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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 21:55

 

Recrutement d’enseignants le 26 mai à Paris

 

Le 26 mai, l’Académie de Paris recrute des enseignants au Centre d’Information et d’Orientation Médiacom dans le 14ème arrondissement.


Benoît VERSCHAEVE
Directeur Ressources Humaines – Académie de Paris


  • Quel recrutement ?
  • Quelles matières ?
  • Les profils ?
  • Quelles perspectives ?
  • Comment postuler ?

Quel recrutement ?
Avant toute chose, le recrutement d’un enseignant passe par un concours, mais nous sommes amenés à recruter de temps en temps des contractuels pour pallier à des remplacements. Il s’agit de personnes pour le remplacement d’enseignants dans les établissements collèges, lycées généraux, technologiques et professionnels de la Ville de Paris.

Quelles matières ?
Nous recrutons dans l’ensemble des disciplines, mais c’est vrai qu’on a des besoins plus pressants dans certaines disciplines, par exemple dans les disciplines générales, langues étrangères, mathématiques, éducation physique et sportive, ou dans les disciplines professionnelles, je pense à biotechnologie, électrotechnique, ou lettres, histoire.

Les profils ?
Les pré-requis pour être enseignant contractuel, c’est d’abord un niveau universitaire attendu, le Master ou à défaut la Licence, ou même un niveau inférieur pour certaines disciplines professionnelles, une parfaite maîtrise de la langue française tant à l’écrit qu’à l’oral, une approche de l’animation, le fait de savoir mener un groupe de jeunes et puis une connaissance du monde de l’éducation et dumonde de l’école en général.

Quelles perspectives ?
Pour un étudiant, cela peut être un marchepied pour ensuite passer le concours, c’est une excellente expérience professionnelle en vue de préparer ce concours. Pour quelqu’un qui vient du monde professionnel, cela peut être un complément d’activité, le fait de transférer ses connaissances à un public plus jeune et éventuellement ensuite passer le concours de professeur de lycée professionnel.

Comment postuler ?
En partenariat avec Pôle emploi, nous organisons le 26 Mai une journée Forum de l’emploi, de 10h à 16h au Centre d’Information et d’Orientation Mediacom, dans le 14ème arrondissement. Le candidat pourra assister à une conférence où on lui présentera le métier d’enseignant. Il pourra également être reçu en entretien par un inspecteur pédagogique pour une sorte de pré-recrutement qui pourra être formalisé en septembre.

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 08:19

pétition unitaire à l'appel des organisations syndicales ci-dessous

logo du Snes logo du Snep logo du Snuep logo du Snasub logo du Snupden logo du Snuipp
logo du Snalc-csen logo du Snc-faen logo du Snetaa-fo logo du Cgt educ ation logo du Sud education logo du SE-UNSA

Non aux ECLAIR, oui à une vraie éducation prioritaire

Aujourd'hui 25 mai 2011, il y a 3651 signatures (électroniques ou sur papier) enregistrées depuis le 20 mai 2011

 


 

Je signe l'appel - Ils ont signé...

 


 

Sans bilan, le Ministère a procédé dès le début de l’année 2011 à l’extension du label (E)CLAIR imposé d’autorité à 105 établissements à la rentrée 2010 à la suite des Etats Généraux de la Sécurité à l’école.

 

Erigeant le « climat scolaire » comme facteur principal d’échec ou de réussite scolaire des élèves, le programme ECLAIR représente à la fois un recentrage de l’éducation prioritaire sur un nombre limité d’établissements à partir de critères discutables et un dévoiement majeur du principe fondateur de « donner plus à ceux qui ont le moins ».

Instrumentalisant le « droit à l’expérimentation » ouvert par l’article 34 de la loi Fillon, il vise à transformer ces établissements désignés autoritairement en laboratoires de déréglementations tous azimuts qui risquent d’être ensuite généralisées à l’ensemble du système éducatif.

 

L’avis prépondérant des chefs d’établissement préparant un recrutement local sur profil des personnels (y compris les adjoints), des règles de mutation spécifiques (y compris pour les personnels de direction) et l’attribution d’une lettre de mission remettent en cause le statut des personnels, un des fondements du service public, pour lui substituer la notion de contrat. Loin de favoriser la stabilité des personnels, ces mesures en organisent la fuite ; faute de volontaires, les postes restés vacants risquent de n’être occupés que par des personnels précaires, et notamment des contractuels à qui une lettre de mission peut faire espérer la reconduction d’un contrat sur 5 ans.

 

Le dispositif, en particulier par la création de « préfets des études » à la fois responsables pédagogiques, éducatifs et membres de la direction, est marqué par une confusion inacceptable des missions des enseignants, CPE et COPsy. A cela s’ajoutent des inquiétudes sur le devenir des enseignants référents et des secrétaires des comités exécutifs intervenant dans les établissements et les écoles.

 

Il est urgent de redonner de l’espoir à tous les élèves en difficultés scolaires et sociales en luttant contre tout ce qui pourrait les assigner à un destin tracé d’avance et les stigmatiser. Il est urgent de centrer les efforts sur les apprentissages en maintenant le même niveau d’exigence pour tous les élèves (et pas seulement les plus « méritants ») et en soutenant ceux qui en ont besoin, dans le cadre de programmes nationaux rénovés et d’horaires nationaux.

 

Les signataires demandent l’abandon du programme (E)CLAIR. Ils exigent une véritable relance de l’éducation prioritaire, avec des critères nationaux et transparents pour définir la liste des établissements et des écoles qui en relèvent, la volonté politique d’y améliorer à la fois les conditions d’étude des élèves et les conditions de travail des personnels, au sein d’équipes pluriprofessionnelles complètes, et l’investissement des moyens nécessaires en termes d’emplois, de rémunération et de formation des personnels.


Ecoles, Collèges, Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite

 

 

Télécharger la pétition pour l'imprimer


Je signe l'appel - Ils ont signé...


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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 07:57

Lettre ouverte à l'Inspecteur d'Académie de la Loire 

               
Nous réclamons le droit d'innover


Sylvie Davier, Jean-Marc Hostachy, Nadine Pradel, Ghislaine Vigouroux, Yves Scanu

Depuis maintenant quinze ans, l’équipe enseignante de l’école maternelle Gounod, située dans un quartier de la périphérie stéphanoise classé réseau ambition réussite, dont les élèves sont principalement issus des milieux populaires, travaille de manière collaborative. Cette collaboration a sans nul doute favorisé, sous l’impulsion de deux IEN, le passage en école d’application toujours avec la même équipe. Forte de cette expérience, consciente de ses forces mais aussi de ses faiblesses, l’équipe fait le choix de prendre de nouvelles orientations pédagogiques. 

 


Mai 2010, l’équipe, déjà mobilisée depuis plusieurs mois sur le nouveau projet d'école, inspirée par les travaux des mouvements pédagogiques (ICEM Freinet, GFEN et notamment Sylvain Connac qui a initié une telle expérience dans le quartier de la Paillade à Montpellier), décide de répartir les élèves en classe multi-âges.
Ainsi à la rentrée de septembre 2011, quatre classes multi-âges fonctionnent. L'axe principal du projet est de transformer le climat des classes en misant sur la coopération entre élèves. Les deux nouvelles enseignantes qui rejoignent l’équipe en place adhèrent pleinement au projet.

  


Sa mise en œuvre a nécessité une restructuration complète du fonctionnement, tant sur le plan pédagogique que sur le plan matériel. Les temps de concertations pour construire, réguler et harmoniser le travail dans les quatre classes ont été fortement accrus, nécessitant un investissement fort de chaque membre de l’équipe. Un effort considérable d’information des familles a été nécessaire pour les convaincre de la pertinence du projet. Monsieur l'Inspecteur d'Académie a validé le projet en exigeant un engagement moral de trois ans considérant qu’un tel projet devait, pour en mesurer les réels effets, durer le temps de la scolarité à l’école maternelle, ce qui implique pour nous la nécessaire stabilité de l’équipe de l’équipe sur ces 3 ans. Nous avons bien évidemment accepté.

  


Février 2011. Bien avant les opérations de mouvement, l’équipe interpelle donc Monsieur l’Inspecteur d’Académie pour lui rappeler cette nécessité et lui réclamer le maintien de l’équipe existante afin de pouvoir poursuivre l’expérimentation.  Trois courriers resteront sans réponse à ce jour.

  


A l’occasion d’une rencontre fortuite, le directeur de l’école demande à être reçu. Monsieur l’Inspecteur d’Académie adjoint annonce que l’Inspecteur d’Académie refuse fermement tout traitement dérogatoire  dans l'attribution des postes d'enseignants.

  


L’équipe pédagogique a sollicité une inspection d’équipe afin que l’institution prenne pleinement connaissance du projet, s’est dite prête à toutes visites d’experts, à mettre tous les documents produits à la disposition de l’administration, à apporter son concours à des équipes qui souhaiteraient s’engager dans les mêmes voies, à prendre en compte les conseils éventuellement donnés. La conduite d’une telle innovation peut permettre d’apporter une contribution à la réflexion pédagogique, à la mobilisation de l’intelligence collective, à la lutte pour l’amélioration de la réussite scolaire.

  


Dans les jours qui viennent, le mouvement des enseignants en sera à sa première phase. Deux, voire trois collègues risquent de devoir quitter l'école. La première année d’expérimentation serait ainsi annihilée au mépris du travail effectué, de l’engagement des enseignants et de l’accord des parents. Nous avons la conviction, que repartir l'année prochaine avec de nouveaux collègues, sans bien sûr mettre en doute ni leurs compétences ni leurs qualités, au mieux, nécessiterait de repartir à zéro et compromettre cette première année d'expérience, au pire de mettre en péril le projet.

 


Pour les parents d'élèves que nous avons dû convaincre de la pertinence de cette expérience mais surtout pour les élèves, il nous semble incontournable d'obtenir un traitement dérogatoire aux règles habituelles du mouvement.

 


Il va de soi que nous réclamons bien un traitement dérogatoire exceptionnel et non pas de nouvelles règles de mutation qui se feraient sur profil. C'est la particularité de notre projet qui se traduit dans une répartition des élèves inhabituelle et communément considérée comme source de difficultés qui nous semble rendre légitime notre demande; Nous sollicitons donc: le maintien des collègues qui ont initié l'expérience.  Notre demande est sans conséquence pour la gestion d'ensemble des postes du département.

 



La recherche pédagogique, l’innovation se trouvent ainsi condamnées au nom d’une stricte logique comptable à courte vue.

 


    L’équipe pédagogique en appelle au soutien de tous les enseignants, des parents d’élèves, des syndicats, des mouvements d’éducation populaire, des élus, de tous ceux qui luttent pour l’avenir des l’écoles et plus largement à tous ceux qui considèrent qu’en la circonstance le droit d'innover doit être reconnu et permis à tous.
Elle a obtenu le soutien de pédagogues et de spécialistes comme Pierre Frackowiak et André Ouzoulias.

 


Vous pouvez vous aussi apporter votre soutien à l’équipe, contribuer à la lutte pour le droit à l’innovation à l’Education Nationale, défendre notre école et soutenir notre projet en envoyant un message électronique à l’adresse suivante :: ce.0421529j@ac-lyon.fr

Cette information sera adressée à l’Inspecteur d’Académie, au Recteur, et éventuellement rendue publique par voie de presse.


Premiers signataires :
Pierre Frackowiack, Inspecteur honoraire de l’Education Nationale
André Ouzoulias, professeur IUFM (Université de Cergy-Pontoise).

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 07:52
 
En sortant de l'école
à
"LA NUIT DES ECOLES"
vendredi 27 mai
18h45
à l'Ecole Georges Thill

 Rue Georges Thill, 75019 PARIS

metro Ourq ou Porte de Pantin
affiche 21.01.2011-2

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 07:48

C03-01.jpg

Lettre ouverte à Monsieur CHATEL, Ministre de l’Education Nationale, en l’absence de réponse à notre courrier.

 

 

Paris, le 24 mai 2011

 

Monsieur le Ministre,

 

Permettez-nous d’attirer votre attention sur la situation particulière de quatre écoles du 20e arrondissement de Paris dans le quartier du Bas-Belleville (école maternelle Pali-Kao, école élémentaire Ramponeau, écoles maternelle et élémentaire Tourtille) : les prévisions d’effectifs sur ces écoles à la rentrée prochaine font état de trois suppressions de postes, dont une suppression de classe à la maternelle Tourtille et une suppression de poste SOUT, assurant la fonction de maître G (chargé de l'aide à dominante rééducative) sur les écoles Ramponeau et Pali-Kao.

Par ailleurs, nous avons appris la suppression d’un poste ZIL (Zone d’Intervention Localisée) de remplaçant sur notre circonscription consécutif au rétablissement du poste RASED sur les écoles élémentaire Tourtille et maternelle Tourtille, menacé également de suppression. Nous refusons que le maintien d’un poste, quel qu’il soit, se traduise par la suppression d’un autre poste et nous opposons également à la suppression de ce poste ZIL, poste indispensable à la continuité de l’enseignement dans les établissements de la circonscription.

Les représentants de parents d’élèves des quatre écoles ont rencontré successivement Messieurs Palenciano, inspecteur de la circonscription 20B, puis Duthy, inspecteur d’académie chargé du 1er degré, pour expliquer pourquoi le maintien de ces postes était indispensable pour garantir la scolarité dans de bonnes conditions des enfants de notre quartier. Leur réponse a été négative puisqu’ils appliquent une politique de réduction de postes décidée au niveau gouvernemental.

Cette politique vue à un niveau global ne prend pas en compte les spécificités propres à notre quartier : implantées dans le quartier « Belleville – Amandiers » classé ZUS (Zone Urbaine Sensible) et relevant des CUCS (contrat urbain de cohésion sociale), classées en ZEP, les écoles du Bas-Belleville accueillent en grande majorité des enfants de familles défavorisées et un grand nombre d’enfants de familles non francophones. Le maintien de classes à effectifs réduits en maternelle n’est donc pas un luxe, mais une nécessité absolue pour réduire l'impact de cet environnement social sur les premiers apprentissages scolaires.

De plus, les enfants de ce quartier du Nord-Est parisien connaissent des difficultés scolaires qui nécessitent une prise en charge spécifique correspondant aux compétences des enseignants du RASED. L’équipe arrivée cette année permet d’améliorer la prise en charge des élèves en difficulté, ce qui a des retombées positives sur l’ensemble des élèves et des équipes enseignantes des deux écoles. Ce poste SOUT rattaché à l’école Ramponeau et concernant les élèves des deux écoles (Ramponeau et Pali-Kao) permet un travail de proximité avec les enfants et les équipes enseignantes. Dans ce cas spécifique, il est plus efficace qu’une équipe RASED plus éloignée, et prenant en charge un moins grand nombre d’enfants. Nous nous étonnons de la suppression de ce poste qui vient d’être créé à la rentrée 2010, avant d’avoir eu le temps d’évaluer son efficacité.

Les équipes enseignantes dans leur totalité sont convaincues de l’importance de maintenir ce poste, maillon essentiel dans le lien entre la maternelle et l’élémentaire. Les parents y sont très attachés, d’autant que ces suppressions s’ajoutent à celles subies au cours des dernières années, particulièrement le poste soutien lecture supprimé en 2009 qui concernait ce même ensemble d’écoles.

Une pétition circulant parmi les parents et les habitants du quartier a réuni à ce jour plus de 500 signatures pour demander le maintien de ces postes.

La presse commence à se faire l’écho de la mobilisation engagée par les parents d’élèves depuis que cette décision de suppression a été connue (Rue 89, Politis, L’Humanité, Radio suisse RSR, France Inter, Libération…)

L’inspecteur nous a dit qu’une réserve de postes existait pour répondre à des situations spécifiques.

Nous vous demandons, Monsieur le Ministre, d’appuyer cette demande et de maintenir l’ensemble des moyens actuellement mis en œuvre (SOUT RASED, ZIL, classe maternelle) pour permettre à tous les enfants de notre quartier de bénéficier de l’égalité des chances que doit garantir pour tous l’école de la République.

 

          Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos respectueuses salutations.

 

Les représentants de parents d’élèves des écoles maternelle Tourtille,

élémentaire Tourtille, Ramponeau et Pali-Kao.

Contact :          ecolesbasbelleville@gmail.com

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 07:38

 

In Libération

 

 

 

Le dispositif sera lancé dans une trentaine d'universités et huit académies «pilotes» et visera «quelques centaines d'étudiants».

 

Des masters «en alternance» seront créés à la rentrée prochaine pour améliorer la formation des futurs enseignants, a annoncé lundi le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, lors d'une table ronde à l'université de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise).

 

Le dispositif sera lancé dans une trentaine d'universités et huit académies «pilotes» dont celles de Versailles, Lille ou encore Aix-Marseille et visera «quelques centaines d'étudiants», selon le ministre.

Il permettra à ces derniers d'effectuer dès la quatrième année d'études supérieures (master 1) un contrat d'enseignement de trois à six heures par semaine, ou bien d'occuper un poste d'assistant pédagogique à mi-temps, parallèlement à leur formation universitaire.

Les deux seront rémunérés, de 3.000 à 6.000 euros par an dans le premier cas, 560 euros par mois dans le second, et cumulables avec des bourses.

 

Luc Chatel a aussi affirmé que tous les étudiants ayant obtenu le concours cette année seront affectés à «des postes fixes à temps complet» à la rentrée prochaine, alors qu'en primaire nombreux étaient cette année remplaçants.

 

Ces mesures s'inscrivent dans la continuité de la très contestée réforme de la formation des professeurs, dite «masterisation», qui a débuté en septembre 2010. Celle-ci a élevé le niveau de recrutement de tous les enseignants à master 2 (bac+5), confié leur formation aux seules universités via des masters, et s'est traduite par la fin de la formation pratique offerte par les IUFM.

 

Une réforme qui, selon Luc Chatel, «n'est pas la caricature que l'on a pu nous décrire»: «depuis son application, nous n'avons pas eu plus de démissions d'enseignants qu'auparavant». Pour la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, la réforme a été positive dans la mesure où elle a entraîné la création de stages avant que les étudiants passent les concours: cela «permet d'éviter les désillusions, les déceptions et de confirmer ou d'infirmer si l'on a bien vocation à enseigner».

 

La déclaration de Chatel selon laquelle les enseignants débutant l'an prochain le feront «sur des postes complets» est une des décisions les concernant figurant dans une circulaire parue jeudi au Bulletin officiel de l'Education nationale. Selon cette circulaire, en primaire «les écoles les plus difficiles et les postes spécialisés seront évités de même que l'attribution des classes les plus délicates (cours préparatoire par exemple)».

 

Par ailleurs, l'accueil des enseignants stagiaires fin août va passer de trois à «cinq jours» et comprendra «des formations théoriques à la tenue de classe», afin qu'ils soient mieux préparés à la rentrée.

 

La suite...

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 07:33

 

 

par Marcel Brun

 

C03-24La journée nationale de l’OZP en a été encore une illustration : les mots ne sont pas interchangeables. Ils ne sont pas de vagues étiquettes qu’on pose sur les choses. Ils sont les outils grâce auxquels on agit, on invente, on pense. Exemples : « quand on multiplie les sigles, on pratique la guérilla sémantique pour que plus personne ne puisse s’y retrouver. On contribue à l’obscurcissement de la politique éducative » a dit Luc Cédelle, journaliste au Monde. « A force de changer les mots, plus personne ne se comprend, ne se reconnaît », a complété une coordo ZEP. Pardon, une secrétaire exécutive de réseau.

 

Il y a quelques jours, Véronique Decker envoyait un « coup de gueule à tous ceux qui prennent nos mots » : projets, socle, compétences, individualisation, évaluation, innovation, accompagnement… Autant de concepts que les tenants de la concurrence tentent de détourner dans leurs « marques ».

 

Ce qui, pris isolément, paraît anodin, fait système. Dans les textes officiels, les talents, différences, voire besoins particuliers ou illettrisme naturalisent le social. L’expérimentation préfigure la déréglementation. On prescrit de « ne pas abandonner les meilleurs », de « libérer les initiatives » pour faire jouer la concurrence. L’école de tous devient l’école de chacun. On ne lutte plus  contre les inégalités, mais contre la violence. Le charisme remplace la formation, le bonheur détrône l’apprentissage, les populations à risques remplacent les pauvres.

 

Mais après tout, pourquoi refuser de faire du neuf dans les vieux oripeaux ? Pourquoi tant de raideur idéologique ? Parodions les Modernes : « Osons faire nouveau, moderne, branché. Enfilons les habits brillants de la modernité au lieu de nos ternes guenilles, développons la langue du consensus plutôt que celle du conflit, toujours porteur d’aigreur, d’ankylose et d’étroitesse d’esprit ! ».  Chacun devrait savoir que les clients de la SNCF sont mieux traités que ne l’étaient les usagers du service public, que les équipiers de MacDo sont moins précaires que les autres salariés… Qui se souvient encore des casseroles successives de la Générale des Eaux renommée Vivendi, tant son nouvel avatar Véolia semble devenu un agent du bien commun ?

 

Un grand auteur écrivit il y a quelques décennies des phrases prémonitoires : « Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. (...) Vers 2050, plus tôt probablement, toute connaissance de l’ancienne langue aura disparu. Toute la littérature du passé aura été détruite. Chaucer, Shakespeare, Milton, Byron n’existeront plus qu’en versions novlangue. Ils ne seront pas changés simplement en quelque chose de différent, ils seront changés en quelque chose qui sera le contraire de qu’ils étaient jusque-là. »

 

Les « insurgés » qui fleurissent sur toutes les places du monde sauront-ils faire surgir de nouveaux éléments de langage alternatifs pour oser penser l’avenir ? En tout cas, prenons soin de nos mots, pour ne craindre ni 2012 ni 2050. Et enseignons les finesses de l’histoire du vocabulaire à nos élèves. Personne d’autre que nous ne le fera.

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 21:21

In Mammouth déchaîné

chatel2

La Preuve...

Source
D'ailleurs, dans certains domaines, l'Etat pourrait bientôt être en situation de cessation de paiement: les remplacements de personnels malades ou démissionnaires seront par exemple encore plus problématiques à partir de la rentrée prochaine ; de nombreux rectorats auront alors épuisé l'enveloppe budgétaire qui leur est octroyée pour payer les frais de déplacement de leurs remplaçants...



ulysse 


* Une quête pour renflouer les caisses :

L’école primaire des Chesneaux montre l'exemple

Source

"Jeudi matin, les enfants de l'école primaire des Chesneaux faisaient la queue pour remettre aux délégués des parents d'élèves les pièces « rouges » collectées pour « renflouer les caisses de l'État » et plus précisément celles du ministère de l'Éducation nationale.
Dans une petite boîte, ce petit pécule et une lettre adressée au ministre Luc Chatel ont été envoyés au 110, rue de Grenelle à Paris.

« Par ce geste symbolique, nous exprimons notre volonté du maintien des classes en maternelle et en primaire, pour que nos enfants aient une éducation digne d'une République qui mise sur l'avenir », confie l'un des parents d'élèves élus."


D’autres appelleraient cela un grand emprunt...



* C'est la "réussite" du système Chatel ! Vu à la télé.

Source - "France 2

 


Le village de Détrier, en Savoie, a décidé de tout faire pour ne pas perdre son école. Il s'agit d'une classe unique de 10 élèves. Le conseil municipal a donc voté une subvention pour payer un instituteur à la rentrée prochaine. Un enseignant privé donc, qui officiera dans une école publique. Il y a une faute d'orthographe là. "Les autre", que faut-il mettre à la fin de "autre" ? Dans l'école de Détrier, il n'y a qu'une seule classe. Dix élèves de la grande section au CM2. Une institutrice aux petits soins, quasiment du sur-mesure. Mais pour l'administration, l'effectif est insuffisant et l'école doit fermer au grand dam des parents d'élèves. Nous sommes attachés à notre école, à ce petit effectif qui nous permet d'avoir une pédagogie adaptée à chaque enfant. Pour éviter la fermeture, la municipalité a décidé de financer l'embauche d'un instituteur et de créer une cantine. L'idée est d'ouvrir une classe de petite et moyenne section qui faisait défaut. L'objectif est de faire revenir ici les enfants de 3 et 4 ans scolarisés dans le village voisin. Mais la commune a-t-elle le droit de créer une classe ?


Notre seule obligation est de respecter les normes de sécurité en matière d'accueil et d'hygiène. L'instituteur sera sous contrat privé dans une école publique. La scolarité sera gratuite. Pour le village, cela coûtera 30.000 euros par an. Tout est question de priorité : soit on met l'argent sur les routes, soit on privilégie l'école et à Détrier, on a choisi l'école. Deux instituteurs ont déjà fait acte de candidature. En ouvrant une deuxième classe, l'école espère attirer 29 élèves et consolider les rangs pour la photo de classe.


©France 2

et toujours plus !

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 21:13
In  Snuipp

 

Le ministère persiste dans le détricotage de la formation des enseignants stagiaires. La nouvelle circulaire qui fixe l’organisation du dispositif pour l’année prochaine ne tire absolument pas les enseignements d’une première année vécue comme plutôt difficile et peu professionnalisante.

 

Conséquence des suppressions de postes l’entrée dans le métier se fera presque sans filet. Contrairement à cette année pour le primaire, le dispositif plaçant les stagiaires en binôme dans la classe d’un maitre formateur de septembre à la Toussaint ne sera pas reconduit. Tout juste bénéficieront-ils de cinq jours de préparation avant la rentrée et d’un premier mois d’accompagnement dont les contours sont insuffisamment cadrés.

 

De plus, les lauréats du concours seront nommés dans une classe pour l’année dès septembre, indépendamment de leur parcours antérieur. Certains pourraient avoir la charge d’une classe de CM2 en ayant seulement fait deux semaines de stages en maternelle lors de leur parcours en Master 2. D’autres pourraient encore ne jamais avoir bénéficié de stages auparavant.

 

Faute de directive claire, chaque Inspecteur d’Académie déclinera à son gré et selon ses moyens, l’organisation de l’année. Avec des remplaçants qui risquent de manquer très rapidement dans les écoles, pourront-ils garantir aux stagiaires leurs douze semaines de formation au cours de l’année ? La suppression de postes de formateurs à la rentrée risque également d’aggraver cette situation.

 

Inutile de se cacher derrière son petit doigt, si la circulaire laisse entendre que la formation sera suffisante, à l’épreuve du réel, il n’en sera rien. Les stagiaires devront entrer dans un métier complexe sans en connaître les ressorts et les leviers essentiels. Il est urgent de sortir du bricolage et commencer par l’abandon de cette réforme. Dans l’immédiat, le SNUipp-FSU demande solennellement au ministre qu’aucun stagiaire ne commence seul à la rentrée dans une classe et que tous bénéficient concrètement d’une pratique accompagnée durant le premier mois.

 

Paris, le 23 mai 2011

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 21:02

Lettre ouverte de Hubert MONTAGNER,

Professeur des Universités en retraite et

ancien Directeur de Recherche à l’INSERM

SADIRAC, le 20 mai 2011

Monsieur Bernard JAVAUDIN

Inspecteur d’académie de Loire-Atlantique

7 route de la Jonelière

BP 62214 - 44322 Nantes CEDEX 3

 

 

Monsieur l’Inspecteur d’académie,

 

Ayant eu l’honneur et le plaisir d’être invité à plusieurs reprises dans le département de Loire-Atlantique au cours des trois dernières années, j’ai eu le privilège d’y rencontrer de nombreux professionnels de qualité dans les domaines de la petite enfance et de l’école, en particulier des enseignants en quête permanente d’innovation et de stratégies pour servir encore mieux les enfants-élèves. En interaction positive avec les parents et familles, mais aussi les autres acteurs de l’école, ils dépensent sans compter leur temps et leur énergie. C’est le cas de Monsieur François LE MENAHEZE, Professeur des écoles, directeur d’une nouvelle école très appréciée, réputée et recherchée, mais aussi formateur dans le cadre de l’IUFM et de l’Université, sans oublier ses interventions et apports dans les colloques consacrés à l’éducation et à la pédagogie. Soucieux de l’intérêt premier des enfants, cet homme remarquable est respecté par tous. Il est donc difficile de comprendre que vous ayez décidé de le punir alors qu’il n’a commis aucune faute ni au plan de la déontologie et de l’éthique ni au plan de la cohérence de ses engagements de maître et de pédagogue. En refusant les évaluations nationales pour des raisons morales, éthiques et professionnelles tout à fait fondées, Monsieur François LE MENAHEZE n’a pas commis davantage de fautes par rapport à la Constitution de la FRANCE ni par rapport aux lois de la République française. Les circulaires et directives ministérielles ne sauraient être assimilées à des lois, surtout quand elles sont discutables et quand elles ne règlent aucune des difficultés scolaires que les organismes internationaux ne cessent de souligner (rapports de l’OCDE, enquêtes PISA...). Ayant le privilège d’être invité à l’étranger, je constate régulièrement que les professionnels du développement de l’enfant, de l’éducation et de l’école ne comprennent pas les incohérences, dérives et échecs du système scolaire de la FRANCE, et aussi l’absence d’humanité dans une école qui souffre. Surtout, quand ce système génère l’épuisement, l’anxiété, l’angoisse, la démotivation et le rejet, finalement le “désamour” de l’école, en particulier chez les enfants les plus fragiles et vulnérables. C’est ce qui est souligné notamment, et par exemple, dans le livre “On achève bien les écoliers”, publié récemment aux Editions Grasset par Monsieur Peter GUMBLE, grand reporter francophile du Time Magazine et enseignant à Sciences Po de PARIS. Monsieur Peter GUMBLE met l’accent sur ce qu’il appelle “la dictature de la salle de classe”... qu’il a vécue au cours de la scolarisation de ses deux filles en FRANCE depuis 2002. Plus précisément, il dénonce la culture de la négativité dans la salle de classe à travers trois mots souvent assénés aux élèves :

 

“t’es nul”. Il précise que “71 % des élèves en France sont régulièrement « sujets à de l’irritabilité » ; 63 % souffrent de nervosité ; un sur quatre a mal au ventre ou à la tête une fois par semaine ; 40 % se plaignent d’insomnies fréquentes”. Peter GUMBLE s’interroge donc, et nous interpelle sévèrement : “Pourquoi la France est-elle le seul pays au monde à décourager ses enfants au nom de ce qu’ils ne sont pas, plutôt qu’à les encourager en vertu de ce qu’ils sont ?”... “dans d’autres pays européens, en Angleterre, en Allemagne et surtout dans les pays nordiques, la vieille approche éducative basée sur l’humiliation a depuis longtemps été remplacée par une vision plus positive et généreuse qui cherche à encourager plutôt qu’à rabaisser”.

 

Si on peut discuter les chiffres avancés par Monsieur Peter GUMBLE, on doit reconnaître qu’il a raison, comme le montrent les études réalisées dans les classes et les écoles, mais aussi les observations cliniques.

 

Monsieur François LE MENAHEZE est précisément un enseignant et un pédagogue dont la vision éducative est “positive et généreuse”. “Elle cherche à encourager plutôt qu’à rabaisser”. Monsieur François LE MENAHEZE fait honneur à la FRANCE, à ses valeurs humanistes et à ses valeurs intellectuelles en refusant logiquement les évaluations que le Ministère de l’Education Nationale a imposées aux élèves, enseignants... et parents dans les classes de CE1 et de CM2. En effet, sans cohérence éducative, ces évaluations s’inscrivent notamment dans la “culture de la négativité” dénoncée par Monsieur Peter GUMBLE. Avec ses amis de “Résistance Pédagogique”, Monsieur François LE MENAHEZE refuse “les évaluations nationales actuelles qui participent à la mise en concurrence des établissements scolaires et des enseignants et permettent les rapprochements et la mise en relation des fichiers, d’ailleurs jugée illégale par le Conseil d’État le 19 juillet 2010”. Engagé dans des recherches scientifiques sur le développement, les comportements et les rythmes de l’enfant dans ses différents lieux de vie depuis plus de trente ans, et soucieux de ses équilibres “biopsychologiques”, je ne peux que souscrire aux fondements de leur engagement : faire de la “résistance pédagogique, démarche éthique et responsable”...“un levier qui porte l’exigence d’une école respectueuse des droits de l’enfant, une école au service du progrès de tous, une école qui préfigure une société plus juste et plus solidaire. Elle s’appuie directement sur la liberté pédagogique inscrite dans la loi, mais bafouée dans les faits”. Un tel mouvement est une chance pour la société et la nation. Il nous conduit à réfléchir sur nous-mêmes, et sur le sens de notre vie. En tant que citoyen, universitaire et chercheur dans les domaines du développement, du comportement et des rythmes de l’enfant, et même si je ne suis pas pédagogue, je me permets de vous écrire, Monsieur l’Inspecteur d’académie, que vous n’avez pas le droit, à travers la personne de Monsieur François LE MENAHEZE, d’ignorer un tel mouvement. Fondé avant tout sur le respect des enfants... de tous les enfants, il est juste et honnête. En revanche, il n’est pas juste que vous punissiez un homme de devoir qui inscrit, sans concession, sa mission d’enseignant et de pédagogue dans l’intérêt supérieur des enfants, en toute positivité et générosité. Etes-vous sûr que tous vos collègues Inspecteurs d’académie partagent votre position et votre sanction, mais aussi certains fonctionnaires du Ministère de l’Education Nationale ? Je peux affirmer que NON.

 

En outre, je suis surpris qu’un homme de votre importance, et, on peut le penser, de votre qualité, ait enfermé Monsieur François LE MENAHEZE dans une spirale interactive et agressive qui s’apparente à un harcèlement (selon LE LAROUSSE, harceler est défini comme “tourmenter avec obstination, soumettre à des critiques, à des moqueries répétées”), alors que le Ministre de l’Education Nationale a créé récemment un “conseil scientifique sur le harcèlement scolaire” et vient d’organiser des “Assises Nationales sur le harcèlement scolaire”. S’agirait-il de deux phénomènes fondamentalement différents ? Ce qui serait vrai pour les interactions entre enfants ne le serait pas pour les interactions entre les Professeurs des écoles et leur hiérarchie ?

 

Monsieur l’Inspecteur d’académie, votre position et votre décision sont d’autant plus incompréhensibles que la conception, l’organisation et le traitement des évaluations ne peuvent avoir aucun crédit. En effet, quelle que soit leur justification, les objectifs, la démarche, la “méthode”, les “protocoles” et les “outils” sont biaisés ou “à géométrie variable”. Les chiffres et pourcentages sont donc faux.

 

Tout d’abord, le moment de l’année au cours duquel les évaluations ont été imposées aux enfants de CM2 en 2010 et 2011, c’est-à-dire en janvier au coeur de l’hiver ou à son “approche”, se caractérise dans l’hémisphère nord par une plus grande vulnérabilité des organismes. Ceux-ci doivent en effet mobiliser leurs ressources physiologiques pour faire face aux agressions climatiques, virales, bactériennes... et assurer ainsi leur défense “vitale” (voir les travaux des physiologistes en chronobiologie) ? Ces phénomènes d’autodéfense ont forcément une incidence sur la lucidité, la réceptivité, la disponibilité, les capacités d’adaptation, l’envie d’apprendre et la mobilisation des ressources intellectuelles. C’est vrai pour les enfants, les parents et les maîtres. En outre, quelle peut être la valeur nationale des évaluations alors que les conditions climatiques et les “tableaux épidémiologiques” sont souvent très différents entre les différentes régions françaises, et ont ainsi une incidence différente sur l’humeur, l’entrain, les “facultés” d’adaptation à de nouveaux événements (par exemple, les évaluations), l’envie, la motivation... ? En 2010 et 2011, le mois de janvier “pouvait-il” donc être un moment approprié pour que tous les enfants puissent mobiliser au mieux leurs ressources biologiques, psychologiques et intellectuelles, en particulier quand ils cumulaient des difficultés personnelles, familiales et sociales qui les rendaient encore plus vulnérables ? Pourtant, les conclusions et “analyses” du Ministère de l’Education Nationale pour les enfants de CM2 sont uniquement fondées sur des évaluations effectuées au mois de janvier en 2010 et 2011. Il envisage, semble t’il, de les organiser en 2012 au mois de mai, jugé à priori plus favorable. Dans ce cas, des comparaisons seraient faites entre les “résultats” obtenus en mai 2012 et ceux recueillis en janvier au cours des deux années précédentes ? Quels seraient la pertinence, le sens et la signification de ces comparaisons ? Faut-il souligner que, au plan scientifique, des comparaisons entre deux, trois... ensembles de “résultats” obtenus au cours d’années différentes ne peuvent avoir la moindre crédibilité ni la moindre valeur s’ils n’ont pas été recueillis au même moment de l’année... mais aussi, chaque fois, le même jour de la semaine et à la même heure de la journée (voir plus loin), et à condition que les mêmes “épreuves” permettent d’évaluer les mêmes mécanismes, processus, “aptitudes”, “compétences”, savoirs et connaissances.

 

“Parallèlement”, les évaluations des enfants de CE1 ont eu lieu en mai 2010, et se déroulent de nouveau au mois de mai en 2011. Quels sont les arguments vérifiés et vérifiables qui justifient une planification différente des évaluations pour les enfants de CE1 et les enfants de CM2, alors que leur scolarité se déroule dans les mêmes régions, villes et écoles pendant les mêmes années scolaires ? Au mois de mai, le fonctionnement cérébral et la mobilisation des ressources intellectuelles des enfants de CE1 seraient-ils davantage comparables à ceux des enfants de CM2 au mois de janvier, aux plans des potentialités, de l’attention globale et sélective, des mécanismes et processus de traitement de l’information, de la mémorisation, des “compétences” ou capacités... de la pensée ?

 

“De toute façon”, quels peuvent être le sens et la signification d’une seule “prise de données” dans l’année. En supposant que cela soit utile, si on voulait vraiment estimer ou évaluer l’évolution des enfants au fil du temps (au cours de la même année scolaire, et d’une année à l’autre) dans la compréhension du sens et de la signification des messages qui leur sont adressés, et des mécanismes ou processus qui sous-tendent les savoirs, connaissances et apprentissages, il faudrait élaborer des démarches, méthodes, “protocoles” et “outils” qui permettent réellement de comparer à des moments différents chaque enfant à lui-même et à ses pairs de la même classe. Autrement dit, on ne peut se contenter d’un “prélèvement” choisi arbitrairement à un moment ou un autre (janvier, mai...). Il faudrait au moins deux moments suffisamment décalés dans l’année scolaire pour que les modifications observées ait un sens et une signification, par exemple en octobre et en mai. Une administration peut-elle évaluer des progrès, des lacunes persistantes, des “régressions”, des constructions intellectuelles, des « résistances » aux apprentissages... en se fondant sur des “résultats” obtenus une seule fois dans l’année en français, en numération et en mathématiques par des enfants qu’elle ne connaît pas, même en supposant qu’elle est la plus compétente du monde (ce qui n’est pas démontré) ?

 

En résumé, où sont le sérieux, la rigueur, la cohérence et l’honnêteté intellectuelle alors que la Direction de l’Enseignement Scolaire du Ministère affirme que “La comparaison d’une année à l’autre est désormais possible” ?

 

Il faut ajouter que, selon de nombreux maîtres, des enfants subissent une forte pression psychologique de la part de leurs parents... soucieux de les préparer aux « épreuves » (à l’épreuve) de l’évaluation et de les rendre performants le jour J ? Dans l’attente de l’évaluation, ce sont les enfants “insécures”, non “sécures” ou peu “sécures” qui, inquiets de ne pas réussir, “se mettent la pression” par crainte de mal faire, notamment lorsqu’ils vivent dans l’anxiété de performances... Conscients ou redoutant d’avoir commis beaucoup de “fautes”, ils ont le sentiment ou la certitude d’avoir échoué (c’est aussi le sentiment des parents), alors que, pourtant, ils savaient ce qu’il fallait faire et ce qu’il ne fallait pas faire. D’autres ont “échoué” parce qu’ils ne comprenaient pas ce qu’on leur demandait de faire (voir les témoignages de nombreux enseignants). Est-ce le rôle du Ministère de l’Education Nationale et de sa hiérarchie de rendre encore plus “insécures” les enfants “insécures”, non “sécures” ou “peu sécures”, et ainsi de “fabriquer” encore plus d’inquiétude, d’anxiété et/ou d’angoisses ? Comment pourraient-ils prendre ou reprendre confiance en soi et dans autrui ? Comment pourraient-ils développer l’estime de soi ?

 

J’observe que la Direction de l’Enseignement Scolaire du Ministère de l’Education Nationale reconnaît implicitement son impuissance et son échec en écrivant pour les évaluations de la maîtrise du français que si “les résultats font apparaître une bonne maîtrise de l’identification des mots chez la plupart des élèves et à prélever des informations ponctuelles dans un texte, comme à en connaître le thème général, en revanche de nombreux élèves éprouvent des difficultés à inférer une information nouvelle de leur lecture” (selon LE LAROUSSE : “Tirer la conséquence d’un fait, d’un principe”). “Très peu parviennent à une compréhension des textes et à exprimer et justifier une interprétation”. Autrement dit, la Direction de l’Enseignement Scolaire conclut des évaluations que très peu d’enfants savent lire. Quelle “révélation” ! En fait, les maîtres savent mieux que quiconque les difficultés de tel ou tel enfant à parvenir “à une compréhension des textes et à exprimer et justifier une interprétation”. Ils n’ont pas besoin d’évaluations fantaisistes pour être confrontés à cette réalité compliquée et “douloureuse”... qui ne résulte pas seulement ou forcément, voire pas du tout, de déficits dans les processus cognitifs et/ou de “petits moyens intellectuels”. Leur connaissance de l’enfant, de ses particularités, de ses difficultés et de ses tâtonnements au quotidien sont des atouts bien plus efficaces que toutes les circulaires ou “pseudo-évaluations” du monde. Ils n’ont pas besoin d’évaluations dans des situations formelles et artificielles, mais d’approches, de stratégies, d’informations sur l’enfant et la pédagogie, de modes de fonctionnement renouvelés et diversifiées, de temps suffisant, de conditions améliorées en classe et dans l’école, d’une formation enfin intelligente... et d’une plus grande considération.

 

En outre, en considérant implicitement que les jours de la semaine sont équivalents et que les heures de la journée sont équivalentes, les évaluations sont fondamentalement biaisées et sans valeur, alors que la Commission des Affaires Culturelles de l’Assemblée Nationale (voir son rapport de 2011 “Quels rythmes pour l’école ?”), le pré-rapport de la “Conférence Nationale sur les rythmes scolaires” remis en janvier 2011 au Ministre de l’Education Nationale, le rapport de l’Académie de Médecine en 2010, et bien d’autres documents ont reconnu explicitement la pertinence des recherches et recommandations des scientifiques engagés depuis de nombreuses années dans l’étude des rythmes biologiques, biopsychologiques et psychologiques de l’enfant. En effet, les évaluations comportent dans la semaine trois “séances” journalières dont la première se déroule habituellement le lundi, et commence en principe par les épreuves de français, un deuxième “créneau horaire” étant consacré à la numération et aux mathématiques. Pourtant, le lundi est le plus mauvais jour de la semaine scolaire au plan de la vigilance, de l’attention, de la réceptivité, de la disponibilité, des capacités de traitement de l’information, des comportements, des interactions, des processus d’adaptation... (voir les recherches scientifiques pour plus d’informations, mais tout le monde le sait, surtout depuis la quasi-généralisation de “la semaine de quatre jours” !)

 

La première heure (08h.30-09h.30) est particulièrement marquée par ces phénomènes, surtout chez les enfants en difficulté scolaire. Que mesurent donc les évaluations organisées le lundi pendant la première heure... alors qu’elles laissent forcément des “traces” négatives” dans la mémoire, la psychisme et les processus intellectuels des enfants qui ont le sentiment d’avoir commis beaucoup d’erreurs et ont ainsi le sentiment d’avoir échoué aux “épreuves” ? Quelle comparaison fiable peut être effectuée avec la deuxième “séance” et la troisième “séance” selon qu’elles sont organisées le mardi ou le jeudi, voire le vendredi, à 09h.00, 10h.00, 11h.00, ou encore l’après-midi ? On ne peut en tirer aucune conclusion sérieuse... même si on utilise des statistiques sophistiquées. Ce qui est faux est faux.

 

Si je me fonde sur les propos et écrits des Professeurs des écoles, la durée d’une session, la façon de procéder, les consignes, les explications, la “préparation”... varient d’un enseignant à l’autre (on me rapporte que certains font du “bachotage” en prévision de l’évaluation). Il est évidemment logique et souhaitable qu’un maître s’adapte aux réalités constituées par les différents élèves. C’est ce qu’il fait au quotidien pour tenir compte des particularités et difficultés de chaque enfant, mais cela ne peut être le cas dans la perspective d’une évaluation artificielle de toute la classe.

 

Il y aurait enfin des “résultats” truqués par certains enseignants et/ou la hiérarchie. Ce que je n’ose croire. Le Ministère de l’Education Nationale lui-même ne se contenterait pas des chiffres qui lui sont transmis puisque, par exemple, il aurait “arrangé” de presque huit points ceux obtenus en mathématiques en 2010. Si c’est vrai, c’est évidemment honteux et déshonorant.

 

On doit aussi s’interroger sur les conséquences médicales et psychologiques chez les enfants : “troubles” du rythme veille-sommeil (difficultés d’endormissement, réveils au cours de la nuit, cauchemars...), insécurité affective, anxiété de performance auparavant non observée ou accrue, angoisses nouvelles, durables ou renforcées, manifestations de détresse, troubles psychosomatiques (mal au ventre ou à la tête, vomissements, vertiges, “grande fatigue”...), découragement, “troubles” du comportement, état dépressif... rejet de l’école. Mais aussi, chez les maîtres dont beaucoup sont fragilisés, découragés et désabusés par le manque de respect et de considération de la hiérarchie de l’Education Nationale à leur égard. Sans compter les parents qui s’investissent dans les évaluations comme si elles constituaient un examen ou un concours... prédictif de la réussite scolaire ou de l’échec scolaire, et qui ne sont pas conscients de la pression anxiogène et affectivement déstabilisante qu’ils exercent sur leur(s) enfant(s), en plus de celle de l’école.

Monsieur l’Inspecteur d’académie, vous servez une mauvaise cause. Certains de vos homologues en sont conscients et ont donc décidé d’adopter une attitude beaucoup plus nuancée que la vôtre, voire de ne pas infliger la moindre sanction, malgré la pression de leur Ministère de tutelle (si vous saviez ce qu’ils disent !). En tant que fonctionnaire et en principe garant d’une école de la réussite, votre devoir et votre honneur sont de servir les élèves, les maîtres et l’école dans l’intérêt de chaque personne, et dans l’intérêt également supérieur de la nation. En toute humilité, et avec évidemment le respect qui vous est dû, je vous demande donc de reconsidérer votre position à l’égard de Monsieur François LE MENAHEZE. Il ne mérite certainement pas l’opprobre dont il est injustement la victime. La nation a besoin de professionnels de sa qualité morale, de ses compétences, de son intelligence... et de son humanisme. Résidant à 30 km du “manoir” de Michel Eyquem de MONTAIGNE, je suis sûr que cet “homme phare” de la littérature, de la philosophie et de la culture humaniste de la FRANCE ne l’aurait pas désavoué.

 

En espérant que vous voudrez bien prendre ma demande en considération, je vous prie d’agréer, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, l’expression de mes sentiments respectueux, et de croire en toute ma considération.

 

Hubert MONTAGNER Dr ès-Sciences Professeur des Universités en retraite

ancien Directeur de Recherche à l’INSERM, ancien Directeur de l’Unité “Enfance Inadaptée” de l’INSERM 21 Clos du Guillan 33670 SADIRAC

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