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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 14:51

 

In Chronique Education

 

 

Alors que les tensions s’accumulent sur l’Éducation Nationale et que la refondation de l’École n’est pas encore arrivée au Parlement, il m’a semblé utile de rassembler mes réflexions sur ce sujet. C’est aussi l’occasion de marquer mon retour dans le commentaire et l’analyse après une période d’absence beaucoup trop longue.

 

Pour comprendre la situation, il faut analyser les erreurs commises par Peillon et son équipe mais il faut aussi se garder, comme on le fait si souvent en France, de juger et condamner une politique avant même qu'elle soit mise en œuvre. De nombreux blocages existent et il faut les mesurer.  
Et pour relativiser la portée de cette analyse, il me semble important de souligner aussi que l'accumulation des préalables, la discussion sur la méthode ("on aurait du faire autrement" , "on aurait du commencer par autre chose" ...) peut aussi servir à justifier l'immobilisme. Après la discussion, l’action ?
 
Des “erreurs” explicables mais qui peuvent compromettre la refondation
Quelles erreurs Vincent Peillon a t-il commises ? Lorsque je l'avais rencontré (au nom du CRAP-Cahiers Pédagogiques),  lors des consultations organisées par l'équipe de campagne de F. Hollande, j'avais été frappé par son obsession sur les rythmes et j'avais dit à l'époque qu'il me semblait curieux de commencer par cela. Tout en admettant que, face à une réforme systémique, si l'on touchait à un aspect, les autres viendraient ensuite inévitablement. Par exemple, la question des rythmes devait forcément poser également la question des contenus enseignés et d'une évolution des programmes (ce que je pensais, et pense toujours, crucial).
 
Pourquoi Peillon était-il obsédé par les rythmes ? J'émets deux hypothèses en apparence contraires mais complémentaires. La première est de se dire qu'en attaquant par cet aspect très complexe et impliquant de nombreux acteurs et cela avant les municipales de 2014, il serait plus facile après de s'attaquer au reste. D'autant plus, et c'est la deuxième hypothèse, que si cela semblait complexe, on pouvait aussi penser que le terrain était bien balisé et qu'il y avait un consensus sur cette question. Rappelons qu'il y a eu avant une commission sur les rythmes (co-présidée par Christian Forestier) où l'on constatait un consensus sur la nécessité de revenir aux quatre jours et demi. Et les syndicats semblaient, en effet, tous d'accord là dessus. On pouvait donc raisonnablement penser que débuter par les rythmes était finalement une bonne idée, même si Chatel s'était bien gardé d'appliquer les recommandations de la commission avant les élections.
 
Il est toujours facile de "refaire le match” et de pointer les erreurs de tel ou tel, après coup. On peut admettre qu'il y a eu une erreur d'appréciation des difficultés concrètes de mise en oeuvre et de prise en compte notamment du malaise enseignant. Mais on peut aussi se dire qu'il y avait des signes qui permettaient de penser qu'on pouvait espérer une issue positive à la question des rythmes avant de passer à autre chose.
Mais nous en sommes là aujourd'hui. Et la question des rythmes semble “polluer” le débat sur la refondation de l'école et même dangereusement faire douter de la capacité à mener la suite du projet.
 
Une autre erreur a été, me semble t-il, dans le rythme de la réforme et là aussi c'est également une erreur d'appréciation. VincentPeillon se prépare depuis deux ans à ce poste. Et le PS (avec Bruno Julliard) a préparé un projet sur l'école durant les dernières années. Avant même les élections et même la campagne présidentielle, il y a eu de très nombreuses consultations des partenaires sociaux (les syndicats) et même les mouvements pédagogiques (c'est vous dire s'il avait consulté large !). L'idée initiale était donc de faire une réforme très rapidement dès les premiers mois de présidence. Ce qui permettait aussi de lutter contre une résistance au changement présente dans toute structure en profitant de “l’état de grâce”. Le premier calendrier qui était évoqué le montre bien : initialement la loi devait être votée en octobre-novembre ! On pensait là aussi que le terrain était suffisamment balisé par les consultations préalables. Et surtout, l'enjeu était d'enclencher des réformes très rapidement car les effets des décisions prises dans le domaine de l'éducation sont très longs à venir. Le temps de l'École n'est pas le temps du politique ! Et les premiers effets auraient été à peine visibles à la fin du mandat de F. Hollande. Mais il en a été autrement. “On” (Ayrault ? Hollande ?) a d'abord imposé à Vincent Peillon une “concertation" durant l'été. Une concertation impliquant les fameux "corps intermédiaires" déjà impliqués dans les consultations d'avant la présidentielle. Celle ci, n'impliquant pas les enseignants "sur le terrain"(même si, je me répète, nous étions un certain nombre à avoir cette caractéristique), aurait pu se justifier si le rythme avait été maintenu. Une loi élaborée rapidement et votée avant la fin de l’année 2012. Mais le calendrier n’a cessé d’être retardé et cela a donné prise à la critique formulée par plusieurs observateurs de ne pas avoir pris la peine de consulter et d’impliquer l’ensemble de la profession.
 
Et ce recul des délais a donné de l’espace aussi au retour des postures syndicales et des négociations avant même la loi. Alors qu’il aurait été plus pertinent de fixer un cadre et de négocier l’application ensuite.
Ce problème de timing est aujourd’hui au cœur de la difficulté dans laquelle se trouve Vincent Peillon. Car, plus on tarde, plus on est dans le “bricolage” et dans le maintien de l’existant. Et plus on tarde, plus on court le risque de ne pas voir les effets de la “refondation” avant longtemps…
 
Refondation”, “réforme”, quel terme employer ? L’usage des mots est de l’ordre du symbole et est un élément important de l’activité politique. L’usage du mot “refondation” est, à mon sens, une habileté deVincent Peillon mais elle peut se transformer en erreur. 

Le mot de “réforme”est en effet un mot piégé. J’ai souvent dit et écrit que ce terme induit que tout ce qui précédait est bon à mettre “à la réforme”. Et dans un métier qui est vécu bien (trop) souvent sur le mode de l’intime, et où il est de fait difficile de dissocier le geste professionnel et la personne, la critique du système éducatif est vécu par certains comme une remise en cause personnelle. Une lettre d’une membre du collectif des dindons qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux et qui commence par une anaphore (“l’illettrisme…j’assume”, “le décrochage scolaire…j’assume”, etc. ) en est une belle illustration. Parler de refondation était donc habile car cela permettait de contourner cette difficulté et même d’offrir par ce vocabulaire lyrique une synthèse susceptible de plaire à la fois aux pédagogues qui veulent faire évoluer l’école et aux“républicains”. Mais l’effet pervers de l’usage d’un tel mot c’est de créer une attente forte (“refonder” ce n’est pas rien…) et de s’exposer à la critique devant la modestie des mesures mises en œuvre. C’est peut-être aussi ce qui est en train de se passer. Notons d’ailleurs que dans le vocabulaire employé parles médias et les acteurs de l’école, le mot “refondation” a de moins en moins la cote et que l’on parle de plus en plus de “réforme”…
 
La dernière “erreur” de Peillon (et du gouvernement) réside dans l’absence de marges de manœuvre. Mais pouvait-il en être autrement ? Dès la campagne présidentielle, François Hollande a fait de l’éducation sa priorité. Et il a “mis sur la table” les 60 000 postes à récréer. Et ce n’est pas rien ! On peut penser, c’est mon cas,  que c’est un élément important de sa victoire et du vote d’une partie de l’électorat de gauche et en particulier des enseignants. Mais une fois cette annonce faite, il n’y avait plus rien à “dealer”, tout avait été mis sur la table… Dans cette perspective, il devient alors très difficile de répondre aux revendications (légitimes mais injouables dans le contexte budgétaire) d’augmentation des salaires des enseignants ou même de rééquilibrage entre les enseignants du primaire et du secondaire. Et cela crée évidemment de la tension pour des enseignants qui voient dans la réforme en cours une nouvelle situation où ils “risquent” de perdre plus qu’ils ne gagnent. Et dans cette double contrainte cela obligeVincent Peillon à être dans le registre des promesses et à courir le risque de se transformer en “Montebourg” de l’éducation…
 

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Published by Sauvons l'Ecole - dans News
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