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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 21:12

C03-27.jpgFaut-il à ce point aimer le nouveau lycée Sarkozy ?

 

Christian Laval

 

Au pas de course, le gouvernement réforme le lycée. Les décrets en seront bientôt publiés. Des escouades de proviseurs et d’inspecteurs parcourent le pays pour informer, expliquer, justifier. Après un rapide tour de piste de Richard Descoings et un semblant de consultation, le temps des décisions est arrivé. Quant aux professionnels, c’est à peine si, dans leur plus grand nombre, ils savent de quoi sera fait leur métier demain. Nicolas Sarkozy qui avait posé dès le mois d’avril 2009 l’architecture du nouveau lycée ne veut pas perdre de temps. Il ne faudrait surtout pas laisser croire que les oppositions de l’année dernière qui ont imposé le retrait du projet de Xavier Darcos  l’ont arrêté dans la volonté de « rupture ». Mais une « rupture » pour quoi faire, pour aller où, pour quel lycée ?


La situation est fort étrange. Alors que l’opinion semble souvent plus que réservée sur des réformes d’inspiration clairement conservatrice et néolibérale –les retraites, l’hôpital, la poste, etc- elle paraît approuver la réforme du lycée. La connaît-elle  pour juger ? Question impertinente puisqu’en démocratie d’opinion et de marché, la connaissance n’est nullement  un réquisit du jugement. C’est ainsi que l’on apprend par la presse et sur le site du gouvernement que « Plus de trois quarts des Français (76 %) se déclarent favorables à la réforme du lycée. » Il est précisé qu’il s’agit d’une enquête réalisée par le C.S.A pour le ministère de l'Éducation nationale auprès d’un échantillon national représentatif de 1007 personnes âgées de 18 ans et plus par téléphone les 6 et 7 janvier 2010.  Comme le C.S.A se veut un institut sérieux, il a demandé aux enquêtés s’ils avaient entendu parler de la réforme et s’ils savaient de quoi il s’agissait. Si 60 % des Français déclarent avoir entendu parler de la réforme du lycée, 16 % d'entre eux affirment savoir précisément ce dont il s’agit et 44 % disent ne pas le savoir. Si l’on s’intéresse à la ventilation des réponses par CSP, on observe que si 28 % des cadres et professions libérales prétendent connaître la réforme, seuls 9 % des employés font la même réponse. Visiblement, que l’on sache ou que l’on ne sache pas, l’essentiel est de donner son avis.  Autant de précipitation, de communication officielle et de désinvolture dans la mise en œuvre du nouveau lycée ne doit pas empêcher de se poser quelques questions.Une réforme de ce genre, même mauvaise,  peut produire ses effets entre cinq et dix ans, parfois plus. D’où l’importance  d’en débattre.

 

1-La réforme du lycée est-elle prioritaire ?

 

Est-ce le lycée qu’il faut réformer en priorité ? Tous les « experts », il y a peu, parlaient de la réforme impérative du collège. D’autres, de l’école primaire. Quant à l’université, faut-il même l’évoquer tant elle est réputée avoir fait naufrage, et pas nécessairement du fait du bas niveau des lycéens ? On invoque les enquêtes PISA qui seraient « désastreuses ». Manque de chance, elles comparent les performances …des élèves de 15 ans, donc avant leur entrée au lycée !  De nombreux parents ne rêvent que d’une chose : envoyer leurs enfants en classes préparatoires dans …les lycées ! Cela va-t-il si mal ? Admettons un instant que le lycée soit  en tête des priorités de la réforme parce qu’il est inégalitaire, que ses filières sont trop hiérarchisées, par quoi faudrait-il commencer ? Les inégalités ? Sûrement, mais celles que l’on y constate sont-elles dues aux raisons invoquées, en particulier  à la  mauvaise orientation à la fin de la 2nde,  source supposée de tous les échecs ?  C’est une raison pour le moins secondaire, compte tenu de tout ce que l’on sait sur les facteurs d’échec à l’école.  Mais au fond, les raisons profondes des inégalités importent peut-être bien peu dans les motivations de la réforme. La raison ne serait-elle pas d’abord qu’il faut faire  évoluer les structures et les dispositifs pour les adapter à la diminution –inédite dans l’histoire-  des effectifs enseignants (on parle de 90 000 postes de moins en 5 ans).

 

2-Pourquoi abolir le peu de démocratie qui existe au lycée ?

 

Pour réaliser cette réduction des moyens affectés au lycée, un seul moyen : donner au chef d’établissement, fonctionnaire d’exécution dépendant du recteur et du ministre, la « latitude » pour imposer des diminutions d’heures-postes, des concentrations de classes, une « rationalisation » tous azimuts grâce à l’élaboration d’un projet par le « conseil pédagogique ». On commence à percevoir le rôle stratégique qu’on veut faire jouer à ce dernier : la répartition des miettes et la concurrence de tous contre tous.  C’est la réforme de l’ombre ou l’ombre de la réforme : le pouvoir du chef d’établissement face aux autres acteurs s’accroît notablement, empruntant tout à la fois à l’Ancien Régime et au modèle autocratique de l’entreprise. Ses prérogatives seront celles d’un petit souverain qui désignera l’ensemble du conseil pédagogique, une instance dont il pourra en toute légalité changer les membres s’il lui en prend l’envie. Ce conseil pédagogique est curieusement fait à l’imitation d’une institution typique de l’Ancien Régime : le « conseil du roi », composé des sujets réputés les plus éclairés appelés par le monarque auprès de lui pour le seconder et le guider de ses avis. Le nouveau chef d’établissement présentera lui-même en Conseil d’Administration ce projet d’affectation des heures dédoublées, mais aussi les multiples autres aspects de la vie pédagogique, et en cas de refus des représentants élus,  pourra passer outre. On a là l’application d’un modèle imposé partout. L’État à tous les échelons et dans tous les secteurs, à l’hôpital, à l’université, doit ressembler à l’entreprise privée censée être plus efficace, et ce en dépit de quelques contre-exemples récents (les banques…). La démocratie timidement entrée dans les établissements après 68 recule nettement: les élus ne sont rien ou plus grand chose, les experts et les chefs sont tout.

 

4- La situation des lycées sera-t-elle améliorée par un surcroît « d’autonomie » ?

 

« L’autonomie » plus grande accordée aux établissements locaux n’a de sens que replacée dans le contexte actuel. Elle doit être mise en rapport avec la suppression de la carte scolaire et la généralisation de la concurrence entre établissements. Chacun d’entre eux devra lutter contre les autres en utilisant sa marge de manœuvre s’il ne veut pas perdre sur le marché scolaire. Dans tous les pays, l’autonomie des établissements en situation de concurrence a produit une ségrégation sociale et ethnique accrue. Tous les travaux sociologiques sans exception le montrent. Et l’on sait que lorsque le système dérive vers une segmentation de plus en plus manifeste, comme il le fait en ce moment, ce n’est pas d’autonomie concurrentielle dont il a besoin mais de régulation politique au service d’un projet éducatif collectif. Le ministère ne veut rien savoir et conduit le système jusqu’à une fragmentation de plus en plus dramatique pour tous.  Une situation qui encouragera encore plus  les conduites de fuite des parents vers le privé et toutes les stratégies des acteurs ordonnées aux intérêts particuliers.

 

5- La mise en concurrence des disciplines est-elle une bonne chose ?

 

 La concurrence est le maître mot de cette réforme, c’est le principe des pratiques qu’il s’agit d’installer par un dispositif subtil. La globalisation des heures dédoublées en situation de rationnement va mettre toutes les disciplines en compétition pour accéder aux heures en petits groupes et pour défendre les options. Diviser pour régner.... Les enseignants n’auront plus, chacun dans leurs coins, qu’à peaufiner des projets et arguments plus mirobolants les uns que les autres pour tenter de préserver un minimum de conditions supportables. On peut craindre  que le « besoin des élèves », dont on peut dire et faire à peu près n’importe quoi, ne serve de levier pour dégrader les conditions d’enseignement et d’apprentissage. Est-il de bon aloi d’introduire la guerre de tous de tous dans une période qui supposerait à l’inverse le plus de coopération possible entre les enseignants ? On peut en douter.

 

6-Est-il bien raisonnable de marginaliser  la « troisième culture » ?

 

Certains aspects de la réforme ont choqué  chercheurs et enseignants : entre autres, le ravalement de l’histoire géographie au rang d’option facultative en Terminale S, du jamais vu dans l’histoire de la République. Mais il ne faudrait pas oublier la réduction très symptomatique au statut de disciplinicule des Sciences économiques et sociales en 2nde (1heures 30) alors que cet enseignement définit le caractère de la filière ES, à côté de la S et de la L et qu’il faudrait être un esprit bien borné pour en nier l’importance aujourd’hui. Comment peut-on justifier le sort fait à la « troisième culture », celle des sciences de l’homme et de la société, lorsqu’on pense au caractère absolument indispensable des outils de connaissance et de réflexion sur l’histoire, la société, l’économie ? Et nous n’avons pas encore connaissance des nouveaux programmes dont on peut craindre beaucoup.

 

7- Faut-il réduire les enseignements disciplinaires ou les transformer si nécessaire ?

 

Ces aberrations ne doivent pas cacher un problème plus général. La réforme accentue la réduction de la transmission des « savoirs disciplinaires », bêtes noires des « modernisateurs » depuis longtemps. Cette stratégie a été entamée il y a une petite dizaine d’années par Claude Allègre. L’idée est de contourner les disciplines pour développer dans des « activités » nouvelles des pédagogies différentes permettant de développer des « compétences » jusque-là négligées : débats en Éducation civique, juridique et sociale, production autonome d’élèves en Travaux personnels encadrés en Premières et terminales (puis en Premières seulement). On peut approuver ou dénigrer cette orientation, de toute manière le bilan de ces activités n’a jamais été dressé depuis dix ans. On peut également se demander pourquoi il n’a jamais été fait d’enquêtes sur les pratiques pédagogiques dans l’enseignement secondaire, qui montreraient que la vision largement partagée par les supposés experts et les responsables politiques  selon laquelle il n’y aurait en collège et en lycée que des cours magistraux mérite d’être nuancée. L’un des problèmes que pose cette réforme, mais il n’est pas nouveau, est qu’elle s’appuie sur une méconnaissance profonde des pratiques des enseignants. Plutôt que de veiller à l’évolution des disciplines en leur donnant les moyens horaires permettant de mettre en œuvre des méthodes pédagogiques différentes, on préfère multiplier les dispositifs externes. C’est sûrement plus économique mais pour quel résultat pédagogique?

 

7-Accompagnement et tutorat :  a-t-on bien mesuré la portée de ces termes ?

 

Chaque élève aura droit à deux heures « d’accompagnement personnalisé », de la seconde à la terminale, et à un « tuteur » unique qui le suivra de la seconde à la terminale.  Voilà qui permettra un solide encadrement de proximité et de longue durée. Mais les adolescents en formation vont-ils supporter  cette omniprésence d’adultes bien intentionnés qu’ils n’auront de surcroît pas choisis ? Voire.

Que les réformateurs n’aient pas la moindre idée de la façon dont vont être organisés cet accompagnement et ce tutorat et quels en seront les contenus,  est une chose. Mais de quelle nature exacte seront les relations entre ces jeunes accompagnés et tutorés  et les adultes si l’on se fie aux termes dont on ne doute pas qu’ils aient été soigneusement pesés.

Accompagner vient du vieux français compain, qui a donné compagnon et copain. Il signifie comme chacun sait « prendre pour compagnon » et se « joindre à quelqu’un pour un déplacement ». A moins qu’il ne s’agisse du sens du vieux mot féodal qui signifiait en droit « contrat d’association » ? Mais quels seraient alors les termes de ce nouveau contrat féodal ? Qu’est-ce que ce mot peut donc bien signifier dans un rapport entre un professeur et des élèves ? Être copain, être compagnon (de fortune ou de misère),  être associé par un lien de dépendance personnelle ? 

A cette énigme sémantique s’en ajoute une autre. Assumer le rôle de tuteur pendant trois ans de la vie d’un adolescent n’est pas une mince responsabilité pour un adulte qui n’est ni sa mère ni son père. Elle est même immense, impossible peut-être, si le tuteur a la responsabilité de la « réussite » du jeune et s’il doit être évalué sur les « objectifs » qu’il devrait atteindre. Tuteur veut dire protecteur ou gardien, comme on sait, et a donné tutelle, soit un rapport de subordination et de dépendance, comme lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est sous tutelle. Les adolescents vont-ils  apprécier cette dépendance de 15 à 18 ans  à l’égard d’un adulte qu’ils n’auront pas forcément choisi? Quant au professeur, qui avait déjà pour mission importante quoique mal reconnue socialement et matériellement, d’enseigner  des savoirs à des classes, il se voit confier par la réforme deux missions qui pour être bénévoles n’en sont pas moins lourdes : être un « compagnon personnel » de ses élèves et être un substitut parental en matière de protection, de surveillance et d’encadrement. A moins qu’ils ne maîtrisent pas la langue française, ce qui serait un comble,  les promoteurs de cette réforme et tous ceux qui la soutiennent ont-ils pris la peine de réfléchir aux implications de toute nature, aussi bien pédagogique, psychologique que juridique,  de ces deux nouvelles modalités relationnelles qu’ils allaient mettre en place au lycée ?

 

8)  Le lycée Sarkozy pour quoi faire ?

 

Il y a quelque difficulté à saisir la cohérence de ces mesures et le lien entre les finalités et les moyens. C’est sans doute que la réforme  poursuit plusieurs objectifs qui s’entremêlent. L’argument financier est évident, il avait été explicitement mis en avant par le maladroit Xavier Darcos. Aujourd’hui, il est  bien vu de le taire dans l’Éducation nationale et Luc Chatel s’y emploie. Que diraient les sondages si l’on demandait aux Français s’ils approuvent la diminution de 10% du nombre d’enseignants en cinq ans ? Mais la mutation est sans doute plus profonde. N’est-il pas temps de briser la charpente de l’enseignement secondaire, ce lycée honni qui est, pour certains, la cause de tous les maux de l’école primaire et du collège puisque c’est lui qui est censé définir les savoirs à maîtriser, les niveaux à atteindre ? Réformer le lycée, ce n’est pas améliorer ce qui va le plus mal, c’est surtout permettre demain la réforme du primaire et du collège par allègement de contenus et d’horaires. On dira que c’est aller  à contresens des besoins en savoirs dans la « société cognitive ». Ce serait oublier que le lycée Sarkozy, si l’on veut en comprendre la motivation, est d’une part l’application de politiques qui  semblent ne vouloir connaître que les compétences professionnelles, et qu’il est, d’autre part, l’occasion de conjuguer de multiples intérêts fiscaux, catégoriels, idéologiques dont il vaut mieux ne pas débattre publiquement. Qui a intérêt à cette réforme ? Les élèves des lycées ? Pas si sûr. En l’absence de vrai débat, et si la réforme passe, il nous faudra pour en discuter les effets attendre cinq, dix ou vingt ans lorsque l’on pourra les constater. Mais gageons qu’il n’y aura plus alors ni coupables ni responsables. Réforme as usual.


Le texte au format word 

 

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Published by Sauvons l'Ecole - dans Lycées
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 13:16
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 13:04
In Var Matin
nm-photo-283944.jpg 

Photo : So. B

Un rassemblement était organisé, hier après-midi, à la sortie des classes, devant l'école Marcel-Pagnol. À la rentrée prochaine, une classe est promise à la fermeture.


La pétition a déjà recueilli plus de 300 signatures. En deux jours, les parents d'élèves de l'école élémentaire Marcel-Pagnol ont organisé leur mouvement de protestation. Aux côtés des enseignants, ils refusent la fermeture d'une classe annoncée pour la rentrée 2010.

« Il en va de la qualité de l'éducation pour nos enfants », s'exclame Christine, maman d'une petite Manon scolarisée au CP. « Ils veulent fermer une classe, alors que les effectifs vont augmenter, cela n'a pas de sens », renchérit Laurence, dont le fils est en CE2.


Arrivée d'élèves en 2011

Ce que les parents redoutent, c'est une classe à double niveau et une augmentation des effectifs dans les classes. « Pour l'instant, l'école est sur des effectifs raisonnables, mais tant mieux ! », explique André Touvier, de la section seynoise du SNU-ipp. Une simulation a été réalisée à partir des inscriptions actuelles en maternelle. « En 2011, 50 enfants rentreront en CP. En 2012, ils seront plus de 70 », indiquent les parents dans leur tract.


Parmi les enseignants, le message est clair. « Nous savons que la classe supprimée en 2010 ne nous sera pas rendue en 2011 ». Avec la suppression d'une classe,
« le poste de directeur perdra un quart de décharge, il y aura forcément une classe à double niveau, ça déstabilise l'école ».

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Published by Sauvons l'Ecole - dans Premier degré
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 18:12

« La situation des contractuels dans la Fonction publique, de mon point de vue, est profondément anormale ».
« Je suis tout à fait prêt à envisager la titularisation progressive des contractuels pour ne pas les laisser en situation de précarité. »


Les fédérations de fonctionnaires CGT, FO, CFDT et FSU ont pris au mot mardi le président de la République qui s'est déclaré la veille sur TF1 "prêt à envisager la titularisation progressive des contractuels" dans la Fonction publique.




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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 12:51

In Sciences2

Coordination nationale 2 fevrier  La Coordination nationale des universités (photo, celle du 2 février 2009) s'est réunie hier à Paris. Parmi les motions adoptées (lire di-dessous) la principale propose aux universitaires et aux enseignants d'engager un bras de fer avec le gouvernement sur la tenue des concours de recrutement en tentant d'empêcher la réalisation du calendrier gouvernemental de mise en oeuvre de la mastérisation.

Pour sa part, la Conférence des Présidents d'Université a réaffimé son opposition à cette réforme (lire sa dernière déclaration en fin de note), on y lit : «En publiant la circulaire du 23 décembre sur les cursus de master malgré les fortes réserves ou oppositions des communautés universitaires et scientifiques, le gouvernement a fait des choix lourds de conséquences qu’il devra assumer.» Par ailleurs, le syndicat AutonomeSup avait, le 18 janvier, publié un communiqué protestant contre le contenu de ces concours.

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Published by Sauvons l'Ecole - dans IUFM et formation
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 07:42
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 07:16

In Sauvons l'Université

http://www.sauvonsluniversite.com/local/cache-vignettes/L112xH107/arton3371-39a37.jpg28 établissements étaient présents à cette CNU, ainsi que 12 syndicats, associations, collectifs et sociétés savantes.

- Réaction de France 2
- Réaction
Dépêches de l’éducation

SAUVONS L’ECOLE DE DEMAIN !

La parodie des épreuves écrites de l’automne 2010 n’aura pas lieu !


Nous, enseignants, chercheurs, formateurs, engagés dans la préparation des concours et universitaires soucieux de l’avenir des étudiants, de la formation des enseignants et du service public, réaffirmons notre attachement au recrutement des enseignants par concours de la fonction publique et nous engageons à sauvegarder la qualité et la crédibilité de ces concours qui garantissent le statut et l’indépendance des enseignants.


Or, tous les acteurs de la communauté éducative (Universités, CNESER, syndicats, associations, CPU…) constatent que les dispositions relatives à la réforme dite de « masterisation » créent une situation impossible, particulièrement intenable pour la session 2010-2011 des concours de recrutement des enseignants du primaire et du secondaire.


Le calendrier imposé par le gouvernement, qui fixe les épreuves écrites d’admissibilité entre octobre et décembre 2010, interdit de mettre en place une quelconque préparation de ces concours à partir de septembre 2010, et ce quelle que soit la nature des épreuves et le contenu des programmes. Prétendre le contraire serait tromper les étudiants futurs candidats, les parents d’élèves, et mettrait en péril la crédibilité du système éducatif et universitaire.


En conséquence, confrontés à cette impossibilité manifeste, nous refusons d’organiser ou de participer à la session des concours prévue à l’automne 2010 (CRPE, CAPES, CAPET, CAPEPS, CAPLP, CPE).

Si le gouvernement s’obstinait à imposer des épreuves aberrantes, nous prendrions toutes nos responsabilités en vue d’obtenir leur annulation.


Nous nous engageons à maintenir en place, à la rentrée 2010, de véritables préparations aux concours de recrutement, ouvertes à tous les étudiants titulaires d’une licence, et selon un calendrier compatible avec les exigences d’équité et de qualité du recrutement.


Nous demandons solennellement aux ministres concernés de prendre toutes les dispositions nécessaires au maintien des épreuves de concours en fin d’année universitaire (printemps 2011).

En responsabilité et en solidarité avec les étudiants candidats, avec nos collègues enseignants en poste dans les écoles, les collèges et les lycées, avec les parents d’élèves et avec l’ensemble du corps social, nous réaffirmons ainsi notre engagement au service de la formation des étudiants et des futurs enseignants, en refusant l’application d’une réforme inapplicable.

La non tenue des épreuves à l’automne 2010 permettra, en outre, de bloquer la mise en œuvre des stages de 108 heures consécutifs aux épreuves d’admissibilité.


NOUS SAUVERONS LE RECRUTEMENT ET LA FORMATION DES ENSEIGNANTS !


La CNU soutient l’appel de collègues siégeant au jury du CAPES d’anglais et invite les jurys d’autres concours à s’en inspirer :

« Afin de résister à une stratégie qui consiste à imposer une réforme avec un semblant de concertation (exemple : la commission Marois-Filatre), nous en appelons à la solidarité entre collègues du primaire, du secondaire, de l’enseignement supérieur, des classes préparatoires, des IUFM et de l’inspection générale : résistons aux pressions aussi bien ministérielles qu’individuelles. Ne servons pas de caution à une réforme inadmissible dont nous dénonçons les méfaits et que tous les secteurs concernés refusent en bloc. »

Le ministère en appelle aux « bonnes volontés » pour concocter anonymement des sujets-zéros, nous appelons à faire zéro sujet !

Que le ministère assume son autoritarisme jusqu’au bout et fasse les sujets lui-même !

***

Appel aux enseignants de la maternelle à l’université.

Nous, enseignants, enseignants chercheurs et formateurs de l’enseignement supérieur, qui avons la responsabilité de la formation des professeurs, nous adressons solennellement à tous nos collègues de la maternelle à l’université.


Face à l’organisation de la mise en concurrence des collègues et des établissements d’enseignement à tous les niveaux, il est indispensable d’exprimer de façon solidaire notre refus commun de la destruction programmée de l’Education nationale. C’est l’avenir de tous les enfants et de toute la jeunesse qui est en jeu.

Loin des mensonges ministériels, la réforme diminue drastiquement le temps de formation des futurs enseignants ; elle atteint ainsi la qualité de la formation fondamentale (exigences des concours largement revues à la baisse) et pratique (disparition du stage annuel en alternance pour les reçus aux concours).


L’an dernier, la mobilisation de l’ensemble de la communauté universitaire a fait provisoirement échec à la mise en place immédiate de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, baptisée « mastérisation ».

Depuis cet été, le gouvernement distille les mesures d’application ; il continue de mépriser le travail et les recommandations des commissions qu’il a lui-même créées et d’ignorer les protestations argumentées de tous les acteurs concernés.


À mesure que circulaires et autres arrêtés sont publiés, cette réforme confirme, plus encore que nous ne le craignions, sa dimension fondamentalement nocive.


- Elle entraîne une considérable dégradation de la formation des enseignants, tant disciplinaire que pédagogique ;

- Elle implique une extinction des masters universitaires dédiés à la recherche dans de nombreux domaines ;

- et au-delà, elle s’en prend aux fondements de l’Education nationale – pilier de la République.


De fait, cette réforme aurait rapidement des effets redoutables. Elle désorganiserait les équipes pédagogiques et les établissements scolaires sommés d’accueillir pour des périodes très courtes des étudiants encadrés dans des conditions pédagogiques et juridiques acrobatiques. Elle organise un paysage de l’enseignement primaire et secondaire où les professeurs recrutés par concours et les fonctionnaires ne seront à terme plus qu’une minorité au milieu d’enseignants précarisés. Elle renforcera les déséquilibres entre les territoires et mettra à bas toute mixité sociale. Elle introduit dans tous les concours de recrutement une épreuve obligatoire aux relents autoritaristes censée évaluer la capacité des futurs collègues à « agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable ». Or, les candidats à l’enseignement s’engagent à servir l’Etat par le fait même de s inscrire aux concours : cela est suffisant. Nous ne laisserons pas instaurer ainsi le contrôle des opinions et la mise au pas des consciences. Enfin, la réforme menace les filières universitaires dont le débouché le plus visible est l’enseignement, en organisant la disparition, de fait, de la recherche dans les masters.


En cela, elle participe du même processus autoritaire de sape de l’enseignement public (réduction du volume horaire des disciplines) et de fragilisation des équipes enseignantes que la réforme du lycée, après celle du premier degré et des RASED.


Dans une telle situation, nous ne pouvons nous contenter de dénoncer cette réforme. Actuellement, les rectorats et les ministères mettent déjà en place des stages qui placent en responsabilité dans les classes des étudiants non formés, et appellent au recrutement massif d’enseignants vacataires, « étudiants » ou « jeunes retraités ». C’est la généralisation de ce recours à un personnel contractualisé et non formé qui est au cœur de cette réforme.


Pour faire échec aux réformes en cours, la communauté universitaire s’engage à :


1/ faire voter dans les conseils d’UFR, les conseils d’école des IUFM et les conseils centraux des motions reprenant l’Appel des trois Conseils centraux de Paris 8 ou toute autre formulation prenant position clairement contre la mise en œuvre de la réforme ;


2/ ne pas préparer les maquettes de masters d’enseignement ou parcours s’inscrivant dans cette logique ; intervenir dans chaque conseil pour bloquer leur élaboration et leur remontée.


3/ ne pas participer à la mise en place des nouveaux concours au dernier trimestre 2010 (ne pas élaborer de sujet d’épreuves, démissionner des jurys).


4/ ne pas collaborer avec les rectorats pour mettre en place les remplacements déguisés en stages.

Elle invite tous les collègues des premier et second degrés à trouver les modalités les plus adaptées pour bloquer la mise en place de cette réforme. Cela pourrait prendre les formes suivantes :


1/ ne pas mettre en responsabilité dans ses classes des étudiants préparant les concours

2/ ne pas jouer le rôle de tuteur des étudiants n’ayant pas encore réussi les concours

3/ ne pas jouer le rôle de tuteur des lauréats des concours, qui seront placés en responsabilité à temps plein et privés d’une véritable formation en alternance

4/ alerter les parents d’élèves lorsque leurs enfants seront face à des intervenants non formés

5/pour les enseignants du premier et second degré bénéficiant d’un stage de formation continue : refuser de laisser leur classe à un intervenant non formé.


Il est également souhaitable que :

1/ les Conseils d’écoles, conseils d’administration des collèges et lycées s’opposent au recours aux vacataires

2/ les formateurs d’enseignants (Inspecteurs de l’Education nationale, conseillers pédagogiques, maîtres-formateurs, professeurs d’IUFM…) refusent de participer à des formations dont les remplacements seraient assurés par des étudiants.

3/ les Conseils d’écoles et les Conseils d’administration des collèges et lycées fassent voter une motion du type : « Le Conseil d’école/ le CA de l’établissement demande au directeur d’école/au chef d’établissement de ne pas accepter de confier les classes aux étudiants n’ayant pas encore réussi les concours. Il demande également à l’ensemble des enseignants de l’école/de l’établissement de refuser le tutorat d’étudiants n’ayant pas encore réussi les concours ou de lauréats des concours qui seraient placés en responsabilité à temps plein, tout en étant privés d’une véritable formation en alternance. »


Nous appelons tous les enseignants des premier et second degrés à diffuser largement cet appel dans les établissements, par tous les moyens.


Nous appelons tous les enseignants à signer, et à faire signer par les parents, la pétition « 100.000 voix pour la formation des enseignants ! » (
www.100000voixpourlaformation.org).


Nous appelons les syndicats enseignants, de la maternelle à l’université, à amplifier la bataille du retrait des décrets et d’abandon total d’une réforme qui casse la formation des enseignants, nuit à la qualité de la recherche et remet en cause l’appartenance des futurs enseignants à la fonction publique d’État.

***

La CNU soutient l’Appel de Sauvons La Recherche :

« Non aux expertises de l’ANR et de l’AERES »

Il y a plus d’un an maintenant, Sauvons La Recherche appelait tous les chercheurs et enseignants-chercheurs à refuser d’effectuer des expertises pour l’ANR et l’AERES, comme le firent ensuite le C3N, le SNCS et le SNESUP. Ce moratoire devait durer tant que le gouvernement n’adopterait pas une autre politique scientifique : augmentation du financement récurrent des organismes, création de postes statutaires, rétablissement de structures collégiales d’évaluation. Ces conditions sont loin d’avoir été remplies. En effet, au moment même où a été annoncée une baisse de 10% des budgets de tous les organismes nationaux, à commencer par le CNRS, l’ANR a vu renforcer son budget (250 M€ en 2005, 650 M€ en 2009). Si l’exceptionnel mouvement du printemps 2009 a forcé le gouvernement à ne supprimer aucun poste statutaire en 2010 (mais sans engagement pour les années à venir), aucun poste n’a été créé et le recours à des personnels précaires n’a cessé d’augmenter : selon les estimations actuelles, il existe plus de 6000 CDD ANR et d’après l’ANR elle-même, seuls 35% d’entre eux trouvent un emploi.


De même, le principe de l’AERES reste toujours impossible à cautionner. Son coût apparaît prohibitif : en 2009 elle a dépensé environ 7585000€ pour 1517 visites, soit 5000€ la visite (train 1ere classe, hôtel 4 étoiles, 200€ de défraiement), sans compter les 20000€ versés aux délégués). Les membres de cette agence restent toujours nommés et les rapports confirment le constat d’opacité porté les années précédentes. Aujourd’hui, la situation s’est aggravée, car les prérogatives de l’AERES se sont étendues : en octobre 2009, le Comité National a été dessaisi de sa fonction d’évaluation (il n’émet plus que des « avis de pertinence ») au profit de l’AERES.


On ne voit donc aujourd’hui aucune raison de suspendre ce moratoire, dont l’efficacité est avérée : en SHS par exemple, 54% des personnes sollicitées en 2009 ont refusé de livrer des expertises. En février et mars 2009, tous les Comités Scientifiques de Discipline de l’ANR ont voté des motions exprimant l’inquiétude de la communauté scientifique, et huit de ces Comités sur onze ont démissionné collectivement. En février 2009, le C3N a également appelé à un moratoire des expertises, position validée par l’ensemble du CoNRS lors de la réunion plénière du 10 Juin 2009. Le C3N, qui était mandaté par le CoNRS pour se prononcer sur la poursuite du moratoire, au vu de l’évolution de la situation, a pris la décision, incompréhensible pour nous, d’appeler à la levée du moratoire en décembre 2009. Cette décision ne peut être justifiée par une évolution positive de la situation globale, bien au contraire, et nous la dénonçons. A l’inverse le SNCS a appelé en Décembre 2009 à la poursuite du moratoire. Sauvons La Recherche recommande donc plus que jamais à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs de refuser de participer aux expertises de l’ANR et de l’AERES, agences qui participent d’une politique de destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous rappelons qu’il n’est pas nécessaire d’avoir été sollicité par ces agences pour s’engager dans le moratoire. Il s’agit d’une position de principe à laquelle tout chercheur ou enseignant-chercheur peut souscrire, même s’il estime inévitable le recours au financement de l’ANR pour la survie de sa recherche.

Motion « Evaluations des enseignants-chercheurs »

La Coordination Nationale des Universités dénonce le « management » des universitaires selon des critères incompatibles avec la mission de service public de l’enseignement et de la recherche.

Les nouveaux modes d’évaluation tous azimuts des chercheurs et des enseignants-chercheurs, qui sont déjà évalués de manière individuelle et collective, relèvent d’une logique gestionnaire étrangère à l’activité scientifique.

L’évaluation supplémentaire mise en place par le ministère possède une triple fonction :


- cautionner une absence totale de revalorisation des rémunérations, dont la nécessité est pourtant reconnue. La prime dite d’excellence scientifique ne peut être accordée a priori qu’à un faible pourcentage d’enseignants-chercheurs et de chercheurs ; il est donc d’emblée nécessaire de trouver un nombre élevé de personnels qui ne sauraient en bénéficier.


- pallier les carences en personnels en accroissant sans cesse les tâches des personnels en poste, qui ont déjà fait l’objet d’un alourdissement considérable. La seule finalité de l’évaluation quadriennale des enseignants-chercheurs réside dans la modulation des services, l’augmentation des charges d’enseignement et des charges administratives, au détriment de l’activité de recherche et de la qualité de l’enseignement.


- placer les universitaires dans la dépendance du président d’université, enserrer l’activité de recherche dans les liens d’un contrôle de plus en plus étroit, étendre démesurément les procédures bureaucratiques de contrôle à l’ensemble des activités.


Ces conditions de travail aberrantes portent atteinte à l’indépendance nécessaire à la recherche.

Les personnels ITA et BIATOSS, dont chacun peut constater quotidiennement le nombre insuffisant, sont également soumis à une politique d’individualisation de primes, seule « réponse » du gouvernement à des besoins pourtant criants.


Nous dénonçons des évaluations dont le seul but est de faire injustement porter le poids de politiques gouvernementales néfastes sur les individus : chercheurs, enseignants-chercheurs, ITA, BIATOSS.

En conséquence :


1) Nous appelons les collègues siégeant au CNU à refuser de préparer et de réaliser l’évaluation quadriennale qui a pour but de moduler les services.

2) Nous appelons les conseils d’administration à voter des motions s’engageant à ne pas tenir compte des évaluations quadriennales, si elles avaient lieu, et à ne pas moduler les services.

3) Si l’évaluation semble si naturelle à nos ministres, nous évaluerons, dans la transparence, les évaluateurs (les Ministères, l’AERES et le fonctionnement des sections du CNU).

***

Déclaration finale sur la situation de l’Université et de la Recherche

Réunis ce 25 janvier 2010 en Coordination Nationale, nous, enseignants, chercheurs, personnels administratifs, techniciens, bibliothécaires et étudiants dénonçons la politique de l’enseignement supérieur et de la recherche que mène l’actuel gouvernement.


Nous dénonçons les effets d’annonces budgétaires et financières alors que, de 1998 à 2008 la France est passée du 3ème au 6ème rang européen pour l’intensité en Recherche et Développement, et que pour celle des crédits budgétaires publics, elle est passée de la 1ère place en 1996 à la 7ème en 2007.


Nous dénonçons la casse du statut de la fonction publique de 1946 qui se traduit par la suppression massive dans l’enseignement et la recherche des emplois de titulaires, remplacés par des emplois précaires. Si nous avons fait reculer le gouvernement pour la suppression de postes prévue en 2010, rien n’est acquis pour le futur et, de toutes façons, sans création nette d’emplois, la recherche et l’université françaises reculeront par rapport aux autres grands pays.


Nous dénonçons la Loi LRU, la présidentialisation des universités, les compétences élargies, la réforme du statut des enseignants, la mastérisation, la réforme du CNRS, les modes de fonctionnement et d’intervention de l’AERES et de l’ANR, l’évaluation permanente et la différenciation salariale. Il s’agit de réformes menées sans concertation, dans la précipitation, dont la mise en œuvre accélérée et simultanée perturbe les établissements et décourage tous les personnels.


Nous dénonçons la façon dont le gouvernement prétend œuvrer pour l’autonomie des universités alors qu’il entend en fait contrôler la mise en place des PRES, la création de campus, la réorganisation immobilière des universités parisiennes, et la carte des diplômes et de la recherche via les habilitations de diplômes et de laboratoires.


Nous dénonçons la mise en place d’un système universitaire à deux vitesses, cherchant à distinguer toujours et à tous les niveaux une excellence sur laquelle se polarisent les moyens et le reste dont la pérennité semble compromise. S’ajoutant aux réformes évoquées et à la mise en concurrence généralisée de tous les personnels et des établissements, cette stratégie signe la fin du service public et d’une certaine conception de l’aménagement du territoire.


Nous dénonçons une politique de désinformation, et plus précisément l’accent mis sur les classements défavorables à la recherche française (Shangaï), qui servent de prétextes aux réformes évoquées, et le silence sur ceux qui lui sont favorables, comme le classement de Scimago qui place le CNRS à la première place mondiale des institutions de recherche, l’INSERM 10ème, le CEA 54ème et l’université Pierre et Marie Curie 76ème devant beaucoup de grandes universités américaines.

Nous dénonçons une politique qui prétend faire payer la crise aux seuls salariés dans le secteur public comme le secteur privé, tout en exigeant des contribuables le financement budgétaire massif des banques et des grands groupes privés. Cette politique n’affichr des objectifs ambitieux que pour mieux tromper l’opinion et détourner l’attention de ses pratiques réelles.


Nous dénonçons finalement une politique dont le principal défaut est que les principes réels qui la guident et toutes ses conséquences pour l’enseignement supérieur, la recherche, l’emploi, la formation des jeunes depuis le primaire jusqu’au supérieur, l’égalité des chances et les équilibres territoriaux n’ont jamais été explicitées et réellement discutées publiquement, notamment par la représentation nationale, c’est-à-dire par le parlement.


Le Processus de Bologne lancé en 1998 au sein du Conseil de l’Europe, et la stratégie de Lisbonne adoptée en 2000 par l’Union Européenne, ont institutionnalisé la notion de « grand marché » de la connaissance, de l’éducation et de la recherche. La transformation de la connaissance en marchandise exclut les notions d’un enseignement accessible à tous et d’une recherche au service de l’intérêt général.


Vu la gravité de la situation actuelle, la Coordination Nationale des Universités considère qu’une remise en question globale de la politique des années récentes est devenue une nécessité urgente. Elle confirme sa demande d’abrogation de la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) et du Pacte pour la Recherche.


La Coordination exige :

- le retrait des décrets promulgués depuis le printemps 2009 concernant l’enseignement supérieur, le statut des enseignants-chercheurs et la formation des enseignants ;

- l’abrogation de la loi « relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique » et l’arrêt des suppressions programmées de postes de fonctionnaires ;

- la fin de la précarité dans la recherche et l’éducation, avec des créations de postes de fonctionnaires liés aux besoins réels et des budgets correspondant à ces besoins, ainsi qu’une actualisation acceptable des rémunérations des agents et des bourses des étudiants ;

- le retrait de l’actuel contrat d’objectifs 2009-2013 du CNRS, et le maintien du statut des unités mixtes de recherche.

- une révision globale de la Loi Organique Relative aux Lois de Finances (LOLF) d’août 2001 et de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) qui lui a fait suite.

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 20:52
In IUFM Paris

 


http://www.canalblog.com/profilepics/4/8/486752.jpg

Il s'agit d'une lettre du ministre au secrétaire général du SNUipp qui avait fait part de ses inquiétudes quant à l'entrée dans le métier des lauréats 2010 qui n'auront pas la formation en master, ni l'année de PE2.

Pas de généralisation donc, les mesures invoquées  ("présence d'enseignants expérimentés qui pourront leur apporter aide et conseils") ne concernent que la rentrée prochaine des lauréats au concours 2010. Pour les suivants, on n'en sait pas plus.

Quelques questions en vrac:

- Qui seront ces "enseignants expérimentés"?

- Si les lauréats du concours 2010 sont placés de septembre à la Toussaint dans la classe d'un maître formateurs ou d'un maître d'accueil temporaire, que deviennent-ils après? Vont-ils devenir "fonctionnaires stagiaires remplaçants"?

- Si les lauréats du concours 2010 sont affectés dans une classe, qui leur apportera "aide et conseils"? Ces "enseignants expérimentés" seront-ils déchargés toute la semaine pour accompagner les stagiaires? Par qui seront-ils remplacés?

- Le ministère fera-t-il appel à des maîtres d'accueil temporaires comme pour les stages PE1 cette année

- "Ces enseignants expérimentés" seront-ils des maîtres formateurs? Le problème c'est qu'ils ne sont pas assez nombreux et qu'ils ne sont déchargés qu'un jour par semaine.

A titre d'exemple, en Seine Saint-Denis, environ 400 nouveaux professeurs des écoles seront placés en responsabilité de classe. Il n'y a qu'une centaine de maîtres formateurs dans le département pour être présents dans leur classe et ils ne sont déchargés de classe qu'à 1/3 ou 1/2 temps selon les cas.

Il n'est donc pas possible dans le 93 d'assurer la présence d'"enseignants expérimentés" dans la classe des nouveaux enseignants.

A moins de recruter des vacataires pour remplacer à temps plein les maîtres formateurs ou les "enseignants expérimentés" chargés de rendre moins brutale l'entrée dans le métier des nouveaux enseignants. Ce qui n'a aucun sens puisqu'on amortie une brutalité en en créant une autre. En plus, les maîtres formateurs et les "enseignants expérimentés" n'accepteront sans doute pas de laisser un étudiant vacataire assurer les deux premiers mois de l'année dans leur classe.

Autant de questions soulevées par ce nouveau rebondissement.

Un nouvel épisode qui montre encore à quel point cette formation des enseignants n'est pas prise au sérieux par le ministère et à quel point cette réforme est mal ficelée.


En résumé :
                               
Clich__2010_01_25_14_41_51

Et en intégralité ici.

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 19:19

http://penseesdoutrepolitique.files.wordpress.com/2009/12/laicite.jpg

Appel du Collectif vigilance laïcité de Maine et Loire et du collectif pour la promotion d'une école publique dans les Mauges.
 

Beaupréau est un chef lieu de canton au cœur d'un territoire des Mauges de 110 000 habitants sans formation publique secondaire du second degré. En revanche, il y existe trois établissements privés catholiques : deux lycées (professionnel et général) et un collège. Depuis trente ans, les forces laïques locales y demandent l'implantation d'un lycée public. Le Conseil régional avait décidé sa création. Le préfet de région, aux ordres du gouvernement, vient de s'y opposer. 

 
Contre une politique nationale partisane,contre la décision du Préfet de région : 

Les collectifs invitent tous les laïques et républicain(e)s à manifester pour la création d'une cité scolaire (Lycée et Collège publics)
à Beaupréau


                       le dimanche 7 février à Nantes,
                                                     devant la préfecture de région
                                                                  à 15 heures
                                                                6 quai Ceineray 
 

Le 7 février une adresse au Préfet sera proposée aux manifestants.

Nous, militantes et militants laïques, républicaines et républicains, rassemblés le 7 février 2010 devant la préfecture de région à Nantes, prenons l'engagement de ne jamais accepter que le droit à l'école laïque soit refusé à une partie de la population de la région des Pays de la Loire.
Nous refusons qu'un enseignement confessionnel puisse être considéré comme une composante d'un service public d'éducation. Nous affirmons qu'il n'existe qu'une Ecole de la République, l'école laïque. Nous exigeons sur tout le territoire des Pays de la Loire un service public d'éducation de la maternelle à la terminale afin, comme le voulait Jean Jaurès, que "l'école laïque de la République y assure l'entière et nécessaire liberté de toutes les consciences, de toutes les croyances" tout au long de la scolarité. 

Un départ en car est prévu d'Angers, place la Rochefoucault, à 13h 45, inscrivez-vous auprès de l'organisation de votre choix. 
Pour la FOL (siège du collectif) : par téléphone au 02 41 96 11 53, par mél : vie-federative@fol49.org  

 
télécharger l'appel du collectif

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 18:46
In France 5

Sauvons l’école maternelle !
Thème du débat

L’école maternelle de vos enfants est-elle vraiment menacée ? En quoi consistent ces fameux jardins d’éveil que la secrétaire d’Etat à la Famille souhaite développer ? "Les Maternelles" ont mené l’enquête.

Intervenants
  • Hubert Montagner, spécialiste du développement de l’enfant, professeur des universités en retraite, ancien directeur de recherches à l’Inserm et de l’unité enfance inadaptée, auteur de L’arbre enfant, paru aux éditions Odile-Jacob (2006) ;
  • Christian Rousseau, enseignant en école maternelle et directeur d’école.

Animé par Elizabeth Tchoungui - Journaliste : Delphine Baloul


Sauvons la maternelle-France 5 -partie1
envoyé par sauvons-lecole. - L'actualité du moment en vidéo.




sauvons la maternelle-france 5 -partie2
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