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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 16:48

In Sud Education

 

Coup de com’ du ministère. Luc Chatel, Ministre de l’Éducation Nationale, annonce désormais des taux nationaux de grévistes dans le 1er degré avant les jours de grève.

 

 SUD éducation dénonce ces opérations de communication du Ministère, qui visent à démoraliser les personnels en publiant des chiffres volontairement manipulés à la baisse.

Ces chiffres sciemment faussés reposent en outre sur une utilisation totalement abusive de données récoltées à de toutes autres fins.

 

Un détournement abusif et illégal d’informations

Selon le ministère lui-même, « le taux de grévistes attendu dans le 1er degré » qu’il annonce résulte « du comptage de l’ensemble des déclarations individuelles reçues dans les inspections académiques au titre du service minimum d’accueil. »

 

Pourtant, la loi sur le « service minimum d’accueil » (SMA) n’a été officiellement instaurée que pour permettre aux autorités académiques de transmettre aux communes les informations nécessaires pour que celles-ci puissent organiser l’accueil des élèves des écoles où il y a au moins 25% de grévistes annoncé-e-s. Toute utilisation des déclarations individuelles d’intention de faire grève à d’autres fins est donc abusive et inacceptable. L’administration a tenté à plusieurs reprises d’utiliser ces déclarations individuelles pour recenser les grévistes afin de faciliter sa gestion des retraits de salaires : elle a dû y renoncer car cet usage était manifestement illégal. L’utilisation de ces déclarations au service de la propagande anti-grève du ministère de l’Éducation Nationale est tout aussi illégale et abusive !

 

Des chiffres grossièrement manipulés

Comme à son habitude, le ministère opère un calcul aussi simple que faux : il prend le nombre de déclarations individuelles d’intention de faire grève reçues dans les inspections académiques, il divise celui-ci par le nombre total d’instituteurs/trices et de professeur-e-s des écoles, et il obtient un prétendu « taux de grévistes attendu ».

Ce chiffre est pourtant totalement faussé, pour de multiples raisons : en raison des finalités officielles du SMA, seul-e-s les enseignant-e-s en charge d’une classe doivent remplir une intention de grève (ni les directeurs déchargés ce jour-là, ni les RASED, ni les remplaçants qui ignorent 48h avant où ils seront appelés, ni les formateurs déchargés de leur classe, etc.), les autres informations n’étant d’aucune utilité aux communes. Toute une partie des grévistes ne sont pas comptés comme tels par les calculs du ministère (y compris ceux qui font grève et refusent d’envoyer leur déclaration préalable). Le ministère minore donc sciemment son numérateur.

 

Les instituteurs/trices et professeur-e-s des écoles en arrêt maladie, en temps partiel n’ayant pas classe le jour de la grève, en congé parental, d’éducation, etc., tous ces personnels ne sont certes pas grévistes, mais ils ne sont pas non plus au travail : ils sont pourtant comptés (comme non grévistes) par le ministère dans le total des personnels servant de base au calcul du taux de gréviste. Le ministère majore donc volontaire son dénominateur.

En prenant pour base de calcul un numérateur drastiquement diminué par une manipulation grossière et un dénominateur très exagéré par un artifice facile, il n’est pas difficile au ministre de publier un taux attendu de grévistes beaucoup plus bas que la réalité. Cette manipulation doit être dénoncée. Elle doit cesser. Les personnels ne doivent pas se laisser abuser par ces tromperies !


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 16:43

In Médiapart

 

Deux enseignantes parlent du métier en zone d'éducation prioritaire, de leurs attentes et de l'élection présidentielle. Sandy, professeur d'éducation physique et sportive, enseigne à Aulnay-sous-Bois. Claire, professeur d'anglais à Fontainebleau, a fait partie des nombreux profs séduits, en 2007, par le discours très ferme de Nicolas Sarkozy sur l'école.

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 16:35

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 10:06
Rencontre Enseignants (1er et 2nd degré) avec Benoît Hamon
à Trappes, le 26 mars 2012
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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 20:43

 peillonvschaterl

 

In Les Echos

 

 

Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, débat autour des différents projets pour l'école avec Vincent Peillon, responsable du pôle Education, enseignement supérieur, recherche et jeunesse dans l'équipe de François Hollande.

 

Nicolas Sarkozy et François Hollande voulaient faire de l'école l'un des thèmes majeurs de leurs projets. Mais on n'a retenu que deux mesures : les 60.000 créations de postes pour l'un, l'augmentation de 500 euros pour l'autre. Est-ce réducteur ?

Luc Chatel : En ce qui concerne le projet de Nicolas Sarkozy, c'est très réducteur ! Si cette mesure de revalorisation est importante pour les enseignants, mais le coeur de notre projet c'est la personnalisation des parcours pour offrir à chaque élève une solution. La campagne électorale doit nous permettre de convaincre les Français que notre vision de l'école est celle qui permettra à notre pays d'avoir une école prête aux défis du XXe siècle.

Vincent Peillon : François Hollande a fait de la jeunesse et de l'éducation sa priorité. Notre objectif est une refondation en profondeur de l'école en vue de la réussite de tous les élèves, et non pas de quelques-uns. Cela passera notamment par une remise à plat des rythmes scolaires, le rétablissement de l'année de formation des maîtres supprimée par la majorité sortante, une priorité à la maternelle et à l'élémentaire, et de nouvelles pratiques pédagogiques.

Je crains que le projet de la droite ne conduise au contraire qu'à durcir cette «machine à trier» qu'est devenu notre système scolaire. La fin du collège unique en serait un signe criant.

L. C. : Une fois de plus, vous caricaturez notre projet. Quand je dis personnaliser les parcours, je pense à chacun des 12 millions d'élèves. Nous refusons l'élitisme alors que, vous, vous restez enfermés dans l'égalitarisme, le conservatisme stérile. Comment rester sur des schémas pensés dans les années 1950 alors que 10 % seulement d'une classe d'âge arrivait au lycée ? La massification a été évidemment un progrès, mais ne pas s'adapter à cette révolution a été une erreur de tous les gouvernements. La différenciation des programmes, des moyens, des pédagogies mises en oeuvre est un impératif absolu.

En maternelle et au primaire, nous avons réalisé un gros travail en se donnant les moyens de repérer le plus en amont possible les difficultés des élèves et en mettant en place les heures d'aide personnalisée. Nous allons maintenant effectuer la même démarche au collège. Non pas en supprimant le collège unique mais en évitant une rupture trop forte avec le primaire, d'abord en réduisant le nombre d'enseignants face aux enfants avec un professeur pour plusieurs disciplines en 6e et 5e, puis en offrant des parcours différenciés mais réversibles dès la 4ème.

V. P. : D'abord, vous faites une erreur de diagnostic. L'égalitarisme n'est pas le problème de la France, puisque toutes les études montrent que nous avons l'un des systèmes les plus inégalitaires de tous les pays de l'OCDE. C'est à dire où les déterminants socio-économiques décident des destins scolaires.

Ensuite, il y a aussi une contradiction entre vos propos et vos actes. Vous nous dites qu'il faut personnaliser. Très bien, mais vous êtes le ministre qui va supprimer à la rentrée 1.500 Rased, les réseaux d'aide spécialisée aux élèves en difficulté. L'actuelle majorité sortante a aussi supprimé une demie journée de classe à l'école primaire et fait de nous le pays avec le moins de jours de classe dans l'année -144 -et les journées les plus longues : 6 heures. Les spécialistes estiment à 4h30 la capacité d'attention des élèves. Les deux heures d'aide personnalisée qui viennent encore s'ajouter ne donnent donc pas les résultats escomptés.

Trop d'élèves sont en échec et le sont tôt, 40% ont des difficultés en lecture à l'entrée du collège, dont 15% des difficultés graves. Pour mieux les instruire avant le collège, il faut des enseignants bien formés et un taux d'encadrement correct. Selon le Centre d'analyse stratégique, service du Premier ministre, il est en primaire le plus faible de tous les pays de l'OCDE, et la formation a été détruite.

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:54

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Madame, Monsieur,

 

La laïcité garantit la paix civile et nous protège depuis plus d’un siècle des divisions communautaires. Au moment où la crise économique frappe lourdement notre pays, elle est, par l’idéal humaniste qu’elle porte, un rempart face aux dérives populistes et à la recherche de boucs émissaires. C’est pour cela qu’elle ne doit pas être, et en aucune façon, instrumentalisée. Aucun républicain ne peut la sacrifier sur l’autel de calculs politiciens. À l’inverse, le soutien sans faille des plus hautes autorités de la France, et en premier lieu, celui du chef de l’État doit être apporté à la laïcité qui fonde notre République comme son École.

 

Lieu de construction de la citoyenneté, de la construction de la liberté de conscience des élèves, d’apprentissage du vivre ensemble, l’École publique a besoin d’un engagement véritable. Elle se fait un honneur d’accueillir, sur tous les territoires et sans distinction, chaque jeune quels que soient son origine culturelle ou géographique, sa condition sociale, son éventuel handicap. L’École de la République doit donc redevenir la priorité des investissements de la Nation. Elle doit aussi être un lieu de construction des apprentissages où la liberté pédagogique des enseignants est respectée. C’est ce que nous attendons du futur président de la République.

 

La politique de destruction d’emplois budgétaires conduite ces dernières années a considérablement affaibli et fragilisé le service public d’éducation. Dans le même temps, les établissements privés ont été épargnés. Ils auront ainsi échappé à plus de 8 000 suppressions d’emplois. En outre, les encouragements au consumérisme éducatif et à ces structures concurrentes de notre École, parfois même érigées en modèle, n’ont pas cessé. De la loi Carle aux aides accordées aux instituts catholiques dans l’enseignement supérieur, en passant par la désectorisation ou les exonérations fiscales pour les cours particuliers, les avantages concédés sont été considérables. Nous vous demandons donc de vous engager à tourner le dos à cette politique de démantèlement de l’École de la République et, dès votre prise de fonction si vous êtes élu :

  • De faire abroger la loi Carle
  • De faire abroger le décret « Vatican-Kouchner »
  • De faire bénéficier le seul service public d’éducation des créations de postes
  • De supprimer les exonérations fiscales pour les cours particuliers comme pour les fondations visant à soutenir les investissements des établissements privés
  • D’engager un débat public sur le financement par les pouvoirs publics des établissements privés.

Nous vous invitons à prendre le parti de l’Enseignement public laïque à tous les niveaux. Lui seul peut tenir la promesse que la République fait aux futures générations pour que, dans leur diversité, les femmes et les hommes de demain puissent vivre harmonieusement dans une Europe et un monde plus solidaire et plus juste.

 

Laurent Escure, Secrétaire Général du CNAL ((DDEN, FCPE, Ligue de l’Enseignement, SE-Unsa, UNSA Éducation) Jean Michel Lemuet, Président des DDEN Jean-Jacques Hazan, Président de la FCPE Jean-Michel Ducomte, Président de la ligue de l’Enseignement Christian Chevalier, Secrétaire général du SE-UNSA Patrick Gonthier, Secrétaire général de l’UNSA-Éducation Victor Colombani, Président de l’UNL Bernadette Groison, Secrétaire générale de la FSU Emmanuel Zemmour, Président de l’UNEF

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:50

 

 Palmes académiques, flickr

Homme portant les palmes académiques le 10 octobre 2006 (Flickr, par GlobalX)

 

"Monsieur le Président, il y a quelques années, le Ministère de l'Education nationale avait jugé légitime de me récompenser en me faisant chevalier puis officier des Palmes académiques pour "services rendus à l'éducation nationale". Cette récompense, je n'en veux plus".

 

Henri Lanta, professeur de Sciences économiques et sociales (SES), est une figure respectée du monde enseignant. Aujourd'hui à la retraite, il est l'un des grands défenseurs de cette discipline, régulièrement attaquée par la droite et les milieux de l'entreprise qui la jugent trop sociologique, voire gauchiste. Il est aussi une référence historique - en 1967, il fut aux tout débuts de la série B (économique), prédécesseure de la série ES (économique et sociale).

 

Pour marquer son désaccord avec la politique éducative du quinquennat et ses effets qu'il juge désastreux, il a décidé un geste spectaculaire: rendre ses Palmes académiques et envoyer un courrier à Nicolas Sarkozy expliquant pourquoi.

 

L'ordre des Palmes académiques a été créé en 1955, pour récompenser "le mérite personnel" ou "les services importants" rendus par des membres de l'Education nationale. C'est un titre honorofique qui compte trois grades - commandeur, officier, chevalier (par ordre décroissant).

Henri Lanta a reçu le grade de chevalier dans les années 1970 - il ne se souvient plus exactement de la  date -, de façon quasi automatique en tant que membre de l'Inspection Générale de SES (il l'a été de 1970 à 1978).

Il a été promu officier le 6 novembre 2001, par décret du Premier Ministre socialiste Lionel Jospin contresigné par Jack Lang. La demande a été faite par le proviseur du lycée Henri IV où il a enseigné en classes préparatoires BL (Lettres et sciences humaines) de 1982 à 2003, date à laquelle il a pris sa retraite.

 

Voici des extraits de sa missive:

"Monsieur le Président, je vous écris une lettre ...

"Dernièrement, des membres de l’Education nationale ont décidé de renvoyer leurs Palmes pour manifester de façon symbolique leur condamnation catégorique de l’état dans lequel vos choix vont laisser l’école primaire, le collège et le lycée.

"C’est pour cette raison que je renvoie les miennes non au ministère de l’Education nationale mais à l’Elysée où, depuis 5 ans, vous avez décidé de tout sur tout".

"Début 2008, vous déclariez: "l’école primaire Ordre_des_Palmes_académiquesest une priorité trop longtemps délaissée alors que son affaiblissement est la cause principale de l’échec au collège" et encore "Je prends un engagement: nous allons diviser par 3 le taux d’échec scolaire à la sortie du CM2 d’ici à la fin de la mandature". Vous en souvenez-vous ?

"Rentrée scolaire 2011: dans le primaire, 1500 classes ont été fermées, surtout en milieu rural, 8967 postes budgétaires supprimés (16000 en primaire, collèges et lycées).

"Monsieur le président, où en êtes-vous de cette division par 3 du taux d’échec à la fin du CM2 ? La suppression de dizaines de milliers de postes dans le primaire, celle de milliers de postes de professeurs-Rased, ont-elles porté leurs fruits ?

"Depuis 2007, les 2 ministres-auxiliaires Xavier Darcos et Luc Chatel tentent de faire passer le "raisonnement" suivant: depuis 20 ans, le nombre d’enseignants s’est considérablement accru et le niveau des élèves ne s’est pas amélioré. Conclusion: puisque la création de postes ne permet pas d’améliorer les performances, leur suppression ne les fera pas baisser.



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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:43

In Educavox

 

 

par Pierre Frackowiak

  

La souffrance des enseignants freinera-t-elle la refondation du système éducatif ?

  

 

 

Encore une question qui est trop souvent ignorée, sous-estimée et fuie.

 

La souffrance des enseignants a connu, en quelques années, une augmentation dramatique. Les enquêtes les plus sérieuses ne le révèlent que partiellement, les enseignants interrogés, même anonymement, peinent à exprimer et surtout à expliquer leurs problèmes. La pudeur, l’auto culpabilisation, la difficulté à analyser la réalité d’aujourd’hui faute de pouvoir se libérer de l’image idéalisée du passé, l’absence de perspectives crédibles, la crainte du changement opacifient toujours la réflexion. La solitude, l’absence d’accompagnement positif, l’ignorance du parcours intellectuel des enseignants et de leurs représentations renforcent inexorablement le malaise.

 

On juge l’enseignant sans connaître son histoire, ses motivations, les raisons de ses choix, son propre regard sur ses pratiques, l’implicite, les alibis et les bonnes raisons, les contextes. Le pilotage par les résultats, totalement déshumanisant dans un domaine qui devrait naturellement privilégier l’humain, a accéléré la destruction de la représentation du rapport homme ou femme / professionnel. Chaque enseignant connaît pourtant cette belle affirmation : « on n’enseigne pas ce que l’on sait, on enseigne ce que l’on est[i]. ». La disparition de la formation initiale et continue et le développement sans précédent de l’autoritarisme ont renforcé l’accélération, ajoutant à la souffrance une impression de fatalité et d’impuissance.

 

J’ai déjà évoqué ce problème dans un billet précédent citant le témoignage d’un professeur dont une grande partie de l’énergie était consacrée à « éviter la bordélisation ». On admettra que parler de pédagogie à des collègues d’abord préoccupés par leur survie est une gageure. Donner des conseils qui ne sont le plus souvent que des critiques en creux devient dérisoire au regard de la gravité des problèmes. Les critiques ou recommandations ne sont même plus entendues tant l’urgence est ailleurs.

 

Les professeurs sont de plus en plus nombreux à exprimer leur désarroi :

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:37

 In Sauvons l'Université

 
 

Une marée humaine. Parents, professeurs et étudiants participent à l’une des plus importantes manifestations qu’a connues Montréal

 

Pour lire cet article sur le site du Devoir

 

Des appuis de profs, de parents et d’élèves du secondaire, et une journée de chaleur presque miraculeuse dans un printemps d’exception. Les étudiants ne pouvaient espérer mieux pour leur grande manifestation nationale, l’une des plus importantes qu’a connues Montréal, qui s’est déroulée hier après-midi de façon exemplaire. Dans cet immense appel à se faire entendre, ils ont été 200 000 à crier non à la hausse des droits de scolarité. « Cette fermeté du gouvernement explique que le débat se tient dans la rue », a lancé une représentante de Profs contre la hausse, à une foule survoltée lors des discours d’avant-marche.

Mais alors que le mouvement a atteint les 300 000 étudiants en grève, perturbé la circulation, bloqué le port, réalisé une multitude d’actions artistiques et, surtout, une manifestation monstre qui passera à l’histoire, que peut-il y avoir de plus porteur encore ? Le mouvement semble pourtant refuser de s’essouffler.

« Ce-n’est-qu’un-dé-but, conti-nuons-le-com-bat ! » Scandé par les étudiants gonflés à bloc, le slogan a résonné longuement sur les murs de pierre et le béton du Vieux-Port, au terme de la protestation. « La grève commence aujourd’hui », pouvait-on lire sur une gigantesque banderole.

L’absence de révision du budget Bachand semble avoir ravivé la colère de plusieurs. « Je pense que c’est un début, surtout après la sortie du budget qui a totalement ignoré les étudiants. C’est pire qu’une insulte », a dit Marie-Frédérique Gagnon, étudiante au certificat en philosophie de l’Université Laval. « Mais c’est sûr qu’on sent que ça se polarise. »

« On ne connaît pas l’avenir, mais ça n’a pas l’air parti pour diminuer », a renchéri son camarade, Isabeau Legendre. Il rappelle que plusieurs associations ont déjà reconduit leur vote de grève

jusqu’au 3 avril. Plusieurs associations notamment de l’UQAM ont également adopté une résolution qui fera en sorte que le prochain vote de reconduction de la grève ne se tiendra que si la ministre de l’Éducation dépose une offre satisfaisante.

« Certains sont restés à la maison depuis le début et trouvent le temps long. C’est sûr qu’on aimerait retourner en cours », a reconnu Perrine Leblan, étudiante en création littéraire et en cinéma. « Mais on va probablement proposer de reconduire la grève jusqu’à ce que le gouvernement accepte de nous écouter. »

Contre la hausse, ils l’étaient tous, oui. Mais le message porté était plus vaste, une sorte de ras-le-bol généralisé. « On est ici par solidarité contre le gouvernement libéral et contre le gouvernement Harper. Ça fait des mois, des années qu’on attend cette manifestation ! » s’est écrié Michel Lopez, en disant exprimer une exaspération au-delà des revendications étudiantes.

Selon le porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir, le gouvernement Charest ne pourra plus tenir longtemps. « Je les ai sentis préoccupés. Ils ne vont pas l’afficher... mais ils sont dans le pétrin. Politiquement, je ne vois pas comment ils peuvent regarder les caméras et dire que tout va bien. C’est 200 000 personnes dans la rue, du soutien venu de toutes parts », a-t-il souligné.

Une manifestation exemplaire

Vers midi, des élèves des écoles secondaires ont commencé à affluer au square Philips. Une à une, les délégations étaient accueillies en triomphe par des applaudissements et des cris de liesse. Certains ont même bravé leur direction d’école et ont risqué la retenue pour être de la protestation. « On s’est fait stopper. C’était interdit de venir », a confirmé Arnaud Valade, élève de l’école Jean-XXIII. « On ira en retenue avec les autres, par solidarité », a-t-il assuré. Marie-Hélène Vallière était « excitée » d’être de la partie. « Dans ma famille, on est cinq enfants et on est quatre qui vont aller à l’Université. Ça revient vraiment cher pour mes parents », a souligné la jeune fille de 16 ans qui fréquente l’école Pierre-Laporte.

Peu après, vers 13h, forte des passagers de 90 autobus en provenance des régions et de milliers d’universitaires, de cégépiens et des autres manifestants venus en appui, la place du Canada était noire — plutôt rouge — de monde. La foule a mis du temps avant de se mettre en branle. Alors que les manifestants à la tête de la marche déambulaient dans la rue Berri, certains attendaient encore à la place du Canada.

De quoi impressionner le député du NPD de Rosemont-Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, croisé en début de parcours. « C’est dans les grandes manifs que j’ai vues, a-t-il souligné en évoquant celle de 2003 contre la guerre en Irak. C’est le peuple de gauche qui se lève. »

Pétrie d’enthousiasme, cette vague humaine a déferlé pendant plus de quatre heures et s’est échouée dans le Vieux-Montréal. Les manifestants se sont dispersés dans le calme, sans qu’il y ait le moindre soubresaut de violence. On craignait que la manifestation se scinde en deux, mais à part des groupuscules qui ont tenté momentanément de s’écarter du trajet principal, il n’en fut rien. Le seul mouvement de perturbation d’hier a été le blocage du port de Montréal, en matinée.

Toutefois, sous les apparences, on a senti que les trois grands regroupements étudiants, soit la Fédération étudiante collégiale (FECQ), la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) et la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), ne filaient pas le parfait bonheur. « Bloquons la récupération. La FECQ et la FEUQ ne nous représentent pas », pouvait-on lire sur une immense banderole aperçue au détour d’une rue. En coulisse, de vives discussions ont éclaté entre les membres des deux fédérations et ceux de la CLASSE, qui voulaient être les seuls à avoir le mot de la fin. Combien de temps tiendra l’unité ?

Pour l’instant, les étudiants rappellent que l’heure est à l’action. On promet des perturbations économiques et dans les circonscriptions libérales. « Étudiants, syndicats et partis de l’opposition vont travailler en étroite collaboration au cours des prochaines semaines pour mettre la pression qu’il faudra sur le gouvernement Charest afin de trouver une issue à cette grève », a promis Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ. Et aussi longtemps possible, faire durer le printemps.

***

Avec la collaboration de Mélissa Guillemette et Louis Chaput-Richard

***

Quelques grandes dates

1969 : McGill français : 10 000 personnes 1988 : Loi 101 : 25 000 personnes 1989 : Loi 101 : 60 000 personnes 1990 : Fête nationale : 200 000 personnes 2001 : Sommet des Amériques : 50 000 à 65 000 manifestants 2003 : 200 000 personnes manifestent contre la guerre en Irak 2005 : Grève étudiante : 80 000 personnes 2012 : Grève étudiante : 200 000 personnes

— Source : Dave Noël - Le Devoir

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:27

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La formation des enseignants en danger

 

La dernière réforme (dite de la mastérisation) a sérieusement appauvri la formation initiale des enseignants.

 

Le directeur académique a décidé de transformer les écoles de Gounod en école ordinaire et de supprimer les deux seules postes de formateurs en zone rurale à l'école de Soleymieux. Cette décision a été prise sans jamais avoir été discutée en amont dans les nombreux groupes de travail de pilotage de la formation.

 

Deux arguments président à ces décisions :

-       Le premier est purement comptable : un équivalent temps plein est récupéré.

-       Le deuxième est organisationnel : concentrer les postes de formateurs sur les quatre écoles d'application restantes.

Les équipes des écoles maternelle et élémentaire Gounod lors d’une rencontre avec l'inspecteur de l’éducation nationale adjoint, ont proposé un nouveau scénario à moyen constant. La demande a été refusée.

 

Au seul argument de concentrer les postes de formateurs sur quatre écoles sans expliquer l'intérêt d'une telle disposition, les conséquences sont donc :

-       Suppression de l'offre de formation sur le seul groupe scolaire en zone d'éducation prioritaire et la seule école en zone rurale.

-       Mise en difficulté du groupe scolaire en zone d'éducation prioritaire si les formateurs quittent massivement ces deux écoles.

 

Au vu du peu d’arguments avancés pour justifier un tel choix, les enseignants se sentent déconsidérés et mis dans l’obligation de choisir entre rester dans leur école ou être formateurs dans une autre école.

 

Parce que ces décisions sont incompréhensibles, une demande d'audience a été faite auprès de l’inspection académique. Elle a été obtenue ce jeudi 29 mars à 17 heures.

 

Nous vous appelons à vous rassembler ce même jour à la même heure devant l'inspection académique pour réclamer le maintien des formateurs en zone d'éducation prioritaire et en zone rurale et pour que toute la lumière soit faite sur les motifs qui ont conduit à ces décisions.

 

 

 Pour rappel voir ici

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