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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 17:38

In Libération 5/3/2012

 

Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry (Montpellier-III), fut l’une des figures de pointe du mouvement de grève en 2009. Membre du bureau de la Conférence des présidents d’université, elle a publié une «lettre ouverte à François Hollande», aujourd’hui cosignée par de nombreux universitaires, où elle fait part de «sa colère» devant la faiblesse des propositions pour l’université du candidat socialiste à la présidentielle.

Votre lettre à François Hollande est très virulente. Pourquoi tant de colère ?

La virulence de mon interpellation de François Hollande est à la mesure de ma colère contre la politique du gouvernement. Les électeurs qui votent socialiste - j’en fait partie - n’ont pas envie d’entendre un discours lénifiant, dans la continuité directe de ce qui s’est fait sous Nicolas Sarkoy. Le parti de François Hollande et ses électeurs se sont battus contre la LRU [loi sur l’autonomie des universités, ndlr], et les autres décisions néfastes, comme la réforme de la formation des enseignants. Or, et hélas, dans le discours de François Hollande, du moins au moment où j’ai écrit cette lettre, on n’entendait pas cette voix-là, mais la simple évocation d’une réforme de certains aspects de la LRU, voire «l’accélération» du financement des projets dits d’excellence.

Est-ce là ce que l’on doit mettre en premier dans un programme de gauche ? Comme le montrent les réactions des collègues à cette lettre, nous sommes nombreux à ne pas rechercher un vote seulement utile pour changer de président de la République, mais utile aussi pour le programme de gauche que nous voulons défendre.

Nicolas Sarkozy prétend avoir accompli «un effort historique en faveur des universités», vous le qualifiez de «duperie», pourquoi ?

Le discours tenu depuis 2007 par le pouvoir politique prétend que l’université aurait bénéficié d’une douche de milliards. La réalité est autre. Après une première année, en 2007-2008, où il y a eu un véritable effort en faveur des universités, nous sommes passés dans un univers aberrant, où la compétition entre universités est devenue le seul mode d’accès aux financements nécessaires. Lesquels financements ne prenaient pas la forme de crédits réels, mais d’emprunts d’Etat et de dotations en capital, dont seuls les intérêts, après ces compétitions, seraient réellement disponibles. Le résultat ? Cet argent n’est pas arrivé dans les universités. Et Nicolas Sarkozy laisse non des campus rénovés, mais des dettes ! Et plusieurs universités sont en grandes difficultés financières pour leurs dépenses courantes, portant sur les missions essentielles de formation et de recherche.

Le gouvernement a accentué les inégalités de financement entre universités, votre colère n’est-elle pas celle des perdants d’une compétition ?

Non. Si l’on excepte la région parisienne, Montpellier est troisième, derrière Grenoble et Aix-Marseille, en financements de type Laboratoires et Equipes d’excellence. Ma position est de principe : il ne faut pas financer l’enseignement supérieur de cette manière-là, subordonner le financement correct de telle ou telle université au grave sousfinancement de telle autre. Notre système d’enseignement supérieur doit offrir une cohérence, elle ne peut surgir d’un tel mécanisme d’exclusion qui débouche sur huit sites, les Initiatives d’excellence (Idex), dont trois à Paris intra-muros. L’absurdité du système éclate lorsque, dès la publication du palmarès, le Premier ministre le corrige en affirmant… qu’il y aura quelque chose en plus pour Lyon. Bien sûr, est-il possible de ne pas financer au mieux l’enseignement supérieur dans la troisième agglomération du pays ?

Allez-vous demander l’abrogation de la LRU, et en faveur de quelle alternative ?

Je ne suis pas certaine que l’on puisse abroger la loi, mais il faudra au minimum la réformer profondément. Mais je ne veux pas entendre Nicolas Sarkozy dire que l’autonomie des universités est la plus grande victoire de son quinquennat. Après une vive résistance, nous avons bien été obligés de céder devant la force. L’autonomie imposée par le pouvoir, c’est surtout un transfert de charges non totalement compensé, qui aboutit à des impasses financières, et non l’autonomie scientifique et pédagogique que nous recherchons et que nous avions déjà, en tant qu’universités d’Etat.

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Published by Sauvons l'Ecole - dans Universités
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