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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 17:18
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4000 communes sont revenues à la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013. Mais très peu ont construit un projet éducatif satisfaisant, regrette la chronobiologiste Claire Leconte.   

Environ 4000 communes sont passées aux nouveaux rythmes scolaires à la rentrée 2013. Leurs projets éducatifs sont-ils à la hauteur?
Claire Leconte: elles sont très peu nombreuses à avoir joué le jeu. Peu de projets ont été élaborés en associant l'ensemble de la communauté éducative. En fait, celles qui avaient de l'ambition ont presque toutes décidé d'attendre 2014! C'était quasiment obligatoire pour avoir le temps de mener une vraie concertation et de former les acteurs concernés. Roubaix a par exemple un projet satisfaisant appliqué dès cette rentrée. Mais elle a commencé de travailler dessus dès octobre 2012, avant même la publication du décret.
 
Il y a donc de nombreuses mairies qui appliquent la réforme sans respecter son esprit de départ?
Tout à fait. Par exemple Rouen, qui est tout de même la ville de la ministre de la Jeunesse et des Sports, Valérie Fourneyron. Son projet se résume à décaler le début des cours de 15 minutes le matin et les faire finir à 16h au lieu de 16h30 les soirs. Ceci pour mettre en place un goûter financé par les parents. Quel intérêt? Sur ce type d'exemples, on est clairement en dessous des ambitions du gouvernement.
 
D'un autre côté, les communes ont une certaine liberté d'application de la réforme... Le ministre de l'Education nationale peut-il en être tenu comptable?
Qu'on laisse une liberté aux territoires, c'est obligatoire. Mais il fallait leur imposer un travail d'information et de formation de l'ensemble des acteurs concernés: ATSEM, animateurs, personnels municipaux, parents, enseignants... Et cette injonction ne pouvait venir que du ministère.
 
Le volet "rythmes", lui, reste positif?
Réformer les temps scolaires, je veux bien. Mais on n'est pas en train de le faire en profondeur. Il faut savoir que la journée type qui consiste à avoir trois heures de cours le matin, une pause, puis trois heures de cours l'après-midi date d'un édit royal de 1834! Vincent Peillon a à peine touché à cette organisation.
 
 
Vous avez collaboré au projet de la ville de Lannion, qui a été retoqué par le ministère. Pour quelles raisons a-t-il été refusé?
Le projet prévoyait sept demi-journées de classe: cinq matinées et deux après-midis, deux autres après-midis étant alloués aux activités périscolaires. Ce qui ne modifie pas le temps total de classe. Mais le décret fixe comme norme d'avoir neuf demi-journées de cours. Voilà pourquoi le projet n'a pas été validé. C'est pourtant une aberration puisqu'il n'y avait pas de contrainte de ce type avant 2008 et le retour à la semaine de 4 jours. Et il est tout aussi dommageable d'avoir cassé les bonnes volontés qui étaient à l'oeuvre: parents, enseignants et mairie étaient enthousiastes...
 
Pourquoi avoir choisi cette formule si les risques étaient connus?
Parce qu'elle est bonne. Avec ce système, il serait beaucoup plus facile d'avoir des animateurs de qualités en zone rurales car les différentes communes pourraient allouer des après-midis différents aux temps périscolaires. 45 minutes d'activité, c'est peu. Même les villes comme Paris, qui font deux sessions de 1h30, n'ont par exemple pas le temps d'emmener les enfants à la piscine. Si le ministère veut vraiment des projets solides, il doit assouplir le décret.
 
Les communes qui attendent 2014 seront-elles prêtes le moment venu?
Il est loin d'être acquis qu'elles le soient toutes. Les municipales vont perturber le calendrier

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Published by Sauvons l'Ecole - dans Rythmes
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