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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 12:54

In Café Pédagogique

 

Par Pierre Frackowiak


La mesure imposée brutalement, sans concertation, est un élément essentiel de la destruction de l’école engagée depuis 2007 avec une détermination sans précédent. Avec la semaine de 4 jours, la régression des nouveaux vieux programmes, la supercherie de l’aide individualisée, les effets de l’évaluationnite aiguë et de l’insensé pilotage par les résultats, le développement de l’autoritarisme de l’encadrement intermédiaire, la suppression de la carte scolaire, etc., les coups portés, dont certains peuvent paraître irréversibles, auront des conséquences à très long terme sur l’école, sur l’éducation au sens global et sur la société tout entière.


Dans dix ou vingt ans, probablement même plus tôt, les dégâts observés sur l’efficacité du système éducatif et sur le vivre ensemble conduiront les pouvoirs publics à tenter de reconstruire un projet éducatif cohérent, moderne, démocratique, généreux en repartant quasiment à zéro, c’est-à-dire aux début des années 1970 avec la rénovation pédagogique et la création de la formation continue des enseignants, avec la transformation des contenus jusqu’aux programmes de 2002 d’abord cautionnés par MM Ferry et Darcos, puis balayés d’un revers de main, avec la loi de 1989 plaçant enfin l’élève au centre du système éducatif abandonnée sans avoir été évaluée. Certes les résultats de cette marche en avant difficile, incertaine, contestée, n’ont pas été à la hauteur des espérances. Des progrès énormes étaient possibles et exigibles… Ce n’était pas une raison suffisante pour faire un énorme bond en arrière mettant en péril l’avenir de la société.


On comprend bien les motivations profondes du pouvoir actuel : réduction de la dépense publique et choix de société. La réduction de la dépense publique correspond à la fin programmée des services publics. Le choix de société est moins lisible au premier abord mais il correspond à une rupture dans l’histoire de notre pays : on bascule vers une société ultra libérale, complètement différente des idéaux républicains, à l’opposé même du fond idéologique du gaullisme. Une société qui exacerbe l’individu, la compétition, les gagnants (toujours les mêmes), l’argent, les experts ou prétendus tels, et qui se donne bonne conscience en tentant de faire croire que chacun a eu les mêmes chances. 


Malheureusement, la réaction a été faible voire nulle sur ces questions fondamentales pour l’avenir de la société. L’absence de projet alternatif cohérent et crédible a été un drame. L’absence de débat réel et d’information objective des citoyens, la priorité donnée aux protestations sur les aspects quantitatifs occultant toujours les vrais problèmes, la frilosité face aux enjeux, l’électoralisme à court terme font que les prises de conscience se produisent toujours trop tard…


Ainsi on commence seulement, à la veille de la rentrée, à s’inquiéter de la suppression de fait de la formation des enseignants et aussi de la formation des inspecteurs. Les uns sont lâchés dans les arènes des classes avec pour seul modèle celui qu’ils ont connu comme élève et comme étudiant : le cours, une heure, une classe, la transmission du savoir scolaire. Les autres placés à la tête de circonscriptions après un court formatage intensif en faisant des courroies de transmission autoritaires sans crédit et des pilotes sans cap et sans moyens perdent toute influence sur les pratiques pédagogiques.


Outre que cette suppression entraîne des risques considérables d’abandons, de démissions – comme s’en inquiète à juste titre Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN (syndicat des proviseurs et principaux - , de renoncement, de stress, elle se heurte à trois questions qui semblent avoir été volontairement ignorées :


1° tout le monde sait depuis toujours que l’on peut être brillant mathématicien et complètement incapable d’enseigner les maths à un groupe d’élèves, remarquable soliste médaille d’or du plus grand des conservatoires et incapable d’enseigner la musique. C’est une vérité universelle


2° c’est au moment où l’on est bien obligé de constater que les élèves ne peuvent pas comprendre le sens des savoirs scolaires, que les actes de chahut, d’indiscipline, de contestation des profs se généralisent même dans des établissements huppés de centre-ville, que les enseignants sont de plus en plus en difficulté devant les élèves, qu’ils peinent à se faire écouter et entendre, qu’ils souffrent souvent sans trop le dire et dans l’indifférence du système, que l’on supprime tout ce qui est déterminant dans cette pratique professionnelle terriblement difficile aujourd’hui : la psychologie des enfants et des jeunes, la sociologie, la philosophie et l’histoire de l’éducation, la pédagogie indispensable et complètement déniée ;


3° c’est au moment où les disciplines scolaires sont fortement mises en cause que l’on décide de les privilégier avec la mastérisation, de renforcer leur cloisonnement et les raisons de les contester. Le choix des disciplines, leur rapport aux savoirs sociaux, leur rapport avec les savoirs initiaux, extérieurs à l’école, des élèves, leur rapport avec l’environnement, l’exigence de transversalité, de globalité, de sens, sont autant de questions d’actualité et de prospective qui sont délibérément occultées. On sait avec certitude que les profs de l’école du futur ne pourront en aucun cas être seulement des transmetteurs de savoirs disciplinaires juxtaposés et devront être à la fois des professeurs d’intelligence, de maîtrise des langages (on parle, on écrit, on lit dans toutes les disciplines) et des professeurs de citoyenneté, qu’ils devront accompagner plutôt que juger et que tenter de remédier ce qui n’a pas été « médié », qu’ils devront travailler en équipe et que cela s’apprend. Sans pédagogie, sans formation professionnelle, ces objectifs modernes sont impossibles à atteindre.


Notre système éducatif va malheureusement au devant de terribles difficultés.


Il serait urgent que des banderoles soient portées contre les programmes désuets, contre la suppression de la formation au moins autant que contre les suppressions de postes et la suppression de moyens. Les revendications quantitatives auraient d’ailleurs incontestablement plus de chances d’être entendues dans l’opinion publique si elles s’appuyaient sur une vision de l’école, sur un projet éducatif cohérent, complet, pour les 20 ou 30 ans qui viennent, transcendant les alternances politiques car il faut une ou deux générations pour construire un système, inscrit dans un projet de société respectant les valeurs de notre République (liberté, égalité, fraternité) et notre histoire.

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 12:48

In Alternatives Economiques

 

Professeur de Sciences économiques et sociales et formateur en IUFM, Philippe Watrelot, président du CRAP-Cahiers Pédagogiques, témoigne de l'impréparation et de la lourde charge de travail des nouveaux enseignants lancés dans le grand bain de la rentrée scolaire 2010 sans formation pédagogique.

 

 

 

« Nous n'allons pas les lâcher comme des frites dans l'huile bouillante ! » Voilà ce que promettait, le 28 août 2008, au moment du lancement de la "masterisation", le ministre de l'Education nationale de l'époque Xavier Darcos, à propos des nouveaux enseignants. Et pourtant, c'est bien là que nous en sommes aujourd'hui… C'est cette expression imagée qui me revenait en mémoire ce mardi 31 août 2010, au moment de mener une séance de formation auprès de nouveaux enseignants de Sciences économiques et sociales (SES) dans l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) où je travaille en temps partagé. Et si cette phrase me revenait comme un écho lointain, c'est parce que c'était précisément ce qui allait se produire.

 

Les conséquences de la masterisation

Depuis cette citation du précédent ministre, que s'est-il passé ? Malgré le mouvement social universitaire de 2009, la « masterisation » s'est mise en place. Combinée au processus d'intégration des IUFM à l'université, elle a contribué à modifier considérablement le processus de formation. « Vendue » comme un moyen de revaloriser les jeunes collègues qui seraient désormais recrutés à bac+5, c'est-à-dire en Mastère 2 (M2), elle a en fait surtout abouti à la suppression de l'année de stage où les titulaires des concours étaient payés pour enseigner un tiers de leur temps et se former en même temps à l'IUFM. Au passage, la suppression de cette année a permis de supprimer l'équivalent de 16 000 postes. Dorénavant, la formation devra se faire à l'université, avant le concours, par des stages dans les établissements (d'observation en M1 puis en responsabilité en M2). Les titulaires des concours continuent à être qualifiés de stagiaires puisqu'ils seront validés à la fin de l'année, mais leur formation, pilotée désormais par les rectorats, est considérablement réduite. Ils sont à temps plein devant des classes, épaulés par un professeur « tuteur » et auront droit à quelques journées de formation durant leurs journées sans élèves et à une ou deux semaines de stage durant lesquelles ils seront remplacés. Ces rares moments de formation pourront être confiés aux IUFM, dépendants d'une université de rattachement.

 

3 h 30 de formation à la veille de la rentrée

C'est donc dans ce cadre que je me trouvais pour accueillir et « former » des nouveaux collègues, dans cette journée précédant la pré-rentrée des enseignants. Plusieurs petits couacs sans gravité surviennent dans l'accueil des stagiaires, mais après un petit temps de flottement, on arrive à s'installer. Ces difficultés sont à l'image de l'impréparation dans la mise en place de toute cette formation dont les derniers détails viennent à peine d'être connus. Et tout cela ne remet pas en cause, bien au contraire, la bonne volonté et le dévouement des personnels de l'IUFM. Au contraire, ils font tous le maximum dans un contexte très contraint et difficile…

Finalement je retrouve seulement trois stagiaires : deux jeunes femmes n'ayant jamais enseigné et un homme ayant déjà une expérience de l'enseignement. Les profs du privé qui jusque-là participaient en partie à la formation ne viendront plus. C'est fini. Il n'y aura plus aucun moment commun de formation avec eux… L'Inspectrice est venue les accueillir et leur souhaiter la bienvenue et bon courage.  Puis elle me laisse pour 3 h 30 avec les stagiaires.

Comment résumer en si peu de temps, ce que je faisais habituellement en cinq séances ? Malgré tous mes efforts pour les sécuriser et pour aller à l'essentiel, j'ai l'impression de les assommer et au final de rajouter à leur inquiétude. Ils sont avides de conseils, ont plein de questions. Et ils auront seize (16 !) heures de cours avec trois ou même quatre programmes différents à préparer (dont certains en Première qui ne seront donc pas reconduits l'année prochaine…). L'un des stagiaires n'a pas encore de tuteur car plusieurs enseignants auraient refusé, l'IPR lui affirme qu'il en aura un bientôt mais qui ne sera pas dans le même établissement. Son emploi du temps n'est pas prêt.

Au final, malgré tout, je parviens à enclencher une réflexion collective sur des questions pédagogiques (gestion de la classe, autorité et image du prof…) puis didactiques (objectifs pédagogiques, construction d'une séquence de cours…). Les stagiaires discutent entre eux, échangent des arguments et parviennent ainsi à mieux formaliser leur propres choix. Je retrouve cette dynamique que j'essayais déjà de mettre en œuvre les années précédentes à l'IUFM « ancienne formule ». Quand soudain, une des jeunes enseignantes m'interpelle : « Quand est-ce qu'on se revoit ? ».

Je suis alors obligé de leur « avouer » que ce ne sera pas avant début novembre pour le stage groupé et octobre pour le stage filé (une demi-journée de formation un mardi après-midi…). Alors que je sens qu'ils ont tant besoin d'échanger entre eux, de mutualiser, de discuter… Et qu'ils se posent encore tellement de questions ! Cette journée m'a donc amené à un grand sentiment de malaise.  Je n'ai pas eu le sentiment de mal faire ma séance de formation, j'ai fait du mieux que j'ai pu. Mais je suis sorti de là, en me disant que je participais à un système qui envoie les stagiaires dans le mur. Ou plutôt qu'on les jette comme des frites dans l'huile bouillante…

 

Génération sacrifiée

Bien sûr, depuis toujours, les enseignants qui débutent ont le sentiment de ne pas être assez formés et on pourrait critiquer la dramatisation qui accompagne cette rentrée. En se disant qu'au final ce ne sera pas la catastrophe annoncée. Peut-être. Mais cette rentrée est tout de même particulière. Car les lauréats 2010 ont tout d'une génération sacrifiée. Elle a passé l'ancien concours et n'a pas pu non plus bénéficier de la formation qui va se mettre en place en M1 et M2 avec des stages dans des classes pour se préparer (même si personnellement je doute de l'efficacité pédagogique de cette formation universitaire qui s'annonce). Et ces nouveaux collègues n'ont plus droit à la formation IUFM.

On a beaucoup critiqué les IUFM et même si on leur trouve des vertus aujourd'hui, peu d'enseignants se sont mobilisés pour les préserver. Mais ils présentaient au moins l'avantage de permettre aux stagiaires d'avoir le temps de se retrouver régulièrement pour échanger, confronter leurs expériences, mutualiser et donc apprendre collectivement leur métier… On a beaucoup glosé sur les séances d'« analyse de pratiques » mais celles-ci se faisaient aussi de manière informelle autour de la machine à café ! Ce temps-là est réduit à quasiment rien. Les stagiaires dont j'avais la charge jusque-là avaient déjà du mal à tout gérer avec huit heures de cours. Qu'en sera-t-il avec 16 heures (dans les académies franciliennes) ou 18 heures ? Comment avoir la disponibilité d'esprit, et tout simplement le temps, pour se former quand on a trois ou quatre cours différents à préparer ? Je souhaite bien du plaisir aux formateurs (dont moi) qui, lors des rares moments de formation, auront en face d'eux des stagiaires stressés par leurs copies à corriger et leurs cours à préparer !

Désormais, l'essentiel de la formation passera par un « tuteur », c'est-à-dire un professeur chevronné qui accompagnera le stagiaire en le visitant dans ses classes et en lui permettant d'assister à ses cours. C'est une fonction complexe que d'accompagner ainsi. Il faut trouver la bonne distance, ne pas trop prescrire, permettre au stagiaire de trouver sa propre manière d'enseigner, lui permettre d'expliciter ses choix… On le sait bien, un bon joueur de football ne fait pas forcément un bon entraîneur. Un bon enseignant n'est pas forcément un bon formateur. Cela s'apprend là aussi. Or, cette formation, elle aussi indispensable, ne semble pas à l'ordre du jour.

Même si les raisons de cette modification de la formation sont d'abord à chercher du côté budgétaire, on ne peut s'empêcher de voir aussi à l'œuvre dans cette réforme une certaine conception du métier d'enseignant. Un métier où il suffirait de bien connaître sa discipline universitaire pour savoir enseigner. Un métier où il suffirait de reproduire les gestes d'un aîné pour apprendre. Un métier où l'on parle de « tenue de classe » et d'« asseoir son autorité », où l'on se méfie a priori des élèves et où l'on confond obéissance et docilité. Un métier sclérosé et en complète contradiction avec les impératifs de la nécessaire évolution de l'école. Un métier où les plus forts, les plus motivés survivront et tant pis pour les autres. Au journal de France 2 du 1er septembre 2010, un inspecteur d'académie a utilisé cette expression : « Le terrain tranchera »…. Et les autres ? Ils démissionneront et ne seront pas remplacés et ce sera finalement un autre moyen de « dégraisser le mammouth ». Sans bruit.

 

Et vogue la galère

Que faire ? C'est la question que je me posais, ce mardi soir, après cette séance de formation. Continuer à participer, malgré tout, à ce système que je viens de critiquer ? Ou refuser de me compromettre pour tenter de le bloquer ? On sait bien que, si l'Éducation nationale fonctionne toujours malgré cette logique de pénurie, c'est grâce au sens du service public et de l'intérêt des élèves que les enseignants ont en partage. On bricole, on fonctionne de plus en plus en « flux tendu » mais on continue à faire voguer la galère. La logique du refus est séduisante et a des effets. On voit bien les difficultés que les inspecteurs ont à trouver des tuteurs. Reste à espérer vivement que la solidarité enseignante jouera à plein dans les établissements pour les jeunes collègues.

C'est en pensant à ce que je peux apporter, malgré tout, à ces jeunes collègues que je vais continuer ma mission de formateur. Je ne sais plus dans quel œuvre de Charles Péguy on trouve cette phrase « ils avaient les mains propres mais ils n'avaient pas de mains… ». Tout en respectant la logique du refus, je préfère avoir les mains sales. Mais ça n'empêche pas le goût d'amertume dans la bouche…

 

 


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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 18:07

In Rue89

 

Baudry sur la rentrée des profs stagiaires.

Rue89 publiait récemment le témoignage d'un jeune professeur stagiaire qui dénonçait « ce qui est en train de devenir la “formation” des enseignants » suite à la réforme dite de « mastérisation » de l'Education nationale. Beaucoup d'enseignants, riverains de Rue89, ont réagi à son témoignage pour partager leur expérience de la réforme et de ses conséquences.

Une majeure partie d'entre eux montre la difficulté croissante pour les profs d'exercer leur profession dans de bonnes conditions. Ralamaiche résume :

« Aujourd'hui, être prof, c'est affronter aberrations sur aberrations. C'est être précaire au dernier degré. C'est se faire trimballer, humilier, balader de réformes débiles en élèves paumés. »

 

 

 

Des applications tardives

Dans son texte, l'enseignant anonyme dénonçait son affectation dans un établissement situé à 250 km de son logement, annoncée dix jours seulement avant la rentrée. Shaman-0, stagiaire comme le témoin, confirme ces difficultés :

« Même les procédures pour les vœux sont une calamité :

  • accès non sécurisé (il suffit des noms, prénoms et date de naissance pour avoir accès au dossier) ;

  • modalités différentes selon les académies […] ;

  • et effectivement décision finale tardive (dans mon académie le 23 août). »

 

Si l'on en croit les commentaires des riverains, ce problème ne date pas d'hier et la réforme n'y a rien changé. Bleuet1 déclare ainsi :

« Pour ce qui est de l'affectation, honnêtement, rien de nouveau sous le soleil, rien ne change avec la mastérisation. Les jeunes professeurs sont toujours prévenus peu de temps avant la rentrée, c'est comme ça que ça fonctionne malheureusement. »

 

La riveraine Millie confirme :

« C'est hélas une récurrence. Ainsi, je n'ai connu mon établissement de rattachement que le 24 ou 26 août 2009 lors de mon année de stage. »

 

Des affectations tardives problématiques, surtout pour ceux qui, comme le professeur anonyme, doivent se présenter quelques semaines plus tard dans un établissement éloigné de leur domicile. Une situation carrément absurde dans le cas des profs stagiaires originaires des DOM-TOM, affectés en métropole deux semaines seulement avant la rentrée. Picheloure explique :

« On pourrait aussi parler du quota de profs stagiaires venant des DOM-TOM, affectés en métropole, qui ont, comme l'auteur, dû en quelques jours :

  • trouver une place sur une ligne […],

 

  • payer le billet,

  • débarquer en France et trouver un logement. »

 

Le rapport formation/pratique

Dans son témoignage, le prof anonyme expliquait un des pans de la réforme dite de mastérisation. Au lieu des deux tiers de formation pour un tiers de pratique en vigueur avant la réforme, les professeur stagiaires devront maintenant effectuer un tiers de formation pour deux tiers de pratique. Leur tutorat par des professeurs plus expérimentés n'est, en outre, plus obligatoire.

Beaucoup de commentaires soulignent les défauts de tels changements.

Joaom, professeur néo-titulaire (ayant terminé son année de stage), commente :

« On glose beaucoup sur le rôle des IUFM. […] Je ne regrette absolument pas d'être passé par là et, a posteriori, cette formation me semble indispensable. Je plains grandement les nouveaux collègues.

J'ajoute également que le rythme des dix-huit heures (hebdomadaires) pour un stagiaire me paraît infernal. […] Avant les stagiaires faisaient quatre, puis six heures. J'étais à huit. J'ai pitié de ceux qui vont être à dix-huit heures dans quelques jours.

Enfin, […] faire sans [un tuteur] me semble tout bonnement impossible. »

 

Millie, prof depuis dix ans, dénonce aussi cette réforme, qui va être « un massacre, de profs et d'élèves » :

« Mon année d'IUFM, avec douze heures de théorie et six heures de pratique, fut confortable. […] Assez pour apprendre mon boulot, à 23 ans. Et même après mon année de formation, quand je suis passée titulaire à dix-huit de cours, eh bien wow ! Je les ai senties passer ! »

 

D'autres dénoncent les implications pour les élèves qui vont subir des changements successifs de professeurs pendant l'année scolaire. Dans son commentaire, Shaman-0 souligne le problème :

« Il faut savoir que les élèves qui auront des profs stagiaires qui ont eu le concours externe vont changer de profs en cours d'année. »

 

Bleuet1 montre les lacunes de la réforme dans ce domaine :

« Pour ce qui est des périodes de formation, là où le bât blesse, c'est que les jeunes professeurs devront être remplacés sur ces périodes, ce qui représente une discontinuité dans l'enseignement. »

 

La précarisation des enseignants

Parmi les riverains de Rue89 membres du corps enseignant, Hawkmoon détaille l'évolution du porte-monnaie des profs stagiaires entre les années 1980 et nos jours

« Dans les années 1980, lorsque je commençais ma carrière, je sortais du baccalauréat et passais, suite à un concours, trois années à l'école normale. […] Le tout avec un salaire de 4 600 francs [700 euros] plus indemnité logement en première année pour finir à 5 100 francs [777 euros], plus indemnité logement.

Un jeune enseignant instituteur, vu le coût de la vie d'alors, ne se plaignait nullement, et débutait à 1,5 fois le smic d'alors, sans compter l'indemnité de logement. »

 

Le riverain poursuit :

« Aujourd'hui, il y a des professeurs des écoles, cadre A, avec un master 2, soit baccalauréat +5, sans formation, qui vont débouler dans les classes, pour un salaire net de 1 342 euros, sans nulle prime ou autre indemnité. […]

Le smic net lui est de 1 055,42 euros en 1010 ; un enseignant en net gagne donc 1,27 fois le smic en début de carrière. »

 

La suite...

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 17:55

In France-Attac

 

 

La réforme des retraites pose une question de société : travailler toujours plus pour satisfaire l’appétit de la finance, ou mettre l’économie au service des besoins sociaux et écologiques. Attac souhaite rétablir les données véritables et oppose ses propositions à celle du gouvernement.

 

La finance est responsable des déficits
Le gouvernement ment en attribuant le déficit des retraites à la démographie. En 2006, avant la crise, les déficits des caisses de retraites s’élevaient à 2,2 milliards d’euros. En 2010, ils seront de 32,2 milliards, quinze fois plus élevés. La cause : la crise financière et économique dont sont responsables les spéculateurs, les banques et le capitalisme mondial. Rien à voir avec l’espérance de vie dont l’allongement est lent et à l’œuvre depuis des siècles.

 

 

Travailler moins pour travailler tous et mieux
Le gouvernement veut nous faire « travailler plus » pour que l’augmentation de la richesse produite continue de profiter aux actionnaires.
Au contraire, travailler moins au fur et à mesure des gains de productivité est la seule manière d’éviter le chômage et de pouvoir bénéficier des meilleures années en bonne santé après 60 ans.
Le recul de l’âge légal de la retraite à 62 ans, le recul de l’âge à taux plein sans décote à 67 ans sont deux mesures injustes et inefficaces.

 

 

Des mesures injustes
Cette réforme repose sur le déni du chômage des jeunes, de l’éviction par les entreprises des salariés dès 58 ans, elle pénalise plus particulièrement la situation des femmes, déjà victimes d’inégalités profondes et de précarité, ayant souvent des carrières chaotiques des temps partiels subis.
Ces mesures aggraveront la baisse des pensions car presque personne ne pourra cotiser pendant 41 ou 42 ans. Elles jetteront des centaines de milliers de personnes dans la précarité et la pauvreté.

 

 

Des mesures inefficaces
Les mesures d’âge visent à baisser les dépenses de retraites très rapidement pour rassurer la finance mais ne solutionnent rien durablement.
Parce qu’elles ne s’attaquent pas à la racine du problème : celui de l’affaiblissement des cotisations sociales alors que les besoins augmentent, celui de l’emploi, celui de la répartition des richesses.

 

 

Le vice caché : la purge sociale
Les banques et autres institutions financières spéculatives ont réussi à faire endosser par la collectivité leurs créances pourries. Les déficits budgétaires et les dettes publiques ont alors explosé. Les gouvernements européens veulent maintenant imposer à leurs populations des plans d’austérité drastiques qui défont les protections sociales. C’est le cas en France, où le gouvernement a avoué vouloir rassurer les marchés financiers.

 

 

Un gouvernement délégitimé
Comment le ministre du travail, Éric Woerth, peut-il prétendre défendre une réforme équitable quand chaque jour apporte son lot de suspicions sur des salaires de complaisance, des conflits d’intérêt, des cas de fraude et d’évasion fiscales, de financement occulte de campagne électorale… ? L’amalgame officiel entre délinquance et immigration, la chasse aux Roms, ne sont que des diversions cyniques et inacceptables.

 

 

Retrait du projet pour amorcer une voie solidaire
- Le maintien de la retraite à 60 ans est possible et sans allonger la durée de cotisation.
- La condition en est de soumettre à cotisations les dividendes et tous les profits financiers distribués par les entreprises.
- Desserrer l’étau de la finance est possible pour satisfaire les besoins sociaux, préparer l’avenir écologique, réduire les inégalités et diminuer le temps de travail.

 

Faire monter la résistance sociale et citoyenne

 

La victoire est possible à condition que toute la société se mobilise. A l’appel de l’intersyndicale, les grèves et les manifestations peuvent encore prendre de l’ampleur. Les « Lundis au soleil » proposés par le collectif « Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites » peuvent porter le débat dans les quartiers, les villages, au plus près des citoyens. Dans cet esprit Attac a mis en débat la proposition d’une votation citoyenne nationale début octobre, pour que l’ensemble des citoyens puissent se mobiliser sur ce choix de société que le gouvernement veut imposer.

 

Rendez-vous dans toutes les villes de France pour prolonger la mobilisation du 7 et organiser la riposte citoyenne
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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 12:51

In Snuipp

 

Le SNUipp a fait mener, à l’institut CSA, comme à chaque rentrée, un sondage sur l’opinion des Français sur l’école maternelle et élémentaire.

 

Cette étude, menée en août 2010, montre une bascule sur le regard des français sur l’action du gouvernement pour l’école maternelle et élémentaire : Seulement 28% des Français ont le sentiment que les mesures prises par le gouvernement pour l’école maternelle et élémentaire vont plutôt dans le bon sens (- 12 points en deux ans), contre 44% qui ont le sentiment qu’elles vont plutôt dans le mauvais sens.

 

Dans le détail, s’agissant de la réforme de l’école primaire, 55% des enquêtés estiment que le gouvernement va plutôt dans le mauvais sens pour réduire l’échec scolaire (+ 10 points par rapport à 2009), et 56% qu’il va plutôt dans le mauvais sens concernant la valorisation du métier d’enseignant (+ 8).

 

80% des Français considèrent que le non-remplacement d’un enseignant sur deux partant à la retraite est une mauvaise chose et 75% des personnes interrogées jugent, à ce sujet, que la réduction du nombre de postes d’enseignants aura un effet plutôt négatif sur la réussite scolaire des élèves dans les écoles maternelles et élémentaires.


Téléchargez le sondage 

 

 

Sondage SNUipp/CSA opinion des Français

 

 
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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 12:27

In Le Monde

 

La nuit passée, les enfants n'auront pas été les seuls à avoir eu un sommeil agité à l'idée de retourner sur les bancs de l'école. Près de 16 000 nouveaux professeurs stagiaires, ayant réussi le concours en 2010, vont devoir enseigner à temps plein sans n'avoir jamais été confronté à une salle de classe.

 

 

"On n'imaginerait pas former des pilotes de ligne ou des médecins de cette façon", s'est indigné Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d'établissement, sur RTL. Violaine, professeur stagiaire, s'imagine elle "affronter une classe tel le gladiateur, sans filet, face aux fauves".

  • Le calendrier de la mastérisation, source du problème

Jusqu'à cette année, tout étudiant postulant au Capes (Certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré) ou au CRPE (Concours de recrutement des professeurs des écoles) devait avoir au minimum un bac +3. Une fois reçu au concours, après une année de préparation, il effectuait une année de formation rémunérée en alternance, jonglant entre 6 à 8 heures par semaine d'enseignement en classe et le reste du temps en cours théorique à l'IUFM. Or, ce sas de préparation a été supprimé pour laisser place à la mastérisation.

Cette réforme, lancée en 2008, exige un niveau master (bac +5) pour se présenter aux épreuves. Désormais, la formation pédagogique et les stages pratiques seront effectués en amont, au sein de nouveaux masters préparant à des concours revus et corrigés. Ces masters ouvriront à la rentrée 2010, même si les étudiants pourront toujours se présenter au concours avec un master "classique", sans spécialisation en enseignement.

Le cru 2010 des professeurs stagiaires se retrouve donc dans une situation inédite. Dernière cohorte à passer le concours, ils ne bénéficient ni de l'année en alternance en IUFM, ni de la formation pratique en master, ces derniers n'existant pas encore.

Cette année de transition concerne 7 165 enseignants dans le primaire et 8 300 professeurs dans le secondaire. "C'est la première fois que l'on voit aussi massivement des professeurs commencer à enseigner sans formation", explique Patrick Rayou, sociologue de l'éducation.

  • Un système de tutorat contesté

Les syndicats n'ont pas tardé à dénoncer un "lâchage" sans formation des professeurs stagiaires, ce que le ministre de l'éducation, Luc Chatel, a réfuté. "Je suis très surpris que l'on s'inquiète pour les stagiaires. Quand vous allez à l'hôpital, vous appelez bien docteur un étudiant en médecine", s'est exclamé le ministre sur France Inter.

Bien qu'ayant reconnu que cette année de transition était "un peu compliquée à gérer", le ministre a mis en avant un système d'accompagnement pour aider les nouveaux enseignants. Principale mesure, le tutorat, où chaque jeune professeur serait "coaché" par un enseignant expérimenté contre une prime de 2 000 euros. Mais à l'appel de la FSU, de nombreux professeurs refusent de devenir tuteur afin de protester contre les conditions d'entrée dans le métier de leurs jeunes confrères. Nombre d'entre eux se retrouvent donc sans tuteurs. "Mais les professeurs expérimentés ne laisseront pas tomber les jeunes", rassure Patrick Rayou.

  • Une pré-rentrée inégale en fonction des rectorats

Autre nouveauté mise en avant par le ministre, des journées d'accueil dans les rectorats. Ce dispositif d'accueil a vite été rebaptisé "kit de survie" par les stagiaires, certains d'entre eux recevant des DVD pour apprendre à gérer une classe, au lieu des cours traditionnels sur le sujet. Pascal, nouvel enseignant, a ainsi pu suivre des modules "intéressants" sur l'autorité et la gestion d'une classe, "exposés ordinairement en une trentaine d'heures, dixit les conférenciers, mais réduits à deux heures trente".

Cette faible formation en amont fait le bonheur des préparations privées. ForProf a ainsi proposé des stages de cinq jours "de prise en main et de gestion de votre première classe" durant le mois d'août contre 600 euros. Un stage qui pourra se prolonger lors des vacances de Toussaint avec le module "bien vivre sa classe", pour le même prix. Chez Prepa public, on pouvait trouver avant la rentrée un module de deux jours d'"aide à la prise de fonction" pour les professeurs des écoles (210 euros).

  • Un emploi du temps plus chargé

Contrairement à leurs prédecesseurs qui assuraient 6 à 8 heures d'enseignement par semaine, les stagiaires devront travailler à temps plein dans le secondaire, c'est-à-dire 16 heures de cours, auxquels se rajoutent dans la plupart des rectorats deux heures de formation à l'université. "La première année est la plus coûteuse en termes de temps de préparation des cours", explique Patrick Rayou. "Avec le doublement des heures de cours, on peut craindre des difficultés chez certains stagiaires qui auront une capacité de récupération et de recul moindre par rapport à leurs premières expériences d'enseignement."

Là encore, l'organisation de l'emploi du temps est laissée à l'appréciation des rectorats. Dans certaines académies, les stagiaires feront leurs heures de formation chaque semaine, sur leur journée de repos hors week-end. Dans d'autres, les heures seront regroupées pour former des semaines de stages. Enfin, certains recteurs ont décidé de regrouper les heures de formation en stage de début d'année, les jeunes enseignants n'arrivant en classe qu'après les vacances de la Toussaint.

 

La suite....

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 19:04

In Canard Enchaîné 2-09-2010

 

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 18:46

In  Snuipp78

 

Manifestation à Paris à 14h de République à Nation en passant par la Bastille

Déclaration d’intention préalable

A télécharger :

Word - 20.5 ko
intention_greve

Attention : elle doit parvenir à votre IEN vendredi 3 septembre à minuit au plus tard.

.

JPEG - 63 ko

AG :

- Trappes, 24 rue Jean Jaurès à 9h30

- Limay, salle municipale à 9h30

Cars :

- Mantes-la-Jolie : parking du lycée St-Exupéry - Départ 13h

Inscriptions : fsuregionmantaise@orange.fr

- Rambouillet : devant le lycée Bascan - Départ : 13h00 Inscriptions : fsu.yvelines@wanadoo.fr

- Trappes : parking de la mairie - Départ : 13H30 Inscriptions : fsu.yvelines@wanadoo.fr

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 18:03
L'exemple britannique
« Et nous allons mettre fin aux pratiques qui risquent de faire de la Grande-Bretagne un pays où nos enfants grandissent en étant tellement habitués à voir violer leurs libertés qu’ils l’acceptent sans question. Il n’y aura pas de base de données Contact Point des enfants. » 
 

Nick Clegg, vice premier ministre de Grande-Bretagne, 19 mai 2010
Décision confirmée par la Circulaire du 21 juillet 2010 du ministre de l'éducation,
avec déconnexion effective depuis le 6 août 2010 et destruction des données sous deux mois


Aux enseignants et parents d’élèves, aux conseils des maîtres et conseils d’écoles, aux citoyens,

Cet été, les décisions du Conseil d’Etat contre Base Elèves et le fichier national BNIE ont été largement relayées par les médias. Ce jugement rétablit notamment le droit d'opposition des parents et confirme l'illégalité de tout rapprochement ou mise en relation des données de Base Elèves avec d'autres fichiers. Il vient s'ajouter au « rappel à la Loi » déjà adressé par le Parquet de Paris au ministère de l'éducation nationale suite aux 2100 plaintes des parents. Si d'importantes illégalités sont ainsi reconnues, le Conseil d'Etat autorise malgré tout le ministère à poursuivre l’utilisation de ces fichiers, moyennant certains aménagements impératifs à mettre en œuvre dans un délai de 3 mois, soit d'ici le 19 octobre au plus tard.

Ces décisions de justice nous confortent dans nos griefs envers la multiplication des fichiers au sein de l'Education Nationale et révèlent les carences des lois existantes sur ce sujet :

  • Il est inacceptable que de tels fichiers aient pu être mis en place sans concertation, en toute illégalité et sans information, sous la tutelle de quatre ministres successifs, et sans que la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) ait protégé les citoyens !

  • Il est anormal qu'il ait fallu un recours par deux particuliers devant le Conseil d'Etat pour révéler l'existence du fichier national BNIE, double-fond caché de Base élèves, inconnu même des parlementaires !

  • Malgré le soutien de trois Rapporteurs spéciaux des Nations Unies, le ministère maintient les sanctions (retraits de salaire, retrait du poste de direction, mutation d'office) de plusieurs directeurs d'école qui ont refusé de renseigner le fichier Base élèves.

Rappelons que Base élèves concerne tous les enfants quel que soit leur type de scolarisation, le fichier national BNIE, tous les jeunes et adultes en formation. Ainsi, par le jeu d'un identifiant unique prévu pour 35 ans, ces fichiers constituent d’immenses banques de données sur les jeunes et leur famille.

Des systèmes de « pilotages » automatiques échappant à tout contrôle et utilisant ces fichiers sont créés pour évaluer, classer et orienter les élèves.

Par le biais de la loi sur la prévention de la délinquance, de la loi Perben II, comme prévu par le projet de loi Warsmann, ou encore par le biais de décisions administratives successives et la mise en oeuvre de nouvelles fonctionnalités, ces fichiers renseignent déjà et vont renseigner d’autres services que l’Education Nationale.

Ces fichiers remettent en cause le principe de confidentialité, le respect de la vie privée, et le droit à l'éducation, comme dénoncé par le Comité des Droits de l'enfant de l'ONU en juin 2009. Le Comité a recommandé notamment à la France « de ne saisir dans les bases de données que des renseignements personnels anonymes et de légiférer sur l’utilisation des données collectées en vue de prévenir une utilisation abusive des informations. »

Le caractère indispensable de Base élèves pour le bon fonctionnement de l'école n'a jamais été démontré. Les données chiffrées anonymes sont suffisantes pour la gestion des effectifs des écoles, et le travail par échantillons ou panels est une garantie pour la qualité des études statistiques et pour les libertés individuelles.

Enseignants, parents, en toute légalité, vous pouvez neutraliser ce fichage illégal !


Enseignants

en informant les parents de leur droit d’opposition, droit rétabli aujourd'hui pour Base élèves et qui a toujours existé pour le fichier national BNIE, en refusant d’utiliser les renseignements de Base élèves pour alimenter d’autres fichiers scolaires, souvent illégaux eux aussi (enfants du voyage, évaluations CM2 transmises au collège, renseignements versés dans les ENT, livrets de compétences,etc...). En effet, comme confirmé par le Conseil d'Etat, tout rapprochement ou mise en relation des données de Base élèves avec d'autres fichiers est illégal.

Conseils d'écoles

en mettant à l’ordre du jour le sujet des fichiers, en exigeant la liste des fichiers sortant de l'école, leurs contenus et leurs destinataires, en consignant les inquiétudes sur la multiplication des fichiers, en diffusant de l’information, en vérifiant que les fichiers constitués avant le 27 février 2007 sont supprimés...

Parents

en exerçant votre droit d'opposition en demandant le retrait de votre enfant de Base élèves et du fichier national BNIE, ou en demandant la radiation des informations déjà enregistrées dans ces fichiers, au directeur ou à la directrice de votre école (en utilisant le modèle de lettre d'opposition à télécharger sur notre site).

Les fichiers nominatifs doivent rester dans les écoles !
Les sanctions contre les directeurs doivent être levées !
Base élèves et le fichier national BNIE doivent être arrêtés !

Le CNRBE, 31 août 2010

 

Pour plus d'informations: www.retraitbaseeleves.wordpress.com 


Articles à consulter

La Base Elèves et la Base Nationale des Identifiants Elèves n’ont plus d’existence légale ! - 20 juillet 2010

Les «enfants du voyage» vont-ils alimenter de nouveaux fichiers scolaires illégaux? - 23 juillet 2010

«Une résistance éthique contre l’évaluation» - 5 juillet 2010

L’Etat accélère le fichage des « compétences » - 12 juillet 2010

Base élèves et les mairies - 9 novembre 2009

Base Elèves, Sconet, Affelnet : trois applications qui « communiquent » entre elles - 1er juillet 2010



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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 17:59

In Libération

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Réformes du lycée et de la formation des maîtres, sanctions, journée partagée, sans oublier le sort des frites à la cantine... Revue des nouveautés.

 

A l'heure des derniers ravitaillements en cahiers à spirales gros carreaux, le climat n'est pas des plus détendus en cette rentrée. Rien d'inhabituel pour un début septembre, mais tout de même, on «accumule tous les problèmes», tempête le Snes-FSU, le principal syndicat enseignant des collèges et lycées. Une rentrée «sombre et pesante», «chaotique» renchérissent les autres (SE-Unsa, Fidl). Même les inspecteurs (SI-EN Unsa) y vont de leur «coup de semonce».

 

Signe de la contestation qui couve, une grève est prévue dès la deuxième semaine de classe, les lundi 6 (les collèges et lycées) et mardi 7 septembre, greffée sur celle des retraites. Et même dès la rentrée à Paris à l'appel de Sud Education. «Notre école a moins besoin de grand soir que de petits matins quotidiens», a rétorqué aux fâcheux le ministre Luc Chatel lors de sa conférence de presse de rentrée ce mardi. D'ailleurs, «citez-moi une rentrée où les syndicats ne parlent pas de difficultés!»

Celles de cette année s'appellent d'abord et encore suppressions de postes. 16.000 pour cette année, autant qu'en 2011. Pendant ce temps, les classes gonflent, ne manquent pas de rappeler les syndicats, avec 39.000 élèves de plus cette année dans le second degré.

Deuxième gros sujet de tension, la très contestée «masterisation», autrement dit la réforme de la formation des enseignants. Pour la première promo de recrues nouvelle mouture, l'effet est radical: propulsion sans transition dans le grand bain. Recrutés au niveau bac+4 contre bac+3 auparavant (et bac+5 en 2011), les 15.472 nouveaux jeunes profs stagiaires sur le pont dans deux jours passent directement des amphis à un poste à quasi temps plein en collège ou lycée. C'est-à-dire sans aucune pratique du terrain ou presque. De quoi donner des sueurs froides aux petits nouveaux. Une catastrophe annoncée, à entendre les syndicats. Une année «transitoire», le temps que la réforme prenne pleinement effet l'année prochaine, tempère le ministre.

Certes, les stagiaires sont censés être suivis par enseignants «tuteurs» du même établissement, mais les candidats ne se bousculent pas malgré une prime de 2000 euros. Certes, des temps de formation sont prévus (en stages pendant l’année, ou une demi-journée ou une journée dans la semaine), mais «ils sont deux fois moins importants» qu’avant la réforme, déplore le Snes-FSU, qui voit d'abord dans cette réforme une manière de supprimer mécaniquement des postes à bon compte. Lot de consolation: les futurs professeurs des écoles gagnent 157 euros par mois de plus, les agrégés 259 euros.

Un peu moins controversé est l'autre chantier mis en œuvre en cette rentrée, la réforme du lycée. L’idée est de toucher un peu à tout en seconde pour mieux faire son choix ensuite. Au tronc commun s'ajoutent donc trois heures «d’enseignements d’exploration», plus six heures d’options possibles, et deux d’accompagnement personnalisé, dégagées en rognant sur quatre disciplines (français, histoire-géographie, physique-chimie, sciences et vie et de la terre) (détail de ce qui change ici). Pour ces deux heures assurées par les enseignants, chaque lycée se débrouille comme il veut et comme il peut.

Les programmes ont été revus dans toutes les disciplines, à commencer par les sciences économiques et sociales (SES), ce qui vaut d'ailleurs un petit cafouillage de rentrée sur les manuels, les éditeurs ayant été pris de court. Nouveauté aussi, l'histoire des arts fait son entrée au brevet des collèges.

2010 a droit à son nouveau sigle, «Clair». Comme Collège et lycée pour l'ambition, l'innovation et la réussite, dispositif né des états généraux sur les violences scolaires. Soit 105 collèges et lycées «plus autonomes», où les chefs d'établissement peuvent notamment recruter leurs équipes. Pour renforcer l'égalité des chances, onze nouveaux internats d'excellence seront créés pour les élèves bosseurs mais défavorisés.

Côté sécurité, tour de vis général et sanctions à tous les étages. Il faut «remettre la règle au cœur de l'école», a répété Luc Chatel ce mardi. L'heure est à la «riposte graduée», comprendre l'utilisation de «toute l'échelle des sanctions» – sauf les expulsions de huit jours, jugées contreproductives – et des «mesures d'utilité collective».

 

La suite...

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