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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 17:33

 

Pendant un siècle, l’Ecole Publique Française avait avancé, passant de 10 à 12 ans, de 12 à 14, de 14 à 16 ans, puis à l’objectif que 80 % des élèves au bac.

Et voilà que sous nos yeux ébahis, elle s’est mise à reculer.

D’abord avec des campagnes idéologiques trompeuses, dans lesquelles une partie même des forces de gauche se sont fourvoyées :

 

Sur l’école maternelle à 2 ans : « Et est-ce que c’était bon pour les enfants, et patati et patata... ») Les chercheurs passaient à la télé pour dire que les petits méritaient mieux. Sans doute ils méritaient mieux, mais maintenant que les classes ont fermé, et qu’ils sont devant la télé chez une nourrice non déclaré dans la tour de la cité d’’en face, on ne voit plus les chercheurs et ils ne passent plus à la télé !

 

Sur l’IUFM dans laquelle des pédagogogistes règneraient en maîtres pour enseigner des savoirs inutiles sur les « référentiels bondissants », et les institutrices clandestines « obligées » de cacher qu’elles enseignaient les syllabes aux élèves...

Déjà que la gauche avait transformé l’école normale où les instituteurs étaient payés trois ans comme salariés pour apprendre leur métier en IUFM où ils ne l’étaient qu’un an, la droite a supprimé la formidable promotion sociale qui permettait à des milliers de jeunes d’origine populaire de financer leurs études supérieures.

 

Sur l’échec scolaire : On nous rebat les oreilles de l’échec scolaire : tout le monde doit trembler devant le spectre terrifiant d’avoir des enfants qui ne sont pas « performants » en « réussite  » et tous ont besoin de « soutien »... Les officines privées, remboursées par nos impôts, fleurissent et dès 4 ans, on peut être « soutenu » en anglais ou en musique... Il faut aller en « prépa », il faut que jusque dans les quartiers quelques jeunes aillent à Sciences Po, sans se soucier du chômage et des soucis des milliers d’autres...

Et PISA qui descend, et PISA qu’on analyse. Il faut évaluer, il faut ficher, il faut informatiser dans Base élève, relier aux résultats des enfants compilés dès le CE1, il faut stocker les données, les relier à un « livret personnel de compétence » qui les suivra jusqu’à Pôle emploi et au B2I pour vérifier s’ils savent se servir d’internet.... et promouvoir du matin au soir l’égalité des chances, comme si l’existence de l’école et de la transmission des savoirs était devenu une chance !

Mais voilà tout au long du 20 ème siècle, ce que la gauche défendait, syndicats et partis ensemble c’était le progrès, les progrès social, les progrès scolaires, un progrès qui faisait avancer tout le monde et non une « réussite » qui n’en visait que quelques uns.

 

Voilà, on est donc en 2008 et la saignée commence, et l’accusation de l’inefficacité de l’école publique élémentaire :

Dans toutes les écoles primaires et même en maternelle, il faut enlever deux heures d’école à tous les enfants (soit à la fin une demi-année scolaire tout de même...) pour « faire du soutien » le soir, à midi, à l’heure de manger, après le ramassage scolaire, ... c’est l’aide personnalisée, qui a immédiatement pour fonction de supprimer les postes d’enseignants d’aide (RASED)

Et personne ne réagit réellement, ni les syndicats, qui cherchent à négocier, ni les partis qui ne perçoivent pas l’enjeu et la nécessité d’organiser une résistance « radicale » à la situation.

 

En novembre 2008, dans ce désert silencieux, la résistance s’organise en fait autour des listes pédagogiques, qui vont se substituer aux listes syndicales pour relancer la résistance :

résistance à la mise en place du fichier Base élèves autour de la liste CNRBE,

résistance à la mise en place de l’aide personnalisée et de la suppression des RASED autour de l’appel d’Alain Refalo « en conscience, je refuse d’obéïr ».

 

Un certain nombre d’instituteurs et d’institutrices vont dire publiquement qu’il ne feront pas ce qui leur est demandé et que cela constitue pour eux une forme de résistance radicale plus efficace que les grèves de 24 heures et les promenades de Bastille à Nation et de Nation à République qui ne permettent pas de changer le cours des choses.

 

Alors l’administration se met à taper fort, très fort.

Et pour la première fois depuis Pétain, un directeur d’école, Jean Yves Le Gall, perd son poste de directeur pour des raisons politiques, il refuse d’inscrire les enfants dans Base élève et préfèrera perdre son poste que le faire.

Alain Refalo, qui refuse de « choisir » 6 élèves en « difficulté » et fait avec ses élèves un atelier de théâtre en demi groupe deux fois pas semaine à l’heure de l’ « aide » perd deux jours de salaire par semaine. Sa femme est enceinte de son troisième enfant, mais Alain ne recule pas. De la France entière et même jusqu’à Tahiti, alors, des milliers de gens envoient des chèques et l’administration réalise que finalement Alain ne perd pas un centime...

 

Alors ils envoient des Inspecteurs, et Ninon Bivès, se retrouve avec une note pédagogique déplorable, empêchant son avancement. Mais là non plus, elle ne plie pas.

 

Nous avons fait le choix de résister publiquement, pour alerter l’ensemble de la population, les partis politiques, les syndicats de l’urgence d’une lutte radicale et qui ne saurait attendre 2012 pour sortir l’école publique, qui est un acquis du progrès social de la logique du pilotage libéral qui détruit progressivement la qualité de son action.

Nous ne substituons pas cette action à la lutte syndicale, et massivement les désobéïsseurs sont syndiqués, à la Fsu, à Solidaires, et même à la CGT. Mais il ne s’agit pas de défendre nos conditions de travail : il s’agit de la vie des élèves ici et maintenant et entre 2008 et 2012, c’est presque une scolarité primaire qui est passée...

 

Nous l’avons fait parce que nous avons besoin de refuser de mettre en œuvre le plan de destruction de l’école organisé par le gouvernement et que c’est cela l’éthique du métier.

Nous ne défendons pas une école du passé, au contraire, comme militants pédagogiques nous sommes pour une transformation de l’école, pour sa transformation par une formation accrue des enseignants, par de meilleurs conditions de travail pour les élèves, par la construction d’établissements à taille humaine et le refus des « grands ensembles scolaires » et pour la promotion de pratiques pédagogiques au service des progrès de tous les enfants, ensemble

 

Nous appelons tous les enseignants à nous rejoindre, à signer nos appels publics. Et nous appelons toutes les personnalités à faire part publiquement de leur soutien à notre action.

Intervention de Véronique Decker à l’occasion de l’Université populaire participative : "Quel avenir pour l’éducation ?" organisée par Désirs d’Avenirs.

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Published by Sauvons l'Ecole - dans News
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