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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 20:18
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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 17:56

Dans le 44, malgré le silence des médias, ça bouge aussi !
























Plus d'infos ici

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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 17:18

Pour prendre le contrepied du gouvernement qui, lorsque les enseignants disent : "Danger !", répond "Service minimum", nous appelons à une "grève des parents" le lundi 16 juin, jour du bac philo.

De nombreuses écoles du 19e sont d'accord, et l'info commence à circuler
dans le 18e, le 20e et le10e.

Le but est que les parents qui peuvent poser un congé ce jour-là s'occupent des enfants des autres. Et rendez-vous pour tout ce monde-là devant la mairie de la commune (de l'arrondissement en l'occurence) à 10 h le matin.

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 20:18

En savoir pllus ici
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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 18:54




Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal.

Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.

Il a commencé l’école l’an dernier, à 5 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.

Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite.

Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.

Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens.

L’an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissements publics d’enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.

Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par cœur. Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d’Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !

Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune sœur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.

Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c’est épuisant. » Surtout qu’elle dort dans le salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.

Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par cœur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…

Enzo se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail. Pourquoi ils sont si nombreux en classe. Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année. Pourquoi il devra prendre le bus. Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi.POurquoi il n'a pas de lunettes. Pourquoi il a faim.

Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement. Est-ce l’école que nous voulons ? Le gouvernement a-t-il reçu un mandat populaire pour cela ? Qu’attendons nous pour réagir ?

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 07:38



Très en verve, Nicolas Sarkozy a disserté hier durant près d’une heure sur l’éducation, un de ses thèmes de prédilection. Après avoir réussi «le défi de la quantité» - avec désormais 64 % d’une génération au bac - il faut maintenant réussir celui de la «qualité», a-t-il annoncé, et améliorer les résultats des élèves. Le chef de l’Etat a notamment confirmé une ambitieuse réforme du lycée qui commencera à se mettre en place dès la rentrée 2009 avec la «nouvelle seconde», pour que «le nouveau lycée» soit prêt en 2012.

«La situation actuelle n’est plus tenable» : le Président, qui s’exprimait à l’Elysée devant un parterre de cadres de l’Education pour commémorer les deux cents ans de la création de la fonction de recteur, a énoncé tous les maux qui touchent le lycée général. Il y a d’abord un «système de filières totalement déséquilibré» et le poids démesuré de la section S qui écrase toutes les autres. Devenue la voie d’excellence, elle forme à tout, y compris aux carrières littéraires, alors que la France manque de scientifiques. «Formidable ! En dehors de la voie scientifique, pas d’avenir pour nos élèves, mais à la sortie, pas assez de scientifiques !» s’est écrié le chef de l’Etat.

«Empilement». Ensuite, les lycéens ont trop de cours magistraux - jusqu’à 36 heures par semaine, plus que le temps légal du travail, soulignait-on dans son entourage - et sont mal préparés à l’autonomie qui leur sera nécessaire dans le supérieur. Un lycéen sur quatre qui entre à l’université la quitte sans diplôme. Enfin, le lycée offre «un empilement d’options» qui conduisent à une dispersion des élèves et qui sont en plus coûteuses pour l’Education. «Il faudrait un lycée beaucoup plus souple», avec des parcours plus différenciés et individuels, a indiqué Sarkozy.

Le ministre de l’Education, ce «cher Xavier» sur lequel le Président n’a pas tari d’éloges, et sa collègue de l’Enseignement supérieur, plus sobrement appelée «Valérie» (Pécresse), seront chargés de préparer ensemble les détails de la réforme. Xavier Darcos vient de nommer Jean-Paul de Gaudemar, le recteur d’Aix-Marseille, pour coordonner la concertation avec le monde enseignant et préparer une feuille de route pour juillet.

Modulaire. Concrètement, la classe de seconde devrait redevenir plus généraliste. Le gouvernement estime que les spécialités que le lycéen choisit alors - comme les SES (Sciences économiques et sociales) - déterminent déjà trop les filières. La spécialisation se ferait à partir de la première et surtout en terminale. En seconde, l’élève aurait un module trimestriel de présentation des différentes filières. Ce qui lui permettrait de mieux choisir son orientation.

La première et la terminale changeront davantage. Les horaires d’enseignement disciplinaires seront réduits, l’argument étant notamment que les lycéens français sont parmi les plus chargés d’Europe sans avoir pour autant les meilleurs résultats. Sur le modèle de la Finlande, le pays phare en matière de réussite éducative, le travail personnel sera davantage valorisé ainsi que les recherches et les travaux en groupe. Le cursus sera plus modulaire : le lycéen choisira lui-même son parcours et se spécialisera au fur et à mesure, avec une ou deux dominantes. Il n’est pas exclu d’introduire des matières enseignées dans le supérieur, comme le droit.

Entretien. On peut dès lors s’interroger sur l’avenir des filières. Mais leur suppression risque de susciter des tirs de barrage. La nouvelle première devrait en tout cas être en place à la rentrée 2010, la terminale en 2011. Avec un effort sur l’orientation, maillon faible du système actuel : chaque année, l’élève aura droit à un entretien individuel.

Le Président est resté étrangement silencieux sur le bac dont on fête aussi les deux cents ans. Pourtant, on ne fait pas mystère à l’Elysée qu’en conséquence de tous ces changements, il devra évoluer. Mais le sujet est traditionnellement explosif. «On ne réforme pas le bac, c’est un fétiche», assure-t-on à l’Elysée. On annonce tout de même un «nouveau baccalauréat» en 2012.

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 21:18


Un communiqué de presse du 26 mai d'un syndicat d'enseignants d'EPS qui réagit à l'incroyable brèche ouverte par la 
nouvelle loi contre les discriminations, laquelle rend désormais possible les classes non-mixtes alors qu'elles étaient interdites dans le public depuis 1975

Communiqué du SNEP-FSU:

"La loi sur la lutte contre les discriminations avec son alinéa 4 porte un rude coup à la mixité, à la laïcité et à l'égalité. Le gouvernement y a en effet introduit la possibilité d'avoir au sein de l'école, des enseignements séparés filles et garçons. Interpellé sur cette remise en cause du principe de mixité, l'entourage du ministre se défend en cherchant à s'appuyer sur l'EPS qu'il cite comme exemple.
Actuellement, en dehors de certains établissements privés, les écoles, collèges et lycées sont mixtes. L'organisation en groupes distincts, notamment pour certains cours d'EPS, reste possible mais relève de choix pédagogiques faits par des équipes d'enseignants après débat. Cet alinéa peut aboutir à ce que des groupes de pressions, notamment des communautés religieuses intégristes, demandent et obtiennent en s'appuyant sur une loi, contre l'avis des équipes, par exemple des séances séparées entre filles et garçons en natation, mais pourquoi pas en français où on pourrait considérer que la meilleure réussite des filles gène les garçons, ou que l'attitude des garçons trouble les filles !
L'EPS à l'école est le lieu principal offert aux filles et aux garçons pour pratiquer des activités sportives et artistiques ensemble. Cela permet un vrai travail de lutte contre les discriminations et un apprentissage concret de l'altérité et du respect des différences. La mixité a été un outil formidable pour l'égalité d'accès aux pratiques. Elle a permis des avancées considérables dans la lutte contre les stéréotypes culturels et a aidé à une importante augmentation du nombre de pratiquantes sportives. L'UNSS est ainsi devenue la première fédération féminine de France.
Au moment où le gouvernement est en difficulté sur le contenu de ses réformes du système éducatif, largement contesté, a-t-il cherché un soutien en donnant des gages à des groupes de pressions réactionnaires ?
Le SNEP ne transigera pas sur cet important acquis que représente la mixité et exige l'annulation de cet alinéa scandaleux."

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 18:59

Trois adolescents ont été interpellés au cours d'une manifestation d'élèves et de parents d'élèves devant ce lycée qui devait recevoir la visite du Premier ministre François Fillon.


Trois adolescents ont été interpellés par les forces de l’ordre ce matin lors d’une manifestation devant le lycée parisien Paul-Bert (XIVe arrondissement) où devait se rendre le Premier ministre François Fillon avec Xavier Darcos (Education) et Rachida Dati (Justice).

Les trois jeunes qui tentaient de franchir un barrage des forces de l’ordre ont été interpellés sans ménagement par les gendarmes mobiles, dans une ambiance très tendue, a constaté un journaliste de l’AFP. Un officier de gendarmerie a été «sérieusement blessé à la main» lors de ces échauffourées, selon la police, qui affirme d'autre part que l'un des jeunes interpellés était porteur d'une arme blanche.

Quelque 150 personnes (lycéens et parents d’élèves) manifestaient à proximité du lycée, la rue étant barrée par les forces de l’ordre.

François Fillon était attendu pour une visite au lycée Paul-Bert dans le cadre de la politique de prévention contre les drogues en milieu scolaire.

«On a appris leur venue il y a trois jours seulement. Cela trouble la sérénité de l’établissement. C’est une provocation», dénonçait Elisabeth Coutrot, parent d’élève FCPE du lycée Paul-Bert.

«Venant de personnes qui ont organisé pendant trois mois la confusion dans les établissements, c’est presque comique», a répliqué devant la presse Xavier Darcos.

Les manifestants distribuaient des tracts intitulés «madame et messieurs les ministres vous n’êtes pas les bienvenus». «Nous ne cessons de réclamer des moyens», déclarent-ils en dénonçant «une dotation horaire amputée», «des heures supplémentaires qui alourdissent la charge de travail des enseignants» et le manque de surveillants.


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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 07:28

"Les nouveaux vieux programmes, la réduction du temps scolaire et la mise en place du soutien et des stages de remise à niveau pendant les vacances, la réduction drastique de la formation continue des enseignants du premier degré,  la disparition annoncée de la formation professionnelle et des IUFM, le projet d’agence de remplacement avec des personnels non fonctionnaires, tout va dans le même sens de manière très cohérente". Pour Pierre Frackowiak, avec la réforme de la formation des enseignants, la droite achève un programme cohérent de destruction de l'éducation nationale.



Avec les nouveaux vieux programmes, avec l’imposture du « retour aux fondamentaux », avec le déni de la pédagogie, avec le triomphe des exigences des groupuscules ultra réactionnaires, la catastrophe était annoncée. Avec la suppression de la formation professionnelle des enseignants, elle est gravement confirmée. Je l’écrivais dans plusieurs tribunes publiées sur le site du café pédagogique et sur le site de Philippe Meirieu : « Dans 20 ou 30 ans, probablement bien avant, il faudra refaire tout le chemin amorcé à la fin des années 60 avec la rénovation pédagogique, réinventer la loi d’orientation de 1989, recréer des IUFM… ». Avec Philippe Meirieu, nous l’écrivions récemment dans notre livre « L’éducation peut-elle être encore au cœur d’un projet de société ? » (Editions de l’Aube) :  « La priorité à l’Ecole est loin de se limiter à quelques réformes techniques de l’institution scolaire », autrement dit, il faut toujours voir les faits dans leur ensemble et les mettre en perspective. Le but final des réformes imposées est la construction d’un système éducatif ultra libéral, fondamentalement lié à la recherche déterminée d’économies budgétaires substantielles et à la volonté de casser des services publics.



Le travail de destruction de l’école démocratique et moderne était bien engagé depuis 2002, spectaculaire et arrogant avec G.de Robien, structuré, cohérent et habile avec X. Darcos.


On ne saurait en être surpris. Le travail de destruction de l’école démocratique et moderne était bien engagé depuis 2002, spectaculaire et arrogant avec G.de Robien, structuré, cohérent et habile avec X. Darcos. Antoine Prost a raison. Dans une tribune publiée par le Monde du 28 mai, il souligne l’extrême gravité de la situation et il dénie avec force « le droit à quiconque ne proteste pas aujourd’hui de toutes ses forces le droit d’ouvrir demain la bouche pour déplorer cet échec majeur ». Pensons à la complaisance de ceux qui ont trouvé quelques miettes positives oubliant la nocivité de l'ensemble et de ceux qui sont heureux d'avoir un petit os corporatif à ronger alors que des drames se préparent.  La droite ultra libérale joue pleinement le jeu qu’elle avait clairement annoncé en 2007. Elle s’appuie logiquement sur l’approbation de la grande majorité de l’opinion publique, gravement sous informée sur les questions d’éducation, et victime d’une quasi intoxication orchestrée par les grands médias menant une véritable campagne de dénigrement de l’Ecole d’aujourd’hui et de promotion de l’école de grand papa dont on oublie de dire à quel point elle était antidémocratique et ségrégative. Redisons le avec force : il ne saurait être question de nier les insuffisances, les faiblesses, les dérives des politiques éducatives mises en place depuis 1969. Il ne saurait être question de nier les difficultés que connaissent les IUFM. Mais personne ne pourra jamais démontrer que dans un domaine aussi complexe que l’Ecole, il suffit d’imposer le retour aux pratiques d’avant-hier pour résoudre les problèmes de demain et d’après-demain. Rappelons à nouveau qu’en cela, nous ne disons rien de choquant ou d'idéologique … puisque le Président de la République lui-même a déclaré pertinemment que " nous ne referons pas l’école de nos grands parents, ni même la nôtre "  dans sa lettre aux éducateurs de septembre 2007, à la page 6.


Les nouveaux vieux programmes, la réduction du temps scolaire et la mise en place du soutien et des stages de remise à niveau pendant les vacances, la réduction drastique de la formation continue des enseignants du premier degré,  la disparition annoncée de la formation professionnelle et des IUFM, le projet d’agence de remplacement avec des personnels non fonctionnaires, tout va dans le même sens de manière très cohérente.


D’une part, on privilégie la responsabilité individuelle en gommant la responsabilité collective. On culpabilise constamment les sujets : vous ne gagnez pas assez parce que vous ne travaillez pas assez, vous êtes au chômage parce que vous ne cherchez pas de travail, vous êtes moins protégé socialement parce que la protection sociale coûte trop cher… Il en est de même pour les enfants: ils sont en échec scolaire parce qu’ils ne travaillent pas assez, parce que leurs parents ne jouent pas leur rôle… Preuve en est : on donne du soutien gratuit, on offre généreusement des stages pendant les vacances… et cela ne change rien, ce qui prouve bien que l’Etat fait tout ce qu’il peut et que si cela ne marche pas, c’est bien que ces enfants et leurs parents sont bêtes et que l’on n’y peut rien. La stratégie est très sophistiquée: on culpabilise les personnes, on va dans le sens de l'opinion, on fait des économies et on se paie le luxe de la bonne conscience. La culture de la fatalité de l’échec, des gagnants, des inégalités naturelles est largement développée, diffusée, instillée. Elle ne peut que renforcer la fracture sociale contre laquelle J. Chirac avait annoncé, il ya bien longtemps,  un grand combat.


D’autre part, depuis Luc Ferry, on martèle que la pédagogie n’existe pas. On la réduit à des trucs, des tours de main d’artisan, des recettes… On la confond avec le charisme, l’autorité naturelle, le talent… On relance démagogiquement le concept de liberté pédagogique en le limitant à des qualités humaines individuelles. On privilégie les savoirs et le modèle sacro saint de la transmission d’un émetteur qui sait ou croit savoir à un récepteur qui ne sait rien et qui reçoit docilement et, si possible, en silence. Une véritable campagne a été menée contre la pédagogie, une campagne violente, insultante, parfois ignoble usant largement de la démagogie et de l’exploitation facile de la nostalgie.  Une campagne méprisante pour tous ceux qui se sont mobilisés pour transformer l’école, la moderniser, la démocratiser, lui donner du sens, pour tous ceux qui, au croisement de la recherche et de l’action, ont contribué à la mettre en perspective par rapport à une vision de l’avenir de l’Homme et de la société. Les procès en sorcellerie, les menaces, les calomnies contre les pédagogistes n’ont pas cessé et se sont même exacerbés, leurs auteurs ayant à l’évidence la confiance, voire l’amitié, du ministre.



Face à cette vaste entreprise idéologique, développée sans complexe, en rupture totale avec la tradition gaulliste, la gauche a fait preuve d’une dramatique abstention…


Face à cette vaste entreprise idéologique, développée sans complexe, en rupture totale avec la tradition gaulliste, la gauche a fait preuve d’une dramatique abstention. Elle n’avait déjà pas levé le petit doigt quand il s’était agi de défendre la loi de 1989, abandonnée par ses propres auteurs. Elle avait adopté une position ambiguë sur le débat Thélot. Elle s’est figée, victime de contradictions internes, avec des positions curieuses comme celles de Ségolène Royal accueillant à bras ouverts JP Chevènement, tenant de l’école de grand-papa, du b-a ba, et soutien déclaré de l’auteur de la funeste fabrique de crétins. Elle a abandonné le collège unique. Elle a fui le débat sur les programmes et sur le soutien, craignant l’opinion publique. Elle s’est réfugiée systématiquement dans la lutte sur le quantitatif sans afficher et sans porter le combat pour les idées. Elle a perdu la volonté historique de faire de l’école le cœur d’un projet de société et le cœur de son action. Obsédée par le syndrome Allègre, elle a tout fait pour reconquérir les voix des profs, elle n’a donc rien fait de crainte de déranger : pas de réflexion affichée sur les contenus, sur les disciplines et sur l’évolution des savoirs, pas de réflexion affichée sur l’importance de la pédagogie, pas de réflexion affichée sur l’évolution des missions des enseignants et sur la place de l’école et du collège dans la cité dans la perspective de la société de la connaissance et de l’éducation tout au long de la vie qui ne sont que des slogans  


La mort annoncée des IUFM, cibles privilégiées des intégristes du retour au passé, vient couronner le tout. Les universités, de plus en plus autonomes, n’attendaient que cela pour tuer la pédagogie et sacraliser  une nouvelle fois les savoirs disciplinaires classiques. Ainsi, on apprendra désormais sur le tas. Foin des sciences de l’éducation. Foin de la place de l’élève, acteur de ses apprentissages. Foin de la prise en compte de l’hétérogénéité. On tentera de reproduire les recettes des maîtres de stage sans jamais y parvenir, comme chacun sait. On négligera la formation théorique sur le développement de l’enfant, sur l’apprentissage (comment un enfant apprend). Les compétences transversales ne seront plus qu’un vague souvenir. Le savoir-être et le savoir vivre ensemble, la capacité de concevoir et de réaliser des projets, l’apprentissage de l’exercice de la responsabilité, de l’esprit critique, l’intelligence globale (selon Edgar Morin), etc,  rejetés dans la sphère privée dont on sait parfaitement à quel point elle est inégalitaire. 


Les conservateurs ne s’y sont pas trompés. Dès l’annonce du projet d’intégration des IUFM à l’université, un président d’université donnait le ton: "Je récuse le vieux débat entre tenants de la formation "d'érudits" et les adeptes du "tout pédagogique". S'il n'est de science que du général, il n'est de didactique que disciplinaire: l'enseignant, y compris celui du premier degré, doit avoir été formé au plus haut niveau dans une discipline, de préférence académique, à partir de laquelle, il pourra opérer toutes les transpositions ensuite nécessitées par sa polyvalence, et, espérons-le, transmettre de surcroît le goût de ces disciplines. ". Cela avait le mérite d'être clair: quand on récuse un vieux débat, c'est généralement pour prendre le parti du conservatisme.


L’économie tant recherchée sera considérable : profs d’IUFM, enseignants maîtres formateurs, structures et fonctionnement… avec quelques autres idées en perspective : pourquoi des RASED puisque les enseignants feront le soutien, pourquoi bac + 5 pour des enseignants qui tourneront une page de manuel par jour et corrigeront les exercices et les devoirs, pourquoi des enseignants pour surveiller la sieste comme il se dit déjà, pourquoi des inspecteurs puisqu’il ne faudra que des contrôleurs, …. ?


On finira peut-être même par se demander pourquoi l’Ecole?


Mais au fait, oui, pourquoi l’Ecole ?


Se pose-t-on vraiment la question à droite et… à gauche ?


Pierre Frackowiak

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 21:05



par Philippe Meirieu

Pour peu qu’ils soient attentifs à la politique éducative, les Français doivent commencer à perdre totalement leurs repères. Chaque matin, en effet, ils se lèvent avec une école différente de celle avec laquelle ils s’étaient couchés...



Après les coups médiatiques sur Guy Môquet, la Shoah et l’esclavage, ils se demandent ce que le président de la République va bien pouvoir inventer : une journée Clovis dans les maternelles, la lecture obligatoire des attendus du procès de Louis XVI à l’entrée au collège, la récitation du discours de Lamartine sur le drapeau français en seconde, un hommage obligatoire à Louis Papin dans tous les lycées professionnels ? Rien de cela, d’ailleurs, ne serait totalement absurde ! Mais cette juxtaposition n’aurait d’autre sens que de faire croire à la possibilité d’une éducation réduite à des commémorations. Comme si l’inscription dans une histoire et l’enracinement dans une tradition porteuse d’avenir pouvaient se réduire à des injonctions ! Il faut un vrai travail pédagogique en profondeur qui ressaisisse tout cela, fasse émerger les valeurs fondatrices et les relie avec ce qui se vit dans la classe. Il faut des professeurs qui puissent incarner, dans les exigences quotidiennes de l’École, un rapport exigeant à la justice, à la vérité, à la résistance aux préjugés. Il faut des adultes qui tiennent parole dans des établissements à taille humaine, avec des institutions lisibles et équitables : loin des coagulations d’élèves indifférenciés qui errent dans des couloirs anonymes, voient fondre sur eux des orientations trop prévisibles et ne rencontrent que des interlocuteurs si occupés à remplir des enquêtes administratives qu’ils n’ont plus de temps pour les écouter…

 

Mais, nous dit-on, on y travaille. Et, effectivement, la réformite est à l’œuvre. Après la suppression progressive de la carte scolaire, après l’amputation de deux heures de la semaine scolaire et « le recentrage sur les fondamentaux » à l’école primaire, après la publication annoncée des résultats des évaluations des écoles sur Internet dès la prochaine rentrée, après l’annonce de la mise en place d’un « lycée à la carte » et de la suppression de l’année de formation professionnelle des enseignants, après la création d’une agence de remplacement des enseignants faisant appel à des personnels non fonctionnaires, on se demande bien ce que le ministre va encore inventer ! Mais rassurons-nous, le collège qui, nous dit-on au ministère, va très bien, ne risque pas d’être touché : la gare de triage continuera à fonctionner avec la même efficacité ! Un bon tiers des élèves continuera à s’y perdre dans les dix-huit premiers mois, incapables de s’y repérer, d’organiser leur travail, de préparer leur avenir…

« Maintenir le cap des réformes » fonctionne ainsi aujourd’hui comme une formule magique, permettant de donner aux Français le sentiment qu’on s’occupe de leur École. Certes, on s’en occupe, et de manière systématique. Mais comment ? En inscrivant cette École dans la logique marchande dont il faut tenter de comprendre le fonctionnement.

Le principe : on améliore la qualité de l’éducation en mettant en concurrence les acteurs – professeurs et cadres éducatifs –, les établissements – du premier et du second degré, au sein de l’enseignement public comme entre l’enseignement public et l’enseignement privé – et les institutions – l’Éducation nationale, les collectivités territoriales, les associations.

La conséquence : l’État n’a pas à garantir la qualité du service public, mais doit se contenter de faire jouer les rivalités. Ce qu’on nous présente ici comme le fin du fin n’est la modernité n’est, en réalité, que le ripolinage de la vieille formule de Mandeville (1670-1733) dans la Fable des abeilles : « Les vices privés font les vertus publiques ».

La méthode : pour accorder le vieux libéralisme à la montée des individualismes, le pouvoir politique doit développer une technocratie évaluative. Il faut fixer des standards, multiplier les tests de toutes sortes, rendre publics les résultats et laisser les parents – dont on fait ainsi des « consommateurs d’école » – développer leurs stratégies personnelles afin de trouver les meilleurs établissements pour leurs enfants.

Le point d’appui : quand les parents ne sont pas contents de ce qu’ils vivent dans une école, de la manière dont ils sont écoutés et pris au sérieux, de l’encadrement et de l’accompagnement de leurs enfants, au lieu de s’impliquer et de militer pour améliorer la situation, ils sont simplement invités à changer d’établissement.

Le gain : plus besoin d’investir dans notre École, ni même d’en former les enseignants car le marché stimule les initiatives et permet d’optimiser le rapport qualité / prix. Plus besoin, non plus, de financer des aides et des dispositifs spécifiques pour permettre aux acteurs de faire face aux difficultés qu’ils rencontrent : on se recentre sur « le cœur du système » – les classes et les cours « normaux » – et l’on réduit drastiquement tout le reste.

L’implicite : il y aura des gagnants et des perdants, tant du côté des familles que du côté des élèves et des enseignants. Mais, après tout, il en a toujours été ainsi. Et, de plus, l’État, dans sa volonté de soutenir les efforts méritoires, organise la concurrence entre les exclus afin de désigner ceux et celles qui pourront échapper aux ghettos dont ils sont originaires.

La justification : il faut bien que la réussite se mérite d’une manière ou d’une autre. Une École où tout le monde réussirait et serait capable d’accéder aux fondamentaux de la citoyenneté se discréditerait vite aux yeux de ceux – majoritaires, dit-on – qui sont persuadés que le petit nombre des élus garantit la béatitude au paradis. Le « socle commun » ne garantit qu’une insertion a minima ; en le distinguant des objectifs de la scolarité obligatoire, on a instituée l’école à deux vitesses dès le plus jeune âge.

La pédagogie : on n’en a pas besoin, car ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas apprendre, c’est leur problème. Ainsi le « pédagogisme » est-il stigmatisé pour son obstination à poser des questions impertinentes. En affirmant qu’il ne suffit pas d’enseigner pour que les élèves apprennent, il fait entrer en compte des variables ni quantifiables ni mesurables : le sujet et son désir, la capacité de l’École à instituer le premier et à susciter le second.

Le corollaire : face aux rancoeurs de ceux qui se sentent abusés ou humiliés, il faut développer un discours autoritariste qui les assigne à une sage résignation. En effet, le discours sur l’égalité des chances a engendré des espérances très largement déçues. Les élèves en échec, de victimes, se retrouvent coupables et, incapables de métaboliser leur exclusion en militantisme social, syndical ou politique, s’expriment par la violence ou les replis identitaires qu’il faut réprimer.

L’avenir : il se conçoit à partir de la vision libérale de la dette, sans aucune considération pour les coûts sociaux à moyen et à long terme de l’échec scolaire. La notion d’investissement est rabattue sur une vision productiviste à court terme. On fait la même erreur que celle qui, en matière d’écologie et d’environnement durable, compromet l’existence de notre planète. Mais, ici, il ne s’agit plus de se demander quel monde nous laisserons à nos enfants – ce que, malheureusement, nous savons –, mais quels enfants nous laisserons au monde – ce qui reste notre dernière responsabilité.

La prévention : dans la conception du libéralisme technocratique et autoritaire, c’est une illusion soixante-huitarde car, par définition, on ne peut pas en mesurer les effets immédiats. Puisque prévenir, c’est empêcher des choses d’avoir lieu, on ne trouve jamais de « raison objective » capable d’en justifier la dépense. La prévention, en effet, ne peut relever que d’un choix politique volontariste, d’un pari sur le futur irréductible à toutes les arguties comptables.

Face à cette logique d’une extrême cohérence, il convient, plus que jamais de travailler à une alternative crédible. Il nous faut une École où l’État garantisse que les missions de service public de tous les établissements sont bien assurées. Une École qui associe véritablement les professeurs et les familles à la définition de l’intérêt collectif. Une École qui promeuve l’inventivité pédagogique au service de tous les élèves. Une École qui promette à ceux qui s’y investisse, quelles que soient leurs origines, des satisfactions intellectuelles de haut niveau. Une École ambitieuse. Une École pour la République et la démocratie.

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