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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 20:51

In Le PlusObs

 

LE PLUS. Vous souvenez-vous ? La réforme de l'autonomie des universités, proposée par Nicolas Sarkozy au début de son mandat, avait suscité un tollé auprès des universitaires et des étudiants. Trois ans après, Guillaume Tronchet, enseignant-chercheur et militant socialiste, revient sur cette loi polémique et fait le bilan.

Voilà des mois qu'on nous le dit, qu'on nous l'écrit, qu'on nous le rabâche, au cas où la chose ne s'imposerait pas encore à nous comme une évidence : s'il y a bien une réforme que Nicolas Sarkozy a réussi, c'est celle des universités.

 

Des étudiants manifestent à Rennes leur opposition aux reformes de l'enseignement (université et statut des enseignants chercheurs), le 05 mars 2009 (F.LEPAGE/SIPA)

Des étudiants manifestent à Rennes leur opposition aux reformes de l'enseignement le 05/03/2009 (F.LEPAGE/SIPA) 

 

Autrefois, il y avait de l'échec massif en premier cycle, nos enseignants-chercheurs étaient fainéants pour la plupart, et jamais évalués, au détriment de la place de la France dans les classements internationaux. Nos universités et nos laboratoires disposaient de peu de moyens. À partir de 2007, tout a changé : réforme de l'autonomie des universités, révision par décret du statut des enseignants-chercheurs, Plan Campus à 5 milliards, investissements d'avenir de 22 milliards, 3,5 milliards de plus pour le Crédit Impôt Recherche, Plan Licence... 


Jamais, dit-on, pareil effort n'aura été fourni en faveur de l'université et de la Recherche. Le résultat serait là, incontestable : "nos universités ont enfin les armes pour décoller", se félicite le magazine "Capital" de mars 2012, quand la députée UMP Françoise Guégot y va, dans "Libération", elle aussi de son satisfecit : "nul ne peut nier le succès de la réforme de l'autonomie des universités".

Bref. La messe semble dite.

 

Le vrai bilan de Nicolas Sarkozy

 

Pourtant le véritable bilan du président de la République est moins glorieux. J'ai relevé neuf points sur lesquels Nicolas Sarkozy ne peut, en aucun cas, se vanter. 

 

1. On compte aujourd'hui 50% d'échec pour les étudiants en premier cycle (et 90% d'échec pour les étudiants issus de bacs professionnels), tandis que le "Plan Licence" a été sévèrement épinglé par la Cour des comptes, qui ne se satisfait "ni des conditions hâtives dans lesquelles les crédits ont été alloués, ni des modalités sommaires qui ont présidé au suivi de leur emploi, ni enfin, du défaut d'évaluation de leur impact".

 

2. Les "universités autonomes" de la loi LRU n'ont pas reçu les moyens financiers de leur autonomie au point que certaines d'entre elles sont aujourd'hui en grande difficulté et ont été placées sous tutelle de l’État quand d'autres, faute de moyens, ont été obligées de sous-traiter une partie de leurs activités, jetant dans la précarité des milliers de salariés parmi les personnels administratifs, techniques, d'encadrement et de surveillance.

 

3. Des milliers de postes ont été gelés à l’université et dans la Recherche quand, dans le même temps,ont été créé des dizaines de milliers d'emplois précaires, dont 15.000 par l'Agence nationale de la Recherche (ANR) à destination de docteurs de plus de 30 et 35 ans, sur-diplômés précaires et sous-payés.

 

4. La formation des enseignants a été supprimée, comme si enseigner à nos enfants n'était pas un métier qui devait s'apprendre.

 

5. Les 22 milliards annoncés dans le cadre du Grand Emprunt sont un trompe-l’œil : ils ne seront pas réellement affectés aux universités. Ce sont les intérêts (environ 3%) de cet emprunt qui le seront. C'est un peu comme si votre banquier se félicitait partout de vous avoir accordé un prêt de 10 000 euros pour monter votre entreprise alors que vous ne perceviez en réalité que 3% de cette somme, soit 300 euros !

 

6. La politique des investissements d'avenir n'a concerné qu'un tout petit nombre d'universités, selon de graves inégalités territoriales : le Nord, l’Ouest et le Centre de la France ont été les grands oubliés, comme s'il ne pouvait y avoir, là aussi, de grands pôles d'excellence universitaire.

 

7. La France est tombée au 26e rang mondial sur 32 (données OCDE) pour le budget civil de la Recherche.

 

8. Les milliards que coûte le Crédit impôt Recherche ont été détournés au profit des grands groupes, et sans augmentation significative de la Recherche dans les entreprises (d'après le rapport Gilles Carrez, député UMP).

 

9. La circulaire Guéant sur les diplômés étrangers a gravement porté atteinte à l'image et à l'attractivité de la France dans le monde, quand l'augmentation de 30% du montant exigé pour la délivrance d'un titre de séjour étudiant a jeté dans la précarité soudaine des milliers d'étrangers en pleine rentrée universitaire 2011.

 

 Le cas de Yasmine, étudiante algérienne, victime de la circulaire Guéant, Canal +, le 15/11/2011

 

De quoi donner le tournis. On est loin de la "réussite" tant vantée par ce qui relève bel et bien d'une propagande gouvernementale. D'autant qu'on pourrait citer bien d'autres exemples encore !

 

Et François Hollande ?

 

En miroir, les appels à préciser son projet en ce qui concerne l'Enseignement supérieur et la Recherche se multiplient à l'égard de la gauche et de son principal candidat, François Hollande, depuis plusieurs semaines, non sans que - une fois encore - règne une véritable désinformation : face aux appels citoyens des uns et aux lettres quelque peu assassines des autres, "Le Monde" décrivait ainsi ce week-end un camp socialiste "paralysé" qui ne serait "pas la hauteur des enjeux". Qu'en est-il réellement ?

 

François Hollande - qui s'était déjà exprimé lors de la primaire socialiste sur les questions universitaires et scientifiques (qu'on le relise !) - précisera le 5 mars prochain à Nancy son projet pour l'enseignement supérieur et la Recherche. Il n'est pas acceptable de lui prêter des propos qu'il n'a jamais tenus.

 

En attendant le 5 mars, et au-delà des vaines polémiques autour de celui ou de celle qui serait le conseiller pro-LRU ou anti-LRU le plus proche du candidat, prenons acte de ce qui seul fait foi pour l'heure, les déclarations des représentants du candidat Hollande : Vincent Peillon, qui a livré pour la première fois une feuille de route précise à ce sujet devant un parterre de jeunes chercheurs le 17 février dernier ; Jean-Yves Le Déaut, qui a accordé un entretien spécifique à l'AEF la semaine dernière. Que disent-ils en substance ?

 

L'Enseignement supérieur et la Recherche : les 3 objectifs du PS

 

Première priorité : la réussite des étudiants, dont on parle finalement trop peu quand on parle d'université. Sont projetés un "service public de l'orientation", des "bureaux d'insertion professionnelle dans les universités dotés de compétences et de moyens", une "réforme des premiers cycles" qui passera par un "encadrement" renforcé, des "pédagogiques adaptées à la diversité des étudiants" et une plus grande progressivité des formations, enfin des "places réservées dans les STS et les IUT" pour les lycées professionnels et technologiques.

 

Un "plan national pour la vie étudiante" sera par ailleurs lancé, qui prévoit "40 000 nouveaux logements", "des mesures sur les loyers" et la "création d'une allocation d'études supérieures et de formation sous condition de ressources", tandis qu'on annonce la mise en place (déjà évoquée par François Hollande à Orléans le 9 février dernier) de "pré-recrutements" au cours de la Licence pour accéder au métier de professeur. Enfin, dans le cadre d'une politique à destination des étudiants étrangers, la "circulaire Guéant sera "abrogée définitivement".

 

Deuxième objectif : restaurer la confiance avec le monde des universités et de la Recherche après cinq années de réformes conduites au pas de charge le plus souvent sans réelles négociations. Vincent Peillon a expliqué que la LRU serait "remplacée" par une "loi-cadre", précédée "d'assises nationales de l'enseignement supérieur et de la Recherche". Il ne s'agit pas de contrevenir au principe "d'autonomie" mais de lui redonner au contraire tout son sens, notamment par une réforme des principes de gouvernance dans un sens "plus collégial, plus démocratique" (avec notamment la "reconnaissance de la représentation des jeunes chercheurs dans les collèges académiques") et dans "le respect des libertés académiques".

 

Ces changements annoncés auront également vocation "à simplifier le paysage de l'enseignement supérieur devenu illisible par l'accumulation de nouvelles structures". Le modèle privilégié sera celui de "la coopération et des réseaux maillant le territoire".

 

En matière budgétaire, il y aura "un audit sur la situation financière des universités et des organismes" ainsi que sur les financements des investissements d'avenir et du Plan Campus. Les crédits promis seront versés. Il sera ensuite tenu compte "du principe de compensation" pour les universités, tandis que "les fonds des initiatives non-engagés devraient renforcer des secteurs qui n'ont pas bénéficié des résultats des investissements d'avenir" afin de lutter contre "la désertification scientifique de certains territoires".

 

Les missions de l'ANR seront "recentrées sur les priorités nationales, les projets émergents et les projets interdisciplinaires", et "la place de l'unité mixte de Recherche comme élément structurant de la Recherche universitaire" sera réaffirmée.

 

Troisième axe : les conditions de travail des personnels, à commencer par les enseignants-chercheurs, dont "les tâches pédagogiques devront être mieux reconnues, encouragées et valorisées dans les déroulements de carrière".

 

 François Hollande revient sur son projet en matière d'éducation, France 2, le 14/09/2011
 
 

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Published by Sauvons l'Ecole - dans Universités
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