Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

  Eglise Ecole

 

 

 

 


 



Envoyez vos mails à

 

sauvons.lecole@laposte.net

  

Recherche

Pour voir tous les articles...

Vous ne voyez sur cette page
qu'un article.

Pour voir TOUS les articles
c'est
ici !

ou revenir à la page d'accueil

23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 09:06
vote.gif

 

 

La gauche hégémonique chez des enseignants du public crispés

 

Les enseignants ont l'intention de voter massivement et efficacement à gauche. C'est la principale leçon du sondage réalisé par l'IFOP pour Le Monde. Au premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril, 46 % des 712 enseignants représentatifs interrogés du 13 au 15 février, comptent voter pour le candidat socialiste François Hollande. Et au second tour, 79 % de ces enseignants du primaire, des collèges et des lycées ont l'intention de faire ce même choix. Le candidat Nicolas Sarkozy, lui, recueillerait 12,5 % de leurs suffrages au premier tour du scrutin et 21 % au second. Voici les sept leçons qui se dégagent de cette enquête, à 60 jours du premier tour.

 

 

Sondage IFOP pour "Le Monde"

Sondage IFOP pour "Le Monde"DR

 

  • Un antisarkozysme virulent

"Il n'y a pas d'autre catégorie professionnelle où 8 électeurs sur 10 ont l'intention de voter pour un même candidat au second tour. En 2007, les agriculteurs avaient opté à 70 % pour M. Sarkozy, et c'était exceptionnel", rappelle Jérôme Fourquet, directeur du département opinions à l'IFOP.

Double prouesse, donc, pour le candidat socialiste. D'abord parce que ce taux est très élevé. Ensuite parce que François Hollande peut se targuer d'avoir réconcilié le corps enseignant avec le PS. Ses 46 % d'intentions de vote au premier tour sonnent comme une vraie victoire, si l'on se souvient que Ségolène Royal n'avait recueilli que 31,5 % du suffrage enseignant en 2007 et Lionel Jospin, 16 % en 2002.

"Cette catégorie professionnelle, championne de la dispersion des voix aux deux précédents [scrutins] présidentiels, a décidé cette fois de jouer l'efficacité pour être sûre de ne pas retrouver Nicolas Sarkozy", estime l'analyste. Plus que d'une adhésion au projet socialiste, François Hollande bénéficie de la volonté d'en finir avec ce que les enseignants estiment être la "casse de l'école".

  • Le vote Sarkozy de 2007 se disloque

En 2007, 18 % des enseignants ont voté pour Nicolas Sarkozy au premier tour. Seuls 68 % d'entre eux se disent prêts à refaire ce choix. Les "transfuges" vont majoritairement vers François Bayrou et François Hollande. "Preuve qu'en 2007, le candidat UMP avait rassemblé au-delà de son électorat classique", rappelle Jérôme Fourquet.

Il y a cinq ans, à même distance du scrutin, "Le Monde de l'éducation" avait commandé un sondage identique à l'IFOP. C'était déjà Jérôme Fourquet qui l'avait administré, et il rappelle que, "à cette époque, ils étaient 19 % à avoir l'intention de voter pour [M. Sarkozy], contre 31 % pour la candidate socialiste et 27 % pour François Bayrou". Ces intentions s'étaient vérifiées, le candidat du MoDem enregistrant toutefois, le jour du vote, 3 points de plus qu'au moment du sondage.

  • Le modernisme perçu comme du libéralisme

Durant son quinquennat, le chef de l'Etat semble avoir "grillé" ses idées forces. Ainsi, en 2007, 51 % des enseignants étaient plutôt favorables à l'autonomie des établissements. Ils ne sont plus que 32 % aujourd'hui. En 2007 encore, 27 % étaient favorables à l'idée de donner des pouvoirs renforcés aux chefs d'établissement en ce qui concerne le recrutement et la notation des enseignants. Ils ne sont plus que 16 %.

Il y a cinq ans, M. Sarkozy portait le retour de l'autorité. Les enseignants lisaient ses propositions comme un moyen de moderniser le pays. Aujourd'hui, la grille de lecture a changé. "Ils y voient la casse d'un système. La volonté de construire une école libérale à l'anglo-saxonne, avec une concurrence entre établissements, de moins en moins de moyens et bientôt un changement de définition de leur métier", analyse Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA, l'une des deux fédérations d'enseignants.

"Le bilan du quinquennat en matière scolaire, résume-t-il, c'est la réforme de la formation des maîtres, qui fait l'unanimité contre elle, la disparition de 60 000 postes, le pseudo-choix des collèges et lycées pour les familles, la mise en place d'une semaine de quatre jours en primaire, un discrédit général des résultats des évaluations, et une réforme du lycée contestée."

>> Sur la réforme de la formation des maîtres, lire aussi les témoignages : "Mes élèves sont les vrais perdants de la réforme de la mastérisation" et l'article du Monde Le réquisitoire de la Cour des comptes contre la réforme de la formation des enseignants

  • Privé-public, un vrai clivage

Quand on additionne les intentions de vote Front de gauche et PS, on arrive à 61% dans l'enseignement public et à 31 % dans le privé. Les enseignants du privé partagent équitablement leurs voix entre François Bayrou (29 %), Nicolas Sarkozy (28 %) et François Hollande (27 %). Au second tour, ils voteraient à 54 % en faveur de M. Hollande, contre 83 % dans le public. Les enseignants du privé ont moins peur de M. Sarkozy et de ses propositions que ceux du public. L'autonomie, ils la vivent déjà au quotidien puisque leurs chefs d'établissement disposent de cette marge de manœuvre et choisissent déjà leurs enseignants.

"Le clivage entre le privé et le public a toujours structuré le paysage éducatif français. Pendant des années, le PS et le PC se sont partagé le vote des enseignants du public, le PC recueillant jusqu'à 25 % du vote des instits, et l'enseignement privé, lui, votant plus largement à droite", rappelle l'historien Claude Lelièvre. A quoi Jérôme Fourquet ajoute que "les profs du privé votent comme les Français" et que "la vraie spécificité, dans ce pays, ce sont les enseignants du public". L'écart de comportement entre ces deux catégories lui fait ajouter qu'elles répondent tout simplement "comme deux professions différentes".

>> Lire aussi les témoignages : "J'ai l'impression qu'on m'empêche de bien faire mon métier"

  • Les 60 000 postes laissent dubitatifs

Un enseignant sur deux ne croit pas que M. Hollande tiendra sa promesse, et près d'un sur cinq (18 %) est, de toute façon, opposé à cette mesure. Si l'on s'arrête aux seuls enseignants du secondaire, 22 % sont contre, auxquels il faut ajouter les 12 % qui ne se prononcent pas. Nouvelle preuve que "l'antisarkozysme" est plus fort que l'adhésion au projet socialiste. Fragilisés et peu sûrs d'eux, les enseignants n'ont pas non plus envie de rester plus longtemps dans les classes, ce qui pourrait poser problème au Parti socialiste qui veut faire changer les pratiques.

>> Lire aussi sur le sujet : Tout ce qu'on sait aujourd'hui sur les 60 000 postes

  • François Bayrou loin des scores de 2007

Le candidat du MoDem arrive en deuxième position avec 19 % des intentions de votes. A la même époque en 2007, il était crédité de 27 %. En fait, M. Bayrou ne conserve que 46 % de son électorat de 2007. Et 35 % de ceux qui l'avaient alors choisi ont l'intention, cette fois, de voter François Hollande.

En 2007, François Bayrou avait profité de la mauvaise image de la candidate socialiste chez les enseignants. Comme le dit l'historien Claude Lelièvre, "les enseignants percevaient Ségolène Royal comme une ministre de la famille égarée rue de Grenelle".

Pour "parfaire" encore son image auprès d'eux, elle avait déclaré lors de la campagne, filmée àson insu, que les enseignants devraient assurer 35 heures de présence dans les établissements.

 

 

 

 

Par ailleurs, cela montre que le programme sur l'éducation présenté par François Bayrou le 4 février n'a pas forcément convaincu les enseignants. Ce programme, très républicain, semble s'adresser aux premiers de classe, à qui il offrirait un baccalauréat d'excellence.

 

La suite...
Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans News
commenter cet article
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 16:22

In Canard Enchaîné 22-02-2012

 

canard-22-02-2012.jpg

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Rased
commenter cet article
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 16:06

C03-23

Thénezay

Une classe maternelle menacée à Thénezay

Denain

Le sort de trois classes à Denain et Lourches semble définitivement scellé

St Omer

Les parents d'élèves de George-Sand à Longuenesse aiment tellement leur école qu'ils y sont retournés hier

Mobilisation dans les autres écoles

Aulnoye-Aymeries

Les parents de l'école Semard occupent les locaux

Suppression de classes à Aulnoye : les parents ont occupé l'école hier, ils rejoignent la manifestation de Pont-sur-Sambre ce matin

Bruay La Buissière

Opération « nuit des écoles » : les parents d'élèves de Pasteur ont investi la salle de jeux

ARDRES

Suppression de l'allemand : les parents d'élèves protestent

OYE-PLAGE

Le conseil municipal émet un avis « très défavorable » à la carte scolaire

Des bus pour manifester contre les suppressions de postes

MONTIGNY-EN-GOHELLE

Grilles fermées à l'école du Barlet, en attendant un blocus général à la rentrée

Haubourdin

Au lycée Beaupré, la nuit, la salle d'espagnol se transforme en dortoir

Montigny en Ostrevent

Journée école morte à la maternelle Victor Hugo à Montigny en Ostrevent

Villeneuve d'Ascq

École La Fontaine : les parents prêts à dormir sur place pour sauver leur classe

Qu'en est-il dans les autres écoles ?

Rouen 

manifestation contre la carte scolaire

Barisis

L'inquiétude grandit pour les écoles à Amigny et Barisis

Vervins

L'école occupée sans perturber la classe

Fère-en-Tardenois

Fermeture de classes / Les parents en ordre de bataille

Vouziers

La chute des classes : « Il ne restera plus rien ! »

Fermetures de classe : manif aujourd'hui à Vouziers

Ecole occupée, fin de la récré

Charleville-Mézières

SAPOGNE-ET-FEUCHÈRES Non à la fermeture d'une classe

Hirson

Faible mobilisation des parents à Saint-Michel

A nouveau 300 manifestants contre les fermetures de classes à Hirson

Le Hérie-la-Viéville

Les parents d'élèves maintiennent la pression

La Capelle

Fermeture de classes : les parents font barrage

Bohain-en-Vermandois

La colère des parents d'élèves

Vervins

Les parents se mobilisent et bloquent l'école

Essonne

 40 fermetures de classes décidées par l'inspection

Morvillars

ECOLE OCCUPÉE À MORVILLARS

Belfort

COLLÈGES SUPPRESSION D’UNE CLASSE DE TROISIÈME ENVISAGÉE À LA PROCHAINE RENTRÉE.DE VINCI : PARENTS MÉCONTENTS

Le Jura alsacien contre les suppressions de postes 

Belfort

La fermeture de l'école de la Méchelle est-elle inévitable ?

Ronchamp

Les défenseurs de l’école manifesteront vendredi 24 février

Haut Rhin

200 écoles mobilisées

Écoles du Haut-Rhin : les élus s’énervent

Colmar

400 manifestants pour "sauver l'école"

Pérignac

Une classe menacée

Pays Ruffécois

Les parents occupent l'école d'Aigre

Une classe de moins à Ruffec

Narbonne

La suppression des Rased

Daumazan-sur-Arize.

Une classe en moins à l'école

CÔTE-D'OR

Fermetures, ouvertures : la carte scolaire 2012 entérinée

CARTE SCOLAIRE : DÉCOUVREZ LES 34 OUVERTURES ET 47 FERMETURES DE CLASSES EN CÔTE-D’OR

LONGVIC.

LE CONSEIL MUNICIPAL S’EST TENU LUNDI SOIR EN MAIRIE.

POMMARD.

UNE ACTION DES PARENTS D’ÉLÈVES EST PRÉVUE DEMAIN.Pour la sauvegarde de l’école

ABBEVILLE

La riposte s'organise au lycée

VILLAR-SAINT-PANCRACE

Les parents d’élèves vont bloquer la nationale, ce samedi matin

Avignon

Une centaine de manifestants réunie hier devant la préfecture à Avignon

AUTUN

Décision de l'Académie : les classes d'Autun et de Monthelon fermées, Etang-sur-Arroux bloquée

Rouen

statu quo dans les écoles

Dieppe

Entre espoir et mobilisation autour des fermetures de classes

Toulon

Fermetures de classes: parents et instits mobilisés

La Seyne-sur-Mer

L'école Ernest-Renan occupée par les parents à La Seyne

Ecole occupée à La Seyne

Alpes Maritimes

25 ouvertures de classes pour 34 fermetures dans les écoles des A.M

TULLE

Environ 800 manifestants ont protesté contre les suppressions de postes, hier, à Tulle

Le directeur académique Jean-Pierre Batailler estime avoir « préservé le maillage territorial »

 BRIVE

À Meyssac, les parents d’élèves réunis au chevet de l’école rurale

LIMOGES

Les boycotts successifs des instances consultatives attestent d’un dialogue social au point mort

Blois

" Écoles mortes " du primaire au secondaire

Ils ont " séché " les cours en masse pour aider l'école

Saint -Ouen

" Ecole morte " bien suivie à Saint-Ouen

 Fraisans

Mobilisation au collège contre les classes surchargées

Villette-lès-Dole

Les parents d’élèves alertent les politiques… et ne partent pas en vacances

Noirétable

 Les parents se mobilisent pour sauver la 6 e classe de l’école publique

Istres

Une école occupée par des parents

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Revue de presse
commenter cet article
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 14:02

In Café Pédagogique

 

Par François Jarraud


Le livre de Sylvain Grandserre et Emmanuelle Daviet interroge 14 candidats à l'élection présidentielle sur leur projet pour l'Ecole. Il éclaire d'une façon tout à fait unique les visions que les politiques ont de l'Ecole. En ce sens c'est une source d'information unique pour les électeurs qui se soucient des questions éducatives.


A 60 jours des présidentielles, voilà un livre qui donne l'Ecole pour sujet à 14 candidats à l'élection présidentielle. Qui veut remplacer le Ministère de l'éducation nationale par celui de l'Instruction publique ? Qui veut "en finir définitivement avec le pédagogisme" ? Qui veut "que l'on dise dans 5 ans que les inégalités scolaires ont reculé" ? Qui veut "mettre les enseignants au coeur de notre projet de société" ? Et quel candidat n'a rien dit ?


Sylvain Grandserre est un enseignant bien connu. Emmanuelle Daviet est journaliste, elle travaille à France Inter. Nos deux auteurs interrogent les politiques. Ils leur posent dix questions sur "leur mesure phare", les priorités, les postes, leurs attentes envers les enseignants, la réforme du métier ou encore celle des rythmes scolaires. Ainsi se dévoilent de curieux rapprochements, des remarques inattendues, des connaissances complémentaires. Par exemple qui aurait prévu que le candidat qui parle le plus de la classe, c'est Frédéric Nihous ? Le candidat de "Chasse, pêche, nature et tradition" est aussi un fin connaisseur des petites écoles rurales. D'une autre façon on comprend mieux le programme éducatif d'Eva Joly quand elle évoque son enfance dans un système éducatif "protecteur" où elle était évaluée "non par rapport aux autres mais par rapport à mes propres progrès".


Mais les deux auteurs ne se sont pas contentés de recueillir les réponses des politiques, celles également des syndicats. Ils ont élaboré leur propre programme. Dégagés de toute obligation politique ou budgétaire, ils fabriquent leur programme pour les élèves, les parents, les enseignants et les institutions politiques. Ils le font en parlant de leur expérience de l'Ecole.


Si l'éducation est au coeur de la campagne des présidentielles, alors ce livre s'impose à tous les électeurs pour décrypter les programmes et comprendre les choix effectués. Pour les acteurs de l'Ecole, directement concernés, ils trouveront dans ce livre non seulement les choix des 14 candidats mais aussi et en détail ceux des deux finalistes...


L'ouvrage sera en librairie début mars.


Emmanuelle Daviet et Sylvain Grandserre, Qui va sauver l'école ? 10 questions pour 14 candidats, ESF éditeur, Paris 2012. 9,9 €.



S Grandserre : " Ce n'est pas une réformette qu'il nous faut mais une autre vision de l'école"


Sylvain Grandserre fait un bilan caustique de ces entretiens avec les candidats. Les politiques connaissent-ils bien l'école ?


L'ouvrage commence par vos propositions à vous, les auteurs, pour l'école. Pourquoi prendre position dans cette élection ?


 Parce qu'il y a peu de chances qu'elles émanent du corps politique tout simplement. Soit par obsession budgétaire, soit par obsession idéologique ou par méconnaissance de ce qu'on peut faire en éducation. Il y a une carence en ce domaine chez les politiques. Mais aussi pour jouer le rôle du poil à gratter. Nous n'avons pas la contrainte de séduire et donc on est allé vers ce qui nous semble les meilleures solutions.


Parmi elles certaines semblent difficiles : regrouper les disciplines au collège, avoir des locaux accueillants... C'est pas facile.


Aujourd'hui tout semble bouché, on est dans le constat et le statu quo que je vis aussi de l'intérieur comme enseignant. Or ce n'est pas une réformette qu'il nous faut mais une autre vision de l'école. Une autre façon de lui restituer une place prioritaire. L'avenir de l'école ne repose pas que sur les politiques ou les parents. La solution passera par le consensus sur les solutions.


On voit d'énormes différences entre les candidats. Certains vous ont-il surpris ? Avez-vous fait des découvertes ?


Il y a des archétypes. Les candidats s'adressent d'abord à leur camp. Donc à gauche la question des moyens, à droite celle de l'autonomie, de la loi du marché dominent. Mais j'ai l'impression qu'on a évolué à gauche : à Orléans, Hollande a expliqué qu'il fallait faire évoluer l'école et qu'il fallait la changer avec ceux qui la font. Il y a des choses à aller chercher chez chacun. Aucune des réponses ne m'a paru inintéressante. Certaines pourront paraitre caricaturales. On retrouve l'obsession sécuritaire de Marine Le Pen, l'obsession des moyens de l'extrême-gauche. Parfois des choses audacieuses comme ce que dit Eva Joly. Des surprises comme les propos de Nihous sur l'école rurale.


On a l'impression que tous ces politiques ont une nostalgie de l'école. C'est un regard sur leur enfance ou quelque chose d'un peu attardé. Comment voyez-vous cela ?


C'est sûr, il y a plus de regards dans le rétro dans les solutions proposées qu'autre chose. Beaucoup de candidats se réfèrent à un âge d'or. Mélenchon par exemple ne brille pas par le modernisme par exemple. Les politiques sont aussi souvent éloignés des écoles par leur métier, par leur âge et celui de leurs enfants. Ils ont des difficultés à imaginer des solutions à l'intérieur des murs de la classe. La pédagogie, le patrimoine pédagogique sont mal connus. Ils sous-estiment le potentiel des élèves. Le corps politique est encore dans l'idée du professeur qui professe et des élèves qui croisent les bras et écoutent.


Peut-on regrouper les candidats en familles qui s'affrontent ?


Il y a des surprises. On s'attendait à un clivage droite - gauche. Or sur les langues vivantes en maternelle Le Pen et Chevènement sont contre. Sur le redoublement, Hollande est contre et Le page ou Maurin aussi, Mélenchon et Sarkozy sont pour. Le clivage droite - gauche ne fonctionne pas non plus sur les notes à l'école. La seule question clivante, c'est l'orientation professionnelle précoce : la droite est pour, la gauche est contre. C'est révélateur. La gauche reste sur un postulat d'éducabilité. De l'autre côté la droite est enfermée dans le tri et la sélection, et l'entreprise comme substitut de l'école. Comment vont faire les professeurs contre le collège unique qui votent à gauche ?


Pourquoi n'y a-t-il pas plus de consensus sur l'école en France ?


On est toujours tiraillé entre la tentation du retour en arrière et la réalité quotidienne d'un système qui fait le tri. On se singularise par l'écart entre les pratiques de l'école et les discours portés sur l'école. On n'arrête pas de dire que l'école est allée trop loin dans le modernisme alors que les observateurs trouvent l'école inerte et conservatrice. Du coup on a du mal à se mettre d'accord même sur l'état de l'école. C'est cela notre singularité.


C'est un obstacle pour construire l'école ?


Oui. Les évolutions qui ont eu lieu en Allemagne ou en Pologne se sont faites car il y a eu des accords. En France par exemple on n'est pas d'accord sur la scolarisation à deux ans, ou sur le taux d'illettrés ou sur l'apprentissage des langues en maternelle ou sur les effectifs. Tout fait débat. Peut-être est-on trop pollué par les questions politiques.


L'école est-elle réformable ?


On est obligé de faire le nécessaire pour que ca se fasse. Mais a-t-on les troupes pour mener cette bataille ? Or on a des enseignants qui vont mal, des enfants stressés, des politiques qui brutalisent au lieu de convaincre, des acteurs locaux qui ne savent pas où va l'école. Il faut un consensus. Mais ça demande des renoncements. Il faut que tout le monde travaille sur soi.


Vous posez une question difficile aux candidats : "L'école peut-elle réduire les inégalités sociales". Quelle est votre réponse là dessus ?


La suite...
Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans News
commenter cet article
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 10:09

corot.jpg

In Médiapart

 

 

Du jamais-vu

À l'heure où les DHG* tombent dans les établissements, c'est la consternation au lycée Corot de Savigny-sur-Orge face à une situation sans précédent : dans sa dotation, l'Inspection académique prévoit de n'affecter que trois heures pour des enseignements de spécialité dont l'horaire est défini à cinq heures hebdomadaires par la réforme du nouveau lycée du ministre Chatel. Sont concernés les enseignements d'arts plastiques, de cinéma-audiovisuel, de musique et de théâtre-expression dramatique en série littéraire.

 

Les enseignants, habitués au mépris qu'inspirent des enseignements jugés accessoires, ont d'abord suspecté une confusion avec les options facultatives ouvertes aux élèves de toutes séries et qui bénéficient effectivement de trois heures par semaine. À sa demande, une délégation d'enseignants a pu être reçue le mercredi 8 février à l'Inspection académique d'Évry qui a levé toute ambiguïté : il n'y a aucune méprise et les choix effectués contribuent « à l'effort national de résorption de la dette publique » [sic].

 

La stupéfaction des enseignants du lycée Corot vient bien de ce qu'il s'agit d'enseignements de spécialité, dotés d'horaires nationaux et sanctionnés par une épreuve au baccalauréat de coefficient six. Ce qui ne laisse pas d'étonner, c'est que la mesure n'est pas générale mais ne semble toucher que cet établissement fort pourtant d'un pôle artistique, partie intégrante de son identité, et que le président Sarkozy avait d'ailleurs choisi, en octobre 2010, pour y présenter en grande pompe son dispositif « Ciné-lycée ». Faut-il penser qu'il y aura demain, à la rentrée prochaine, des élèves qui recevront trois ou cinq heures d'arts, selon qu'ils fréquentent le lycée Corot de Savigny-sur-Orge ou le lycée Marie Curie de Sceaux ?

 

Le Rectorat de l'académie de Versailles n'hésite pas à se placer sciemment en porte-à-faux avec la loi : il semble bel et bien que l'on ait sonné le glas d'une éducation garantie pour tous sur le territoire national en tournant le dos aux valeurs républicaines d'équité qui la fondaient.

 

 

Gérer la pénurie

La DHG comporte d'autres mauvaises surprises dont le Rectorat est plus coutumier : la réduction drastique du nombre d'heures entraîne des suppressions de postes (le non-remplacement de sept fonctionnaires sur sept départs à la retraite) et ne permettra plus les dédoublements, pourtant prévus et nécessaires, en langues ou en sciences expérimentales. De même, les cours en langues étrangères de la « section européenne » ne pourront pas être assurés.

 

Cette coupe sombre dans les budgets de l'Éducation Nationale, associée à une plus grande autonomie donnée aux établissements et au pouvoir accru qu'auront bientôt leurs chefs, font craindre l'apparition d'un climat délétère dans les lycées : ne verra-t-on pas un personnel enseignant condamné à organiser un lobbying pour sa matière tout en dénigrant les autres disciplines et réduit à courtiser son supérieur hiérarchique ? De son côté, conduit à gérer la pénurie, ce dernier n'aura-t-il pas, comme seule marge de manœuvre, que de déshabiller Pierre pour habiller Paul, en suivant ce que lui dicte sa subjectivité ?

 

 

Résister

Au lycée Corot, la résistance s'organise : on tracte à la sortie du lycée, les représentants du personnel refusent de siéger dans les différentes instances chargées d'entériner cette dotation et des enseignants ont occupé les lieux dans la soirée du 13 février où ils ont été rejoints par des parents d'élèves... Au-delà de ces moyens d'actions, les enseignants, conscients de ce que les journées ponctuelles de grève ne produisent guère d'effet, testent des formes inédites de communication susceptibles d'alerter le grand public, au premier rang duquel les familles de leurs élèves : le personnel s'est cotisé pour acheter un espace publicitaire dans Le Parisien avec deux parutions, le mardi 14 et le jeudi 16 février. Un groupe « Corot en lutte » a été constitué sur le réseau social Facebook. D'autres actions vont suivre…

 

 

*la dotation horaire globale désigne l'attribution par l'Inspection académique à chaque établissement du volant d'heures lui permettant d'organiser l'année scolaire suivante.

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans News
commenter cet article
21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 13:03

C03-23

Alvignac.

Ecole publique : pétition pour rouvrir la classe de CP

Montech.

Personnel en grève le 1er mars

Le Havre :

la destructuration du groupe scolaire dénoncée

Vernon

 « Une logique comptable »

Dieppe

Déjà des occupations d'école

écoles bloquées et mortes

Vailly-sur-Aisne

Fermeture d'une classe envisagée / Les parents d'élèves ne lâchent rien

Toulon

Fermeture de classes à Toulon: la colère gagne les rangs

Bouvignies

Les parents d'élèves manifestent devant l'école Pigeon-Vole

FONTAINE-FRANÇAISE

La mobilisation ne faiblit pas

Reims

Manif demain des parents d'élèves de l'école Sully

Laon

La carte scolaire sujet de discorde

QUESNOY - MONS-BOUBERT 

École morte ce lundi au regroupement pédagogique

MÉZEROLLES

Les parents d'élèves poursuivent leur combat aujourd'hui

Agen

Fermeture de quatre classes

Blaye

Rased : parents et enseignants solidaires

MIGENNES

Deux postes sous surveillance

SAINT-SAUVEUR-EN-PUISAYE

Contre la fermeture d'une classe

BOURGES

La FCPE appelle à manifester

BOULLERET

Pétition contre une fermeture de classe au RPI Boulleret-Sainte Gemme

Aurillac

A la rentrée prochaine, les établissements publics du premier degré perdront 11 postes

Hyères:

les parents d'élèves de l'école Saint John Perse manifestent contre la fermeture d'une classe

Vallauris

Parents d'élèves toujours mobilisés à Vallauris

Cagnes sur mer

Carte scolaire: l'école de Gattières occupée cette nuit

Cannes

Des parents bloquent l'accès de leur école à Cannes

Louhans

Une classe de collège sauvée

MONTHELON

La dernière manifestation ?

LONGVIC

Groupe scolaire Mazué, la mobilisation se poursuit

MEURSAULT

Les parents ont occupé l’école

THOREY-EN-PLAINE.

Le mouvement se durcit

 TRÉCLUN.

Des revendications étayées

BRAZEY-EN-PLAINE

Le ton monte à la maternelle

SAULIEU.

Les parents d’élèves à l’école

Amélie-les-Bains-Palalda

Ecoles : la fermeture d'une classe passe mal

Limoux

Les élèves en difficulté ne seront plus soutenus

SOMME

Carte scolaire : 64 fermetures, 12 ouvertures

SAINT-QUENTIN

Ecole morte ce mardi

AMIENS

Les écoles à l'arrêt aujourd'hui

Coup de colère lundi midi au lycée Branly

Manifestation devant la cité administrative contre les fermetures de classes

QUESNOY - MONS-BOUBERT

École morte ce lundi au regroupement pédagogique

GAP

École maternelle de Chorges : la 5e classe sans doute sauvée

Jura

Les trente et une fermetures de classes définitivement validées

Dole

Chaussin Collège : les parents ont manifesté contre la suppression d’heures d’enseignement

Saint-Anthème

Elus et population se mobilisent contre la fermeture d’une class

Amboise

Grogne dans les collèges

Blois

Parents d'élèves inquiets à l'école Molière

Vendôme

École

 

Nord- Pas- de-Calais

Saint-Omer

Nouvelle mobilisation des parents de l'école Prévert contre la fermeture d'une classe

La mobilisation hebdomadaire des parents de Prévert ne faiblit pas

JONCOURT

Les parents d'élèves vont occuper l'école aujourd'hui !

Rouvroy

Les parents dormiront à l'école pour tenter de sauver la classe menacée

Bruay la Buissière

Hier, devant le collège Rostand, la FCPE a (encore) réclamé des manuels scolaires

BRÊMES-LÈS-ARDRES

Élus et parents d'élèves manifestent

ESTRÉES

Non à une fermeture de classe : tous sur la Chaussée Brunehaut ?

WALLERS

C'est en famille qu'on se mobilise à l'école du Bosqu

Dunkerque

Les parents d'élèves très mobilisés

MONTIGNY-EN-GOHELLE

Remous à l'école Ferry-Sévigné après l'annonce d'une fermeture de

ISBERGUES

Les DDEN déplorent la fermeture annoncée d'une classe à Guarbecque

BAINCTHUN

 Une classe menacée de fermeture, les parents se mobilisent

NORTKERQUE

Manifestation, vendredi, contre l'amputation, à la rentrée, d'une classe de maternelle à l'école des Lilas

LINSELLES

Les parents organisent une journée « école morte »

SAINT-ANDRÉ

Les parents d'élèves du groupe scolaire Schuman se mobilisent une nouvelle fois contre la fermeture d'une classe

COMMUNAUTÉ DE COMMUNES DE LA RÉGION DE FRÉVENT

Inquiétude des élus suite à un projet de fermeture de deux classes au collège Pierre-Cuallacci

 

Alsace

Val d'Argent

Après le blocus de toutes les classes du Val d’Argent par les parents d’élèves, hier, c’est aujourd’hui, l’opération « écoles mortes » qui connait un succès sans précédent.

Une journée de mobilisation et de décisions dans le Haut-Rhin

Ecole : la journée des manifs

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Revue de presse
commenter cet article
21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 10:47

In Café Pédagogique

 

Assouplissement scolaire : " La réforme nuit aux élèves des milieux défavorisés, car elle entérine un  renoncement à une éducation de qualité dans tous les établissements" - N. Mons

 

" Aucun bilan officiel n’a été fourni par le ministère, alors qu’il s’agissait de la promesse phare de la campagne présidentielle de 2007". Nathalie Mons, maître de conférences en sociologie à l’université de Paris-Est, vient de terminer une recherche qui porte sur la genèse et la mise en œuvre de la politique d’assouplissement de la carte scolaire de 2007 à 2011. Suite à la sortie de différentes études visant à évaluer les effets de cette politique, elle revient sur la complexité d’une telle évaluation. Et elle demande la libération des études "détenues" par le ministère...

 

Depuis dix jours, différentes études ont été publiées pour tenter d’évaluer les effets de la réforme de la carte scolaire, elles semblent présenter des résultats divergents.

 

 Plutôt que divergents, ces résultats sont complémentaires. Certaines analyses privilégient des données macro nationales et nous renseignent ainsi sur l’ampleur de la mise en œuvre de cette réforme sur l’ensemble du territoire, ce qui est un point central en termes de politique publique. Mais ce niveau d’analyse national peut évidemment s’avérer trop distant pour pouvoir révéler certains phénomènes ponctuels. A l’opposé, d’autres recherches ont travaillé davantage des terrains départementaux spécifiques et peuvent de façon approfondie nous renseigner sur les processus en jeu et les effets particuliers de la réforme dans ces contextes, sans qu’évidemment leurs conclusions puissent être généralisées au niveau national puisque ces études ne prétendent pas viser un objectif de représentativité. Dans le cas de cette politique de la carte scolaire, ces recherches s’avèrent cruciales, car nous observons à la fois de fortes disparités dans la mise en œuvre de cette politique selon les départements et, au moins durant les trois premières années, des effets de déstabilisation très importants sur certains établissements qui accueillent déjà des populations scolaires en difficulté.  Donc même si ces effets sont circonscrits dans l’espace, ils questionnent fortement la pertinence d’une telle politique.

 

La suite...

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans News
commenter cet article
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 16:17

In Café Pédagogique

 

Par Jean-Louis Auduc

 

Dans cette tribune, Jean-Louis Auudc analyse les raisons pour lesquelles, à ses yeux, le décret du 17 février aui autorise l'alternance après la 5ème est une mauvaise décision. Elle méprise à la fois les parents, les entreprises et les enseignants. Surtout elle insulte l'avenir des enfants.

 

Le décret publié au Journal Officiel du 17 février rétablissant une possibilité de palier d’orientation en fin de 5eme est non seulement un retour en arrière de plus de vingt ans concernant l’organisation de notre système éducatif, mais il marque un mépris profond pour les élèves, leurs familles, les enseignants, le monde du travail et la population.

 

En mettant fin en 1994 à la possibilité d’une orientation en fin de 5eme par la création d’un cycle central (4e/3e) au collège, François Bayrou s’inscrivait dans une logique d’accroissement des qualifications de tous les jeunes, condition nécessaire au développement économique de notre pays.   Au moment où tous les indicateurs économiques montrent que c’est dans l’emploi qualifié que réside le potentiel de croissance d’un pays, vouloir stopper la formation générale des jeunes en fin de 5eme tourne le dos à l’avenir en prétendant que c’est avec les qualifications des années 50 qu’on peut se préparer à affronter le XXIe siècle.

 

Ce décret manifeste donc un profond mépris pour tout ce qui se construit aujourd’hui de l’école à l’entreprise.

 

Mépris pour la population notamment âgée à qui l’on fait croire que l’apprentissage d’aujourd’hui doit ressembler à celui d’hier et d’avant d’hier sans lui expliquer que les gestes professionnels de tous les métiers se modifient, se complexifient et que s’adapter aux mutations des gestes professionnels  qui ne manqueront pas d’intervenir dans les années qui viennent nécessitera une bonne formation générale de base que la fin de la scolarité en 5eme ne garantit pas.

 

Certes, le nombre d’apprentis a considérablement progressé de 2000 à 2010 en passant de moins de 350 000 apprentis à plus de 425 000. Mais, ce qui s’est surtout profondément modifié, c’est la structure de l’apprentissage qui d’un dispositif destiné aux élèves les moins qualifiés s’est peu à peu transformé en formation destinée aux élèves ayant déjà un niveau de formation conséquent. Les formations débouchant sur des CAP, BEP concernaient 72% des apprentis en 2000, 59% en 2006 ; elles ne concernent plus que 49% des apprentis en 2010 et baissent encore en 2011 et 2012. Les apprentis préparant un baccalauréat ou son équivalent étaient 18% en 2000, ils sont 26% en 2010. Ceux qui préparent un diplôme de l’enseignement supérieur dépassent en 2010 le nombre de 100 000 apprentis et représentent 25% des apprentis.

 

Mépris pour le monde du travail à qui l’on veut faire croire que c’est avec des élèves en difficulté scolaire en fin de 5eme qu’on peut être en phase avec les défis économiques de demain. C’est à l’école que revient la tâche de mettre en situation de réussite ces garçons ( puisque toutes le statistiques le montrent, ce sont des garçons qui sont en difficulté  au collège, notamment pour des difficultés dans la maîtrise de la langue) et non au monde de l’entreprise d’assumer une tâche de formation générale.

 

Sur cette question, les faits des dernières années ont pourtant tranché. En 2006, Gilles de Robien et Dominique de Villepin, à grands renforts de communication, créent l’apprentissage junior pour les élèves à partir de 15 ans. Ils espèrent, disent-ils, 100 000  propositions de stages d’apprentissage….En 2007, Nicolas Sarkozy stoppe l’apprentissage junior dans le silence général. Il y avait moins de 700 ( !) propositions de stages de la part des entreprises ! C’est l’IUMM (Union des Industries Métallurgiques et Minières), qui en mai 2011  a annoncé sa volonté de poursuivre et développer sa politique de recrutement d’apprentis au niveau Bac+2 et bac+3 en indiquant : « L’entreprise n’a pas à rattraper les insuffisances du système éducatif ». Il faut également se rappeler qu’au début des années 2000, il y a eu une manifestation d’une centaine d’artisans murant l’inspection académique de Colmar afin de « protester contre l’insuffisance du niveau scolaire des élèves envoyés en apprentissage ».  

 

Mépris pour les élèves et leurs familles à qui on ne propose aucune solution autre que de quitter les classes normales du collège pour les élèves en difficulté. Alors qu’on supprime les Réseaux d’aide aux élèves en difficulté (RASED), diverses possibilités de soutien et de remédiation dans les établissements scolaires, le ministère indique ainsi que l’école n’a plus pour fonction première de permettre la réussite de tous. La solution n’est pas dans l’externalisation à l’entreprise de la lutte contre l’échec scolaire. Il est dans un combat sans relâche pour une meilleure maîtrise de la langue par les jeunes et par un diagnostic sérieux des causes de l’échec chez certains. Rappelons qu’ « en France, 26% des garçons (plus d’un garçon sur quatre !) n’atteignaient pas, en 2009, le niveau de compétence 2 en lecture, considéré comme un minimum à atteindre pour réussir son parcours personnel….. » (Rapport CESE de septembre 2011) alors que moins d’une fille sur 10 est dans ce cas . Ces chiffres doivent nous interroger sérieusement sur la mise en œuvre d’une meilleure pédagogie personnalisée.

 

Le choix fait par le ministère est tout autre. Il est de faire sortir ses élèves pour les confier, éventuellement, à l’apprentissage. Le risque est réel, et toutes les statistiques le montrent,  compte tenu des enjeux économiques pour les entreprises et des compétences requises pour les postes possibles, que le jeune se retrouve  à 16 ans sans aucun contrat, sans aucun diplôme avec des perspectives de chômage bien plus fortes que s’ils étaient restés sous statut scolaire.

 

Mépris pour les enseignants,

La suite...

Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans Second degré
commenter cet article
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 16:12

In Snuipp

 

La circulaire Fonction publique sur la journée de carence en cas d’arrêt de maladie devrait être publiée dans les quinze jours à venir. Le SNUipp est intervenu pour dénoncer cette mesure injuste en insistant sur la situation particulière des enseignants des écoles.

 

«  Le premier jour d’un congé de maladie constitue le délai de carence pendant lequel aucune rémunération n’est versée par l’employeur » indique la circulaire qui devrait être publiée dans les prochains jours au Journal Officiel et que dénoncent la quasi totalité des organisations syndicales de fonctionnaires. La mesure devrait s’appliquer tout prochainement, les premiers retraits de salaires pouvant être effectués sur la paye de mars avec effet rétroactif au 1er janvier. Sont concernés l’ensemble des fonctionnaires stagiaires et titulaires, mais aussi les agents publics non titulaires. Les types de congés visés et le mode de calcul de la retenue sur salaire font l’objet d’une première note technique du SNUipp consultable ci-dessous, dans l’attente du texte définitif.

Les enseignants spécialement pénalisés

« Cette disposition va pénaliser durement les agents de la Fonction publique » constatent les syndicats dans un communiqué du 15 février dernier, et tout particulièrement les enseignants des écoles, comme l’a rappelé le SNUipp-FSU lors de la présentation du projet de circulaire aux partenaires sociaux. Car de fait, l’exercice quotidien du métier les expose tout particulièrement aux risques de contagion, notamment dans les périodes d’épidémies saisonnières. De plus, dans une profession largement féminisée, les arrêts de travail liés à la grossesse avant le début du congé de maternité seront également plus pénalisants qu’ailleurs. Enfin, « si le gouvernement entend réduire les congés de maladie, nos organisations considèrent qu’il lui faudrait plutôt agir sur les conditions de travail et le renforcement de la médecine de prévention dans le cadre, notamment, de la médecine du travail. » rappelle le communiqué.

Nouvelle atteinte au pouvoir d’achat

Le SNUipp et la FSU sont intervenus pour que les indemnités liées à des fonctions particulières (ISSR, direction d’école...) n’entrent pas dans le calcul de la retenue, mais c’est bien une nouvelle baisse des salaires qui s’annonce, comme si les enseignants étaient en quelque sorte « coupables d’être malades ». Cette amputation du pouvoir d’achat viendra s’ajouter à celles dues au gel des rémunérations et à l’augmentation des cotisations pour les pensions. Les organisations syndicales restent vent debout contre cette mesure aussi injuste qu’inefficace et continuent à demander au gouvernement d’y renoncer.

Lire :
- le communiqué commun

Lire aussi :

PDF - 76.8 ko
Note technique
Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans News
commenter cet article
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 15:58

Alors qu'Allègre (ex-ministre de l'EN sous Jospin)  rejoint Sarkozy, Dominique Antoine (l'ex-conseiller Education de Sarkozy) votera Hollande aux prochaines élections...

 

 

In Le Monde

 

J'ai travaillé deux ans dans l'équipe de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. C'était un honneur. Ce furent deux années d'espérances déçues. "20 % de nos jeunes quittent l'école sans qualification, je ne peux m'y résoudre", avait écrit le candidat en 2007. Le technicien que j'étais faisait confiance à l'énergie de cet homme politique hors norme, à son discours républicain, à sa volonté de rupture. "Que tous les enfants sortent de l'école avec le bagage nécessaire pour réussir leur vie d'adulte", disait encore le programme.

Dans le domaine éducatif, que retiendra-t-on de ce quinquennat ? 80 000 suppressions d'emplois, la fin de l'année initiale de formation des maîtres, la semaine de quatre jours à l'école primaire. Même si l'on place, dans l'autre plateau, les évaluations généralisées des compétences des élèves, le bilan est maigre.Je m'en suis longtemps voulu de n'avoir pas su me faire entendre du président. Avec le recul, je pense que c'était mission impossible.

 

Car dans le premier cercle des conseillers présidentiels - dont je n'étais pas -, la mêlée des conservateurs, des libéraux et des budgétaires formait un rideau infranchissable. Les conservateurs manifestaient une haute ambition : ils voulaient rétablir l'autorité des savoirs et des professeurs. Prisonniers d'une imagerie surannée et d'une obsession mémorielle, ils se référaient malheureusement à une éducation nationale de cocagne où les maîtres se seraient réjouis de recevoir une lettre de leur président, ou bien de lire à leurs élèves, à la demande du président, la lettre d'un jeune résistant, ou encore de jumeler chaque enfant des écoles avec le fantôme d'un enfant juif gazé dans les camps.

 

Les libéraux, en quête d'efficience managériale, voulaient appliquer la logique du marché en offrant aux parents le libre choix de leur établissement. Enfin les budgétaires, pour complaire à la finance internationale, voulaient soutirer des dizaines de milliers d'emplois à un ministère jugé par principe dispendieux.

La vérité est que tous méconnaissaient la réalité concrète du métier de professeur, les conditions d'exercice dans les quartiers sensibles, les impasses de l'orientation pour les élèves peu doués ou défavorisés socialement. Au fond, ils idéalisaient l'éducation nationale mais ne l'aimaient pas, car elle votait mal et leur faisait peur. Et ils convenaient, à la suite du chef de l'Etat lui-même, que les priorités étaient ailleurs, dans l'économique et le social, dans l'international, la défense, la sécurité intérieure.

 

Immobilisme contraint

 

La suite...
Repost 0
Published by Sauvons l'Ecole - dans News
commenter cet article

Qui êtes vous ?
Vous êtes :
Un enseignant du premier degré
Un enseignant du second degré
Un étudiant
Un lycéen
Un parent d"élève
Un simple citoyen
Un chercheur
Un enseignant à l'université
Un fonctionnaire de l'EN (non enseignant) : encadrement, Biatos...
Un élu

Résultats

Visiteurs


 

Actuellement   
visiteur(s) sur le blog

 

 

Sauvons Lecole