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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 21:21

echec

 

L'Afev, qui soutient les élèves en difficulté dans les quartiers, lance un appel aux candidats à la présidentielle pour sauver le modèle éducatif particulièrement dégradé.

«Je prends un engagement devant vous: nous allons diviser par trois, d'ici à la fin de la mandature, le taux d'échec scolaire à la fin du CM2», avait promis Nicolas Sarkozy le 15 février 2008. On aurait aimé le croire. Mais quatre ans plus tard, l'échec scolaire reste un fléau en France, avec son lot de redoublants, de «décrocheurs» et autres jeunes dégoûtés par les études. Notre pays reste même l'un des plus mal placés dans les comparaisons internationales.

Convaincue de l'urgence d'en finir avec un système qui s'occupe avant tout des meilleurs et en oublie les moins bons, l'Afev (l'Association de la fondation étudiante pour la ville), qui suit des jeunes en difficultés dans les quartiers, lance aujourd'hui un Pacte national contre l'échec scolaire. Signé par cinquante-deux personnalités et par huit organisations — dont trois syndicats (le Snuipp, le SE-Unsa et le Sgen-CFDT) et la première fédération de parents d'élèves (la FCPE) —, le texte va être présenté à tous les candidats à la présidentielle afin qu'ils s'engagent personnellement à faire une priorité de la lutte contre l'échec scolaire.

«Ce ne sont pas des mesures, ni même des réformes aussi audacieuses soient-elles qui suffiront à redonner à l'éducation son rôle premier», estime l'Afev, il faut redéfinir «ensemble un modèle éducatif». Et pour cela, un débat de fond est indispensable.

«150 000 jeunes sortent sans diplôme, chaque année»

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 18:18

Le 12/01 à Evry (91): manifestation de lycéens en soutien à leurs camarades sans papiers scolarisés

 

 

Ils refusent l'expulsion de leur camarade
Les lycéens devant la préfecture d'Evry (91)
jeudi 12 janvier 2012

 

Quand ils ont appris le mois dernier que Mehmet, leur camarade de classe, était obligé de quitter le territoire français, les lycéens des lycées Baudelaire d'Evry et Pierre Mendes France de Ris-Orangis ont signé en nombre la pétition de soutien (700 signatures dès le premier jour) , ils l'ont fait signer autour d'eux et la pétition continue de circuler.

 

Cette décision préfectorale leur a fait entrevoir l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de tous leurs camarades sans papiers.

 

Jeudi, les lycéens avec ou sans papiers, français ou étrangers, se rassembleront devant la préfecture d'Evry pour manifester leur soutien à Mehmet ainsi qu'à tous leurs camarades sans papiers. Les lycéens de Baudelaire et Auguste Perret partiront à pied de leurs lycées vers la préfecture d'Evry où ils seront rejoints par les lycéens de Pierre Mendes France et des jeunes d'autres lycées essonniens.

 

Départ des lycées Baudelaire et Perret (1 av de la Liberté à Evry) à 13h20
Rassemblement devant la préfecture d'Evry (bld de France)
à partir de 14h

Une délégation a demandé à être reçue par la préfecture.

 

Pour rappel : les jeunes arrivés après l'âge de 13 ans (10 ans pour les Algériens et Tunisiens) ne sont pas régularisés à 18 ans car exclus de la loi. C'est pour la faire changer, pour que ces jeunes puissent continuer à étudier et vivre dignement en France, sans la peur de l'arrestation et de l'expulsion, que le RESF avait lancé en 2009 la campagne «Jeunesse sans papiers, jeunesse volée». Le Conseil général de l'Essonne avait soutenu et relayé cette campagne en apposant les affiches dans ses abribus. Le Conseil régional d'Ile de France a voté en octobre 2010 une résolution de soutien aux lycéens sans papiers et organisé un parrainage d'une soixantaine d'entre eux en mai 2011.

 

Aujourd'hui, un certains nombre de demandes de régularisation de jeunes majeurs déposées à la préfecture de l'Essonne depuis plusieurs mois restent toujours sans réponse.

 

Communiqué du  RESF 91

Avec le soutien des organisations syndicales enseignantes
la CGT Éduc'action Essonne et la FSU 91

 


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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 18:43

In Libération

 

Retour sur la réforme de la gouvernance de l’éducation nationale

Le ministre Luc Chatel a mis la dernière main à la réorganisation de l’Education nationale, qu’il veut rendre «plus efficace». Un décret publié jeudi renforce les pouvoirs des recteurs : ils vont avoir une équipe et diriger toute «la chaîne de commandement».«Aujourd’hui, la répartition des tâches se fait à la louche, a expliqué, mercredi, Luc Chatel. Il y a d’un côté les tâches nobles, le lycée qui revient au recteur et, de l’autre, le primaire et le collège, de la responsabilité de l’inspecteur d’académie. Mais il n’y a pas toujours de coordination des politiques académiques, basées sur les résultats.»

 

Désormais, le recteur sera «le pilote» sur tous les sujets et les inspecteurs d’académie deviennent ses adjoints. A terme, toutes les académies devront signer des contrats d’objectifs de quatre ans avec le ministère. Cette année, sept tentent l’expérience. En 2011, un «système d’évaluation annuelle» des recteurs a été mis en place et l’on a introduit, dans leur indemnité de responsabilité, une part variable qui est fonction «de leur manière de servir et des objectifs atteints», allant jusqu’à 7 000 euros par an. 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 18:31

In Mammouth mon amour

 

 

Psycho-pédagogue, orthophoniste, psycho-motricienne, grapho-thérapeuthe, grapho-thérapeuthe psychopédagogue… A 10 ans, Elena, en CM 2, a déjà été suivie par toute une flopée de spécialistes. Le but : l’aider à être meilleure à l’école. Elle n’est pas nulle. Elle dirait qu’elle se situe entre « bien et mauvais». Evidemment, ce n’est pas assez. Alors, depuis le CP, sa mère, Pascale, tente de l’aider. Cette année, elles ont préparé ensemble les évaluations de CM 2 : les exercices sont sur internet, et ne changent guère de ceux de l’an passé. Résultat, Elena a pu réviser correctement le parallélogramme, qui, coup de bol, est bien « tombé ». Pourtant, pour passer en 6ème, la petite fille devra suivre un ultime stage de soutien en juillet, rien de méchant, cinq demies-journées pour revoir ce qu’elle a déjà vu tout au long des trois trimestres et gagner le sésame pour entrer en 6ème l’esprit tranquille. Un peu moins stressée. Ou un peu plus, cela dépend du point de vue adopté.

 

La scène est extraite de L’Ecole à bout de souffle, documentaire de Marina Julienne diffusé mardi 10 janvier à 20 h 35 sur France 5. La réalisatrice, qui a  déjà signé un film sur la façon de choisir son collège public et un autre sur le dépistage précoce des  « jeunes délinquants » (on peut voir le film en ligne ici), s’est posé la question suivante : les élèves sont-ils tous égaux face à la réussite ? Je vous recommande de voir ce film de 52 minutes, qui sera rediffusé sur le site pluzz.fr si vous le ratez mardi.

 

Les thèmes abordés sont variés et, somme toute, classiques. Le commentaire nous rappelle les chiffres que l’on connaît déjà, les mensurations du système scolaire français – 860 heures de cours par an, soit 100 de plus que la moyenne européenne, 20% des élèves qui arrivent au collège avec de grosses lacunes, 16 % des élèves de 6ème ont des parents cadres ou profession libérale mais 33% d’entre eux sont reçus au bac général et ils constituent ensuite 55% des inscrits en classes prépa. Bref, pas franchement une silhouette de top modèle finlandais…

 

 

Ce qui m’a le plus marquée dans ce film, c’est le stress, omniprésent. Les parents sont stressés, les enfants sont stressés, les profs sont stressés, même les médecins semblent bien avoir besoin d’une petite cure de prozac verveine… Seul le sociologue François Dubet, interrogé tout comme le pédagogue Philippe Merieu, semble respirer normalement derrière son pupitre. Mais c’est qu’il faut réussir. Et ça ne va pas être facile. La concurrence est rude. Pas de bonnes notes = pas de diplôme = pas de boulot = pas de Rolex à 50 ans = la fin du monde. La pression est presque palpable. Mais le plus grave, c’est qu’elle débute dès la maternelle.

 

Marie-Christine Foy, grapho-thérapeute – métier dont j’ignorais l’existence – montre le commentaire lapidaire laissé par une maîtresse de maternelle sur le cahier d’un enfant. Il fallait que ce dernier écrive « Pierre et le loup » en « écriture attachée ». Le résultat est approximatif. Note de l’enseignante : « C’est bien au début puis cela devient illisible. Dommage. » Ouille, prends toi ça dans les dents de lait, jeune naze de 5 ans. Tu finiras caissière comme la dame.

 

On croise aussi Alexandre et Raphaël, en primaire, ravis d’annoncer (et on les comprend) qu’ils ont eu « 80 Excellent ». Sa mère, infirmière qui confesse démarrer une seconde journée en rentrant à la maison, sourit d’un air las. Les efforts, ya pas à dire, ça paie : « On est dans la société de la réussite. On attend d’eux l’excellence, comme dans la vie des adultes, et ce, dès le primaire », constate-t-elle.

 

On rencontre Sabrina, mère de Adam, 5 ans. Sabrina veut le meilleur pour son fils : tout ce qu’elle n’a pas forcément eu, devine-t-on. « Je veux lui donner les mêmes chances que s’il était dans une école privée ». Sauf qu’Adam va à la maternelle à Epinay-sur-Seine. Pas grave : sa mère l’a inscrit à une mini-school le mercredi, où il apprend l’anglais, parle aussi arabe et va à la piscine. Elle a déjà « réglé son problème de graphisme » : « Il dépassait beaucoup quand il dessinait, c’était très stressant pour moi« . L’enfant peut jouer bien sûr, mais surtout s’il apprend en même temps. Elle a donc dévalisé la FNAC en jeux ludo-éducatifs.

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 11:36

eval1

In Quelle école pour demain ?

 

Loin de se lamenter sur l’inadéquation démontrée des nouvelles évaluations nationales cm2, les inspecteurs nivernais préconisent clairement aux enseignants de faire bachoter leurs élèves.

En effet, désormais, la qualité de l’enseignement se mesure à l’aune des résultats obtenus à ces épreuves. L’UMP prévoit, dans un prochain mandat présidentiel éventuel, de publier ces résultats école par école (1). Mais en attendant ces jours heureux, les premières comparaisons associées à ces évaluations portent sur les résultats des différents départements.

Quel honneur ce serait pour la Nièvre de se trouver en tête de toutes les progressions !

Il y a pour cela un moyen simple : entraîner un peu les élèves à l’avance... Il serait toutefois périlleux et aléatoire de laisser les enseignants bricoler dans leur coin face à un enjeu aussi décisif, mieux vaut donc leur donner des consignes claires.

 

Voici donc le message reçu dans certaines écoles de ce département, en provenance de leur inspecteur :

 

La sécurisation des parcours et la poursuite des compétences acquises depuis 2008

Je vous propose de vous appuyer sur les savoir-faire que vous avez développés depuis l’avènement des évaluations CM2 en proposant à vos élèves des prétests.

En effet, placées en janvier, les évaluations CM2 permettaient de mettre en place des aides ciblées, aide personnalisée, stage de remise à niveau, différenciation pédagogique ou reprise de notions carencées pour tout le groupe classe.

Comme je l’ai évoqué à plusieurs reprises durant les réunions de directeurs ou les animations pédagogiques, certains élèves peuvent être gênés par des épreuves en temps limité, stressés par le protocole voire perturbés par des consignes différentes de celles habituellement usitées dans la classe.

Cette passation aura de plus l’avantage de préparer les élèves à ce type d’épreuves.

Janvier 2012 : passation des pré-tests qui permettront d’avoir une photographie de la classe à ce moment de l’année. Vous utiliserez les protocoles de janvier 2011.

 

Les résultats ne sont pas à faire remonter, mais à collecter et analyser au niveau de chaque école à partir d’un fichier Open office fourni, et à transmettre aux parents.

Suit un calendrier prévoyant :
- « Février 2012 : mise en place des différentes aides en fonction de l’analyse des résultats des évaluations CM2
- Mai 2012 : du 21 au 25 évaluations nationales CM2. Les équipes enseignantes pourront ainsi mesurer la marge de progrès depuis le mois de janvier »...

Rien n’interdit, bien sûr, de s’y mettre dès aujourd’hui...

Teach to test.

Ces préconisations, si surprenantes encore en France, font cependant partie du paysage aux USA. Leurs effets ont été dénoncés par Mme Ravitch, ancienne ministre de l’Éducation Nationale de M. Bush.

Cette dame avait d’abord fermement soutenu et contribué à instaurer aux USA une culture de l’évaluation dans les écoles, assortie d’obligation de résultats. Elle partageait alors la conviction qui fleurit chez nos gouvernants actuels, que c’est le seul moyen de rendre le système éducatif efficace et performant. Mais cette dame a eu l’honnêteté de faire le bilan de ce choix politique, et celui-ci s’est révélé plutôt désastreux.

Parmi les aspects contre-productifs de cette évaluationnite, notre chercheuse a relevé la déplorable tendance à « teach to test », enseigner juste pour les tests, qui avait fleuri dans les écoles.

Le fait d’être évalués sur les résultats des élèves incite les établissements à réduire les enseignements des matières non testées. De plus, les cours s’arrêtent très tôt dans l’année pour laisser place à un entraînement intensif à des QCM... Tout cela sans donner aux élèves américains un meilleur niveau scolaire, même dans les matières testées. (2)

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 11:14

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In L'instit'humeurs

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Pas de vœux, mais un candidat

Les traditionnels vœux de début d’année prononcés par le Président (14 discours cette année) sont censés marquer une forme de proximité cordiale et respectueuse avec une profession, occasion de donner le ton des relations courtoises pour l’année à venir.

Bon, pour la bise sous le gui, on repassera. Le discours de Poitiers (si vous avez 38 mn devant vous, la vidéo est ) ne ressemble pas franchement à une tentative de rapprochement avec le monde enseignant, au contraire : les sujets abordés, les positions prises, le ton même du Président ont montré un positionnement très clivant, selon le mot à la mode. Sarkozy a plutôt creusé le gouffre entre les acteurs de l’éducation et lui-même, un peu comme s’il s’était dit : « je ne compte pas trop sur vous pour ma réélection, je vais même sûrement perdre les enseignants qui avaient voté pour moi en 2007, donc je vais me positionner face à vous, en prenant la nation à témoin ».

Si on n’a pas vraiment eu de vœux présidentiel, c’est peut-être tout simplement parce que ce n’est pas le Président qui s’exprimait mais le candidat ! Il n’a en effet échappé à personne, à l’écouter jeudi, que le Président est candidat à sa succession. On pensait qu’il souhaitait rester dans l’ombre le plus longtemps possible et n’annoncer officiellement sa candidature que vers le mois de mars, afin de jouer une guerre éclair, mais s’il cache aussi bien son jeu qu’à Poitiers, le roi sera vite nu.

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Un programme franchement libéral

Pour l’essentiel, le candidat Sarkozy reprend le programme présenté par l’UMP lors de sa Convention sur l’Education de novembre dernier.

Changement de statut des profs (« les professeurs doivent accepter de nouvelles manières de travailler »), autonomie des établissements libres de recruter qui bon leur semble, mise en concurrence des écoles sur la base des évaluations nationales, personnalisation des parcours scolaires des élèves, voici les points majeurs. Seule  demi-nouveauté (mais vieux serpent de mer) : la fin du collège unique. Il s’agit d’ailleurs d’une question hautement idéologique, elle aussi très clivante, sur le terrain et en politique : faut-il proposer autre chose aux élèves en difficulté au collège (droite) ou tout faire pour remédier à leurs difficultés (gauche) ? On met une petite pièce sur quelque débat enflammé sur le sujet.

La position du candidat Sarkozy dans ce domaine comme dans d’autres se veut pragmatique et trahit une vision très utilitariste de l’école : « Accepter enfin de dire que la première mission de l’école est de préparer à la vie active. (…)  Si un diplôme ne débouche pas sur un emploi, mérite-t-il son titre de diplôme ? ». A ceux qui pensent que l’école doit former des citoyens éclairés, la réponse est claire : elle doit former des travailleurs, fournir de la main d’œuvre aux entreprises.

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Oublier les promesses de 2007

On n’a pu réprimer un sourire lorsque le candidat Sarkozy a déclaré, l’air convaincu, un « il faut oser le changement » bien paradoxal pour un président sortant. D’abord parce qu’il a eu cinq années pour l’oser, le changement ; ensuite parce qu’il faut faire attention, les français pourraient bien oser le changement, eux ; enfin parce que le changement, ce serait que Sarkozy tienne ses promesses… de 2007, dont Claude Lelièvre rappelle opportunément que « leur degré de réalisation s’avère le plus souvent évanescent voire parfois inexistant; ou, pour le moins, discutable », avant de citer le Sarkozy de février 2007 :

« Si je suis élu, je m’engage à ce que l’on débatte de nouveau des programmes scolaires et du projet éducatif devant le Parlement et devant le pays [...]. Je m’engage, si je suis élu à rendre aux enseignants la considération qui leur est due, à revaloriser leur carrière si dévalorisée depuis un quart de siècle [...]. Je m’engage à ce que ceux qui voudront travailler davantage puissent gagner plus. Je m’engage à ce que les gains de productivité qui pourraient être réalisés leur soient redistribués pour moitié. Je m’engage à ce qu’ils soient mieux formés, mieux accompagnés, mieux soutenus et par conséquent moins isolés […]. Le même candidat Sarkozy disait aussi : « Dans les quartiers où s’accumulent tous les problèmes de l’exclusion et du chômage, je propose de créer des classes de quinze élèves dans les collèges et les lycées ».

- en primaire, le débat sur les programmes scolaires a été une parodie de concertation, le fameux recentrage sur les fondamentaux a essentiellement débouché sur des changements de terminologie, comme souvent (« production d’écrit » est redevenu « rédaction », en gros), et sur l’enseignement de l’histoire des arts. Alors, quand Sarkozy prend pour exemple « la réforme capitale de l’école primaire », j’avoue que je ne vois pas bien à quoi il fait référence… Peut-être à la semaine de 4 jours, qui nous prive de 3 heures d’enseignement hebdomadaire, ce qui n’aide pas beaucoup à se recentrer sur les apprentissages fondamentaux.

- pour ce qui est de la considération due aux enseignants, et depuis le discours de Latran qui posait la supériorité du curé sur le prof, on a vu pendant cinq ans de déclarations dénigrantes ce que les ministres sarkozyens pensaient des profs, de Darcos et ses propos sur les changements de couche en maternelle à Coppé et sa nostalgie des temps « où les instituteurs et leur école savaient répondre à leurs missions ».

- sur la revalorisation des carrières, et malgré les manipulations langagières du ministre Chatel, il suffit de rappeler que moins de 10 % des profs ont été augmentés ces dernières années (et encore, ce sont les jeunes profs, qui ont perdu une année de salaire avec la suppression de l’année de formation)  et que les profs français sont globalement très mal payés eu égard à leur niveau d’étude et en comparaison de leurs collègues étrangers.

- sur la formation, l’accompagnement et le soutien des jeunes profs, on a vu : la masterisation, qui a supprimé les IUFM, son année de formation initiale et une entrée graduelle dans le métier, est une véritable catastrophe, au point que la réforme va être revue sur proposition d’un rapport… UMP.

- enfin, en guise de classes à 15 élèves, on a surtout vu des effectifs gonfler partout en France, ce qui est assez mathématique si le nombre d’élèves augmente et le nombre de profs diminue.

 

Pour croire aux promesses sarkozyennes de 2012 et à sa méthode éprouvée cinq années durant, il faudra vraiment faire abstraction du passé…

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Sarkozy défend son bilan

Dans un édito du Café Pédagogique, François Jarraud tentait cette semaine de faire un bilan du quinquennat, en distinguant action politique et résultats concrets : « Sur de nombreux sujets, son action est réelle mais contestée. C’est la mise en place d’un type de gestion du système éducatif marqué par la montée de l’autonomie des établissements et du rôle du chef d’établissement, d’évaluations nationales appelées à piloter le système, de l’abandon de la carte scolaire et la mise en concurrence des établissements. Incontestablement le quinquennat a changé l’Ecole et continue à le faire avec le nouveau décret sur la gouvernance académique. Sans le dire, touche après touche, le paysage change, le métier enseignant aussi.

Il y a les sujets de plantage. L’OCDE a dressé un réquisitoire terrible [cf. ici]. Baisse du niveau des élèves faibles, inégalités sociales croissantes, salaires enseignants parmi les plus bas des pays développés, sorties massives sans qualification. Durant le quinquennat l’Ecole a régressé. Pour les enseignants, du LPC à la nouvelle évaluation des enseignants, le quinquennat laisse la trace d’une transformation douloureuse du métier. »

 

Luc Chatel l’a expérimenté ces derniers temps : vanter un bilan positif du quinquennat oblige a des arrangements avec la réalité… Le candidat Sarkozy, essayant de défendre son bilan à Poitiers, en fait de même : lorsqu’il tente de faire croire que son action a entraîné une hausse du niveau des élèves, par exemple. « Il n’y a pas de déclin inéluctable. (…)  Le nombre d’élèves ayant des connaissances insuffisantes a fortement régressé en français (-13%) et s’est stabilisé en mathématiques ». Les chiffres cités sont ceux des évaluations nationales de CE1 pour l’année 2010, ces mêmes évaluations nationales tant décriées par les profs sur le terrain, longuement critiquées ici-même, tellement peu sérieuses que le HCE (Haut Conseil pour l’Education) a rendu un rapport accablant cet automne : ces évaluations sont des indicateurs « pas satisfaisants », « peu exigeants », « trompeurs », « peu fiables », qui ne permettent pas « d’évaluer avec précision ». La conclusion du rapport était très claire sur ces évaluations : « Etant donné son caractère très partiel et son niveau d’exigence très insuffisant, cet indicateur devrait être rapidement supprimé ». C’est ce même indicateur qu’utilise pourtant Sarkozy pour arguer d’une progression du niveau…

 

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On aura compris que ces vœux n’en étaient pas, que ce discours ne s’adressait pas aux enseignants : ils connaissent la réalité du terrain, savent que la crise de la profession s’est aggravée en cinq ans, ne sauraient accepter tels quels des argumentaires qu’ils savent tronqués.

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:46

In Sarkofrance

 

 

Il était parti à Poitiers, dans la région de Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy poursuivait sa tournée des voeux, cette fois pour le monde de l'éducation. Ce fut sans doute le premier discours de promesses électorales.

Le candidat sortirait-il du bois ? Bien sûr que non. Il fallait encore profiter du Sarkobingo, le budget de l'Elysée pour faire campagne sans compter...

La ficelle était bien grosse. Depuis qu'il est élu, son bilan éducatif est terrifiant. La dernière loi de finances, votée pour 2012, avait déjà permis de mesurer l'hypocrisie du discours officiel.

Le « monde nouveau » de Sarkozy
Jeudi vers 12h00, le Monarque était tout souriant en arrivant sur son estrade dressée dans le Palais des Congrès du Futuroscope. Il venait de visiter le centre national de documentation pédagogique, le CNDP. A l'Education nationale, Nicolas Sarkozy pouvait décliner son nouvel argumentaire sur le monde nouveau. En 2007, le candidat faisait croire qu'il avait changé et qu'il fallait une rupture à la France. En 2012, il veut expliquer ses reniements et promesses non tenues par le mythe d'un monde qui aurait brutalement changé.
« Les idées nouvelles, c'est précisément ce dont la France a le plus besoin aujourd'hui. Dans ce monde nouveau, nous devons quitter les discours convenus. Et repenser notre façon d'appréhender les débats. En particulier sur l'éducation. (...) La crise qui secoue le monde est profonde. C'est une crise de civilisation, morale. (...) Cette crise a dévoilé la réalité d'une société, la notre, régit par le court terme, obsédée par la recherche d'avantages immédiats, trop accrochée au confort du présent. »
Croyez-le, ce Nicolas-là, il sait de quoi il parle. Crise morale ? Crise de civilisation ? « Partout où je porte mon regard, on me parle, à juste titre, d'une crise d'identité». Sans blague ? En 2007, il n'avait pas vu la crise écologique (elle serait donc apparu depuis). La crise financière ? Tous les Sarkozystes croient encore qu'elle est arrivée par surprise un beau jour de septembre 2008. Il y a 5 ans, Sarkozy voulait des subprimes à la Française que la crise des subprimes ravageait pourtant déjà l'Amérique. Trois millions de foyers américains étaient en situation de défaut de paiement. Crise économique ? Sans doute, évidemment, bien sûr. Mais qu'y -a-t-il de nouveau dans ce monde là ?

« Nous ne pouvons pas ignorer le monde » déclara Nicolas Sarkozy. Il l'ignore pourtant depuis 2006.

« L'éducation et la recherche constituent un formidable moyen de reprendre son destin en main. (...) En investissant depuis 2007, des dizaines de milliards d'euros dans l'enseignement supérieur, la recherche, les technologies d'avenir, nous avons, il me semble, apporté la preuve que nous ne parlions pas à la légère.» Sur ces « dizaines de milliards », combien ont été vraiment engagés ? Combien n'étaient que du reclassements d'emprunts ? L'arnaque des « investissements d'avenir » est connue depuis belle lurette. Il s'agissait d'un coup électoral, afficher une belle enveloppe (35 milliards d'euros) qui finalement n'était qu'une goutte d'eau dans l'océan de dette publique que Nicolas Sarkozy nous léguait à la fin de son mandat (600 milliards d'euros d'emprunt public supplémentaires en 5 ans)...

« Il n'y a pas de déclin inéluctable » voulait-il nous faire croire. Avec ou sans lui ?

Jeudi à Poitiers, le Président des Riches revendiquait ses choix, « l'excellence » (car « il n'y a pas de place pour la médiocrité ») et la « justice ». Il eut cette phrase déjà culte, incroyable, qu'il fallut attraper au milieu de ces 36 minutes de discours. Lisez donc la à voix haute. C'est plus fort.
« La plus grande des inégalités ne réside pas dans les écarts de richesses.»
Et il ajouta: « Mais dans la différence d'études. On a fait le choix de l'unité de la nation dans et par l'école.» Bien sûr... Nier la rente, le poids des inégalités de naissance est un grand classique des plus réactionnaires du pays. Nicolas Sarkozy, sur ce point, n'a pas changé. Candidat des Riches, Président de la Rente.

Sur l'excellence, Nicolas Sarkozy était auto-satisfait: « Quatre ans après le vote de la loi LRU, la quasi totalité de nos universités sont autonomes. L'enseignement supérieur a vu sa dotation augmenter de 9 milliards d'euros depuis 2007. (...) Une immense réorganisation du paysage universitaire est à l'oeuvre. Nous renforcons les liens entre recherche et innovation.
Prophétique: Le résultat, c'est que d'ici cinq ans, nous aurons en France un nombre significatif d'universités de dimension mondiale. (...). Ces changements étaient jugés impossibles. Les déclinistes ont eu tort.»

Evidemment, « cet effort vers l'excellence, n'aurait aucun sens s'il ne bénéficiait pas à nos enfants. » Lesquels de nos enfants ?

Comme le rappelait une enquête de l'OCDE rapportée par le Nouvel Obs, la France est l’un des pays qui « amplifie le plus sur le plan scolaire les inégalités sociales avec une part croissante d’élèves en difficulté : 15% en 2000 contre 20% en 2009 ». Nicolas Sarkozy n'y a rien changé. Pire, depuis qu'il est président, l'Education nationale ne représente plus que 21% du budget de l'Etat (en 2010) contre 28% en 2007. Alors même que la population et le nombre d'élèves augmentent. Quelle priorité !

Nicolas Sarkozy avait une proposition forte, la suppression du collège unique. Ce modèle d'intégration républicaine aurait fait la preuve de son échec, d'après le Monarque. Il faudrait le réformer. Et quel meilleur argument que celui de la « personnalisation » quasiment sur-mesure de l'enseignement. Le hic ? Il faudra moins d'enseignants, moins de moyens. Puisque que nous sommes « en crise ». Jugez plutôt.

Etape 1: « Nous avons confondu égalitarisme et égalité des chances. Ce qui était présenté comme un système ouvert à chacun était en réalité un entonnoir fermé à beaucoup. Ce fut le grand mensonge pour toute une génération. » 

Etape 2: « Il faut accepter d'adapter la pédagogie à la personnalité des élèves.»

Etape 3: ne vous inquiétez pas, Nicolas est là et il sait ce qu'il fait: « Il n'y a pas de déclin inéluctable. (...)  Le nombre d'élèves ayant des connaissances insuffisantes a fortement régressé en français (-13%) et s'est stabilisé en mathématiques.» C'était faux, il inventait ses statistiques. Mais il discourait. Personne n'était là pour lui porter la contradiction. Le candidat se planquait de tout débat.

Les 4 nouvelles promesses du candidat Sarkozy
Puis vinrent les propositions du candidat.Comment le CSA et la Commission des Comptes de Campagne considèreront cette intervention ?


1. Primo, « Il faut accélérer le rapprochement entre l'école et le monde du travail». C'est un peu la conséquence logique d'une autre affirmation du jour: « Accepter enfin de dire que la première mission de l'école est de préparer à la vie active. (...)  Si un diplôme ne débouche pas sur un emploi, mérite-t-il son titre de diplôme?  » Rappelons que Nicolas Sarkozy évoquait le ... collège.


2. Secundo, Sarkozy veut supprimer le collège unique. La personnalisation avec moins de moyens, c'est toujours son dada. « Après avoir réformé l'école primaire et le lycée, la priorité c'est maintenant le collège. » Et Sarkozy a une idée: « Il faut mettre fin aux faiblesses du collège unique. Il faut certainement recentrer la 6 e et la 5e sur les enseignements fondamentaux. » La perspective est terrifiante: en 5 ans de mandature Sarkozy, le nombre classes primaires a baissé d'environ 500 par an alors que le nombre d'élèves en primaire a progressé de 52.000. Par un fâcheux miracle, les lycées ont perdu près de 65.000 élèves en 5 ans, année après année... alors que les collèges grossissaient d'environ 60.000 élèves sur la même période. Le décrochage fut flagrant. Depuis 2002, rappelait le Nouvel Obs ce jeudi, « la baisse a aussi été notable en ce qui concerne les moyens humains consacrés à l'éducation : plus de 154.700 postes d'enseignants ont été supprimés entre 2000 et 2011». Vous avez bien lu. La France a perdu plus de 150.000 enseignants ! On avait oublié la promesse du candidat en 2007: « Dans les quartiers où s’accumulent tous les problèmes de l’exclusion et du chômage, je propose de créer des classes de quinze élèves dans les collèges et les lycées » déclarait-il en mars 2007. Evidemment, il n'en fut rien.

3. Tertio, il faudra encore se serrer la ceinture: « Je veux le réaffirmer aujourd'hui avec force et une certaine gravité: dans la situation financière qui est la nôtre, nous devons et nous pouvons, dans l'Education Nationale faire mieux avec les mêmes moyens!»

4. Quatrième promesse, Sarkozy veut refondre le métier même d'enseignant. Comment ? On ne sait pas. Mais il veut « réformer ». Fichtre ! Que n'a-t-il fait depuis 5 ans ? Il a déjà massacré la formation des maîtres, en relevant en 2009 le niveau requis pour le recrutement des candidats aux métiers de l'enseignement. Le nombre de candidats au professorat a chuté de 35.000 en 2009 à ... 18.000 en 2010. « La priorité, c'est de redéfinir le métier d'enseignant. (...) Quelle est la mission des enseignants? Qu'attendons nous des enseignants? Vos missions sont régies par des textes de 1950. Est-ce que les enfants d'aujourd'hui sont ceux des années 50?» Ces formules avaient un parfum de « rupture » version 2007. A l'époque, le candidat Nicolas revendiquait déjà la « liberté pédagogique des enseignants, car rien ne remplace l’expérience de 20 ans d’enseignement.» Il avait menti puisqu'il n'a rien rien fait à part réduire le nombre de professeurs et expulser les étudiants étrangers dès leur diplôme. La Sarkofrance en 2011 sent le rance...

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:41

In L'Humanité

 

 

 

 

Nicolas Sarkozy a présenté ce jeudi ses vœux aux enseignants, développant deux axes programmatiques pour 2012. Plus d’autonomie et d’entreprises dans les écoles, moins de profs pour plus d’heures travaillées.

 

Le candidat Sarkozy semble avoir renoncé à séduire le gros du corps enseignant. S’il est réélu a-t-il prévenu, "cela impliquera de la part des professeurs d'accepter de nouvelles manières de travailler, d'être plus présents dans les établissements".  Il demande donc de faire mieux, à moyen constant: "Dans la situation financière qui est la nôtre, nous devons et nous pouvons, dans l'éducation nationale comme dans les autres services de l'Etat, faire mieux avec les mêmes moyens et ce n'est pas impossible." Attaquant les projets de gauche, il a tout simplement dit : "Je veux le dire comme je le pense : imaginer la recréation de postes dans l'éducation nationale, c'est irresponsable compte tenu de la situation financière de notre pays". Et malgré ces "moyens constants", il promet tout de même des augmentations de salaire.

 

Autre angle d’attaque : achever le collège unique. Vantant « l’autonomie » des universités, gros mot qui signifie globalement : l’Etat se désengage, si vous voulez des moyens, allez mendier du côté du privé et des collectivités, le chef de l’Etat envisage d’étendre ce modèle aux autres établissements scolaires. Son idée est que les classes de 5ème et 6ème se concentrent sur les enseignements fondamentaux, "en assurant une meilleure continuité avec le primaire" ; et que les classes de 4ème et 3ème préparent à l'enseignement professionnel, ouvrante ainsi la porte aux entreprises dans le collège. Il veut même aller plus loin, en imposant une année de formation en alternance, avant le bac professionnel.

Il ne s’est d’ailleurs pas caché de vouloir finir de briser l’Education Nationale et redéfinir le métier d’enseignant dont la mission repose sur de vieux textes remontant aux années 1950, pour l'adapter aux réalités du monde actuel. Enfin, comme pour achever son auditoire et en rajouter sur "l'autonomie", Nicolas Sarkozy a à nouveau défendu le projet, très contesté par les syndicats enseignants, de la nouvelle évaluation des enseignants sous la responsabilité des chefs d'établissement.

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:35

In Médiapart

 

Le président-candidat Nicolas Sarkozy vient de présenter à Poitiers ses «vœux» aux «acteurs de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche». Le mieux est sans doute de les éclairer en comparant avec les engagements formels pris par le candidat Sarkozy le 2 février 2007 lors de la précédente campagne présidentielle, et avec les vœux de janvier de l'année dernière du président Sarkozy.

 

Mais on remarquera d'abord (signe des temps et de la forte préoccupation actuelle des Français quant au système scolaire, comme le soulignent des sondages récents) que ces vœux surviennent en troisième position (après les vœux aux «fonctionnaires» à Metz et ceux aux «forces de la Nation» à Brest ) d'un tour de France en pas moins de 14 étapes qui s'achèvera à Paris avec les vœux à la presse du «président-candidat».

 

Lors de son discours-progamme sur l'Ecole du 2 février 2007 à Maisons-Alfort, le candidat à la présidentielle Nicolas Sarkozy s'était alors formellement engagé sur quelques points (dont certains fort précis) qu'il n'est pas inutile de rappeler (d'autant que leur degré de réalisation s'avère le plus souvent évanescent voire parfois inexistant; ou, pour le moins, discutable).

 


« Si je suis élu, je m'engage à ce que l'on débatte de nouveau des programmes scolaires et du projet éducatif devant le Parlement et devant le pays [...]. Je m'engage, si je suis élu à rendre aux enseignants la considération qui leur est due, à revaloriser leur carrière si dévalorisée depuis un quart de siècle. Je m'engage à multiplier les passerelles avec les autres administrations publiques de sorte que leurs perspectives de carrière soient élargies. Je m'engage à ce que ceux qui voudront travailler davantage puissent gagner plus. Je m'engage à ce que les gains de productivité qui pourraient être réalisés leur soient redistribués pour moitié. Je m'engage à ce qu'ils soient mieux formés, mieux accompagnés, mieux soutenus et par conséquent moins isolés. Je m'engage à instaurer un système comparable à celui des IPES, qui jadis permettait aux bons élèves qui se destinaient à l'enseignement de financer leurs études [...].  Si je suis élu, je m'engage à ce que ceux qui ont besoin de plus de moyens en aient plus et que ceux qui sont confrontés à moins de difficultés aient moins de moyens [...]. Je prends l'engagement si je suis élu de créer des écoles de la deuxième chance dans tous les départements et de développer dans toutes les disciplines des cursus qui permettent d'accéder à l'enseignement supérieur sans le bac, comme c'est déjà le cas avec la capacité en droit ou avec le CNAM ».

 
Et ces engagement (formels!) étaient accompagnés d'une multitude de «souhaits» (de «vœux»?) que l'on aura la charité de ne pas rappeler.

Le président Nicolas Sarkozy (après avoir chaque année formulé des vœux au «monde de l'éducation») adopte un profil particulièrement bas lors de ses vœux du 19 janvier 2011 destinés –globalement– au «monde de la connaissance et de la culture» (où la question de l'Ecole est réduite à la portion congrue). Il est vrai qu'un bilan détaillé et quantifié est difficilement soutenable, en particulier au vu des comparaisons internationales, celles de l'OCDE notamment: baisse du niveau des élèves faibles, inégalités particulièrement marquées en France des élèves selon leurs origines sociales, salaires des enseignants parmi les plus bas des pays développés, sorties massives d'élèves sans qualification ou diplômes. On comprend alors que Nicolas Sarkozy tente de porter l'attention ailleurs et soutienne qu'«il nous revient maintenant de réfléchir autrement: non plus en termes de quantité, mais en termes de qualité».

 

Nicolas Sarkozy s'est indubitablement comporté dans ses «vœux» à Poitiers aux «acteurs de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche» en véritable président-candidat. La même diversion, toujours, en ce qui concerne le bilan (dévalorisation du «quantitatif»), accompagnée cette fois d'une projection unilatérale dans le «changement» –le futur– en escamotant toute réflexion sur le passé, même récent. Une de ses phrases (parmi d'autres) qui résume bien la tentative menée: «En matière scolaire –toutes les études le prouvent– la question n'est pas celle des moyens; la question c'est d'oser le changement.»

 

Et l'on a assisté, en guise de «vœux», à un discours quasi programmatique d'un président plus candidat que jamais. D'abord deux axes présentés comme deux leviers fondamentaux du «changement»: la redéfinition du métier d'enseignant («les professeurs doivent accepter de nouvelles manières de travailler») et l'autonomie («que partout –et ce dès l'école primaire– se constituent de véritables équipes de professeurs, motivés et soudés autour du chef d'établissement».

 

On se trouve là dans la continuité de la politique éducative que le président-candidat Nicolas Sarkozy entend résolument mener: le 11 juin dernier, il n'avait pas hésité à dire que ce serait une «troisième révolution», après celle de Jules Ferry et celle de la «massification». Et Nicolas Sarkozy d'annoncer alors que, pour cela, l'un des «grands chantiers du futur» (sur lequel il «reviendrait dans les mois à venir») porterait sur le statut des enseignants (dont le «rôle ne se limite pas à la classe») conjoint au «développement du rôle de l'établissement». On y est.

 

On aurait tort de penser que c'est là simple improvisation de circonstance. Dans Le Monde du 28 août  2010,  le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, avait déjà affirmé que «l'école doit aujourd'hui relever trois défis. Premier défi, celui de la personnalisation [...]. Deuxième défi: l'autonomie de l'établissement [...]. Troisième défi: celui des ressources humaines [...]. Tous ces défis reposent sur un changement dans notre manière d'appréhender la question scolaire. Sans bruit, une véritable révolution s'opère sons nos yeux. Une révolution copernicienne: nous sortons d'une approche quantitative du "toujours plus" pour aller vers le "toujours mieux".» La boucle est ainsi bouclée. Et Luc Chatel d'ajouter: «Il s'agit d'une révolution silencieuse: l'école a moins besoin de grands soirs que de petits matins quotidiens». Il s'agit bien d'avancer («silencieusement», insidieusement) vers une autre Ecole, par petites touches continues qui sapent sa base (une «révolution», c'est «changer de base»).

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:31

In Libération 06/01/2012

 

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