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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 17:29

In Snuipp

 
0La répartition des 14 000 suppressions de postes dans l’Education programmées au prochain budget est désormais connue. Pour le primaire, le ministre envisage de supprimer 5 700 postes d’enseignants. Le gouvernement poursuit son plan d’asphyxie de l’école. On est bien loin de la promesse de Nicolas Sarkozy de sanctuariser l’école maternelle et élémentaire.
 

A l’épreuve du réel, qu’en sera t-il de l’engagement du chef de l’Etat de ne procéder à aucune suppression nette de classes ? Sur le terrain, l’équation des fermetures de postes s’annonce insoutenable, surtout dans certains départements. Pour épargner les classes maternelles et élémentaires, les Inspecteurs d’Académie en charge des opérations de carte scolaire vont devoir s’attaquer aux autres ressources : hausse du nombre d’élèves par classe, postes de Rased, de remplaçants, d’intervenants extérieures de langues étrangères. La scolarisation en maternelle sera à nouveau dans l’oeil du cyclone : renoncement à la scolarisation des moins de 3 ans, hausse des effectifs. Et si le compte n’y est toujours pas, le rabot concernera les postes classes entraînant la poursuite de l’augmentation de la taille des classes.

 

Cette politique est inacceptable. Elle dégradera les conditions d’apprentissages des élèves, réduira les possibilités d’aide à ceux qui éprouvent des difficultés scolaires, aggravant encore les conditions de travail des enseignants.

Les parlementaires qui doivent examiner le budget 2012 engageront leur responsabilité devant tous les français et notamment devant la communauté éducative qui s’est fortement mobilisée le 27 septembre dernier contre les suppressions de postes dans l’Education. Il est encore temps d’agir. Le SNUipp-FSU demande aux parlementaires de revoir la copie du gouvernement. Dans les départements, les enseignants sont invités à interpeler leurs élus. Le projet de loi de finance doit être amendé et les 14 000 suppressions de postes dans l’Education nationale annulées.

 

Paris, le 29 septembre 2011

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 20:18

In Canard Enchaîné 28/09/2011

 

canard-28-09-2011.jpg

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 19:02

In Libé Toulouse

 

C03-03Deux façons bien distinctes de protester, un seul et même sujet:

Les parents d'élèves de l'école Anatole-France à Toulouse appellent les leurs et la communauté enseignante à manifester «bruyamment» ce jeudi 29 septembre à partir de 17h45 devant l'Inspection académique, à la cité administrative du boulevard Armand-Duportal.
Ce soutien serait, jugent-ils, bienvenu puisqu'une délégation de ces parents devrait y être reçue un quart d'heure plus tard pour exposer leur mécontentement face aux effectifs selon eux surchargés de cette école: 27 élèves par classe en Cours préparatoire, 30 enfants en Grande section de maternelle.

Ce sera plus épistolaire à Pibrac où ils sont 33 inscrits dans une des classes de maternelle pour un effectif moyen de 32  enfants par classe! Pour le coup, les parents des deux associations rivales, FCPE et PEEP et le maire de la commune ont adressé une lettre commune à leur ministre.
Vu «l'urgence de cette situation», la députée PS Monique Iborra demande dans un autre courrier adressé celui-là au Rectorat, qu'il soit procédé à Pibrac à l'ouverture d'une classe supplémentaire.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 18:52

effectifs-classe.jpg

In Quelle Ecole pour Demain ?

 

 

Réédition d’un encart publié dans l’article concernant la fermeture du collège d’Ardes sur Couze :

Parce que, dans leur souci de justifier leur politique de restriction dans l’éducation, notre ministre de l’éducation nationale et notre président de la république continuent d’énoncer des contre-vérités :

Non, on ne réussit pas aussi bien dans des classes chargées que dans des classes à faibles effectifs... Ou plutôt, ceux que l’on perd en les entassant dans des classes surchargées sont les enfants qui devraient recevoir le plus de l’école de la République : les enfants de milieux disqualifiés, les enfants à besoins spécifiques, les enfants en grande difficulté.

 

Plusieurs études se sont donné la peine de confronter les résultats des élèves ayant bénéficié de classes à faibles effectifs avec ceux de populations comparables. Elles le démontrent de façon inattaquable : un petit effectif de classe est favorable aux apprentissages. Cet avantage est durable. Il est particulièrement remarquable pour les élèves qui proviennent de catégories sociales peu favorisées.

Enquête Star.

Ces conclusions de trouvent notamment dans l’enquête STAR réalisée à partir de 1985 dans le Tennesse, auprès de 11600 élèves. Cette étude suit sur la durée les performances scolaires de cohortes ayant bénéficié de classes à petits effectifs. Les comparaisons le démontrent clairement : ces élèves réussissent mieux aux évaluations de math et de langue que leurs camarades. Cette différence de réussite se confirme dans le temps, et ce, bien des années après le passage de ces élèves dans ces classes à effectifs restreints. Et, répétons-le, cet avantage est d’autant plus grand que les élèves concernés sont d’origine populaire.

Classes rurales.

L’étude de Mme Oeuvrard "Les petits établissements scolaires" réalisée en 1990 auprès de classes rurales du Sud-Ouest de la France et dans le Massif Central, aboutit à des conclusions semblables. « La configuration de ces établissements qu’on pourrait supposer défavorable et liée à leur très petit effectif (tel que peu de moyens, équipement médiocre, difficultés de recrutement d’enseignants, etc…) ne semble pas toutefois, dans l’ensemble, préjudiciable aux élèves pour les apprentissages de base : le niveau de connaissance des élèves de petits établissements est identique - voire supérieur – à celui de l’ensemble des élèves de CE2 et en 6ème. »

Piketty.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 18:32

 

In Libération

 

 

Dans plusieurs académies, des rectorats tentent de faire face à la pénurie d’enseignants en recrutant en urgence des personnes sous-qualifiées.

 

Prof de maths manquant pour quatre classes de collège à la rentrée, proviseurs cherchant de toute urgence un prof d’anglais à Pôle Emploi, campagne d’affichages dans les facs de lettres pour trouver des étudiants prêts à faire des remplacements, profs contraints de prendre des heures sup à la pelle… Dans certaines disciplines, sous l’effet conjugué de la baisse des recrutements et de la perte d’attractivité du métier, on commence à manquer d’enseignants. Et avec le boom démographique, on ne peut plus exclure que la France connaisse un jour une pénurie.

 

Les résultats du dernier Capes 2011 - le principal concours pour recruter les profs du secondaire - ont donné la mesure du problème. Près d’un millier de postes n’ont pu être pourvus, faute de combattants. Quatre matières sont particulièrement touchées : les maths (avec 376 postes restés vacants), une discipline qui souffre de la concurrence du secteur privé avec ses salaires plus attrayants, mais aussi l’anglais (132 postes), les lettres classiques (108 postes) et l’éducation musicale (48 postes).

 

Au ministère de l’Education nationale, on reste toutefois serein. Il s’agirait d’un accident de parcours dû à la mise en place de la réforme de la formation des enseignants (la «mastérisation») qui, confuse et compliquée, aurait découragé les candidats potentiels. «En plus, on entend beaucoup de choses négatives» sur le métier d’enseignant, soulignait récemment Luc Chatel, allusion aux reportages sur les jeunes profs débutant désormais sans formation pratique, du fait de la réforme. Mais le ministre est optimiste et «se réjouit» de la hausse de 7% des inscriptions aux concours enseignants 2012 par rapport à l’an dernier.

 

«Vivier». En face, les syndicats ont une tout autre analyse. Le métier ne fait plus tant rêver, notamment dans le secondaire. Il est perçu comme difficile, avec des conditions de travail dégradées, des classes chargées et une autorité de plus en plus contestée. Il est aussi jugé très déconsidéré, notamment en raison des mises en cause perpétuelles depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, et en plus mal payé après cinq années d’études.

 

Malgré l’autosatisfation officielle sur «une rentrée techniquement réussie», des tensions sont déjà palpables sur le terrain. Ici et là, souvent dans les collèges, des parents se mobilisent parce que leurs enfants se retrouvent, par exemple, sans prof de maths - une discipline gravement déficitaire dans certaines académies. Au bout de quelques jours, ils voient arriver un enseignant qui vient de signer au rectorat un CDD, et dont on ignore les compétences exactes et combien de temps il restera.

 

Prudentes, les académies ont ainsi constitué un «vivier» de contractuels. Et pour cause : un peu partout, les profs titulaires chargés de faire des remplacements, appelés les TZR, ont été affectés à des postes à l’année. Dès lors, le système n’a pratiquement plus de jeu et laisse la place à du bricolage.

 

Sur les sites des rectorats, la rubrique «recrute» est mise en évidence. Une simple licence est demandée - alors qu’avec la réforme, le gouvernement se félicite d’exiger désormais un master des profs, ainsi mieux formés -, avec si possible, un peu d’expérience. Mais même avec ce «vivier», c’est insuffisant. «J’ai rarement vu lors d’une rentrée autant de petites annonces proposant des postes enseignants, pour des missions ponctuelles mais parfois aussi sur l’année, souligne Guy Barbier du syndicat SE-Unsa. Jusqu’à présent, ces annonces restaient rares et apparaissaient plus tard dans l’année.» «Dans l’académie de Créteil, rien que pour assurer la rentrée, le rectorat a recruté 500 contractuels qui ont été mis devant les élèves, explique Catherine Manciaux, responsable du syndicat des proviseurs de la FSU (le Snupden), par ailleurs à la tête du lycée Alfred-Nobel de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Dès lors, que va-t-il se passer lorsqu’il y aura des épidémies de grippe et qu’il faudra remplacer des profs ?»

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 14:05

nicolas-sarkozy

In Snesup-FSU

 

 

Lors de son discours d'ouverture du colloque « 15 ans de réforme des universités : quels acquis, quels défis ? », Nicolas Sarkozy s'est livré à un véritable déni de la réalité vécue par les personnels des établissements et des laboratoires. Raillant l'intitulé-même du colloque organisé par l'Institut Montaigne, niant les évolutions réelles des universités depuis 20 ans, le Président de la République s'est décrit en sauveur du système universitaire.

 

La liste des affabulations est impressionnante. Elles ne résisteraient pas à un débat sérieux avec les organisations représentatives de l'enseignement supérieur ou de la recherche. Laisser croire que le système universitaire ante Loi LRU, qualifié « d'universités à deux vitesses », a vu ses inégalités réduites, n'est ni sérieux ni crédible... Le contrôle de toutes les activités des universitaires et scientifiques n'a jamais été aussi prégnant, la technocratie envahit tous les pans de nos activités : la fable de l'autonomie permettant « aux universités, aux universitaires eux-mêmes, [...] de décider pour leurs étudiants (sic), pour les universités » est une provocation. Comment le Président peut-il laisser penser que les conditions d'encadrement se sont améliorées alors qu'aucun poste n'a été créé depuis 4 ans, que la précarité ne fait que croître ?

 

Fustigeant une fois de plus 1968 et ses avancées en termes de démocratie universitaire, Nicolas Sarkozy lui attribue avec mépris « l'exil de l'université dans les banlieues». Combien d'étudiants ont pu suivre des études supérieures en s'asseyant sur les bancs de ces universités... Devant une assistance conquise, Nicolas Sarkozy, donneur de leçons, promeut la loi LRU, le Grand Emprunt, la mise systématique en concurrence, et une caricature consternante des systèmes universitaires anglo-saxons.

 

« La rénovation des universités n'est pas finie » : prônant la « réforme continue », le Président-candidat dit n'avoir pas été assez loin, notamment sur la « gouvernance ». Dans une description plus qu'approximative des délibérations des CA d'établissement, présentant les personnalités extérieures en simples spectateurs, N. Sarkozy réaffirme implicitement sa volonté de les faire participer à l'élection des présidents d'université. Une fois de plus, il bafoue la démocratie universitaire la considérant comme un obstacle à "l'excellence".

 

Par le recours aux financements privés, à la multiplication des fondations, à la prise d'intérêt des universités dans des pépinières d'entreprises, le Président de la République en appelle à la « diversification des modes de financement ». Visiblement inquiet de voir les universités accroître « en même temps » leurs frais d'inscription en cette période préélectorale, le chef de l'Etat feint de rejeter cette solution pour de seules raisons « d'image ».

 

Toutes ces contrevérités s'ajoutent à celles qui, à un moment où le chef de l'Etat est menacé de toutes parts, cherchent à faire passer les réformes menées ces quatre dernières années pour « la » réussite du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Or en 2009, pendant plus de 4 mois, les universitaires, les scientifiques se sont mobilisés à un niveau inégalé depuis 50 ans. Le SNESUP rappelle que les revendications de la communauté universitaire n'ont pas reçu de réponses satisfaisantes. Le Président de la République, responsable de la pulvérisation du service public d'ESR, ne peut se targuer de sa préservation, à l'instar de notre système de retraites par répartition...

 

L'urgence est de construire le service public d'enseignement et de recherche, dont la population a besoin. Cela passe par la remise en cause et l'abrogation de tout un ensemble de dispositifs, à commencer par le Pacte recherche et la loi LRU et leurs textes d'application, et nécessite de véritables débats de société et une forte mobilisation sociale. Le SNESUP travaillera sans relâche à les développer....


Discours de N. Sarkozy sur le site de la Présidence de la République
 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:58

 

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Les syndicats annoncent plus de 50% de grévistes pour cette journée de mobilisation qui rassemble exceptionnellement public et privé.

 

Les défilés contre les suppressions de postes dans l'Education nationale, à l'appel des syndicats du public et du privé, ont réuni mardi 27 septembre plus de 165.000 manifestants en France, dont "45.000 à Paris", selon une première estimation communiquée par l'intersyndicale.

 

"Plus de 120.000 manifestants ont défilé", sans compter la manifestation qui s'est déroulée à Paris, selon une première estimation établie à partir de la mobilisation dans 72 départements, ont indiqué la FSU et Unsa éducation, au nom de l'intersyndicale.

 

Près de 54% (53,75%) des enseignants du primaire et 50% de ceux du secondaire dans le public sont en grève, ont annoncé les syndicats de la FSU à la mi-journée.

 

Auparavant, le ministère de l'Education avait fait état d'une estimation dans la matinée de 28,89% de grévistes en primaire et 22,3% dans le secondaire, tous ces chiffres, ministériels et syndicaux, correspondant à l'enseignement public.

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:54

In Libération

 

 

Pourquoi faites-vous grève? Paroles de profs dans la manif de l'éducation nationale ce mardi à Paris.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:49

casse2

 

In Sauvons l'Université

Cécile Alibert et Noémie Rousseau, "Médiapart", 27 septembre 2011

 

Les enseignants du public et du privé ont manifesté en masse ce mardi 27 septembre pour dénoncer les 14.000 suppressions de postes prévues au budget 2012 présenté mercredi au conseil des ministres et protester contre la réforme de la formation.

 

Pour lire cet article sur le site de Médiapart

Ils étaient 110.000 à défiler à travers la France, selon le ministère de l’intérieur, 165.000 selon les syndicats de l’éducation nationale qui ont annoncé 45.000 manifestants à Paris (8.500 personnes selon la préfecture de police).

 

Au total, ce sont 80.000 postes d’enseignants qui auront disparu sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, soit un dixième de l’effectif, alors que le nombre d’élèves est en perpétuelle augmentation. Mercredi dernier, le ministre de l’éducation, Luc Chatel, a dit « assumer » cette politique, tout comme la contradiction entre ces suppressions de postes et l’ambition de « réduire les inégalités en personnalisant » les parcours des élèves.

Etat des lieux d’une école en crise, telle que l’ont racontée des enseignants croisés dans la manifestation parisienne.

 

UNE FORMATION AU RABAIS.

Camille, 25 ans, est professeure stagiaire à Bobigny. « J’ai toujours voulu enseigner, mais aujourd’hui j’ai peur de mal faire et finalement de pénaliser mes élèves. » Après deux ans de master sur les bancs de la fac, ponctués de quatre petites semaines de stage, elle vient d’être propulsée dans une classe de CM1 à Bobigny, en ZEP (zone d’éducation prioritaire). Elle attend la visite de son maître formateur, prévue début octobre. « On va m’apprendre la programmation, c’est-à-dire étaler les apprentissages. C’est bien mais je suis devant mes élèves depuis un mois ! » Il paraît qu’elle pourrait ensuite avoir des modules de formation les mercredis après-midi. Il paraît, parce que pour l’instant personne ne peut la renseigner. En plus, le mercredi après-midi elle prépare sa classe, essaie de s’avancer tant bien que mal, histoire de ne pas se coucher à minuit tous les soirs. A l’école, les parents ne savent pas qu’elle est stagiaire, elle n’en parle pas. Et quand ils posent des questions, elle détourne les conversations.

 

DES CLASSES SURCHARGÉES

Thierry enseigne devant 30 élèves de CM2 à Domont, dans le Val-d’Oise. Il a commencé sa carrière à 25 élèves. Cinq de plus, ça change tout en termes de « vie de classe » : plus le temps pour les discussions informelles entre professeur et élèves. L’hypocrisie du gouvernement qui, d’un côté, prône l’individualisation de l’enseignement et, de l’autre, supprime tous les moyens pour y parvenir, il la constate au quotidien. Les professeurs du Réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED) sont en voie de disparition. « Les enfants suivis l’année dernière ne le sont plus. Le soutien se fait dans la classe, comme il y a 30 ans ! C’est une énorme régression. » Quand il découvre qu’un de ses élèves souffre de dyslexie, il avise, « c’est du bricolage ». Parce qu’il faut bien que la classe tourne, il faut bien finir le programme. Quand il essaie d’adapter son cours, « c’est finalement du temps qu’on prend aux 29 autres pour le consacrer à un seul. »

 

DES PROGRAMMES ÉTABLIS SANS CONCERTATION

Jean-François est professeur d’histoire-géographie au lycée Newton de Clichy. Lui, se bat tous les jours avec le nouveau programme dans sa matière. « Avec ses entrées thématiques en histoire et notionnelles en géographie, il n’est pas idiot mais hallucinant en termes de volume. C’est "inenseignable", trop long et trop complexe, surtout par rapport au temps imparti. » Et puis, il y a le baccalauréat d’histoire pour les séries S à la fin de la première et non plus de la terminale. « Pour s’assurer qu’il n’y ait pas de plantage, les questions seront sans doute faciles. Et on fera comme si rien ne se passait... » Pourtant, il aurait pu en être autrement : « Il n’y a pas eu de réflexion ni de concertation avec les enseignants, il fallait aller vite. C’est typique de la part du gouvernement actuel : des réformes idéologiques imposées et contraintes. » Le professeur dit ne pas trop mal s’en sortir, sa classe est réceptive, ses élèves sympathiques. Comme tous ceux rencontrés dans le cortège, il « adore » son métier. Mais le ras-le-bol, le « mépris de cette institution » vis-à-vis de ses « cadres, les plus maltraités de la fonction publique », pourraient le faire renoncer : « C’est la première fois qu’il m’arrive de songer à changer. Et je suis frappé d’entendre de plus en plus de collègues dire qu’ils en ont marre, qu’ils veulent changer. »

 

DU MEPRIS POUR L’ORIENTATION

Jeanne est conseillère d’orientation. Comme ses collègues enseignants, elle subit de plein fouet les suppressions de postes. Seul un départ à la retraite sur six est remplacé. « Alors pour répondre aux besoins, on recrute des contractuels, précaires et non formés ! », interrompt sa collègue Séverine. Outre ses permanences au Centre d’information et d’orientation (CIO) de Gennevilliers, Jeanne se partage entre un collège et un lycée : trois demi-journées par semaine dans le premier, une seule dans le second. Les élèves qui peuvent la voir ont de la chance. Et sur chacun des établissements, elle est la seule conseillère d’orientation. La jeune femme s’occupe de plus d’un millier d’élèves. « On ne peut pas voir tout le monde, il faut s’organiser, définir des priorités, sinon c’est ingérable. » Elle compte sur les professeurs, conseillers d’éducation pour repérer les élèves qui auraient besoin d’être guidés dans leur choix ou réorientés. L’entretien individuel est devenu rare. Et quand il a lieu, le suivi n’est pas garanti. « Il faudrait revoir ces élèves en difficulté deux ou trois fois, mais c’est du temps qu’on prend sur les autres. » Absence de suivi, absence aussi de structure, explique Séverine. « Il m’est arrivé de repérer un enfant en situation de handicap, j’enclenche le processus avec les spécialistes, les entretiens individuels... L’enfant a dû attendre plus d’un an, pour qu’à la fin on nous réponde qu’il n’y avait aucune place dans une structure spécialisée. »

 

LE PRIVÉ N’EST PLUS EPARGNÉ

Elisabeth n’est pas une habituée des manifestations. Elle dit être là avant tout « pour les élèves », et aussi parce que, cette fois, le mot d’ordre l’a convaincue. Convaincue qu’il fallait battre le pavé avec ses collègues du public. Car elle enseigne dans le privé, une petite école dans le IVe arrondissement de Paris. « On est peut-être sous contrat avec l’Etat mais on doit suivre aussi les directives du ministère. » Dans sa classe de CP, il a fallu faire deux séries d’évaluation. « Ils veulent nous mettre en boîte, faire du chiffre, du rendement. La logique d’entreprise à l’œuvre ne respecte pas les enfants. » Une classe risque de fermer dans son école, elle s’inquiète. Finalement, elle sera « bien contente » de prendre sa retraite dans trois ans.

Plus loin, il y a aussi Francine, enseignante dans un lycée professionnel privé dans le Val-d’Oise. A ses yeux son statut ne la protège pas contre la précarité, bien au contraire : « Quand on est vacataire, c’est un contrat renouvelable tous les ans, et ce pendant six ans, après on peut enfin signer un CDI. La période d’essai est un peu longue après un bac +5. »

 

LES ELEVES HANDICAPES SACRIFIES

Isabelle, bientôt 50 ans, connaît bien son métier. Et pour cause, elle enseigne depuis le 17 octobre 1980. Ces dernières années, elle a choisi de se spécialiser auprès des enfants handicapés, dans une classe d’intégration scolaire, à Sarcelles. Sa classe comprend 12 élèves, âgés de 7 à 12 ans, avec des compétences allant de 4 à 10 ans. Et un constat s’impose : le métier se dégrade. Ses élèves peuvent normalement intégrer pendant quelques heures des classes ordinaires mais qui, par manque de place, ont toujours plus de mal à les accueillir. Isabelle s’inquiète aussi du devenir des auxiliaires de vie scolaires, ou AVS comme on dit dans le jargon. Leur nombre baisse, en même temps que leur qualification. « J’ai une AVS dans ma classe. Elle n’a aucune formation et est payée 900 euros par mois pour 32 heures par semaine. » Une situation jugée « très préoccupante ». Et c’est sans compter le programme, toujours plus lourd. « On nous parle de personnalisation de l’enseignement mais c’est impossible à appliquer au quotidien. » A Sarcelles, les enfants subissent de plein fouet la crise sociale. 40% de familles monoparentales, 70% de logements sociaux, des parents qui travaillent souvent en horaires décalés. « Au final, les enfants de banlieue sont particulièrement désavantagés. »

Christine, directrice d’une école maternelle (6 classes) à Argenteuil, est confrontée au même problème. Son EVS (emploi de vie scolaire) chargée de l’aider pour les tâches administratives part fin octobre, ne sera pas remplacée, mais en plus, il leur manque une AVS (auxiliaire de vie scolaire). Sur les quatre enfants handicapés scolarisés dans son école, l’un d’eux ne bénéficie d’aucune assistance. « On fait comme on peut, quand c’est possible, on enlève une AVS à l’un pour la mettre sur l’autre. Mais il n’est pas correctement stimulé. Surtout dans une classe à 27 où déjà l’apprentissage de l’écriture et la lecture n’est pas évident. » Le médecin scolaire est « inexistant », les professeurs itinérants chargés de conseiller les enseignants face aux élèves en difficulté ont « disparu » et elle, on lui a « fait comprendre qu’en cas d’absence il n’y aura pas de remplacement ».

 

L’IDEOLOGIE DU MANAGEMENT

Florian parle de « saignée » pour évoquer la suppression de postes effectuée par le gouvernement. Depuis son arrivée dans l’éducation nationale, cet homme de 29 ans a vu la situation se dégrader. Avant d’enseigner en collège, il a été professeur d’histoire-géo dans un lycée pendant quatre ans. Cette année, sa matière est supprimée dans les classes de terminale S. Un comble pour ce professeur passionné. Enseigner dans un collège à Montreuil le change. « Cela suppose un temps de préparation au niveau pédagogique plus long. Les élèves ne sont pas encore à un âge où ils sont blasés mais il faut faire en sorte de les intéresser. » Avec 25 élèves dans sa classe, Florian n’a pas à se plaindre, même si les collégiens demandent plus de discipline. Depuis six ans qu’il enseigne, Florian constate que « quelque chose est en train de changer ». L’école devient peu à peu une entreprise avec, à sa tête, un chef qui applique une logique managériale. « Les enseignants sont sous la tutelle du chef d’établissement alors que tout le monde devrait travailler ensemble. » Mais le jeune enseignant insiste, toutes les évolutions ne sont pas forcément négatives. Et de citer un exemple : les programmes de 4e davantage en phase avec le monde d’aujourd’hui. « Il est désormais question de la colonisation, de la traite négrière en histoire ou de la mondialisation en géographie ». Un aspect positif certes, mais qui a du mal à masquer le poids toujours plus lourd des programmes.

 

DES PARENTS DE PLUS EN PLUS EXIGEANTS

Jean-Marc, 54 ans, ne veut pas dire le nom de son établissement, ni de sa ville, par peur d’être reconnu. Il est instituteur depuis 26 ans et enseigne à une classe à double niveau. « J’ai 29 élèves, il faut faire cours aux CM1 tout en occupant les CM2. » Selon lui, ce système marche peut-être pour les communes « bourgeoises » mais pas dans les communes du 95. Avec le temps, Jean-Marc a dû apprendre à être polyvalent. « On nous demande d’enseigner les matières classiques mais aussi de faire de l’informatique, de l’éducation civique, de la sécurité routière... et le tout avec 24 heures par semaine. C’est mission impossible ! » Et Jean-Marc ne s’arrête pas là. Il dénonce des programmes inadaptés pour des classes comme la sienne, sans parler de la suppression du samedi matin qui permettait de « faire le point avec les élèves ». Pour couronner le tout, l’image de l’enseignant ne cesse de se dégrader. « Quand on met une punition à un élève, on doit aujourd’hui s’expliquer auprès des parents qui nous demandent des comptes. »

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:44

Haute-Savoie, Puy-de-Dôme, Lot, Finistère, Lyon, Limoges, Alsace, Villefranche-sur-Saône ou encore Belfort, au total dix-sept collectifs de parents d’élèves et d’enseignants du primaire ont contresigné la « Tribune » publiée hier, à la veille de la manifestation nationale, par le journal « Libération » et rédigée cet été par le collectif Parents et enseignants en colère du Doubs (PEC25).

 

Ils avaient annoncé lors d’un ultime rassemblement à la porte des vacances d’été qu’ils seraient présents à la rentrée, c’est fait. « Nous parents d’élèves, enseignants et citoyens soucieux de l’avenir du système éducatif, voulons soustraire l’école aux seules considérations budgétaires et rappeler aux candidats à l’élection présidentielle que nous sommes très attentifs à leur projet pour le service public d’éducation. »

 

Le propos est clair, la dernière carte scolaire, ressentie comme une véritable coupe claire dans le système éducatif, a laissé des traces pour longtemps. « On n’a eu aucune écoute en tant que citoyens. Lors de nos manifestations nous avons été reçus comme des délinquants par des CRS », souligne Séverine Simon, l’une des porte-parole du collectif. Et ce qui a été intéressant dans cette démarche c’est « que l’on a rencontré la même envie de la part des autres collectifs d’une démocratie plus participative et pas seulement sur la question de l’école », ajoute Sandrine Vieillard.

 

Si un embryon de réseau intercollectifs s’est créé au cours de l’été, ce n’est pas un hasard. « À travers ce lieu incubateur du collectif, on a ressenti un besoin d’expression politique et une vraie légitimité à exprimer nos idées avec force. C’est aussi cela que veut dire cette tribune. Nous nous sommes aperçus que les collectifs que nous avons pu contacter, et il y en a certainement beaucoup d’autres, avaient entrepris la même démarche que la nôtre, émettaient les mêmes protestations et fonctionnaient comme nous en réseau avec les outils que nous donne l’internet. »

 

Le collectif bisontin estime avoir ainsi mesuré l’état des forces en présence sur le territoire national et s’attend à ne pas en rester là ; « c’est clairement un tremplin pour les actions futures ».

 

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