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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 17:54

 

In Libération

 

Une réforme plus coûteuse que prévu, des enseignants débutants moins bien préparés à affronter des élèves, et des difficultés de plus en plus grandes à recruter des profs… Dans son rapport annuel publié hier (lire pages 14 et 15), la Cour des comptes dresse un bilan sans appel de la mastérisation, la contestée réforme de la formation des enseignants mise en place à la rentrée 2010. Rejoignant la plupart des critiques, la cour dénonce une application précipitée de la réforme, par souci d’économie.

 

Grâce à la suppression de l’année de formation en alternance des profs débutants, désormais affectés directement à temps complet dans des classes, la réforme a permis de supprimer 9 567 emplois, soit une économie de 370 millions d’euros. Mais selon la cour, l’économie est bien moindre : les profs doivent désormais avoir un master - au lieu d’une licence - et, selon la cour, il faut compter «le coût pour le système universitaire de l’allongement des études». Il y a aussi «le coût de la réorientation» des étudiants des nouveaux masters «métiers de l’enseignement», dont trois quarts échouent aux concours auxquels ils préparent et qui doivent rebondir ailleurs.

 

Sur la qualité de la formation, le constat n’est pas plus encourageant. En dépit des promesses de stages, à la rentrée 2010, plus de 70% des profs débutants ont débarqué dans les classes «sans aucune expérience de l’enseignement». Avec la réforme, ils doivent se former essentiellement sur le terrain sous la houlette de tuteurs, des collègues chevronnés. Or, près du quart des débutants ont eu des tuteurs dans un autre établissement… Contrairement aux recommandations officielles, des jeunes profs se sont aussi retrouvés dans des écoles en ZEP, à cheval sur plusieurs établissements dans le secondaire, avec des classes de plus de trois niveaux différents, ou encore contraints de faire des heures supplémentaires.

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 17:47

 

In Médiapart

 

Proposée par deux groupes de réflexion (Terra Nova et l'Institut de l'entreprise) l'été dernier, la hausse des droits d'inscription à l'université est revenue sur le tapis cette semaine à l'occasion du colloque de la Conférence des présidents d'université (CPU) qui se tient à Marseille jusqu'au 10 février 2012. Dans un entretien aux Echos le 8 février, son président, Louis Vogel, évoque une augmentation de la contribution des étudiants, associée à une refonte du système des bourses et de la fiscalité : « On peut imaginer des systèmes de financement différents entre les premières et les dernières années d'études, avec une répartition différente de l'investissement de l'Etat, plus fort au départ, et de l'investissement de l'étudiant, plus fort en fin d'études, explique-t-il. Il faudrait aussi une progressivité des droits. Les Français n'accepteront d'augmenter leur contribution financière qu'à la condition que l'on répartisse plus équitablement la charge. »

 

Dans une étude commandée par la CPU, l'Insee s'est penchée sur ces différents scénarios, dont un quadruplement des frais d'inscription (l'étude de l'Insee et la synthèse de la CPU). Chargé du sujet à la CPU, Jacques Fontanille, président de l'Université de Limoges, estime que cette augmentation « n'est pas une priorité ». Entretien.

La CPU envisage une hausse des frais d’inscription ?
Pour nous, c’est un sujet vraiment marginal. Je pense que les propos de Louis Vogel ont été mal compris. Certes, une augmentation des frais d’inscription apporterait une contribution importante au budget des universités, mais le prix à payer serait trop important. Dans la situation actuelle de très grande inégalité d’accès à l’enseignement supérieur et de précarité d’une partie des étudiants, augmenter les frais d'inscription serait indécent. La priorité est d’abord de traiter cette situation sociale.

Et conjoncturellement, ce serait un très mauvais signal. C’est le pire moment pour envisager une hausse des frais d’inscription. Dans une période où l’Etat n’est pas en mesure d’augmenter sa dotation, cela passerait pour un transfert de charges. Il ne s'agit surtout pas de compenser un désengagement de l'Etat !

Louis Vogel évoque pourtant une progressivité des frais d'inscription, il s'agirait d'aligner les frais sur les revenus de l'étudiant et de sa famille ?

Non, il s'agit de penser différemment le financement des licences et des masters. L'idée serait de conserver les droits d'inscription actuels au niveau licence et de les augmenter au niveau master, en offrant, en contrepartie, plus de bourses sociales, de bourses au mérite, voire des prêts.

En France, nous avons un modèle d'aides reposant sur le passé de l'étudiant et non sur son avenir. En Australie par exemple, les étudiants peuvent avoir des prêts à remboursement contingent. Le remboursement ne se déclenche qu'au moment où le jeune atteint un certain seuil de revenus. Cela n'a encore jamais été expérimenté en France. Mais, encore une fois, ce n'est pas du tout notre priorité à l'heure actuelle.

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 17:37

In C'est Classe !

 

Hollande devant le lycée Jean Zay d'Orleans le 9 fev 2012(C. Platiau, Reuters)

 

De la scolarisation des enfants de deux ans jusqu'au retour de l'histoire en terminale S, François Hollande a exposé son programme sur l'éducation jeudi à Orléans. Retour sur des mesures balançant entre prudence et hardiesse, soigneusement préparées pour ne pas heurter un milieu fatigué des réformes en cascade.

 

Le candidat socialiste à la présidentielle part d'un axe fort: on ne peut plus admettre le "gâchis national" que représente l'échec scolaire, particulièrement lourd en France. En effet, 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans diplôme. Et beaucoup iront ensuite grossir le rang des chômeurs et des précaires.

Deuxième constat de départ: c'est dans les petites classes que tout se joue, à partir de la grande section de maternelle où l'on prépare les enfants à l'apprentissage de la lecture. Les élèves qui redoublent en primaire sont souvent ceux qui échouent au collège. 

 

Logiquement, François Hollande en tire la conclusion que la grande priorité doit être le primaire. Et il annonce toute une série de mesures qui devraient être plutôt bien accueillies:
 

- un renforcement de l'encadrement, avec le principe dit "de plus d'enseignants que de classes". La France dépense près de 15% en moins par élève que la moyenne de l'OCDE. Une partie des 60 000 postes que le candidat promet de créer dans l'éducation durant son quinquennat devrait être consacrée à ce rattrapage.

 

- un renforcement aussi des autres personnels. François Hollande promet ainsi de rétablir les Rased, ces réseaux d'enseignants spécialisés dans la difficulté scolaire qui ont été la cible privilégiée des suppressions de postes, mais aussi plus d'AVS (auxiliaires de vie scolaire) pour accompagner les enfants handicapés, et aussi des psychologues, des médecins scolaires, etc.

 

- une reprise de la scolarisation des enfants de deux ans, notamment dans les milieux défavorisé où une scolarisation précoce a montré son efficacité. Depuis 2000, essentiellement pour des raisons d'économie, cette scolarisation a chuté de 35% à 13%.

 

- une meilleure considération de l'école maternelle, moquée par Xavier Darcos, le précédent ministre de l'Education qui trouvait que les enseignants de maternelle passaient l'essentiel de leur temps "à changer  des couches"...

 

- la "fin des évaluations permanentes qui accablent les professeurs", et qui stressent parents et enfants.

 

- une réforme des rythmes scolaires et la fin de la semaine de quatre jours généralisée en 2008 par Darcos, et très critiquée pour ne pas respecter les rythmes de l'enfant. François Hollande veut rallonger la semaine ainsi que l'année scolaire afin que les heures de cours soient mieux réparties, mais sans plus de précisions. Le sujet est très délicat car il met en cause de multiples iintérêts - des communes, des régions, des profs, des parents, etc. Pas fou, Luc Chatel a finalement préféré ne rien décider. François Hollande ira-t-il jusqu'au bout ?

 

Sur le secondaire, le candidat socialiste redit son attachement au collège unique. Et il dénonce la tentation de l'UMP de revenir à une orientation précoce, avec des orientations vers le professionnel dès la fin de la cinquième. 

 

Mais le sujet est sensible. Et François Hollande avance prudemment. Il défend le principe du Socle commun de connaissances et de compétences selon lequel un élève ne doit pas acquérir seulement des savoirs à l'école mais aussi des aptitudes et des savoir-faire. Ce socle est dénoncé par plusieurs syndicats comme un rabaissement des exigences et un enseignement au rabais.

Ensuite, le candidat reste vague: il faudra revoir les programmes du primaire et du collège à l'aune du socle, dit-il, mais aussi "repenser" ce socle et assurer une meilleure articulation primaire-collège ...

Il promet par ailleurs de "relancer une politique d'éducation prioritaire sérieuse" avec de vrais moyens - une partie des 60 000 postes devrait y être destinée. Derrière se profile l'abandon du très contesté dispositif Eclair  destiné aux établissements difficiles, où les principaux recrutent leurs profs tels des patrons.

 

Au lycée, François Hollande veut faire porter l'effort sur la voie professionnelle, très dévalorisée, où l'on envoie les "mauvais" élèves qui souvent ne peuvent même pas  choisir leur spécialité. Il propose d'en faire une "filière d'excellence". Mais au delà des belles intentions, on aimerait savoir comment. 

 

Pour les bacheliers pros qui souvent échouent à l'université, il veut que les formations courtes qui leur étaient initialement destinées - les BTS (Sections de technicien supérieur) ou les IUT (Instituts universitaires de technologie) - leur soient à nouveau réservées. Cela risque de se heurter à de multiples résistances - venant des familles, de proviseurs ayant des BTS et préférant accueillir des bacheliers généraux, etc.

 

A propos du lycée, François Hollande avait réservé à Orléans une petite surprise qui ne figurait pas dans la première version de son discours. Il a annoncé vouloir rétablir l'histoire en terminale S - devenue une option avec la réforme du lycée. On regrettera qu'il ne s'intéresse pas aussi à l'absence de l'histoire en terminale dans plusieurs grandes séries technologiques - moins prestigieuses que la S.

 

Enfin sur le métier enseignant, le candidat se montre extrêmement prudent. Il pense que le métier doit évoluer - ce qui ne mange pas de pain, le monde évoluant -, loue le travail en équipe, les pédagogies nouvelles, la recherche en éducation ... 

 

Mais il ne dit pas comment redéfinir ce métier, renvoyant à de futures négociations. Il indique seulement qu'il ne veut pas se focaliser d'emblée sur le statut des enseignants - le décret de 1950 fixant à 18 heures hebdomadaires le temps de service d'un prof certifié et à 15 heures celui d'un agrégé. Cela devrait rassurer les syndicats.

 

Sur ce sujet, on peut attendre une confrontation avec le candidat-non-déclaré. Nicolas Sarkozy veut faire travailler davantage les profs, et notamment leur fixer des heures de présence dans l'établissement.

Sur la réforme de la formation des enseignants, grand ratage du quinquennat, le candidat socialiste confirme qu'il veut rétablir l'année de stages. Les jeunes profs qui viennent de décrocher le concours ne seront ainsi plus mis directement devant des élèves sans y avoir été préparés. 

 

Il innove aussi: il transforme les IUFM (Instituts universitaires de formations des maîtres) en Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation. Tous les futurs profs, de la maternelle à l'université, devront y passer afin, notamment, de s'initier à la pédagogie. Ce qui ne devrait pas faire plaisir à tout le monde

 

Pour finir, on relèvera deux thèmes absents. François Hollande ne dit rien de la carte scolaire. Sa suppression avait été une promesse de Nicolas Sarkozy, comme souvent abandonnée à mi chemin. Le candidat socialiste préfère ne pas s'aventurer sur un terrain glissant - le choix d'un "bon" établissement qui angoisse tant les parents.

Il ne dit pas un mot non plus de la revalorisation. Les enseignants ne sont pas intéressés par l'argent, assure son entourage. Sans doute ont-ils une grandeur d'âme. Mais si l'on veut attirer les profs les plus expérimentés dans les établissements les plus difficiles, il faudra bien prévoir des incitations, de tous ordres.

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 12:43

05-01-2012 19-17-49

Le Monde

 

 
Les 60 000 postes n'étaient donc que du teasing ? Ceux qui craignaient que le programme socialiste ne se limite à cet horizon du "toujours plus de moyens" vont se sentir rassurés avec le discours que François Hollande devait prononcer, à Orléans, jeudi 9 février.

"Rythmes scolaires, pédagogie, formation, mission et même moyens, il faudra tout reprendre", estime le candidat socialiste dans un discours frappé du sceau de l'investissement éducatif.

 

"La connaissance, le savoir, l'école ne sont pas seulement des dépenses, ce sont des investissements, souligne M. Hollande. En termes économiques, la France n'a pas les résultats éducatifs lui permettant de préparer sa future croissance. De même qu'il y a une corrélation étroite entre la qualification et l'emploi, il y a une corrélation étroite entre les performances scolaires et le niveau de croissance."

Voilà sur quoi pourrait se fonder le nouveau pacte entre l'école et la nation que M. Hollande appelle de ses vœux. Une fois remboursée la "dette éducative", dont le député de la Corrèze estime qu'il hériterait s'il prenait la direction du pays à l'issue du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

 

Mettre la priorité sur le primaire L'école de M. Hollande concentre les moyens sur les petites classes. D'abord, parce qu'"il n'y a pas ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas" et parce que "tout enfant est éducable", estime le candidat, pour qui les 150 000 sorties sans diplôme, aussi bien que les 20 % de mauvais lecteurs, sont un vrai scandale et un gâchis, dans un pays qui doit s'appuyer sur toutes ses forces. Ensuite, parce que plus la difficulté est prise en amont, moins sa réparation coûte cher.

Une partie des 60 000 postes ira donc vers le premier degré, où le candidat socialiste propose de mettre "plus de maîtres que de classes". Cette mesure peut se traduire par des dédoublements, par la présence de deux enseignants dans une classe, ou par la formule finlandaise de l'enseignant à disposition, qui prend à part l'enfant qui ne suit plus et l'aide à rattraper le groupe. La recherche montre l'efficacité de tels dispositifs s'ils s'accompagnent de changements réels dans la pédagogie mise en œuvre.

 

Allonger l'année scolaire Comme le prévoyait déjà le projet du Parti socialiste, la semaine et l'année scolaire devraient s'allonger, pour alléger la journée de classe. Cette mesure fait consensus chez tous les avocats des enfants.
Même l'UMP l'a en tête. Mais, à droite, l'affaire est délicate puisque c'est sous la présidence de M. Sarkozy que la semaine de classe a perdu une demi-journée. D'ailleurs, après des promesses et deux rapports, Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, a enterré le dossier.

La grande métamorphose du primaire devrait aussi passer par la suppression des évaluations de CE1 et de CM2, qui sont perçues comme non fiables, même par le Haut Conseil de l'éducation.

M. Hollande propose qu'elles laissent place à "une évaluation indépendante et incontestable", moins contraignante sans doute, puisqu'il veut aussi en finir avec "l'évaluation permanente" et réaffirme vouloir, dans les classes, "de la coopération plutôt que de la compétition". "C'est ainsi que l'école sera une école de l'excellence", devait-il ajouter, dans un clin d'œil aux mesures de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), selon lesquelles les écoles qui emmènent toute une génération en fin de collège sont aussi les plus performantes.

S'agissant du collège, justement, M. Hollande critique l'UMP, qui tente d'orienter vers le professionnel à l'issue de la classe de cinquième. A ses yeux, cela s'appelle "accentuer les défauts de notre système", voire "aggraver les inégalités". M.Hollande oppose à ces idées la volonté de gommer ce qui fait de l'école française une des plus inefficaces du monde face aux inégalités sociales.

Cela passe par le retour d'une scolarisation précoce dans les zones difficiles et par la relance d'une "politique d'éducation prioritaire sérieuse et dotée de moyens véritables". Même si c'est en ce moment que se prépare la rentrée 2012, les zones en souffrance pourraient bénéficier de moyens d'urgence dès septembre, si M.Hollande l'emporte en mai.

 

Atténuer les moments de rupture Pour ces temps où les élèves les plus fragiles perdent pieds, M.Hollande promet une meilleure jonction entre l'école primaire et le collège grâce à des programmes revus "afin d'être en cohérence avec le socle commun de connaissances et de compétences, qui définit ce que tous les jeunes doivent savoir à 15 ans".

Même chose entre le lycée et l'université, avec un vrai coup de pouce aux lycéens professionnels et technologiques. Le candidat socialiste promet ainsi de leur réserver "les formations supérieures qui étaient prévues pour eux et qui, aujourd'hui, leur sont trop souvent fermées". Les bacheliers généraux continuent en effet, depuis des années, à être accueillis à bras ouverts dans les filières de formation en deux ans (BTS ou IUT), très encadrées, pendant que les plus fragiles vont se perdre dans une université qui n'a pas été pensée pour eux.

 

Procéder à la refonte de la formation des enseignants Très attendue, elle est au programme du candidat PS. "L'année de stage sera rétablie" et des "écoles supérieures du professorat et de l'éducation" seront créées. Ces établissements formeront tous les professeurs, "quel que soit leur niveau de recrutement, qu'ils se destinent à enseigner en maternelle ou à l'université". On retrouve là le pari sur une culture commune à l'ensemble des enseignants plutôt que sur leur différenciation.

Un moyen de redonner envie d'enseigner ? La mise en place d'un prérecrutement dès la licence, elle aussi au programme, pourrait avoir la double vertu de regonfler le vivier maigrichon des candidats profs et de "redonner à l'éducation nationale son rôle exemplaire de promotion sociale et républicaine".

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 12:34

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Dans son rapport annuel dévoilé mercredi 8 février, la Cour des comptes dresse une critique implacable de la réforme de la mastérisation adoptée en 2008. Cette refonte de la formation des enseignants a fait passer le niveau de recrutement de bac+3 à bac+5 et supprimé l'année de stage. Pour les sages de la rue Cambon, elle a manqué toutes ses cibles : pas d'économie budgétaire dégagée, manque de suivi des nouveaux professeurs peu ou pas expérimentés, baisse du nombre des candidats...

A cette occasion, nous avons ouvert un appel à témoignages et reçu de très nombreuses réponses de futurs et jeunes enseignants qui ont essuyé les plâtres de la réforme. Tous, dans leur très grande majorité, se plaignent d'avoir été jeté dans le grand bain sans préparation. Voici une sélection de ces témoignages.

>>> Lire aussi l'article du Monde "Le réquisitoire de la Cour des comptes contre la réforme de la formation des enseignants" et notre édito "L'échec cinglant de la formation des enseignants"

  • Pourquoi j'ai démissionné, Luc M., 31 ans, auto-entrepreneur.

Je vais faire court. Lauréat du Capes en juillet 2010 à 30 ans, j'ai fait ma rentrée en septembre 2010, 18 heures par semaine, 150 élèves... J'ai été arrêté pour épuisement deux semaines avant Noël, repris en janvier, à nouveau arrêté pour état anxio-dépressif (!) de fin février jusqu'à la fin de l'année scolaire. J'ai démissionné en septembre 2011.

Ministère de l'éducation nationale : 1, trou de la Sécu : 0. Remarque : Tutrice absente suite à hospitalisation les deux premiers mois (pas sa faute).

J'ai auparavant travaillé dans une usine qui fabriquait des filtres de cigarettes : j'avais été formé 5 jours pendant 8 heures avant d'être laissé seul sur la machine. Pour enseigner l'anglais à 150 jeunes, on m'a formé 0 minute... cherchez l'erreur.

Aujourd'hui, j'essaie surtout d'oublier cette année. Je suis maintenant consultant à mi-temps pour une entreprise américaine : 2 fois moins de salaire mais 20 fois moins de boulot et 100 fois moins de stress.

  • Sous anxiolytiques, Sophie M.

Je fais partie des jeunes enseignants stagiaires de 2010-2011. Non seulement j'ai eu des semaines assez lourdes (15 heures dans un collège difficile), mais en plus on m'ajoutait une journée de formation sur le seul jour pendant lequel je pouvais prendre le temps de préparer correctement mes cours. Formation qui ne m'a jamais appris à gérer des classes. Ma tutrice non plus. C'était "marche ou crève". Elle s'est plus appliquée à vérifier que je faisais mon travail qu'à m'aider. J'ai dû prendre des anxiolytiques pour pouvoir dormir, tellement les élèves, la formation et la tutrice me stressaient.

Cette année, j'apprends enfin à faire des cours qui marchent, à faire progresser les élèves car plus personne ne vient m'imposer des méthodes qui ne sont applicables que dans les établissements dans lesquels les élèves sont consciencieux. J'aurais préféré ne pas avoir de formation et avoir un tuteur qui m'aide vraiment.

  • Mes élèves, les vrais perdants de la réforme, Pierre-Olivier, 27 ans, professeur agrégé de mathématiques à Toulon.

J'étais stagiaire l'année dernière dans un lycée : bonne ambiance, tuteur en or, collègues très disponibles, élèves agréables, une direction qui soutient les stagiaires ; je faisais partie des chanceux. Les seuls à avoir souffert de mon année de stage auront été mes élèves. Après l'agrégation de maths, un Master 2 Recherche, un début de thèse de doctorat et deux ans à enseigner dans une école d'ingénieur, je me retrouve début septembre face à une classe de seconde. Je ne sais rien du "fonctionnement" d'un lycéen, je ne sais pas préparer un cours (si ce n'est un cours de fac mais on n'enseigne pas en licence comme en seconde), j'enchaîne les désastres pédagogiques. Heureusement, j'aime ce boulot et les gamins que j'ai en face de moi. Je fais de mon mieux pour qu'ils comprennent, je fais des essais... et beaucoup d'erreurs.

Aujourd'hui, j'ai le sentiment d'avoir sacrifié mes classes de l'année dernière sur l'autel de mon apprentissage. Mes 80 élèves ont été mes cobayes et beaucoup en garderont des "séquelles mathématiques". Ils sont les vrais perdants de cette réforme.

  • L'inexpérience continue, François, 35 ans, enseignant à Aubervilliers.

Ayant préparé le concours par correspondance avec le CNED, ma surprise fut de taille : j'ai fait ma rentrée en septembre 2010 dans un établissement d'Aubervilliers au sein d'une équipe peu soudée, avec comme seule expérience mon parcours professionnel commercial de huit ans ! Qu'est-ce qu'un cahier du jour, à quoi sert-il? Comment construit-on des apprentissages? Pourquoi nos tuteurs nous laissent-ils une liste de 35 à 40 priorités ? Pourquoi avons-nous passé 5 semaines dans une classe à les regarder passivement enseigner? Pourquoi l'exigence extrêmement élevée que l'on nous demande ne se retrouve-t-elle pas chez nos formateurs ?...

Bref, cette année 2010-2011 a été une année très, très difficile ! Pourquoi les élèves des quartiers en difficulté doivent-ils être les boucs-émissaires de cette réforme?

  • Sept ans d'études pour être professeur des écoles, Ali K., étudiant en master 2 MEF à l'IUFM de Montpellier.

Sept ans. C'est le temps d'études post-bac qu'il m'aura fallu pour (re)passer le concours de professeur des écoles. En effet, après avoir été à l'IUFM pendant deux ans avant la réforme, j'ai dû refaire quand même deux ans de plus après la réforme pour obtenir un master. A ce niveau, j'aurais pu être doctorant cette année ! Non, à la place, je vais peut-être me retrouver sans rien au final. Car si le master est obligatoire désormais pour passer les concours de professeur, que nous reste-t-il si on échoue ? Rien, sinon le pointage à Pôle emploi. Il est normal dans ces conditions que ces métiers n'attirent plus.

La double nécessité de préparation d'un master en plus de la préparation du concours s'avère catastrophique pour les étudiants. En effet, laquelle privilégier ? On peut alors se demander quelles ont été les avantages de cette réforme. Autant le dire tout de suite, il n'y en a pas.

Pour avoir connu les deux systèmes, j'observe la différence : les lauréats sont lâchés dans le grand bain sans être jamais allé dans une classe voir comment cela se passe, sans aucune formation aussi bien théorique que pratique ! Est-ce ainsi qu'on pourra rattraper notre retard dans l'éducation ?

  • Il faut refonder la formation, Jean-Pascal S., 50 ans,

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 12:27

In Publics Sénat

 

Public Sénat diffusera le documentaire* « L’école à bout de souffle »* de Marina Julienne, sur l’école primaire et les inégalités scolaires.
Il sera suivi d’un débat animé par Elise Lucet, *samedi 18 février à 22h sur Public Sénat.

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 20:40

In Sciences2

 

Fraisse hollandeAnne Fraïsse, la présidente de l'Université Montpellier-3, vient d'envoyer une lettre salée à François Hollande.

 

Elle y exprime «sa surprise et sa colère devant les orientations» que le candidat du Parti Socialiste a laissé paraître concernant sa politique pour la recherche et l'enseignement supérieur. Je publie cette lettre ci-dessous.

 

Anne Fraïsse fait partie de ces universitaires courageux qui se sont opposé avec vigueur aux actions gouvernementales lors de la grande crise de 2009. Elle était à la tribune (photo) d'une réunion ardente à la Sorbonne, le 9 février 2009. Meeting sorbonne

 

Aux côtés de George Molinié (Président de Paris-4 Sorbonne), Jean-Loup Salzmann (Président de Paris-13), Bernadette Madeuf (Présidente de Paris-10 Nanterre), Cafer Ozkul (Président de l'université de Rouen), Marie-Christine Lemardeley (Présidente de Paris-3), Claude Condé (Président de l'université de Besançon), un vice-président de Grenoble-3 et du président de l'INALCO (Langues orientales), Jacques Legrand.

 

Cette lettre confirme ce que le blog {Sciences²} affirmait déjà ici : il y a un débat à gauche, un vif débat, sur ce que doit être la politique à conduire après dix ans de pouvoir de la droite. Une droite qui, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy qui avait confié le travail à Valérie Pécresse - récompensée pour l'avoir mené au bout par le poste de ministre du budget - a transformé le paysage de l'Université, de l'enseignement supérieur et de la recherche publique. 09

Cette transformation n'était pas - à mon sens - la "casse" que certains dénoncent. Les budgets n'ont pas été massacrés, comme ils l'ont été sous Chirac. Certains sujets - la carte universitaire, les premiers cycles, le lien entre universités et grandes écoles, les relations entre organismes de recherche et universités, la formation des enseignants, la gouvernance du système... - ont d'autant plus été la cible de réformes de droite qu'ils n'avaient pas bénéficié de réformes de gauche pour attaquer des problèmes objectifs et réels.

 

La réorientation n'en a été que plus profonde. Et le désarroi d'autant plus grand chez les acteurs : scientifiques, chercheurs, enseignants du supérieur, tiraillés entre le refus sans nuance, le "béton" comme on dit au syndicat, et la peur de tout perdre, pour eux, leur labo, leur établissement s'ils ne s'inscrivaient pas dans le mouvement des réformes.

 

Avec l'alternance politique qui se profile que faire ? Faire comme s'il n'y avait pas de débat sur la manière de s'y prendre, sur le destin des regroupements entre établissements dont les vices ne vont pas sans vertus, sur le mode de financement des nécessaires investissements et rénovations massifs sur les campus, sur les objectifs à assigner au système d'enseignement supérieur et à ses diverses composantes, faire enfin comme si les contradictions d'intérêts entre acteurs n'existaient pas ? Comme si de nombreux maîtres de conférence ne rêvent pas de ne plus voir d'étudiants de premier cycle ? Ce serait une lourde faute. Il faut conduire ce débat, ces débats. Sortir du flou.

Voici la lettre d'Anne Fraïsse. Elle est ici en pdf.

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 19:06

 

In Marianne2

 

 

 François Cocq et Magalie Escot du Parti de gauche, respectivement secrétaire national à l'éducation et membre du bureau national, reviennent sur le bilan Sarkozy en matière d'enseignement professionnel.

 

L’UMP à défaut de candidat est en campagne. Des colonnes du Figaro aux ondes de France-Inter, on voit Natacha Polony ou Morgan Marietti de l’Association nationale des apprentis s’escrimer à convaincre que Nicolas Sarkozy s’intéresse aux travailleurs et à l’éducation des enfants alors même que son bilan prouve le contraire. Leur cible pour cela : Jean-Luc Mélenchon, le porte-voix de la classe ouvrière, celui qui refuse l’hégémonie de l’apprentissage au détriment de toutes les autres voies d’accès à la qualification.  

Selon eux, Jean-Luc Mélenchon et le programme du Front de gauche mépriseraient la voie de l’enseignement professionnel. Diantre ! En prenant la petite lorgnette de l’apprentissage, voie parmi d’autres, ils omettent volontairement le désastre causé par la politique du gouvernement dans les voies d’excellence des jeunes ouvriers. Car ce sont 71 lycées professionnels qui ont été fermés sous le règne Sarkozy. Ce sont des dizaines de filières qui ont disparu de territoires entiers, poussant les familles dans les bras des marchands et des établissements privés. C’est la voie technologique qui a été sacrifiée sous couvert de restructuration. Ce sont des savoirs faire qui disparaissent totalement de l’enseignement public. N’en déplaise à Mme Polony,  c’est la politique de Nicolas Sarkozy qui entraîne la « déperdition des savoirs professionnels » dont nous sommes accusés.

 

Les rôles ne sauraient être renversés. Mme Polony trouve « choquant qu’un enfant d’ouvriers ait presque deux fois moins de chances qu’un enfant de cadres d’obtenir son baccalauréat ». Faut-il lui rappeler que c’est la réforme du bac professionnel, le passant de 4 ans à 3 ans, qui a causé l’augmentation du taux d’échec ? Non Mme Polony, 4 ans est le temps qu’il faut pour assimiler le haut niveau de savoir qui est enseigné dans nos établissements justement parce que nous revendiquons un haut niveau de qualification pour la classe ouvrière de notre pays. L’exigence de 80 % d’une classe d’âge au bac ne doit pas s’arrêter aux portes du bac général !

 

Le projet que nous portons d’un pilotage unique des enseignements professionnels entraîne la fluidité nécessaire qui permettra à un jeune de pousser le plus loin possible son niveau de qualification : à chaque obtention de diplôme on lui propose la qualification supérieure et on lui offre la possibilité d’y accéder. N’en déplaise aux tenants du libéralisme, pour nous, le diplôme délivré par l’Etat reste l’unique qualification permettant au travailleur de passer d’un poste à un autre. Il est le moyen, par la reconnaissance dans les conventions collectives, de fixer les grilles de salaire. Nous ne sommes pas l’Allemagne, la République française n’est pas la « République contractuelle » : la loi sociale est la même pour tous et l’ouvrier n’est pas celui d’une entreprise mais celui de la Nation.

 

Pour le Front de gauche, le diplôme et le haut niveau de qualification sont ce dont le pays a besoin pour maintenir son niveau de performance économique et répondre aux nouveaux défis du futur et aux objectifs de la planification écologique. Voilà une ambition autrement plus élevée que celle de copier l’Allemagne pour faire bon genre. Souvenons-nous que lors des changements technologiques de l’appareil de production, ce sont les travailleurs français qui se sont adaptés plus facilement et rapidement grâce à leur niveau de qualification et de culture et suscitaient l’admiration outre-Rhin.

 

Alors bien sûr nous ne sommes pas dupes. Ce n’est pas le bien-être des jeunes et les droits des salariés qui sont au cœur de ce débat. Les libéraux cherchent par contre à envoyer le plus de jeunes possible en apprentissage car ils visent à une déscolarisation d’une partie de la jeunesse, une marchandisation et un transfert vers les régions des « coûts ». Il n’a pas échappé au président de la République et à ses porte-plumes que l’apprentissage sort les jeunes du statut scolaire. Ils n’entrent dès lors plus la première année dans les chiffres du chômage, alors même que 25 % des contrats sont rompus les premiers mois. De quoi ravir les agences de notation !

 

Surtout, ce sont bien Sarkozy et ses sbires qui méprisent la voie de l’apprentissage ! Ce sont eux qui souhaitent lui faire porter la totalité de la voie professionnelle. Ils nient ainsi sa spécificité et son apport. Ils occultent le fait que ce n’est pas une méthode de masse généralisable à tous les jeunes et à toutes les professions. Nombre de métiers sont incompatibles avec l’apprentissage « sur le tas », à moins de demander à chaque patron d’ouvrir une école dans chaque entreprise, d’y mettre un maître et de laisser les jeunes s’exercer sur les machines… Mais pour cela, les patrons eux-mêmes nous sont gréés de nous en occuper dans l’Education nationale !

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 18:19

In L'Instit'humeurs

 

 

Les journalistes spécialisés qui s’étaient déplacés, hier, pour entendre le ministre Chatel parler de l’enseignement des langues n’ont pas été déçus. D’enseignement il a été peu question car Luc Chatel, cheval de Troie éducatif du candidat Sarkozy, était venu pour autre chose : présenter deux projets pour la présidentielle, annonçant directement la refonte du métier de prof ; et prévenir le monde éducatif que ça allait barder au printemps.

 

Les deux projets en question sont un peu techniques :

 

- la globalisation des heures d’enseignement permettrait aux collèges d’organiser les masses horaires comme bon leur semble ; en fait, elle permettra aux établissements de diminuer les coûts en supprimant des postes d’enseignant ;

 

- l’annualisation permettrait de considérer le volume horaire du par un prof, non plus d’un point de vue hebdomadaire, mais annuel : X heures à faire en fonction des besoins, par exemple sur 6 mois de l’année, voire sur les vacances (une logique qui rappelle une autre mesure du candidat : l’accord compétitivité emploi permettant de moduler le volume horaire au sein de l’entreprise)… Ici aussi, grosses économies en perspective (on parle de dizaines de milliers de postes), les profs travaillant plus pour le même salaire ; mais surtout, comme le dit le ministre, « derrière l’annualisation il y a la question du statut des enseignants, c’est un sujet très sensible… Il va être abordé dans les semaines qui viennent lors du débat des présidentielles« . Nous y voilà.

 

Autant le dire tout de suite, il y aura peu d’enseignants de l’école républicaine publique pour défendre ces projets. La colère risque même d’être grande. Et c’est précisément ce que recherche le candidat Sarkozy : ainsi qu’il l’avait montré lors de ses « vœux » à l’éducation, il sait qu’il ne doit rien attendre de l’électorat enseignant. Il a donc prévu de se positionner frontalement sur les thèmes de l’éducation, face aux enseignants, en prenant l’opinion à témoin. Le « débat » se fera contre eux, certainement pas avec. Le café du commerce pense que les profs travaillent 15 heures par semaine ? Peu importe que cela soit faux, on va s’appuyer là-dessus pour demander haut et fort qu’ils travaillent plus, surtout en période de crise, il en va de l’intérêt de la nation. Profitons-en pour modifier leur statut et continuer à supprimer les postes pour faire des économies.

 

Le deuxième étage de la fusée consiste à renforcer le clivage en plaçant le débat sur un plan « idéologique ». Ici, le candidat Sarkozy compte beaucoup sur les 60 000 postes promis par le candidat Hollande, formidable levier d’une opposition « gestion-responsable-et-de-bon-sens-en-temps-de-crise » (moi, N. Sarkozy) contre « irresponsabilité-gauchiste-et-suicidaire-en-période-de-restriction-budgétaire » (l’autre, là-bas).

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 18:01

Hollande : "Le temps du mépris est fini"

Refonder l'Ecole, c'est l'objectif que François Hollande fixe à son mandat s'il est élu. Il prononce aujourd'hui, à Orléans, à 18 heures, un grand discours sur la réforme de l'Ecole. En exclusivité, en voici dès maintenant les principaux thèmes.

"Refondation", "redressement moral et intellectuel", François Hollande place l'enjeu de la reforme scolaire très haut. "C'est un nouveau contrat entre l'école et la Nation, un pacte éducatif " qu'il propose, "une réforme globale". " La France, parce qu'elle est une République, entretient un rapport particulier, privilégié, à son Ecole", déclare-t-il. "C'est le résultat d'une longue histoire, une longue et belle histoire... La liberté humaine, l'émancipation de la personne, l'établissement de la démocratie, supposent une éducation, un apprentissage, une culture, un savoir, des connaissances, mais aussi des combats ". Or " jamais l'Ecole de la République n'a été à ce point attaquée, brutalisée, qu'au cours de ces cinq dernières années, dans ses moyens bien entendu, et tout autant dans ses missions, mais surtout dans ses valeurs. Il va nous falloir rectifier cette erreur qui est une faute, la corriger, la réparer", promet F Hollande. C'est pour lui une exigence démocratique mais aussi économique.

Un objectif : lutter contre l'échec scolaire. "L'échec scolaire n'est pas une fatalité ! Non, la réussite des uns ne se nourrit pas forcément de l'échec des autres ! On veut trop souvent nous faire croire que pour que les uns réussissent les autres devraient échouer ! Les raisons de l'ampleur de l'échec scolaire en France sont ailleurs, dans cette "machine à trier" qu'est devenue notre Ecole", affirme-t-il. Pour lui 40% des jeunes entreraient en 6ème avec une faible  maitrise de l'écrit, un diagnostic plutôt sévère.

François Hollande porte son effort en priorité sur le primaire. " j'ai décidé de faire de l'école maternelle et de l'enseignement primaire une priorité de mon action". Il annonce le renforcement de l'encadrement au primaire, inférieur effectivement à la moyenne des pays de l'OCDE. " Je m'engage à ce que le principe dit "de plus d'enseignants que de classes" soit adopté et mis en oeuvre", promet-il. Il créera aussi une obligation d'accueil en maternelle à 3
ans et promet une remontée du taux de scolarisation pour les enfants de moins de 3 ans en zone prioritaire. Parallèlement, F Hollande annule les évaluations nationales qui seront remplacées par des évaluations indépendantes probablement par sondage. Ces évaluations avaient été très critiquées par le Haut Conseil del'Education qui en avait critiqué la qualité. Les programmes très critiqués de 2008 seront revus. Mais F Hollande veut aussi une réforme des rythmes scolaires sur l'année et sur la semaine. C'est à dire le passage de 4 jours de classe par semaine à 4 jours et demi.

Sur le collège, il s'oppose aux orientations précoces que Luc Chatel a multiplié. "Ce qui fait la force des systèmes éducatifs qui marchent le mieux, c'est l'importance et la durée du tronc commun.
C'est pourquoi je refuse totalement les orientations précoces proposées par l'actuel gouvernement. Vouloir orienter les élèves dès la fin de la cinquième, c'est accentuer les défauts de notre système, c'est trier encore et plus tôt, c'est aggraver encore les inégalités".

Pour le lycée,  François Hollande veut aller vers des lycées polyvalents associant général, technologique et professionnel, sans fixer d'objectifs précis. Il souhaite une réforme de l'orientation au bénéfice de l'enseignement professionnel. Les filières supérieures courtes devront faire place aux bacheliers technologiques et professionnels.

C'est sur la réforme de la formation que l'on attend aussi F Holande. Il promet une refonte de la formation des enseignants. Outre le rétablissement de l'année de stage, il rétablira "une formation initiale et continue digne de ce nom" c'est dire que l'année de stage sera rétablie. Les enseignants seront formés dans des Ecoles supérieures du Professorat et de l'Education, au sein des universités, qui remplaceront les IUFM.

Et le métier ? F Hollande maintient le socle mais veut "l'adapter".  "Les pédagogies doivent évoluer", affirme-t-il, "le travail en équipe encouragé". Mais le candidat mise sur la liberté des enseignants , en opposition à la mise en concurrence dont il accuse ses adversaires. C'est sur la sécurité et l'autorité qu'il conclue cet aspect de son discours. "L'autorité doit être restaurée. La sécurité doit être assurée". Pour cela il mise sur l'augmentation du nombre d'adultes dans les établissements et la création d'un nouveau métier", évoqué à Perrefitte courant janvier. Il a bien sur confirmé l'embauche de 60 000 personnels supplémentaires dans  l'éducation.

Alors que la droite veut mettre le temps de travail des enseignants en coeur de campagne, le discours de F Hollande cherche l'équilibre entre les attentes de la société envers son école et celles des enseignants. Les points d'équilibre seront définis dans une loi à l'automne et donc il y aura peu d'avancées concrètes à la prochaine rentrée. Un thème n'est aps abordé dans le discours : celui de la revalorisation, qui est pourtant attendue et une étape nécessaire au recrutement des 60 000 nouveaux enseignants.

François Jarraud

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