier d'enseignant.

 

Les syndicats d'enseignants ont dénoncé jeudi "une attaque libérale" de Nicolas Sarkozy sur l'éducation et "la poursuite de sa politique d'étouffement budgétaire", après la présentation du programme du très probable futur candidat en la matière.

Dans un communiqué, le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, a dénoncé une "attaque libérale du candidat Sarkozy" fondée notamment sur "l'autonomie du chef d'établissement" et "un désengagement de l'Etat employeur qui se décharge sur l'Université de l'ensemble de la formation des enseignants".

"Rien n'est dit sur la façon de prendre en charge l'échec scolaire", a ajouté le Snes, en regrettant que "le principe de la baisse de l'emploi public soit réaffirmé".

Des enseignants plus présents

En présentant ses voeux aux acteurs de l'éducation et de la recherche jeudi à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), Nicolas Sarkozy a préconisé notamment l'autonomie des établissements, la remise en cause du collège unique et la redéfinition du métier d'enseignement.

A ce sujet, il a suggéré que les professeurs puissent "accepter de nouvelles manières de travailler, d'être plus présents dans les établissements". "Mais en contrepartie, leur rémunération devra être considérablement augmentée", a-t-il ajouté, sans toutefois dire comment.

Aujourd'hui, dans le secondaire, un professeur doit assurer 15 heures de cours par semaine s'il est agrégé et 18 heures s'il est certifié.

La FSU, première fédération syndicale de l'éducation, a tenu à rappeler jeudi que ces heures de cours ne correspondaient pas au travail total des enseignants, ceux-ci travaillant en moyenne 20h27 en dehors des cours, selon une étude de 2002 du ministère de l'Education nationale.

Dans un communiqué distinct, le SE-Unsa a déploré "une vision libérale et rétrograde" et "la poursuite de la la politique d'étouffement budgétaire".

"Cerise sur ma galette, le président de la République annonce -une augmentation considérable de la rémunération des enseignants-, oubliant qu'il en avait pris l'engagement dans sa -Lettre aux éducateurs- de 2007... et que les personnels attendent toujours!", a-t-il ajouté.

Hollande dénonce un bilan «lourd» ...

Le député de Corrèze a jugé que dans l'Education, le bilan du président sortant était "particulièrement lourd".

"Avoir supprimé 70.000 postes, avoir découragé le personnel qui se dévoue, avoir aussi supprimé la formation initiale des enseignants et avoir laissé l'échec scolaire progresser (...), avoir laissé la violence s'installer dans certains établissements, avoir négligé l'enseignement professionnel (...). Nous n'avons pas là un bilan qui justifie un projet qui puisse donner confiance".

Interrogé sur les propos de Nicolas Sarkozy en faveur d'un aménagement du "collège unique", M. Hollande a fait remarquer: "ce débat existe depuis (la création du) collège unique et Nicolas Sarkozy n'avait pas eu de mots suffisamment durs à son endroit en 2007. Qu'a-t-il fait" depuis ?

"Moi je suis toujours pour qu'il y ait un collège qui accueille les élèves. Qu'il y ait -c'est déjà le cas- au sein du collège, une diversité des parcours, chacun le comprend, mais que soit ouverte la possibilité de professionnaliser dès 14 ans, non!".

Enfin sur la revalorisation du métier d'enseignant, "Nicolas Sarkozy dit qu'il veut les payer davantage. Aujourd'hui je constate (...) que les enseignants, sauf les plus jeunes n'ont pas été revalorisés", a-t-il dit.

... et défend un projet «responsable»

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 18:59

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In Le Monde

 

Sur l'éducation, Hollande accuse Sarkozy de défendre un "modèle libéral"

 

Caen, envoyé spécial - "On pourra faire tous les modèles que l'on voudra, et Nicolas Sarkozy est un expert, il est très difficile d'enseigner sans enseignants." François Hollande a fermement répliqué, jeudi 5 février, aux vœux formulés, quelques heures plus tôt à Chasseneuil-du-Poitou (Poitou-Charentes), par le chef de l'Etat à l'éducation nationale. Nicolas Sarkozy, qui avait formulé ses propres propositions de réforme sur ce dossier, avait jugé "irresponsable" sa proposition de procéder à 60 000 recrutements dans cette administration. En visite dans un centre de formation et d'apprentissage (CFA) de Caen, le candidat socialiste a pied à pied défendu ses positions, les qualifiant de "projet responsable".

 

"Moi, je ne qualifie pas ou ne disqualifie pas le projet des autres, a indiqué M. Hollande. J'essaie de les confronter. Moi, ce que je propose, c'est que l'éducation nationale ait davantage de professeurs, de surveillants, de personnels d'accueil, d'enseignants, d'infirmières et de médecins scolaires."

 

"ÉCOLE À L'ANGLOSAXONNE"

M. Hollande ne s'est néanmoins pas privé de fustiger la vision présentée le matin même par le président de la République : "Le projet de Nicolas Sarkozy a enfin une cohérence. Il consiste à vouloir l'école à l'anglosaxonne, avec une compétition entre établissements, un système où l'enseignant est choisi, ou en tout cas noté, par le chef d'établissement alors que celui-ci n'a pas une autorité complémentaire sur la matière, et à réduire continûment le nombre d'enseignants et de personnels."

Zéro pointé, donc. Au chapitre du bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy en matière d'école, le professeur Hollande, qui venait d'échanger avec des jeunes en formation, s'est montré encore plus sévère. "L'échec de Nicolas Sarkozy est général, a-t-il attaqué. Mais dans l'éducation nationale, il est particulièrement lourd. Avoir supprimé 70 000 postes, découragé le personnel qui se dévoue pour l'éducation nationale, supprimé la formation initiale des enseignants, laissé l'échec scolaire progresser avec 150 000 jeunes sortant chaque année du système sans qualification, laissé la violence s'installer dans certains établissements... Ce bilan ne justifie pas un projet qui donne confiance."

 

 

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Vœux 2012 : attaque libérale du candidat Sarkozy sur l’Ecole (SNES FSU)

Nicolas Sarkozy a présenté ce jour ses vœux au monde de L’Enseignement.

Derrière l’habillage démagogique prétendant restaurer l’autorité à l’Ecole, le chef de l’Etat, déjà en campagne, nous promet de fait un modèle d’école libérale fondé sur :
—  l’autonomie du chef d’établissement pouvant aller jusqu’au recrutement par ce dernier des personnels, remettant ainsi en cause le principe statutaire et ce qu’il signifie d’égalité pour tous les élèves,
—  l’éviction précoce des collégiens sous couvert de préparation à la voie professionnelle,
—  un désengagement de l’Etat employeur qui se décharge sur l’Université de l’ensemble de la formation des enseignants et CPE.

Aucune réponse n’est donnée à la demande collective de retrait des projets de textes sur l’évaluation ; rien n’est dit sur la façon de prendre en charge l’échec scolaire.

Le principe de la baisse de l’emploi public est réaffirmé, le Président de la République félicitant son ministre de l’Education d’être celui qui a appauvri le système public d’Education.

Les professionnels de l’Education rejettent majoritairement ces choix qui tournent le dos à l’égalité et l’objectif de réussite de tous.

Dans la continuité des actions menées depuis la rentrée, le SNES appelle les personnels à être nombreux le 31 janvier pour la grève et la participation à la manifestation nationale à Paris.

 


 

Vœux présidentiels : l’École de la République désarticulée (SE-Unsa)

 

Lors de ses vœux au monde de l’Education, le Président de la République vient de tracer les contours précis du projet pour l’École que portera le candidat Sarkozy dans la campagne des présidentielles.

Durant ce quinquennat, il aura, par touches successives, entamé une transformation en profondeur de notre système éducatif : suppression de la carte scolaire, dynamitage de la formation des enseignants, asphyxie des RASED, recrutement des personnels par les chefs d’établissements en zone ÉCLAIR, volonté de mettre en place un système d’évaluation injuste et inefficace…

Il annonce aujourd’hui la poursuite de sa politique d’étouffement budgétaire. Il la couple à une vision libérale et rétrograde dans laquelle le collège deviendrait une machine à exclure. Là où il faudrait lutter contre la difficulté scolaire, c’est une orientation sans issue qui est proposée.

Quant à l’autonomie accrue des établissements, présentée comme le moyen de restaurer l’autorité des enseignants, elle est, de fait, prétexte à une mise en concurrence dévastatrice pour la cohésion sociale. D’un coté les « classe affaire », de l’autre les établissements « low cost ».

Cerise sur la galette, le Président de la République annonce «  une augmentation considérable de la rémunération  des enseignants », oubliant qu’il en avait pris l’engagement dans sa « lettre aux éducateurs » de 2007 »… et que les personnels attendent toujours !

Pour le SE-Unsa, ce projet ne peut être celui de l’École de la République. Il formule le vœu que l’Education reste un droit garanti par l’État et un investissement indispensable pour la Nation qui doit y consacrer des emplois et un budget conséquent. La cohésion sociale et l’avenir du pays sont à ce prix.

 


Sarkozy pour la révolution libérale à l’école (Communiqué de JL Mélenchon)

 

Le chef de l'Etat propose de faire la révolution libérale à l'école. Dorénavant de l'école primaire à l'université le chef d'établissement deviendrait un chef d'entreprise qui recrute et paie les enseignants d'après ses gouts. C'est ce que veut l'autonomie des établissements défendue par Nicolas Sarkozy.

A travers l'apologie de l'entreprise Acadomia, c'est le modèle du chèque éducation que proposait le FN auquel se rallie Nicolas Sarkozy.

On connait désormais le projet de Sarkozy : donner aussi l'école aux marchands.

 

Education : Sarkozy le démolisseur

 

Ce jeudi 5 janvier, Nicolas Sarkozy présentait ses vœux au monde de l’éducation. Depuis des années, il est le destructeur conscient et acharné du service public de l’éducation. Par décence, il aurait dû se contenter de s’excuser de cette casse qui menace gravement l’avenir du pays.

 

Il a d’abord réduit les moyens humains alors que les besoins s’accroissent.

80 000 postes auront été détruits dans l’éducation depuis 2007. Pourtant, comme le notait la cour des comptes en mai 2010, la France affiche déjà le taux d’encadrement le plus faible de l’OCDE, en particulier dans le primaire (5 pour 100 contre 9 pour 100 en Suède ou au Portugal).

L’argument démographique avancé par la droite est de pure fantaisie. Depuis 2007 les inscriptions en primaires ont augmenté en moyenne de 14 000 par an, conséquence logique du dynamisme de la démographie française.

La dégradation du taux d’encadrement est en partie maquillée (37% d’enfants scolarisés avant 3 ans en 2001 contre seulement 13% en 2011) et en partie « absorbée » par la réduction des contenus enseignés (suppression de matière, programmes « allégés » au rabais).

 

Il a travaillé à la casse des statuts.

En imposant aux futurs enseignants une année de plus de formation, à leurs frais, il accroit la sélectivité sociale des métiers de l’éducation. Mais il s’agit aussi de former une « armée de réserve pédagogique » en vue de casser le statut de fonctionnaire d’Etat. En effet, que pourront bien faire tous les titulaires d’un master « métier de l’enseignement », recalés à des concours offrant de moins en moins de places ? De fait, la part de l’emploi précaire n’a cessé de croitre au détriment des conditions d’enseignement.

 

Une politique au service de la marchandisation du savoir.

Le recul du service public vise à créer un grand marché du savoir. Avec Nicolas Sarkozy, les officines de soutiens scolaires ont encore prospéré, bénéficiant toujours d’un avantage fiscal conséquent (50% de déduction d’impôt). Avec la suppression des IUFM, les préparations privées et payantes aux concours de l’Education nationale se sont aussi développées. Enfin, la droite a défendu avec constance les droits de l’enseignement confessionnel. « L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé » affirmait Sarkozy en 2007 à Saint-Jean de Latran. Il a depuis fait tout ce qu’il a pu pour favoriser l’enseignement confessionnel : la circulaire Darcos d’abord, puis de la loi Carle (2009) obligent les communes à financer l’enseignement privé et favorisent le séparatisme social et confessionnel. Le monopole public de la collation des grades universitaires a été abandonné par un accord signé avec le Vatican (janvier 2008). Le « plan banlieue » a entre autres choses servi à créer un fonds de soutien aux établissements privés qui créeraient des classes dans les quartiers populaires. Par ailleurs la ventilation des postes a évolué en faveur du privé, en 2011 ce sont 1200 postes qui ont ainsi été transférés du public au privé. 

 

Cette politique de casse est aussi une politique de classe.

En témoignent les inscriptions en baisse au lycée depuis 5 ans toutes filières confondues, en rupture avec l’effort historique de formation du pays, ou la réforme de l’enseignement professionnel (suppression du BEP, bac professionnel en trois ans au lieu de quatre) à l’issue de laquelle plus de jeunes risquent de sortir sans diplôme. Comme toujours, la droite couvre son incurie de poses moralisatrices, en poussant les familles au sauve qui peut individuel (suppression de la carte scolaire, « internats d’excellence » ne concernant que 0,8% des élèves de ZEP) et en blâmant les victimes (loi Ciotti permettant de pénaliser financièrement les familles, dont les enfants sèchent les cours). Il est trop facile d’incriminer les « familles démissionnaires » quand on organise soi-même la démission éducative de l’Etat républicain. C’est en tout cas plus facile que « créer des classes à 15» dans les ZEP (démantelées depuis) comme le promettait le candidat Sarkozy en 2007.

 

Lors de ces vœux, Nicolas Sarkozy a vanté « l’autonomie » qui a pourtant fait tant de dégâts dans l’enseignement supérieur. Son projet pour la présidentielle est d’appliquer le même modèle libéral aux établissements scolaires. Décidément, dans l’éducation comme partout, il est grand temps de tourner la page du sarkozysme pour reconstruire le service public, garant de l’égalité républicaine et de l’émancipation individuelle.

 

 Jean-Luc MELENCHON 

 


Des mauvais vœux du président pour l’avenir de l’école (Snuipp-FSU)

 

Nicolas Sarkozy présentait hier ses vœux au monde de l’éducation, l’occasion pour lui de prononcer un discours aux tonalités électoralistes et d’esquisser ce que serait son projet pour l’éducation après 2012. Un programme mauvais pour l’école.

 

 C’est un véritable projet de réforme du système éducatif qu’a dessiné hier jeudi 5 janvier le président de la République à l’occasion de la présentation de ses vœux au monde de l’éducation. A Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), la commune du Futuroscope, Nicolas Sarkozy a détaillé des projets qui concernent peu l’école primaire, mais qui ne laissent rien augurer de bon pour l’avenir de l’école. Dans un discours aux tonalités électoralistes, il a jugé « irresponsable » d’envisager de recréer des postes dans l’éducation nationale mais promis une augmentation « considérable » des rémunérations à condition que les professeurs soient « davantage présents dans les établissements". Cette mesure concernerait le secondaire avant tout, mais elle fait écho chez les professeurs des écoles, pour qui le temps de travail retenu par les textes ministériels est de 27 heures hebdomadaires de service, alors que tout le travail “invisible” lié à la préparation de la classe, aux tâches administratives, aux relations avec les partenaires de l’école et les parents, allongent considérablement le quotidien du métier.

Les écoles en établissements ?

Il a aussi insisté sur "l’autonomie des établissements" estimant que cela permettra de constituer des équipes soudées, « autour du chef d’établissement », et ce « dès le primaire »… Parmi les autres mesures de son programme figure une réforme du collège unique qui conduirait à partir de la 4ème à constituer des filières de formation professionnelle. "il n’est pas normal que le collège actuel prépare exclusivement à l’enseignement général" a-t-il commenté tandis que la 6ème et la 5ème seraient, comme l’a été l’élémentaire, recentrées « sur les savoirs fondamentaux en assurant une continuité avec le primaire ».

Le socle commun mis en cause

Pour Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp invité à la cérémonie des vœux, « le chef de l’État s’est livré à un tour de passe-passe, dressant le constat d’une crise du système scolaire et du travail enseignant ». Mais, a-t-il ajouté, « c’est un aveu d’échec de la politique menée en matière de formation, d’encadrement, de conception du métier. Et c’est surtout son bilan, car c’est lui qui est aux manettes depuis cinq ans ». Pour le SNUipp-FSU, le discours du chef de l’Etat traduit « une vision de l’école qui conduit à la déréglementation du système éducatif et à la mise en concurrence des écoles »....mais aussi, avec le projet de réforme du collège unique, à « une remise en cause du socle commun, terme qu’il n’a même pas employé une seule fois durant son discours ».

 
 
 

 

 


 

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 18:49

nicolas-sarkozy

In NouvelObs

 

Moins de profs, moins de dépenses, plus d'inégalités. En partenariat avec Débats 2012, le site de Terra Nova.

 
 

Depuis 2002, la droite a mené plusieurs réformes du système éducatif mais de nombreux blocages persistent. La France reste notamment l’un des pays qui amplifie le plus sur le plan scolaire les inégalités sociales avec une part croissante d’élèves en difficulté : 15% en 2000 contre 20% en 2009, selon l'enquête PISA menée par l'OCDE.

 

L'effort de financement global de l'éducation en France (dite Dépense intérieure d'éducation ou DIE) a baissé de près d'un point de PIB entre 2000 et 2009. La DIE intègre les dépenses de l'ensemble des acteurs mais sous-estime la baisse de l'effort financier de l'Etat : le budget du ministère de l'Education nationale ne représentait plus que 21% du budget de l'Etat en 2010 contre 28% en 2007. La structure de financement a en outre connu une évolution sensible avec un désengagement progressif de l'Etat. Sa part dans le financement de la DIE est passée de 67% en 1985 à 56,1% en 2009, contre 25% pour les collectivités locales, 6,7% pour les entreprises et 11,1% pour les ménages. La part de ces derniers dans la DIE tend à s'accroître depuis 2007.

 

En matière de comparaison internationale, la France reste à peine au-dessus de la moyenne des dépenses de l'OCDE, soit 0,3% de PIB en plus en 2006. Ce chiffre cache cependant des différences sensibles : l'Etat ne consacre que 5.620 euros par an et par élève dans l'enseignement primaire contre 9.110 euros dans l'enseignement secondaire. Les établissements du premier degré public représentent au final 25,9% des dépenses en faveur de l'éducation, contre 34,4% pour les établissements du second degré public.

Moins de profs

Depuis 2002, la baisse a aussi été notable en ce qui concerne les moyens humains consacrés à l'éducation : plus de 154.700 postes d'enseignants ont été supprimés entre 2000 et 2011.

Un phénomène qui s'explique par un mouvement de décentralisation/externalisation et par le non-remplacement de tous les départs à la retraite. Ces suppressions de postes se sont accélérées avec Nicolas Sarkozy au nom du principe de non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique : près de 16.000 postes budgétaires ont été supprimés en 2010 et 2011 contre 8.700 en 2007.

Les effectifs du ministère atteignaient 969.600 en janvier dernier. La part relative des personnels enseignants dans ces effectifs a augmenté en raison, avant 2007, du transfert des personnels administratifs et ouvriers de lycée (TOS) aux conseils régionaux en 2004, puis à la réduction des effectifs au sein des administrations. Cette diminution des personnels est partiellement camouflée par le recours aux emplois aidés (notamment 45.000 emplois "établissement vie scolaire"), qui posent problème en termes de précarité et de débouché pour leurs détenteurs.

Seuls 5% des suppressions d'emploi ont affecté l'enseignement privé sous contrat entre 2004 et 2009 alors qu'il scolarise 20% des élèves, plutôt socialement favorisés.

Crise de la formation, crise des vocations

A côté de cette baisse des effectifs, la politique de la droite n'a pas permis de revaloriser le statut des enseignants. Selon une étude récente de l'OCDE ("Regards sur l'éducation", septembre 2011), leur rémunération a connu un déclin relatif en comparaison européenne. En 2009, le salaire moyen de début de carrière pour un enseignant du primaire dans l'UE à 21 était par exemple de 30.150 dollars contre 24.006 en France et de 39.735 dollars après 15 ans d'exercice contre 33.359 dollars.

 

Une part croissante des rémunérations des enseignants du secondaire est en outre constituée d'heures supplémentaires (1,3h par semaine en moyenne). Leur recours s'est intensifié depuis 2007.

En ce qui concerne la formation des enseignants, Nicolas Sarkozy a mené une réforme très contestée. Les décrets du 29 juillet 2009, complétés par la circulaire de décembre 2009, exigent désormais un niveau master pour le recrutement des candidats aux métiers de l'enseignement (Professorat des écoles, CAPES, CPE, CAPEPS, CAFEP, PLP). Le niveau requis pour l'agrégation s'élève mécaniquement à un diplôme post-master. Les IUFM ont été intégrés aux universités et jouent un rôle amoindri dans le nouveau cadre de formation des enseignants.

 

Cette "masterisation" du métier a suscité un mouvement de protestation, du primaire à l'enseignement supérieur et la recherche.

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 17:47

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In Café Pédagogique

 

Lors de ses "voeux au monde enseignant", à Poitiers le 5 janvier, le président de la République a affirmé sa volonté de continuer les réformes mises en route depuis 5 ans.

 

Sur les postes, N Sarkozy a vivement critiqué la promesse de F Hollande de recréer 60 000 postes durant son mandat. "La paupérisation est un problème pour la société française. Il faut réévaluer la condition enseignante", a déclaré le président. Avant d'ajouter : "Réfléchissez en tant que citoyen : la société française peut-elle accepter une hausse du nombre d'enseignants et la réévaluation ? " Pour N Sarkozy c'est la baisse continue du nombre d'enseignants qui pourrait permettre une réévaluation. La clé c'est que les enseignants travaillent davantage. Il faut qu'il "acceptent de nouvelles manières de travailler,.. d'être plus présent dans les établissements". Le président a vanté l'autonomie des établissements et le rôle du chef d'établissement.

 

Fin du collège unique et sélection précoce. Pour N Sarkozy, "il faut mettre fin aux faiblesses du collège unique". Il propose d'orienter vers des formations professionnelles les jeunes dès la quatrième. Pour l'enseignement professionnel, il est revenu sur l'idée d'effectuer en alternance la dernière année de CAP ou de bac pro. "Une telle disposition serait une réponse extrêmement forte au problème structurel du chômage des jeunes".

 

Le programme UMP est celui du candidat Sarkozy. C'est au final le programme présenté par l'UMP le 8 novembre qui sera celui du candidat Sarkozy. L'UMP veut le fin du collège unique avec des filières de pré- apprentissage dès la 4ème. L'UMP demandait aussi une gestion manageriale de l'éducation nationale. C'est celle qui se met en place avec la réforme de l'évaluation des enseignants ou le nouveau décret sur la réorganisation académique.

 

Quel impact avant juin ? L'Ecole devient donc un enjeu majeur du débat idéologique des présidentielles. Le projet présidentiel est clairement celui d'une politique libérale pour l'Ecole, avec sa cohérence , sa gestion, et la force qu'apportent des modèles étrangers (Etats-Unis essentiellement). Les voeux du président ont peu de chances d'être bien accueillis par les acteurs de l'Ecole. Dans l'immédiat le discours remet au devant de la scène la question de la réforme de l'évaluation des enseignants. La programme présidentiel donne à penser que le gouvernement ne cherche pas de compromis sur ce terrain. L'Ecole n'est pas sortie des tensions.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 21:49

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La situation est grave et nous vivons une attaque sans précédent contre nos métiers et le service public d'éducation. Aussi les enseignants réunis ce jour à l'AG de Trappes vous proposent de participer à une réunion d'information sur le nouveau projet d'évaluation proposé par le ministère qui vise à modifier très profondément nos conditions d'exercice et de carrière.

 

Le vendredi 6 janvier

de 11h45 à 13h

École Cocteau élémentaire, Trappes

 

Ils s'opposent à ce qui est inacceptable ;

 

  1. le rôle majeur du supérieur hiérarchique : IEN dans le premier degré et positionnement du chef d’établissement comme seul évaluateur dans le second degré,

  2. le contenu de l’évaluation : elle ne porterait plus principalement sur l’activité en classe avec les élèves,

  3. l’évolution des carrières : déroulement ralenti, sans transparence renforçant inégalités et injustices.

Ce sera également l'occasion de présenter la carte scolaire 2011 (la dotation départementale sera connue la veille, dotation académique le 16 décembre).

 

D'ici là signez la pétition unitaire contre l'évaluation à http://retraitduprojetevaluation.net/index.php

Vous pourrez également venir la signer à l'école Cocteau.

 

Cordialement
Les enseignants réunis à l'AG de grévistes de Trappes du 15 décembre.

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:49

In Canard Enchaîné 04/01/2012

 

 canard-4-01-2012.jpg

 

 

In Mammouth déchaînésource

 

 

Vacances à Dubaï: La vie de Chatel loin des printemps arabes...

Mammouth déchainé. — Tout en rappelant que dans le passé les vacances égyptiennes de Fillon, les libyennes de Guaino, les marocaines du Président avaient fait couler beaucoup d'encre, le Journal du Dimanche rapporte qu'après l'effet désastreux des vacances de Michèle Aliot-Marie en Tunisie en décembre 2010, Nicolas Sarkozy a donné cette année  aux ministres des consignes strictes pour les vacances de Noël 2011: "partir le moins longtemps possible, le plus près possible et être mobilisé à 100% pendant ces semaines de fêtes."[...] ()

"Cependant, tous les ministres ne sont pas aussi bons élèves", remarque le JDD du 23/12, reprenant une info du Figaro: l'un d'entre eux serait déjà parti pour Dubaï pour passer dix jours en famille".

Mais pourquoi ne pas indiquer tout simplement que le mauvais élève qui a fait l'école buissonnière (tout en restant bien entendu mobilisé à 100 %) est en fait Luc Chatel ?

Comme si l'information pouvait longtemps passer inaperçue ... si l’on en croit des l’observations de certains sur Twitter.

Heureusement il faut se féliciter que Nasser bin Ghaith (professeur d’économie à l’Université Paris-Sorbonne d’Abou Dabi, à la School of Government de Dubaï et à l’École supérieure des armées des Emirats Arabes Unis) et quatre autres militants pro-démocrates aient été libérés trois semaines plus tôt (ils ont en fait été condamnés à plusieurs années de prison lors d'un procès à huis clos avant de bénéficier le lendemain d'une grâce présidentielle). Après huit mois d'incarcération pour avoir osé demander des réformes démocratiques, leur maintien en prison aurait peut-être pu gâcher les vacances du ministre en donnant des Emirats l'image d'un régime autoritaire qui ne supporte pas la moindre contestation ? (source)

Car la France, qu'on se le dise, a maintenant révisé de façon claire et déterminée sa "politique arabe": les vacances ministérielles de Luc Chatel dans un pays au régime autoritaire qui a su étouffer son début de "printemps" dans les geôles et les procès à huis clos nous le montrent bien...

 

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:36

In Café Pédagogique

 

Est-on plus près de l'issue ou plus éloigné ? Dans un courrier adressé à Luc Chatel le 3 janvier, Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp, annonce qu'il ne participera pas au cycle de concertation sur l'évaluation des enseignants. Le Snuipp rejoint le Se-Unsa sur une ligne du refus.

 

S Sihr "constate que les principales orientations portées dans la réforme sont maintenues".  Il souligne " l’absence de la dimension de conseil et d’accompagnement des enseignants, l’alignement des carrières par le bas, les modalités d’avancement remises entre les seules mains du supérieur hiérarchique et ce sans transparence". Pour ces raisons, "les conditions d'une concertation sereine ne sont pas remplies". Il demande le retrait du projet de décret.

 

Alors que le gouvernement vient de se donner un nouveau délai en repoussant à janvier 2013 l'application de la réforme, la plupart des syndicats ont renforcé leur position. Seul le Sgen est favorable à la concertation ce qui est insuffisant pour aboutir à un accord. A quelques mois des élections , il faudra  que Luc Chatel cède encore du terrain s'il veut faire de cette réforme un thème de communication gouvernemental.

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:20
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 18:36

In Snuipp Fsu

 

C03-03La répartition académique des 5 700 suppressions de postes d’enseignants dans le primaire qui sera à nouveau présentée, lors du CTM du 4 janvier prochain, sonne le début des opérations de carte scolaire.

 

Courant janvier, ces suppressions seront réparties département par département. Les Inspecteurs d’académie vont alors devoir faire connaître aux enseignants, aux parents et aux élus la nature des postes appelés à disparaître à la prochaine rentrée.

 

Rased, enseignants remplaçants, conseillers pédagogiques et intervenants en langues sont dans le collimateur. Dans les écoles qui attendent des élèves supplémentaires, les ouvertures de classes seront impossibles et la scolarisation des moins de trois ans va poursuivre sa mort lente. La mise en œuvre de cette politique laissera des élèves en difficultés sans aide spécialisée, des classes sans remplaçants, des classes encore plus chargées. Le recours à des contractuels, enseignants précaires, déjà utilisés dans quelques départements, pourrait être étendu.

 

Cette situation est dévastatrice pour les élèves et leurs enseignants. Puisque la loi prévoit l’alarme sociale(1) pour le premier degré, le SNUipp-FSU sonne l’alerte ! Dans tous les départements, il décide de déposer l’alarme sociale pour contraindre les Inspecteurs d’académie à ouvrir des discussions sur les mesures de carte scolaire. A cette occasion, le SNUipp-FSU demande à nouveau la suspension des suppressions de postes. Les sections départementales du SNUipp-FSU feront part aussi des besoins spécifiques de leur département pour que toutes les écoles aient les moyens de travailler à la réussite de tous les élèves. Le SNUipp-FSU rendra publiques les discussions département par département.

 

Le SNUipp-FSU va également proposer aux autres organisations syndicales et à l’ensemble des partenaires de l’école, de construire un mouvement unitaire (grève, manifestation nationale...), dès le début 2012, pour une autre politique budgétaire pour l’école.

 

Paris, le 2 janvier 2012

 

( 1 ) L’article 3 de la loi n° 2008 - 790 du 20 août 2008 sur le droit d’accueil pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires pendant le temps scolaire prévoit la mise en place d’une alarme sociale préalable à tout conflit social pour les personnels enseignants du premier degré. Afin de prévenir les conflits, un préavis de grève concernant les enseignants du premier degré ne peut désormais être déposé par une ou plusieurs organisations syndicales qu’à l’issue d’une négociation préalable dont l’organisation incombe à l’État.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 18:33

In Libération

 

La quasi-totalité des établissements sont désormais sous le régime de la «loi Pécresse». Interviews parallèles du ministre de l’Enseignement supérieur et de la «Madame université» de Hollande.

 

Un amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris. (Sébastien Calvet)

Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et la socialiste Isabelle This Saint-Jean, conseillère auprès de Vincent Peillon pour le supérieur dans l’équipe de campagne de François Hollande, ont répondu séparément aux questions de Libération sur l’autonomie des universités, quatre ans après le vote de la loi l’instituant (la LRU) et alors que, depuis hier, pratiquement toutes sont devenues autonomes.

Quel bilan en faites-vous ?

Laurent Wauquiez : Le principal acquis est d’avoir libéré la créativité et l’initiative des universités. Les présidents et les universitaires ont su se saisir des atouts de l’autonomie. Cette réussite est d’abord la leur. On a aujourd’hui des approches beaucoup plus originales là où avant tout était cloisonné, avec des croisements entre disciplines comme entre droit et histoire de l’art à Paris-II et Paris-IV. On a aussi un meilleur accompagnement des étudiants, avec des prérentrées, des réorientations à mi-parcours en cas d’échec et la disparition des sessions de rattrapage de septembre. L’autonomie, ce sont aussi des universités conciliant un enracinement local et une démarche d’excellence - Clermont-Ferrand, Saint-Etienne, La Rochelle… Enfin, l’autonomie a permis d’améliorer l’insertion professionnelle des étudiants : un tiers effectuent aujourd’hui un stage. La meilleure preuve que l’autonomie, ça marche, est que l’écrasante majorité des présidents d’université ne veut en aucun cas revenir en arrière.

Isabelle This Saint-Jean : La LRU n’est pas une loi d’autonomie des universités. C’est une loi qui met en place un mode de gouvernance hypercentralisé, avec la vision d’une université qui doit être dirigée par un homme et par une équipe. Or c’est une institution qui doit fonctionner sur les principes de la collégialité et de la démocratie. Pour moi, il s’agit d’une fausse autonomie. Les établissements ne se sentent pas libres car ils sont tenus par des moyens financiers insuffisants. De plus, en leur sein, les libertés académiques sont en régression à cause de cette nouvelle gouvernance. Enfin - on vient de le voir -, lorsqu’ils n’arrivent pas à présenter leurs budgets en équilibre, ils sont mis sous tutelle de l’Etat.

Pouvez-vous distinguer les points positifs et négatifs ?

L.W. : Pour moi, le principe de l’autonomie n’a que des aspects positifs. C’est un «plus» incontestable pour les présidents. Avec le recul, ceux qui, les socialistes en tête, il y a trois ans, rejetaient l’autonomie veulent aujourd’hui rattraper le train de l’histoire. On est en train de dessiner le paysage du supérieur pour les trente à quarante ans à venir. Mais l’autonomie, ce n’est pas un coup de baguette magique. Il faut apprendre un nouveau dialogue entre le ministère et les universités. Cela se construit sur la durée et nous en sommes aux travaux pratiques. L’autre point important est que cela suppose un rattrapage, après trente ans de sous-investissement dans le supérieur. Nous avons commencé. Mais cela doit se poursuivre, en fonction des moyens dont l’Etat disposera. D’après moi, on en a encore au moins pour dix ans de rattrapage.

I.T. S.-J. : Je vais avoir du mal à trouver des points positifs. Toute la politique menée depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy est une grande occasion manquée. La communauté universitaire était prête à des réformes. Mais celles menées n’ont pas du tout été celles attendues. En plus du problème de gouvernance, la LRU pose un problème de moyens. Elle a donné des compétences nouvelles aux universités sans que ceux-ci aient suivi. Résultat : les établissements ont du mal à voter leur budget.

Le troisième problème est la mise en concurrence des universités entre elles. C’est absurde. Chaque université appartient au service public. C’est l’ensemble du service public qu’il faut renforcer. La mise en concurrence comme principe d’efficacité ne marche pas. Au lieu d’avoir des cartes de formations équilibrées sur tout le territoire et des chercheurs travaillant ensemble, on fractionne, on déchire le tissu. Et on se retrouve avec un paysage illisible, oùles institutions se superposent, telles un millefeuille : l’ANR (Agence nationale de la recherche), l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), des Pres (pôles de recherche et d’enseignement supérieur), des alliances, des pôles de compétitivité, des fondations… Avec le grand emprunt, on a rajouté des Labex (les laboratoires d’excellence), des Idex (les initiatives d’excellence), etc.

Comment expliquer les problèmes budgétaires de certaines universités ?

L.W. : Sur 150 établissements d’enseignement supérieur [les 81 universités mais aussi tous les autres établissements dépendant de son ministère, ndlr], trois - deux universités et une école - connaissent des difficultés passagères. Je préfère citer les 147 autres pour dire que les universités ont parfaitement su gérer les budgets qui leur ont été alloués. Il peut toutefois y avoir des tensions passagères. L’autonomie, c’est mettre des dépenses en face des recettes. Cela s’apprend et on est en phase d’apprentissage.

I.T. S.-J. : Le gouvernement assure avoir privilégié le secteur en n’appliquant pas la règle du 1 sur 2 [un départ à la retraite sur deux non remplacé, ndlr]. Mais avec la LRU, il le fait faire par les établissements. Etant donné les budgets qu’il leur alloue, les universités qui gèrent désormais leurs ressources humaines, sont contraintes de recourir à des suppressions - le chiffre d’un millier circule actuellement. Et ce n’est pas la faute des présidents : ils font ce qu’ils peuvent avec leur budget.

Nicolas Sarkozy a promis 9 milliards d’euros au supérieur et à la recherche durant son mandat. Promesse tenue selon vous ?

L.W. : Promesse tenue à la lettre ! Le crédit impôt-recherche [des réductions d’impôts aux entreprises qui investissent dans la recherche, ndlr] a augmenté de 3,6 milliards d’euros et l’ensemble des moyens budgétaires, de 4,6 milliards d’euros, notamment pour la revalorisation de carrière (380 millions d’euros), pour le 10e mois de bourse et pour les moyens de fonctionnement des universités qui ont progressé de 23%, soit 2 fois plus en quatre ans qu’au cours des dix dernières années. Le reste des 9 milliards a été dédié à un effort immobilier exceptionnel. Et encore, j’aurais pu incorporer tous les investissements d’avenir [le grand emprunt, ndlr] - environ 13 milliards d‘euros engagés aujourd’hui -, ainsi que l’effort immobilier et l’opération Campus (de rénovation immobilière). Mais pour être le plus transparent possible, je sors tout ce qui est extrabudgétaire. Aux 9 milliards, ce sont 27 milliards qu’il faudrait ajouter. Cette année, on verra d’ailleurs une centaine de chantiers s’ouvrir sur les campus.

I.T. S.-J. : C’est très compliqué d’avoir une vision claire sur les chiffres. Sur ces 9 milliards, il y a convergence pour dire que 4 milliards sont réellement arrivés. Et encore, il faut enlever l’inflation et certaines modifications dans les calculs - on a inclus les retraites par exemple. En plus, il s’agit pour l’essentiel de l’explosion du crédit impôt-recherche, une forme de subvention du secteur privé. Or, peut-être que cela aide les entreprises à ne pas délocaliser, mais dans la réalité, cela ne bénéficie pas à la recherche.

Quant aux 5 milliards annoncés de l’opération Campus, seuls 56 millions d‘euros ont été dépensés au bout de quatre ans. Le grand emprunt, lui, a réservé 18,9 milliards d’euros à l’enseignement supérieur et à la recherche. Mais quasiment rien n’est encore arrivé dans les labos et dans les universités.

Les étudiants n’auraient-ils pas été oubliés ?

L.W. : Il y a eu des gestes importants. On est passé de neuf à dix mois de bourse, on a pratiquement doublé le rythme de construction des logements étudiants, on a mis à niveau des bibliothèques et des centres d’e-learning. Il y a aussi eu un rattrapage entre le sous-investissement pour les étudiants d’université et les moyens mis pour ceux en classes préparatoires. Il reste toutefois deux grands défis: la réussite en licence, et la question de la diversité et de l’ascenseur social.

I.T. S.-J. : Si l’on tient compte des annonces ministérielles mirobolantes, tout a été traité durant ce quinquennat: les conditions de vie et d’études, la santé étudiante, les bourses, la vie culturelle, etc. En réalité, de plus en plus d’étudiants ne sont pas en condition d’étudier. Ils sont obligés de travailler. Et beaucoup, en situation de précarité, ne se soignent pas. On observe un tassement du nombre de jeunes allant dans le supérieur et plus encore de ceux qui y réussissent, et l’on assiste à un recul de la démocratisation du supérieur. Les conditions de vie étudiante ainsi que le premier cycle devront être des grandes priorités de la prochaine mandature.

 

La suite...
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