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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 12:36

 

In Marianne2

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A l’occasion du nouveau dispositif qui entend faire passer dès novembre des tests aux écoliers de grande section de la maternelle, nous republions un article récent consacré au dépistage précoce des « risques pour les apprentissages », voire de la délinquance. A méditer !

 

Pauvres enfants, à force de les observer, de les jauger, de les évaluer, de vouloir dépister leur trouble, ils vont finir par étouffer. D’où vient donc cette manie de les scruter comme des animaux en cage ? Elle remonte à la phrénologie* de Franz Joseph Gall (1757-1828) qui avait pour ambition de déduire le caractère d’un homme d’après la forme de son crâne.

Elle se poursuit de nos jours avec la tentation de vouloir biologiser le comportement des adultes, prédire les conduites des enfants, et les frapper tous deux d’un déterminisme implacable. Le nombre de recherches sur les bases neuronales de la morale et du comportement antisocial ne cesse d’augmenter. Elles tentent de nous faire accroire que l’instinct meurtrier, les troubles de l’humeur, l’hyperactivité, le manque d’attention, sont pour une part essentielle d’origine génétique, et qu’il serait vain de vouloir en chercher la cause ailleurs que dans l’hérédité ou le fonctionnement du cerveau.

Le médecin allemand s’employait à déceler les aptitudes mentales dans les bosses du crâne, des experts en neurobiologie ou en sciences cognitives* tentent aujourd’hui de les repérer dans les gènes, neurones, ou troubles infantiles. Ce progrès n’est qu’apparent. Il participe d’une même démarche intellectuelle visant à réduire le mental au cérébral et à confondre l’apprentissage avec le conditionnement psychique.

Ce n’est pas une raison pour se défier de la science, mais il y a de quoi s’inquiéter. Lorsque de savants esprits en viennent à convoquer le gène de la criminalité pour expliquer un forfait ou prétendent dépister chez les enfants, dès la crèche ou la maternelle, des troubles de comportement susceptibles d’évoluer vers la délinquance, il convient d’être attentif aux ruses de la prédiction.

Lorsqu’il est confronté à un problème de ce genre le grand philosophe des sciences Ian Hacking qui a travaillé sur l’histoire des troubles psychologiques a pour habitude de refuser de prendre position, mais s’il s’évertue à rester neutre, il cherche néanmoins à comprendre « comment une configuration d’idées en est venue à exister, et comment elle a façonné et modelé notre vie, nos habitudes, notre science » (1).

C’est justement ce qu’ont tenté de leur côté, dans un style plus engagé, très accessible, la psychanalyste et psychologue de la petite enfance, Sylviane Giampino, et la neurobiologiste Catherine Vidal, dans « Nos enfants sous haute surveillance » (2), un livre consacré aux abus de l’évaluation, du dépistage des troubles du comportement, de la prescription médicamenteuse, dès la petite enfance.

Les deux auteurs avaient déjà croisé leur plume dans un ouvrage instigué par le collectif « Pas de O de conduite » qui avait réagi avec véhémence à un rapport de l’INSERM sur les troubles des conduites chez l’enfant et l’adolescent publié en septembre 2005 préconisant le dépistage précoce des troubles de l’humeur afin de parer aux risques de la délinquance et d’en contenir les effets (3).

Fort de près de 200 000 signatures, le collectif avait contraint le gouvernement de Dominique de Villepin à renoncer à inscrire le dépistage d’enfants turbulents, dès 36 mois, dans sa loi de prévention de la délinquance, et avait conduit l’INSERM à annoncer, en novembre 2006, de nouvelles méthodes pour ses expertises en santé mentale et prévention. Mais cette reculade n’a toutefois pas levé des interrogations concernant la possibilité de prédire – et non de prévenir – des incivilités notoires ou d’éventuels actes délictueux.

La loi de mars 2007 relative à la prévention de la délinquance porte les marques de cette tendance. Elle fait la part belle à la notion de « sensibilisation » et « participe d’une tentative de normalisation des comportements par la recherche de l’effet combiné de la contrainte et de l’inculcation des valeurs », écrit le sociologue Philip Melburn dans un livre qui ne sombre pourtant pas dans l’angélisme anti-sécuritaire (4).

L’intention de corriger des déviances est louable, à condition qu’elle ne s’appuie pas sur des présupposés naturalistes faisant du psychisme le support d’informations biologiques commandant l’action. Or sur ce point, les radicaux de la prévention n’ont pas baissé casaque. La précipitation pédagogique et adaptative s’est imposée dans de nombreux secteurs de l’éducation. Et les promoteurs du dépistage ont amélioré leurs outils. Il fallait donc leur répondre, d’une part sur le plan du soin, et de l’éveil, de l’autre sur le plan de la science des neurones. Giampino et Vidal se sont partagé le travail.

DES ENFANTS TESTÉS COMME DES AUTOMATES

Le retour en force des idées déterministes n’est pas une lubie. Une chose en effet est d’inculquer un système normatif élémentaire à chaque enfant ; une autre est de tenter de normaliser leur esprit. L’idée que tout se joue avant trois ans ou six ans fait aujourd’hui des ravages. Au lieu de donner du temps au temps, nombre de programmes d’éducation se satisfont d’un zèle préventif qui frise le contrôle social exacerbé. Ce que Claude Allègre a rêvé, l’élève interactif, certains psychologues l’ont fait.

« Un exemple intéressant est celui du test informatisé Dominique interactif. Dans ce test l’enfant est lui-même acteur de son diagnostic. C’est lui qui doit cliquer sur oui ou non, pour répondre à 95 questions en moins d’une demi-heure. Sur l’écran figurent des dessins qui illustrent la question posée oralement. Dès la fin de la passation, le logiciel fournit le profil diagnostique. Immédiatement, l’écran se met à clignoter quand quelque chose ne va pas et alerte sur les types de problèmes rencontrés », raconte Sylviane Giampino.

Parmi les troubles répertoriés, celui de l’hyperactivité fait fureur. Il concentre toutes les angoisses des adultes. Il serait prédictif, avec d’autres, d’une évolution ultérieure vers la violence, si on ne le traitait pas dès la prime enfance. C’est ainsi qu’aux Etats-Unis, au Canada, mais aussi en France, en région PACA, et en Île-de-France un programme d’entraînement aux « habiletés sociales » a été expérimenté en milieu scolaire. Ces prises en charge précoces ne sont pas toutes inutiles, tout dépend comment elles sont proposées. Mais elles limitent le jeu spontané avec les mots et les gestes. Elles transforment le nécessaire « dressage » éducatif en un parcours fléché.

« Dès trois ans, enseigner à travers des méthodes et des outils formatés, même de façon ludique, la communication, la relation, revient à initier les enfants à l’artifice, celui de l’utilisation des codes, sans la symbolique qui les sous-tend » remarque Sylviane Giampino. On notera au passage que c’est un logiciel* qui est censé repérer le trouble et non l’œil averti du professeur des écoles. Comme si le logiciel de la machine était mis en rapport avec le psychisme des enfants, et les états internes de cette machine avec leurs états mentaux.

L’hyperactivité est de ce point de vue le trouble idéal. Il est même considéré par les tenants de la toute puissance de la cérébralité comme une maladie du cerveau. Dans l’édition 2003 du célèbre Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), on le trouve sous l’appellation « trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité » (TDAH), et parmi les critères retenus, sont évoquées des situations comme « parle trop souvent », « est souvent sur la brèche », « a souvent du mal à attendre son tour », « fait irruption dans les conversations ».

Voilà de quoi remplir tous les hôpitaux de France ! C’est pourtant ce trouble dûment répertorié qui a suscité pas moins de six milles publications scientifiques entre 2000 et 2008. Il serait selon ces chercheurs la conséquence d’une malformation de certaines régions cérébrales qui contrôlent la motricité et l’attention. Ce dysfonctionnement serait dû à un manque de dopamine, une substance qui facilite la transmission de l’influx nerveux entre les neurones.

Or d’après Catherine Vidal, les arguments expérimentaux concernant cette hypothèse sont loin d’être acquis. La traque des bases neuronales du TDAH a débouché pour l’instant sur des résultats improbables. Il pourrait exister un terrain de prédisposition génétique au développement de ce trouble, mais l’environnement y jouerait un rôle majeur.

La génétique ne peut expliquer le fait que dix fois plus d’enfants en sont atteints aux États-Unis qu’en Europe. « Au final, les études IRM peuvent révéler des modifications anatomiques chez les enfants TDAH, mais elles n’apportent aucune information sur leur origine. En effet, le cerveau, grâce à ses propriétés de plasticité, se façonne en fonction de l’histoire vécue par chacun. Après la naissance, 90% des connexions entre les neurones vont se construire progressivement au gré des influences de la famille, de l’éducation, de la culture, de la société » souligne Catherine Vidal.

TOUT NE SE JOUE PAS AVANT TROIS ANS

Travailler sur ces influences n’est pas une tâche facile. La pédagogie de la responsabilisation est difficile à mettre en œuvre. Les normes supposent toujours une dynamique constructive entre l’enfant en formation, son environnement social, et les institutions fonctionnant comme une instance d’intégration sociale et non simplement de contrôle.

L’idéal du contrôle de soi ne peut être atteint par une pure prévention psychologique calquée sur la prévention sociale. On ne peut élever des enfants sur ordonnance en leur prescrivant de la Ritaline, ce médicament censé réguler le caractère et aider à se contenir en société. Sans compter que la plasticité cérébrale apporte la preuve que « la présence d’une anomalie cérébrale ne permet pas de prédire le devenir d’un sujet », précise Catherine Vidal.

Certes, il existe des traumatismes dont on ne sort pas indemne. La modification durable de la personnalité après une catastrophe en fournit un exemple. Il est des voyages au bout de l’enfer dont on ne revient pas. Il existe des lésions fatales et des maladies dégénératives. Mais s’agissant de jeunes enfants, le problème est différent. Prédire le devenir d’un sujet relève de l’abus de pouvoir. Tout peut toujours changer. Chaque nouvelle expérience peut modifier ce qui était.

« Le devenir de nos neurones n’est pas inscrit dans le programme génétique » selon Catherine Vidal. Tout savoir sur tout : quelle vanité ! Elle participe à la vérité d’une volonté de savoir qui se confond souvent avec une frénésie de l’explicite qui fabrique des enfants à la liberté entamée. « La bonne prévention, c’est d’aller à la rencontre sans prédire ce qui peut advenir » rappelle la pédiatre Yvette Gautier-Coffard.

Il vaut donc mieux faire confiance aux praticiens de l’imprévisible, aux cliniciens de la surprise. Les enfants sont déterminés à devenir libres. Or les avocats de la prédiction ne sont pas loin de penser : « qui, bébé, arrache le doudou du copain, arrachera demain le sac à main » s’amuse Sylviane Giampino. Récemment, des enfants de maternelle se sont vus sanctionnés pour « agression à caractère sexuelle ». Et le mensonge à quatre ans a rejoint la cohorte des troubles psychiatriques alors que certains mensonges permettent de faire évoluer l’image que l’enfant a de lui-même. Cette médicalisation de l’existence des enfants n’est-elle pas la preuve qu’on en fait trop ? Qu’à trop vouloir parler de tout, mettre tout sur la table, il n’y a plus de place, pour qu’ils se construisent.

PROTÉGER LE TEMPS DE L’ENFANCE

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 12:30

In Nouvel Observateur

 (Wiaz) 
 

Revenant sur les propositions de François Hollande en matière d’éducation lors de la convention UMP, Luc Chatel s’est gaussé : "C’est impossible de recruter 60.000 profs supplémentaires en cinq ans". Le ministre de l'Education nationale a ainsi argué que le vivier de jeunes titulaires d’un master universitaire (bac +5) était insuffisant. Ils seraient 40.000 par an à se présenter effectivement aux épreuves des différents concours. Et Luc Chatel d’expliquer : "Nous en prenons 13.000 sur 40.000, M. Hollande veut d’abord mettre fin au 1 sur 2, cela veut dire qu’il ne va pas en recruter 13.000 mais 26.000. Et ensuite, il veut recruter 60.000 profs supplémentaire sur cinq ans, c'est-à-dire 12.000 par an. Donc, il veut en recruter 40.000 par an, c'est-à-dire 100% des candidats".

 

D’une part, François Hollande n’a jamais déclaré qu’il voulait à la fois doubler les recrutements actuels ET leur ajouter 12.000 postes supplémentaires chaque année. Il serait donc question d’environ 25.000 ou 26.000 recrutements annuels, ce qui était la norme avant 2007 et non de 40.000 postes. De plus, ils ne concerneraient pas seulement des enseignants mais plus largement des professionnels de l’éducation, des infirmières, des psychologues, etc.

 

D’autre part, et c’est là le plus important, si l’on est aujourd’hui confronté à une pénurie de candidats au métier d'enseignant, c’est en raison de la réforme dite de la "masterisation" mise en place par l’actuel gouvernement, qui a notamment porté le niveau de diplôme exigé pour se présenter à ces concours à bac + 5 au lieu de bac +3.

 

Lors de la session 2008 des concours, avant la réforme, on comptait plus de 100.000 candidats aux concours du professorat. Les trois quarts des lauréats de concours de professeur des écoles n’avaient qu’une licence. Et c’est justement dans le primaire que François Hollande voudrait regonfler les rangs des professeurs en priorité. Ce que préconisent d'ailleurs la Cour des Comptes et l’OCDE.

 

Recruter 60.000 personnes dans l'Education nationale est donc parfaitement possible

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 07:40

In Libération

 

 

Une semaine après l’immolation de l’enseignante, la cité scolaire est sous le choc et cherche des réponses.

 

La phrase tourne en boucle dans les têtes : «C’est pour vous…» Mais à qui s’adresse ce «vous» murmuré par Lise Bonnafous, en flammes, jeudi dernier, à l’heure de la récréation dans la cour du lycée Jean-Moulin de Béziers ? Aux profs qu’elle a traités de «cons» avant de mourir ? Aux élèves qu’elle ne supportait plus ? Aux parents, coupables à ses yeux de ne pas jouer leur rôle ? Ou à l’Education nationale, incapable de prendre en compte ses souffrances ? Une semaine après l’immolation de la prof de maths, la communauté scolaire reste anéantie.

Sous le préau, les traces noires des pas de l’enseignante en feu ont été effacées. Pas le choc ressenti. Les cours n’ont toujours pas repris, en dépit des appels du proviseur. Ouvertes à tous, les assemblées générales accueillent dans le réfectoire jusqu’à 300 personnes par jour. Entre volonté de pudeur, crainte de la récupération et envie de grand déballage, la parole peine à se libérer. L’heure est à la culpabilité collective. «Comme Lise, qui traînait son mal-être, on déambule ici - profs, élèves, parents - tels des zombies, ne sachant plus à quoi et à qui nous raccrocher», explique un enseignant d’arts plastiques.

 

Inédit. Parfois, les accusations fusent. Un prof a failli en venir aux mains avec le proviseur. Les élèves sont tantôt jugés «formidables», tantôt traités «d’animaux» pour «leur indiscipline et leur comportement, toujours excusés par les parents, avec la complicité des autorités scolaires». Alors que certains ont tenté de sauver la prof, l’un a filmé la scène puis l’a mise sur le Web. D’autres auraient chanté Allumer le feu. Sur le fronton du lycée, un grand drap blanc a été accroché, avec des messages à la mémoire de l’enseignante décédée au lendemain de son immolation. Chacun tente de trouver des explications à ce geste inédit en France dans un établissement scolaire. «Violence extrême», «acte politique», «volonté de prendre à témoins les élèves et les professeurs», «terrible malaise personnel», «résultat de la dégradation de nos conditions de travail»… Des larmes coulent parfois. «Pourquoi c’est tombé sur nous ? On ne se l’explique pas. Ici, ce n’est pas pire qu’ailleurs. Pas mieux non plus… Cela aurait pu arriver n’importe où», se rassure un prof de mécanique.

 

La cité scolaire Jean-Moulin n’est pourtant pas un lieu anodin. Construite à la fin des années 60 aux marges de la ville, elle est aujourd’hui constituée d’un lycée général et technologique, d’un lycée professionnel, d’un Greta (formation continue), d’un internat (245 places) et d’une section aménagée pour le rugby. Plus de 3 000 élèves sur 11 hectares et une sale réputation. «Profs, élèves ou éducateurs, tous ceux qui peuvent fuir Jean-Moulin, le fuient», tranche un surveillant. Deuxième établissement du Languedoc-Roussillon, Jean-Moulin ressemble à un campus. Où chacun s’accorde à dire que sévit une «sorte d’apartheid» entre lycée général et lycée professionnel. Depuis dix ans, il est l’objet d’incessants travaux, dont l’avancement fluctue au gré des guéguerres politiques entre la région (PS) et la municipalité (UMP). Le gymnase et le réfectoire sont neufs, mais les bâtiments où l’enseignante s’est suicidée sont dans un tel état de décrépitude que l’on n’a pas osé y faire venir le ministre de l’Education, Luc Chatel, passé jeudi après le drame.

 

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 18:43
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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 18:22

In Libération

 

 

Par STÉPHANE GUILLON

 

Dieu sait si je ne suis pas toujours d’accord avec certains projets du gouvernement, certaines idées… mais là, ce nouveau dispositif qui permettrait de repérer les comportements dangereux dès la maternelle, je trouve ça formidable ! Après une batterie d’épreuves, nos chérubins déclarés toxiques seront classés en deux catégories : «à risque» et «à haut risque», un peu comme des déchets nucléaires. L’arrivée imminente du petit Sarkozy a certainement joué dans cette décision.

 

Un bébé, dont le papa pourrait se retrouver très vite au chômage, un nourrisson contraint, dès son huitième mois, de quitter son berceau douillet de l’Elysée pour un départ vers l’Italie. Un bambin transbahuté, partagé entre une mère tentant un énième come-back dans la chanson, et un père rédigeant ses mémoires sous la férule d’un Henri Guaino lugubre et cafardeux… ne peut que mal tourner. Il y avait urgence. Evidemment, comme toutes les idées lumineuses, on se demande : pourquoi ne pas y avoir pensé avant ? Imaginez tous les problèmes, les drames qu’on aurait pu éviter si l’on avait surveillé, fliqué nos maternelles depuis des décennies. Les experts interrogés sont formels : «Les difficultés apparaissent très tôt chez l’enfant et elles ne se rattrapent pas.»

 

En 1962, à la maternelle de Neuilly-sur-Seine, Mme Dupuis avait repéré le comportement étrange du petit Brice H… Cet enfant blond, d’une pâleur extrême, ne supportait pas ses camarades de couleur et multipliait à leur encontre des plaisanteries douteuses. Il parlait de les mettre un jour dans des avions avec des liens aux pieds ! A peine sut-il écrire, Brice noircit des fiches sur ses camarades, riches de renseignements étranges : couleur de peau, profession des parents, tendance politique. Il fouillait les cartables et écoutait les conversations aux portes. La maîtresse avait signalé le problème à la directrice, Mme Lebrun, qui n’avait rien fait. Elle s’était contentée d’évoquer un cas similaire à la maternelle de Vimy dans le Pas-de-Calais, celui du petit Guéant. Un enfant souffreteux et solitaire qui se faisait sans cesse bizuter et casser ses lunettes. Un jour, «la Cloche» (c’était son surnom) avait été retrouvée dans la cour, le zizi recouvert de dentifrice. La Cloche, qui ne pleurait jamais, ne montrait jamais aucune émotion, avait promis de se venger. Inquiète, la directrice nota dans son dossier scolaire : «Il faudrait que cet enfant soit entouré d’amour, que sa mère s’occupe de lui, qu’on lui offre un chien, un poisson rouge, sinon, je redoute le pire.» Peine perdue, la Cloche, (surnommée aussi «Claudine» lors de sa puberté), ne sera jamais prise en charge.

 

Les exemples sont légion : à la maternelle de Fès, le petit Eric Besson aurait dû être classé comportement «à haut risque». Rien ! Eric trahissait ses copains en permanence. Il les amadouait, leur promettait la lune et les balançait par-derrière à la maîtresse. S’il jouait à la balle aux prisonniers, il se débrouillait toujours pour finir du côté des vainqueurs. Une vraie girouette.

 

Que dire encore de la petite Dati, attirée par tout ce qui brille, arriviste au dernier degré ! A 3 ans, elle suppliait sa mère de broder la marque Bonpoint sur ses pulls Kiabi. Elle disait qu’elle ne voulait pas de maris et chantait à tue-tête la chanson de Goldman : «Elle a fait un bébé toute seule.» Dans cette famille maghrébine de onze enfants, ça passait très mal. Les autorités scolaires n’ont rien fait !

 

Et la Morano, une chipie hystérique, qui exigeait qu’on l’appelle «Marilyn». «Marilyn, tu te la pètes, quand tu parles, lui disaient les enfants, on dirait que tu vends du poisson sur un marché !»

Et le petit Lefebvre, si attardé, qu’un temps, il fut question de lui faire redoubler sa maternelle.

Borloo, qu’on avait surpris avec une fiole de calva durant un pique-nique au zoo de Vincennes, était surnommé «la Baudruche» car il promettait des choses extravagantes et se dégonflait toujours.

Que dire du petit Fillon, dépressif notoire, toujours fourré à l’infirmerie, où la jeune Roselyne, passionnée par les médicaments, lui faisait goûter des cocktails de tranquillisants.

Et le petit DSK, obsédé sexuel à 3 ans et demi, en érection du matin au soir. Il s’amusait à soulever le couvercle de son pupitre avec son zob. A la sieste, la maîtresse traumatisée, refusait de lui mettre une couche. Rien, jamais rien, n’a été fait pour ces enfants.

 

En 2009, pourtant, Anne-Marie Laroche Verdun, la maîtresse de maternelle de Nicolas Sarkozy, a publié un livre dans lequel elle décrit un Nicolas «timide et introverti, sans cesse fourré dans ses jupes, qui ne commandait pas et avait peur des autres». Un petit garçon, qui ne pouvait pas participer aux courses de relais, car ses camarades l’accusaient «d’avoir de trop grosses fesses et de les faire perdre !» Il aurait suffi pourtant de si peu de chose : classer cet enfant à «haut risque», lui dire que ses fesses étaient normales et l’entraîner à la course. Aujourd’hui, cinquante-trois ans plus tard, on n’en serait pas là.

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 21:10

In Les Echos

 

Une enquête auprès de 2.100 personnels de 400 collèges et lycées montre que 17 % des enseignants souffrent de « burn-out », qui conjugue épuisement physique, mental et émotionnel, contre 11 % dans les autres professions.

 

C'est une enquête qui a une résonance particulière après le suicide d'une enseignante à Béziers sur son lieu de travail. Révélée mercredi 19 octobre par « Le Monde » et réalisée par deux spécialistes de l'Education auprès de 2.100 personnels de 400 collèges et lycées, elle montre que 17 % des enseignants souffrent de « burn-out », qui conjugue épuisement physique, mental et émotionnel, contre 11 % dans les autres professions. « Et près de 30 % des enseignants interrogés ont dit songer, souvent à quitter le métier » , explique Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l'Education nationale et coauteur de l'étude.

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 20:25

In LCM

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 14:46

In Charlie Hebdo Hors-Série Octobre 2010

 

charlie-ecole.jpg

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 14:22

In Canard Enchaîné 19-10-2011

 

canard 19-10

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 21:59

In FSU

 

C03-18Le 20 octobre 2011 devait se tenir le vote pour les élections professionnelles de l’ensemble de la Fonction Publique d’Etat et Hospitalière.

Mais au Ministère de la Justice et des Libertés, malgré les avertissements répétés de la FSU et des organisations professionnelles, les carences de l’administration ont été fatales au bon déroulement de ce vote…

 

Au 13 octobre, à peine, 30 % des services du ministère de la Justice toutes directions confondues avaient été livrés en matériel électoral. Bien plus, ces kits étaient incomplets car quasiment aucun personnel n’avait à disposition le matériel pour l’ensemble des scrutins (4 ou 5 scrutins différents pour chaque agent) et certains bulletins de vote en étaient absents. Enfin, certains départements avaient reçu le matériel d’un autre département, voire d’une autre direction du ministère… Le vote par correspondance, largement pratiqué pour ces élections, n’était matériellement pas possible comptetenu des délais…

 

Les élections ne pouvaient à l’évidence pas se dérouler dans des conditions égalitaires pour tous. La FSU a donc sollicité, avec toutes les organisations syndicales du Ministère, le report de la date des élections professionnelles.

 

Devant ce constat et la détermination des organisations syndicales, le secrétariat Général, avec l’accord du Ministre et de la Fonction Publique d’Etat, a décidé de reporter la journée de vote au MARDI 22 NOVEMBRE

 

Toutes les opérations électorales sont donc suspendues, le matériel de vote ne doit plus être remis aux agents et une réunion est prévue dans le courant de la semaine prochaine pour recaler les dispositions entre le ministère et les OS : recensement et contrôle des envois déjà effectués, abondement des bulletins ou professions de foi manquants, approvisionnement complet des directions pour la distribution aux agents de chaque service.

 

La FSU est satisfaite de cette décision et prendra toute sa place pour que le déroulement des élections soit le plus juste et le plus démocratique possible. Quoiqu’il en soit, pour la FSU, ce report est la preuve de l’incurie du Secrétariat Général, principal responsable du véritable fiasco de l’organisation de ces élections au Ministère de la Justice, seul Ministère à devoir reporter les scrutins !

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