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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 20:51

In Le PlusObs

 

LE PLUS. Vous souvenez-vous ? La réforme de l'autonomie des universités, proposée par Nicolas Sarkozy au début de son mandat, avait suscité un tollé auprès des universitaires et des étudiants. Trois ans après, Guillaume Tronchet, enseignant-chercheur et militant socialiste, revient sur cette loi polémique et fait le bilan.

Voilà des mois qu'on nous le dit, qu'on nous l'écrit, qu'on nous le rabâche, au cas où la chose ne s'imposerait pas encore à nous comme une évidence : s'il y a bien une réforme que Nicolas Sarkozy a réussi, c'est celle des universités.

 

Des étudiants manifestent à Rennes leur opposition aux reformes de l'enseignement (université et statut des enseignants chercheurs), le 05 mars 2009 (F.LEPAGE/SIPA)

Des étudiants manifestent à Rennes leur opposition aux reformes de l'enseignement le 05/03/2009 (F.LEPAGE/SIPA) 

 

Autrefois, il y avait de l'échec massif en premier cycle, nos enseignants-chercheurs étaient fainéants pour la plupart, et jamais évalués, au détriment de la place de la France dans les classements internationaux. Nos universités et nos laboratoires disposaient de peu de moyens. À partir de 2007, tout a changé : réforme de l'autonomie des universités, révision par décret du statut des enseignants-chercheurs, Plan Campus à 5 milliards, investissements d'avenir de 22 milliards, 3,5 milliards de plus pour le Crédit Impôt Recherche, Plan Licence... 


Jamais, dit-on, pareil effort n'aura été fourni en faveur de l'université et de la Recherche. Le résultat serait là, incontestable : "nos universités ont enfin les armes pour décoller", se félicite le magazine "Capital" de mars 2012, quand la députée UMP Françoise Guégot y va, dans "Libération", elle aussi de son satisfecit : "nul ne peut nier le succès de la réforme de l'autonomie des universités".

Bref. La messe semble dite.

 

Le vrai bilan de Nicolas Sarkozy

 

Pourtant le véritable bilan du président de la République est moins glorieux. J'ai relevé neuf points sur lesquels Nicolas Sarkozy ne peut, en aucun cas, se vanter. 

 

1. On compte aujourd'hui 50% d'échec pour les étudiants en premier cycle (et 90% d'échec pour les étudiants issus de bacs professionnels), tandis que le "Plan Licence" a été sévèrement épinglé par la Cour des comptes, qui ne se satisfait "ni des conditions hâtives dans lesquelles les crédits ont été alloués, ni des modalités sommaires qui ont présidé au suivi de leur emploi, ni enfin, du défaut d'évaluation de leur impact".

 

2. Les "universités autonomes" de la loi LRU n'ont pas reçu les moyens financiers de leur autonomie au point que certaines d'entre elles sont aujourd'hui en grande difficulté et ont été placées sous tutelle de l’État quand d'autres, faute de moyens, ont été obligées de sous-traiter une partie de leurs activités, jetant dans la précarité des milliers de salariés parmi les personnels administratifs, techniques, d'encadrement et de surveillance.

 

3. Des milliers de postes ont été gelés à l’université et dans la Recherche quand, dans le même temps,ont été créé des dizaines de milliers d'emplois précaires, dont 15.000 par l'Agence nationale de la Recherche (ANR) à destination de docteurs de plus de 30 et 35 ans, sur-diplômés précaires et sous-payés.

 

4. La formation des enseignants a été supprimée, comme si enseigner à nos enfants n'était pas un métier qui devait s'apprendre.

 

5. Les 22 milliards annoncés dans le cadre du Grand Emprunt sont un trompe-l’œil : ils ne seront pas réellement affectés aux universités. Ce sont les intérêts (environ 3%) de cet emprunt qui le seront. C'est un peu comme si votre banquier se félicitait partout de vous avoir accordé un prêt de 10 000 euros pour monter votre entreprise alors que vous ne perceviez en réalité que 3% de cette somme, soit 300 euros !

 

6. La politique des investissements d'avenir n'a concerné qu'un tout petit nombre d'universités, selon de graves inégalités territoriales : le Nord, l’Ouest et le Centre de la France ont été les grands oubliés, comme s'il ne pouvait y avoir, là aussi, de grands pôles d'excellence universitaire.

 

7. La France est tombée au 26e rang mondial sur 32 (données OCDE) pour le budget civil de la Recherche.

 

8. Les milliards que coûte le Crédit impôt Recherche ont été détournés au profit des grands groupes, et sans augmentation significative de la Recherche dans les entreprises (d'après le rapport Gilles Carrez, député UMP).

 

9. La circulaire Guéant sur les diplômés étrangers a gravement porté atteinte à l'image et à l'attractivité de la France dans le monde, quand l'augmentation de 30% du montant exigé pour la délivrance d'un titre de séjour étudiant a jeté dans la précarité soudaine des milliers d'étrangers en pleine rentrée universitaire 2011.

 

 Le cas de Yasmine, étudiante algérienne, victime de la circulaire Guéant, Canal +, le 15/11/2011

 

De quoi donner le tournis. On est loin de la "réussite" tant vantée par ce qui relève bel et bien d'une propagande gouvernementale. D'autant qu'on pourrait citer bien d'autres exemples encore !

 

Et François Hollande ?

 

En miroir, les appels à préciser son projet en ce qui concerne l'Enseignement supérieur et la Recherche se multiplient à l'égard de la gauche et de son principal candidat, François Hollande, depuis plusieurs semaines, non sans que - une fois encore - règne une véritable désinformation : face aux appels citoyens des uns et aux lettres quelque peu assassines des autres, "Le Monde" décrivait ainsi ce week-end un camp socialiste "paralysé" qui ne serait "pas la hauteur des enjeux". Qu'en est-il réellement ?

 

François Hollande - qui s'était déjà exprimé lors de la primaire socialiste sur les questions universitaires et scientifiques (qu'on le relise !) - précisera le 5 mars prochain à Nancy son projet pour l'enseignement supérieur et la Recherche. Il n'est pas acceptable de lui prêter des propos qu'il n'a jamais tenus.

 

En attendant le 5 mars, et au-delà des vaines polémiques autour de celui ou de celle qui serait le conseiller pro-LRU ou anti-LRU le plus proche du candidat, prenons acte de ce qui seul fait foi pour l'heure, les déclarations des représentants du candidat Hollande : Vincent Peillon, qui a livré pour la première fois une feuille de route précise à ce sujet devant un parterre de jeunes chercheurs le 17 février dernier ; Jean-Yves Le Déaut, qui a accordé un entretien spécifique à l'AEF la semaine dernière. Que disent-ils en substance ?

 

L'Enseignement supérieur et la Recherche : les 3 objectifs du PS

 

Première priorité : la réussite des étudiants, dont on parle finalement trop peu quand on parle d'université. Sont projetés un "service public de l'orientation", des "bureaux d'insertion professionnelle dans les universités dotés de compétences et de moyens", une "réforme des premiers cycles" qui passera par un "encadrement" renforcé, des "pédagogiques adaptées à la diversité des étudiants" et une plus grande progressivité des formations, enfin des "places réservées dans les STS et les IUT" pour les lycées professionnels et technologiques.

 

Un "plan national pour la vie étudiante" sera par ailleurs lancé, qui prévoit "40 000 nouveaux logements", "des mesures sur les loyers" et la "création d'une allocation d'études supérieures et de formation sous condition de ressources", tandis qu'on annonce la mise en place (déjà évoquée par François Hollande à Orléans le 9 février dernier) de "pré-recrutements" au cours de la Licence pour accéder au métier de professeur. Enfin, dans le cadre d'une politique à destination des étudiants étrangers, la "circulaire Guéant sera "abrogée définitivement".

 

Deuxième objectif : restaurer la confiance avec le monde des universités et de la Recherche après cinq années de réformes conduites au pas de charge le plus souvent sans réelles négociations. Vincent Peillon a expliqué que la LRU serait "remplacée" par une "loi-cadre", précédée "d'assises nationales de l'enseignement supérieur et de la Recherche". Il ne s'agit pas de contrevenir au principe "d'autonomie" mais de lui redonner au contraire tout son sens, notamment par une réforme des principes de gouvernance dans un sens "plus collégial, plus démocratique" (avec notamment la "reconnaissance de la représentation des jeunes chercheurs dans les collèges académiques") et dans "le respect des libertés académiques".

 

Ces changements annoncés auront également vocation "à simplifier le paysage de l'enseignement supérieur devenu illisible par l'accumulation de nouvelles structures". Le modèle privilégié sera celui de "la coopération et des réseaux maillant le territoire".

 

En matière budgétaire, il y aura "un audit sur la situation financière des universités et des organismes" ainsi que sur les financements des investissements d'avenir et du Plan Campus. Les crédits promis seront versés. Il sera ensuite tenu compte "du principe de compensation" pour les universités, tandis que "les fonds des initiatives non-engagés devraient renforcer des secteurs qui n'ont pas bénéficié des résultats des investissements d'avenir" afin de lutter contre "la désertification scientifique de certains territoires".

 

Les missions de l'ANR seront "recentrées sur les priorités nationales, les projets émergents et les projets interdisciplinaires", et "la place de l'unité mixte de Recherche comme élément structurant de la Recherche universitaire" sera réaffirmée.

 

Troisième axe : les conditions de travail des personnels, à commencer par les enseignants-chercheurs, dont "les tâches pédagogiques devront être mieux reconnues, encouragées et valorisées dans les déroulements de carrière".

 

 François Hollande revient sur son projet en matière d'éducation, France 2, le 14/09/2011
 
 
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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 20:43

sarko3

In Libération

 

Les propositions effectuées par le Président de la République dans le domaine éducatif mettent encore en valeur le nombre inouï de discours contradictoires, continuellement attachés à l'Education nationale en France.

 

Il est tout d'abord amusant d'entendre le Président-candidat se soucier des enseignants et des élèves alors que l'Education nationale apparaissait pour lui comme un domaine très secondaire auparavant. En effet, tout occupé à dégraisser à toute force le «mammouth» à coup de coupes budgétaires et de baisses d'effectifs, le Président faisait passer l'Education nationale pour un puits sans fond gaspillant les deniers publics. Bizarrement, comme à l'approche de toute élection d'importance, les enseignants deviennent des hommes et des femmes dont on se soucie. Le discours qui précédemment tendait à les stigmatiser, en tant que fonctionnaires «protégés» et corporatistes, dépensiers de l'argent de l'Etat, avec les mauvais résultats que l'on sait, ce discours devient plus souple, plus étudié: en somme les enseignants sont des gens bien, mais ils ne savent pas tellement travailler avec efficacité. Admirable tour de passe-passe rhétorique, qui, au mépris près, semble assez consensuel.

«Il a ainsi proposé d'augmenter de 25% - soit environ 500 euros par mois - le salaire des enseignants qui acceptent de rester 26 heures dans l'établissement au lieu des 18 actuellement en vigueur», lis-je dans L'Express. Manière délicate de remettre sur le droit chemin ces fonctionnaires égarés, sans doute, par leur merveilleux statut, et qui ne travaillent pas assez. Manière de dire, surtout (c'est moi qui traduis): «Chers enseignants, vous êtes des fainéants, mais à votre corps défendant ; je suis là pour vous en faire prendre conscience et vous rémunérer en conséquence, naturellement».

 

La seule remarque qui me vient, à la lecture de ces lignes, c'est que ces propositions n'ont rien de neuf et même qu'elles sont déjà mises en œuvre, depuis longtemps ! Dans la plupart des lycées que je connais, dont le mien, les professeurs sont en «sur-service», et sont «récompensés» par des heures supplémentaires distribuées au fil de l'année. Et cela fait longtemps! Cette révolution-là, si c'en est une, a donc déjà eu lieu. Et ces propos ont ceci de pernicieux qu'ils maintiennent vivaces des «discours» infondés, ou qu'ils en génèrent d'autres valides mais encore pires. En voici quelques-uns.

 

Un professeur travaille 18 h...

Est-il besoin de répondre? Tant de gens croient encore que les heures de cours correspondent aux heures de travail! Le vieux mythe qui consiste à croire qu'un enseignant aligne dix-huit fois par semaine un monologue ennuyeux sans s'interrompre, avant de rentrer chez lui, libre de toute contrainte, ce vieux mythe en dit long sur la méconnaissance du monde éducatif. Il ne s'agit pas non plus de dire qu'un enseignant travaille plus que quiconque. Mais préparer des cours, les effectuer, assurer le minimum d'ordre dans sa classe, relever des devoirs, résoudre les problèmes divers des élèves, parfois de leurs parents, assister aux réunions, etc. Cela finit par constituer un horaire assez proche de celui de n'importe quel employé - on dirait presque du travail...

 

Quant au quota horaire des enseignants, vieux serpent de mer depuis des années, il constitue la rengaine obligée... Personnellement, je connais très peu de professeurs qui assurent 18 h de cours... La plupart en ont autour de 21. Dans les lycées que je connais, il n'est pas rare de voir des équipes (de mathématiques, d'anglais, que sais-je) se «partager» vingt heures supplémentaires à 4 ou 5. Ceci, naturellement, après négociations, refus éventuels, pressions diverses. Trois heures supplémentaires représentent en gros une classe. C'est-à-dire 35 élèves de plus. C'est-à-dire à nouveau du temps de correction, de réunions, de préparation... Ce n'est certes pas mortel, ni infaisable, mais c'est difficile - peu le disent toutefois, de peur d'être taxés de fainéantise et d'incompétence.

 

Un professeur qui «fait son temps» est un fainéant...

C'est un peu le corollaire de ce qui précède. Bien avant que le Président ne s'avise qu'il fallait assurer une plus grande présence des enseignants dans les établissements, ces derniers se sont globalement bien faits au monde entrepreneurial et compétitif. Dans une Ecole où les élèves sont hystérisés par la Réussite, où cette dernière est entièrement de la responsabilité du professeur, où l'enseignant est devenu un « fournisseur d'accès » aux examens avec obligation de réussite - eh bien oui, le professeur qui fait « son temps » est considéré comme un fainéant et un tire-au-flanc. Les autres, eux, acquièrent le statut plus enviable et glorieux de meilleurs vendeurs ou de tiroirs caisses. Belle victoire !

 

Un professeur doit être joignable à tout moment...

C'est la norme désormais. Et les propos du président sont bien tièdes là encore. Il veut que les professeurs soient présents dans les établissements toute la journée (ce qui est déjà le cas, en général). Mais quid du suivi pourtant journalier que tout professeur se doit désormais de proposer? On l'ignore peut-être mais la plupart des établissements sont à présent dotés de sites internet et de serveurs évolués permettant à tout moment de contacter les enseignants. Nous sommes entrés dans l'ère du Prof 2.0 qui donne son mail aux élèves, voire son numéro de téléphone, voire l'accès à son Facebook... Et l'enseignant qui se respecte doit à tout moment assurer un SAV, répondre aux questions de dernière minute, donner des exercices, etc. Ce service, car c'en est un, bien que non écrit, non défini, non rémunéré, et non obligatoire, est assuré. La vraie question est de savoir jusqu'où doit aller le métier d'enseignant. Dire que les professeurs doivent travailler davantage est une marque de méconnaissance de ces simples faits ainsi que de profond mépris.

 

L'individualisation des pratiques est la solution...

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 20:38

In Les Echos

 

C03-18La création de 60.000 postes d'enseignants défendue par François Hollande est très largement préférée au «moins de profs mieux payés» proposé par le président-candidat, montre le baromètre mensuel CSA pour «Les Echos».

 

Nicolas Sarkozy a encore un sérieux travail de persuasion à effectuer auprès des Français sur l'école. Son grand slogan sur ce sujet central de la campagne, «des enseignants moins nombreux mais mieux payés», ne convainc qu'un quart des Français interrogés (26%) par CSA pour «Les Echos». Ils sont plus des deux tiers (70%) à lui préférer l'une des propositions phares de son rival socialiste, François Hollande, «davantage d'enseignants quel que soit leur niveau de salaire». Même les sympathisants de droite lui donnent majoritairement tort (51%, contre 46%). Un résultat sans appel.
 

Mardi soir, lors d'un meeting à Montpellier, le président-candidat a détaillé son programme sur l'éducation. La principale proposition consiste à demander aux professeurs des collèges et des lycées d'accepter sur la base du volontariat de passer non plus 18 heures mais 26 heures par semaine dans leur établissement en contrepartie d'une revalorisation salariale de 25%, chiffrée en moyenne par le chef de l'Etat à 500 euros par mois. Une hausse de la feuille de paie qui serait en partie financée par la poursuite du non-remplacement d'un enseignant sur deux partant à la retraite, a-t-il expliqué. Cette idée ne séduit manifestement pas une très large majorité de sondés, qui se disent clairement plus sensible à la promesse de François Hollande de recréer en cinq ans les 60.000 postes supprimés par Nicolas Sarkozy durant le quinquennat au sein de l'Education nationale.

Hostilité de l'opinion aux classes surchargées

Le chef de l'Etat «a posé le problème de l'école dans des termes déconcertants pour les Français, explique Jérôme Sainte-Marie, directeur du département politique-opinion de CSA. La feuille de paie des professeurs n'intéresse les sondés qu'à la marge tandis qu'ils sont très sensibles à sa contrepartie : moins d'enseignants et des classes plus surchargées.»

Nicolas Sarkozy n'ignore pas l'hostilité croissante de l'opinion sur ce dernier point.

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 20:33

In Libération

 

 

Intégration de tous les handicapés en classe, revalorisation des salaires des enseignants, amélioration de leur considération... Sur l'éducation, les mots sont presque les mêmes, 5 ans après.

 

 
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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 20:23

In Nouvel Observateur

 


A 500 euros pour huit heures supplémentaires hebdomadaires, Nicolas Sarkozy propose en fait aux enseignants de travailler plus pour gagner moins. Explications.

 

Dernière proposition de Nicolas Sarkozy, mardi 28 février à Montpellier : "Je propose que désormais tout enseignant qui voudra travailler davantage puisse le faire avec 26 heures de présence dans l’établissement au lieu de 18 heures de cours aujourd’hui. Avec en contrepartie une augmentation de son traitement de 25 %, soit près de 500 euros par mois."

Le but ? Remédier à l'absence des profs, "pas assez présents dans l'établissement en dehors des heures de classe", selon le chef de l'Etat, qui leur promet des bureaux où ils pourront travailler et venir en aide aux élèves en difficulté.

Et le renforcement des systèmes de soutien scolaires : "Je souhaite (…) la généralisation des études dirigées du cours préparatoire à la terminale. L’école n’est pas simplement le lieu de la classe, elle doit aussi être le temps du soutien pour ceux qui ont du travail à rattraper".

Des économies sur les heures sup'

Coût de la mesure ? Très difficile à évaluer, estime Terra Nova. Un peu moins d'un milliard d'euros en salaire, avance le think tank proche du Parti socialiste, si la moitié des 300.000 profs du secondaire public (collège et lycée) se laisse tenter. Une hypothèse que Terra Nova qualifie d'"optimiste".

Selon l'Institut de l'entreprise, think tank plus libéral, si 176.000 enseignants du secondaire passent aux 26 heures, cela suffirait à mettre en place 4 heures dirigées hebdomadaires par classe et assurer les remplacements actuels. Pour un coût brut d'un milliards d'euros, mais un coût net de 300 millions seulement. A quoi correspond cet écart ? Les enseignants réalisent déjà des heures supplémentaires, en quantité, et le nouveau système viendrait les remplacer à moindre coût !

D'ailleurs, si le gouvernement abandonnait l'idée du soutient scolaire (4 heures hebdomadaires coûteraient 671 millions d'euros par an), il aurait intérêt à mettre en place ce système. Il suffirait alors que 64.000 profs optent pour le nouveau statut (14% des enseignants du secondaire), et l'Etat économiserait 376 millions d'euros en une année. Avec un problème : la substitution complète n'est pas possible pour des raisons pratiques (géographie et emploi du temps). D'où l'intérêt des 4 heures dirigées...

Jeu de dupe ou rêve d'enseignant ?

Une telle réforme a-t-elle une chance de réussir ? Si elle répond aux exigences de rigueur budgétaire, c'est moins évident en ce qui concerne les élèves. "Est-ce vraiment la priorité, alors qu'il y a de moins en moins de classes, de plus en plus d'élèves par classe ?" interroge une enseignante de lycée professionnel.

Quant aux professeurs, ce n'est pas non plus acquis. "Près de 50% de présence supplémentaire payée 25%, vous en connaissez beaucoup qui vont accepter ce marché de dupes ?", interroge François Hollande, qui propose de son côté 60.000 postes supplémentaires dans l'Education nationale sur cinq ans.

Le candidat socialiste "méconnaît les enjeux de l'école", assure Luc Chatel, ministre de l'Education. En proposant de telles augmentations, il est vrai que la majorité répond à deux rêves de certains enseignants : gagner plus d'argent et pouvoir réaliser sur place le travail de préparation des cours et de correction des copies, qui plombe régulièrement soirées, week-ends et vacances, et qui ne sont pas comptabilisées dans les heures de travail. Mais la mesure est-elle techniquement réalisable ?

100 millions d'euros de travaux ?

Nathalie Kosciusko-Morizet, qui assurait mercredi le service après-vente, a immédiatement mis fin au rêve. Selon la porte-parole de Nicolas Sarkozy, il ne s'agirait pas que chaque enseignant dispose d'un bureau.

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 18:46

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In C'est Classe

 

 

Que ce soit faisable ou pas est finalement assez secondaire. L'important est de frapper les esprits et de se montrer offensif. Ainsi pourrait-on résumer l'annonce choc de Nicolas Sarkozy de faire travailler les profs 26 heures par semaine, au lieu de 18, pour 500 euros supplémentaires par mois.

 

Que dit le président sortant ? Après son discours sur l'éducation mardi à Montpellier et ses "précisions" ce matin sur France Inter, on peut résumer ainsi sa pensée. D'un côté, les profs ne sont pas assez présents dans les collèges et les lycées - et "les élèves qui se noient", ajoute-t-il, n'ont personne à qui parler. D'un autre côté, "la profession se paupérise" - la preuve en est, ajoute-t-il, que plus aucun élève ne veut devenir prof...

La conclusion de Nicolas Sarkozy est alors celle-ci: "comme l'Etat n'a pas les moyens d'embaucher des fonctionnaires sans arrêt", on va proposer aux profs en place de travailler plus - ce qui résoudra le problème de leur absence  - et de gagner plus - ce qui résoudra leur paupérisation. Concrètement, cela donne: les profs certifiés pourront travailler 8 heures de plus par semaine, pour 500 euros mensuels de plus.

"Marché de dupes !", se sont écriés des syndicats au lendemain du discours de Montpellier: on va demander aux profs de travailler 44% de temps en plus pour une hausse de salaires de 25%. Mais qui va se porter volontaire ?

Faux, a répliqué Nicolas Sarkozy qui avait préparé ses effets sur France Inter. Les 8 heures supplémentaires ne seront pas, pour l'essentiel, des cours mais du temps de présence - "pour recevoir les parents d'un enfant difficile", "pour le suvi individualisé d'un élève en difficultés", "pour lui faire faire ses devoirs", etc. Or ces heures sont payées moins que des cours devant une classe, qui supposent de la préparation, des corrections de copies...

Mais si on paie plus les profs et qu'ils sont nombreux à être volontaires, est-ce que cela ne va pas coûter cher à l'Etat qui cherche des économies à faire ? Mais pas du tout, a poursuivi Nicolas Sarkozy, au contraire, ça ne coûtera rien.

Pour arriver à ce petit miracle, la démonstration devient assez compliquée. Reprenons les points avancés par le président sortant:

1. La règle du 1 sur 2 ne va plus s'appliquer au primaire, mais elle va continuer dans le secondaire. Cela veut dire que l'on ne va pas remplacer encore un départ à la retraite sur 2 en 2013, ce qui se traduira par 7 000 suppressions de postes, soit, selon le président sortant, une économie de 210 millions d'euros.

2. "Cette économie sera intégralement recyclée pour financer, payer, rémunérer mieux ceux qui auront choisi de passer de 18 heure à 26 heures" - l'opération serait donc neutre.

3. Enfin, "on crèera des bureaux pour que chaque enseignant puisse recevoir en individuel des enfants qui se noient" - la touche finale pour montrer que le candidat a pensé aux moindres détails.

Ainsi en théorie, tout ça tombe pile poil. Voyons maintenant en pratique ce qui est réalisable... ou pas.

D'abord, aura-t-on des volontaires ? Examinons l'aspect financier, que le candidat met en avant.

- Actuellement, un prof certifié est rétribué sur la base de 18 heures de cours par semaine. Il fait aussi des heures sups payées en heures supplémentaires défiscalisées. Selon les chiffres de Guy Barbier, l'expert en la matière du syndicat SE-Unsa, la première heure sup est payée annuellement environ 1 420 euros bruts, les suivantes environ 1 200 euros.

De plus, à partir de 3 heures sups, le prof touche une prime annuelle de 500 euros. Cela grâce à Nicolas Sarkozy qui a multiplé les heures sups au fur et à mesure qu'il supprimait des postes - aujourd'hui, 1,3 millions d'heures sups sont ainsi consommées chaque année dans l'Education, ce qui relativise les économies faites grâce aux suppressions de postes ...

Enfin, toutes ces heures sups ne sont pas soumises à impôt.

- En face, Nicolas Sarkozy propose, pour 8 heures de travail en plus, 6 000 euros par an - 500 euros mensuels multipliés par douze mois. Et ces sommes sont imposées.

- Conclusion: si le prof est bassement interessé, il ne sera pas preneur. En un peu plus de 4 heures sups aujourd'hui, il gagne plus que ce que propose Sarkozy, déduction faite des impôts.

Mais le candidat a laissé entendre qu'il s'agirait surtout d'heures de présence. Selon certaines informations, le prof volontaire devrait ainsi s'engager à faire 3 heures de cours en plus, les 5 heures restantes étant de la présence. Mais cela reste peu attractif financièrement.

Voyons maintenant l'intérêt au niveau du travail. L'idée serait de mettre ces profs volontaires pour faire 26 heures - le temps de travail de leurs collègues du primaire - dans les classes de 6ème et de 5ème. Beaucoup d'élèves ont du mal à s'adapter au collège, notamment au ballet des profs et des matières.

Ils seraient ainsi mieux encadrés. Et ils auraient moins de profs. Nicolas Sarkozy envisagerait en effet un "bloc" de 7 heures de matières littéraires dispensées par un seul prof, et un autre de matières scientifiques de 7 heures, dispensées par un seul prof.

Mais là encore, cela appelle des questions. Entre autres:

- des enseignants ont-ils envie de se spécialiser sur les 5ème et les 6ème ?

- tous seraient-ils concernés ? Un prof de musique, par exemple qui fait une heure par semaine par classe, devrait courir de collège en collège pour arriver à faire 26 heures...

Un mot aussi sur les chiffres. Si l'on veut remplacer un poste supprimé de prof certifié donnant 18 heures de cours, il faudra 6 profs volontaires pour travailler 26 heures - dont 3 heures de cours. Si l'on supprime 7 000 postes en 2013, il faudra donc en trouver 42 000. Ce qui ne parait pas aussi évident que l'assène Nicolas Sarkozy, sur un total de 140 000 profs certifiés en collège ...

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 18:38

In Mammouth déchaîné

 

 Une étude intitulée «  Une approche sociologique de la pauvreté des enfants » de Ewelina Cazottes, sociologue, Université Paris VIII, est publiée sur le site de la la MIPES (instance permanente d’information, d’observation et d’échanges qui a pour mission d’informer et d’approfondir la réflexion sur la pauvreté et l’exclusion sociale en Ile-de-France). C’est là.

 
Extraits « Jusqu’à présent en France, la pauvreté des enfants a peu fait l’objet d’analyses. L’observation, au travers de la statistique publique, est loin d’être systématique et les résultats sont très dispersés. L’analyse des causes ou des conséquences des situations de pauvreté des enfants est encore plus lacunaire. Enfin, l’objectif de réduction de la pauvreté des enfants n’est guère présent à l’agenda politique.
On pourrait ici émettre l’hypothèse que la pauvreté touche très peu les enfants dans notre pays, cependant ceci ne semble pas refléter la réalité puisque le taux de pauvreté des enfants (17,7%) est, en France, plus élevé que le taux de pauvreté de l’ensemble de la population (13%). »

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 18:15

In Snuipp

 

Selon le bilan du SNUipp, le solde des fermetures et des ouvertures de classes ne sera pas nul à la rentrée 2012 contrairement à ce qu’affirme le ministre Luc Chatel.

 

Le ministre vient de réaffirmer que le solde des fermetures et des ouvertures de classes sera nul à la rentrée 2012 conformément à l’engagement du président Nicolas Sarkozy.


A l’évidence, sur le terrain, le verdict est tout autre. Aujourd’hui, le SNUipp-FSU est en mesure de dresser un panorama des arbitrages rendus par les Inspecteurs d’académie pour supprimer les 5 700 postes du budget 2012. Pour la plupart, ils sont consultables sur les sites des Inspections académiques.

 

Premier enseignement, la sanctuarisation de l’école primaire promise par le chef de l’Etat n’aura pas lieu. Sur 95 départements, ce sont près de 1 407 classes dont 200 en Education prioritaire qui s’apprêtent à être rayées de la carte à la rentrée prochaine.

 

Deuxième indication, les postes RASED subissent une coupe claire historique. Près de 2000 d’entre eux manqueront à l’appel dont 1 200 maîtres E et 800 maîtres G.

 

Enfin, les coups de rabot portent aussi sur une multitude de postes indispensables au bon fonctionnement de l’école. Ainsi, disparaissent 846 postes de remplaçants, 100 maîtres-formateurs qui accompagnent les enseignants stagiaires, 143 conseillers pédagogiques, et 460 postes de soutien en Education prioritaire.

 

Ces chiffres accablants illustrent la triste réalité de la préparation de la rentrée 2012. Si le ministre les conteste, le SNUipp-FSU lui demande de publier ses propres chiffres. Les familles qui placent leur confiance dans l’école ont droit à la vérité. On est, pour l’heure, loin des promesses présidentielles. Le SNUIpp-FSU s’adresse donc par courrier au ministre pour lui demander de revoir sa copie au sujet de la carte scolaire 2012. Dans tous les départements, les instances compétentes doivent à nouveau être réunies afin de réexaminer toutes les mesures de fermetures de classes et de postes. Le SNUipp-FSU demande le gel des suppressions de postes pour le primaire à la rentrée 2012.

 

Paris, le 29 février 2012

- Téléchargez la note de presse (données chiffrées)

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Note de presse : soldes des ouvertures/fermetures à la rentrée 2012

- Le courrier au Ministre pour demander la révision de la carte scolaire

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 18:08

 

 
Par VÉRONIQUE SOULÉ

 

Les 500 euros d’augmentation sont jugés démagogiques.

 

«Tout enseignant qui voudra travailler davantage pourra le faire avec 26 heures de présence dans l’établissement au lieu de 18 heures de cours aujourd’hui, avec en contrepartie une augmentation de son traitement de 25%, soit près de 500 euros par mois.» En proposant mardi aux profs de travailler plus pour gagner plus, Nicolas Sarkozy a surtout voulu envoyer un message : les enseignants se la coulent douce, remettons-les au travail et tout ira mieux… Pour le reste, sa proposition a plongé le monde éducatif dans un abîme d’interrogations. «Hormis le fait qu’il veut plaire à sa droite, on nage dans le flou le plus total, dit Roland Hubert, cosecrétaire général du Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le secondaire. Les huit heures en plus qu’il propose sont-elles des heures de présence ? Et si oui, à quoi vont-elles servir : à faire de la garderie, à rencontrer les parents ? Ou ces huit heures sont-elles des heures de cours ? Dans ce cas, c’est très sensiblement sous-payé, puisque pour 40% d’heures de cours en plus, le salaire est de 25% en plus. Et puis, sur quel salaire se base-t-il, sur douze mois ou sur l’année scolaire [les profs sont payés sur dix mois, ndlr]

 

Actuellement, les enseignants du secondaire, les seuls concernés par l’annonce, ont des «obligations de service» : 18 heures de cours par semaine pour un certifié, 15 heures pour un agrégé. Si l’on tient compte des réunions, des rencontres avec les parents, de la préparation des cours et des corrections, ils font largement le double. Ils ont en outre l’obligation d’accepter une heure supplémentaire, ce qui est très souvent le cas avec les suppressions de postes. Ils sont aussi de grands consommateurs d’heures supplémentaires défiscalisées, soit par choix - pour gagner plus, ce qui est le but de ce dispositif cher au Président -, soit contraints - pour combler des postes non pourvus en raison des suppressions.

 

Au-delà de l’annonce jugée très souvent démagogique, quel est le projet réel du candidat ? S’il s’agit d’heures de présence, cela risque de coûter cher aux finances publiques. S’il s’agit de cours, cela devient intéressant pour le budget de l’Etat qui peut espérer récupérer ainsi des heures sup défiscalisées, très coûteuses. Le plus probable est un mélange des deux. Mais le candidat ménage ses effets.

 

La suite...

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:53

In http://nontitulaires.blogspot.com/2012/02/appel-aux-professeurs-titulaires.html

 

C03-01.jpg

Cher.e.s collègues titulaires,

 

Cette année encore, on vous demande de prendre des heures supplémentaires pour la prochaine rentrée.

N'oubliez pas que ce sont des postes qui ont été transformés en HSA. Et que derrière ces postes il y a souvent des collègues : les non-titulaires.

 

Oui, vous êtes mal payés, et vous avez souvent besoin d'un revenu supplémentaire. Mais nous en appelons à votre solidarité : nous avons besoin de travailler, et nos besoins sont des plus essentiels : manger, avoir un toit, réparer la voiture... pour aller au travail.

 

S'il vous plaît, refusez les HSA, elles sont nos emplois !

 

Merci de votre attention à notre égard.

 

PS : et pour ceux qui disent : "ils n'ont qu'à passer le concours", nous répondons "chiche ! ouvrez un nombre décent de postes !"

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