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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 18:11




Monsieur le Ministre,

Permettez-moi d'appeler votre attention sur la réforme du « Réseau d'aides aux enfants en difficulté » (RASED) qui suscite certaines interrogations et même inquiétudes, avec la mise en place de deux heures de soutien hebdomadaire et la sédentarisation de 3000 enseignants.

Tout d'abord, les enseignants de ce réseau estiment que le soutien scolaire hebdomadaire de deux heures vient en complément du travail de différenciation pédagogique, mis en place par l'enseignant ou l'équipe pédagogique au sein de l'école. Ce soutien permet de prendre en charge des élèves présentant des difficultés passagères ou légères.

Ils considèrent que ce soutien ne peut être confondu avec une aide spécifique apportée à des enfants en grande difficulté, car il s'agit bien souvent d'élèves en rupture d'apprentissage nécessitant une prise en charge individuelle.

Dans cet esprit, ils souhaitent que les réseaux d'aide aient la possibilité de travailler dans les conditions fixées par les textes de 1990 qui prévoient un Rased complet pour un secteur de 800 élèves.

Ils demandent également que leur activité fasse l'objet d'une réelle évaluation nationale, par le biais des inspecteurs de l'Education Nationale qui, selon eux, sont les plus à même de percevoir les réalités de terrain.

Enfin, ils espèrent que la formation continue sera soutenue, afin de maintenir le dynamisme opérationnel des ces enseignants.

C'est pourquoi je vous serais très reconnaissant de faire procéder à un examen bienveillant et diligent de ces propositions et de me faire savoir la suite que vous entendez leur réserver.

En vous remerciant par avance et restant à la disposition de votre Cabinet pour d'éventuels compléments d'information, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l'expression de ma considération distinguée.


http://www.didierquentin.com/article-RASED---Reseau-daides-aux-enfants-en-difficulte-7-672.htmll


La réponse :


Monsieur le Député,

Vous m’avez fait part de vos interrogations sur la situation des maîtres spécialisés des réseaux d’aide et de soutien aux élèves en difficulté (RASED). C’est pourquoi il m’a semblé utile de vous apporter des éléments suivants.

Les maîtres des classes sont les premiers à faire face, dans la classe et dans l’école, aux difficultés scolaires de leurs élèves. S’ils ne peuvent être laissés seuls pour lutter contre toutes les formes de difficulté qui peuvent relever d’origines diverses, le recours aux RASED montre pourtant aujourd’hui ses limites. La fréquence des prises en charge par les maîtres spécialisés est trop ponctuelle, les réseaux sont éloignés des projets d’enseignement des classes et des écoles. Dans la plupart des cas, les élèves concernés quittent la classe la durée de la prise en charge et donc n’assistent pas à certains enseignements fondamentaux. En outre, l’augmentation continue des emplois de maîtres spécialisés dans le premier degré, dans leur fonctionnement actuel, n’a pas réduit l’échec scolaire. Aujourd’hui encore, environ 15% des élèves quittent l’école primaire en connaissant de graves lacunes dans les domaines de la lecture, de l’écriture et des mathématiques.

Le projet de loi de finances pour 2009 prévoit qu’à la rentrée 2009, 3000 et 11000 emplois d’instituteurs et professeurs des écoles spécialisés (option E et G), issus des RASED seront implantés dans les écoles, afin d’y exercer des fonctions de maîtres titulaires d’une classe.

Grâce à la réforme du primaire qui vient d’être mise en œuvre, chaque élève en difficulté reçoit désormais une réponse adaptée à sa situation :

- Les deux heures libérées du samedi matin sont investies au profit des élèves en difficulté sous forme d’une aide personnalisée, notamment de remédiation et de remise à niveau dans les enseignements fondamentaux, dispensée par les maîtres de leur école. Cette aide peut se faire de manière ponctuelle ou s’inscrire dans la durée. Désormais, dans toutes les écoles, et plus seulement dans certaines d’entre elles comme c’était le cas auparavant, les élèves rencontrant des difficultés reçoivent l’aide nécessaire pour les surmonter.

- Des stages de remise à niveau en français et mathématiques sont également proposés aux CM1 et CM2, pendant les vacances scolaires par petits groupes, à raison de trois heures par jour pendant une semaine. Lors de la première session pendant les vacances de Pâques, 83000 élèves ont participé à ces stages. Début juillet, ce sont 50000 élèves qui s’étaient inscrits ; et fin août 65000 élèves ont pu se remettre à niveau pendant la rentrée scolaire.

- L’action des 8000 maître spécialisés structurés en RASED va être réinvestie spécifiquement pour intervenir sur les difficultés comportementales et psychologiques des élèves, répondant ainsi aux situations que les professeurs des écoles ne pourraient pas gérer dans le cadre des dispositifs ci-dessus.

- Un plan national de formation des enseignants au traitement de la difficultés scolaire est prévu pour les professeurs des écoles qui éprouveraient une difficultés ou un besoin à s’occuper de cette difficulté. 40000 enseignants seront concernés sur 5 ans par ce plan de formation. Cette qualification supplémentaire sera reconnue financièrement et en termes de carrière. Cet effort considérable vise à doter chaque école ou groupe d’écoles d’un maître-ressource dans ce domaine.

La sédentarisation de 3000 maîtres spécialisés des réseaux d’aide et de soutien des élèves en difficulté (RASED), la mise en place du dispositif d’aide personnalisée, tout comme le meilleur emploi des maîtres spécialisés travaillant en réseau et la formation, constituent désormais l’ensemble des réponses au traitement de la difficulté scolaire dans toutes les classes.

A la rentrée 2009, un ou plusieurs maîtres spécialisés itinérants seront affectés par l’inspecteur d’académie pour exercer à temps plein dans une école en tant que titulaires d’une classe. Cette nouvelle implantation se fera, dans toute la mesure du possible, au sein de l’aire géographique d’intervention du RASED.

Les RASED des zones rurales éloignées, compte tenu de leur spécificité, ne seront qu’exceptionnellement concernés par cette mesure. En effet, des modalités d’intervention itinérantes peuvent se justifier sur des territoires dotés de petites structures scolaires disséminées.

Ainsi, les enseignants concernés par cette mesure pourront exercer, s’ils le souhaitent, dans une école du secteur qu’ils connaissent déjà. Sinon, ils pourront participer au mouvement départemental des professeurs des écoles.
Dans ce nouveau cadre, la qualification du maître spécialisé, nommé sur un poste de ce type dans une école, continue à être reconnue, notamment à travers son régime indemnitaire propre.

Les postes particuliers d’exercice des maîtres E ou G (CMPP, maîtres-référents ASH, projets départementaux) ne sont pas concernés par la réimplantation. En outre, le rôle et les fonctions des 3700 psychologues scolaires restent inchangés.

Enfin, j’ai demandé à votre inspecteur d’académie de vous présenter, au plus tard à la fin du mois de janvier, le schéma de réimplantation des maîtres spécialisés de votre département.

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 18:09


par André OUZOULIAS


Chers amis,

Peut-être le saviez-vous déjà ? Sinon, je crois utile de vous signaler la mise en ligne d'un "Appel des enseignants des écoles primaires" sous le titre :

STOP À LA DEMOLITION. STOP AU MÉPRIS. M. DARCOS DOIT DÉMISSIONNER.

Avec Sylvain Grandserre, maître de CM, directeur d'une école rurale de Seine Maritime, 100 maîtres des écoles maternelles et élémentaires, de toutes les régions de France, appellent leurs collègues de tous les niveaux d'enseignement à signer ce texte.

Voici le lien :
www.darcos-demission.org

Un texte de soutien à cet appel est également en ligne, sous le titre : "Nous sommes tous des maîtres du primaire".


Merci de faire connaître cette belle idée, sans modération.

Bien cordialement,
AO


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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 15:23

A ce jour, 430 instits sur 70 écoles ont averti SUD et/ou le SNUipp qu'ils suspendaient l'aide personnalisée.
Des parents d'élèves ont recommencé des occupations d'école dans le 20ème.

Et pour gagner la "bataille de l'opinion", des réunions publiques continuent à être organisées :

* Samedi 13 décembre, dans le 13ème arrt, de 10h à 15h, à l'école 30 place jeanne d'Arc (avec repas  !)

* Lundi 15 décembre, dans le Centre, à 19h, Mairie du 4e, Place Baudoyer

* Lundi 15 décembre, dans le 9ème arrt :
Mairie du 9ème ( rue drouot, Métro Richelieu -Drouot), salle Rossini
à 19 heures
Réunion Publique avec EDDY KHALDI   ouverte à tous ceux que l'avenir de l'école interroge et mobilise.

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 15:09

Dans un communiqué publié jeudi 11 décembre, l'Union nationale lycéenne appelle les lycéens à une journée nationale de manifestations partout en France jeudi 18 décembre, "afin de continuer à faire entendre la voix lycéenne et à lutter contre la casse générale d'un service public qui nous est cher : celui de l'éducation!".


L'organisation lycéenne appelle par ailleurs les lycéens à se mobiliser localemement en occupant "les lycées avec les professeurs dans la nuit du 15 décembre", date à laquelle le syndicat enseignant Snes-FSU convie à des "réveillons revendicatifs". -

De son côté la Fidl appelle à une journée d'action dans toute la France

Mardi 16 Décembre
(Paris 10h30 à Bastille)


(Avec AFP.)

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 14:16

(Source AFP)

Dessin in Libération

Entre 3.500 et près de 5.000 personnes, selon les estimations de la police et des organisateurs, ont manifesté, samedi à Toulouse, pour protester contre "la casse de l'école publique", a constaté un journaliste de l'AFP.

Rassemblés derrière une banderole "Service public d'éducation: non à la casse" et à l'appel de divers syndicats d'enseignants, d'associations éducatives ou de parents d'élèves, les manifestants ont défilé dans le centre-ville de Toulouse aux cris de "Dans les écoles, y'a du boulot et dans la rue y'a des chômeurs, embauchez !".

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 10:38


"Au moins deux cents manifestants (parents et enseignants) ont participé à l'action prévue sur la place Fontaine du Temple, avec bruits fumigènes de rigueur hier soir de 17h30 à 19h30 !
 
Le tramway a été bloqué pendant un court moment, et nous avons tracté auprès des automobilistes.
 
Nous sommes ensuite descendus vers Champion, où l'on s'est à nouveau fait entendre en reprenant entre autres la chanson du quartier St Roch diffusée sur le répondeur de là-bas s'y j'y suis !
 
Enfin, nous avons occupé nos écoles, parents et enseignants jusqu'à 23 heures."
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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 10:03

(Source AFP)


Tous les syndicats enseignants du supérieur ont quitté vendredi une réunion avec des représentants de la ministre Valérie Pécresse, afin de dénoncer le "flou" du gouvernement sur la formation des enseignants, a affirmé le syndicat Snesup-FSU dans un communiqué.

Cette réunion était une "mascarade" et cela démontre la "nécessité", selon le Snesup, de reporter de 2010 à au moins 2011 les nouveaux concours pour devenir enseignants, car "la qualité de la formation en dépend".

"Tant sur les concours que sur les évolutions des parcours de formations, les ministères sont sourds aux revendications des personnels et refusent d'ouvrir la moindre négociation sur le fond comme sur les calendriers", ajoute-t-il.

Selon le communiqué, FSU, Unsa, CGT, CSEN, FO et Sgen-CFDT ont tous quitté la séance.

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 09:58

(Source AFP)

Plusieurs milliers de lycéens ont à nouveau manifesté vendredi, généralement dans le calme, contre le projet de réforme des lycées dans de nombreuses villes de l'Hexagone, notamment dans l'Ouest, ainsi qu'à La Réunion où quelques incidents ont été signalés.

Quelques incidents isolés ont également eu lieu à Brest, Nantes, Vitrolles et Nancy, où un enseignant et un parent d'élève ont été légèrement blessés lors d'échauffourées dans l'enceinte d'un lycée professionnel.

A La Réunion, où près de 5.000 lycéens ont manifesté, quelques affrontements on eu lieu avec les forces de l'ordre à Saint-Pierre et Saint-Denis.

Des jeunes qui voulaient forcer les grilles de la sous-préfecture de Saint-Pierre ont été repoussés par les forces de l'ordre et un jeune a été légèrement blessé. A Saint-Denis, des jeunes qui s'approchaient de la préfecture ont également été repoussés par la police. Six jeunes, non lycéens, ont fait l'objet d'un rappel à la loi après avoir lancé des canettes sur les policiers.

La plus forte mobilisation a été enregistrée, comme les jours précédents, dans l'ouest qui est en pointe du mouvement lycéen depuis une semaine.

A Rennes, 4.000 jeunes selon la police, 6.000 selon les manifestants, ont à nouveau défilé en plusieurs points de la ville, portant des banderoles proclamant notamment "L'éducation est sacrifiée, il faut se réveiller" et en scandant "Darcos t'es foutu, la jeunesse est dans la rue".

D'autres manifestations, réunissant entre 1.000 et 2.000 jeunes selon la police, ont eu lieu à Caen, Nantes, Saint-Nazaire ou Bordeaux.

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 20:30

In Libération


Parce qu'ils refusent ouvertement d'appliquer les réformes Darcos, une dizaine d'instits ont des pénalités de salaire. La résistance s'organise sur la toile.



Bastien Cazals, directeur d’une école maternelle près de Montpellier, l'a appris aujourd'hui: il perdra huit jours de salaire en décembre pour «refus d’obéir». Comme lui, de plus en plus d’enseignants entrent en résistance contre les réformes Darcos en refusant de les appliquer. Et en le faisant savoir.

Cette «désobéissance pédagogique» utilise tous les canaux de communication. Le 25 novembre, Bastien Cazals adresse une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, relayée largement dans la blogosphère enseignante: «La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration (article 15 de la DDHC de 1789) c'est pourquoi d'un fonctionnaire dévoué je me vois contraint de devenir un fonctionnaire désobéissant !» Il refuse d’appliquer les nouveaux programmes, ou de mettre en place l'aide personnalisée destinée, selon lui, à remplacer l'aide spécialisée du Rased. A la place, il propose d'organiser les projets pédagogiques collectifs.


La sanction ne s'est pas fait attendre.
Dès mardi, l’inspecteur de l’académie de Montpellier rappelait que «la loi impose aux professeurs des écoles de faire deux heures de soutien aux élèves en grande difficulté. M. Cazals s’affranchit de cette affaire (…) Il ne fait pas son travail, il n’est pas payé».Les blogs pour résisterVisiblement ébranlé –ou pour le moins déstabilisé- par cette nouvelle forme de protestation, le ministère de l’Education semble miser sur des sanctions rapides et exemplaires pour éviter la contagion. 

Pourtant, quelques clics sur les blogs et autres plateformes de profs suffisent pour comprendre que le mouvement a déjà pris de l’ampleur. Ces
«désobéisseurs», comme ils s'appellent eux-mêmes, organisent leur résistance via la toile. D’abord avec ce blog, lancé à l'initiative d'Alain Refalo, enseignant près de Toulouse: «Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école» qui propose notamment «un modèle de lettre à adresser à son inspecteur».

Sorte carnet de bord de la mobilisation,
la page «soutien aux enseignants désobéisseurs» recense les profs visés par des sanctions disciplinaires. Et appelle à des initiatives locales des parents d'élèves pour soutenir les enseignants (pétitions et autres mobilisations en tout genre).


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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 18:24

Je pense, donc je dis. (Sous-entendu : tant pis!)

Empêcher... empêchés de penser.

Généralement, les programmes scolaires se succèdent au rythme d'une ou deux décennies, mais jamais on a vu des programmes comme ceux de 2002 devenir aussi rapidement obsolètes.
Quel est donc l'évènement qui a pu être à la source de ce changement ? Cela vaut vraiment la peine de s'y arrêter.
Une Recette Simple pour devenir un personnage considérable en trompant des millions de parents et en coinçant des millions d'enfants dans un couloir insensé.

Voici la recette :
1 - avoir l'air d'avoir raison.
2 - coloniser les médias.
3 - s'appuyer sur un semblant de logique.
4 - jouer sur la nostalgie.

1. Avoir l'air
Il veut nous faire croire qu'un signe (graphème) ne correspond qu'à un seul son (phonème) et qu'à un phonème ne correspond qu'un seul graphème.  Et si on s'arrête aux syllabes composées des consonnes m, n, r, l associées aux voyelles simples a, e, i, o, u, il a l'air d'avoir raison. Et en Italie, il aurait raison à 100% parce que l'italien est construit de cette façon. Mais nous sommes en France. Tout au long des siècles, les peuples français successifs semblent avoir eu pour unique objet de raccourcir les mots. Si bien qu'il y a un nombre considérable de mots d'une ou deux syllabes. Cela a eu des conséquences importantes. Pour commencer, il a fallu habiller différemment chaque mot de même prononciation, par exemple les mots italiens suivants, concia, tanto, tafano, tempo, tende, tendi, te ne se traduisent par tan, tant, taon, temps, tend, tends, t'en... En outre, dans son désir de multiplier les vocables, la langue française a introduit plusieurs éléments nouveaux tels que les l et n mouillés (ill et gn) et surtout les nasales. Et cela apporte une intense variabilité dans les prononciations et les graphies. Par exemple, on a m+en = men comme dans moment, il ment, mais examen ? abdomen ? Ils aiment ? Si on demande à n'importe quel Italien d'écrire le son lai (les, lait, laie...), il écrira sans hésiter lè. Mais les Français ont au moins 27 façons de transcrire ce son les, lai, laid, laie, l'es, l'ai, l'est, let, legs, l'è, l'ê, etc. C'est à foison que l'on peut trouver des exemples de cette variabilité : une balle, un hall ; tram - tambour ; tempe - flemme - femme ; il tient - quotient : fille - ville : album - parfum ; seconde (gon) ; enfant - neuf ans (9 van) : chômer - chromer ; j'ai eu - eux - heure -; patent - patient ; idiotisme - idiotie ; wagon - water ; mes fils - mes fils ; sans compter le s intervocalique : rose, rosse, mais aussi : transi - ainsi - soubresaut Pour s'en sortir, « Il » pourrait dire : « Évidemment, il y a des exceptions qui confirment la règle. » À quoi, on pourrait répondre qu'en français, c'est l'exception qui est devenue la règle. C'est clair, son système ne correspond pas aux faits de la langue. Mais à ses yeux, cela n'a aucune importance.

2 - Coloniser les médias.
Lors de la bagarre qu'il avait suscitée, le groupe « Sauvons les lettres » (et tuons les esprits) a donné toute sa mesure. Ils n'étaient qu'une poignée et ils ont occupé tout l'espace. Pour cela, il leur suffisait d'être totalement fidèle à un principe : on affirme et on ne discute jamais. Lorsque quelqu'un voulait introduire des nuances dans la  discussion : « Mais pour arriver à la lecture courante qui ne s'appuie que sur quelques indices, il faudra bien apprendre à lire globalement - Seule est valable la méthode syllabique. Cela fait penser à Chirac qui coupait court à toute discussion en disant : « Oui, mais, la fracture sociale ? » et à Sarkozy : « travailler plus pour gagner plus. Les médias aiment les positions bien tranchées, pour ne pas dire assénées parce qu'elles sont provocatrices. Ils n'aiment pas les nuances. Et c'est ainsi qu'un ministre de l'Éducation Nationale s'est alors laissé prendre au piège. Il n'y connaissait rien mais, de voir des gens si accrochés à leurs convictions, c'était peut-être parce qu'ils avaient raison. Et c'est ainsi, qu'à sa grande surprise, « Il » s'est trouvé accueilli au ministère et doté de pouvoirs. Et, le plus fort, c'est qu'après le changement de ministre, il a marqué les nouveaux programmes de ses idées infiniment réactionnaires nullement en phase avec les impérieuses nécessités du moment. Pour lui, c'est simple, il faut en revenir à l'école d'autrefois qui donnait de si beaux résultats. Et voilà comment il est devenu un personnage considérable, considérablement négatif.

3 - Un semblant de logique.
Mais enfin, est-ce que ça peut marcher sans une certaine conception, une sorte de théorie de l'apprentissage? Oui, elle existe, mais comme pour tout le reste, elle est d'une très grande simplicité. Les parents savent évidemment comment on réalise quelque chose : une maison, par exemple. On construit en ajoutant élément par élément, brique après brique, pierre après pierre. Et si on leur dit qu'en ce qui concerne l'acquisition du savoir, c'est la même chose, la majorité des parents est prête à marcher. Évidemment, si c'est aussi simple que cela, on peut accepter la présentation qui est faite du problème de la lecture : on part de zéro, on apprend les lettres, et puis on les associe deux par deux pour faire des syllabes, et puis on peut en faire des mots etc. Mais, on ne pousse pas plus loin parce que ça pourrait se compliquer. On préfère laisser en suspend. On se garde d'aller jusqu'à la phrase, au paragraphe, etc. On n'en reste qu'à l'idée du déchiffrage. La seule qui soit sûre. Il est évident que si, face à cela, on cite Édgar Morin, l'accord ne risque guère de se faire. Voici ce qu'il écrit : « Ainsi, tout événement cognitif nécessite la conjonction de processus énergétiques, électriques, chimiques, physiologiques, cérébraux, existentiels, psychologiques, culturels, linguistiques, logiques, idéels, individuels, collectifs, personnels, transpersonnels et impersonnels qui s'engrènent les uns dans les autres. […] La connaissance est donc bien un phénomène multidimensionnel dans le sens où elle est, de façon inséparable, à la fois physique, biologique, cérébrale, mentale, psychologique, culturelle, sociale. » (Édgar Morin. La Connaissance de la Connaissance, Seuil, 1986, p.12.) Et, évidemment, les parents seront plus enclins à adopter une théorie accessible plutôt que d'avoir à se poser des questions difficiles. Et pourtant, c'est seulement quand nous avons pris en compte la complexité des individus, des groupes et des situations que nous avons effectué nos plus grands progrès. Et c'est plus facile à réaliser qu'on ne le croit. Il suffit de savoir où trouver le bon moteur.

4 - La nostalgie.
On pourrait penser que c'est pour séduire les parents que l'on en revient à ce point en arrière. Lorsqu'ils achètent la Méthode Boscher, ils risquent de retrouver la souffrance de leurs apprentissages, mais c'est surtout leur enfance qu'ils veulent revivre. Et ils retiennent tout en positif, alors que c'était loin de l'être. Mais l'auteur des programmes a vraiment une vision nostalgique des choses. C'est simple pour lui : pour avancer vraiment, il faut revenir soixante ans en arrière. Lorsqu'on lit le programme du CP-CE1, on croirait se retrouver au milieu du siècle précédent, comme si rien n'avait bougé, comme si la vie était immuable; alors qu'il s'est passé bien des avancées qui changent fondamentalement les choses. Les enfants sont dans les mêmes conditions qu'autrefois. Le but est le même : les empêcher de penser. Et c'est pour ça que les instructions de 1923 lui plaisent tant. En français, on retrouve les anciens procédés, comme si on s'était contenté de faire un copier-coller. Et pourtant, dans ce domaine, nous avons fait de grands progrès parce que nous avons envisagé différemment le but de l'école qui est maintenant, dans le monde dangereux où nous sommes, d'aider les enfants à vivre. Mais je voudrais souligner un phénomène sur lequel on s'est très peu arrêté. Supposons l'histoire d'un père qui achète un vélo à son fils. Évidemment, l'enfant voudrait immédiatement le chevaucher. « Pas question, dit le père. Avant d'aller plus loin, il faut d'abord que tu saches démonter et remonter la roue avant, la roue arrière, les freins, le dérailleur, etc. Alors, tu pourras monter sur le vélo. » Il vous paraît vraiment bizarre, ce père. Mais c'est pourtant ainsi que fonctionne l'école. On apprend à décomposer la phrase simple. Et ça va parler à beaucoup. On se souvient du groupe du sujet, du groupe du verbe. Avant, c'était le sujet le verbe et les compléments. En remontant un peu plus haut, on retrouve : analyse grammaticale de telle phrase. Exemple : « Le chien aboie le soir. »Et tous les jours, on écrivait :le, article définichien : nom commun, masculin, singulier, sujet de aboie aboie : verbe aboyer, premier groupe, troisième personne du singulier soir : nom commun, masculin, singulier, complément circonstanciel de temps de aboie. C'était d'un mortel ennui. Et on n'avait même pas le plaisir de monter sur le vélo, je veux dire qu'on ne pouvait jamais se servir des mots pour son plaisir personnel. Ce n'était jamais à l'ordre du jour.Revenons-en à cette « magnifique » école d'autrefois : elle durait 30 heures par semaine sans compter les heures d'études pour les enfants des villes. Pour quels résultats ?Prenons une classe de certif (il se passait alors à 12 ans) : 55 élèves, tous fils de cheminots. 54 reçus à l'examen. Et qu'est-il sorti de cette promotion ? Trois instits, deux employés des impôts, dont un cadre, deux divers et, presque tout le reste : cheminots. Et plus de 80% des élèves de cette classe ont posé le porte-plume dès le lendemain de l'examen. Et ils ne l'ont même pas repris pour les lettres de bonne année parce que les femmes s'en chargeaient.Pourtant, ils savaient parfaitement écrire le français. Ils avaient passé six années de leur vie à l'apprendre. Oui, mais pour quoi faire ? On ne leur avait pas dit qu'ils pourraient avoir des choses intéressantes à exprimer. « C'est quand on commence à écrire qu'on commence à penser. » (Ricardou). On s'est bien gardé de les mettre en condition de pouvoir commencer à écrire.

Un crime culturel
On ne se rend pas encore bien compte quelles avaient pu être les raisons souterraines de cette extrême obsession orthographique. Elles étaient politiques. À un moment donné, la bourgeoisie s'était rendue compte qu'il était de son intérêt de disposer d'ouvriers et d'employés sachant lire, écrire et compter. Mais cela présentait un certain danger parce que le peuple pouvait en profiter pour se cultiver. Or, on sait que la maîtrise de l'orthographe peut être assurée à divers âges: 11, 13, 16, 18 ans...Et c'est ce qui se passait dans les écoles de la bourgeoisie : petit lycée, puis lycée. Le baccalauréat étant le premier examen que l'on allait passer, on avait tout le temps d'apprendre à penser et à écrire correctementMais pour les enfants du peuple, pas question ! Dès 12 ans, pour les Bourses Nationales et le CEP, on exigeait moins de cinq fautes dans la dictée, sinon c'était l'élimination. Que de souffrances pour les enfants et les familles, que d'angoisses pour les maîtres, que de drames, que d'humiliations, que de coups même, et en nombre ! Ainsi, parce qu'au jour fixé, des dizaines de millions de personnes n'avaient pas eu la possibilité ou la chance de franchir l'obstacle, elles s'étaient trouvées déconsidérées aux yeux de tous et à leurs propres yeux pour le restant de leur vie. Quel crime, cette obligation prématurée de la maîtrise de l'orthographe !Mais pour la classe bourgeoise, c'était bien joué. Comme dans cette matière, on n'était jamais assuré de réussir, il fallait y consacrer beaucoup de temps. Et cela empêchait de faire autre chose. À l'approche de l'examen, les maîtres organisaient gratuitement des études le matin et le soir. Et si on entrait à l'École Normale d'Instituteurs, ce n'était pas pour des raisons de justesse des idées, d'excellence de la pensée, mais à la suite de la réussite à l'épreuve de la dictée qui avait un fort coefficient. Et ceux qui avaient réussi ne se rendaient pas compte qu'ils avaient été sélectionnés pour leur aptitude à perpétrer le crime culturel. Et on pourrait même parler de génocide parce que ce sont des centaines de millions d'individus qui ont été ainsi exclus de la culture. Si l'école ne s'était pas alors préoccupée du calcul qui était absolument nécessaire et de quelques notions d'histoire et de géo et de faire apprendre quelques beaux textes, elle aurait travaillé pour rien. Elle n'a fonctionné qu'à 40% de ses possibilités.

5 - Des enfants heureux.
Cependant, malgré les difficultés, il existe des enfants heureux, essentiellement parce qu'on a libéré leur parole. Ils disposent de six langages, et ils s'en servent parfois de façon stupéfiante. Ils aiment venir à l'école parce qu'ils ont l'impression qu'ils vivent à plein leur enfance. Leurs parents sont étonnés de leur élan, de leur dynamisme. Mais que s'est-il donc passé pour qu'ils soient tellement différents? C'est que, progressivement, année après année, technique après technique, ils sont devenus sujets de leurs apprentissages. C'est une sorte de révolution copernicienne face aux ridicules ambitions des programmes. On s'est installé dans de nouvelles visions des choses. En voici la formulation.L'enseignement doit permettre à chacun de se constituer sa propre culture, sur la base de ses données particulières de départ, par le moyen de l'expression-création et de la communication dans un groupe positif.

Paul Le Bohec, 87 ans, 02/12/2008

L'école, réparatrice de destins ? Paul Le Bohec, L'Harmattan, 2007

 

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