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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 20:23

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 20:22

 

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 20:21

Un Maire qui soutient les revendications des enseignants.                         

 

 

Le maire de Trappes (à l'exemple d'autres villes comme Toulouse, Sarcelles, Cergy Pontoise...) a signifié à l'IEN son refus que les locaux municipaux soient utilisés pour les stages de remise à niveaux (RAN).
Les enseignants de la ville avaient, jeudi 10 avril, déposé un argumentaire contre ces stages à l'Inspection Départementale.

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 20:19



Cette déclaration résume bien les raisons du mot d'ordre de grève aujourd'hui lancé dans le premier degré.


Monsieur le Maire,

Les enseignants de Trappes vous remercient du temps de parole que vous voulez bien leur accorder afin de vous exposer brièvement ce qui provoque leur malaise en témoigne un important mouvement de contestation qui se traduira mardi prochain par la fermeture de 23 écoles de votre commune sur 36, les autres étant majoritairement dans l'action. Nous ne sommes pas ici pour vous convaincre du bienfondé de nos revendications sachant ce que vous continuez à mettre en place dans votre Commune pour l'égalité des chances des élèves qui nous sont confiés mais surtout pour vous donner un bref aperçu des mesures gouvernementales qui aujourd'hui nous semblent mettre en péril l'école laïque et républicaine D'une première réunion qui a regroupé spontanément 120 enseignants se sont dégagées de vives inquiétudes qui s'articulent autour de 3 mesures qui sont de nature à porter gravement atteinte aux valeurs fondamentales de notre système éducatif. La première inquiétude concerne les nouveaux programmes Ecrits dans l'urgence, sans réelle consultation puisque les livres d'accompagnement sont déjà sortis des presses pour certains, ils témoignent d'une conception très mécanique des apprentissages qui se retrouvent une nouvelle fois dissociés du sens. Quant aux horaires, ils nous laissent 3h30 au cycle 2 (contre 6h auparavant) pour l'enseignement artistique, l'instruction civique et morale, la découverte du monde et 5h30 (contre 9h30 auparavant) au cycle 3 pour la culture scientifique et technologique, la culture humaniste (histoire et géographie) les pratiques artistiques (arts visuel – éducation musicale), l'informatique et l'instruction civique et morale. Dans le même temps, le français devient une collection d'activités disjointes ; les exercices privilégiés sont ceux qui sont les plus mécaniques tandis que ceux qui demandent des efforts, de la réflexion et de l'intelligence sont à peine évoqués. Aucune place n'est faite par exemple à une pédagogie de projet si motivante et dynamique pour nos élèves de ZEP. Les mathématiques n'échappent pas à cette détermination ; l'exemple de la soustraction avec retenue au cours préparatoire ou l'utilisation du futur antérieur en sont des exemples significatifs. D'abord la mécanique, le sens pour plus tard voilà bien un creuset à partir duquel ne devraient sortir que des élèves citoyens formatés et passifs surtout capables d'appliquer des règles, de répéter et de reproduire sans avoir été formés à l'esprit critique. J. Lang et L. Ferry l'ont bien compris quand ils évoquent, en parlant de ces-dits programmes dans une lettre commune, nous citons : « Une paresse intellectuelle, un vide abyssal, une imposture et un reniement. » L'Académie des Sciences stigmatise également ces nouveaux Programmes en rappelant, nous citons : «...que l'indispensable acquisition de mécanismes soit toujours associée à une intelligence de leur signification pour l'enfant, à leur lien avec le concret et au rôle de l'imagination aux côté de la rigueur » La seconde inquiétude concerne les stages de remise à niveau. Pour rappel, le Ministère de l'Education Nationale propose aux enseignants d'encadrer des groupes d'élèves moyennant rétribution. Ces stages doivent se dérouler sur une semaine, le matin pendant les vacances de Pâques, au début du mois de juillet et à la fin du mois d'août soit 15h par période. Qu'on ne se leurre pas ! Il ne s'agit pas d'une remise à niveau mais bien d'un petit coup de pouce qui n'aidera pas nos élèves en difficultés mais bien plutôt d'un effet d'annonce en direction des Parents. Est-il souhaitable que ces enfants soient ainsi ciblés dans leur quartier ? Est-il souhaitable que ces mêmes enfants perdent une partie de leurs vacances ? Nous n'acceptons pas que la gestion des élèves en difficultés se fasse en dehors des heures scolaires. Nous n'acceptons pas que l'Etat récupère 23 millions d'Euros ce qui correspond à 700 postes d'enseignants pour mettre en place ce dispositif alors que, dans le même temps, il ferme des classes et des postes d'enseignants. La troisième inquiétude concerne les deux heures dégagées pour les élèves en difficultés. Pour rappel, les élèves n'auront plus que 24h à effectuer par semaine au lieu de 26 ; les enseignants toujours 27. 2 heures de plus soit 26h pour les élèves en difficultés, sachant que cette disposition échappe à l'obligation scolaire en restant attachée au bon vouloir des Parents. Des enfants qui en plus des 6 heures de cours, de la cantine, de leurs devoirs ... auront 2 séances supplémentaires de rattrapage par semaine. Ce qui se profile derrière ce dispositif, c'est à court terme la suppression des Réseaux d'Aide composés de Maîtres Spécialisés. Mr Darcos ayant déclaré dans le monde Les Rased ont une grande utilité mais on observera que les deux heures dégagées dans le service des enseignants ont pour but l'aide et le soutien des élèves en difficultés, » Il est vrai que déjà, 18 postes d'enseignants spécialisés vont être supprimés dans le département, sachant qu'à Trappes par exemple, un poste de psychologue n'est toujours pas pourvu depuis la rentrée. On aurait pu évoquer certaines publications qui fleurissent aujourd'hui, cautionnant la disparition des petites et moyennes sections de Maternelle, la grande section serait alors rattachée à l'école élémentaire. En tout état de cause Mr le Maire, nous vous savons attentif à ce type de réformes qui menacent et continueront à menacer invariablement notre école. Nous vous renouvelons nos remerciements pour nous avoir écoutés.

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 20:18
Les effets inquiétants de ces nouveaux dispositifs directement issus d'une logique « néo-ultra-libérale »ne s'inscriront pas dans l'Ecole Républicaine censée porter haut  les valeurs de la Démocratie et de la réussite de tous. Nous rejetons toutes les logiques qui font de la loi du plus fort et des gagnants un principe universel. Nous réclamons une Education de qualité pour tous les élèves et nous revendiquons l'obtention de:

 

-         la création de postes nécessaires aux besoins du service public d'Education

-         la création de postes de maîtres supplémentaires dans les écoles difficiles

-         l'augmentation du nombre des remplaçants  

-         le développement des RASED et des projets concertés de lutte contre l'échec scolaire

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A la veille de noter les enseignants sur des résultats, on ne peut plus subjectifs, et alors qu'ils auraient besoin de confiance, de reconnaissance et de formation nous amorçons l'entrée dans une des dernières grandes phases de déconstruction de notre valeureux système d'éducation qui n'appelle pas des lendemains qui chantent.

 

Nous nous sommes mobilisés le mardi 15 avril et nous appelons les parents à nous soutenir dans les actions futures.

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 20:16

LA SUPPRESSION DU SAMEDI MATIN entraîne 2h d'enseignement en moins pour les élèves alors que le contenu des nouveaux programmes est considérablement alourdi ! Les enseignants qui ont le même temps de travail qu'avant devront prendre en charge les élèves en difficulté le matin , le midi ou le soir. Comment ces élèves déjà stigmatisés apprécieront-ils ces travaux supplémentaires en plus du temps de classe ? Les élèves en difficulté auront-ils, eux aussi, la possibilité de se reposer ? Qu'en sera-t-il des activités sportives ou culturelles programmées sur ces créneaux ? Qui viendra les chercher en dehors des heures habituelles ? Quel sort sera réservé aux élèves qui sont déjà présents sur les temps d'étude payants ? Enseignants et parents doivent répondre à ces questions alors que le ministère, lui, ne se les pose pas!

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Nous dénonçons un projet précipité et improvisé dont les conséquences s'avèreront extrêmement lourdes et complexes pour tout le monde.

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 20:15

LES STAGES DE REMISE A NIVEAU POUR LES ELEVES DE CM1 ET CM2 pendant les vacances. Le Ministère de l'Education Nationale propose aux enseignants d'assurer des stages gratuits de remise à niveau pendant les vacances scolaires pour les élèves de CM1 et de CM2 en difficulté. L 'Etat va donc octroyer 23 millions d'Euros dans un dispositif alors que, dans le même temps, il ferme des classes et des postes d'enseignants (11800), le département va perdre 18 postes de maîtres G et un poste de psychologue scolaire n'est toujours pas pourvu sur notre circonscription. Nous sommes convaincus que le seul intérêt sera de permettre à des enseignants de gagner plus mais que l'impact réel sur les apprentissages sera plutôt aléatoire. Comment un enseignant venant d'une autre école prendra-t-il en compte la difficulté d'un élève qu'il ne connaît même pas; l'enseignant de ce dernier refusant de travailler plus pour adhérer corps et âme à un projet idéologique? Par ailleurs tous les pédagogues et les psychologues savent que la stigmatisation inévitable des élèves est une catastrophe et que jamais on ne sera capable de faire avaler 10 cuillérées de soupe à un enfant qui a déjà vomi la première. Plus grave encore, comme ce bricolage pédagogique échouera, on pourra en revanche, à travers ce dispositif, déclarer qu' « on aura tout fait pour ces élèves » et que « décidément  quoiqu'on fasse, il n'y a plus rien à faire ». On en déduira que l'enfant est « bête » et qu'il y a une fatalité de l'échec; fatalité à laquelle les milieux défavorisés sont résignés depuis toujours.

 

 

En outre de nombreuses questions restent sans réponse sur le plan des assurances, de la responsabilité, du transport, des locaux, du financement du matériel pédagogique, de l'évaluation et des critères de sélection des élèves...Enfin, ce dispositif signifie à terme: la mort programmée  du RASED (Réseau d'Aide Spécialisé pour les Elèves en Difficulté). Pour améliorer véritablement le système éducatif nous pensons qu'il faut permettre à l'Ecole de jouer pleinement son rôle en lui donnant les moyens en personnel pour les RASED, pour les écoles difficiles et en débloquant des budgets pour la mise en place de projets concertés et conçus en équipe dans le cadre d'une politique éducative qui prenne en compte les recherches pédagogiques contemporaines.

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 20:14

LES NOUVEAUX PROGRAMMES 2008 préconisent le retour en arrière vers de prétendues « bonnes vieilles  méthodes »  et sont à l'évidence conçus, non pas pour l'école, mais pour séduire une opinion publique sous-informée des réels problèmes d'éducation et toujours prête à succomber à la nostalgie. Ces nouveaux programmes ne s'appuient sur aucune recherche en science de l'éducation et aucun enseignant ou chercheur n'a été associé à leur rédaction. Force est de constater que l'objectif est clairement défini comme le formatage d'élèves calibrés et non plus comme la formation de citoyens instruits. Les nouveaux programmes prônent la mécanique et l'automatisme pour abandonner la démarche expérimentale et l'acquisition de la pensée critique.

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 19:55

L'encadrement intermédiaire

Entre loyauté et servilité?

 

Pierre FRACKOWIAK

 

 

            Certaines prises de position à propos de l'avenir de l'École, des nouveaux programmes, des stages de remise à niveau me surprennent et m'inquiètent. Entre loyauté et servilité, entre discernement et angélisme, entre responsabilité et exécution, entre neutralité et collusion, entre intelligence et soumission, les frontières deviennent de plus en plus floues.

 

            Qu'un inspecteur d'académie ou un recteur, relayant et justifiant les discours politiques du ministre, déclare que c'est l'honneur de la République de proposer des heures de soutien et des stages de remise à niveau gratuits pour rétablir une égalité entre les enfants, ceux qui ont les moyens de payer des cours particuliers et de contribuer aux profits réalisés par les entreprises spécialisées dans l'accompagnement scolaire et ceux qui n'en ont pas les moyens, c'est normal, c'est leur rôle. Ils sont des relais, ils se situent dans la sphère de la propagande plus que dans la sphère de l'information, et on ne saurait leur en faire reproche. Ils font leur travail. En l'occurrence, la tâche n'est pas très difficile pour eux. Les mesures apparaissent, à première vue, comme frappées au coin du bon sens, elles sont à l'évidence conçues, non pas pour l'École, mais pour séduire une opinion publique gravement sous informée sur les problèmes d'éducation[1], toujours prête à succomber à la nostalgie.

 

            Faut-il pour autant que les cadres intermédiaires, c'est-à-dire qui se situent entre le pouvoir politique et le terrain, qui, à la différence des recteurs et des inspecteurs d'académie, sont au contact permanent des écoles et des enseignants, fassent preuve du même zèle et deviennent à leur tour des propagandistes ? On peut légitimement penser que non. Le voudraient-ils, par exemple par conviction politique personnelle, qu'ils ne le pourraient pas car l'encadrement intermédiaire est bien obligé de prendre en compte les spécificités, les contextes, l'histoire, les hommes et les femmes tels qu'ils sont avec leurs convictions, leurs représentations, leur passé, que l'on peut balayer d'un revers de main de la rue de Grenelle ou du 9ème étage d'une inspection académique mais pas quand on est près d'eux, avec eux. Ceux qui se risquent à succomber aux délices du zèle se heurtent vite aux pire difficultés dont la résistance passive et la simulation ne sont pas les moindres, et sont condamnés à l'échec, ce qui conduit au résultat inverse de celui attendu par le ministre.

 

            La question de la loyauté se pose donc, comme elle s'est posée avec le b-a : ba de monsieur de Robien.

 

            Nous sommes inspecteurs, nous avons choisi de l'être. En tant qu'inspecteurs, nous avons des obligations de réserve et de loyauté, ce que nous avons toujours respecté. Nous diffusons honnêtement les informations et les instructions, même si elles sont le plus souvent sur les grands médias avant d'arriver dans les inspections. Nous recueillons les réponses des écoles, nous organisons, nous régulons les mises en œuvre, nous évaluons. Nous sommes clairs, nous n'avons même pas besoin d'utiliser l'expression célèbre du SI-EN[2], « appliquer avec discernement » qui avait mis monsieur de Robien dans une grande colère. Nous sommes irréprochables. Respect de la parole ministérielle associé pour notre part au respect des enseignants et des écoles... et au respect des enfants.

 

            C'est d'ailleurs exactement ce que nous avons fait avec la grande loi d'orientation de 1989, elle aussi votée par un parlement élu démocratiquement. Il nous a d'ailleurs fallu le rappeler gentiment aux militants des SLECC, GRIP, et autres groupuscules fanatiques du retour à l'école du 19ème siècle qui affichaient ouvertement leur refus de l'appliquer. On note aujourd'hui qu'à l'instar de leur penseur, célèbre fabricant de crétins dont on dit avec insistance qu'il est le conseiller de monsieur Darcos, ils exigent haut et fort que les nouveaux textes soient obligatoirement appliqués par tous et que les inspecteurs « rétifs » soient sanctionnés. Curieuse conception de la démocratie que d'avoir des exigences variables selon la coloration politique du ministre. Si on avait limogé tous les cadres intermédiaires et supérieurs qui se sont opposés d'une manière ou d'une autre à la loi de 1989, il y aurait eu de grands vides dans les organigrammes.

 

            La loyauté qui est la moindre des choses impose-t-elle d'adhérer corps et âme à un projet idéologique et de s'associer à la propagande organisée ? Sommes-nous menacés par une nouvelle forme de totalitarisme ?

 

            Je ne le pense pas. Notre démocratie n'est pas prête à une telle dérive. Les tentatives de mise au pas par le ministre du b-a ba ont échoué face aux protestations des syndicats, des mouvements, des associations et même de grands élus de tous les bords politiques[3]. Il est peu probable qu'un ministre renouvelle une telle action qui ne s'était jamais vue en France sauf aux heures les plus sombres de notre histoire ;

 

            Peut-on nous imposer une pensée unique et nous demander de sacrifier notre âme, alors qu'une unanimité se dessine pour s'opposer aux nouveaux vieux programmes avec des argumentations difficiles à  contester et que le doute s'installe quant à l'efficacité des dispositifs de soutien ?

 

            Je ne le pense pas.

            Les hiérarques, très éloignés des réalités du terrain, peuvent toujours déclarer que c'est l'honneur de la République de balayer tout ce qui s'est fait depuis 30 ans, de balayer les programmes de 2002 qui faisaient consensus et qui n'ont pas pu être évalués, d'enterrer pour la troisième fois au moins la loi de 1989, d'organiser des remises à niveau qui confirment une carence de l'école sans prendre la moindre mesure pour la transformer positivement. Tout en respectant les injonctions ministérielles, nous savons parfaitement que le système éducatif n'est plus sur une bonne voie et que nous allons à l'échec. L'honneur de la République n'est pas de faire concurrence aux officines privées florissantes qui sont par ailleurs encouragées et aidées sur le plan fiscal, c'est de permettre à l'école de jouer pleinement son rôle durant le temps scolaire même réduit. Pour améliorer son efficacité, il faut lui en donner les moyens: moyens en personnels (RASED pour chaque regroupement d'écoles, maître supplémentaire dans les écoles difficiles, moyens financiers d'aide aux projets), moyens en termes de politique éducative avec des contenus adaptés à notre temps, comme le préconisait d'ailleurs le président de la République dans la lettre aux éducateurs de septembre 2007[4], avec des méthodes prenant en compte les recherches pédagogiques contemporaines.

 

            Tout le monde sait que les stages de remédiation durant les vacances n'ont qu'un intérêt : permettre à de jeunes enseignants sous payés de travailler plus pour gagner plus[5], mais que l'impact sur les apprentissages est très aléatoire voire inconcevable. Dans la majeure partie des cas, un enseignant qui n'est pas celui de la classe voire qui, venant d'une autre école ne connaît rien de celle où il fera des heures supplémentaires confortables, qui n'aura que peu d'informations utilisables sur les difficultés des enfants qui lui seront confiés, les enseignants des classes de ces élèves refusant de travailler plus pour gagner la même chose et permettre à un autre de gagner plus, à qui l'on indiquera que compte tenu d'un certain nombre de réalités, il faudra faire du ludique, ne pourra qu'alterner les exercices « bledisés » et les jeux. Par ailleurs plus fondamentalement encore, tous les pédagogues et les psychologues savent que la stigmatisation inévitable des élèves est une catastrophe pour eux et pour les familles[6] et que jamais l'on se sera capable de faire avaler à un enfant la soupe qu'il a vomi à la première cuillère et à qui l'on tente d'en imposer dix...

 

            Plus grave encore. Comme le dispositif échouera, on sera en mesure de déclarer que l'on aura tout fait pour ces enfants en échec (l'honneur de la République!) et que décidément « quoiqu'on fasse, il n'y a rien à faire ». On en déduira que ces enfants sont bêtes, qu'il y a une espèce de fatalité de l'échec, fatalité à laquelle les milieux pauvres sont résignés depuis toujours et qui ne sera que renforcée, renforçant à son tour la spirale de l'échec et le sentiment de culpabilité des enfants et de leurs parents et contribuant à une autre spirale, celle de la violence. Cette fatalité s'inscrit parfaitement dans une logique néo ultra libérale qui fait de la loi du plus fort et des gagnants un principe universel. On sait que les perdants sont toujours du même côté.

 

            Ne vous inquiétez pas monsieur le Ministre... On fera quand même, la mort dans l'âme, en essayant de ne pas la perdre... On fera, cette fois non pas avec discernement, mais simplement avec honnêteté par rapport à votre autorité mais aussi par rapport au respect dû aux élèves, ce respect qui nous conduit à penser que l'échec n'est pas une fatalité et que nous connaissons d'autres moyens pour l'éviter. Il suffit de lire les ouvrages de pédagogie contemporaine (le dernier Meirieu est excellent[7]), de s'intéresser aux recherches des mouvements pédagogiques (ICEM, CRAP, GFEN, OCCE...), des syndicats progressistes (SE, SNUIPP, SGEN)... pour les connaître ;

 

            Nous « ferons » d'autant plus qu'à mon grand étonnement, quelques collègues découvrent dans ces mesures des raisons d'exister et, par conséquent, les soutiennent avec un certain zèle. Les uns, comme dans toutes corporations, sont coutumiers du fait et sont des adeptes du sens du vent pour leur carrière. Les autres parce qu'ils croient découvrir une liberté, celle d'avoir des moyens (pour une fois, disent-ils!), celle d'organiser, de choisir, de contrôler, de vérifier. Cela dénote une sorte d'appétit de pouvoir plutôt amusante tant elle est illusoire et, de mon point de vue, malsaine[8], mais qui pourra aider le ministre surtout s'il sait jouer – et il sait parfaitement le faire - sur la corde sensible du « j'ai besoin de vous ». Cela m'inquiète beaucoup, pour l'avenir du corps de inspecteurs de l'éducation nationale et de son éthique. Concevoir ce métier en termes de pouvoir et d'autorité alors que les enseignants ont besoin de confiance, de stabilité, de formation et d'accompagnement, me paraît grave. Mais c'est peut-être aussi dans l'air du temps... à la veille de noter les enseignants sur leurs résultats, ce qui promet bien des drames.

 

            Nous entrons donc délibérément après une trentaine d'années de progrès[9] dans une continuité républicaine tout à l'honneur de notre République, après une phase de destruction avec monsieur de Robien, monsieur Bentolila et le soutien des mouvements ultra réactionnaires, dans la phase de construction cohérente, savamment conçue et organisée, d'une conception ultra libérale de l'école et de la société qui n'appelle pas des lendemains qui chantent... du moins pas pour tout de suite. Il est certain que le jour viendra où il faudra réinventer la rénovation pédagogique des années 1970/80... et la loi d'orientation de 1989 pour reconstruire une école démocratique, et mesurer le temps perdu à savoir pourquoi elle a été entravée.

 

            Dans ce contexte, la loyauté des cadres du système s'impose. La servilité, pas encore.

 



[1]    Les citoyens sont beaucoup mieux informés des questions de l'environnement, de la consommation, de l'économie, de la bourse, de la santé .. que des questions d'éducation. Hélas!

[2]    Syndicat des inspecteurs de l'Éducation Nationale UNSA Éducation

[3]    Des élus et des responsables de l'UMP ont multiplié les interventions et protestations quand monsieur de ROBIEN avait envisagé de me sanctionner pour mon allusion à la diligence placée sur les rails du TGV. J'en garde une grande admiration pour leur intelligence et une gratitude émue.

[4]                Il serait vain pourtant de chercher à ressusciter un âge d'or de l'éducation, de la culture, du savoir qui n'a jamais existé. Chaque époque suscite des attentes qui lui sont propres. Nicolas Sarkozy (page 6)

[5]    Cohérence gouvernementale garantie

[6]    Elle est de l'ordre du bonnet d'âne

[7]    Pédagogie: le devoir de résister. ESF. Août 2007. 9,90 euros

[8]    Mais ce n'est que mon point de vue

[9]    Si l'on veut bien avoir l'honnêteté de ne pas oublier l'état de l'école à la fin des années 1960

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 19:52

In Charlie Hebdo n°645 - 27 octobre 2004

Il me semble qu'il est important de diffuser le plus largement possible ces propos du Ministre de la Fonction publique (sic) rapportés par Charlie-Hebdo, tenus lors d'une réunion de la Fondation Concorde, proche de la majorité actuelle, le mercredi 20 octobre au Café Restaurant Pépita à Paris :

 
"Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d'un retraité, c'est presque 75% du coût d'un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème."
"Le grand problème de l'État, c'est la rigidité de sa main-d'oeuvre. Pour Faire passer un fonctionnaire du premier au deuxième étage de la place Beauvau, il faut un an. Non pas à cause de l'escalier [rires dans la salle], mais des corps. Il y a 1400 corps. 900 corps vivants, 500 corps morts [rires], comme par exemple l'administration des télécoms. Je vais les remplacer par cinq filières professionnelle qui permettront la mobilité des ressources humaines : éducation, administration générale, économie et finances, sécurité sanitaire et sociale. Si on ne fait pas ça, la réforme de l'État est impossible. Parce que les corps abritent des emplois inutiles."
"A l'heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis 2000."
"Comme tous les hommes politiques de droite, j'étais impressionné par l'adversaire. Mais je pense que nous surestimions considérablement cette force de résistance. Ce qui compte en France, c'est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques."
"C'est sur l'Éducation nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l'Éducation nationale, 800 000 sont des enseignants. Licencier dans les back office de l'Éducation nationale, c'est facile, on sait comment faire, avec Éric Woerth [secrétaire d'État à la Réforme de l'État] : on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c'est plus délicat. Il faudra faire un grand audit."
 
"Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus , mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues."
 
Il admet dans ses propos que les français sont satisfaits de la qualité du service public rendu par les fonctionnaires, quels qu'ils soient. C'est bien en les fragilisant de l'intérieur (sous effectif, baisse d'investissements etc.) qu'il compte rendre les services publics impopulaires auprès des populations. Une impopularité qui lui servira de prétexte pour les privatisations à venir. Alors que ce sont bien les attaques à l'oeuvre depuis de nombreuses années qui dégradent la qualité des services publics.

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